"4 Histoires fantastiques" : bon choc, bon genre

ECRANS | de William Laboury, Steeve Calvo, Maël le Mée, Just Philippot (Fr., 1h22) avec Sophie Breyer, Malivaï Yakou, Didier Bourguignon…

Vincent Raymond | Lundi 12 février 2018

Photo : Capricci Films/The Jokers


Souvent défendu aux p'tits francophones pour des raisons culturelles et de moyens, le territoire du genre demeure, en dépit des assauts asiatiques, le pré carré des Anglo-Saxons. Lancé par la société Fidélité, un label (Bee Movies) avait tourné court il y a une dizaine d'années : les productions (Un jeu d'enfants, Bloody Malory…) étaient trop fragiles et de qualité inégale – même si elles assumaient leur identité de séries B. Espérons pour la nouvelle génération que 4 Histoires fantastiques connaisse un destin plus radieux. Car ce carré de courts-métrages initié par le magazine SoFilm, Canal+ et tout une flopée d'institutions offre un bel écrin et un joli écho à l'émergence hexagonale ayant choisi de s'illustrer dans ce registre.

Totalement indépendants, ce sont quatre univers qui s'enchaînent donc ici. Après deux films corrects mais classiques (Chose mentale, une sortie de corps par une jeune femme électrosensible, et Livraison, la longue marche d'un fermier convoyeur de zombies), Maël le Mée nous offre une ambiance sérieusement cronenbergienne avec Aurore. L'adolescente donnant son nom au titre se découvre la faculté de pénétrer les corps comme de la glaise – troublant, érotique et fascinant, malgré une chute trop gentillette. Enfin, dans Acide, Just Philippot donne un avant-goût d'un cataclysme écologique, avec une humanité rongée par des précipitations corrosives et une efficacité cuisante.

Très variés, les films du programme ont une caractéristique commune : l'excellence des SFX, domaine exportant depuis belle lurette ses talents vers l'eldorado hollywoodien. Le temps est venu pour eux de revenir au bercail.

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"La Nuée" : du genre à sang à sillons

ECRANS | Une éleveuse de sauterelles en difficulté découvre que nourrir ses bêtes en sang fait bondir le rendement. Aux lisières du fantastique et du drame social, le premier long de Just Philippot interroge les genres autant que notre rapport au vivant et à sa production. La nouvelle veine du genre français pulse bien.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Agricultrice isolée, mère célibataire, Virginie ne s’en sort plus : elle est au bord de la faillite et son élevage de sauterelles vivote. À la suite d’un accident, elle remarque que les insectes ayant goûté son sang se développent mieux et plus rapidement. L’apparente aubaine la conduit à augmenter la capacité de son exploitation et à s’investir corps et âme pour des sauterelles hématophages de plus en plus gourmandes… La Nuée peut se définir comme un "film de genre français d’horreur rurale". L’allitération tord la langue, mais chacun des termes de cette appellation baroque est signifiant. Récapitulons. D’abord, "film de genre français d’horreur" parce qu’issu du (plutôt fécond) programme monté par SoFilm visant à détecter des auteurs et des réalisateurs, puis à produire un style de cinéma codifié où la France recommence doucement à glisser l’orteil (Grave). L’argument économique n’est plus un frein à l’expression de la qualité : le numérique étant désormais à la portée de tous les cauchemars. Ensuite, "rural", qui ajoute une dimension socio-écono

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Just Philippot : « On fait des films pour emmener les spectateurs sur des univers plus glissants »

LA NUÉE | Avec son premier long métrage, le réalisateur Just Philippot réalise un carton plein : sélectionné à la Semaine de la Critique, prix spécial du Jury (et de la meilleur actrice pour l’actrice Suliane Brahim) au Festival de Catalogne, La Nuée annonce un renouveau dans le cinéma de genre hexagonal. Fantastique !

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Just Philippot : « On fait des films pour emmener les spectateurs sur des univers plus glissants »

Il y a des connexions nombreuses entre La Nuée et votre précédent court métrage, Acide, réalisé au sein de la résidence SoFilm. Comment est-ce que tout a commencé ? L’histoire et la trajectoire sont assez simples et folle. À la base, il y a la volonté de Thierry Lounas, fondateur de SoFilm et producteur chez Capricci, coproducteur de La Nuée avec Manuel Chiche de The Jokers, de se lancer il y a 5 ans dans un renouveau du cinéma de genre en changeant la façon d’écrire et fabriquer les histoires. En initiant d’abord des résidences sur du court métrage qui avaient pour but de faire rencontrer les cinéastes, scénaristes, superviseurs VFX, compositeurs, illustrateurs, pour que des proposition graphiques, d’effets et de musiques collent tout de suite aux idées et donnent aux partenaires financiers pleins d’indices et se concrétisent vite. J’avais été appelé pour représente

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