Vues d'en face, un festival pour « comprendre les manières différentes de voir la vie »

ECRANS | Si, cette année, le festival Vues d’en face a été avancé d’un mois (pour, selon l’équipe, éviter d’être en concurrence frontale avec trop de manifestations culturelles grenobloises), son esprit reste évidemment le même : à savoir défendre un cinéma peu vu sur les écrans et, surtout, centré sur les questions liées aux LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). On en parle avec sa présidente Émilie Gonnot.

Aurélien Martinez | Mardi 6 mars 2018

Certes, la dix-huitième édition de Vues d'en face, festival international du film LGBT de Grenoble, a débuté le 2 mars avec un "before" éparpillé dans la ville ; mais c'est bien à partir du vendredi 9 mars qu'il va s'installer au Club, son QG historique, et ce pour cinq jours. Avec toujours une ligne double : présenter des films dont les personnages sont issus de la communauté LGBT, et défendre des enjeux de société contemporains (les familles homoparentales, la procréation médicalement assistée, le changement de sexe, le féminisme…) via des documentaires et des fictions.

« C'est ça mais pas que » selon Émilie Gonnot, présidente de Vues d'en face que l'on a interrogée. « Certes, l'historique du festival fait que l'on est sur ces questions, mais l'idée plus large qui nous guide est le vivre ensemble, le fait de comprendre les manières différentes de voir la vie. D'où peut-être un troisième axe, qui serait celui de la lutte contre les discriminations au sens large du terme. » Vues d'en face est une manifestation engagée ? « Oui, car on ne choisit pas forcément des films simples d'accès ou sur des thématiques lambdas. Aujourd'hui, le sens d'un festival de cinéma, quel qu'il soit, c'est aussi d'apporter de la nouveauté et présenter des propositions originales. »

« Une tendance positive »

Un festival qui a donc pour vocation de divertir le public tout en continuant à faire évoluer les mentalités, même si ces dernières ont déjà beaucoup bougé depuis la création de l'événement en 2001. « Les personnages LGBT sont maintenant représentés plus largement dans les films grand public, et ne sont plus juste les malheureux, les planqués ou les méchants comme ça a trop souvent été le cas par le passé. Aujourd'hui, c'est presque une tendance : c'est assez positif même si je ne suis pas trop motivée par le côté commercial des choses. Malheureusement, dans notre société, ça fonctionne un peu comme ça. Mais bon, au moins, ça habitue le public à ces thématiques. »

Concernant la sélection de cette année, elle est, comme à chaque fois, large et pleine d'inédits – les bénévoles de Vues d'en face sous-titrent souvent eux-mêmes certains films étrangers. Comme nous n'en avons vu aucun en amont, nous avons demandé à Émilie Gonnot ses coups de cœur : selon elle, il ne faut pas louper le film allemand Axolotl Overkill, l'avant-première du film français Ma vie avec James Dean en présence de son réalisateur Dominique Choisy, ou encore la projection à l'École d'art de Grenoble, en "after" du festival, du documentaire Queercore : how to punk a revolution. Sachant qu'il y aura également pas mal d'autres propositions originales à découvrir (dont deux séances de courts-métrages), alors laissez-vous tenter : c'est le but d'un festival, qu'il soit LGBT ou non.

Vues d'en face
Au Club du vendredi 9 au mardi 13 mars
En after et en before dans divers lieux jusqu'au vendredi 16 mars
Programme complet sur www.vuesdenface.com

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