"Blue" : Disneynature prend l'eau

ECRANS | de Keith Scholey & Alastair Fothergill (ÉU, 1h18) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

Photo : The Walt Disney Company France


Dans le sillage des grands dauphins, à travers les mers et les océans… Un environnement liquide d'une valeur incommensurable, peuplé d'une faune extraordinaire de diversité et de menaces ; où la beauté le dispute à la fragilité.

Jadis lancé par Cousteau (et repris depuis, notamment par Jacques Perrin), le message de Blue est clair comme de l'eau de roche : la faune marine mérite d'être protégée, c'est une question de survie pour l'écosystème planétaire. Et cette nouvelle production Disneynature (la division documentaire et environnement du studio californien) se dote des "armes" conventionnelles pour le faire passer : trouver d'attachants protagonistes pour susciter l'empathie et offrir les plus spectaculaires prises de vues possibles.

Si grâce aux progrès de la technique, les images sont en effet d'un piqué et d'une richesse chromatique saisissante, les personnages choisis comme fil rouge (les dauphins) restent prisonniers d'un anthropomorphisme un peu dépassé, appuyé par une narration un peu invasive – désolé Cécile de France. L'image nue se suffit à elle-même.

D'autant que le film compte assez de rebondissements ou de personnages secondaires pour relancer l'intérêt. À l'instar du Monde du Silence, Blue possède son "Jojo le Mérou", c'est-à-dire une sorte de mascotte dont on suit épisodiquement les aventures. Ici, la splendide squille multicolore a tout pour ravir les esthètes, et la seiche hypnotisante pour peupler quelques cauchemars…


Blue

De Keith Scholey, Alastair Fothergill (ÉU)

De Keith Scholey, Alastair Fothergill (ÉU)

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Blue, le nouveau film Disneynature, nous plonge au cœur des océans et nous fait découvrir les créatures étranges, merveilleuses et fantastiques de ce monde aquatique à l’équilibre fragile. Laissez-vous guider dans ce voyage au cœur des récifs coralliens par un groupe de dauphins, l’une des espèces les plus fascinantes et intelligentes de ce monde. Vous découvrirez avec eux cette maman baleine à bosse qui, après des milliers de kilomètres parcourus, rejoint ce lieu préservé pour donner naissance à son petit mais aussi les centaines de requins qui y patrouillent et les orques qui surgissent de nulle part…


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Une expo qui en a sous la pédale

ARTS | Événement. Riche de mille trésors, l’exposition "Un amour de vélo" du Musée dauphinois témoigne des cultures propres à l’univers du vélo mais également de l’histoire particulière que le territoire entretient avec la bicyclette. Amusant et passionnant !

Benjamin Bardinet | Mercredi 9 juin 2021

Une expo qui en a sous la pédale

On a tous idée que l’Isère est une sorte d’immense terrain de jeu pour les cyclosportifs en tous genres – du vététiste amateur de sensations fortes au coureur du dimanche dévalant les routes des cols. Ce dont on a moins conscience, c’est à quel point ce territoire est aussi celui de nombreux artisans ingénieux et de bricoleurs astucieux. De la bicyclette pliante imaginée en 1892 par un industriel de Domène à l’étonnant Chopper de Jacques en passant par l’élégante randonneuse conçue par les Cycles Cattin, l’exposition du Musée dauphinois, sans chauvinisme aucun, rend compte de nombre de réalisations iséroises remarquables, mais également de certains épisodes mémorables de l’histoire du vélo sur ce territoire. On retiendra tout particulièrement l’inauguration d’une piste cyclable par Hubert Dubedout en 1977, faisant de Grenoble une ville pilote en la matière, ou encore la première coupe du monde officieuse de VTT (à Villard-de-Lans en 1987) dont la tenue fluo de l’un des vainqueurs, Jacques Devi, fait encore un peu mal aux yeux. Ceci d’autant plus qu’elle est présentée à proximité du vélo patiné de Franco Nicotera, cyclo-aventurier grenoblois

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Les vélos devront attendre

Exposition | Elle aurait dû être inaugurée le mois dernier, mais "Un amour de vélo", la nouvelle expo du Musée dauphinois, ne peut encore ouvrir ses portes. Le président du Conseil départemental de l’Isère était toutefois sur place, mardi 9 février, en milieu d'après-midi. Nous aussi.

Martin de Kerimel | Mercredi 10 février 2021

Les vélos devront attendre

Cela semble un drôle d’endroit pour une rencontre par les temps qui courent, mais le choix reste finalement très logique : c’est bien au Musée dauphinois que Jean-Pierre Barbier a donné rendez-vous à la presse mardi 9 février. Objectif, selon son expression : offrir « un teaser » de l’exposition à venir. Ne pouvant que traverser les couloirs rapidement, on n’en a pas vu grand-chose, si ce n’est quelques photos et objets rassemblés dans une première salle. L’élu avait un message à faire passer : comme d’autres, il ne comprend pas pourquoi le gouvernement maintient l’obligation de laisser les musées fermés au public. Lui aussi fait un parallèle entre la situation des transports publics et des supermarchés, restés accessibles, et met au défi quiconque d’expliquer en quoi la différence de traitement est pertinente. Jean-Pierre Barbier n'a toutefois pas souhaité passer en force, au risque de placer ses agents « dans une situation d'illégalité », comme a pu le faire le maire de Perpignan en décidant de rouvrir quatre musées. Ce mardi, il est venu au Musée accompagné d'autres personnalités : deux de ses vice-présidents, Martine Kohly et Patrick C

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"The Last Hillbilly" : chroniques des Appalaches

ECRANS | ★★★☆☆ De Thomas Jenkoe & Diane-Sara Bouzgarrou (Fr.-Qat., 1h20) documentaire En salles le 30 décembre.

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2020

Au fin fond du Kentucky, dans une montagne jadis exploitée pour son charbon, subsistent quelques rares familles, dont celle de Brian. Mémorialiste et aède des "derniers bouseux" de cette contrée, il donne une vision intérieure, volontiers bucolique, de cette population souvent oubliée et généralement assimilée aux "white trash" dégénérés (les consanguins de Délivrance, la famille de Cletus dans Les Simpson) ou que le dénuement conduit aux lisières du monde social (Winter’s Bone), puis politique (voir les interlocuteurs de Claus Drexel dans son documentaire America). Même si Brian n’a pas le côté survivaliste extrême du Captain Fantastic de Matt Ross, il partage avec lui une forme d’érudition naturaliste plus proche de Thoreau que de Trump. The Last Hillbilly rappelle que cette Amérique existe, au même titre qu’existe chez nous la Creuse ou la Lozère, et que si elle souffre, elle est attachée à son territoire et n’a pas encore abandonné tout espoir. Pour combien de temps encore ?

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"Un pays qui se tient sage" : et dans un triste État…

ECRANS | ★★★★☆ Documentaire de David Dufresne (Fr., 1h26)

Vincent Raymond | Mercredi 30 septembre 2020

Le comble pour un journaliste-documentariste est de signer un film en phase avec l’actualité. Hélas, serait-on tenté d’ajouter à propos de celui de David Dufresne, édifiant travail d’information et d’analyse sociologique, intellectuelle, historique sur les violences policières (et leurs conséquences) observées et subies par les manifestants français depuis 2017. Coïncidence : cela correspond à l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Alors que le nouveau dispositif de sécurité (le "schéma national du maintien de l’ordre") tout juste paru laisse entendre que tous les journalistes et observateurs des manifestations (et donc potentiels témoins d’exactions policières) seront désormais susceptibles d’être interpelés pendant l’exercice de leur métier, en violation de leur imprescriptible droit d’informer, Un pays qui se tient sage tombe à pic. Dufresne a en effet collecté toutes ces images captées durant le mouvement des Gilets jaunes notammen

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Taxi Blues

ECRANS | Après 33 années de production intensives et passionnées dans les colonnes cinéma du Dauphiné Libéré, notre camarade Jean Serroy vient de poser la plume. (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Taxi Blues

Après 33 années de production intensives et passionnées dans les colonnes cinéma du Dauphiné Libéré, notre camarade Jean Serroy vient de poser la plume. Rassurez-vous, il se porte comme un charme et continuera ici ou là à éclairer notre lanterne ! Si son érudition malicieuse vous manque, rappelez-vous qu’il assure son fameux cours de cinéma au Méliès, dont la prochaine séance est consacrée à un film ô combien symbolique, Taxi Blues. Film de la post-perestroïka et annonciateur de la fin de l'URSS, il fut aussi la carte de visite du très francophile Pavel Lounguine — dont on peut déplorer qu'il n'ait pas assez tourné. Un grand film lesté d'une aura historique certaine, à voir au Méliès jeudi 20 février, à 20h.

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"Mamacita" : la mamatriarche

ECRANS | Documentaire de Jose Pablo Estrada Torrescano (Mex., 1h15)

Vincent Raymond | Mardi 11 février 2020

Bientôt centenaire, la Mexicaine Mamacita n’a rien d’une grand-mère gâteau. Partie de rien, cette femme à poigne, ayant réussi à monter une chaîne de salons de beauté, avait fait promettre à son petit-fils parti étudier le cinéma en Allemagne qu’il lui consacrerait un film. Le voici… Impressionnante, irritante et attachante à la fois… Au fil de ses images, Jose Pablo Estrada Torrescano révèle sans filtre une maîtresse-femme assumant fièrement sa coquetterie et son autorité (voire, son autoritarisme), mâtinée d’une redoutable mauvaise foi chronique. Mais cet aplomb d’acier, conjugué à son tempérament baroque, apparaît comme le pilier de sa résilience, Mamacita ayant eu à dépasser les revers de fortune de ses parents. Bien que volontiers rudoyé par son aïeule, Jose Pablo Estrada Torrescano va parvenir à force de présence et de bienveillance à lui arracher des confidences très intimes sur son rapport à ses "fantômes" et lui faire fendre l’armure pour la première fois de sa tumultueuse vie. Mamacita aurait-elle livré toutes ces vérités sans l’interface artéfactuelle de la caméra et donc la certitude d’une part de postérité ? Rien n’est moins sûr. Ce qu’elle livre

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The Blues Brothers

Reprise | Voilà, il fallait bien que cela arrive : les Blues Brothers ont désormais 40 ans — enfin, le premier film consacré à cette formation. Au départ blague potache (...)

Vincent Raymond | Vendredi 24 janvier 2020

The Blues Brothers

Voilà, il fallait bien que cela arrive : les Blues Brothers ont désormais 40 ans — enfin, le premier film consacré à cette formation. Au départ blague potache et musicale née dans le Saturday Night Live, le groupe dirigé par Dan Ackroyd et John Belushi a accouché d’un film devenu rapidement légendaire pour sa folie douce et surtout sa B.O. Pas bête pour deux soul, les frères avaient eu l’idée de convier à l’écran (et sur microsillon, du coup) la crème des vinyles de l’époque : Ray Charles, Cab Calloway, Aretha Franklin, James Brown etc. Résultat : un film qui se regarde aussi avec les oreilles. Malin. Au Cinéma Juliet-Berto mercredi 29 janvier, à 20h.

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"Un monde plus grand" : esprit, es-tu là ?

ECRANS | De Fabienne Berthaud (Fr., 1h40) avec Cécile de France, Narantsetseg Dash, Tserendarizav Dashnyam…

Vincent Raymond | Jeudi 24 octobre 2019

Après la mort de son compagnon, Corine (Cécile de France) part au fin fond de la Mongolie pour se changer les idées. Alors qu’elle enregistre le son d’une cérémonie chamanique, elle entre dans une transe violente, révélant des dons de chamans insoupçonnés. Une lente initiation va alors commencer… Il faut attendre le générique de fin pour apprendre qu’il s’agit d’un biopic. En soi, le détail n’a pas ou peu d’importance qui ne change rien dans le parcours de Corine. Indirectement, il résonne avec le sous-thème du film : la sérendipité (ou fortuité). En l’occurrence, le spectateur constate la véracité de l’histoire en étant entré dans une fiction comme Corine a découvert son "don" alors qu’exilée dans le travail à mille lieues du lieu de sa douleur, elle entamait son travail de deuil. S’il laisse une grande part au mystère et à l’inconnu, Un monde plus grand ne verse pas pour autant dans l’ésotérisme : il inscrit a contrario le processus chamanique dans le cartésianisme occidental, Corine étant le trait d’union lui permettant d’être scientifiquement étudié. Dommage cependant que Fabienne Berth

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Les Dauphinoises de l'impro : 5, 4, 3, 2, 1... impro !

Festival | Vendredi 27 et samedi 28 septembre, ce tout nouveau festival posera ses valises au Jeu de paume à Vizille et au Péage-de-Vizille. On vous en dit un peu plus.

Nathalie Gresset | Mardi 24 septembre 2019

Les Dauphinoises de l'impro : 5, 4, 3, 2, 1... impro !

Les Dauphinoises de l'impro : voilà un nom explicite. Créé par Jean-Christophe Garcia, passionné d’impro et comédien amateur depuis deux ans, l’événement a pour ambition de « faire découvrir cette discipline aux habitants de la vallée de l’Oisans et leur donner envie de la pratiquer », explique le fondateur. Cet art originaire du Québec est « riche en apprentissages. Quand on fait de l’impro, on ne peut pas tricher, on doit se mettre à nu, lâcher prise. Nos barrières tombent et des liens forts se créent rapidement ». Pour cette grande première, le programme s’annonce rythmé et intergénérationnel avec notamment des matches d’impro, une comédie musicale improvisée ou encore un spectacle « destiné aux enfants de 6 à 12 ans ». Au total, une quarantaine de comédiens amateurs et professionnels de la Ligue impro38, des compagnies la CieGALe, les Artscène et les Eloquents se donneront la réplique et animeront ces deux journées. « Les spectateurs seront dans le bain du début jusqu’à la fin entre les spectacles, les moments d’impr

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"Nous le peuple" : constituante tuée dans l’œuf

ECRANS | De Claudine Bories et Patrice Chagnard (Fr., 1h39) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 17 septembre 2019

2018. À l’occasion du projet de réforme constitutionnelle, trois groupes travaillent ensemble, échangeant par vidéo. Les uns sont en prison, d’autres dans un lycée ; les troisièmes sont issus d’une association de mères de famille en banlieue parisienne. Que naîtra-t-il de leurs débats ? On peut légitimement entrer à reculons dans ce film, redoutant une confiscation de la parole par des médiateurs socio-cu ou le téléguidage par un quelconque sous-bureau d’un vague ministère de la cohésion de la Ville et de la participation participative. Et puis non : l’association agréée d’éducation populaire, Les Lucioles du Doc, à l’initiative de ces ateliers, reste discrète, stimulant les réflexions. Quant aux intervenants, ils sont loin d’être des figurants ou déconnectés de la "chose constitutionnelle" – ce texte commun, fédérateur et garant des valeurs nationales. Leur voix est patiemment recueillie, soupesée et, naturellement, des propositions plus vastes qu’une somme de revendications individuelles se forment au sein de cette agora virtuelle. Hélas, la réussite de ce processus démocratique (entérinant la viabilité d’une démarche participative) va se fracasser contre

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Grésiblues : « En 20 ans, l’image du blues a vraiment changé »

Festival | Créé en 1999, Grésiblues fête cette année sa 20e édition. Pour l’occasion, le festival itinérant du Grésivaudan mettra à l’honneur certains artistes qui ont marqué son histoire, aux côtés de nouveaux venus prometteurs.

Sandy Plas | Mardi 18 juin 2019

Grésiblues : « En 20 ans, l’image du blues a vraiment changé »

Pas de ballons ou de cotillons pour célébrer la 20e édition de Grésiblues. Du 30 juin au 5 juillet, ce sera la musique et rien d’autre. « Nous avons voulu fêter cet anniversaire en faisant revenir des musiciens qui avaient marqué le festival depuis ses débuts » explique Brigitte Nakachdjian, présidente de l’association Grésivaudan Blues, en charge de l’organisation de la manifestation. On retrouvera donc sur les différentes scènes de ce festival itinérant, qui s’installe chaque soir pour deux concerts dans une commune différente du Grésivaudan, plusieurs habitués du festival. À commencer par Barefoot Iano, qui avait fait ses débuts ici il y a quelques années avec le groupe Mountain Men, ou encore Jack Bon, un des pionniers du rock lyonnais dont ce sera la troisième participation au festival. Grésiblues accueillera également le retour du bluesman Fred Chapellier, un temps guitariste de Jacques Dutronc, dans une nouvelle formation, Fred Chapellier & The Gents (photo). Un guest de choix pour la clôture du festival, le 5 juillet à Crolles, qui est généralement le concert le plus couru de la semaine, avec 2000 specta

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Vercors Music Festival : nos quatre coups de cœur

Festival | En dépit de sa jeunesse (c'est sa 5e édition), le Vercors Music Festival sait déjà attirer les grands noms autour d'une ligne qui mêle le populaire et la découverte, l'exploration de la chanson française et l'expression multiculturelle et multigenre. En marge des Zaz, Grand Corps Malade, Sanseverino, Gauvain Sers et Ibrahim Maalouf, petite sélection de (nos) choix à découvrir entre le 4 et le 7 juillet à Autrans.

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 juin 2019

Vercors Music Festival : nos quatre coups de cœur

Djazia Satour C'est devenu une tarte à la crème que d'accommoder la ou les musiques des origines à la sauce pop. Tout autant que de faire l'inverse. Le fait est que cela donne souvent un résultat absolument envoûtant. D'où vient que cela est particulièrement vrai avec la musique traditionnelle algérienne (de Rachid Taha à Imarhan) ? On ne sait guère... Mais c'est cette alchimie gracile que la Grenobloise Djazia Satour obtient sur ses disques, à commencer (pour ainsi dire) par le dernier, Aswât, où le blues se mêle au chaâbi, le banjo à l'oud, et l'esprit de conquête western à la mélancolie orientale. Où l'on a parfois l'impression que le Mississippi se jette dans la Méditerranée. Vendredi 5 juillet à 20h The Blue Butter Pot "Dis petit

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Patriarcat hors-jeu avec le festival Foot d’Elles

ECRANS | En parallèle de la Coupe du monde de football féminin est organisé partout en France ce festival de cinéma sous-titré « dribbler la différence ». On s'est penchés sur sa déclinaison grenobloise.

Élise Lemelle | Mardi 11 juin 2019

Patriarcat hors-jeu avec le festival Foot d’Elles

Pour la première fois, les stades français accueillent la Coupe du monde de football féminin (elle a commencé le 7 juin). Et pour l’occasion, le festival Foot d’Elles voit le jour, surprenante alliance entre ballon rond et cinéma. Visant à rappeler à quel point le foot peut agir comme facteur d’insertion sociale et professionnelle pour les femmes, Foot d’Elles parcourt la France entière avec une programmation axée autour de six thématiques allant d’un historique du foot féminin français jusqu’à la déconstruction des représentations sociales en passant par les actions essentielles pour une meilleure parité. Une majorité de documentaires composent la sélection, brossant le portrait d’héroïnes et de héros se battant pour faire évoluer les mentalités. Pour donner un écho à ces projections, une série de débats est prévue, histoire d’approfondir les questions soulevées par les films. Chaque ville-étape bénéficiant d’une sélection différente, la programmation grenobloise comptera six œuvres diffusées dans six lieux différents – des cinémas, des associations ou encore en plein air. Citons notamment Les Filles du stade (mardi 25 juin à

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"Le Fils" : la fabrique russe des petits soldats

ECRANS | D'Alexander Abaturov (Rus-Fr, 1h11) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 28 mai 2019

Deux trajectoires parallèles : celle du cousin du réalisateur, Dima, soldat d’excellence russe mort au combat, et celle des nouvelles recrues aspirant à rejoindre le corps d’élite des Spetsnaz dont Dima était issu. D’un côté, le deuil sobre ; de l’autre, l’exaltation d’une jeunesse ultra patriote… On aimerait que cela fût une fiction et non point un documentaire. Mais Alexander Abaturov dépeint une réalité crue et froide : celle de super-soldats contemporains interchangeables et soudés au sein d’une unité impatiente de servir la mère Russie. N’était leur marinière rouge, ils pourraient être les bidasses du Full Metal Jacket (1987) de Stanley Kubrick effectuant leurs classes sous les ordres d’instructeurs les conditionnant psychologiquement et physiquement, sélectionnant les plus solides (environ un quart du contingent), seuls aptes à porter le distinctif béret rouge des Spetsnaz. Entre les parcours dans la boue, les pugilats "pour de rire" (avec pommettes en charpie et nez explosé), les cérémonies d’hommage aux aînés tombés pour la patrie, le documentariste glisse des instants de la vie des parents orphelins de Dima, trompant leur pe

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Une Université Inter-Âges du Dauphiné pour « créer du lien social entre les âges »

ACTUS | Pendant trois jours, l’Ancien Musée de peinture de Grenoble ouvre ses portes à l’UIAD (dont les activités sont majoritairement à vocation culturelle), pour découvrir certaines de ses réalisations et, surtout, le système de cette association qui a pour noble mission de « favoriser l'épanouissement intellectuel et culturel de ses adhérents ». Son directeur Cédric Mazzone nous en dit un peu plus.

Alice Colmart | Mardi 21 mai 2019

Une Université Inter-Âges du Dauphiné pour « créer du lien social entre les âges »

Reliure, peinture à l’acrylique, peinture sur bois… Pendant trois jours, environ 80 exposants pourront donner de la visibilité à leur travail réalisé au sein de l’Université Inter-Âges du Dauphiné (UIAD). Une exposition organisée à l’Ancien Musée de peinture (place de Verdun) qui, en plus d’être une vitrine sur les activités de l’association, lui offre également l’occasion de donner une idée de son fonctionnement : « comment entrer – devenir membre s'acquiert par une cotisation annuelle –, ce que l’on y trouve » nous explique son président Cédric Mazzone avant de revenir sur son histoire. « L’UIAD a été créée en 1977 et compte à ce jour environ 6550 membres et 230 enseignants qui proposent, dans divers lieux de Grenoble et de son agglo, de nombreux cours. » Plusieurs relèvent du domaine artistique, mais il existe également des leçons de mathématiques, de géologie, d’histoire… Avec l’idée, comme le précisent les statuts de l’association, « de favoriser l'épanouissement intellectuel et culturel de ses adhérents et le plaisir d'apprendre». « Ne pas opérer de distinction entr

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Musée électronique : « Un festival élégant mais pas pédant »

ACTUS | Le Périscope, producteur grenoblois à qui l'on doit notamment le festival Holocène, proposera mi-juin au Musée dauphinois la première édition de son événement baptisé Musée Électronique. On vous en dit un peu plus.

Aurélien Martinez | Mardi 26 mars 2019

Musée électronique : « Un festival élégant mais pas pédant »

Un lieu splendide à flanc de Bastille avec une vue imprenable sur Grenoble ; une programmation électro classieuse (Agoria, Breakbot, Busy P, Myd…) : pour le lancement de son événement Musée Électronique, le producteur grenoblois Le Périscope, qui organise notamment le festival Holocène (la prochaine édition sera cet automne), a voulu « faire quelque chose d’élégant mais pas pédant » comme nous l’a expliqué le programmateur Robin Direr. « Pour Holocène, on avait commencé à être en contact avec Olivier Cogne, le directeur du Musée dauphinois, dans l’idée de, pourquoi pas, proposer des concerts dans la chapelle du lieu. Mais on n’a pas réussi à organiser ça… On est tout de même restés en lien, comme Olivier Cogne a envie de redynamiser ce musée qui est magnifique, et d'attirer une certaine tranche d’âge qui ne vient

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"Rebelles" : le crime conserve

ECRANS | de Allan Mauduit (Fr, 1h27) avec Cécile de France, Yolande Moreau, Audrey Lamy…

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Une ex-reine de beauté passée de la pole danse à Pôle Emploi, tout juste embauchée dans une conserverie, tue par accident le contremaître qui tentait de l’agresser. Avec l’aide de deux collègues, elle fait disparaître le corps et découvre que le vilain cachait un sacré magot… Cette comédie sociale aux allures de de western made in Hauts-de-France possède de bons atouts dans son jeu, à commencer par son trio d’actrices (Cécile de France, Yolande Moreau et Audrey Lamy) rompues à tous les registres, et souvent engagées dans des rôles où l’humanisme affleure sous l’humour. Leur alliance tient de surcroît de la synergie de caractères, rappelant ces buddy movies tels que Comment se débarrasser de son patron (1980) de Colin Higgins, usant de la blague parfois lourdingue pour promouvoir la libération féminine d’une masculinité aussi dominatrice que débile – il y a d’ailleurs ici quelques furieux spécimens d’abrutis. Allan Mauduit aurait toutefois gagné à creuser davantage vers Petits meurtres entre amis (1994), son humour noir restant encore un peu pâle, surtout comparé à des productions a

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PB d'or 2018 : expo

C'était 2018... | Avec une pépite locale et pas mal de musées isérois.

La rédaction | Mardi 18 décembre 2018

PB d'or 2018 : expo

Le PB d’or du réseau incroyable : les musées départementaux de l’Isère Si l’Année du Japon en Isère (qui dure jusqu’en juin) a été si bien suivie, c’est surtout grâce aux musées départementaux (gérés par le Département de l’Isère donc), dont certains se sont emparés de l’événement avec pertinence, sortant parfois des domaines que leur nom peut laisser penser. Comme le Musée dauphinois, qui a inauguré fin octobre Des samouraïs au kawaii, histoire croisée du Japon et de l'Occident, soit l’une des expositions les plus réussies de 2018 ; le Musée de la Résistance qui, cet été, a accueilli la très forte exposition Hibakusha, dessins des survivants d'Hiroshima et de Nagasaki ; ou encore le Musée de l’Ancien Év

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"Premières Solitudes" : Claire Simon et la jeunesse, une affaire qui roule

ECRANS | de Claire Simon (Fr, 1h40) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

À l’occasion d’un partenariat au long cours avec les élèves d’une classe d'un lycée d’Ivry, la cinéaste Claire Simon instaure un jeu de rôle leur permettant, par le dialogue, de dévoiler les coulisses de leur vie et de livrer devant la caméra des secrets que leurs potes ne soupçonnaient pas… « On se côtoie tous les jours, mais on ne sait rien les uns les autres » : tel est, en substance, le déclencheur de ce film mû non par une curiosité voyeuriste, mais l’envie sincère de partager le parcours de vie de ses compagnons d’études. Sans avoir peur de mettre les pieds dans le plat avec une question embarrassante ; sans craindre le regard des autres lorsqu’une confidence s’étrangle dans un sanglot. Or, il y a dans ce groupe en apparence banal beaucoup de fractures secrètes, de récits de divorces parentaux, de sentiment d’abandon ou de solitude avérée, d’adoptions… La force des confessions, parfois déchirantes, est estomaquante et compense une construction formelle fragile, voire bancale : un bout à bout de séquences au cadrage incertain, à la lumière inconstante ou au montage minimaliste. Après Récréations, 800 km de différenc

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"Mademoiselle de Joncquières" : mensonges et trahisons (et plus si affinités)

ECRANS | d'Emmanuel Mouret (Fr, 1h49) avec Cécile de France, Edouard Baer...

Vincent Raymond | Lundi 10 septembre 2018

Pour se venger du Marquis des Arcis, auquel elle a cédé malgré la funeste réputation de libertin qui le précédait, Mme de La Pommeraye ourdit une complexe machination amoureuse contre lui en embauchant deux aristocrates déclassées, Mlle de Joncquières et sa mère. Mais peut-elle impunément user de l’amour comme d’un poison ? Deux pensées se télescopent à la vision de ce film. L’une : que le XVIIIe siècle, avec son amour des mots et ses mots d’amour, était taillé pour la plume stylisée prompte à (d)écrire les tourments chantournés qu’affectionne le réalisateur Emmanuel Mouret depuis ses débuts. L’autre, concomitante : pourquoi ne l’a-t-il pas exploré plus tôt ! Or, rien n’est moins évident qu’une évidence ; Mouret a donc attendu d’être invité à se pencher sur cette époque pour en découvrir les délices. Et se rendre compte qu’il y avait adéquation avec son ton. S’inspirant, comme le cinéaste Robert Bresson, d’un extrait de Jacques le Fataliste de Denis Diderot, Mouret l’étoffe et ajoute une épaisseur tragique et douloureuse. Là où Les Dames du Bois de Boulogne (1945) du premier se contentait d’une cynique mécanique

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"La mystérieuse bague du dauphin Guigues VIII", « un témoignage de l’histoire du Dauphiné »

Exposition | Jusqu'au 28 octobre, le Musée de l’Ancien Évêché propose "La mystérieuse bague du dauphin Guigues VIII", exposition autour d’un joyau suscitant bien des curiosités. On l’a découverte accompagnés d’Isabelle Lazier, directrice du musée.

Alice Colmart | Mardi 3 juillet 2018

« Jusqu’ici il ne restait pas d’objet matériel des trois dynasties de dauphins de Viennois. » C’est en tout cas ce que croyait Isabelle Lazier, directrice du Musée de l'Ancien Évêché, avant de consacrer toute une exposition à La mystérieuse bague du dauphin Guigues VIII. L’idée lui est venue en 2016, époque à laquelle un collectionneur anglais et historien de la joaillerie du nom de Jeffrey Cadby contacte le musée et affirme détenir « un joyau à caractère exceptionnel » acheté dans un magasin d’antiquité à Paris. Selon lui, il s’agit d’une bague qui aurait appartenu à Guigues VIII (1309-1333), dernier dauphin viennois et comte d'Albon. Après plusieurs hésitations et face à l’insistance de Jeffrey Cadby, Isabelle Lazier finit par faire analyser l’objet par des professionnels et historiens de l’art. Bien qu’ils voient là un objet d’une grande rareté, ils ne peuvent prouver son originalité à 100 %. Elle en reste tout à fait persuadée, et monte l’exposition. Un objet d’art, mais pas que Cette bague est avant tout un « témoignage de l’histoire du Dauphiné ». Il faut donc attendre un peu avan

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Grésiblues : tant que vivra le blues

Festival | Le festival Grésiblues c'est, du 1er au 6 juillet, six soirées gratuites dans six villages du Grésivaudan. Sa boss nous en dit plus.

Alice Colmart | Mardi 19 juin 2018

Grésiblues : tant que vivra le blues

Du dimanche 1er au vendredi 6 juillet est prévue la 19e édition du festival itinérant Grésiblues, et ce dans six communes du Grésivaudan. « L’objectif est de faire découvrir le blues aux gens près de chez eux » explique Brigitte Nakachdjian, présidente de l’association Grésivaudan Blues Festival. Parmi les 12 concerts gratuits proposés (deux par soir), cette dernière recommande notamment « l’originalité du blues touareg d’EZZA », ou encore le blues « tout public, entre la modernité et l’âme du blues » du Flo Bauer Blues Project, « quatuor multi générationnel » composé notamment du jeune Flo Bauer, révélé par The Voice en 2014. Rendez-vous aussi avec Dazzle, groupe grenoblois qui viendra faire résonner nos oreilles avec « la musique noire américaine des années 1960/1970 ». Et le festival se terminera avec l’Anglais Randolph Matthews (photo) dont les collaborations insolites (il a aussi bien travaillé avec la légende du jazz Herbie Hancock que le rappeur Will.i.am) le sont autant que la diversité d

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"L'Homme dauphin, sur les traces de Jacques Mayol" : né pour l’apnée

ECRANS | de Lefteris Charitos (F.-Gr-Can-Jap, 1h19) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 29 mai 2018

Voici l’eau-dyssée de Jacques Mayol, petit Français si fasciné par le monde du silence et l’espèce des dauphins qu’il tenta à sa façon d’en devenir un en se lançant, avec succès, dans la plongée en apnée, discipline dont il fut l’un des précurseurs et surtout le charismatique ambassadeur… Aller plus profond. Tel était le leitmotiv de cet aventurier à l’ancienne, ayant tout du play-boy international sans attaches, oubliant qu’il avait une famille pour vivre son rêve d’absolu ; sa quête ô combien paradoxale de lumière menée en s’enfonçant toujours plus loin dans l’impénétrable obscurité des abysses… À sa façon, le réalisateur Lefteris Charitos va lui aussi sous la surface, derrière l’image lisse rendue par la fiction inspirée de sa vie dans Le Grand Bleu (1988) de Luc Besson. En explorant les moindres images d’archives, en faisant parler les ultimes témoins, les proches de l’apnéiste, ses disciples comme son maître bouddhiste, le documentariste tente de plonger dans le secret d’un homme dépressif – et qui fut vaincu par la maladie. Sobre et apaisé, son portrait révèle, sans pathos aucun, un May

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Avec "Le rêve blanc", le Musée dauphinois raconte l'épopée des sports d'hiver dans les Alpes

Exposition | Mi-avril, le Musée dauphinois a ouvert les portes d’une nouvelle exposition permanente baptisée "Le rêve blanc, l'épopée des sports d'hiver dans les Alpes" qui retrace l’histoire de la pratique du ski au XXe siècle. On s’est laissé guider par Franck Philippeaux, conservateur du musée et commissaire de l'exposition.

Alice Colmart | Mardi 24 avril 2018

Avec

Alors que la neige fond et que les stations de ski ferment leurs pistes, le Musée dauphinois ne semble pas prêt à tourner la page de l’hiver. Après Grenoble 1968, les Jeux olympiques qui ont changé l’Isère, toujours en cours au rez-de-chaussée pendant toute l’année 2018, une nouvelle exposition, cette fois-ci de longue durée (sans date de fin donc), s’attaque aux sports d’hiver. Située au dernier niveau du bâtiment, elle a pour but de présenter « les différents engrenages du système économique que sont les sports d’hiver » selon le conservateur du musée Franck Philippeaux, avec des photos, cartes postales, films et autres objets en tous genres. Tout au long du parcours, on découvre ainsi l’évolution des pratiques à travers une vaste collection d’équipements adoptés par les sportifs au fil des ans – skis, monoskis, patinettes… On en apprend par exemple plus sur le passage du ski en bois au ski métallique, jusqu’au plus récent sn

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"America" : plongée saisissante dans l'Amérique profonde (et trumpiste)

ECRANS | de Claus Drexel (ÉU, 1h22) documentaire

Vincent Raymond | Lundi 12 mars 2018

Alors que la campagne présidentielle américaine de 2016 bat son plein, le documentariste Claus Drexel fait une longue escale à Seligman, Arizona. Et donne la parole à ces ressortissants de l’"Amérique profonde" dont les voix comptent autant que celles, plus médiatisées, des côtes est et ouest. À la manière d’un zoom, le documentaire America complète et approfondit le We Blew it (2017) de Jean-Baptiste Thoret, tourné partiellement (et concomitamment) à Seligman : on note d’ailleurs quelques protagonistes en commun, dont le coiffeur vétéran. Avec Martin Weill pour l’émission Quotidien, Drexel est l’un des rares à avoir ausculté la réalité, pressentant ce qu’aucune bonne conscience (malgré le précédent Bush/Gore) ne se résolvait à considérer comme possible. Prenant le temps d’interroger longuement des citoyens (gens ordinaires, électeurs, militants ou non), le documentariste a fouillé une conscience sociale baignée plus qu’abreuvée par les discours de propagande

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"L'Insoumis" : un portrait un peu gauche de Jean-Luc Mélenchon

ECRANS | de Gilles Perret (Fr, 1h35) documentaire

Vincent Raymond | Vendredi 16 février 2018

Au soir du premier tour de l’élection présidentielle de 2017, on s’étonnait de ne pas avoir dès 20h de déclaration à chaud ni d’images de Jean-Luc Mélenchon. Cette absence médiatique du bouillonnant candidat, si présent durant la campagne, était-elle consécutive à la stupéfaction, la déprime ou une bouderie de se retrouver classé quatrième à l’issue du scrutin ? Près d’un an plus tard, cet instant d’actualité, devenu fragment d’histoire immédiate, nous parvient grâce à la "caméra embarquée" exclusive d’une production privée (le paradoxe s’avère pour le moins étrange concernant le champion de La France Insoumise) ; celle du documentariste Gilles Perret, alors en train de tourner son portrait. Las, on devrait parler d’hagiographie tant le film du bon camarade Perret, partageant les idées de Mélenchon, s’emploie à renvoyer du candidat un reflet flatteur, visant à rectifier la caricature de loup-garou ordinairement diffusée par ses adversaires. D’un côté comme de l’autre, il s’agit pourtant de propagande, et aucune n’est donc recevable... Proche idéologiquement de son sujet, Perret peut difficilement adopter une distance critique

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"Atelier de conversation" : ceci est un documentaire optimiste

ECRANS | de Bernhard Braunstein (Aut.-Fr., 1h10) documentaire

Vincent Raymond | Lundi 5 février 2018

Pareille à un aquarium, une drôle de salle posée au milieu de la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou accueille chaque semaine des étrangers résidents en France pour une session de discussion dans la langue de Molière. Un sacré melting-pot – pardon : mélange. Bribes de séances, fragments d’échanges captés lors de ces ateliers, intervenants de tous les pays filmés en plan rapproché devant s’acquitter une seul règle (parler en français)… Le dispositif, des plus minimalistes, suffit à bâtir un film d’une incroyable richesse humaine en télescopant les unes contre les autres les destinées de celles et ceux qui s’expriment ici, dans le sanctuaire du groupe. Chacun·e vient lesté·e de son histoire – qui réfugié·e, qui étudiant·e, qui retraité·e – et participe à la construction d’un récit contemporain d’une authentique mixité. La volonté commune de maîtriser l’idiome du pays hôte est supérieure à toute considération, et les emportements naissants sont vite apaisés par les modératrices et modérateurs du lieu, garants de la stricte neutralité de l’enclave. Document sur des gens

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Olivier Cogne : « En 1968, les Jeux olympiques ont fait de Grenoble le centre du monde »

ACTUS | Avant la grande soirée d'anniversaire des 50 ans des Jeux olympiques de Grenoble prévue le mardi 6 février, on a rencontré Olivier Cogne, directeur du Musée dauphinois et commissaire de l’exposition "Grenoble 1968, les Jeux olympiques qui ont changé l’Isère" qui sera lancée le même jour. Il revient sur l’histoire de la manifestation sportive qui, en plus d'avoir contribué au développement spectaculaire du territoire, a fait de Grenoble un musée à ciel ouvert.

Alice Colmart | Mardi 30 janvier 2018

 Olivier Cogne : « En 1968, les Jeux olympiques ont fait de Grenoble le centre du monde »

Mardi 6 février, Grenoble commémorera officiellement (et en grandes pompes) le cinquantenaire du lancement de ses Jeux olympiques d’hiver : une manifestation symbolique pour le Musée dauphinois. « Depuis 4 ans nous travaillons sur notre exposition Grenoble 1968, les Jeux olympiques qui ont changé l’Isère, comme la période correspond au moment où le musée départemental s’est installé au couvent de Sainte-Marie-d’en-haut » explique le directeur des lieux Olivier Cogne. « L'exposition racontera notamment les liens intéressants qui existent entre l’histoire des Jeux olympiques et notre territoire. On va revenir sur l'histoire des Jeux olympiques, de l’Antiquité jusqu’au XIXe siècle, quand certaines personnalités ont souhaité les rénover, comme l’Isérois Henri Didon, proche de Pierre de Coubertin à qui l’on doit la devise olympique. » Mais avançons jusqu'à la période qui nous intéresse. En 1964, le maire de Grenoble Albert Michall

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"12 jours" : Raymond Depardon épuise son filon

ECRANS | de Raymond Depardon (Fr., 1h27) documentaire

Vincent Raymond | Lundi 27 novembre 2017

Film de demande plus que de commande, 12 jours de Raymond Depardon répond à une invitation de tourner dans un établissement psychiatrique (en l’occurence, le Vinatier à Bron, près de Lyon) avec des patients hospitalisés sans consentement lors de leur présentations devant un juge des libertés et de la détention – celle-ci devant se dérouler au plus tard 12 jours après leur première admission. S’ensuivent donc dix auditions, à la queue leu-leu. Dix portraits entre détresse et absurde de la "folie" ordinaire, et surtout un épuisant sentiment de déjà-vu. Car malgré tout le respect et toute l’estime que l’on porte au réalisateur français, force est de constater qu’il éprouve de moins en moins l’envie de sortir du cadre et des repères qu’il a jadis balisés. 12 jours transpose en effet de manière manière mécanique son dispositif de Délits flagrants ou de 10e chambre, instants d’audience dans un décor lui aussi familier pour le cinéaste, qui avait déjà arpenté avec San Clemente

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"L'École de la vie" : entre deux

ECRANS | de Maite Alberdi (Fr.-Chi-.P.-B., 1h32) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

La vie quotidienne dans une école chilienne spécialisée accueillant des adultes atteints du syndrome de Down (la Trisomie 21) : le travail à l’atelier gastronomie, l’amitié et les histoires de cœur minées par les décisions des tuteurs légaux… La réalisatrice chilienne Maite Alberdi cadre les élèves serrés, dans une très grande proximité, à l’extrême limite parfois de l’intimité gênante (sans franchir la ligne jaune de l’obscénité), gardant parents et éducateurs dans un flou visuel volontaire. Ce dispositif tranché facilitant la focalisation sur ses héros (Rita, au régime, qui tente de soustraire du chocolat en cachette ; Anita et Andrés désireux de se marier malgré l’opposition parentale...) et permettant d’adopter plus aisément leur point de vue, est sans doute la meilleure idée de ce documentaire. L’École de la vie laisse en effet une impression mitigée, découlant pour partie des méthodes en apparence paradoxales de l’école. Certes, les élèves semblent disposer d’une liberté d’action complète et s’épanouir lorsqu’ils préparent de la pâtisserie, mais ils sont étrangement infantilisés dans des cours où on leur demand

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"L’Assemblée" : Mariana Otero au plus près de Nuit debout

ECRANS | de Mariana Otero (Fr., 1h39) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 17 octobre 2017

Fin mars 2016. Le projet de loi de réforme du code du travail (dite loi El Khomri) provoque l’inquiétude de nombreux salariés. À Paris, des citoyens occupent la place de la République où ils tiennent réunions et assemblée générales durant des semaines. C’est Nuit debout. Du crépuscule du soir à son petit matin bien blême, Marina Otero arrive à condenser l’utopie boiteuse de Nuit debout dans ce qu’elle a de sympathique, de spontané et de désorganisé. Même sans connaître l’issue du mouvement, on lit dans cette micro résurgence d’un mai-68 hivernal (plus diurne que nocturne) son inéluctable inaboutissement : l’agora de la place de la République semble pleine, mais bien vide du peuple authentique (combien d’ouvriers, de précaires réels, de pauvres ?). Et si faible face aux forces de l’ordre, qui dispersent gaz lacrymogènes et manifestants avec une redoutable efficacité. Vécu de l’intérieur, en sympathie avec les apprentis néo-démocrates de la place, L’Assemblée est un document pour mémoire ; la trace mélancolique de ce mois de mars d’une centaine de jours…

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"Des rêves sans étoiles" : prison de filles

ECRANS | de Mehrdad Oskouei (Irn., 1h16) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

Iran. Des jeunes femmes à la lisière de la majorité sont filmées dans leur quotidien de détenues d’un centre de "réhabilitation" pour mineures. Souvent en rupture de famille, certaines sont délinquantes, d’autres enceintes, voire mères ; toutes dans l’angoisse de leur sortie… Voilà un projet intéressant sur le papier, qui peine pourtant à aller au-delà de ses évidentes bonnes intentions. Notamment parce que le réalisateur parasite son propre film, en intégrant des interviews qu’il réalise, voix off, avec les détenues. De témoin, il devient acteur des événements ; il interagit avec ceux. À ces "tête-à-tête" trop polis pour être honnêtes (ont-ils été répétés ? ont-ils été surveillés durant le tournage ?), on préfère les rares séquences d’imprévus, plus crues, montrant la détresse d’une gamine tétanisée par l’irruption de ses parents, ou une autre effondrée parce que sa grand-mère refuse de l’accueillir. Le cours d’instruction religieuse, abordant la question de l’égalité homme-femme, est aussi un grand moment.

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Carine Tardieu : « Pleurer ou rire, c’est une manière d’être vivante »

ECRANS | "Ôtez-moi d'un doute", film au casting quatre étoiles (François Damiens, Cécile de France, André Wilms, Guy Marchand...), c'est la très bonne surprise de cette rentrée cinématographique. Rencontre avec sa réalisatrice.

Vincent Raymond | Lundi 4 septembre 2017

Carine Tardieu : « Pleurer ou rire, c’est une manière d’être vivante »

Avec Ôtez-moi d’un doute, vous abordez le thème du secret de famille, très fécond au cinéma… Carine Tardieu : Au fur et à mesure de l’écriture de cette histoire, je me suis rendu compte qu’il y avait énormément de famille dans lesquelles il y avait des secrets – beaucoup autour de la paternité, car on sait qui est la mère d’un enfant. On en entend davantage parler depuis que les tests ADN existent. Des gens m’ont raconté leur histoire : certains ont eu envie de chercher leur père biologique, d’autres n’ont jamais voulu savoir… Paradoxalement, découvrir que son père n’est pas son père biologique permet à votre héros de mieux connaître le premier… Absolument. J’ai eu moi-même la sensation de rencontrer mon père assez tard, alors que mon père je le connais depuis toujours. Parfois, la rencontre se fait à un moment précis de la vie : quand on devient soi-même père ou mère, on se demande quel homme et quelle femme nos parents ont été. On projette de

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"Ôtez-moi d’un doute" : mes beaux pères

ECRANS | Un démineur breton se trouve confronté à de multiples "bombes" intimes, susceptibles de dynamiter (ou ressouder) sa famille déjà bien fragmentée. Autour de François Damiens, la réalisatrice Carine Tardieu convoque une parentèle soufflante, qui a été nommée à la dernières Quinzaine des Réalisateurs cannoise.

Vincent Raymond | Lundi 4 septembre 2017

Démineur de métier, Erwan a fort à faire dans sa vie privée : il vient d’apprendre que son père l’a adopté et que sa fille (qu’il a élevée seul) est enceinte. Alors qu’il enquête en cachette sur Joseph, son père biologique, Erwan rencontre Anna dont il s’éprend. Las ! C’est la fille de Joseph. Carine Tardieu a de la suite familiale dans les idées. Depuis ses débuts avec La Tête de Maman (2007) et Du vent dans mes mollets (2012), elle s’intéresse à cette sacro-sainte famille. Un microcosme à part, connu de chacun et cependant toujours singulier, ayant surtout la particularité d’être facilement chamboulé. Tant mieux pour qui veut raconter des histoires. Plateau de fruits de père(s) Pour Ôtez-moi d’un doute, la cinéaste conserve son approche favorite consistant à observer une petite tribu de l’intérieur et à hauteur d’enfant. L’enfant a ici quelque peu grandi, puisqu’il s’agit d’un – gigantesque – adulte, en situation de devenir grand-père de surcroît. Mais le scénario le replace justement

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"Macadam Popcorn" : grandeurs et évolutions des petits commerces de cinéma

ECRANS | de Jean-Pierre Pozzi (Fr., 1h19) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 20 juin 2017

Voici un documentaire que l’on voudrait aimer par principe ; autant pour son sujet que pour l’opiniâtreté de sa démarche et ses (modestes) tentatives formelles. Jean-Pierre Pozzi et son camarade le dessinateur Mathieu Sapin y écument la France des salles de cinéma alternatives, après le passage au "tout numérique", et donnent la parole aux défenseurs acharnés de l’exception "art et essai" – ces propriétaires de salles maintenant coûte que coûte leurs écrans dans le paysage. Scandé de trop rares séquences animées, ce road movie leur a pris des mois, voire des années. Hélas, une partie de leur énergie s’est diluée au fil du temps, et le film s’en ressent : on devine à sa réalisation bancale, à son montage façon coq-à-l’âne et à l’absence hurlante de continuité que les protagonistes (au jeu merveilleusement approximatif) ont dû caler les sessions de tournage au gré de leurs disponibilités. Cette forme inachevée, parasitant un fond édifiant (notamment les témoignages d’intervenants pittoresques, aventureux et sympas) montre les limites d’un cinéma militant privilégiant les intentions à l’énonciation.

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Grésiblues : tous les blues sont dans la nature

Festival | Du dimanche 2 au vendredi 7 juillet, la vallée du Grésivaudan sonnera blues avec plusieurs concerts gratuits ici et là. On vous en dit plus.

Nicolas Joly | Mardi 20 juin 2017

Grésiblues : tous les blues sont dans la nature

Entre les rives du Mississipi et la vallée du Grésivaudan, il n’y a a priori que peu de points communs. Toutefois, grâce aux efforts des bénévoles de l’association Grésivaudan blues festival, on peut entendre à Crolles, Montbonnot et ailleurs la même musique que dans les clubs de Memphis. Du 2 au 7 juillet, le festival Grésiblues invite ainsi des artistes de blues à se produire gratuitement et en plein air dans des communes de la vallée. Fidèles à leur volonté de faire découvrir le blues sous toutes ses formes, les organisateurs ont concocté pour cette 18e édition une programmation pour le moins éclectique. Par exemple, les amateurs de ballades traditionnelles apprécieront la retenue du classieux Luke Winslow-King, qui sillonne les routes étatsuniennes depuis plus de 10 ans. Quant aux afficionados de blues/rock plus musclé, ils apprécieront le côté sauvage des Miss America et du Quintana Dead Blues eXperience, le nouveau projet de l’électrique Piero Quintana.

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Nuit des musées 2017 / Musées en fête : notre sélection

Événement | Samedi 20 mai, c’est la fameuse Nuit européenne des musées, événement couplé en Isère à un week-end baptisé Musées en fête. On a bien lu tous les programmes des lieux qui participeront (des musées donc, mais aussi d’autres institutions culturelles) et on en a sélectionné six, en accès libre bien sûr. Suivez-nous.

Aurélien Martinez | Mardi 16 mai 2017

Nuit des musées 2017 / Musées en fête : notre sélection

Une nuit portes ouvertes au Musée de Grenoble Un week-end festif dédié aux lieux d'expo de Grenoble et de l'agglo doit forcément prendre en considération le Musée de Grenoble et ses collections impressionnantes qui, on le rappelle une nouvelle fois, rivalisent avec celles des grands musées français – voire internationaux. Et ce même si rien de fou n'est organisé pendant ces deux jours par la vénérable institution. Le musée et son expo temporaire consacrée au peintre Fantin-Latour seront ainsi en accès libre le samedi de 18h30 à minuit et le dimanche toute la journée. C’est déjà ça. À noter tout de même que l’association Musée en musique proposera, le dimanche à 14h30, une « sieste musicale » dans le patio du musée avec le quintette vocal Sparkling Voices, et ce sera en accès libre. Une visite des coulisses au Musée dauphinois Un musée, c'e

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Étienne Comar : « Django Reinhardt a été le premier "guitar hero" »

ECRANS | Pour sa première réalisation, le producteur et scénariste Étienne Comar s’offre rien moins qu’un portrait du plus fameux des guitaristes jazz manouche, Django Reinhardt. Interview.

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

Étienne Comar : « Django Reinhardt a été le premier

Pourquoi ce portrait de Django Reinhardt à cette période précise ? Étienne Comar : Depuis des années je voulais faire le portrait d’un artiste, un musicien dans une période tourmentée de l’histoire et de son existence. Pour plusieurs raisons : j’ai fait de la musique, et je sais sa faculté de vous extraire du monde et à vous isoler et vous aveugler du monde qui vous entoure. Le fait de vouloir traiter d’une période historique compliquée est lié à l’air du temps, parler de la position des artistes, à un moment où tout semble s’effondrer autour de soi. Django est une icône qui m’a toujours fasciné. D’abord, c’est un peu les prémices du rock’n’roll ; c’est le premier "guitar hero", il a inspiré énormément de jazzmen, de bluesmen, de rockeurs… Quant à la période, parce qu’il fait de la musique, il ne voit pratiquement pas le drame en train de se passe au tour de lui. Il va entrer de plain-pied dans la guerre, parce qu’il va y être contraint, forcé. Et puis, je n’aime pa

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"Django" : accords et désaccords sur le cas Django Reinhardt

ECRANS | de Étienne Comar (Fr., 1h55) avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya…

Vincent Raymond | Lundi 24 avril 2017

Producteur inspiré de Timbuktu ou Des Hommes et des dieux, Étienne Comar passe ici à la réalisation pour un bien étrange biopic inspiré par sa fascination pour l’œuvre, la musique et la personnalité de Django Reinhardt – campé par un Reda Kateb appliqué, impeccable aux six-cordes durant le premier quart d’heure (le meilleur du film). Ce portrait au classicisme suranné se focalise en effet sur la période de l’Occupation et donne l’impression de chercher à exonérer le guitariste jazz de son insouciance d’alors en le transformant en proto-résistant, voire en héros de "survival". C’est se livrer à de sérieuses extrapolations au nom de la fiction et/ou de l’admiration. Étienne Comar a beau jeu de justifier sa démarche par les béances de l’histoire

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Quintana : à fond la guitare

Concert | Jeudi 16 mars, l'Ampérage sera le théâtre d'un déferlement électrique. Sa cause ? Le Quintana Dead Blues eXperience, nouveau projet du fameux bluesman-rockeur atomique Piero Quintana.

Stéphane Duchêne | Mercredi 15 mars 2017

Quintana : à fond la guitare

Depuis qu'on vous a présenté l'an dernier le dernier d'une longue série de disque de Piero Quintana (plus de 25 ans d'expérience dans le domaine), ce bluesman-rockeur atomique a encore fait de la route et du son. Avec des expériences aussi diverses que les premières parties de Jojo Hallyday, Christine & The Queens ou Gaëtan Roussel, des contextes où il faut en avoir sous la pédale pour se distinguer face à un public tout acquis à la cause de quelqu'un d'autre. Mais Quintana n'a jamais eu besoin que de lui-même pour s'imposer et en imposer. En atteste la suite de son projet : Quintana Dead Blues eXperience, qui radicalise un peu plus la façon de son album 69. Soit Quintana, voix "born from the dark side" comme revenue d'une expérience de mort imminente, et attitude façon L'Équipée Sauvage avec Marlon Brando. « Une guitare à fond » (c'est lui qui le dit et on peut lui faire confiance) à qui il fait d'ailleurs subir les meilleurs et les pires outrages ; une GrooveBox MC909 (autrement dit un sampler) pour seule compagne difficile à dompter ; et des chansons tantôt à décorner les bœufs (Please, Ki

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Festival Holocène, première édition : demandez le programme

Festival | Pour sa première édition, le festival Holocène, sis entre Summum et petites scènes, n'y va pas de main morte dans le mélange des genres et des jauges. Il y aura à boire et à manger entre le 2 et le 11 mars, certes, mais au moins pour tout le monde dans une programmation dont l'éclectisme est définitivement le nom.

Stéphane Duchêne | Lundi 27 février 2017

Festival Holocène, première édition : demandez le programme

Si l'Holocène, en plus d'un titre magique de Bon Iver, fut une ère interglaciaire qui vit disparaître la plupart des espèces de mammifères géants connus (comme le regretté paresseux géant, plus gros qu'un éléphant), le festival Holocène a choisi lui d'utiliser ce nom pour matérialiser le mélange des espèces qui fera le sel de sa programmation. N'hésitant pas au passage à faire se côtoyer des créatures de grande taille avec d'autres plus modestes, les monuments historiques comme les jeunes espoirs. Certes, c'est un peu le principe d'un festival, mais on touche là aux confins du concept. Les Fréro Delavega côtoyant, même de loin, Magma ou des jeunots à guitares fumantes, avouez que ce n'est pas banal. Et ce sont bien les Fréro qui ouvriront ainsi les festivités en tête d'affiche du Summum, le jeudi 2 mars, après que se soient succédé sur scène l'électro swing de Lamuzgueule (qui n'aura jamais aussi bien porté son nom), le rock tendu de Bon Air et le rap à la cool

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"Sous peine d’innocence" : Severino Diaz, présumé coupable

ECRANS | de Pierre Barnérias (Fr., 1h34) documentaire avec Severino Diaz…

Vincent Raymond | Mardi 28 février 2017

Condamné à 15 ans de prison pour un meurtre qu’il n’a pas commis, l'Américain Severino Diaz n’a jamais plaidé coupable. À cause de cela, sa libération conditionnelle lui a à maintes fois été refusée, allongeant sa peine d’une dizaine d’années. Sans jamais entamer sa résolution… L’histoire dramatique de Diaz sert de support à un documentaire brouillon et éparpillé façon puzzle, ne sachant pas vraiment quel fil suivre : tantôt il s’intéresse au destin singulier de ce prisonnier intègre (grâce à une masse d’entretiens réalisés avec Diaz entre 2004 et 2016) ; tantôt il dresse une hagiographie de la Maison d’Abraham, institution créée par un Aveyronnais (le Père Pierre) à New York pour la réinsertion des détenus. Entre les deux, des images illustratives souvent inutiles (tels des stop-motions cache-misère semblant piochés sur Internet) ne parvenant pas à corriger la qualité médiocre des prises vue ni du montage. Dommage qu’un sujet et des personnages aussi intenses pâtissent d’une absence de point de vue aussi flagrante : ou l’auteur s’engage, ou il reste neutre, mais il ne peut demeurer dans cet entre-deux. Son indécision aggrave (voire explique) la faiblesse de

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"Le Concours" : Il ne peut en rester que soixante

ECRANS | de Claire Simon (Fr., 1h59) documentaire avec Laetitia Masson, Sylvie Verheyde, Patricia Mazuy, Vincent Dedienne…

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

Héritière de l’Institut des hautes études cinématographiques, la Femis (École nationale supérieure des métiers de l'image et du son), représente l’aristocratie des écoles de cinéma et peut se targuer d’avoir formé, entre autres, Emmanuel Mouret, François Ozon, Céline Sciamma, Alice Winocour ou Emmanuelle Bercot. Son drastique écrémage à l’entrée est si réputé - 1200 postulant(e)s pour 60 élu(e)s - qu’il a inspiré la cinéaste Claire Simon. Rien d’étonnant, connaissant son appétence pour les portraits de microcosmes, en fiction ou documentaire, que ce soit les cours d’écoles dans Récréations (1992), le planning familial dans Les Bureaux de Dieu (2008) ou le bois de Vincennes pour Le Bois dont les rêves sont faits (2016). Dans Le Concours, elle suit le processus de sélection, des épreuves de pré-admissibilité à la rentrée des élèves, en témoin muette des examens et des oraux, captant le réel sans jamais intervenir. Au-delà de son léger suspense (qui sera retenu et pourquoi ?), le projet est intéressant de par sa grande transparence, puisqu'on pénètre les coulisses d’une grande institution et qu'on assiste à des délibérations — le tabou

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"Et les mistrals gagnants" : la maladie à hauteur d'enfant

ECRANS | de Anne-Dauphine Julliand (Fr., 1h19) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 31 janvier 2017

Choisir la "chanson préférée des Français", signée de surcroît par le multi-ressuscité favori des citoyens de l’'Hexagone, pour titrer un documentaire consacré à des enfants malades, voilà qui avait de quoi susciter une méfiance légitime. Mais devant l'écran, on oublie vite la rengaine pianotée tire-larmes de Renaud (qui n’arrivera qu’à la fin) pour s'’attacher au quotidien des jeunes protagonistes suivis par Anne-Dauphine Julliand. Une réalisatrice ayant le tact (l’élégance, même) de s’'effacer pour nous permettre d'’entendre avec quelle étonnante lucidité (et maturité) ses petits patients évoquent les affections lourdes pour lesquelles ils sont suivis. Partageant leur spontanéité, leurs mots comme ceux de leurs proches, si elle n’'enjolive rien par intérêt dramatique ou cinématographique, elle privilégie la vie au voyeurisme impudique ou au sanglot complaisant. Ce qu’il y a de plein dans un verre valant toujours mieux que le vide. Cette approche sensible prenant les enfants pour ce qu’ils sont (c’est-à-dire des êtres doués de raison) rappelle un beau documentaire de Denis Gheerbrant, La Vie est immense et pleine de dangers (1995),

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"Born to be blue" : de déchet à Chet (Baker)

ECRANS | de Robert Budreau (G.-B-E.-U.-Can., 1h37) avec Ethan Hawke, Carmen Ejogo, Callum Keith Rennie…

Vincent Raymond | Lundi 9 janvier 2017

1966. Vaincu par ses addictions, Chet Baker n’est plus ce James Dean du jazz qu’il a été. Mais la rencontre avec la belle Jane, à la faveur du tournage d’un film hommage, l’encourage à entreprendre une renaissance. Ce ne sera pas la première, ni la dernière… La douloureuse trajectoire torve de Baker appartient à cette mythologie du jazz faite de cycles de grandeur-déchéance, de caves enfumées et d’ivresses prolongées ; en cela, elle est éminemment cinématographique. Encore faut-il savoir y prélever les éléments les plus saillants, et confier cette réelle mission à un comédien inventif, capable de surcroît d’éviter l’odieux piège de la surcomposition. Ethan Hawke, décidément abonné aux vieilles gloires éthyliques (voir Les 7 mercenaires), se révèle excellent pour interpréter la partition du bugliste à la voix d’ange et au visage de jeune premier désespéré. Dans cette élégie élégante et délicate, jouant parfois avec sa propre structure et faisant fi de toute prétention, il don

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Rentrée cinéma 2017 : face (à face) à la nouvelle année

Panorama 2017 | Les distributeurs ont l’esprit joueur. Ou plutôt jouteur : à la manière des programmateurs des chaînes de télé, ils ont composé un mois de janvier truffé de petits duels et de combats singuliers. Une manière très… confraternelle de (se) souhaiter la bonne année…

Vincent Raymond | Lundi 2 janvier 2017

Rentrée cinéma 2017 : face (à face) à la nouvelle année

Comme si les vraies rivalités et les confrontations sérieuses du monde réel ne suffisaient pas, voilà qu’on invente des escarmouches pour les files d’attente des cinémas ! Et qu’on ne brandisse pas, pour les justifier, le prétexte d’une fréquentation à stimuler par "l’émulation" : revendiquant plus de 210 millions d’entrées réalisées en 2016, le secteur s’est rarement aussi bien porté. De telles chicaneries, ça a tout de même un petit air de cour de récré, non ? À hauteur d'ados Rayons enfantillages, Hélène Angel ouvre le bal avec Primaire (ce mercredi 4 janvier) qui fait de Sara Forestier une instit’ surinvestie prête à beaucoup pour sauver un gamin manifestant de graves signes d’abandon… au grand dam de son propre fils. On retrouve, actualisé, l’un des thèmes de L’Argent de poche (1975) de Truffaut, centré ici sur l’enseignant et amendé d’une inutile fable sentimentale avec un Vincent Elbaz peu crédible en livreur fruste. Plus convaincant est Jamais contente de Émilie Deleuze (11 janvier), adaptation de Marie Desplechin sur les désarrois d’une ado redoublante, mal dans sa peau en fami

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Joyeux anniversaire l’Orchestre régional du Dauphiné !

Musique classique | Le fameux orchestre amateur fêtera ses trente ans jeudi 15 décembre à l'Hexagone de Meylan (avec une reprise le lendemain à la Vence scène de Saint-Égrève). On remonte le fil de l'histoire.

Régis Le Ruyet | Lundi 12 décembre 2016

Joyeux anniversaire l’Orchestre régional du Dauphiné !

1986. Trois clarinettistes, élèves du Conservatoire de Grenoble, trépignent d’envie devant la partition de La Flûte enchantée de Mozart qu’un d’eux vient d’apporter. Convaincus, à raison, que leurs seuls instruments ne pourront suffire, les musiciens se font rabatteurs et parviennent à rallier autour de leur idée un violon, un alto, un violoncelle, une flûte, un hautbois et trois chanteurs. Dès lors, placée sous la baguette de leur professeur, la toute jeune société baptisée Le concert des amateurs se prépare à donner, dans le cadre de la Fête de la musique, son premier concert dans le patio du Centre musical de Meylan… Trente ans plus tard, toujours avec autant de « plaisir » comme nous le confirme son président-bassoniste Jean-Michel Bouvard, l’orchestre est toujours là, sous le nom d’Orchestre régional du Dauphiné. Soutenu par le Conseil général de l’Isère, la Ville de Meylan et quelques mécènes, l’ensemble réunit aujourd’hui près de cinquante musiciens amateurs de tous âges pour environ huit concerts par an, et pas mal d’interventions en milieu hospitalier, dans des Ehpad… Pour célébrer

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"The Blues Brothers" vendredi à Voreppe

ECRANS | L’année touche à sa fin, et les programmations festives se multiplient. Y compris dans les rendez-vous cinéphiles : Regards croisés, animé par Laurent Huyard (...)

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

L’année touche à sa fin, et les programmations festives se multiplient. Y compris dans les rendez-vous cinéphiles : Regards croisés, animé par Laurent Huyard n’échappe pas à la règle, puisqu’il propose dans son cycle “cinéma américain” la comédie musicale trépidante de John Landis The Blues Brothers (1980) avec John Belushi, Dan Acroyd, mais aussi James Brown, Aretha Franklin, Ray Charles, Cab Calloway, John Lee Hooker… Lunettes noires de rigueur vendredi 2 décembre à 20h30 au cinéma Art et Plaisirs de Voreppe.

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"The Other Side" : le Mois du documentaire joue les prolongations

ECRANS | Il devait s'arrêter ce mercredi 30 novembre. Mais c'était sans compter sur Mon Ciné, à Saint-Martin-d'Hères, qui organise une soirée jeudi 1er décembre autour du film "The Other Side". Bonne idée.

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

En théorie, la 17e édition du Mois du film documentaire s’achève dans toute la France le mercredi 30 novembre. Pas à Saint-Martin-d’Hères, où Mon Ciné résiste encore et toujours aux règles par trop contraignantes, en prolongeant de quelques journées cette fenêtre sur ce genre d’une richesse aussi insondable que méconnue. En programmant tout d’abord le très réussi film d’Olivier Babinet Swagger, une œuvre de création collaborative s’attachant au quotidien comme aux aspirations d’ados de banlieue parisienne. Et en projetant le 1er décembre en ciné-rencontre (puis plusieurs jours ensuite en séance seule) une œuvre insolite et âpre de Roberto Minervini sortie l’an dernier : The Other Side. Auréolé d’une sélection cannoise (catégorie Un certain regard, fort appropriée), le film nous plonge dans la misère la plus crasse : celle d’un peuple déclassé vivant en Louisiane. Gueules ravagées, chicots noirâtres, silhouettes émaciées ou marquées par

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Olivier Cogne, du Musée de la Résistance au Musée dauphinois

Musées | À 41 ans, Olivier Cogne, jusque-là directeur du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, va remplacer Jean Guibal, à la tête du Musée dauphinois depuis 1981. Il se présente dans la continuité de son prédécesseur.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 22 novembre 2016

Olivier Cogne, du Musée de la Résistance au Musée dauphinois

Il a été directeur du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère pendant six ans. Désormais, Olivier Cogne va grimper les marches de la Bastille pour récupérer la direction du Musée dauphinois, en remplacement de Jean Guibal, « l’un de [s]es maîtres ». « Même si je n’avais pas fait le tour du Musée de la Résistance, j’avais envie d’un renouvellement et de travailler dans un lieu pour lequel j’ai une grande admiration » indique le nouveau chef. Bien sûr, le quadra n’arrive pas dans l’ancien couvent de Sainte-Marie-d’en-haut en néophyte. « J’étais jusque-là chargé d’exposition au Musée dauphinois », comme À l'arrière comme au front, les Isérois dans la Grande Guerre en 2014 ou encore Tsiganes, la

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