"Mutafukaz" : ados dans le viseur

ECRANS | Retour gagnant sur grand écran pour Guillaume Renard, alias Run, qui offre de l’espace et du temps aux héros de l’univers pop-pulp-futuriste de "Mutafukaz", la série qu’il avait développée en BD. Une synthèse street-punk bariolée, avec des cafards, des mutants et de la "lucha libre".

Vincent Raymond | Mardi 22 mai 2018

Photo : Tamasa distribution


Dark Meat City. Livreur de pizzas parfumé à la lose, Angelino voit sa vie changer le jour où, après avoir un peu trop maté une belle donzelle, il percute un camion. Une armée de tueurs détruit son taudis, le forçant à partir en cavale avec son coloc’. Au passage, il se découvre des pouvoirs…

Apparue avec le millénaire et son cortège de néo-usages techno-ludiques, la maison Ankama héberge une flopée de séries transmédia qui, fort logiquement, trouvent au cinéma un terrain de jeu supplémentaire. Après le réussi Dofus, livre 1 : Julith (hélas passé un peu inaperçu lors de sa sortie en 2016), voici donc un nouvel objet pop-fusion post-moderne tiré de cette galaxie aux inspirations multiples et débridées : entre l’anticipation et la dystopie, la jungle urbaine peuplée d’aliens "undercover" visant à prendre le contrôle de la planète en asservissant les humains rappelle le John Carpenter de Invasion Los Angeles.

Hybrides débridés

Mais aussi la désinvolture vitaminée du Tarantino de Pulp Fiction ne lésinant pas sur les flingues ni l’hémoglobine (la violence visuelle n’est pas ici éludée, loin s’en faut) et prenant autant de libertés qu’il est permis d’en voler avec la stricte linéarité du récit. Deux arguments de choix pour conquérir une cible adolescente (en-dessous de 12 ans, ce serait du massacre), sans doute déjà appâtée par la tête de gondole Orelsan / Gringe, duo sélectionné pour prêter sa voix à Angelino et Vinz.

Dans cette historie peuplée de créatures à la physionomie indéterminée, l’objet de toutes les convoitises est l’hybride parfait entre un humain et un extra-terrestre ; une sorte de chimère aussi improbable et puissante qu’un cocktail tequila-saké. Cohérence suprême, Mutafukaz milite aussi pour les vertus du métissage et de l’hétérogénéité à travers sa forme auto-zappante et sa conception eurasienne. Preuve que même dans le chaos on finit toujours par trouver un semblant d’ordre…

Mutafukaz
De Guillaume Renard et Shoujirou Nishimi (Fr-Jap, 1h33) animation


Mutafukaz

De Shoujirou Nishimi et Guillaume Renard (Fr-Jap, 1h33) animation

De Shoujirou Nishimi et Guillaume Renard (Fr-Jap, 1h33) animation

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Vendredi soir, la BD fera son ciné à Voreppe

ECRANS | Double dose de ca(s)ses ! Si vous avez 12 ans révolus et que les adaptations de BD contemporaines vous séduisent, franchissez le Cap – en tout cas (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 février 2019

Vendredi soir, la BD fera son ciné à Voreppe

Double dose de ca(s)ses ! Si vous avez 12 ans révolus et que les adaptations de BD contemporaines vous séduisent, franchissez le Cap – en tout cas son guichet, vendredi 15 février à 20h. Car le cinéma de Voreppe a en effet composé une soirée de qualité en associant Mutafukaz (2018), premier long-métrage inspiré par la série Ankama de l'auteur de BD Run, et le dernier opus de la saga Wolverine, Logan (2017, photo) de James Mangold. Petite précision pour celles et ceux qui ne les ont pas vus : il faut avoir le cœur bien accroché et de l’optimisme à revendre, car ces deux films semi-futuristes partagent une vision du monde qui n’est pas des plus réjouissantes…

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Grand bain musical à Musilac

Festival | Vieilles gloires, valeurs sûres, piliers de festoche, jeunes pousses, smoothies de genres et autres étrangetés à découvrir : le festival lacustre Musilac, prévu du jeudi 12 au dimanche 15 juillet à Aix-les-Bains (Savoie), va baigner l'été musical d'un éclectisme qui attire les foules comme les amateurs éclairés, jusqu'à les confondre. La preuve avec la programmation détaillée par jour.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Grand bain musical à Musilac

Old Wave le jeudi D'une certaine manière, s'il fallait un hymne en ouverture de cette édition 2018 de Musilac, il pourrait consister en trois bouts de refrains se répondant depuis le fin fond des âges 80 ; quand les uns martèleraient « I Just can't get enough », les autres répondraient « Don't you forget about me » ou « Always the sun ». Car, on l'aura compris, c'est une soirée très marquée "ressac de la new wave" que celle du jeudi, avec Depeche Mode, Simple Minds et The Stranglers – quand bien même les carrières de chacun de ces groupes britanniques n'auraient pas résisté d'égale manière au passage du temps. Pour le reste, on notera que J. Bernardt, transfuge des Belges de Balthazar, remplacera numériquement son collègue Warhaus, présent l'an dernier ce même soir ; que le rock indé répondra présent avec le Stroke Albert Hammond Jr. (le meilleur d'entre eux, sans doute), Findlay et The Mistery Lights ; que les amateurs de bizarrerie en auront pour leur compte avec le black metal-gospel-blues de Z

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Orelsan, simple et basique

Concert | En proposant un rap facile d’accès et en phase avec le plus grand nombre, Orelsan s’est imposé en l’espace de dix ans comme l’un des artistes français actuels les plus populaires. À l’occasion de son concert déjà complet au Summum, retour sur une ascension menée tambour battant.

Damien Grimbert | Lundi 26 février 2018

Orelsan, simple et basique

Février 2008. Déjà fort d’une petite base de fans constituée via le site web Myspace, le rappeur français Orelsan sort sur YouTube le clip du morceau Changement qui va marquer le début de sa carrière professionnelle. En accumulant les punchlines et les clins d’œil générationnels tous azimuts (télévision, internet, consoles de jeu, DVD, téléphones portables, rap, boîtes de nuit, kébabs, joints et bières), il s’adresse d’emblée à un auditoire bien plus vaste que celui du rap français de l’époque, qu’on imagine difficilement enclin à accueillir à bras ouverts un fils de proviseur venu de Rouen et sorti d’école de commerce. Pari réussi puisque tout juste un an plus tard sort Perdu d’avance, premier album dans lequel le rappeur décline son univers de jeune branleur provincial désabusé et nonchalant, trompant tant bien que mal son ennui entre fêtes nocturnes et glandouille diurne. Si beaucoup de fans de rap aguerris ne cachent pas leur exaspération, le grand public, lui, se réjouit d’avoir trouvé un artiste du genre auquel il peut enfin s’identifier.

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Les 20 concerts de l'hiver et du printemps à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle | Avec de la pop d'ici et d'ailleurs, de la chanson en VF ou encore des grosses têtes d'affiche.

La rédaction | Mardi 9 janvier 2018

Les 20 concerts de l'hiver et du printemps à Grenoble

Mendelson 2017, année électorale, Mendelson publie Sciences Politiques, une œuvre au noir sociétale (comme souvent avec la formation de Pascal Bouaziz) dont chaque morceau plaque sur une reprise de classiques de Bruce Springsteen, Marvin Gaye, The Jam, Leonard Cohen, Lou Reed, The Stooges & co un texte en français à la terrible résonance sociétale (Les Peuples, Le Soulèvement, La Guerre) et à la poésie toute mendelsonienne. Un projet à part auquel le live devrait donner une saveur particulière, et qui sera précédé sur scène, en première partie, par l’excellent trio grenoblois Pelouse dont on a souvent vanté les mérites dans ces colonnes. À la Source vendredi 19 janvier Oiseaux-Tempête & Mondkopf La Grèce (Oiseaux-Tempête), la Turquie en révolte (Ütopiya?), le Liban (AL-'AN)... Partout où ils se posen

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"M" : un film initial signé Sara Forestier

ECRANS | Elle est bègue ; il n’ose lui avouer qu’il ne sait pas lire. Malgré une foule de barrières, ils vont tenter de s’aimer. Pour sa première réalisation de long-métrage, Sara Forestier opte pour la complexité d’une romance abrupte nourrie de réel, de vécu et de non-dit. De beaux débuts.

Vincent Raymond | Lundi 13 novembre 2017

Les gens lisses sont sans histoire. Pas les discrets. En dépit de quelques exubérantes spontanéités télévisuelles lors de remises de trophées ou d’une altercation avec un partenaire ayant conduit à son éviction d’un tournage, Sara Forestier appartient sans équivoque à cette seconde catégorie d’individus – rien de commun donc avec ces "it-girls" précieuses usant de tous les canaux médiatiques pour étaler leur ridicule suffisance. La preuve ? Elle n’a pas converti sa consécration dans Le Nom des gens (2010) en un passeport pour les premiers plans (et le tout-venant), ralentissant même la cadence pour choisir des rôles parfois plus succincts mais avec du jeu et de l’enjeu (La Tête haute). Mais aussi, on le comprend enfin, pour peaufiner l’écriture et la réalisation de son premier long-métrage succédant à trois courts ; démontrant au passage que devenir cinéaste pour elle n’a rien d’une toquade. Aime le mot dit

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Orelsan sera au Summum en mars

Annonce | Le 20 octobre sortira La Fête est finie, nouvel album du rappeur à succès Orelsan débarquant six ans après Le Chant des sirènes. Lancé par le single (et son (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 27 septembre 2017

Orelsan sera au Summum en mars

Le 20 octobre sortira La Fête est finie, nouvel album du rappeur à succès Orelsan débarquant six ans après Le Chant des sirènes. Lancé par le single (et son clip efficace, véritable carton sur le web – plus de 7.5 millions de vues en une semaine) Basique, ce nouvel album annonce une tournée en 2018 avec 19 dates partout en France, dont une au Summum de Grenoble le vendredi 2 mars. La billetterie est déjà ouverte.

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Festival Holocène, première édition : demandez le programme

Festival | Pour sa première édition, le festival Holocène, sis entre Summum et petites scènes, n'y va pas de main morte dans le mélange des genres et des jauges. Il y aura à boire et à manger entre le 2 et le 11 mars, certes, mais au moins pour tout le monde dans une programmation dont l'éclectisme est définitivement le nom.

Stéphane Duchêne | Lundi 27 février 2017

Festival Holocène, première édition : demandez le programme

Si l'Holocène, en plus d'un titre magique de Bon Iver, fut une ère interglaciaire qui vit disparaître la plupart des espèces de mammifères géants connus (comme le regretté paresseux géant, plus gros qu'un éléphant), le festival Holocène a choisi lui d'utiliser ce nom pour matérialiser le mélange des espèces qui fera le sel de sa programmation. N'hésitant pas au passage à faire se côtoyer des créatures de grande taille avec d'autres plus modestes, les monuments historiques comme les jeunes espoirs. Certes, c'est un peu le principe d'un festival, mais on touche là aux confins du concept. Les Fréro Delavega côtoyant, même de loin, Magma ou des jeunots à guitares fumantes, avouez que ce n'est pas banal. Et ce sont bien les Fréro qui ouvriront ainsi les festivités en tête d'affiche du Summum, le jeudi 2 mars, après que se soient succédé sur scène l'électro swing de Lamuzgueule (qui n'aura jamais aussi bien porté son nom), le rock tendu de Bon Air et le rap à la cool

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"Comment c’est loin" : bonne surprise

ECRANS | De Orelsan & Christophe Offenstein (Fr, 1h30) avec Orelsan, Gringe, Seydou Doucouré…

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2015

Les deux compères des Casseurs Flowters et de la capsule télé Bloqués (dans Le Petit Journal) se racontent, mais sans se la raconter, dans cette fiction largement inspirée de leurs débuts normands. Objet composite qui sent le bricolage et l’artisanat, Comment c’est loin assume sa forme bancale, à l’image de ses protagonistes – de sympathiques traîne-savates achoppant sur leur premier single de rap depuis des années. Cette tentative de cinéma se présente comme un concept et revendique, comble de l’honnêteté, la co-signature d’une caution technique : le chef-opérateur Christophe Offenstein, à qui Guillaume Canet doit beaucoup de son aura de cinéaste. On pardonne donc les incertitudes dans le rythme, qui peuvent passer pour des effets de style. Par contre, si prochain film il y a, il faudra trouver autre chose…

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