"The Strange Ones" : frères de sang

ECRANS | de Christopher Radcliff et Lauren Wolkstein (ÉU, 1h21) avec Alex Pettyfer, James Freedson-Jackson, Emily Althaus…

Vincent Raymond | Mercredi 11 juillet 2018

Photo : Epicentre Films


Nick est adulte, Sam un pré-ado ; tous deux font la route ensemble, se présentant comme des frères. Mais le sont-ils vraiment ? Et pourquoi sillonnent-ils la campagne américaine, dormant dans des motels ou à la belle étoile ? Ce road movie étrange joue la carte de la suggestion et du proto-fantastique, entre narration elliptique et linéarité contrariée. The Strange Ones est en effet balafré d'analepses et de prolepses, comme pour dissimuler avec la plus grande ostentation possible (c'est-à-dire lui donner davantage d'écho lors de sa révélation) son drame matriciel.

En maniant l'allusif, en accentuant sans raison apparente certains aspects du réel (notamment en composant avec l'insondable étrangeté de la nature) mais aussi en pratiquant cette forme de récit "déconstruite" plus proche de la spirale que de la ligne droite, les réalisateurs Christopher Radcliff et Lauren Wolkstein font naître une forme d'angoisse diffuse. Une atmosphère rappelant les climats oppressants du Blue Velvet (1986) de David Lynch quand celui-ci demeurait à la lisière du bizarre sans totalement basculer.

Film mental, film à énigme(s), The Strange Ones en est sans doute un lointain parent dont la particularité est de se résoudre en une dimension parallèle, extérieure à l'écran : dans l'esprit des spectateurs.

Sortie le 11 juillet


The strange ones

De Christopher Radcliff, Lauren Wolkstein (ÉU, 1h21) avec Alex Pettyfer, James Freedson-Jackson...

De Christopher Radcliff, Lauren Wolkstein (ÉU, 1h21) avec Alex Pettyfer, James Freedson-Jackson...

voir la fiche du film


A bord de leur voiture, Sam et Nick sillonnent les routes de campagne américaine. Pour certains qu’ils croisent, ils sont deux frères partis camper, pour d’autres, des fugitifs. Durant ce road-trip, de mystérieux événements surviennent, faisant peu à peu éclater la vérité au grand jour…


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

"Elvis & Nixon" : la rencontre improbable

ECRANS | de Liza Johnson (É.-U., 1h26) avec Michael Shannon, Kevin Spacey, Alex Pettyfer…

Vincent Raymond | Lundi 18 juillet 2016

À l’écran, les canailles authentiques et les immenses stars font d’épatants personnages : ils le sont déjà dans l’inconscient collectif. Leur aura habitant presque totalement le rôle, il ne reste souvent au comédien qu’un reliquat de job à accomplir. Certains feignants s’en accommodent, misant tout sur le seul mimétisme, à coups de grimaces et de maquillage. D’autres investissent l’intériorité de leur modèle, la personnalité davantage que le personnage. C’est le cas dans ce tête-à-tête insolite, mariage d’une carpe et d’un lapin à peine apocryphe, puisque le rockeur halluciné Elvis Presley a bien rencontré le président revêche Nixon pour lui proposer ses services comme "agent détaché du FBI", histoire de prémunir la jeunesse des ravages de la drogue – et d’avoir, surtout, un zouli insigne argenté. À peine grimés, Michael Shannon et Kevin Spacey évoquent les contours des deux figures historiques. Mais ce qu’ils dégagent se révèle infiniment plus précieux qu’une banale ressemblance. Cette réflexion sur les illusions des apparences, la vanité de la célébrité, du pouvoir ou de l’argent apparaît en filigrane tout au long du film, culminant lorsque le Chef du Monde libre se

Continuer à lire

Sortilège

ECRANS | De Daniel Barnz (Eu, 1h23) avec Alex Pettyfer, Vanessa Hudgens…

François Cau | Jeudi 30 juin 2011

Sortilège

Le beau gosse arrogant n’aurait pas dû embêter la goth du lycée (jouée par Mary-Kate Olsen, c’était un signe). Car en fait, c’est une sorcière (comme toutes les goths), et elle va l’enlaidir jusqu’à ce qu’il ait compris que la beauté intérieure, c’est vachement important. Dans cette relecture contemporaine de La Belle et la Bête aussi crédible qu’un porno mormon, on souffre dans des lofts trop grands, on découvre les misères de la rue sur sa grosse moto, on se lit des poèmes dans des parterres de roses, les tatouages font des clins d’œil quand on devient gentil, et Neil Patrick Harris joue un tuteur aveugle qui se la donne aux fléchettes. Comme on dit, il faut le voir pour le croire. Mais franchement, pourquoi y croire ? FC

Continuer à lire