"Vaurien" : pôle les mains !

ECRANS | de Mehdi Senoussi (Fr, 1h30) avec Romane Bohringer, Carlo Brandt, Lizzie Brocheré…

Vincent Raymond | Mardi 18 septembre 2018

Lassé d'être discriminé à l'embauche, un chômeur diplômé d'origine arabe prend en otage l'agence Pôle emploi de Vénissieux. Pendant les quelques heures que dure son acte désespéré, il tente de faire passer son message en direct sur une radio locale, puis de négocier une rançon…

Comédien et déjà auteur de plusieurs courts (ainsi que d'un long-métrage), le Lyonnais Mehdi Senoussi ne s'est pas ménagé pour diriger et interpréter ce film, dont on suppose la haute résonance symbolique personnelle : le propos, clairement social et politique, est intégré dans une intrigue de polar. Malheureusement, sa sincérité évidente n'occulte pas les incertitudes d'une réalisation peinant à transcender le huis clos, l'intrigue eût en effet davantage convenu à un format court.

Son délayage tristounet est certes un peu racheté par le twist final. Et l'on reconnaît à Senoussi une obstination certaine et le talent d'avoir su en fédérer d'autres autour de lui comme Romane Bohringer, Carlo Brandt ou Pascal Elbé.


Vaurien

De Mehdi Senoussi (Fr, 1h30) avec Romane Bohringer, Carlo Brandt...

De Mehdi Senoussi (Fr, 1h30) avec Romane Bohringer, Carlo Brandt...

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Après cinq ans d’études supérieures, Red est toujours à la recherche d’un travail et lutte chaque jour contre l’exclusion. Lentement, il s’éloigne d’Anna, l’amour de sa vie. Suite à une lettre lui signifiant sa radiation, il se rend à l’Agence pour l’Emploi, où on lui refuse un rendez-vous. N’ayant plus rien à perdre, il prend alors en otage le personnel et le public. Comme un ultime appel à l'aide, il est décidé à sauver ce qu’il lui reste de dignité.


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"L'Amour flou" : ex tape

ECRANS | de et avec Romane Bohringer & Philippe Rebbot (Fr, 1h37) avec également Rose et Raoul Rebbot-Bohringer…

Vincent Raymond | Mardi 9 octobre 2018

Ils se sont aimés, ont eu beaucoup d'enfants (enfin… deux), et puis le quotidien a passé l’amour à la machine. Alors, avant de se détester trop, Romane et Philippe envisagent une séparation de corps mais pas de logis : un appartement chacun, réuni par la chambre des enfants. Une utopie ? L’histoire quasi vraie d’une famille attachante, racontée presque en direct par les intéressés, dans leur ton brouillon d’adulescents artistes, inventant un modèle "désamoureux" hors normes. Ce qui pourrait ressembler à une soirée diapos prend tout de suite un peu de relief quand les protagonistes sont connus, et que la majorité de leurs parents et amis le sont aussi. Alors si L’Amour flou tient de la succession de sketches plutôt gentils et tendres, sans auto-complaisance, parfois indiscrets mais pas impudiques, il est fidèle, sans doute, à ce que dégagent ces deux parents bobos (bourgeois-bohème) et foufous (fouillis-foutraque). Toutefois, on relève (en la regrettant) une faute de goût dans ce film somme toute sympathique : la participation dans son propre rôle Clémentine Autain – par ailleurs fausse comme une pièce de 3€, lorsqu’elle débl

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Les Rois du monde

ECRANS | De Laurent Laffargue (Fr., 1h40) avec Sergi López, Céline Sallette, Éric Cantona, Romane Bohringer…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2015

Les Rois du monde

Jeannot Sanchez est du genre sanguin : il a passé du temps en prison pour avoir tranché à la hache les doigts d’un type qui s’était égaré sur l’épaule de sa compagne Chantal. Mais comme pendant son incarcération, Chantal s’est mise en ménage avec Jacky, le boucher du coin, Jeannot s’emploie à la reconquérir. À sa manière taurine et anisée… Derrière sa bonhomie coutumière, on avait presque oublié le Sergi López inquiétant de Harry, un ami qui vous veut du bien (2000), capable d’une animalité furieuse et ravageuse. Avec Les Rois du monde, Laurent Laffargue se fait fort de nous rafraîchir la mémoire dans ce film étrange qui, s’il se nourrit volontiers d’un pittoresque local (Casteljaloux, dans le Sud-Ouest de la France), ne saurait se réduire à de la « gasconnerie » folklorique. Car c’est tout un climat qu’il suscite et ressuscite, rappelant ce cinéma des années quatre-vingt en travaillant la pesanteur atmosphérique rurale comme un personnage (L’Été meurtrier, 37°2 le matin ou L’Été en pente douce). Quant aux « rois » de ce monde, ce sont en réalité de petits seigneurs dérisoi

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