"Maya" : Mia Hansen-Løve à l'origine

ECRANS | De Mia Hansen-Løve (Fr, 1h45) avec Roman Kolinka, Aarshi Banerjee, Alex Descas…

Vincent Raymond | Mardi 18 décembre 2018

Photo : Les Films du Losange


2012. Tout juste libéré d'une prise d'otages en Syrie, Gabriel, reporter de guerre français, décide d'aller se "mettre au vert" seul dans la maison de son enfance, à Goa, en Inde. Sur place, il retrouve son parrain Monty et fait la connaissance de sa fille, Maya…

Le cinéma de Mia Hansen-Løve raconte souvent des épopées élégiaques à périmètre intime, où les protagonistes mènent avec opiniâtreté leurs combats ordinaires, loin des champs d'honneur romanesques. En étant reporter de guerre et ex-otage, Gabriel incarne une forme superlative d'héroïsme dans l'imaginaire populaire ; cependant, la cinéaste nous fait entrer dans sa vie "après la bataille" du feu, la plus évidente, au moment strict où va débuter celle, invisible, de la reconstruction intérieure. Maya se trouve donc être une quête post-traumatique autant qu'un cheminement résilient ; en cela, il rappelle le formidable Le Père de mes enfants, où Mia Hansen-Løve tentait de cerner un autre passionné dévoré par son métier, oscillant entre deux fuites : l'une intérieure, l'autre en avant.

Dépaysante au sens propre du terme, la parenthèse que s'octroie Gabriel a tout d'un pèlerinage aux racines de son existence (puisqu'il va à la découverte des lieux de sa conception et renoue avec sa mère), d'une purification (sans Gange) ou d'une remise à zéro sensorielle. Une parenthèse qu'il s'empressera de refermer quand scintillera la première étincelle de chaos, ce carburant dont il se nourrit avec avidité, et qui ne peut supplanter la beauté recueillie des temples éternels ni celle plus terrestre de Maya…


Maya

De Mia Hansen-Løve (Fr 1h47), avec Roman Kolinka, Aarshi Banerjee, Alex Descas...

De Mia Hansen-Løve (Fr 1h47), avec Roman Kolinka, Aarshi Banerjee, Alex Descas...

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Décembre 2012, après quatre mois de captivité en Syrie, deux journalistes français sont libérés, dont Gabriel, trentenaire. Après une journée passée entre interrogatoires et examens, Gabriel peut revoir ses proches : son père, son ex-petite amie, Naomi. Sa mère, elle, vit en Inde, où Gabriel a grandi. Mais elle a coupé les ponts...


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John Mayall : blues father

Concert | C'est sur scène, dans une tournée au long cours, que le père du British Blues a choisi depuis l'an dernier de fêter son 85e printemps et la sortie, cette année, de son 67e (!) album. Il sera samedi 28 septembre sur la scène de la Belle électrique.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 septembre 2019

John Mayall : blues father

Il y a deux ans, lors de sa dernière apparition grenobloise, on vous avait déjà présenté John Mayall comme un dinosaure du blues. Or, il semble bien que l'animal ne soit guère voué à l'extinction. S'il a été le mentor de tout ce que le blues anglais a compté de guitar heroes, d'Eric Clapton à Jeff Beck, de Mick Taylor à Peter Green et une ribambelle d'autres, il n'est pas improbable, comme c'est parti, qu'il les enterre tous. 85 et 67, ce sont les chiffres à retenir concernant le père du British Blues, émigré depuis belle lurette aux États-Unis. 85, comme son âge (les 86 sont pour dans deux mois), canonique, même pour un bluesman, et 67 comme le nombre d'albums qu'il a publiés dans sa carrière. Le dernier a pour titre Nobody Told Me et Mayall, accompagné de toute une kyrielle d'admirateurs premium (Larry McCray, Joe Bonamassa, Steven Van Zandt, Todd Rundgren...), y est plus sémillant que jamais. Et en dépit de quelques problèmes de santé à la sortie du disque, il s'est mis en tête d'effectuer un 85th anniversary tour (parce qu'on n'a pas tous les jo

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Grenoble : 33 concerts pour un automne musicalement dense et varié

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Avec du rock, de la pop, de la chanson, du rap, du jazz, voire tout ça à la fois. Et à Grenoble comme dans l'agglo bien sûr.

La rédaction | Mercredi 18 septembre 2019

Grenoble : 33 concerts pour un automne musicalement dense et varié

Shake Shake Go C'est entre le live et l'infiltration d'internet que le groupe franco-gallois mené par Poppy Jones et Marc Le Goff s’est révélé, à force de tournées aux côtés de pointures comme James Blunt et Rodrigo y Gabriela et par la grâce d'un tube qui fit exploser leur notoriété à travers le monde – la ballade England Skies (2015), tête des charts digitaux, synchro en séries et dans la pub. Quelques mois plus tard sort l'album All in Time auquel succède l'an dernier Homesick mené par un autre single, beaucoup plus rock, Dinosaur. Le formatage est là et bien là mais la formule (on pense à des Lumineers avec une voix féminine) tape toujours dans le mille, mettant d’accord, en plus du public, une partie de la presse, des Inrocks au Figaro – qui sont pourtant rarement d'accord. À la Source jeudi 26 septembre Xavier Machault & Martin Debisschop Jamais à cours de projets, Xavier Machault s'

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Mia Hansen-Løve : « "Maya" n'est pas un film sur le traumatisme au sens psychanalytique »

Maya | Retour aux sources ou parenthèse initiatique, le voyage en Inde du héros reporter de guerre de "Maya" est aussi, derrière son apparente quiétude, nourri des heurts vécus par cet ancien otage. Et une réponse aux tumultes du monde contemporain. Éclairages de la réalisatrice Mia Hansen-Løve.

Vincent Raymond | Mercredi 19 décembre 2018

Mia Hansen-Løve : «

Si l’histoire de Maya est posée et presque languide, sa "préhistoire" est, a contrario, très violente… Mia Hansen-Løve​ : Je n’avais pas dans mes films précédents des situations aussi violentes, à part dans Le Père de mes enfants peut-être, même si la violence arrivait plus tard. Ici, c’était un point de départ. Mais pour mieux m’en détacher. J’ai du mal à l’expliquer rationnellement, cette violence. C’est aussi la violence dans laquelle on vit. Et quand on fait des films, que vous le vouliez ou non, elle trouve un chemin dans votre inspiration. Voyez Michael Haneke : c’est quelqu’un de profondément non-violent, qui n’aime pas la violence, mais elle s’impose presque malgré lui dans son inspiration. Je ne suis pas imperméable non plus au monde qui m’entoure : quand j’écris, je suis influencée d’une façon moins directe mais jamais volo

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Dimanche, les enfants seront à l'honneur aux Pathé

ECRANS | Dimanche 24 juin, c'est la Grande journée des enfants dans les cinémas Pathé. Le programme est désormais bien affûté : la reprise d’un classique entre deux (...)

Vincent Raymond | Mardi 19 juin 2018

Dimanche, les enfants seront à l'honneur aux Pathé

Dimanche 24 juin, c'est la Grande journée des enfants dans les cinémas Pathé. Le programme est désormais bien affûté : la reprise d’un classique entre deux avant-premières. Apparemment insensible aux néonicotinoïdes, Maya l’Abeille 2 : Les Jeux du Miel (en salle le 18 juillet) ouvrira donc la matinée, suivie d’une lame par Edward aux mains d’argent (présenté – en vidéo – par Philippe Rouyer). Le héros à la triste figure de Tim Burton précédera un famille extraordinaire dont le retour ravira les amateurs d’élégance (et de Pixar) : Les Indestructibles 2 (sortie prévue le 4 juillet). Tout un programme.

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John Mayall : blues toujours

Concert | Le pionnier du blues anglais, à la soixantaine d'albums (studio comme live), sera samedi 18 mars à la Belle électrique. Une légende vivante en somme.

Stéphane Duchêne | Mercredi 15 mars 2017

 John Mayall : blues toujours

Fringant octogénaire, John Mayall est presque aussi vieux que le blues lui-même, et au moins autant que le blues anglais dont il est l'un des pionniers. Une tradition british qui a vite fait la part belle aux "guitar-heroes" comme Eric Clapton, Mick Taylor, Peter Green, Jeff Beck, Jimmy Page... Bref, à toute une génération de techniciens hors pair et de solistes virtuoses. Parfois un peu trop quand la démonstration l'emportait sur le supplément d'âme. Mayall, aîné d'au moins dix ans de toute cette portée de bluesmen, et par ailleurs multi-instrumentiste, est un peu – légendes américaines mises à part – leur maître à tous, qui montra la voie possible d'un blues à l'anglaise et de la guitare qu'il maîtrise depuis l'âge de douze ans, fabriquant parfois lui-même ses instruments. Ce n'est pourtant qu'à 30 ans qu'il fonde The Bluesbreakers, formation mythique qui sera à la pointe du "british boom blues" et verra passer au mitan des 60's certains des talents précités, comme une sorte de centre de formation des bluesmen dont Clapton sera la figure de proue pas toujours très reconnaissante. Plus que cela Mayall, qui s'exile

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Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Panorama rentrée 2017 | Les prochains mois, il y aura du bon, voire du très bon, à écouter dans les salles grenobloises et de l'agglo. On vous détaille nos coups de cœur.

La rédaction | Mardi 3 janvier 2017

Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Yael Naim et le Quatuor Debussy À la faveur d'un concert exceptionnel à Lyon en 2015, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable et plus travaillée. La chanteuse et le quatuor baroque ont donc lancé une tournée qui revisite avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de la franco-israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. À la Rampe (Échirolles) Jeu 12/01 et ven 13/01 _______ Camera Les années 1970 inspirent plus que jamais les artistes d'aujourd'hui et ce ne sont pas les Berlinois de Camera qui diront le contraire. Figure de proue de la renaissance du krautrock, ce genre tombé aux oubliettes pendant de longues années, le trio guitare-clavier-batterie n'a rien de conventionnel. Il épr

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"Sisters" : plaisanterie gênante

ECRANS | de Jason Moore (E.-U., 1h58) avec Amy Poehler, Tina Fey, Maya Rudolph…

Vincent Raymond | Mardi 10 mai 2016

Du même tonneau que Projet X, Babysitting ou Very Bad Trip, Sisters fait penser à ces plaisanteries de fins de soirées, pâteuses, redondantes, avec queues mais peu de têtes, gênantes pour qui les raconte et les entend (une fois que chacun a dessoûlé). Écrite à la masse et au burin, cette comédie parait n’avoir été mise en chantier que pour assouvir le désir de filmer la mise à sac d’une maison et les pulsions de vandalisme de quadras ravis de s’encanailler. À ceux qui objecteraient que The Party (1968) se soldait également par le ravage de la résidence où se tient la réception que parasite malgré lui le héros, on répondra que les dégradations sont secondaires dans le film de Blake Edwards. Catalyseur de destruction, le personnage campé par Sellers est surtout le révélateur du karma en ruine de ses hôtes ; il permet au finale d’accorder leur décoration intérieure avec leur état psychique réel. Ici, la relation entre les deux sœurs, aux caractères diamétralement opposés, était censée servir de mur porteur ; elle apparaît plutôt comme un vague coffrage recouvrant a minima des séquences régressives ou des numéros de solistes d

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L’Avenir

ECRANS | de Mia Hansen-Løve (Fr, 1h40) avec Isabelle Huppert, André Marcon, Roman Kolinka…

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

L’Avenir

Triste exemple de régression artistique, ce film bien mal nommé voit Mia Hansen-Løve retomber dans les travers de ses débuts, dont on la croyait guérie depuis le lumineux Le Père de mes enfants (2009). Ce cinéma sorbonnard, construit dans l’imitation admirative des aînés Eustache, Garrel ou Assayas (évidemment), s’ingénie à aligner des saynètes froides censées capturer la vie dans sa crue réalité, des séquences de comédie pathétique (avec la vieille grand-mère qui perd la boule), entrelardant le tout de tunnels verbeux bilingues franco-allemands fourrés à la dialectique. Parfaitement formaté pour les festivals : la Berlinale lui a décerné un Ours d’argent… Très proche du personnage qu’elle interprétait (on aurait du mal à dire “incarner” tant son corps physique paraît de plus en plus s’effacer à l’écran) dans Villa Amalia (2009) de Benoît Jacquot, Isabelle Huppert affiche ici la même indifférence face aux événements ; à peine semble-t-elle concernée comme spectatrice. Postulons qu’il s’agit d’une straté

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Zoom sur les artistes de la 15e Cuvée grenobloise

MUSIQUES | La fameuse compilation dédiée à la scène locale sort ce mercredi 27 janvier. Qui trouve-t-on dessus ? Et quels groupes joueront cette semaine à la Bobine, à la Bibliothèque centre-ville ou à la Belle électrique pour la promouvoir ? Réponses.

Stéphane Duchêne | Mardi 26 janvier 2016

Zoom sur les artistes de la 15e Cuvée grenobloise

À force de cuvées, la grenobloise, ourdie par Retour de scène-Dynamusic, devrait finir par s'autoproclamer AOC : Sainte-Émergence ou Château-La Pompe à talents. Le nom reste à trouver et, pour l'heure, c'est donc Cuvée grenobloise, 2016 et 15e millésime. Comme chaque année, le jury de la désormais fameuse compilation de talents locaux (émergents à divers niveaux) s'est enfilé quelques bonnes rasades de production locale avant d'en sélectionner un échantillon représentatif de nectar du cru. Représentatif car au-delà de la qualité intrinsèque et de l'engagement des acteurs (critères essentiels), tous les genres se trouvent ainsi représentés, un peu à la manière des sélections régionales du Printemps de Bourges. Il n'est pas de chapelle musicale qui passe sous le radar : rouge qui tache rock et son tanique avec Quintana, blanc acide coupé à la vodka de Cash Misère (prime de la meilleure étiquette pour le titre Poursuitovksy), chanson sulfatée de Bleu, ou reflets abstraits d'un Dzihan ou d'un Nikitch, étoiles montantes de l'électro.

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Eden

ECRANS | Présenté comme un film sur l’histoire de la French Touch, "Eden" de Mia Hansen-Love évoque le mouvement pour mieux le replier sur une trajectoire romanesque : celle d’un garçon qui croyait au paradis de la house garage et qui se retrouve dans l’enfer de la mélancolie. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 18 novembre 2014

Eden

Nuits blanches et petits matins. L’extase joyeuse des premières soirées techno-house où le monde semble soudain s’ouvrir pour une jeunesse en proie à un nouvel optimisme, prête à toutes les expériences et à toutes les rencontres ; et ensuite la descente, le retour chez soi, la gueule de bois, le quotidien de la vie de famille et des disputes amoureuses. Cette courbe-là, Eden la répète à deux échelles : la plus courte, celle des cérémonies du clubbing d’abord sauvages, puis ritualisées via les soirées Respect ; et la plus large, celle de son récit tout entier, où l’utopie de la culture house-garage portée par son héros se fracasse sur la réalité de l’argent, des modes musicales et du temps qui passe. Aux États-Unis, on appelle ça un "period movie", un film qui embrasse une époque et un mouvement, de ses prémisses à son crépuscule. Eden, quatrième film de Mia Hansen-Love, répond en apparence à ce cahier des charges puisqu’il s’étend sur une dizaine d’années, à la charnière des années 90 et des années 2000, celles où la France a été une tête chercheuse du mouvement techno avec en figures de proue les deux membres de Daft Punk, Thomas Bang

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Cabaret frappé – jour 2 : du côté des à-côtés

MUSIQUES | Le Cabaret frappé, c’est des concerts payants à 21h sous le chapiteau avec des grosses têtes d’affiche (Tricky, Cascadeur, Frànçois & the Atlas Mountains...). Mais c’est aussi plein d’autres trucs en accès libre, comme on a pu s’en rendre compte mardi soir.

Aurélien Martinez | Mercredi 23 juillet 2014

Cabaret frappé – jour 2 : du côté des à-côtés

19h – Concert au kiosque Ce mercredi soir, ce sera They call me Rico ; jeudi Natas loves you ; et vendredi notre chouchou Joe Bel. Des moments où l’on peut découvrir à l’air libre de chouettes artistes, comme ce fut le cas hier avec la Réunionnaise Maya Kamaty, fille du musicien Gilbert Pounia : une excellente surprise ! Du folk maloya subtil défendu par un petit bout de femme (et des musiciens) qui est très bien arrivé à capter l’attention du public (ce qui n’est pas toujours facile, hein Riff !) avec ses morceaux en créole ou en français. Le meilleur exemple de cette prise de contrôle en douceur étant la chanson finale du set baptisée Écris-moi, sur des paroles du poète mauricien Michel Ducasse, qu’on retrouvera sur un album prévu pour la rentrée. À suivre donc.

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In the mood for Løve

ECRANS | Alors qu’elle termine actuellement son quatrième film, Eden, qui s’inspire de la vie de son frère Sven Love pour dresser un period movie sur l’essor de la (...)

Christophe Chabert | Vendredi 24 janvier 2014

In the mood for Løve

Alors qu’elle termine actuellement son quatrième film, Eden, qui s’inspire de la vie de son frère Sven Love pour dresser un period movie sur l’essor de la techno en France et l’émergence de la French touch, Mia Hansen-Løve est mise à l’honneur par la Cinémathèque de Grenoble qui projettera respectivement les 30 et 31 janvier Le Père de mes enfants et Un amour de jeunesse. D’abord critique aux Cahiers du Cinéma, elle saute le pas vers la réalisation avec Tout est pardonné, un premier film qui cumule les défauts d’un certain auteurisme français – peur panique de l’émotion et de la stylisation, exhibitionnisme autobiographique… Surprise, Le Père de mes enfants prend tout cela à revers : Hansen-Løve se détache de sa propre vie pour évoquer le regretté Humbert Balsan, producteur flambeur et indépendant, dont le suicide fut un électrochoc pour les cinéastes qu’il avait accompagnés. Mia Hansen-Løve ose regarder les conséquences d’un deuil sur une famille sans craindre les larmes du spectateur, tout en utilisant la quotidienneté des situations pour désamorcer la gravité de son sujet. Le film est franchement bouleversant et ré

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Friends With Kids

ECRANS | De Jennifer Westfeldt (ÈU, 1h47) avec Adam Scott, Jennifer Westfeldt, Maya Rudolph…

Aurélien Martinez | Mardi 17 juillet 2012

Friends With Kids

Dans l'enfer moderne de la comédie romantique, Friends With Kids sort étonnamment son épingle du jeu. Tout en reprenant la tendance lourde actuelle (l'amour sécuritaire, le non- engagement, le zéro risque), le film de Jennifer Westfeldt en sape tranquillement les impasses. Le sujet du jour : comment faire un enfant hors couple, entre amis, pour fuir les aléas du mariage, se voit ainsi traité avec une intelligence que la première bobine, un peu manichéenne, ne présumait pas. Embrassant la question avec sensibilité et humour, le film surprend graduellement à force d'étoffer son classicisme. La moralité est toujours la même : nul ne peut se préserver des sentiments, mais Westfeldt l'impose en quelques scènes clés où les idées s'entrechoquent avec une étonnante lucidité. Contre l'arrogance de ceux qui croient gérer leur vie amoureuse comme leur carrière professionnelle, le film balance des vérités nuancées comme ses personnages. C'est tendre, démocratique, et assez réussi. Jérôme Dittmar

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