"Le Silence des autres" : un bout d'histoire d'Espagne jeudi soir au Club

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Alors que le gouvernement espagnol envisage de déménager le tombeau de Franco, et que des députés néo-franquistes ont fait leur entrée au parlement andalou, Le Silence des autres, documentaire de Almudena Carracedo et Robert Bahar, tombe à point nommé. Il évoque les années d'après la dictature, et la loi d'amnistie générale votée en 1977 destinée à favoriser la transition démocratique. Seul "problème" : elle contenait l'interdiction de poursuivre les responsables de crimes (tortures, enlèvements...) durant la période franquiste. Sur le sol ibère en tout cas…

L'un des témoins du film, Horacio Sainz Ollero, sera présent jeudi 31 janvier à 20h15 au Club pour l'avant-première du film (sortie prévue le 13 février).


Le silence des autres

De Almudena Carracedo, Robert Bahar (Esp, 1h35) documentaire

De Almudena Carracedo, Robert Bahar (Esp, 1h35) documentaire

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1977. Deux ans après la mort de Franco, dans l’urgence de la transition démocratique, l’Espagne vote la loi d’amnistie générale qui libère les prisonniers politiques mais interdit également le jugement des crimes franquistes Les exactions commises sous la dictature et jusque dans les années 1980 sont alors passées sous silence. Mais depuis quelques années, des citoyens espagnols, rescapés du franquisme, saisissent la justice à 10.000 kilomètres des crimes commis, en Argentine, pour rompre ce « pacte de l’oubli » et faire condamner les coupables.


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"Le Silence des autres" : l'Espagne face à son passé

Documentaire | de Almudena Carracedo et Robert Bahar (Esp, 1h35) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 12 février 2019

Une loi d’amnistie générale des crimes commis pendant la période franquiste ayant été votée dans la foulée de la mort du dictateur en 1975, la justice espagnole n’a pas eu la possibilité de poursuivre les tortionnaires du régime. Mais de même que Pinochet avait été mis en accusation en Espagne, un groupe de victimes, de descendants de disparus et de parents dont les enfants furent volés a déposé plainte devant les tribunaux argentins, qui a jugé l’affaire recevable. Ce documentaire produit par Pedro Almodóvar relate leur longue procédure, toujours en cours… Une piqûre de rappel aux mémoires défaillantes ainsi qu’aux jeunes générations : une nation qui banalise ou oblitère les crimes d’une dictature au nom de la réconciliation s’expose à des contre-coups violents : résurgence de la haine et impossibilité pour les victimes de tourner la page. C’est justement ce qui se passe en Espagne où l’ombre du franquisme a continué à planer. Résultat ? Le parlement andalou vient d’accueillir ses premiers élus d’extrême-droite et certaines personnes n’ont toujours pas pu se reconstruire, quarante ans après. L’une d’elle explique bien son besoin non d’une vengeance (puisqu’elle pardon

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