"Moi, Maman, ma mère et moi" : sa mère la fantôme

ECRANS | de Christophe Le Masne (Fr, 1h27) avec Grégory Montel, Olivia Côte, Philippe Rebbot…

Vincent Raymond | Mardi 12 février 2019

Photo : Takami distribution


Après vingt ans d'absence, Benoît est de retour dans la maison familial pour faire du tri avant, peut-être, de la vendre. Entre deux engueulades avec son frère et ses sœurs, il subit les visites intempestives et insistantes de sa mère. Problème : elle est morte l'année d'avant…

Du réalisme magique made in Pays de la Loire, pourquoi pas après tout… À condition de ne pas être trop regardant sur l'intrigue, façon secret de famille de feuilleton estival, et de tolérer l'arythmie générale qui réclame de supporter dix minutes plan-plan à chaque fois qu'il y a quinze secondes dynamiques. Dommage, car il y a de bonnes idées ou personnages (comme le voisin magnétiseur susceptible) au milieu des incohérences (le puzzle intact après trois décennies au bord de la flotte).

Pour cette réunion de famille, le cinéaste Christophe Le Masne a fait appel à des interprètes ayant tous un haut potentiel de sympathie. Sans doute est-ce parce que lui-même comédien, il a eu la délicatesse de laisser à chacune et chacun un "solo" leur permettant d'avoir une partition face au groupe. L'attention, louable, a le défaut d'être un peu trop systématique et de se borner à la reproduction d'une performance identique – en l'occurrence, une gueulante ou une crise de nerfs. À ce jeu-là, c'est l'inénarrable Philippe Rebbot qui s'en sort le mieux. Peut-être parce qu'il donne l'impression de toujours râler…

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Le Mois de la photo : votre attention s'il vous plaît !

ARTS | Jusqu'au 5 décembre, la Maison de l'Image organise le Mois de la photo, avec une exposition principale à l'Ancien musée de peinture et des multiples propositions dans d'autres lieux de Grenoble et de l'agglo. Le Petit Bulletin est parti à la découverte de deux expositions qui méritent l'attention, et ça tombe bien car l'attention est le thème principal de cette édition 2021.

Eloïse Bonnan | Mardi 16 novembre 2021

Le Mois de la photo : votre attention s'il vous plaît !

Le Mois de la photo, manifestation annuelle portée par la Maison de l’Image, a débuté le 5 novembre à Grenoble. L’espace d’un mois complet, l’Ancien musée de peinture et l’ensemble des lieux partenaires abritent en leur sein de séduisantes propositions artistiques. Ces dernières déclinent les nuances de l’attention, thème principal de l’édition 2021. Deux oeuvres photographiques ont particulièrement retenu la nôtre : Solitude Cosmique de Yulia Grigoryants exposé à double titre à la Maison de l’International (dans les cadres du Mois de la photo et du Mois de l’Arménie en Isère) ; et La mémoire en miroir d’Ina Thiam à l’Ancien musée de peinture. A travers Solitude Cosmique, la photographe indépendante arménienne Yulia Grigoryants raconte l’isolement et la solitude des trois derniers employés vivant à l’intérieur d’une Station de recherche sur les rayons cosmiques construite à l'époque soviétique. Les balades esseulées, la silhouette voûtée du cuisinier âgé de 70 ans, des pièces à vivre défraîchies, l’eau stagnante du lac Qari, l’ancien matériel scientifique et le sol enneigé deux tiers de l’an

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Concerto en braille

ACTUS | « Tu sais, une machine Perkins, normalement c’est pas pour faire de la musique. Moi ça me sert à écrire en braille parce que je suis déficient visuel (...)

Jérémy Tronc | Mardi 16 novembre 2021

Concerto en braille

« Tu sais, une machine Perkins, normalement c’est pas pour faire de la musique. Moi ça me sert à écrire en braille parce que je suis déficient visuel et que je ne lis pas en noir comme les voyants. » Fadi, 9 ans, élève à l’école élémentaire Ferdinand-Buisson, participe à un étonnant projet avec neuf autres de ses camarades. Tous en situation de handicap visuel, ils répètent depuis quelques semaines, aux côtés de 30 élèves-musiciens du collège Charles-Munch, le Concerto pour machines Perkins, œuvre de François Rossé pour ensemble instrumental et machines à écrire en braille, utilisées ici comme instrument de percussions. « Les machines constituent un pupitre comme les autres, avec une partition écrite pour elles », explique Christophe Louboutin, professeur de guitare au Conservatoire et intervenant sur le projet. « C’est un morceau contemporain d’une grande exigence artistique, comportant des passages improvisés et d’autres très écrits. Pour les malvoyants, des repères sonores leur permettent de savoir à quels moments ils doivent intervenir. Ce qu’ils joueront pendant la pièce est loin d’être anodin. » L’œuvre a été co

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La bibli de A à Z

Visite | La Bibliothèque d’étude et du patrimoine (BEP), rouverte au public il y a moins d’un an après des travaux de réhabilitation, se dévoile lors d’une visite spéciale le 13 novembre. L’occasion d’en savoir plus sur son architecture et les trésors patrimoniaux qu’elle renferme.

Hugo Verit | Mardi 2 novembre 2021

La bibli de A à Z

Elle trône à l’entrée de la ville, comme un gros paquebot échoué. Inaugurée en 1960, la Bibliothèque d’étude et du patrimoine (BEP), toute en béton armé, ne fait pas forcément l’unanimité chez les Grenoblois, par son architecture un peu brutale. « C’est justement l’objet de la visite que nous organisons le 13 novembre : faire redécouvrir l’architecture XXe siècle peu connue et pas vraiment appréciée à sa juste mesure. Pourtant, ça vaut la peine de lever les yeux, surtout quand on a des explications », précise Isabelle Westeel, directrice de la Bibliothèque municipale de Grenoble. Pour les explications, comptez sur Pierre Voisin, chargé de l’action culturelle à la BEP, qui mène la visite et commence par rappeler les contraintes non négligeables auxquelles l’architecte Jean Benoit a dû faire face lorsqu’on lui confie le soin, en 1952, de construire une bibliothèque universitaire (qui deviendra municipale en 1970) sur un terrain compliqué de 1800 m² : « Une parcelle très étroite, comprimée entre la prison d’un côté, où se trouve l’actuel cinéma Chavant, et la caserne militaire Hoche de l’autre. Il est donc obligé de bâtir en hauteur et assume cette

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Masques absurdes

ARTS | Dans les jours qui viennent, vous risquez de tomber à Grenoble nez à nez avec un personnage hispide au visage partiellement masqué par toutes sortes (...)

Valentine Autruffe | Mardi 2 novembre 2021

Masques absurdes

Dans les jours qui viennent, vous risquez de tomber à Grenoble nez à nez avec un personnage hispide au visage partiellement masqué par toutes sortes d’objets : chambre à air, fleurs, banane, manique usée… C’est le projet de Guillaume Dimanche, qui pendant le dur de la crise sanitaire a pris quelque 200 selfies grotesques autour du masque qui ne nous quitte plus, et les a dispersés dans la rue. « Les germes des masques sont arrivés dans cette pénurie d'invention, dans cet enfermement intérieur. […] Bien plus que n'importe quelle revendication politique, ils ont été des signes de bonne santé, la création d'un personnage, chevelu, hirsute, effrayé, halluciné, clown, portant sur lui ce que les mots et les gestes imposaient à tous », écrit l’artiste en présentation de son travail. Intitulée Frenchmasks.SGDG (pour Sans Garantie Du Gouvernement), l’expo fera l’objet d’un accrochage public à l’Artisterie vendredi 5 novembre. Frenchmasks.SGDG dans le cadre du mois de la photo, www.maison-image.fr

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Mois de la transition alimentaire : visitons les producteurs

Portes ouvertes | Visite d’un élevage d’escargots, d’une chèvrerie, atelier plantes sauvages… Le mois de la transition alimentaire est l’occasion de battre la campagne et (re)découvrir le travail de producteurs locaux. Idéal pour une sortie en famille pédagogique et ludique.

Valentine Autruffe | Mardi 5 octobre 2021

Mois de la transition alimentaire : visitons les producteurs

Le mois de la transition alimentaire se tient jusqu’au 22 octobre dans le bassin grenoblois au sens large. Près de 90 acteurs y prennent part, notamment les collectivités territoriales impliquées dans le PAIT (projet alimentaire inter-territorial). Ce dernier vise à apporter une réponse commune au besoin d’une alimentation saine, locale et qui soit accessible à tous. Le mois de la transition alimentaire regroupe de multiples activités. L’occasion rêvée de quitter la ville pour retrouver l’origine du contenu de nos assiettes, en particulier pour montrer à nos bambins le travail des producteurs du coin. Comme le programme est très dense, on vous a concocté une sélection maison. Spiruline iséroise Saviez-vous que des algues poussent au Touvet ? Une ferme cultive de la spiruline, une microalgue d’eau douce à laquelle on attribue mille vertus. Présentée en poudre, elle regorge de nutriments variés. Elle se consomme comme un condiment ou intégrée à des préparations (gâteaux, salades…) Toutefois, il faut bien se renseigner avant de se mettre à la spiruline, et pour ça, rien de mieux

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L’Empereur et son image

Histoire | Des tableaux, mais aussi une mèche de cheveux, des couverts, un bicorne... L’exposition du couvent Sainte-Cécile revient sur les dernières années de l’itinéraire singulier de Napoléon. Une belle collection d’objets et d’images, qui invite à une réflexion sur le rôle de la représentation.

Benjamin Bardinet | Mardi 21 septembre 2021

L’Empereur et son image

Intitulée Autour de la route des Alpes, l’exposition est constituée de trois sections : « la route des Alpes », « le quotidien de Napoléon » et « de la gloire à l’exil ». Pour notre part on distingue surtout deux corpus d’œuvres : d’un côté les objets, de l’autre les images. Parmi les objets, certains valent le détour pour leur valeur historique ou esthétique. On pense à cet étonnant lit pliant, à l’élégant bidet de campagne ou encore au très complet nécessaire de toilette, qui laisse imaginer que Napoléon n’était pas du genre à se négliger. D’autres objets pourront ravir les plus fétichistes des napoléophiles : une mèche de cheveux, une théière et des couverts en argent dont il a fait usage, et même l’un des fameux bicornes qu’il portait d’une manière volontairement reconnaissable. En effet, de même que Tintin a une houpette, Marylin Monroe une mouche et Mick Jagger une grosse bouche, Napoléon est indissociable de son bicorne. Maîtrise de l’image Napoléon avait une pleine conscience de la nécessité de maîtriser son image po

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Mathieu Amalric : « Notre génération a fait beaucoup de progrès avec l’émotion »

Entretien | Une femme feint de quitter son mari et ses enfants ; en réalité, ceux-ci ont disparu dans une avalanche et elle préfère leur inventer une vie à part de la sienne. Tel est l’argument du nouveau film réalisé par Mathieu Amalric, kaléidoscope mental et fascinant, où chaque détail compte. Propos rapportés d’une conversation fleuve…

Vincent Raymond | Mercredi 8 septembre 2021

Mathieu Amalric : « Notre génération a fait beaucoup de progrès avec l’émotion »

Le son de votre film débute non par la Norma de Bellini du distributeur Gaumont, ni les jingles des autres coproducteurs Canal+ et Arte, mais par la musique que vous avez choisie pour votre générique. Est-ce vous qui l’avez imposé ? Mathieu Amalric : Oui oui ! Ils ont eu cette gentillesse. Ça n’a pas été un débat ni un conflit à la force du poignet. Franchement, il ne fallait pas d’autre musique, quoi ! Parfois, quand on est spectateur, il y a des logos tellement sophistiqués qu’on pense que c’est le début et… ah non ! En fait, on ne sait plus quand les films commencent. Là, ça commence par la musique jouée par Marcelle Meyer, la même pianiste qu’au générique final. Comment Je reviens de loin, la pièce que vous adaptez ici, vous est-elle parvenue ? Grâce à un ami, acteur et metteur, Laurent Ziserman. On se connaît depuis toujours : il avait joué dans mon premier court métrage, Sans rires. C’est lui qui va monter aux Célestins l’année prochaine l’adaptation de

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Journées du patrimoine : l'industrie c'est sexy !

CONNAITRE | Pas facile de faire son marché dans le riche programme des Journées européennes du patrimoine (les 18 et 19 septembre). De notre côté, nous avons sélectionné cinq lieux en suivant un fil rouge : le patrimoine industriel. Pas sexy ? Ben si, la preuve par cinq.

Jérémy Tronc | Mardi 7 septembre 2021

Journées du patrimoine : l'industrie c'est sexy !

Centrale hydroélectrique troglodyte de Loury « Quelle idée de construire une centrale hydroélectrique dans un tel endroit ! » Voilà le genre de réflexion que l’on est amené à se faire à l’approche du site, pourvu d’un baudrier, d’un casque et d’une longe. Équipement obligatoire pour accéder à la centrale creusée dans la falaise, juste à côté d’une gorge d’où sourd le ruisseau de Laval, dans le massif de Belledonne. Il s’agit de la première centrale troglodyte de France, inaugurée en 1907 et qui a fonctionné jusqu'en 2015, à l'initiative de Maurice Bergès. Derrière l’immense vitrail qui domine le cours d’eau et qui ferme la grotte, il reste des témoins de cette industrie qui a démocratisé l’usage de l’électricité dans la région : conduite forcée, turbines et alternateurs. Une découverte incongrue ici ! Histo bus Dauphinois L’histoire des transports en commun de Grenoble et de l’Isère n’est a priori guère susceptible de vous passionner ? Vous allez changer d’avis dès lors que vous pénétrerez dans l’espace

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"Boîte noire" : crime en bande réorganisée

ECRANS | Un analyste opiniâtre du BEA, ayant découvert que les enregistrements d’un crash aérien ont été truqués, se trouve confronté à l’hostilité générale… Yann Gozlan creuse le sillon du thriller politique, lorgnant ici le versant techno-paranoïde et transposant l’esprit du ciné US des années 1970 aux problématiques contemporaines. Brillamment réalisé.

Vincent Raymond | Mardi 7 septembre 2021

Après le crash du vol Dubaï-Paris, un jeune analyste prodige détecte que les pistes sonores des boîtes noires ont été trafiquées. Au fur et à mesure d’une enquête qui l’isole de plus en plus et mine son couple, il réalise la compromission de responsables industriels et politiques. Et que sa propre vie paraît, elle aussi, en danger… Toute incursion dans le thriller politique — jadis domaine régalien du cinéma américain, un peu en déshérence depuis une vingtaine d’années — est la bienvenue. À condition évidemment qu’il y ait à la fois un enjeu politique cohérent et un traitement suffisamment rythmé pour répondre aux exigences de ce registre : les barbouzeries et collusions entre officines para-gouvernementales avaient ainsi permis à Coppola (Conversation secrète), Pollack (Les Trois jours du Condor), Pakula (The Parallax View) ou De Palma (Blow Out) de placer haut la barre au Milan des années 1970, avant que le genre ne s’hybride définitivement avec des problématiques technologiques depuis Clancy, Crichton et consorts, signant l’avènement inéluctable du monde globalisé et multipolai

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Regards sur l’Afrique

Théâtre | Après une première en petit comité, mais réussie, au Théâtre Prémol, la compagnie des Inachevés propose plusieurs rendez-vous autour de la littérature africaine à Grenoble et dans les environs. On a échangé quelques mots avec Moïse Touré, metteur en scène.

Martin de Kerimel | Samedi 10 juillet 2021

Regards sur l’Afrique

Il y a les signatures les plus illustres : Léopold Senghor, Ahmadou Kourouma ou Amadou Hampâté Bâ. Hommes et femmes, d’autres les côtoient, de toutes les générations d’auteurs africains. Le spectacle que propose actuellement la compagnie grenobloise des Inachevés est un vrai régal pour les curieux de littérature. Sur scène, le dispositif est minimaliste : pas de décors, des comédiens assis, un danseur qui se lève parfois pour accompagner le texte et, pour le bonheur des mélomanes, un griot qui joue d’un instrument à cordes traditionnel. Traversée – c’est le nom de cette belle heure de théâtre dansé et musical – place sur le devant de la scène un continent que l’on laisse encore trop souvent de côté. Existe-t-il vraiment ? Dès les premiers instants, l’interrogation est lancée au public, qui s’en saisira peut-être. « C’est une bonne question, juge Moïse Touré, metteur en scène. Le mot Afrique lui-même ne vient pas des Africains. Il ne faut pas avoir peur de dire que nous avons été désignés. D’où la question de savoir qui je suis et comment je me désigne moi-même. L’Afrique, ce sont des cultures, des régions, des histoires, des langues différentes. C

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« Déconstruire l’imaginaire colonial »

CONNAITRE | Organisé à l’initiative de quatre structures de profil divers (Contre-Courant, Mix’arts, PEPS et Survie), le Mois Décolonial proposera, du 10 au 30 juin, un vaste ensemble de tables rondes, projections, formations, spectacles et concerts autour de la question décoloniale. Explications.

Damien Grimbert | Mercredi 9 juin 2021

« Déconstruire l’imaginaire colonial »

« Pourquoi l’héritage du passé constitue-t-il le socle de discriminations, de violences et d’un racisme encore trop prégnants dans notre société et dans nos pratiques ? » C’est dans l’objectif d’amorcer des ébauches de réponses à cette question complexe que s’est créé le Mois Décolonial, événement transversal et pluridisciplinaire « à la croisée des sphères universitaires, culturelles et militantes », comme l’explique Fabien Givernaud, l’un des organisateurs de l’événement. « L’idée, c’est de proposer des outils, un socle de réflexion, pour aider à comprendre, théoriser et déconstruire nos schémas de pensées mais aussi nos pratiques qui relèvent, consciemment ou inconsciemment, d’un héritage colonial. On ne remet pas en cause des individus : on n’est pas là pour se flageller, mais plutôt pour chercher à comprendre les mécanismes qui perpétuent le racisme et les discriminations, comment mieux respecter les identités individuelles et collectives des gens, leur culture… » Conçu pour s’adresser au plus grand nombre, quel que soit leur degré de connaissance préalable du sujet, le programme, extrêmement dense (plus de 26 évènements à prix libre en l’espace

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Curiosités grenobloises à proximité

ESCAPADES | Un guide de Grenoble, un ordinateur, une connexion internet haut débit, un appareil photo et un vieux VTT : voilà tout l'équipement utilisé pour la réalisation de ce premier article d’une petite série. Objectif : mettre en lumière des curiosités historiques méconnues de Grenoble et des environs, dans un rayon de 10 kilomètres.

Jérémy Tronc | Samedi 17 avril 2021

Curiosités grenobloises à proximité

Un deuxième téléphérique à la Bastille ? Quand on se trouve sur le parking de la Bastille, ou sur la terrasse sommitale, on peut apercevoir, en levant les yeux au nord, en direction du mont Jalla, des murs en ruines. Ceux-ci n’appartiennent pas aux fortifications de la Bastille. En fait, ce sont des vestiges des gares amonts du premier téléphérique industriel au monde, construit en 1875. Il fut exploité pour descendre dans la vallée le minerai extrait du mont Jalla, servant à la fabrication du ciment. Seuls les blocs issus des galeries les plus hautes étaient descendus par ce téléphérique de 300 m de dénivelé, jusqu’à la cimenterie. À la fin de l’exploitation, la mine comptabilisait, de 215m à 630m d’altitude, 67 galeries représentant au total une longueur de 120 km. Le Mont Jalla est donc un vrai gruyère ! De fascinantes photos des galeries sont d'ailleurs visibles sur Internet. Des traces de la grande crue de 1859 ? Il ne s’agit heureusem

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La Bibliothèque d’étude et du patrimoine dévoile ses collections

CONNAITRE | Trois mois après sa réouverture au public, l'établissement grenoblois accueille une première exposition consacrée à la diversité de ses collections patrimoniales. Un patchwork d’objets présentés à travers l’histoire de certaines architectures grenobloises.

Hugo Verit | Samedi 6 mars 2021

La Bibliothèque d’étude et du patrimoine dévoile ses collections

Simplicité et efficacité. Voilà qui résume bien l’exposition inaugurale de la Bibliothèque d’étude et du patrimoine (BEP) tout juste rénovée, à découvrir dès samedi 6 mars et jusqu’au 31 juillet prochain. Son titre, De pierres & de papiers, bâtir nos patrimoines, n’a strictement rien de métaphorique : le parcours est une présentation « partielle et partiale » de la richesse et de la diversité des collections patrimoniales de la BEP – le papier donc – à travers l’histoire de plusieurs éléments architecturaux et urbains de Grenoble – la pierre, vous l’aurez compris. L’exposition se découpe en sept thématiques qui, il faut le reconnaître, ne surprendront pas les plus fins connaisseurs de l’histoire locale. Fortifications, ancien musée de peinture, Jardin de ville, Jardin des dauphins, Champollion, parlement… Que des grands classiques de la grenoblologie. Tableaux, cartes postales, livres... En revanche, les œuvres présentées suffisent, en elles-mêmes, à rendre le parcours très intéressant. Des tableaux, croquis, plans, cartes postales, affiches, l

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La Source s'écoule toujours

Spectacles en ligne | Depuis quelque mois, malgré la situation sanitaire, la Source continue de proposer résidences et événements (pour la plupart en livestream), pour combler un tant soit peu notre irréductible besoin de consolation. Et voici que la dernière salve en date s'avance pour les prochaines semaines !

Stéphane Duchêne | Mercredi 17 février 2021

La Source s'écoule toujours

ÀÀ vos agendas : le programme débute très vite, dès ce jeudi 18 février, à 18h30, avec la sortie de résidence des P'tits Maux des Mômes, un spectacle jeune public de la Cie Poêle à Gratter. Une résidence durant laquelle la compagnie a proposé des ateliers musicaux à destination des enfants du Centre de loisirs de Fontaine. Sur scène, et donc à travers le filtre du livestream, on retrouve trois musiciens pour un spectacle participatif né de leurs expériences dans le milieu scolaire et de la petite enfance. Les mardi 23 et mercredi 14 février, à 19h, sonnera l'heure des auditions régionales des iNOUïS du printemps de Bourges, un événement réservé aux professionnels de la profession (il s'agit comme indiqué d'auditions) mais retransmis sur Sol FM, qui proposera également des interviews des artistes. Les huit artistes régionaux présélectionnés par l'antenne régionale des iNOUïS seront comme d'usage répartis en deux groupes sur les deux soirs : le rappeur Richi, la protée lyonnaise Thaïs Lona, le Brésilien d'origine Joao Selva et la magnifique gouaille gone de

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Portes (r)ouvertes à la bibliothèque

Étude et patrimoine | Travaux terminés et conditions sanitaires respectées : les espaces de la bibliothèque d’étude et du patrimoine, boulevard Maréchal-Lyautey, seront de nouveau accessibles à partir de samedi 19 décembre après-midi. Une reprise par étapes.

Martin de Kerimel | Vendredi 18 décembre 2020

Portes (r)ouvertes à la bibliothèque

Il y a forcément un peu d’émotion à l’heure des grands retours. Celui de la bibliothèque d’étude et du patrimoine était attendu depuis longtemps, puisque l’établissement avait fermé le 1er juillet… 2019. Après une phase préparatoire et de démolition, les travaux de reconstruction avaient débuté au début de l’année, avec une période d’interruption entre le 16 mars et le 24 mai, crise sanitaire oblige. Inaccessibles pendant près d’un an et demi, les lieux seront de nouveau ouverts à partir de samedi 19 décembre, 14h. C’est d’abord un rez-de-chaussée réaménagé que les visiteurs sont invités à découvrir. On respire ! Objectif affiché : faire de la bibliothèque un vrai lieu de vie, ouvert à un public nombreux et varié. Aussitôt franchies les portes, un coin café lumineux permet de flâner en profitant d’une vue sur l’environnement urbain, à quelques mètres à peine du parc Mistral et de la tour Perret. Pas de doute : on est au cœur de Grenoble et l’idée est aussi de valoriser son image, urbi et orbi. Un fonds impressionnant Qu’en est-il de la mission principale assignée à la bibliothèque ? Officiellement, elle tient à « la conservation et la valoris

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Mémoires sensibles

ARTS | Photo / Interrompu en plein vol du fait du deuxième confinement, le Mois de la photo va reprendre ses aises à l'Ancien Musée de peinture et devrait même jouer les prolongations. L'occasion notammentn de découvrir l'expression de deux photographes étrangères, l'une japonaise, l'autre australienne. Détails.

Damien Grimbert | Mardi 8 décembre 2020

Mémoires sensibles

Abruptement interrompue par le confinement 48 heures à peine après son ouverture, la huitième édition du Mois de la Photo, organisée par la Maison de l’image, revient fort heureusement jouer les prolongations. Commençons par rappeler brièvement le principe : une thématique centrale (cette année, celle de la mémoire, à la fois intiment liée au medium photographique lui-même mais également objet de travail récurrent de nombreux photographes contemporains depuis l’orée des années 2000), une exposition principale à l’Ancien Musée de Peinture, qui regroupe les œuvres d’un ou deux artistes invités et celle de trois autres photographes lauréats sélectionnés par un jury européen, et enfin une flopée d’autres expositions réparties dans divers lieux de la ville et de l’agglomération (on citera à titre d’exemple celles d’Yveline Loiseur au VOG de Fontaine, et celle de Tomasz Laczny au Studio Spiral, toutes deux maintenues). À l’Ancien Musée de Peinture, la photographe japonaise Miki Nitadori explore ainsi au travers de son projet Odyssée les liens entre mémoire individuelle et mémoire collective : l'artiste investit pleinement le lieu au travers d’une impressionnante scé

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"Mon grand-père et moi" : Pépé le pique-toit

Cinéma | ★☆☆☆☆ De Tim Hill (É.-U., 1h38) avec Robert De Niro, Oakes Fegley, Uma Thurman… En salles dès le 7 octobre

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Son grand-père squattant sa chambre, Peter, 10 ans, lui déclare la guerre. Comme l’ancêtre se prend au jeu, les ripostes s’enchaînent ainsi que les dommages collatéraux… Ne vous laissez pas berner par l’affiche ni le titre français : ce pur nanar fiscal où figure De Niro (mais aussi Christopher Walken, Uma Thurman ou Jane Seymour) n’a aucun lien avec la série de Jay Roach et Ben Stiller. Calibrée pour une sieste de boomer ventripotent, cette comédie du genre "rediffusion" eût mérité Seth Rogen ou Judd Apatow au générique pour être a minima subversive. À défaut, comptez un seul éclat de rire : lorsque De Niro montre sa bite par accident à son gendre pour la seconde fois. C’est peu.

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Ruines, préservation et réhabilitation

ESCAPADES | Patrimoine / Les Journées des 19 et 20 septembre peuvent être une belle occasion de se cultiver tout en prenant l’air. Le Petit Bulletin vous propose une sélection rurale qui vous conduira à découvrir de belles ruines et de non moins somptueuses réhabilitations rarement ouvertes au public.

Benjamin Bardinet | Mardi 8 septembre 2020

Ruines, préservation et réhabilitation

Scierie des Ségoins Restaurée et valorisée grâce à l’association Mémoire battante, la scierie des Ségoins témoigne de la manière dont les populations montagnardes savaient user à merveille des ressources naturelles locales : le bois et la puissance des rivières de montagnes. Exceptionnellement ouverte à l’occasion de ces journées, la scierie, devenue par la suite mini-centrale hydroélectrique, sera visitable accompagné d’un des membres de l’association. Tout cela dans la magnifique vallée de Valjouffrey, à l’entrée des Écrins. Site archéologique de Larina Richement documenté par tout un tas de panneaux explicatifs, ce site archéologique atteste de plusieurs siècles d’occupation humaine, de l’âge de bronze au début du Moyen âge. Ceux qui ne sont pas sensibles au témoignage remarquable que constituent ces ruines pourront toujours profiter de la magnifique situation géographique (au sommet d’une falaise surplombant la plaine du Rhône) et des sympathiques balades à découvrir sur le site. Site de Quirieu Non loin du site de Larina, vous pouvez enchaîner sur celui de Quirieu qui, un peu dans le

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Caroline à Grenoble

Avant-première | Si le festival de Cannes avait eu lieu en mai comme il se doit, on aurait vu Patrick, l’un des protagonistes du nouveau film de Caroline Vignal (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 septembre 2020

Caroline à Grenoble

Si le festival de Cannes avait eu lieu en mai comme il se doit, on aurait vu Patrick, l’un des protagonistes du nouveau film de Caroline Vignal Antoinette dans les Cévennes, gravir les marches rouges du Palais des Festivals. Jusque là, rien d’étonnant. Sauf que si : Patrick est un âne. Certes, beaucoup d’ânes ont déjà arpenté la Croisette, mais celui-ci est un pur baudet à poil gris qui donne du fil à retordre à sa partenaire, interprétée par Laure Calamy, institutrice à la poursuite de son amant (une sorte de maîtresse au carré, si vous voulez). Caroline Vignal vous en dira davantage à l’occasion de l’avant-première qu’elle accompagne de sa présence. Mais sans âne. Ce sera jeudi 10 septembre, à 20h15, au cinéma Le Club.

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Isabelle Stragliati : « Une approche plus libre de la radio »

Documentaire radiophonique | Peut-être plus connue du public grenoblois sous le nom de Rescue, son alias de DJ, Isabelle Stragliati est également l’autrice de créations radiophoniques ambitieuses. La dernière d’entre elles, le documentaire "Virginie, Virginia, Simone et moi", explore et interroge l’engagement féministe d’hier et d’aujourd’hui. Rencontre.

Damien Grimbert | Mardi 7 juillet 2020

Isabelle Stragliati : « Une approche plus libre de la radio »

En quoi consiste la création radiophonique ? Isabelle Stragliati : Le terme permet d’englober un certain nombre de pratiques radiophoniques qui ne rentrent pas forcément dans les cases "traditionnelles" de la radio (reportage, émission musicale, débat, table ronde, information…). C’est une approche plus libre de la radio, affranchie des contraintes habituelles de format, de durée et de structure, qui permet de donner naissance à des formes un peu hybrides empruntant à différents genres, courants et influences : interview, documentaire, fiction, musique, field recording… Comment y es-tu venue ? C’est venu assez tard. J’ai commencé la radio de manière assez conventionnelle, avec une émission hebdomadaire sur Radio Campus Grenoble dans laquelle je partageais mes trouvailles musicales. Par la suite, j’ai commencé à y travailler et ça m’a permis de découvrir tous les aspects de la pratique : technique, communication, programmation, coordination… Ce qui m’a progressivement amenée vers la création radiophonique, que je ne connaissais pas vraiment : j’ai participé à un atelier à Marseille avec Radio Ca

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"Mon ninja et moi" : doudou et dur à la fois

Animation | De Anders Matthesen & Thorbjørn Christoffersen (Dan., 1h21) animation

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Depuis que sa mère s’est remise en ménage, Alex a hérité d’un "demi-frère" de son âge qui le tyrannise à la maison et au collège. Quand son oncle excentrique lui offre une poupée de ninja magique ramenée de Thaïlande, Alex pense tenir sa revanche. Mais la contrepartie sera rude… La toute neuve société de distribution Alba Films tient sa première authentique pépite avec ce long métrage danois méritant d’être le succès d’animation de l’été 2020. Mon ninja et moi marque en effet une réjouissante révolution dans l’univers plutôt corseté et policé des productions destinées au "jeune public" (vocable flou qui rassemble des bambins jusqu’aux ados). À présent que tous les studios d’animation ont globalement atteint une excellence technique comparable à celle développée par Blue Sky, Dreamworks ou Pixar et uniformisé leur style graphique, le récit (et son traitement) est devenu l’ultime refuge de la singularité. Un retour aux fondamentaux pour spectateurs blasés des prouesses visuelles asymptotiques. Auteur et coréalisateur de Mon ninja et moi,

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"Les Parfums" : Et néanmoins patronne…

Cinéma | De Grégory Magne (Fr., 1h40) avec Emmanuelle Devos, Grégory Montel, Gustave Kervern…

Vincent Raymond | Mardi 23 juin 2020

En galère de boulot, Guillaume devient le chauffeur d’Anna Walberg, "nez" indépendante dans l’univers de la parfumerie et femme si exigeante qu’elle a épuisé tous ses prédécesseurs. Mais Guillaume va s’accrocher en lui tenant tête. Une manière de leur rendre service à tous les deux… Devenu un visage familier grâce à la série 10%, Grégory Montel avait éclos en 2012 aux côtés du regretté Michel Delpech dans le très beau L’Air de rien, première réalisation de Stéphane Viard et… Grégory Magne. Après l’ouïe, celui-ci s’intéresse donc à l’odorat mais conserve peu ou prou un schéma narratif similaire puisque son héros ordinaire-mais-sincère parvient à nouveau à redonner du lustre à une vieille gloire recluse prisonnière de son passé et/ou ses névroses, tout en s’affirmant lui-même ; la différence majeure réside dans le fait qu’une relation fatalement plus sentimentale que filiale se noue ici entre les protagonistes. Loin d’être une bluette à l’anglaise où les deux tourtereaux roucoulent après avoir fait chien et chat pendant l’essentie

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Mémoires et résistances : « Éviter de reproduire les erreurs du passé »

Événement | Une semaine pour le souvenir et la lutte contre les idéologies d'exclusion : c'est le programme d'une manifestation organisée à l'espace Victor-Schoelcher de Seyssins jusqu'au 13 mars.

Nathalie Gresset | Mardi 10 mars 2020

Mémoires et résistances : « Éviter de reproduire les erreurs du passé »

« Nous souhaitons assurer la transmission de la mémoire et combattre les idéologies d’exclusion, les inégalités et la résurgence du fascisme. » Pour Aurélien Rahon, président des Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation en Isère, la Semaine mémoires et résistances suit cet objectif depuis sa création, il y a 10 ans. Soirée slam, projections, pièce de théâtre… À travers des événements culturels variés « accessibles à tous », l’association désire attirer un large public, avec une attention particulière portée sur les jeunes : « On veut casser les codes autour de ces sujets et le sentiment d’éloignement qu’ils peuvent parfois ressentir par rapport aux événements passés. Pour cela, on part de l’actualité, on fait le parallèle entre les résistances d’aujourd’hui et d’hier, afin de montrer qu’il y a une réapparition de certains terreaux négatifs. C’est important de les sensibiliser et de les responsabiliser sur ces questions-là pour éviter de reproduire les erreurs du passé. » Plusieurs événements proposés durant cette semaine ont ainsi été construits pour toucher ce public. L’exposition photo sur la déportation a en effet été réalisé

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"10 jours sans maman" : décharge parentale

ECRANS | De Ludovic Bernard (Fr., 1h38) avec Franck Dubosc, Aure Atika, Alice David…

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Excédée par la forfanterie paternaliste qu’il manifeste au logis, l’épouse du DRH d’une grande surface s’octroie dix jours de vacances seule ; charge au mari de s’occuper de la maison et des trois enfants, en plus de son travail. Bien sûr, ça ne va pas bien se passer, du moins au début… L’une des plaies modernes du cinéma contemporain (et tout particulièrement de la comédie française) s’appelle la bande-annonce. Consistant en un concentré de film surmonté façon clip épileptique, ce produit formaté gâche plus les effets et/ou l’histoire qu’il n’éveille la curiosité. Promesse de prévisibilité catastrophique, celle de 10 jours sans maman est l’exemple du parfait repoussoir. Sauf que… loin d’être un chef-d’œuvre de raffinement, d’intelligence ou d’esthétique (on baigne quand même dans l’uniforme lumière fromage blanc téléfilm), le nouveau Ludovic Bernard (L’Ascension) n’est pas si épouvantable que cela. Même avec Franck Dubosc, c’est dire ! D’abord, il tient son pari d’aborder la question de la charge mentale ménagère par le biais de la comédie, il s’attaque à ce tabou existant encore autour de la question de l’

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Un autre regard sur l’agglo grenobloise

Patrimoine | Les membres de Patrimoine et Développement se sont donné rendez-vous pour une rencontre samedi 11 janvier. L’occasion de (re)découvrir la commanderie d’Échirolles et de faire plus ample connaissance avec l’association.

Martin de Kerimel | Mardi 7 janvier 2020

Un autre regard sur l’agglo grenobloise

Ils n’ont pas attendu Stéphane Bern pour s’intéresser aux vieilles pierres : l’animateur était encore un bébé quand, en 1965, l’association Patrimoine et Développement du Grand Grenoble a vu le jour. Elle était connue sous un autre nom : celui de Comité de sauvegarde du Vieux Grenoble. Son objectif : sauver de la destruction les vieux remparts de la cité, dont une partie subsiste aujourd’hui. Depuis, l’idée qui fédère les membres associés reste la même : mettre en lumière le patrimoine bâti, lorsqu’il est méconnu et/ou menacé. À Grenoble et au-delà Le 11 janvier, avant la traditionnelle galette des Rois, Patrimoine et Développement débute son année 2020 avec une conférence sur la chapelle de l’ordre des Templiers, à la commanderie d’Échirolles. Un programme conçu avec Marc Mingat-Lerme, historien et chercheur indépendant, afin de sensibiliser le plus grand nombre aux conditions de préservation de cet édifice médiéval. « Nos conférences poursuivent toujours un but éducatif de partage de la connaissance, rappelle Philippe Boué, président de l’association. En général, elles concernent des bâtiments de Grenoble intra muros, mais, cette fois, nous i

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Mois de la photo : l'image dépasse les frontières

Festival | Avec pas loin d’une trentaine d’artistes exposés essentiellement à Grenoble, le Mois de la photo, organisé par la Maison de l’image, prend des allures de marathon photographique. Comme à son habitude, l’Ancien Musée de peinture accueille jusqu’au 24 novembre l’exposition principale, avec comme invité d’honneur le photographe allemand Kai Wiedenhöfer.

Nathalie Gresset | Mardi 5 novembre 2019

Mois de la photo : l'image dépasse les frontières

Géographiques, politiques, psychologiques, sociales, culturelles… Pour cette 7e édition, le Mois de la photo décompose les différentes nuances du thème « murs et frontières » pour rendre hommage au 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin. Dans l’Ancien Musée de peinture, le parcours d’exposition commence avec la carte blanche, dédiée cette année à l’Ukraine, qui confronte les regards de deux photographes, à travers deux séries de portraits de populations “en marge” de la société. Face aux clichés colorés de Yurko Dyachyshyn présentant des gitans ukrainiens de Pidvynogradiv dont les sourires dévoilent des dents en or - signe de richesse et d’un rang social élevé au sein du groupe -, Alexander Chekmenev met quant à lui en scène des personnes sans-abris à travers des images sobres, touchantes et empreintes d’une certaine gravité, tout en jouant sur le contraste clair-obscur (coucou Caravage). L’exposition se poursuit ensuite avec les cinq lauréats de l’appel à photo, qui abordent chacun à leur manière la notion de frontière. Très en prise a

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Un Mois des p'tits lecteurs « pour éveiller les sens des enfants »

Événement | Jusqu'au 31 octobre, les bibliothèques grenobloises mettent les tout-petits à l'honneur. Spectacles, contes, lectures, ateliers et tant d'autres, avec un seul but : éveiller leurs sens.

Adeline Gailly | Mardi 8 octobre 2019

Un Mois des p'tits lecteurs « pour éveiller les sens des enfants »

Toucher, sentir, voir… Pendant tout le mois d'octobre, les petits de 0 à 6 ans sont invités à explorer le monde à travers leurs cinq sens dans toutes les bibliothèques grenobloises. Opération lancée par la Ville de Grenoble il y a 20 ans, le Mois des p'tits lecteurs propose chaque année une ribambelle d'animations autour de la littérature jeunesse. Et cette année, le thème des sens a été choisi. « Tout simplement parce que c'est avec cela qu'ils découvrent le monde », précise la chargée de communication de la bibliothèque municipale de Grenoble (qui n'a pas souhaité être nommée). Pour inciter les enfants à interagir avec ce qui les entoure, les activités ont été spécialement prévues en ce sens. « Nous avons notamment invité Annette Tamarkin, une autrice et illustratrice qui réalise des ouvrages en 3D. Ses pop-up colorés sont parfaits pour solliciter le toucher et la vue ! » En effet, « les tout-petits sont très tôt sensibles à la musique des mots, au rythme des phrases, aux sonorités, comme à la magie des formes et des couleurs ».

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Les six expositions à ne pas louper cet automne à Grenoble (avec, forcément, Picasso)

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Suivez-nous au Musée de Grenoble, au Centre du graphisme ou encore dans divers musées départementaux.

La rédaction | Mardi 24 septembre 2019

Les six expositions à ne pas louper cet automne à Grenoble (avec, forcément, Picasso)

Picasso, au cœur des ténèbres (1939-1945) Blockbuster en perspective ! Mais attention, si le Musée de Grenoble consacre une exposition à ce monstre sacré de la création du XXe siècle qu’est Picasso, c’est pour se pencher sur une période peu connue et peut-être pas toujours facile à aborder : celle des années de guerre. Pas d’œuvres archi-connues à l’horizon, ni aucune représentation directe de la guerre, mais plutôt une sorte de journal intime et pictural de ces années sombres que le maître espagnol choisit, a contrario de bon nombre d’artistes, de passer à Paris, sous occupation allemande… Au Musée de Grenoble du 5 octobre au 5 janvier Alain Le Quernec, du dernier cri Alain Le Quernec a la particularité d’avoir toujours mené conjointement sa carrière de graphiste à celle de professeur d’arts plastiques. Un goût pour la pédagogie qu’il tient peut-être de sa formation avec un affichiste polonais dont il a suivi la formation et auquel le centre du graphisme a rendu ho

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Journées du patrimoine 2019 à Grenoble : nos bons plans !

Événement | Samedi 21 et dimanche 22 septembre, ce sont les traditionnelles Journées du patrimoine. Quels sont les événements culturels organisés ici et là pendant ces deux jours ? Sélection made in PB.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Journées du patrimoine 2019 à Grenoble : nos bons plans !

Au Théâtre municipal de Grenoble Un peu de théâtre pendant ces journées très patrimoniales ne peut pas faire de mal. Surtout quand il est délivré par trois excellents comédiens souvent vus sur la place grenobloise : Anne Castillo, Émilie Geymond et Grégory Faive. Dirigé par Luc Cerutti, ils vont revisiter la fameuse Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll et, à ce qu’on nous en a dit (on a des sources fiables puisque c'est dans le projet !), ça s’annonce très drôle. Alors rendez-vous dans le hall du Théâtre municipal de Grenoble samedi à 16h et dimanche à 15h pour découvrir ce Banquet d’Alice. Au Musée de l’Ancien Évêché L’exposit

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Cédric Klapisch : « On est tous des anonymes »

ECRANS | Renouant avec deux des comédiens de "Ce qui nous lie", Cédric Klapisch revient dans la foule des villes pour parler… de solitude. Un paradoxe qu’il explique volontiers alors que sort en salle son "Deux moi".

Vincent Raymond | Mardi 10 septembre 2019

Cédric Klapisch : « On est tous des anonymes »

D’où vient cette idée de mélanger en un seul film thérapie et drame existentiel ? Cédric Klapisch : Un scénario est toujours un mélange d’idées. Là, il y avait le désir d’une sorte d’hommage à ma mère, psychanalyste à la retraite. Il y a 6 ou 7 ans, elle redoutait le moment où elle aurait son dernier patient. Je me suis interrogé sur ce qu’était son métier. Dans le même temps, je me demandais si une histoire où deux personnes célibataires ne se rencontrant qu’à la fin d’un film pouvait marcher : comme je ne n’en avais jamais vu, j’ai essayé. C’est intéressant de prendre deux personnages un peu au hasard dans la grande ville et d’essayer d’être précis sur cette idée des "deux moi" : on va assez loin dans l’intime de chacun, à l’inverse des "romantic comedy". Ça décale un peu le sujet puisqu’ici on parle d’avant la rencontre. Il y a beaucoup de réminiscences de Chacun cherche son chat — pas seulement parce qu’un chat fait du lien social et par la présence de Garance Clavel ou Renée Le Calm au générique. Ici aussi, vous vous interrogez sur ce que c’est qu'être dans un quartie

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"Deux moi" : seuls two par Cédric Klapisch

ECRANS | Comment deux trentenaires parisiens confrontés à leur solitude et leurs tourments intérieurs s’évitent avant de se trouver. Cédric Klapisch signe ici deux films en un : voilà qui explique qu’il soit un peu trop allongé, pas uniquement à cause des séances de psychanalyse.

Vincent Raymond | Mardi 10 septembre 2019

Ils sont voisins, se côtoient tous les jours mais ne se connaissent pas. Entre leur âge, leurs problèmes de sommeil, de boulot ou leurs difficultés à se projeter, Rémy (François Civil) et Mélanie (Ana Girardot) ont beaucoup en commun et à partager. Mais pour le savoir, encore faudrait-il qu’ils se rencontrent… L’idée de jouer sur la frustration des spectateurs en retardant à l’extrême la rencontre de ce duo s’avère sacrément perverse si l’on y réfléchit, puisqu’elle tient du "coitus interruptus" entre deux personnages se frôlant à peine – chacun étant protagoniste de son histoire à l’intérieur de ce film jumeau. S’ils paraissent ensemble, ce n’est que virtuellement : dans l’esprit du public et par la grâce du montage. Le réalisateur s’égare un peu d’ailleurs dans cette dilatation excessive précédant la délivrance collective : une vingtaine de minutes surnuméraires aurait pu rester sur le chutier. Ou alors il aurait fallu opter pour la mini-série en quatre épisodes et quatre heures. Dans la fourmilière Si l’on fait abstraction de la romance, ou si on la considère comme un prétexte, on retrouve les motifs favoris du

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"Lucie, après moi le déluge" : réminiscence d'une France oubliée

ECRANS | Précédé d'une excellente réputation, le documentaire de Sophie Loridon sur sa cousine éloignée du fin fond de l'Ardèche sort enfin en salle dans toute la France.

Élise Lemelle | Lundi 3 juin 2019

Une bâtisse en pierre, des champs à perte de vue, pas âme qui vive à l’horizon mis à part la grand-mère la plus vivace d’Ardèche : Lucie, 92 ans au moment du tournage en 2009 – elle est morte l’année d’après. Si sa voix chevrote, sa pensée est claire et son propos aussi limpide qu’un enfant lorsqu’elle narre ses souvenirs et récite ses proverbes. Sophie Loridon, sa cousine éloignée, a eu l’idée du documentaire Lucie, après moi le déluge pour garder une trace de cette France oubliée (ici Saint-Jeure-d'Andaure) que symbolisait Lucie. Cette dernière croyait en la terre pour l’avoir travaillée toute sa vie et au ciel parce que « si on n’a pas la foi en Dieu on n’a rien du tout, on a le cœur vide ». Sa vie n’a pas été facile ; pourtant, à l’écran, Lucie sourit continuellement et raconte sa « souvenance » au fil des saisons et des photos, près de son fourneau de 104 ans, dans la maison qui l’a vu naître et la verra mourir. Autoproduit et à la base destiné à rester confidentiel, ce documentaire réalisé par une Grenobloise connaît pourtant un excellent bouche-à-oreille depuis qu’il est présenté ici et là da

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"Séduis-moi si tu peux !" : secrétaire très particulier

ECRANS | De Jonathan Levine (ÉU, 1h56) avec Charlize Theron, Seth Rogen, O'Shea Jackson Jr.…

Vincent Raymond | Mardi 14 mai 2019

Reporter talentueux mais un peu trop intègre, Fred démissionne quand un magnat pourri rachète son journal. Au même moment, Charlotte Field, la secrétaire d’État visant la Maison Blanche, recherche une plume. Coup de bol, elle a été la baby-sitter de Fred quand il était ado… Actualisation d’un thème hollywoodien ô combien classique (le mariage de la carpe et du lapin ou, plus prosaïquement, de la belle et la bête), ces retrouvailles sont conformes à ce que l’on peut espérer, compte tenu de la présence glamour de Charlize Theron et de celle, plus transgressive, de Seth Rogen : une charmante comédie sentimentale, relevée d’une sauce façon Farrelly – on vous passe l’ingrédient principal. À l’inévitable romance permettant à Madame Parfaite (modèle de luxe, avec élégance incarnée) de fendre l’armure et à Monsieur Tout-le-monde (version très hirsute) de quitter sa posture d’adolescent rebelle, s’ajoutent les possibilités de comédie offertes par le contexte politico-médiatique, dans les coulisses d'une Maison Blanche occupée par un clown moins intéressé par la conduite de la Nation que les directives de ses donateurs ou sa future re

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Virginie Despentes : le rock comme moteur depuis 25 ans

Littérature | C’est l’un des événements de ce début d’année : le concert-lecture que donneront vendredi 22 mars à la Source l’écrivaine Virginie Despentes et la comédienne Béatrice Dalle sur des textes de Pasolini et accompagnées par le groupe rock Zëro. Mais avant d’aller se prendre une claque, on l’affirme à celles et ceux qui en douteraient encore : Virginie Despentes est l’une des plus grandes autrices françaises contemporaines. On s’explique.

Aurélien Martinez | Mardi 19 mars 2019

Virginie Despentes : le rock comme moteur depuis 25 ans

« J’avais comme point de départ l’idée d’un presque quinquagénaire qui perd son appartement. Ensuite est venue l’idée qu’il ait été disquaire. Ça devait être un livre très court. Et puis c’est devenu Vernon Subutex. Je ne me suis pas dit que j’allais faire une photographie de l’époque, mais une fois qu’on prend le rock comme moteur, on se retrouve vite à brasser beaucoup de gens différents… Ce n’était pas prémédité, mais c’est un vrai centre de tri, ce truc ! » Il y a trois ans, Virginie Despentes accordait une interview au Petit Bulletin Lyon dans laquelle elle revenait sur la genèse de sa fresque en trois tomes parue entre janvier 2015 et mai 2017. Un véritable succès de librairie (plus de 900 000 exemplaires ont été vendus) au sujet pourtant pas forcément très grand public – grosso modo, comment des punks de 20 ans ont vieilli. Mais un sujet qui lui permet de tirer de nombreux fils, et de dépeindre en filigrane la France actuelle. Car c’est ça la force de Despentes : offrir une véri

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Festival Télérama : de l’art de la rétrospective 2018

ECRANS | Alors que le célèbre hebdomadaire propose du mercredi 16 au mardi 22 janvier au Club et au Méliès une sélection des meilleurs films de l'année écoulée (selon ses journalistes), le Jeu de Paume de Vizille fait de même. Mais avec lui, ce sont les spectateurs qui ont voté.

Vincent Raymond | Mardi 15 janvier 2019

Festival Télérama : de l’art de la rétrospective 2018

Il en va de même à chaque début d’année : on solde la précédente en effectuant des florilèges, palmarès ou best of, y compris dans les salles. Cette démarche louable permettant de rattraper quelques films manqués sur grand écran (ou de revoir ceux qu’on avait appréciés) possède cependant un ennuyeux double-tranchant : il réduit de fait la fenêtre d’exposition des nouveautés durant toute la seconde quinzaine de janvier. Et cause un choix cornélien au public, sommé d’arbitrer entre son goût pour le risque et celui du reviens-y. Ajoutons que l’art de la rétrospective ne se pratique pas partout de la même manière. Si les cinémas grenoblois le Club et le Méliès optent pour le clé en main, en reprenant la programmation établie par l’hebdomadaire Télérama (d’autant qu’ils sont malins les confrères : ils glissent toujours une ou deux p’tites avant-premières dans leur kit pour appâter le chaland – La Chute de l'empire américain de Denys Arcand, Tout ce qu'il me reste de la révolution de Judith Davis et Nos vies formidables de Fabienne Godet), le Jeu de Paume à Vizille a fait quant à lui dans

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"Nos mémoires vivent" : la mémoire dans la photo

Exposition | Pour "Nos mémoires vivent", la Bibliothèque d'étude et du patrimoine de Grenoble a invité deux photographes contemporains (Stéphanie Nelson et Alexis Bérar) à imaginer un dialogue entre leur travail et le fonds d'archives photographiques municipal. Vivifiant !

Benjamin Bardinet | Lundi 26 novembre 2018

À l'ère de la dématérialisation numérique, il se développe chez les artistes contemporains un goût certain pour les archives physiques dans lesquelles ils aiment plonger pour mieux interroger le présent. Bien que les photographes Stéphanie Nelson et Alexis Bérar ne soient pas familiers de cette pratique, l'invitation qui leur a été faite de travailler à partir des archives photographiques de la Bibliothèque d'étude et du patrimoine (le gros paquebot en face du cinéma Chavant) a tout de suite suscité leur enthousiasme. Pas étonnant, car leur approche et leur sensibilité résonnent judicieusement avec ces images d'un autre temps. Stéphanie Nelson, dont l'objectif ausculte l'intimité familiale, a ainsi fouiné dans ces archives comme un enfant dans un vieux grenier à la recherche de souvenirs d'un temps révolu. À la manière d'une frise chronologique, elle superpose ses propres images à des photographies de famille extraites du fonds. Engageant une réflexion sur la mémoire et le rôle que la photographie joue dans la transmission de celle-ci, elle témoigne de la permanence des rituels sociaux et familiaux à travers les âges. Archives 2.0 ? De son côté, A

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Quand la Pologne s'affiche au Mois du graphisme d'Échirolles

Festival | Après le Japon en 2016, le Mois du graphisme nous invite cette année à découvrir, au Centre du graphisme (qui l'organise) comme dans d'autres lieux partenaires, et pendant plus d'un mois, la folle créativité des affichistes polonais des années 1950 à aujourd'hui. Visite guidée de ce programme visuellement passionnant.

Benjamin Bardinet | Mardi 20 novembre 2018

Quand la Pologne s'affiche au Mois du graphisme d'Échirolles

Entre le graphisme et Échirolles, c'est une histoire qui dure depuis 1990 ; histoire renforcée en 2016 avec l'ouverture du Centre du graphisme, devenu l'épicentre du Mois du graphisme. Un centre qui, pour cette nouvelle édition baptisée Pologne : une révolution graphique, consacre une rétrospective à la singulière école polonaise de l'affiche. Le parcours propose, grosso modo, de découvrir une génération de créateurs par salle : les pionniers dans la première, leurs élèves dans la seconde et, dans la dernière, la jeune génération. L'accrochage n'y va pas par quatre chemins et, en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, le visiteur est immergé dans l'effervescence créative qui caractérise l'affiche polonaise d'après-guerre. Bien que la personnalité singulière de chaque artiste soit mise en avant par un mur d'affiches qui lui est dédié, il se dégage de cette jungle graphique des sensibilités communes qui témoignent d'un goût prononcé pour le surréalisme, le grotesque et les volutes psychédéliques.

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Corps croisés au Mois de la photo de Grenoble

ARTS | Avec une multitude de propositions, le Mois de le Photo, organisé par la Maison de l'Image de Grenoble, est l'occasion rêvée de se faire une cure photographique. Après débroussaillage et repérage dans le vaste programme, nous avons sélectionné quelques-unes des expositions qui ont accroché notre regard. Dont, forcément, celle, place forte de l’événement, proposée à l'Ancien musée de peinture autour du « corps en présence ».

Benjamin Bardinet | Mardi 13 novembre 2018

Corps croisés au Mois de la photo de Grenoble

Chaque année, le cœur battant du Mois de la photo se trouve dans le magnifique (même si plus très en forme) Ancien musée de peinture, place de Verdun. Pour cette édition, le parcours débute avec une présentation des cinq lauréats de l'appel à photo organisé par la Maison de l’image autour du thème « corps en présence ». Ô joie, c'est avec deux propositions inattendues et réussies que s'ouvre la sélection. Dans ses photos, Pablo-Martín Córdoba a enregistré le flux des citadins canalisés par les espaces architecturaux, tandis que Gilberto Güiza-Rojas propose de sobres mais percutantes mises en scène interrogeant la place du corps dans le monde du travail – anonyme pour les uns, bête de somme pour les autres. Autre bonne surprise : plus loin, immergé dans des raves-party dionysiaques, Étienne Racine nous crache à la figure des corps imbibés d'alcool et ruisselants de sueur – à l'opposée de l'imagerie aseptisée des corps stéréotypés de la pub et du cinéma.

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"L'Amour flou" : ex tape

ECRANS | de et avec Romane Bohringer & Philippe Rebbot (Fr, 1h37) avec également Rose et Raoul Rebbot-Bohringer…

Vincent Raymond | Mardi 9 octobre 2018

Ils se sont aimés, ont eu beaucoup d'enfants (enfin… deux), et puis le quotidien a passé l’amour à la machine. Alors, avant de se détester trop, Romane et Philippe envisagent une séparation de corps mais pas de logis : un appartement chacun, réuni par la chambre des enfants. Une utopie ? L’histoire quasi vraie d’une famille attachante, racontée presque en direct par les intéressés, dans leur ton brouillon d’adulescents artistes, inventant un modèle "désamoureux" hors normes. Ce qui pourrait ressembler à une soirée diapos prend tout de suite un peu de relief quand les protagonistes sont connus, et que la majorité de leurs parents et amis le sont aussi. Alors si L’Amour flou tient de la succession de sketches plutôt gentils et tendres, sans auto-complaisance, parfois indiscrets mais pas impudiques, il est fidèle, sans doute, à ce que dégagent ces deux parents bobos (bourgeois-bohème) et foufous (fouillis-foutraque). Toutefois, on relève (en la regrettant) une faute de goût dans ce film somme toute sympathique : la participation dans son propre rôle Clémentine Autain – par ailleurs fausse comme une pièce de 3€, lorsqu’elle débl

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Le cinéma le Cap de Voreppe lance un cycle sur les films musicaux

ECRANS | Deux sœurs rêvant de partir de leur ville portuaire pour exercer leurs talents de musicienne et de danseuse à Paris ; deux jumelles faussement ingénues (...)

La rédaction | Mardi 25 septembre 2018

Le cinéma le Cap de Voreppe lance un cycle sur les films musicaux

Deux sœurs rêvant de partir de leur ville portuaire pour exercer leurs talents de musicienne et de danseuse à Paris ; deux jumelles faussement ingénues tombant amoureuses simultanément – l’une d’un compositeur américain, l’autre d’un marin peintre. Quand un double récit d’émancipation est transfiguré par la musique entraînante de Michel Legrand et le livret primesautier de Jacques Demy, ça donne Les Demoiselles de Rochefort (1967). Trois ans après Les Parapluies de Cherbourg, Demy renouvelait encore la comédie musicale en la délestant de sa composante dramatique ; en découla ce classique attachant empli d’une délicatesse surannée, enrubanné de standards et marqué par la présence conjointe des sœurs Dorléac. À (re)découvrir mardi 2 octobre à 20h30 au Cap de Voreppe, cinéma qui propose un mini cycle de films musicaux pour faire écho au spectacle Tout va s'arra

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Les sept expositions qui vont rythmer la saison grenobloise

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec de la photographie, du graphisme, de l'art contemporain, de l'égyptologie ou encore des sciences de l'univers.

La rédaction | Mardi 25 septembre 2018

Les sept expositions qui vont rythmer la saison grenobloise

Les Mondes inconnus Intrigante sur le papier cette exposition baptisée Les Mondes inconnus que l'on pourra découvrir à la Casemate (le Centre de culture scientifique, technique et industrielle de Grenoble), au Muséum et à l’Observatoire des sciences de l’univers de Grenoble (sur le campus). Une triple proposition qui a pour but de faire découvrir au public (et notamment aux plus jeunes) les mystères des sciences de l'univers via, à ce qu'on nous en a dit, une scénographie ludique et interactive – comme, par exemple, un voyage dans une fusée ! Plus d'infos mi-octobre, dès que nous aurons visité tout ça. À la Casemate, au Muséum et à l'Osug du samedi 13 octobre au dimanche 28 juillet Allons voir la mer avec Doisneau De Robert Doisneau (1912 – 1994), figure majeure de la photographie humaniste,

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Grenoble : 8 bons plans pour les Journées du patrimoine 2018

Événement | Chaque mois de septembre, on a rendez-vous avec les traditionnelles Journées du patrimoine, qui en sont tout de même à leur 35e édition. Si vous ne savez pas où vous rendre samedi 15 et dimanche 16 septembre, voici une sélection de bons plans 100% gratuits et, surtout, 100% passionnants.

La rédaction | Lundi 10 septembre 2018

Grenoble : 8 bons plans pour les Journées du patrimoine 2018

Au Musée de Grenoble Le plus impressionnant musée grenoblois (tant au niveau architectural que, surtout, de ses collections) sera, comme pour chaque événement de la sorte, en entrée libre tout le week-end. Avec quelques animations qui permettront de découvrir, mieux informé, sa prochaine exposition temporaire Servir les Dieux d’Égypte – Divines adoratrices, chanteuses et prêtres d'Amon à Thèbes (inauguration fin octobre), comme des visites des collections d’antiquités menées par l’Association dauphinoise d’égyptologie Champollion (samedi et dimanche en continu de 10h à 12h et de 14h à 18h) ou encore un jeu de piste "Énigmes à l'égyptienne" organisé sur les deux jours. Autre événement, celui-ci moins égyptien : la projection same

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"Mademoiselle de Joncquières" : mensonges et trahisons (et plus si affinités)

ECRANS | d'Emmanuel Mouret (Fr, 1h49) avec Cécile de France, Edouard Baer...

Vincent Raymond | Lundi 10 septembre 2018

Pour se venger du Marquis des Arcis, auquel elle a cédé malgré la funeste réputation de libertin qui le précédait, Mme de La Pommeraye ourdit une complexe machination amoureuse contre lui en embauchant deux aristocrates déclassées, Mlle de Joncquières et sa mère. Mais peut-elle impunément user de l’amour comme d’un poison ? Deux pensées se télescopent à la vision de ce film. L’une : que le XVIIIe siècle, avec son amour des mots et ses mots d’amour, était taillé pour la plume stylisée prompte à (d)écrire les tourments chantournés qu’affectionne le réalisateur Emmanuel Mouret depuis ses débuts. L’autre, concomitante : pourquoi ne l’a-t-il pas exploré plus tôt ! Or, rien n’est moins évident qu’une évidence ; Mouret a donc attendu d’être invité à se pencher sur cette époque pour en découvrir les délices. Et se rendre compte qu’il y avait adéquation avec son ton. S’inspirant, comme le cinéaste Robert Bresson, d’un extrait de Jacques le Fataliste de Denis Diderot, Mouret l’étoffe et ajoute une épaisseur tragique et douloureuse. Là où Les Dames du Bois de Boulogne (1945) du premier se contentait d’une cynique mécanique

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"Fabrice Luchini et moi" : Olivier Sauton, l'apprenti sorcier

Théâtre | Charismatique, érudit, caricatural aussi, Fabrice Luchini fascine le comédien Olivier Sauton qui dialogue avec lui dans "Fabrice Luchini et moi". Un curieux et séduisant seul-en-scène (Sauton campe les deux rôles) à voir à la Basse cour.

Nadja Pobel | Mardi 4 septembre 2018

Fabrice Luchini est là tout le temps, sans être là, au point qu'il a fallu modifier l'affiche pour ne pas prêter à confusion : « Olivier Sauton dans Fabrice Luchini et moi ». Car la vedette rohmérienne, après avoir été troublée et séduite par ce one-man-show créé en 2014, fut plus tatillonne sur cette production quand la bise (tempête) fut venue. Pour cause : Olivier Sauton a vu réapparaître l’an passé, quand il semblait promis à un Molière du seul-en-scène, des tweets antisémites qu'il reconnaît avoir écrits du temps où il frayait le même chemin que Dieudonné. Et qu'il considère aujourd’hui, sans se forcer, comme nauséabonds. Temps révolu, dit-il sur scène en regardant son public. Et « le petit con attardé » qu'il évoque à propos de cette époque est finalement le même que celui qu'il met en scène dans ce spectacle. Un jeune homme (lui-même donc) dont on découvre l'appétit à se cultiver et à s'élever au-dessus de la bêtise crasse. Tenant

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Grenoble-patrimoine.fr ou comment « rencontrer l’art dans son trajet quotidien »

ESCAPADES | La Ville de Grenoble, en partenariat avec l’Office de tourisme Grenoble-Alpes, la Direction régionale des affaires culturelles et le Département de l’Isère, vient de lancer le site web Grenoble-patrimoine.fr présenté comme une plateforme de parcours dans la ville afin de valoriser le patrimoine urbain. On vous en dit plus.

Alice Colmart | Lundi 11 juin 2018

Grenoble-patrimoine.fr ou comment « rencontrer l’art dans son trajet quotidien »

« Cette plateforme a été créée pour que chacun puisse rencontrer l’art dans son trajet quotidien » : voilà comment Corinne Bernard, adjointe aux cultures de la Ville de Grenoble, a présenté la plateforme Grenoble-patrimoine.fr lors de son dévoilement à la presse il y a quelques jours. Initié par la Ville, le site invite à « découvrir 220 éléments [sculptures, écoles, cimetières, musées, places...] du patrimoine culturel grenoblois » soit en créant ses visites à la carte à partir des fiches disponibles, soit en utilisant l’un des trois parcours-découvertes. Des parcours qui s’aventurent dans plusieurs quartiers et rassemblent une quarantaine d’éléments de différentes époques. Si l'on s’arrête sur les œuvres, certaines sont par exemple issues du premier symposium français de sculpture, organisé en amont des Jeux olympiques d'hiver de 1968, comme Monsieur Loyal d’Alexander Calder sur l’esplanade du Musée de Grenoble, ou encore Atome Fleur d’Étienne Hajdu dans le patio de l’Hôtel de Ville de Grenoble. D

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"Mémoire en marche" : ciné-rencontre ce mardi à la Vence Scène avec Julien Masson

ECRANS | Il n’y a pas eu qu’un seul D-Day. Longtemps délaissés par l’histoire, les régiments de tirailleurs en provenance des colonies françaises ont pourtant contribué (...)

Pierre Deroudilhe | Vendredi 30 mars 2018

Il n’y a pas eu qu’un seul D-Day. Longtemps délaissés par l’histoire, les régiments de tirailleurs en provenance des colonies françaises ont pourtant contribué à libérer tout le sud de la France à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, leur action est de plus en plus reconnue, mais il reste un long chemin à parcourir. Le documentariste Julien Masson propose, dans Mémoire en marche, de suivre le destin de ces soldats. D’où venaient-ils ? Pourquoi se sont-ils engagés ? Que sont-ils devenus ? Son film s'attache au parcours de plusieurs tirailleurs sénégalais débarqués sur les plages de Provence en 1944 pour libérer la France. Une projection est prévue mardi 3 avril à 20h à la Vence Scène de Saint-Égrève et sera suivie d’une rencontre avec le réalisateur.

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"Vent du Nord" : délocalisation mon désamour

ECRANS | Prouvant que la misère est aussi pénible au soleil que dans les zones septentrionales, le réalisateur Walid Mattar offre dans son premier long-métrage un démenti catégorique à Charles Aznavour. Et signe un film double parlant autant de la mondialisation que de la famille. Bien joué.

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

Délocalisation d’usine au nord (de la France). Grâce aux indemnités qu’il a acceptées, Hervé espère devenir pêcheur et convertir son glandouilleur de fils. Relocalisation au sud (en Tunisie). Embauché, Foued rêve grâce à ce job de conquérir Karima et de disposer d’une mutuelle. Que de rêves bâtis sur du sable… À l’aube du XXIe siècle néo-libéraliste, quand le capitalisme se réinventait dans des bulles virtuelles, une théorie miraculeuse promettait des lendemains de lait et de miel (un peu comme celle du "ruissellement" de nos jours) : la "convergence". Force est de reconnaître aujourd’hui qu’elle n’était pas si sotte, s’étendant au-delà des contenants-contenus médiatiques. Enfin, tout dépend pour qui… Du nord au sud en effet, l’accroissement des inégalités a depuis fait converger les misères, les plaçant au même infra-niveau social : les contextes semblent différents, mais la matière première humaine subit, avec une sauvagerie identique, le même nivellement par le bas. Mistral perdant Sur un thème voisin du maladroit

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Philippe Rebbot : « "Vent du Nord" n'est un film social, on est en plein dans l’actualité »

ECRANS | Il promène sa silhouette dégingandée depuis une décennie sur tous les écrans, incarnant les types biens comme les gars un peu falots. Dans "Vent du Nord", il est un ouvrier essayant de attraper ses rêves avec un filet de pêche. Entretien avec Philippe Rebbot.

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

Philippe Rebbot : «

Vent du Nord porte une morale un peu désespérante pour la jeunesse : elle doit quitter l’endroit où elle a grandi pour survivre… Philippe Rebbot : Je ne sais pas si c’est une morale, mais c’est une vérité désespérante. Quand il n'y a pas d’avenir, il n'y a pas d’avenir ! Ce n’est pas un film social, on est en plein dans l’actualité. Le moyen de bosser maintenant quand on est jeune, c’est d’être mobile et il va falloir se démerder avec ça. Nous, les comédiens, on a déjà accepté ça. On est des saltimbanques. De luxe. (sourire) Il est beaucoup question de précarité dans vos premiers rôles… Davantage de fragilité. On vient me chercher parce que je dois dégager une vibration à la fois marrante et fragile, qui me ressemble. Je suis dans la vie, mais en même temps, la vie me fait peur… Après, on peut aller contre sa nature : je ne suis pas à l’abri d’un rôle un banquier – mais d’un banquier fragile. Ou d’un Président de la République –

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"Caillou Papier Ciseaux" : chifoumi artistique à Spacejunk

Exposition | L'exposition collective (Hirotoshi Ito, Mademoiselle Maurice et Bullitt Ballabeni) en place en ce moment dans le centre d'art grenoblois est ludique à souhait. Visite guidée.

Aurélien Martinez | Mardi 20 février 2018

Elles sont surprenantes les petites sculptures de Hirotoshi Ito, car elles arrivent à donner l'illusion que la matière on ne peut plus solide qui les compose est finalement facilement malléable. Avec minutie, l'artiste japonais né en 1958 dans une famille de tailleurs de pierre a ainsi transformé des galets trouvés au bord de rivière en visages ou en objets du quotidien, et notamment en porte-monnaie : le caillou brut se pare alors d'une fermeture Éclair pour sembler aussi fin que du cuir. « Un sourire sur le visage du spectateur est ma principale motivation » déclare-t-il : c'est réussi, ses œuvres parvenant aux spectateurs le plus simplement du monde, dans la tradition d'un art où le plaisir de la découverte est maître. Le centre d'art Spacejunk les présente jusqu'à fin mars, au sein d'une exposition collective au titre qui confirme l'aspect ludique de l'aventure : Caillou Papier Ciseaux. Avec, pour le côté papier, l'artiste française Mademoiselle Maurice et ses origamis colorés qui envahissent aussi bien les murs de Spacejunk que des

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"Moi, Tonya" : grâce et disgrâce sur glace

ECRANS | De Craig Gillespie (ÉU, 2h) avec Margot Robbie, Allison Janney, Sebastian Stan…

Aurélien Martinez | Lundi 19 février 2018

L’histoire se souvient de Tonya Harding comme de la première patineuse étasunienne à avoir fait un triple axel en compétition : classe. Mais aussi – plus que tout même – pour avoir été mêlée à un scandale quelques jours avant les Jeux olympiques de 1994 à Lillehammer : l'agression de sa rivale Nancy Kerrigan à coups de barre en métal, dont les images filmées après l’attaque (et les « Why ? Why ? Why ? » de Kerrigan) ont fait le tour du monde. Moins classe. Tonya Harding est une de ces figures controversées que les États-Unis adorent produire à la chaîne. Une figure à laquelle le cinéaste australien Craig Gillespie vient de consacrer un biopic passionnant, justement parce que ce n’est pas tant un biopic (même si les acteurs et actrices ressemblent parfaitement aux véritables protagonistes) qu’un film sur le rêve américain et, surtout, l’une de ses faces les plus sombres – les blancs pauvres, appelés "white trash", représentés ici de la pire des manières. Du coup, l’agression comme le patinage ne sont presque que secondaires pour Craig Gillespie : il s’attache principalement à montrer une battante qui fait tout pour s’

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