"Rendez-vous des cinémas d'Afrique" : bons baisers d'Afrique à Mon Ciné

Festival | Zoom sur la troisième édition de l'ambitieux festival proposé par le cinéma martinérois du mercredi 13 au mardi 19 mars.

Vincent Raymond | Lundi 11 mars 2019

Pareille à un muscle, la curiosité se travaille. Il faut l'éveiller sans cesse, c'est-à-dire l'encourager à entrevoir de nouveaux possibles afin qu'à terme, elle puisse s'auto-alimenter. En concentrant un grand nombre d'œuvres autour d'une thématique, un festival joue un rôle essentiel de catalyseur ou d'accélérateur de curiosité, d'amorce nécessaire dans un cercle vertueux.

Connaissant actuellement une nouvelle émergence (que ce soit au Maghreb ou dans les pays subsahariens), les cinémas d'Afrique tirent un bénéfice réciproque des Rendez-vous créés par Mon Ciné. Car la manifestation sait proposer en une (trop courte) semaine un riche panorama de la production en cours, dans sa diversité, mais aussi convoquer la crème des restaurations.

Comme il serait impossible ici de citer les 19 films programmés ou l'intégralité des rencontres orchestrées pour l'occasion, attachons-nous à évoquer quelques vraisemblables temps forts. À commencer par l'ouverture, autour d'une avant-première rwandaise, La Miséricorde de la jungle de Joël Karekezi. Parce que le débat suivant Les Bienheureux de Sofia Djama en écho à l'anniversaire des accords d'Évian est susceptible de convoquer son lot d'émotions, voire de douleurs, on recommande pour décompresser le formidable conte initiatique Wallay du Burkinabé Berni Goldblat. Plus dramatique est Sofia, le film de clôture, récit d'une grossesse cachée. Un uppercut signé par la Marocaine Meryem Benm'Barem que la comédie (certes inégale, mais absurde) de Mamane Bienvenue au Gondwana saura tempérer par quelques rires.

Enfin, comment ne pas mentionner les hommages à de grands maîtres disparus, avec les reprises du cruel Hyènes (photo) de Djibril Diop Mambety et de L'Autre de Youssef Chahine – à qui une exposition dans le hall du cinéma est de surcroît dédiée ? Le Rendez-vous est pris.

Rendez-vous des cinémas d'Afrique
À Mon ciné (Saint-Martin-d'Hères) du mercredi 13 au mardi 19 mars

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Saint-Martin-d'Hères : Mon Ciné se refait une beauté

ECRANS | Réouverture le 8 septembre de Mon Ciné à Saint-Martin-d’Hères, après un été rythmé par les travaux : nouvel écran, rafraîchissement des peintures, rénovation des sols, (...)

Valentine Autruffe | Mardi 7 septembre 2021

Saint-Martin-d'Hères : Mon Ciné se refait une beauté

Réouverture le 8 septembre de Mon Ciné à Saint-Martin-d’Hères, après un été rythmé par les travaux : nouvel écran, rafraîchissement des peintures, rénovation des sols, de quoi accueillir le public dans des conditions optimales. Gageons qu’il viendra en nombre pour la soirée spéciale programmée par la salle le 16 septembre, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Delphine et Carole, insoumuses, un documentaire sur la rencontre entre la comédienne Delphine Seyrig et la vidéaste Carole Roussopoulos, sera projeté. Leur engagement teinté d’un humour insolent, sur fond de féminisme seventies, est retracé avec affection par la réalisatrice Callisto Mc Nulty, la petite-fille de Carole Roussopoulos.

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Fabien Mauro : « La science-fiction japonaise est regardée avec distance »

Pop culture | Auteur d’un ouvrage somme consacré au cinéma de science-fiction japonais ("Kaiju, Envahisseurs & Apocalypse", aux Éditions Aardvark), Fabien Mauro sera l’un des invités de la première édition du Japan Alpes Festival, les 18 et 19 septembre à EVE. Rencontre.

Damien Grimbert | Mardi 7 septembre 2021

Fabien Mauro : « La science-fiction japonaise est regardée avec distance »

Quelles ont été tes premières portes d’entrée vers la pop culture japonaise ? Comme beaucoup de gens de ma génération, essentiellement via les jeux vidéo sur console et les séries d’animation japonaises qui passaient à la télévision. Mais également les séries de super sentai, ces équipes de super héros colorés. C’était ma première introduction à ce qu’on appelle le tokusatsu, c’est à dire des productions japonaises (films, séries…) à base d’effets spéciaux. Le tokusatsu rassemble toutes les techniques que l’on associe traditionnellement à l’imaginaire fictionnel japonais : le travail sur les effets optiques, les maquettes miniatures, les comédiens qui enfilent des costumes pour incarner des monstres ou des mecha.... Enfin, l’attente de la sortie du Godzilla de Roland Emmerich m’a amené à m’intéresser au Godzilla originel de 1954, qui venait de sortir en vidéo, ce qui m’a permis de découvrir tout l’univers du kaiju eiga, les films de monstres japonais. Je suis tombé littéralement amoureux de ce

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Cinémas et festivals : en attendant la reprise (et le printemps)

ECRANS | D’habitude, lorsque débutent les vacances d’hiver, l’année cinéma est déjà bien entamée : les premiers festivals ont eu lieu et les suivants annoncent la couleur (ou du moins leur programmation). La fermeture des salles change la donne, mais ne signifie pas l’effacement de la saison : durant cette période d’hibernation forcée, le printemps des écrans se prépare. Panorama*…

Vincent Raymond | Lundi 8 février 2021

Cinémas et festivals : en attendant la reprise (et le printemps)

Jamais, en 125 ans d’histoire cinématographique, les salles n’auront été aussi longtemps fermées. Dimanche 7 février, cela a fait exactement 100 jours depuis le 30 octobre que les cinémas ont été contraints de baisser les rideaux, soit un jour de plus que lors du premier confinement, entre les 14 mars et 22 juin 2020. Si l’on mesure notre rage de spectateur, on imagine la souffrance des exploitants, programmateurs et organisateurs de festivals incapables de se projeter — sans mauvais jeu de mots — dans l’immédiat et forcés de composer au jour le jour. Pour certains, l’attente aura été fatale : le Festival de l’Alpe d’Huez a ainsi jeté l’éponge. Devant initialement se dérouler fin janvier, sa 24e édition avait un temps envisagé se décaler du 23 au 28 mars avant de renoncer, en accordant toutefois un "label" aux films qu’elle avait sélectionnés, comme Cannes l’an passé. Pas de quoi rire pour les rois de la comédie en altitude. En salle ou en ligne ? Suivant dans le calendrier, Voir Ensemble, le rendez-vous à destination du jeune public

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Mon Ciné : 30 ans « d'exigence et de diversité »

ACTUS | Le cinéma de Saint-Martin-d'Hères va fêter son anniversaire du jeudi 23 au jeudi 30 novembre. On a contacté sa directrice pour en savoir un peu plus.

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

Mon Ciné : 30 ans « d'exigence et de diversité »

Le monoécran martinérois Mon Ciné fête ses trente ans. Mais pendant une semaine, c’est lui qui régale son public avec une programmation représentative de la ligne éditoriale de cette salle doublement labellisée recherche et jeune public. Sont en effet annoncés des projections de C’est assez bien d’être fou, Sans Adieu, Ligne de partage et L’Œil du cyclone : des films qui, au-delà de leur contenu politique, résument la situation des cinémas de proximité et leur nécessaire rôle militant en marge du circuit commercial. « La situation des salles d’art et d’essai est paradoxale : à la fois d’une grande fragilité et d’une grande vitalité » souligne Pascale Puig, sa directrice. « Mon Ciné a la chance de s’inscrire dans une politique culturelle soucieuse de sa qualité et d’avoir la liberté de marier dans sa programmation films pointus du monde entier, œuvres ayant le moins de visibilité et films grand public. Ce n’est pas antinomique, c’est complémentaire : on peut avoir des goût différents ; notre rôle consiste à offrir de l’exigence et de la diversité. » Dans l’ADN de M

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