Longues-vues au festival Vues d'en face

ECRANS | Zoom sur la nouvelle édition du festival international du film LGBT+ prévue du vendredi 15 au mardi 19 mars au Club.

Aurélien Martinez | Mardi 12 mars 2019

Dix-neuvième édition déjà pour Vues d'en face, le « festival international du film LGBT+ » dont le cœur battant se déroule au Club, mais qui essaime également ici (des bibliothèques par exemple) et là (dans des lieux d'exposition) histoire de toucher un maximum de public. Et de lui donner à voir des propositions centrées sur les questions LGBT, encore trop secondaires dans le cinéma mainstream – au pif, combien de personnages homosexuels dans les films qui sortent chaque semaine en salle ?

Alors si, au fil des ans, le festival a réduit la voilure (on est maintenant sur cinq jours de projection au Club) et crée de facto moins l'événement, il reste tout de même un temps fort de la vie culturelle locale, notamment parce qu'il donne à voir des longs-métrages étrangers souvent difficilement visibles. Comme celui qui fera l'ouverture au Club : Kanarie de Christiaan Olwagen, sur un jeune homme blanc en Afrique du sud qui va se découvrir… et surtout découvrir ce à quoi il participe implicitement. Ou encore celui qui, présenté en clôture, a reçu le Queer Lion lors de la dernière Mostra de Venise : José de Cheng Li, sur le quotidien en dents de scie d'un jeune homo au Guatemala.

Des sujets pas forcément simples donc… Car Vues d'en face n'a pas que pour vocation de divertir (même s'il propose tout de même son lot de films légers, et tant mieux) : il donne aussi matière à réflexion, en se confrontant aux réalités du monde. Sur cet aspect, le documentaire L'Unione falla forse (photo), projeté en présence de son réalisateur Fabio Leli, est édifiant : l'homophobie est loin de s'être tarie au fil des ans, et est même clairement assumée par des hommes et des femmes de pouvoir – ici en Italie, où une loi d'union civile pour les couples de même sexe a été adoptée en 2016 (mais les propos auraient aussi bien pu être prononcés en France ou dans d'autres pays). Démoralisant, même si le bonheur des familles homoparentales présentées en parallèle est, lui, réjouissant.

Vues d'en face
Au Club du vendredi 15 au mardi 19 mars
Dans divers lieux jusqu'au samedi 23 mars

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