"M" : maudite communauté ultra-orthodoxe

ECRANS | De Yolande Zauberman (Fr, 1h46) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 19 mars 2019

Photo : New Story


Israël. Ancien enfant-chanteur, Menahem a été abusé sexuellement par plusieurs membres de sa yeshiva. L'homme qu'il est devenu s'est éloigné de la religion et de sa famille. Quinze ans plus tard, il revient dans le quartier orthodoxe de Bnei Brak pour faire la lumière sur ce passé occulté...

Comme en écho au Grâce à Dieu de François Ozon, la documentariste Yolande Zauberman met ici en accusation le silence coupable d'une communauté qui, par omission ou au nom d'une solidarité aveugle revendiquée par de supposées traditions, a laissé commettre non pas un mais plusieurs crimes pédophiles. Son immersion documentaire dans Bnei Brak accompagne Menahem entre élégie et résilience sur le difficile chemin de la révélation et de ses réconciliations. Dans le même temps, elle révèle une invraisemblable quantité de tabous comme l'obscurantisme régnant autour des questions intimes chez les ultra-orthodoxes – la méconnaissance du sexe opposé n'en constituant que la surface. Heureusement, il semble qu'une nouvelle génération soit disposée à faire le ménage parmi les brebis galeuses et vivre sa foi avec son temps. C'est auprès d'elle, après de nouvelles déconvenues, que Menahem retrouvera l'espoir qui lui avait été confisqué.

Tourné en yiddish, langue que la cinéaste pratique, le film scelle une réconciliation, même s'il est violent et critique. Yolande Zauberman rappelle en effet en conclusion une citation de Kafka dont le propos peut se résumer par : qui aime bien châtie bien. Le châtiment était nécessaire.


- M -

De Yolande Zauberman (Fr, 1h46) documentaire

De Yolande Zauberman (Fr, 1h46) documentaire

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«M» comme Menahem, enfant prodige à la voix d’or, abusé par des membres de sa communauté qui l’adulait. Quinze ans après il revient à la recherche des coupables, dans son quartier natal de Bnei Brak, capitale mondiale des Juifs ultra-orthodoxes.


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André Dussollier - François Ozon : « J’aime les défis, les choses un peu extrêmes »

Tout s’est bien passé | Comme toujours impressionnant dans le rôle d’un vieil homme diminué par un AVC demandant à sa fille de l’aider à mourir (et odieux), André Dussollier est au centre du nouveau film de François Ozon. Tout sauf mortifère, ce voyage au cœur d’une pure névrose familiale, traversé d’éclats franchement burlesques, est adapté du récit d’une ancienne coscénariste du cinéaste, Emmanuèle Berhneim. Rencontre avec le réalisateur et son acteur.

Vincent Raymond | Mercredi 22 septembre 2021

André Dussollier - François Ozon : « J’aime les défis, les choses un peu extrêmes »

Vous avez hésité avant d’adapter le livre d’Emmanuèle Bernheim… François Ozon : En 2013, elle m’avait envoyé les épreuves son livre en me demandant si ça m’intéressait parce que plusieurs réalisateurs voulaient l’adapter. Je l'ai lu et l’ai trouvé très beau — elle m’avait raconté un peu l’histoire de son père. Mais je lui avais que je me sentais pas capable de raconter son histoire : c’était tellement personnel, tellement intime… Et la connaissant, je ne voyais pas trop où trouver ma place. J’ai passé mon tour. Là-dessus, Alain Cavalier a voulu faire un film avec elle (comme Pater avec Vincent Lindon) où elle jouait son propre rôle, elle a dit OK, et là elle a développé un cancer assez fulgurant dont elle est décédée. Le film de Cavalier s’est alors transformé en documentaire, Être vivant et le savoir. Après sa mort, j’ai relu le livre et tout d’un coup, je n’ai plus vu ce m’avait fait peur en 2013 — le sujet, la fin de vie, le suicide assisté — mais autre chose : la famille, son rapport à son père, la responsabilité d’organiser qu

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C'est la saison des amours à la Cinémathèque

Cinéma | Dévoilée il y a quelques jours, la programmation de saison de la Cinémathèque de Grenoble s’articulera de septembre à décembre autour d’un cycle intitulé "La machine à parler d’amour", ponctué de plusieurs séances spéciales. Décryptage.

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

C'est la saison des amours à la Cinémathèque

C’était l’objectif principal de la nouvelle directrice de la Cinémathèque de Grenoble, Gabriela Trujillo : se concentrer sur « les vocations premières du lieu, en l’occurrence la conservation et la valorisation du fond de films de sa collection », tout en continuant son inscription « dans le réseau local, mais également celui des autres cinémathèques françaises et étrangères ». Après avoir longuement arpenté les lieux où sont stockés les films, elle a donc conçu sa programmation autour d’un cycle thématique emblématique, La machine à parler d’amour, avec en filigrane « l’idée du cinéma qui permet un dispositif amoureux qui se réinvente à chaque film ». Dernière avant destruction Inauguré ce jeudi 23 septembre autour de la programmation de L’Âge d’Or de Luis Buñuel et de deux courts-métrages, ce dernier se prolongera ensuite au travers notamment de films de Michel Piccoli (C’est pas tout à fait la vie dont j’avais rêvé), François Truffaut (La Femme d’à côté, en photo), Claire Denis (Trouble Every Day), Woody Allen (

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DMX Krew, icône électro

Electro | Si beaucoup d’artistes électroniques construisent leur carrière autour d’un succès bref et massif sur lequel ils vont ensuite tenter de capitaliser avec (...)

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

DMX Krew, icône électro

Si beaucoup d’artistes électroniques construisent leur carrière autour d’un succès bref et massif sur lequel ils vont ensuite tenter de capitaliser avec plus ou moins de bonheur, il en existe d’autres, plus rares, qui vont inlassablement creuser le même sillon avec passion, imperturbables aux modes et aux tendances du moment. Assurément Edward Upton, alias DMX Krew, appartient à la seconde catégorie. Rapidement repéré par Aphex Twin au milieu des années 90, qui le signe sur son label Rephlex alors qu’il n’en est encore qu’à ses débuts, l’Anglais DMX Krew va dès lors enchaîner les sorties avec une régularité quasi métronomique, entre deux et cinq par an en moyenne, et ce jusqu’à aujourd’hui. Au sein de cette discographie foisonnante, que personne ou presque n’a eu le courage d’explorer de fond en comble, aucun déchet. Passionné de synthétiseurs et de boîtes à rythmes vintage, il oscille d’une sortie à l’autre entre électro-funk, synth-pop, bass music, latin freestyle, italo disco, Hi-NRG, techno ou ambient, revisitant inlassablement les sonorités électroniques nostalgiques des années 80 avec un bonheur constant, pour lui comme pour ses auditeurs. En dépit de l

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Les "road movies" à toute vitesse

ECRANS | Retour aux activités pour le Ciné-Club de Grenoble, qui ouvre sa saison avec un cycle dédié au road movie, inauguré par deux projections au cinéma Juliet Berto. (...)

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

Les

Retour aux activités pour le Ciné-Club de Grenoble, qui ouvre sa saison avec un cycle dédié au road movie, inauguré par deux projections au cinéma Juliet Berto. Si le temps n’a pas été tendre avec Easy Rider (1969), projeté mercredi 29 septembre, le film de Dennis Hopper a néanmoins ouvert la voie à toute une flopée de road movies contestataires nettement plus intéressants, comme Point Limite Zéro (1971), projeté mercredi 6 octobre. Film de poursuite d’un minimalisme épuré, le long-métrage de Richard C. Sarafian suit un anti-héros rude et désenchanté, fuyant les illusions perdues de son passé dans une longue course sans retour sous amphétamine à travers les Etats-Unis. Métaphore à peine voilée d’une contre-culture ayant déjà délaissé l’utopie en faveur du nihilisme, Point Limite Zéro fait partie des films qu’on n’oublie pas.

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Des forêts, des Hommes et des archives

Histoire | Avis aux amateurs de vieux parchemins, les Archives départementales proposent leur toute première exposition ! Au programme : l’histoire des rapports que l’Homme entretient avec la forêt depuis le Moyen-âge.

Benjamin Bardinet | Mardi 21 septembre 2021

Des forêts, des Hommes et des archives

En choisissant d’explorer la thématique de la forêt, les Archives départementales avaient l’assurance de pouvoir sortir de leurs rayonnages un grand nombre de documents remarquables. Des documents qui témoignent de la complexe gestion des forêts isèroises dont les richesses ont toujours été prisées par des acteurs variés. Les seigneurs y chassaient, certains paysans y faisaient paître leurs bêtes, les villageois allaient y chercher du bois de chauffage, tandis que sous Louis XIV les exploitants fournissaient en matière première la marine navale et que, aux XVIIIe et XIXe siècles, les charbonniers s’y installaient, produisant sur place le charbon nécessaire aux forges… Devenues des espaces naturels où l'on vient désormais se ressourcer, nos forêts sont aujourd'hui préservées et éco-gérées (on préfère exploiter des forêts plus lointaines). Tout cela est donc raconté grâce à des documents qu’on n’a pas souvent l’habitude d’avoir sous les yeux. On pourra se délecter de la délicatesse des cartes, de la qualité des parchemins, des pleins et des déliés permis par l’usage de la plume et surtout de la diversité des écritures manuscrites... Un ensemble d’ob

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L’Empereur et son image

Histoire | Des tableaux, mais aussi une mèche de cheveux, des couverts, un bicorne... L’exposition du couvent Sainte-Cécile revient sur les dernières années de l’itinéraire singulier de Napoléon. Une belle collection d’objets et d’images, qui invite à une réflexion sur le rôle de la représentation.

Benjamin Bardinet | Mardi 21 septembre 2021

L’Empereur et son image

Intitulée Autour de la route des Alpes, l’exposition est constituée de trois sections : « la route des Alpes », « le quotidien de Napoléon » et « de la gloire à l’exil ». Pour notre part on distingue surtout deux corpus d’œuvres : d’un côté les objets, de l’autre les images. Parmi les objets, certains valent le détour pour leur valeur historique ou esthétique. On pense à cet étonnant lit pliant, à l’élégant bidet de campagne ou encore au très complet nécessaire de toilette, qui laisse imaginer que Napoléon n’était pas du genre à se négliger. D’autres objets pourront ravir les plus fétichistes des napoléophiles : une mèche de cheveux, une théière et des couverts en argent dont il a fait usage, et même l’un des fameux bicornes qu’il portait d’une manière volontairement reconnaissable. En effet, de même que Tintin a une houpette, Marylin Monroe une mouche et Mick Jagger une grosse bouche, Napoléon est indissociable de son bicorne. Maîtrise de l’image Napoléon avait une pleine conscience de la nécessité de maîtriser son image po

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La Casemate renaît de ses cendres

Sciences | Après l’incendie criminel de 2017, revendiqué par des activistes anarchistes au nom d’une technophobie affirmée, la Casemate vient d’inaugurer ses nouveaux locaux réhabilités et redémarre l’ensemble de ses activités. Une bonne nouvelle à une époque où la défiance à l’égard des scientifiques prend une ampleur inédite.

Hugo Verit | Mardi 21 septembre 2021

La Casemate renaît de ses cendres

Bien sûr, c’était la fête. En ce jeudi 16 septembre d’inauguration, au premier étage d’une Casemate toute neuve, rénovée, lumineuse, ça souriait largement sous les masques, ça se congratulait allégrement entre élus et officiels tandis que plusieurs dizaines de personnes se pressaient dans les alcôves de la galerie, avides de découvrir les projets scientifiques présentés (un bac à sable interactif plein de couleurs permettant de réaliser des modélisations topographiques, la numérisation 3D de vertèbres afin d’observer les déformations subies par la colonne vertébrale, etc.) tout en dégustant des petits-fours et en sirotant un verre de vin. Oui, vraiment, c’était la fête et il s’agissait de le montrer. À qui ? Aux auteurs, toujours inconnus, de l’incendie criminel qui ravagea les lieux en novembre 2017 (sans faire de victime heureusement). « C’est un jour de renaissance et je pense aux gens qui travaillaient ici lorsque ces personnes, qui ne veulent rien comprendre à la science et à ce que l’on fait dans ce lieu, y ont mis le feu. Aujourd’hui, nous sommes encore plus forts », commençait Corine Lemariey, présid

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Retina Set, nouvelle génération

Electro | C’est une scène qui n’a rencontré qu’un écho public modeste, mais dont l’influence sur la musique des années 2010 n’en a pas moins été déterminante : loin (...)

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

Retina Set, nouvelle génération

C’est une scène qui n’a rencontré qu’un écho public modeste, mais dont l’influence sur la musique des années 2010 n’en a pas moins été déterminante : loin des territoires déjà amplement arpentés de la techno, de la house et de la disco, une nouvelle génération d’artistes électroniques, grandie avec internet, n’a cessé de jouer les apprentis sorciers avec les différentes sources musicales à sa disposition. Déconstruisant les codes de la club music telle qu’on la connaît, ils ont fusionné les nouveaux styles musicaux underground du monde entier aux classiques mainstream du R’n’B, du rap et de la pop dans un joyeux mélange à la fois, chaotique, expérimental et dansant. Et signé ainsi l’acte de naissance d’un nouveau monde musical post-moderne aussi euphorisant que déconcertant, d’une efficacité redoutable sur le dancefloor. Parmi les représentants français les plus talentueux de cette nouvelle vague futuriste, Retina Set a su marquer les esprits par ses blends avant-gardistes peaufinés avec soin, qui lui ont permis de sillonner les clubs les plus pointus d’Europe et d’Asie, tout en restant dans un relatif anonymat auprès du public néophyte. On est donc ravis de l

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"Candyman" : double crochet du droit

Le film de la quinzaine | À la fois suite, reboot et extension de l’univers du Candyman originel de Bernard Rose (1992), ce nouveau chapitre signé Nia DaCosta utilise avec intelligence et efficacité les codes du genre pour s’emparer d’un thème toujours d’actualité dans cette Amérique où suffoque George Floyd : la discrimination raciale/sociale, ainsi que les violences associées. Pointu.

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

Chicago, de nos jours. Artiste peintre en mal d’inspiration, Anthony McCoy vient d’emménager dans le quartier de Cabrini Green, autrefois ghetto noir, désormais gentrifié. Découvrant la “légende urbaine” de Candyman, le tueur au crochet ayant jadis sévi dans les environs, il va s’en inspirer pour ses nouvelles toiles… et provoquer la résurrection sanglante de ce vengeur des Noirs opprimés. Un même titre pour une autre histoire ? Disons plutôt une prolongation offrant une lecture politique actualisée, de surcroît par des auteurs afro-américains. En cela, il ne s’agit pas d’une nouveauté : souvenons-nous du précédent récent que constitue l’excellent The Birth of a Nation (2016) de Nate Parker, ce nécessaire contrepoint au sinistre long métrage homonyme signé Griffith en 1915. Las, Parker et son œuvre primée à Sundance se trouvent actuellement au purgatoire car une

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La Machinerie fabrique du lien social

Inauguration | La Machinerie, c’est le couteau suisse du lien social et du service aux habitants. Entre high-tech, bidouille et frigo solidaire, les Grenoblois trouvent ici, au cœur du quartier Villeneuve, des réponses concrètes à leurs besoins ou à leurs tracas quotidiens.

Jérémy Tronc | Mardi 21 septembre 2021

La Machinerie fabrique du lien social

« C’est un lieu unique ». L’expression a été entendu plusieurs fois lors des allocutions inaugurales de la Machinerie, le mardi 7 septembre. L’emplacement peut l’expliquer : la Machinerie occupe une surface réhabilitée de 400 m², au rez-de-chaussée de l'étonnant parking-silo arlequin, dans le quartier Villeneuve. Autre particularité du lieu : la variété et l'originalité des services proposés, répartis en trois pièces. À droite en rentrant, il y a la recyclerie le Pêle-mêle, temple de la récupération, de la seconde main et de la débrouille. Aziz Sall, l’animateur, transforme et customise tout ce que vous lui apportez, vieux tissus et vêtements principalement. Des ateliers de couture et d’upcycling sont aussi organisés chaque semaine. À gauche, autre salle, autre ambiance avec le Fablab. Des machines high-tech sont mises au service des adhérents : brodeuse numérique, imprimante 3D, découpeuse vinyle et laser, postes informatiques, presse à chauffer… « Nous voulons permettre à tout un chacun de fabriquer ses objets du quotidien et de répondre à ses besoins. L’idée n’est pas de faire à

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Festival Respire : « La sobriété sans contrainte »

Ecologie | On dit que l’union fait la force. Après une première édition en 2019, le festival Respire de la Maison de la nature et de l’environnement de l’Isère (MNEI) (...)

Hugo Verit | Mardi 21 septembre 2021

Festival Respire : « La sobriété sans contrainte »

On dit que l’union fait la force. Après une première édition en 2019, le festival Respire de la Maison de la nature et de l’environnement de l’Isère (MNEI) s’associe cette année au Village des alternatives de l’association Alternatiba, afin d’organiser un événement commun de sensibilisation aux solutions pour plus de sobriété écologique. Plus de 70 associations seront présentes dans le Parc Paul-Mistral, réparties en huit quartiers thématiques (énergie, biodiversité, mobilité, finances solidaires, etc.), pour informer le grand public, et le rassurer aussi : « Il s’agit de montrer aux gens que l’on peut vivre sobrement et sans contrainte, que des alternatives simples existent. Le constat que l’on dresse, c’est qu’il ne suffit pas d’être informé pour changer, il faut aussi être accompagné dans le changement qui peut faire peur », affirment Anne-Lise Naizot, directrice de la MNEI et Justine Solier, membre du collectif Citoyens pour le climat. Sur place donc, des assos comme l’Alec (Agence locale pour l’énergie et le climat) qui montrera comment faire des économies d’énergies chez soi ou encore le Repair café où l’on apprend à réparer toutes sortes d’obj

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Un dimanche à Babel

Festival | Deux occasions encore de bruncher en musique avec Détours de Babel, dimanche 26 septembre et dimanche 3 octobre au Musée Dauphinois, toute la journée à (...)

Valentine Autruffe | Mardi 21 septembre 2021

Un dimanche à Babel

Deux occasions encore de bruncher en musique avec Détours de Babel, dimanche 26 septembre et dimanche 3 octobre au Musée Dauphinois, toute la journée à compter de 10 heures. Cette formule est devenue « un moment précieux très apprécié par le public », se félicite Benoît Thiebergien, directeur du festival. Des capsules live, échantillons de la riche programmation, s’enchaînent et permettent au public de picorer ce qui lui plaît. Nous (on l’a déjà dit), on aime particulièrement Call to Prayer, à entendre le 26 septembre, ainsi que la voix de Climène Zarkan avec Sarāb. Quant au 3 octobre, on se laissera volontiers emmener en voyage amoureux – hâl – par le franco-iranien Keyvan Chemirani, et emporter par le violon-voix d’Anzhela Simonyan. Idéal pour une première rencontre avec le monde de Détours de Babel, le brunch est accessible sur tarif au choix de 3€ à 20€.

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Marion Cotillard - Flore Vasseur : « On arrive à un point où on engage le processus vital »

Documentaire | Produit par Marion Cotillard, réalisé par Flore Vasseur, Bigger Than Us empile les témoignages de jeunes adultes porteurs d’initiatives citoyennes et/ou environnementales partout sur le globe. Un documentaire un peu trop lisse qui cependant donne l’occasion de s’emparer d’un sujet hélas brûlant : l’urgence d’agir. Rencontre.

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

Marion Cotillard - Flore Vasseur : « On arrive à un point où on engage le processus vital »

Le titre de votre documentaire est porteur d’une intéressante ambivalence : Bigger than us évoque à la fois la dimension tétanisante d’une entreprise dont l’immensité peut (ou doit) justement dynamiser, galvaniser le spectateur… Flore Vasseur : C’est relativement assumé. D’habitude, j’ai toujours du mal à trouver les titres, et plutôt à la fin. Là, il nous est tombé dessus avant même le début. Je tournais autour des concepts de bigger than life — ces personnages souvent américains comme Martin Luther King, qui font des choses plus grandes que la vie. J’avais envie de parler du nous, pas d’être dans une dimension individualiste. C’était important aujourd’hui de montrer qu’on est “un seul”. Le titre est sorti, et je suis arrivé assez timidement devant Marion et Denis Carot [le coproducteur du film] et on a tout de suite cliqué en assumant le fait que ça voulait dire plein de choses différentes. C’est la magie d’un bon, d’un vrai titre, pour moi. Et vous avez raison, le premier entendement, est que l’on est dans un constat d’impuissance face à des choses bien plus grandes que

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Cycle et ateliers ciné : à l’école du regard

Ateliers | En cette période fleurant bon le cartable neuf et le protège-cahier frais, il est une rentrée que l’on attend avec plus de hâte que les autres : celles du (...)

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

Cycle et ateliers ciné : à l’école du regard

En cette période fleurant bon le cartable neuf et le protège-cahier frais, il est une rentrée que l’on attend avec plus de hâte que les autres : celles du cinéma le matin et des cours de cinéma prodigués au Méliès respectivement par Laurent Huyart (un mercredi par mois à 9h) et Jean Serroy (un jeudi par mois à 20h). Dès le mercredi 29 septembre à 9h, on reprend donc les saines habitudes : un cycle de 5 films fonctionnant par paires — le premier étant la comédie fantastique et sentimentale de Mankiewicz, L’aventure de Mme Muir (1949), avec certes Rex Harrison, mais surtout Gene Tierney. Suivront notamment dans l’année Les Amants du Capricorne (1949) d’Hitchcock ou Les Gens de la pluie (1969) de Coppola, assez rares sur grand écran. Côté séances vespérales, on attaque un voyage rétrospectif en dix étapes sur les années 2000 — comprenez, sur le début du XXIe siècle. Première escale le jeudi 30 septembre dans l’univers de Pedro Almodóvar avec Parle avec elle (2002), pur mélo et cert

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Les films de la quinzaine : La Voix d'Aïda, La Traversée, Tout s'est bien passé...

Théma | Pile, la vie qui continue, l’espoir… Face, le néant. Entre les deux, l’exil, la maladie ou le combat, pour abolir le désastre ou précipiter la fin. Refuser de basculer de l’autre côté ou y courir, telle est la question…

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

Les films de la quinzaine : La Voix d'Aïda, La Traversée, Tout s'est bien passé...

Sur le fil, jusqu’au bout : au printemps dernier, La Voix d'Aïda de Jasmila Žbanić (22/09) aurait pu valoir à la Bosnie-Herzégovine son deuxième Oscar du film international. Voire aurait dû pour sa prescience. Car s’il évoque le passé — en se déroulant durant la chute de Srebrenica en 1995, quand l’ONU laisse la ville aux mains de Mladic —, il trouve un stupéfiant écho dramatique avec l’actualité afghane. On y suit la course folle d’Aïda, interprète pour les Casques Bleus, tentant d’exfiltrer son mari et ses fils alors que la milice se rapproche. Ce film glace les sangs par son tragique (et hélas historique) suspense, transmettant l’étouffement progressif saisissant Aïda. Respectueux des victimes, il rappelle la réalité des épurations ethniques comme la fragilité de la paix. Sur une thématique voisine mais dans un traitement fort différent, La Traversée de Florence Miailhe (29/09) relate sous forme de conte atempore

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Rentrée littéraire : les dents et on lit !

Livres | Embouteillage de nouveautés sur les étagères des librairies. Comme chaque mois de septembre, 500 à 600 livres sont publiés plus ou moins simultanément. On est allés au Square pour obtenir les bons conseils du libraire.

Valentine Autruffe | Mardi 21 septembre 2021

Rentrée littéraire : les dents et on lit !

Chaque année, on se demande lesquels choisir dans ce foisonnement de bouquins. On lit des articles, on épluche les sélections des prix littéraires… Mais rien ne vaut le conseil du libraire du quartier. « C’est assez magique que la rentrée littéraire soit un événement en soi. Dans cet océan, la tâche du libraire, c’est de savoir retenir. Mais en réalité ce travail de défrichage, d’accompagnement, de promotion est permanent », introduit Nicolas Trigeassou, directeur de la librairie Le Square, qui comme les membres de son équipe a lu, au bas mot, une quarantaine de livres cet été. Un roman grenoblois d’abord Parmi eux plusieurs coups de cœur, à commencer par une œuvre grenobloise, L’invention de Louvette, premier roman de Gabriela Trujillo. « Un livre absolument foisonnant, pétillant, sur une femme qui renoue avec l’enfant qu’elle était, en Amérique centrale. » La Fille qu’on appelle, de Tanguy Viel, a également séduit Nicolas Trigeassou. Il raconte l’histoire d’un boxeur en fin de carrière, chauffeur d’un maire très ambitieux, qui tente d’aider sa fille à obtenir un logement social. « La force de ce livre, c’est qu’il é

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William Forsythe, le Ballet réanimé

Danse | Retour sur le plateau pour le Ballet de l’Opéra de Lyon qui reprend deux classiques (de Mats Ek et Keersmaeker) et fait entrer à son répertoire le déroutant et silencieux N.N.N.N. de William Forsythe.

Nadja Pobel | Mardi 21 septembre 2021

William Forsythe, le Ballet réanimé

L’Américano-allemand et maître du néo-classique William Forsythe renoue avec le quatuor qu’il avait porté à la perfection dans l’une de ses premières pièces, Steptext, en 1985. Dans N.N.N.N., créée en 2002, plus de Bach mais un silence absolu. Exit aussi la seule danseuse et place à quatre corps masculins pour un travail savant sur les bras qui se confondent, tournoient. Souvent ils sont ballants voire récalcitrants. Les interprètes tentent des figures proches de celles des arts martiaux mais ils paraissent désemparés avec ces deux membres qu’ils s’efforcent d’animer, comme s’ils attendaient qu’un marionnettiste les manient. C’est ensemble qu’ils existent vraiment et parviennent à les apprivoiser, jusqu’à la disparition en un clin d’œil de tout leur corps, comme une nuée d’oiseaux dont l’impact est renforcé par cette absence de musique. Seuls le souffle et les déplacements se font entendre. Le ballet de l’opéra de Lyon se pare ensuite d’œuvres qui lui sont très familières, à commencer par le Solo for two de Mats Ek sur la partition au piano extrêmement épurée d’Arvo Pärt. Caelyn Knight et Leoannis Pupo-Guillen l’ont parfaitement intégré et re

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Atlas des musiques du monde

Sono mondiale | Strange Days. Que voilà un titre d'album et de spectacle particulièrement à propos pour illustrer les jours étranges que la reprise progressive d'activité ne (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 21 septembre 2021

 Atlas des musiques du monde

Strange Days. Que voilà un titre d'album et de spectacle particulièrement à propos pour illustrer les jours étranges que la reprise progressive d'activité ne parvient pas tout à fait à effacer. Comme par une sorte de prémonition Natacha Atlas avait pourtant enregistré et publié son dernier album en date avec Samy Bishai avant que le grand blocage ne commence : en l'an de grâce 2019. Après un report l'an dernier la chanteuse anglo-égyptienne née en Belgique vient enfin le présenter sur la scène du Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival et ce n'est pas la moitié d'un événement. On a tendance à l'oublier mais Atlas est rien moins qu'une pionnière du genre qu'on appelait alors un peu abusivement "musiques du monde" et qui eut tôt fait de réunir en une vaste ratatouille musicale tout ce qui en la matière n'émanait pas du monde occidental. De sa première expérience avec le groupe Transglobal Underground à ses expériences solo, la chanteuse à la voix unique est parvenue à noyauter aussi bien les milieux branchés (elle

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Émilie Chaumet, l'art au bout du fil

Cousu main | Émilie Chaumet investit le champ de la création contemporaine avec un travail qui revivifie la technique traditionnelle de broderie. Ça se passe au Vog à Fontaine pour le plus grand bonheur de ceux d’entre-vous qui auront la bonne idée d’aller y faire un tour.

Benjamin Bardinet | Mardi 21 septembre 2021

Émilie Chaumet, l'art au bout du fil

Territoire vu du ciel, profil de visage, élément végétal, texture minérale… ? Face aux compositions d’Émilie Chaumet, notre regard (qui a la fâcheuse manie de toujours vouloir reconnaître les formes qui se présentent à lui) peut longtemps s’interroger. L’artiste, en effet, joue à entretenir un trouble perceptif en créant des figures dont on ne sait si elles renvoient à l’infiniment près ou à l’infiniment lointain – ceci d’autant plus que le format circulaire des œuvres évoque autant la vision au travers d’une longue vue que celle que permet un microscope. Mais si elle adopte ce format arrondi c’est aussi tout simplement qu’il s’agit de celui des tambours à broder sur lesquels elle travaille pendant de longues heures. Des ouvrages de broderie précis et minutieux dans lequel elle réinvestit certaines explorations graphiques dont elle présente une série sur un mur de l’exposition. « La réalisation de ces dessins est le moment le plus intime de ma création. Il n’y a aucune réflexion, je laisse aller » confie-t-elle à leur propos. À notre tour de laisser aller notre regard au fil du trait de son crayon. Textiles épidermiques L’ensemble de l’œuvre d’Emil

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Sin Eden Sublime : « Moi, je voulais être la Cathy Guetta du cul ! »

Podcast | Fetish, kink et toutes autres pratiques sexuelles alternatives : tels sont les sujets de prédilection de Sin Eden, podcasteuse lyonnaise qui comptabilise depuis juillet 2020 des milliers d’écoutes sur les plateformes. Rencontre.

Louise Grossen | Mercredi 8 septembre 2021

Sin Eden Sublime : « Moi, je voulais être la Cathy Guetta du cul ! »

Le BDSM, l’écriture érotique, le tantra, les TDS, (travailleuses du sexe), les bébés adultes ou simplement les questions de genre… Autant de sujets traités dans le podcast de Sin Eden (alias Morgane), à travers des épisodes de 30 minutes, comme « une invitation à la suivre dans son voyage autour de la sexualité. » Un espace sans tabou, où elle libère la parole sous forme d’échange, de témoignage et de narration. Sexothérapeute de formation, Morgane l'affirme : « depuis que je suis ado, j’ai toujours voulu travailler dans le domaine des sexualités. Je ne savais pas ce que ça voulait dire mais c’était déjà une véritable obsession, au regret ma mère ! J’étais très provoc' à l’école. À l’époque, la sexualité n’était pas aussi libérée que maintenant… Ça m’a causé bien des problèmes, mais ça ne m’a pas arrêté, je voulais comprendre. » Connaître et explorer des sujets sur tous les genres, toutes les orientations, les formes et les pratiques sexuelles afin de mettre en lumière l’ensemble des manières possibles de vivre et d’

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Saint-Martin-d'Hères : Mon Ciné se refait une beauté

ECRANS | Réouverture le 8 septembre de Mon Ciné à Saint-Martin-d’Hères, après un été rythmé par les travaux : nouvel écran, rafraîchissement des peintures, rénovation des sols, (...)

Valentine Autruffe | Mardi 7 septembre 2021

Saint-Martin-d'Hères : Mon Ciné se refait une beauté

Réouverture le 8 septembre de Mon Ciné à Saint-Martin-d’Hères, après un été rythmé par les travaux : nouvel écran, rafraîchissement des peintures, rénovation des sols, de quoi accueillir le public dans des conditions optimales. Gageons qu’il viendra en nombre pour la soirée spéciale programmée par la salle le 16 septembre, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Delphine et Carole, insoumuses, un documentaire sur la rencontre entre la comédienne Delphine Seyrig et la vidéaste Carole Roussopoulos, sera projeté. Leur engagement teinté d’un humour insolent, sur fond de féminisme seventies, est retracé avec affection par la réalisatrice Callisto Mc Nulty, la petite-fille de Carole Roussopoulos.

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Scènes obliques : en route vers l'Espace interculturel de la montagne

ESCAPADES | Vendredi 17 et samedi 18 septembre, l'association Scènes obliques, à qui l'on doit chaque été l'exigeant festival L'Arpenteur, proposera dans le Grésivaudan la deuxième édition de ses Rendez-vous au manoir, préfiguration d'un futur et intrigant Espace culturel international de la montagne.

Aurélien Martinez | Mardi 7 septembre 2021

Scènes obliques : en route vers l'Espace interculturel de la montagne

De la musique (des Balkans, avec Stracho Temelkovski), des projections (de courts-métrages documentaires par Tomas Bozzato avec un groupe d'élèves du collège Belledonne) ou encore d'autres propositions assez atypiques (comme une pièce radiophonique immersive de Jean-Manuel Warnet sur une expédition au Groenland) : avec la deuxième édition de ses Rendez-vous au manoir, l'équipe de l'association Scènes obliques continue le travail qu'elle mène à l'année dans le Grésivaudan, notamment avec son festival L'Arpenteur. Tout en annonçant la suite, ambitieuse. « Avec ces Rendez-vous, on essaie déjà d’esquisser ce que sera l'Espace culturel international de la montagne (ECIM) sur lequel on travaille depuis trois ans, avec l'idée d'en faire un centre culturel de rencontre, du nom de ce label d'État su

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La Belle Braderie, une première signée Les Mondaines

Conso | Rendez-vous dimanche 19 septembre dans le centre-ville de Grenoble pour une braderie orientée artisanat local, des ateliers DIY et 10 heures de musique live.

Valentine Autruffe | Mardi 7 septembre 2021

La Belle Braderie, une première signée Les Mondaines

Un événement commercial Label Ville, "pimpé" par Les Mondaines : dimanche 19 septembre l’hyper-centre de Grenoble (rues de Bonne, de Sault, Millet et de la Poste) accueille la première édition de La Belle Braderie. « On a sourcé une trentaine de créateurs locaux, mixés avec les plus belles boutiques de Grenoble », résume Noemi Martinelli, co-fondatrice des Mondaines. En faisant appel à ces dernières, l’idée d’Emmanuel Lenoir, président de Label Ville (le groupement des unions commerciales de Grenoble), était de donner un coup de jeune à la traditionnelle braderie de rentrée, afin qu’elle soit davantage qu’un étalage des stocks des boutiques. « C’est une façon de militer pour une consommation locale, avec des artisans qui se sont engagés pour prop

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Mathieu Amalric : « Notre génération a fait beaucoup de progrès avec l’émotion »

Entretien | Une femme feint de quitter son mari et ses enfants ; en réalité, ceux-ci ont disparu dans une avalanche et elle préfère leur inventer une vie à part de la sienne. Tel est l’argument du nouveau film réalisé par Mathieu Amalric, kaléidoscope mental et fascinant, où chaque détail compte. Propos rapportés d’une conversation fleuve…

Vincent Raymond | Mercredi 8 septembre 2021

Mathieu Amalric : « Notre génération a fait beaucoup de progrès avec l’émotion »

Le son de votre film débute non par la Norma de Bellini du distributeur Gaumont, ni les jingles des autres coproducteurs Canal+ et Arte, mais par la musique que vous avez choisie pour votre générique. Est-ce vous qui l’avez imposé ? Mathieu Amalric : Oui oui ! Ils ont eu cette gentillesse. Ça n’a pas été un débat ni un conflit à la force du poignet. Franchement, il ne fallait pas d’autre musique, quoi ! Parfois, quand on est spectateur, il y a des logos tellement sophistiqués qu’on pense que c’est le début et… ah non ! En fait, on ne sait plus quand les films commencent. Là, ça commence par la musique jouée par Marcelle Meyer, la même pianiste qu’au générique final. Comment Je reviens de loin, la pièce que vous adaptez ici, vous est-elle parvenue ? Grâce à un ami, acteur et metteur, Laurent Ziserman. On se connaît depuis toujours : il avait joué dans mon premier court métrage, Sans rires. C’est lui qui va monter aux Célestins l’année prochaine l’adaptation de

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Champiloop agréée entreprise solidaire

Entreprise | Champiloop, champignonnière urbaine fondée en 2020, a été reconnue le 1er septembre Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS). Cet agrément permet aux (...)

Jérémy Tronc | Mardi 7 septembre 2021

Champiloop agréée entreprise solidaire

Champiloop, champignonnière urbaine fondée en 2020, a été reconnue le 1er septembre Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS). Cet agrément permet aux entreprises commerciales qui respectent des critères stricts d’être considérées comme structure de l’Économe sociale et solidaire, au même titre que les structures historiques (coopératives, association, fondations, mutuelles). « L’agrément vient ancrer la recherche d’une utilité sociale dans nos statuts », expliquent Hamid Sailani et Maxime Boniface, les deux fondateurs, qui pourront bénéficier d’aides et de financements spécifiques. Champiloop produit des pleurotes et shiitakés en économie circulaire, vendus en circuits-courts sur l’agglomération grenobloise. www.champiloop.com

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Journées du patrimoine : l'industrie c'est sexy !

CONNAITRE | Pas facile de faire son marché dans le riche programme des Journées européennes du patrimoine (les 18 et 19 septembre). De notre côté, nous avons sélectionné cinq lieux en suivant un fil rouge : le patrimoine industriel. Pas sexy ? Ben si, la preuve par cinq.

Jérémy Tronc | Mardi 7 septembre 2021

Journées du patrimoine : l'industrie c'est sexy !

Centrale hydroélectrique troglodyte de Loury « Quelle idée de construire une centrale hydroélectrique dans un tel endroit ! » Voilà le genre de réflexion que l’on est amené à se faire à l’approche du site, pourvu d’un baudrier, d’un casque et d’une longe. Équipement obligatoire pour accéder à la centrale creusée dans la falaise, juste à côté d’une gorge d’où sourd le ruisseau de Laval, dans le massif de Belledonne. Il s’agit de la première centrale troglodyte de France, inaugurée en 1907 et qui a fonctionné jusqu'en 2015, à l'initiative de Maurice Bergès. Derrière l’immense vitrail qui domine le cours d’eau et qui ferme la grotte, il reste des témoins de cette industrie qui a démocratisé l’usage de l’électricité dans la région : conduite forcée, turbines et alternateurs. Une découverte incongrue ici ! Histo bus Dauphinois L’histoire des transports en commun de Grenoble et de l’Isère n’est a priori guère susceptible de vous passionner ? Vous allez changer d’avis dès lors que vous pénétrerez dans l’espace

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Olivia Moore : moi, moi, mon toit

Humour | Mère indigne, maintenant Égoïste : l'humoriste Olivia Moore (qui, pour la petite histoire, vient du monde de l’entreprise mais a tout envoyé balader il (...)

Aurélien Martinez | Mardi 7 septembre 2021

Olivia Moore : moi, moi, mon toit

Mère indigne, maintenant Égoïste : l'humoriste Olivia Moore (qui, pour la petite histoire, vient du monde de l’entreprise mais a tout envoyé balader il y a une dizaine d'années pour tenter l'aventure de la scène) aime les titres de spectacle qui ne la mettent pas en valeur. Ce qui, paradoxalement, lui donne de la valeur dans le vaste paysage de l'humour ! « Tout le monde cherche le Grand Amour. Je l’ai trouvé, c’est moi » raconte-t-elle dans Égoïste, seule-en-scène certes conventionnel dans son sujet (en gros, la vie quotidienne et tous ses aléas qui peuvent prêter à rire – les rencontres amoureuses, la famille, le rapport à notre physique...), mais qu'elle aborde avec un sens de l'écriture (il y a plein de remarques bien senties) et un sens du rythme (on ne s'ennuie pas) efficaces et appréciables. Notamment lorsqu'elle, mère célibataire, évoque son retour sur le marché de la drague (marché qui a bien changé) ou lorsqu'elle n'arrive pas à être aussi bienveillante que la société le demande. Dur boulot que de ne pas être égoïste !

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"Boîte noire" : crime en bande réorganisée

ECRANS | Un analyste opiniâtre du BEA, ayant découvert que les enregistrements d’un crash aérien ont été truqués, se trouve confronté à l’hostilité générale… Yann Gozlan creuse le sillon du thriller politique, lorgnant ici le versant techno-paranoïde et transposant l’esprit du ciné US des années 1970 aux problématiques contemporaines. Brillamment réalisé.

Vincent Raymond | Mardi 7 septembre 2021

Après le crash du vol Dubaï-Paris, un jeune analyste prodige détecte que les pistes sonores des boîtes noires ont été trafiquées. Au fur et à mesure d’une enquête qui l’isole de plus en plus et mine son couple, il réalise la compromission de responsables industriels et politiques. Et que sa propre vie paraît, elle aussi, en danger… Toute incursion dans le thriller politique — jadis domaine régalien du cinéma américain, un peu en déshérence depuis une vingtaine d’années — est la bienvenue. À condition évidemment qu’il y ait à la fois un enjeu politique cohérent et un traitement suffisamment rythmé pour répondre aux exigences de ce registre : les barbouzeries et collusions entre officines para-gouvernementales avaient ainsi permis à Coppola (Conversation secrète), Pollack (Les Trois jours du Condor), Pakula (The Parallax View) ou De Palma (Blow Out) de placer haut la barre au Milan des années 1970, avant que le genre ne s’hybride définitivement avec des problématiques technologiques depuis Clancy, Crichton et consorts, signant l’avènement inéluctable du monde globalisé et multipolai

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En septembre, c'est arts de rue avec l'excellent festival "Merci, Bonsoir !"

Arts de rue | Annulé l'an dernier du fait de la crise sanitaire, Merci, Bonsoir !, excellent festival dédié aux arts de rue, revient mi-septembre à Grenoble, au Parc Bachelard, pour une sixième édition. Avec notamment un spectacle clownesque complètement barré signé par l'un des cultissimes Chiche Capon.

Aurélien Martinez | Mardi 7 septembre 2021

En septembre, c'est arts de rue avec l'excellent festival

Au Petit Bulletin, on a quelques marottes. En spectacle vivant, les Chiche Capon, qui se définissent comme des « clowns sous acide imbattables dans la crétinerie flamboyantes », en font partie. Avec eux, sur scène, c'est un déferlement a priori anarchique (ça glousse, ça crie, ça chante, ça tape ses congénères – voire même le public) pourtant savamment construit par le quatuor : on adore ! Ensemble, tout devient possible comme disait un président de droite. Mais un par un également. Car depuis quelques années, les Chiche Capon évoluent parallèlement en solo, en conservant l'âme punk qui les habite collectivement. Quand on a épluché la programmation de la prochaine édition du festival Merci, Bonsoir !, on a donc été ravis de voir le nom de Patrick de Valette et de son fameux spectacle Hobobo (photo).

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Le Café Suzon tombe à pique

Miam | Un midi dans les rues de Championnet à Grenoble. On cherche une terrasse sympa et, si possible, nouvelle. On atterrit presque par hasard devant le (...)

Aurélien Martinez | Mardi 7 septembre 2021

Le Café Suzon tombe à pique

Un midi dans les rues de Championnet à Grenoble. On cherche une terrasse sympa et, si possible, nouvelle. On atterrit presque par hasard devant le restaurant culte du quartier, L'As de Pique. Sauf que le lieu a changé de patron l'an passé et s'appelle dorénavant le Café Suzon. La déco aussi a changé. Fini les couleurs sombres, place au bois et au vert, dans une ambiance très douce. On s'installe en terrasse, intrigués par le menu affiché : deux plats (dont un végétarien), une entrée et un dessert (il y en aura deux de chaque à terme), l'ensemble pour 23 euros (19 pour un plat et l'entrée ou le dessert ; 14 pour le plat seul). Excellente surprise : tout ce qu'on nous sert est finement cuisiné, notamment les aubergines à la parmigiana qui n'ont rien à envier à celles que pourrait concocter un bon resto italien. Le far aux pruneaux est également un délice de légèreté. On revient donc le lendemain histoire d'en savoir plus. On retrouve notre serveuse Catherine Campillo, qui est également en cuisine (en attendant d'embaucher pour ce poste crucial). Surtout, c'est elle la patronne. Elle n

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Play it again, réunion de classiques

Festival | Prenez un fauteuil pour faire un saut dans le passé : vous allez voir ce que vous allez voir, voire revoir autrement ce que vous avez déjà vu…

Vincent Raymond | Mardi 7 septembre 2021

Play it again, réunion de classiques

« Du passé, faisons salles combles ! » : telle pourrait être la devise de Play it again ! Se déroulant dans les cinémas français membres de l’ADRC (Agence nationale pour le développement du cinéma en régions), ce festival met chaque année à l’honneur des œuvres du patrimoine fraîchement restaurées afin de leur redonner pleine et entière existence sur grand écran. En cette période post-confinement qui a vu la consommation de films classiques augmenter sur les plateformes, une telle manifestation peut contribuer à ranimer l’appétit et la curiosité de découvrir des “nouveautés anciennes” là où elles s’épanouissent le mieux : dans les salles. Brillant par son éclectisme, le millésime 2021 compte une vingtaines de titres, dont des programmes de courts et même l’avant-première du nouveau Thoret, Michael Cimino, un mirage américain. Impossible toutefois de déguster l’ensemble du programme — les cinémas piochent dans les sélections mises à disposition — ; il y a toutefois de quoi se régaler malgré tout avec les assortiments concoctés par les écrans grenoblois. Le Club et le Méliès, comme à

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Les films à voir (ou non) dans la quinzaine

Théma | L’amour donne du cœur au ventre, fait parfois partir sur un coup de tête, et peut convoquer bien d’autres mécaniques corporelles. Comme pas mal de films de la quinzaine. Attention : on ne prend pas toujours son pied…

Vincent Raymond | Mardi 7 septembre 2021

Les films à voir (ou non) dans la quinzaine

Commençons bien évidemment cet inventaire par la tête. Celle qui fait défaut et se vide sous les assauts de la maladie dans Supernova de Harry Macqueen (08/09). On y suit le road trip d’un couple d’amants sur les traces de leur histoire, initié par le premier (Stanley Tucci en écrivain atteint de démence sénile) sous le prétexte que le second (Colin Firth en pianiste) aille donner un récital. Derrière la balade romantique se profile l’inéluctable question de la maladie, du déclin et du libre choix de sa mort — bientôt évoquée dans le Ozon —, toutes traitées avec élégance et pudeur. Un film parfait pour des débats. Plus léger est Les Amours d’Anaïs (photo) de Charline Bourgeois-Tacquet, inégale comédie sentimentale cousue main pour Anaïs Demoustier sur une tête folle irrésolue, charmeuse et agaçante, hésitant entre deux hommes, une femme, sa thèse… C’est très Nouvelle Vague dans la forme et l’esprit — certes, avec parfois de grosses ficelles bien prévisibles — mais empli d’une légèreté solaire et sensuelle ainsi que de quelques (trop rares) éclats burlesques évoquant un mixte

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Cuvée grenobloise : l'appel est ouvert !

Scène locale | Comme à chaque rentrée, on vous signale l’appel à participation de la Cuvée grenobloise, ce dispositif de soutien à la scène locale qu’on ne présente plus. (...)

Hugo Verit | Mardi 7 septembre 2021

Cuvée grenobloise : l'appel est ouvert !

Comme à chaque rentrée, on vous signale l’appel à participation de la Cuvée grenobloise, ce dispositif de soutien à la scène locale qu’on ne présente plus. Si ? Vraiment, vous ne connaissez pas ? Bon d’accord… Toujours portée par l’association Retour de Scène, la Cuvée a pour objectif de valoriser des artistes locaux « à travers la diffusion, la formation, la programmation et la mise en réseau ». En résumé, les lauréats ont l’occasion de rencontrer du beau monde et, surtout, de jouer sur de jolies scènes du territoire (Magic Bus, Cabaret Frappé…). Attention, ne postulez pas si : votre expérience scénique se limite à un tour de chant devant papa, maman et tonton ; votre truc, c’est les reprises ; vous êtes déjà pas loin de la gloire ; vous n’êtes pas isérois. Rien de tout cela ? Alors la Cuvée vous tend les bras… tout du moins jusqu’au 19 septembre, date limite d’envoi des candidatures.

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Détours de Babel : "Entre musique savante et populaire, nous n’avons pas choisi notre camp"

Festival | Selon la Genèse, alors que les hommes s’affairaient à bâtir une tour si grande qu’elle devait toucher le ciel, Dieu décida de semer la confusion en dispersant chez eux des langages différents. "Détours de Babel" s’emploie à démontrer que grâce à l’universalité de la musique, la communication entre les peuples demeure. N’en déplaise au Tout-Puissant.

Valentine Autruffe | Mardi 7 septembre 2021

Détours de Babel :

« On est en train de faire des visas pour trois artistes qui viennent de Sibérie, la Russie vient de passer en zone rouge… » Dans les bureaux du CIMN (Centre International des Musiques Nomades), rue Bayard, on jongle avec les contraintes sanitaires internationales mouvantes, ce qui oblige à adapter au jour le jour le programme des Détours de Babel. Mais l’essentiel est là, avec plus de 170 artistes invités, et une centaine de rendez-vous dans quarante lieux de Grenoble et de l’Isère. « On ne voulait pas passer deux années sans moment festivalier », tranche Benoît Thiebergien, directeur du CIMN, la structure qui porte le festival. Peur du passe En 2020, l’annulation est tombée une semaine avant le jour J. « On y a laissé des plumes, certes ; mais on peut dire ce qu’on veut, depuis le début de la crise l’Etat a soutenu l’économie, et a mis en place des dispositifs particuliers pour le monde de la culture. Outre le chômage partiel, nous avons notamment bénéficié d’une aide conséquente du Centre national de la musique. » Et surtout, le CIMN a maintenu son activité, avec des concert

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Championnet fait son marché

Artisanat | Tourneurs sur bois, bijoutiers, potiers, couturiers, ébénistes, céramistes… Une fois de plus, un large panel de métiers sera représenté lors de la 13e édition du (...)

Hugo Verit | Mardi 7 septembre 2021

Championnet fait son marché

Tourneurs sur bois, bijoutiers, potiers, couturiers, ébénistes, céramistes… Une fois de plus, un large panel de métiers sera représenté lors de la 13e édition du Marché de créateurs de Grenoble, quartier Championnet. L’objectif : offrir une visibilité non négligeable aux artisans de la région et faire (re)découvrir au grand public le travail de la main. Au total, plus d’une cinquantaine de créateurs investiront les rues Lakanal, Bergers ou Aubert-Dubayet. « On a reçu beaucoup de candidatures suite à notre appel à participation. On a choisi sur plusieurs critères, notamment celui de la qualité des créations. On cherche aussi à mettre en avant l’originalité afin de surprendre les publics, à dénicher ce qu’on ne voit pas souvent sur les marchés, les matières ou les techniques inhabituelles, comme les bijoux en papier », explique Anne-Sophie Savoye, de l’association C’est fait ici qui a repris l’organisation de la manifestation il y a deux ans. Exceptionnellement reporté au mois de septembre depuis le début de la crise sanitaire, le marché des créateurs devrait re

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Helena Hauff, la belle rentrée de The DARE Night

Electro | Electro / C'est la jolie surprise de la rentrée. On doit la venue à l’Ampérage de la DJ et productrice Helena Hauff au collectif The DARE Night, qui ouvre (...)

Valentine Autruffe | Mardi 7 septembre 2021

Helena Hauff, la belle rentrée de The DARE Night

Electro / C'est la jolie surprise de la rentrée. On doit la venue à l’Ampérage de la DJ et productrice Helena Hauff au collectif The DARE Night, qui ouvre sa saison de la plus belle des façons grâce à l’élite de l’électro allemande. Epurée, rêche et puissante, la techno d’Helena Hauff est d’une efficacité redoutable justement parce qu’elle n’est pas domestiquée. Depuis son second album Qualm sorti en 2018, Helena Hauff séduit les scènes internationales en live et enchaîne les EP et collaborations avec divers labels, comme le remarquable Futuros EP avec The Exaltics, trois titres sortis chez Solar One Music en février. Brut, sobre, imparable. Helena Hauff, dimanche 12 septembre à 21h30, à l’Ampérage

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Mario Prassinos, le peintre qui aimait les arbres

Peinture | L’artiste Mario Prassinos a fait de la figure de l’arbre un leitmotiv récurrent, dont l’exposition que lui consacre le musée Hébert nous dévoile les multiples variations. Un travail fascinant et un univers singulier.

Benjamin Bardinet | Mardi 7 septembre 2021

Mario Prassinos, le peintre qui aimait les arbres

Si Mario Prassinos porte un intérêt récurrent, limite obsessionnel, pour les arbres, c’est qu’ils lui permettent d’exprimer pleinement sa sensibilité. En effet, dans ses réalisations (peintures, gravures, mais également tapisseries – très en vogue dans les années 1960/70 !), Mario Prassinos semble davantage travailler à donner à voir ce qui structure ces éléments naturels que leur immédiate apparence visible. Le vent tout d’abord, qui façonne leur arborescence, tout particulièrement dans la série des cyprès qu’il peint lors de son séjour sur l’île grecque de Spetsai en 1958. Un ensemble saisissant qui lui donne l’occasion d’ébouriffer sa peinture et de travailler à d’énergiques envolées gestuelles que lui inspire le meltem – vent caractéristique de la mer Égée. Plus loin c’est un travail d’égouttage de la peinture sur une toile disposée au sol qui lui permet de créer d’hypnotiques frondaisons dans lesquelles le regard se perd à l’infini. Ainsi, oscillant entre des tableaux nerveux, à la limite de l’esquisse et des compositions foisonnantes de détails, Prassinos nous invite à observer les arbres pour mieux regarder l

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« Des forêts du Vercors aux usines de Lancey » : l'expo qui envoie du bois

ARTS | Illustrée de photographies d’époque, l’exposition "Des forêts du Vercors aux usines de Lancey" à la Maison Bergès revient sur l’exploitation du bois nécessaire à la fabrication de pâte à papier au début du siècle dernier. Instructif, amusant et en plein air !

Benjamin Bardinet | Mardi 7 septembre 2021

« Des forêts du Vercors aux usines de Lancey » : l'expo qui envoie du bois

En proposant de retracer le parcours du bois, de la coupe des arbres dans le Vercors à son exploitation sur le site industriel qu’Aristide Bergès a développé à Lancey, dans le Grésivaudan, l’exposition prend le parti de la pédagogie. Une quinzaine de panneaux disposés dans le jardin de la maison Bergès permet de saisir une à une les étapes nécessaires à l’acheminement de cette matière première, très prisée à la fin du XIXe siècle puisqu’elle permettait autant de se chauffer et se déplacer que de fabriquer du papier. Agrémentés de remarquables photographies issues des collections du musée, chaque panneau nous dévoile les moyens techniques et les astucieux dispositifs mis en œuvre par l’entreprise pour transporter ces billots de bois sur un territoire pour le moins accidenté. On voit ainsi une mini locomotive à vapeur aux allures de tracteur tirer un attelage de wagons-chariots sur la route des grands goulets, d’immenses téléphériques sylvestres dont les poteaux réalisés en bois seront à leur tour acheminés dans la vallée au terme de l’exploitation, ou encore les spartiates conditions de vie des bûcherons, souvent originaires d’Italie,

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Fabien Mauro : « La science-fiction japonaise est regardée avec distance »

Pop culture | Auteur d’un ouvrage somme consacré au cinéma de science-fiction japonais ("Kaiju, Envahisseurs & Apocalypse", aux Éditions Aardvark), Fabien Mauro sera l’un des invités de la première édition du Japan Alpes Festival, les 18 et 19 septembre à EVE. Rencontre.

Damien Grimbert | Mardi 7 septembre 2021

Fabien Mauro : « La science-fiction japonaise est regardée avec distance »

Quelles ont été tes premières portes d’entrée vers la pop culture japonaise ? Comme beaucoup de gens de ma génération, essentiellement via les jeux vidéo sur console et les séries d’animation japonaises qui passaient à la télévision. Mais également les séries de super sentai, ces équipes de super héros colorés. C’était ma première introduction à ce qu’on appelle le tokusatsu, c’est à dire des productions japonaises (films, séries…) à base d’effets spéciaux. Le tokusatsu rassemble toutes les techniques que l’on associe traditionnellement à l’imaginaire fictionnel japonais : le travail sur les effets optiques, les maquettes miniatures, les comédiens qui enfilent des costumes pour incarner des monstres ou des mecha.... Enfin, l’attente de la sortie du Godzilla de Roland Emmerich m’a amené à m’intéresser au Godzilla originel de 1954, qui venait de sortir en vidéo, ce qui m’a permis de découvrir tout l’univers du kaiju eiga, les films de monstres japonais. Je suis tombé littéralement amoureux de ce

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Apparat, épopée pop

Electro | Auteur d’une pop ciselée et élégante teintée de subtiles textures électroniques, le prodige allemand Apparat sera de passage mercredi 22 septembre à la Belle Electrique le temps d’un live qui s’annonce prometteur.

Damien Grimbert | Mardi 7 septembre 2021

Apparat, épopée pop

Figure emblématique de la scène électronique allemande depuis maintenant plus de deux décennies, Sascha Ring alias Apparat aura consacré une bonne partie de sa carrière à apprivoiser et faire sien un format auquel il était à l’origine totalement étranger : celui de la pop music. Après quelques années à écumer les clubs en tant que DJ techno, il sort ainsi en 2001 sur le label Shitkatapult qu’il dirige avec Marco Haas son premier album Multifunktionsebene, qui propose une IDM minimaliste peuplée de rythmiques brutes et de mélodies mélancoliques. Puis, au fil des années et des sorties d’albums, ses compositions vont s’étoffer progressivement d’instruments acoustiques, de chants et de collaborations avec d’autres musiciens comme Ellen Allien, au côté de laquelle il signe en 2006 un remarqué Orchestra of Bubbles sur Bpitch Control, le label de cette dernière. Un cap est passé, qui va encore s’affiner dans les années qui suivent au point qu’à la sortie de son album The Devil’s Walk sur Mute en 2011, les orchestrations pop, l’ambient et les inspirations shoegaze jouent déjà amplement à part égal

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Détours de Babel : un brunch musical pour prolonger l'été

Festival | Pour lancer en beauté sa 11e édition (décalée en septembre du fait de la crise sanitaire), le festival des Détours de Babel investira dimanche 5 septembre les différents espaces du Fort Barraux pour une journée entière de concerts réunissant des artistes venus d’Inde, du Japon, d’Éthiopie ou encore d’Algérie. Revue de détail.

Damien Grimbert | Mardi 24 août 2021

Détours de Babel : un brunch musical pour prolonger l'été

Tradition mise en place depuis maintenant de nombreuses années, le brunch musical des Détours de Babel est sans conteste l’un des moments les plus fédérateurs du festival, sa nature déambulatoire et sa multitude de propositions artistiques le rendant accessible à un vaste public réunissant aussi bien néophytes qu’amateurs chevronnés. Fidèle à l’esprit transculturel du festival, la programmation de ce dimanche 5 septembre orchestrera ainsi des rencontres atypiques entre jazz et musiques du monde, comme le projet Kutu du violoniste Théo Ceccaldi, parti à la découverte de la jeune scène éthiopienne d’Addis-Abeba, le trio franco-indien Milap, qui mêle flûte bansourî, percussions indiennes et accordéon ou encore l’hommage rendu par le pianiste Jérémie Ternoy et le vocaliste-percussionniste Kristof Hiriart au compositeur brésilien Hermeto Pascoal. Également à l’honneur, un vaste florilège allant des musiques improvisées (avec le solo du contrebassiste Claude Tchamitchian) aux arts de la scène (avec le spectacle

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Danser en plein air

Soirées | Trois soirées pour passer une fin août dansante.

Damien Grimbert | Mardi 24 août 2021

Danser en plein air

En attendant la rentrée et les multiples propositions musicales qui ne devraient pas manquer de l’accompagner, voici déjà trois belles opportunités de danser à ciel ouvert : ce samedi 28 août de 16h à 20h, l’association SPR / Shépurien propose un open air gratuit orienté groove, psytrance et psytechno sur le très beau site du Parc des berges de l’Isère, avenue de Valmy. Au line-up, Aim, Lou-K et Syndrom, et pour se restaurer et se rafraichir, un bar et un stand de crêpes. Autre option le même jour, si faire quelques kilomètres de plus ne vous effraie pas : la fameuse équipe des Dynamita’s Night organise une soirée Roller Disco de 18h à 21h30 à Crolles, sur le parking du gymnase Guy Bolès. Au programme, funk, disco, initiation au roller, concours de line dance, bar, petite restauration et surprises diverses. Entrée libre, débutants (et déguisements) bienvenus et prêt de patins à roulettes possible sur place. On termine enfin avec l’apéromix du mardi 31 août sur la terrasse de la Bobine, qui accueillera dès 18h les DJs du programme Sister Act (en photo) Ciao Cesco, JSP, Yagi Uda et Madelaine, dont on a

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Le Commun des Mortels, fab lab grenoblois de l’alimentation

Nouveau lieu | Bar, atelier de brassage et de transformation alimentaire, lieu de culture… Ouvert depuis cet été à Grenoble, Le Commun des Mortels devrait devenir une adresse originale et incontournable du quartier Chorier-Berriat dans les semaines qui viennent.

Hugo Verit | Mardi 24 août 2021

Le Commun des Mortels, fab lab grenoblois de l’alimentation

Benoît et Quentin ont de quoi sourire. Car ça y est : les deux associés de la microbrasserie artisanale grenobloise Maltobar, rejoints il y a quelque temps par Mathias, ont ouvert cet été ce qui sonne comme l’aboutissement d’un projet de longue date. Bien plus qu’un bar où coule à flots la bière locale, Le Commun des Mortels doit devenir un lieu consacré à l’autonomie alimentaire, un atelier partagé où les particuliers de tous horizons pourront venir fabriquer, pêle-mêle, des pâtes, du pain, de la crème glacée, des ravioles, de la confiture, du jus de fruit... « Dès juillet 2016, on proposait déjà des ateliers de fabrication de bière dans notre brasserie. Ça a bien fonctionné. Alors on a eu envie d’élargir ce principe à la nourriture afin de se réapproprier toute une partie de l’alimentation que l’on a plus entre nos mains. Pour cela, on va mettre à disposition un parc de matériel, sur le même principe qu’un fab lab, avec des outils professionnels très coûteux que l’on ne peut pas avoir chez soi, comme une machine à pâtes, un pétrin, une turbine à glace… On propose aux gens de venir se for

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Danse avec Patrick

ECRANS | Plaisir kitsch et régressif comme seules les années 1980 étaient capables d’en offrir, Dirty Dancing est la définition même du "feel-good movie" : un film (...)

Damien Grimbert | Mardi 24 août 2021

Danse avec Patrick

Plaisir kitsch et régressif comme seules les années 1980 étaient capables d’en offrir, Dirty Dancing est la définition même du "feel-good movie" : un film qui ne révolutionne certes pas l’histoire du cinéma mais n’en procure pas moins un moment de réconfort bienvenu au spectateur pas trop regardant sur les ficelles scénaristiques et la subtilité des dialogues. Soit une histoire d’amour "interdite" entre une jeune fille timide et un professeur de danse rebelle dans un camp de vacances américain des années 1960, qui accumule à peu près tous les clichés propres au genre. Projection en plein air gratuite vendredi 27 août à 21h dans la cour du Musée de la Résistance, dans le cadre de l’exposition temporaire Vous n’irez plus danser ! Les bals clandestins 1939-1945 (inscription obligatoire).

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"La Terre des hommes" : la ferme !

ECRANS | ★★★★☆ / Seule contre tous, une jeune agricultrice abusée et humiliée par ses "confrères" trouve la force de lutter pour le rétablissement de ses droits. Plus qu’un "me too" ou un "rape and revenge" en milieu rural, Naël Marandin signe un grand film universel admirablement photographié et porté par des comédiens investis.

Vincent Raymond | Mardi 24 août 2021

Un changement de génération se profile dans l’exploitation bourguignonne de Bernard : sa fille Constance s’apprête à reprendre l’élevage bovin avec son fiancé Bruno, en opérant une modernisation en accord avec les tendances du marché. L’entreprise étant en liquidation judiciaire, Constance compte sur le soutien de Sylvain, un ambitieux représentant agricole local. Mais celui-ci va profiter de son ascendant pour abuser d’elle. Rongée par la culpabilité du viol qu’elle a subi et craignant de fragiliser son projet, la jeune femme commence par se taire. Avant de déballer la vérité… et d’en subir les conséquences. Si l’affiche d’un film est une promesse, celle de La Terre des hommes hisse la barre fort haut, avec sa distribution de prestige et la beauté lumineuse (sans maniérisme esthétisant) de son visuel. Le film s’avère à l’avenant, dans une vision contemporaine du monde paysan — c’est-à-dire dépoussiérée des clichés de catalogue à la Jean Sagols —, traitant des problématiques concrètes de celles et ceux qui nourrissent le monde, sans pour autant se priver de le faire avec une élégance formelle ne trahissant pas le sujet. Pourquoi faudrait-il “m

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Avec "Negotium", le numérique se donne en spectacle

Événement | Après une première édition réussie en 2020, la soirée "Negotium", consacrée à l’art numérique dans le spectacle vivant, investit à nouveau le Marché d’intérêt national ce samedi 28 août avec, notamment, une tête d’affiche européenne de la discipline : Robert Henke.

Hugo Verit | Mardi 24 août 2021

Avec

Une nuit entière (huit heures de programmation !) dédiée à la création numérique dans le spectacle vivant, sous les voûtes alvéolées du gigantesque Marché d’intérêt national (MIN)… On ne va pas tergiverser : la soirée Negotium, organisée par l’insatiable collectif ARCAN (Association ressource pour la création artistique numérique) s’annonce comme l’un des événements les plus excitants de cette fin d’été. Mêlant le plus souvent musique et image – et quelques incursions théâtrales et chorégraphiques dans une moindre mesure –, cette seconde édition voit plus grand, plus fort, plus vertigineux que la première avec, notamment, la venue d’une star allemande de l’art numérique : un certain Robert Henke que l’équipe d’ARCAN n’a pas eu trop de mal à convaincre. « Dès qu’il a vu le lieu, son architecture, il l’a tout de suite intégré comme un terrain de jeu et a décidé d’adapter sa création. En fait, la programmation de Negotium, c’est aussi une grande part d’improvisation », se réjouit Jérôme Villeneuve, président de l’association. Pour tous les publics

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Cinémas : chronique d’un été

ACTUS | Bousculées durant l’été par de nouvelles mesures, les salles de cinéma se sont adaptées et ont fait mieux que résister dans un contexte difficile. Au bilan, une fréquentation en hausse, des gagnants et un moral retrouvé notamment à Lyon et Grenoble.

Vincent Raymond | Mardi 24 août 2021

Cinémas : chronique d’un été

Revenus du diable Vauvert et de sept mois (!) de fermeture, malgré l’arsenal de mesures déployées pour préserver la sécurité de ses clients-spectateurs, et surtout l’absence de foyer de contamination avéré constaté sur leurs sites, les exploitants cinématographiques ont vécu un ascenseur émotionnel depuis leur réouverture progressive le 19 mai dernier. Soumises à des jauges variables, au couvre-feu en vigueur dans leur territoire respectif jusqu’au 20 juin, à l’inexistence d’entente et de régulation entre distributeurs (et surtout, d’arbitrage par les tutelles) quant aux sorties, les salles ont ensuite vu avec effroi resurgir la concurrence de l’été — cette envie de sortir qui supplante celle de retrouver le grand écran. Et, pis que tout, la résurgence de la pandémie assortie du variant Delta avec un cortège de nouvelles restrictions. Au programme, un énième abaissement des jauges à 50 personnes et l’instauration du pass sanitaire pour la clientèle âgée de plus de 18 ans à compter du mercredi 21 juillet. « On est passé sous de nouvelles fourches caudines, soupire Bernard Wolmer, directeur d’exploitation des 6 Rex à Grenoble, il a bien fal

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L’artisanat haut la main avec l'Atelier Forma

GUIDE URBAIN | Zoom sur un nouveau concept store grenoblois.

Hugo Verit | Mardi 24 août 2021

L’artisanat haut la main avec l'Atelier Forma

Ce n’est pas un hasard si Lisa, Coline et Emma, fondatrices de l’Atelier Forma, se sont installées en plein cœur du quartier des antiquaires de Grenoble. Dans cette boutique cossue et lumineuse, on trouve en effet des pièces uniques de créateurs français, conçues à la main (tasses, vases, cadres, savon, textiles...) mais pas seulement. Ce concept store hybride renferme également un atelier de céramique, une cuisine ouverte (petite restauration végétarienne à prix raisonnable le midi) et un salon de thé afin de réunir en un même lieu les passions de chacune des trois jeunes femmes. Car ce projet est d’abord le fruit d’une amitié : « On s’est rencontrées à Ikea où l’on travaillait toutes les trois à l’époque sans vraiment trouver beaucoup de sens à ce que l’on faisait. À travers cette expérience professionnelle, on a commencé à se questionner sur la surconsommation et la surproduction et on s’est rendu compte qu’on avait des envies en commun. Notamment celle de mettre en avant le travail de la main et l’idée que l’on peut fabriquer les choses soi-même », raconte Lisa. Dès le mois de septembre, l’équipe de l’Atelier Forma poussera cett

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Stéphanie Nelson et Ina Thiam, regards croisés photographiques entre France et Sénégal

ARTS | Organisée à l’occasion des 20 ans de la coopération du Département de l’Isère avec le Sénégal oriental, l’exposition "Personne n’éclaire la nuit - La mémoire en miroir" propose une réflexion subtile sur les représentations et les stéréotypes grâce au travail des photographes Stéphanie Nelson et Ina Thiam.

Benjamin Bardinet | Mardi 24 août 2021

Stéphanie Nelson et Ina Thiam, regards croisés photographiques entre France et Sénégal

Initialement prévue en mai 2020, l’exposition actuellement présentée dans le magnifique cloître du Musée dauphinois est l’aboutissement d’une résidence croisée France/Sénégal dont la crise sanitaire a quelque peu chamboulé les modalités et le calendrier. Si la photographe iséroise Stéphanie Nelson a pu séjourner dans le département de Kédougou au Sénégal en janvier 2020, la Sénégalaise Ina Thiam a été contrainte de repartir dès son arrivée dans nos contrées au tout début du mois de mars de la même année. Du coup il lui a été proposé de faire elle aussi sa résidence à Kédougou – ce qui, pour une Dakaroise, est finalement assez dépaysant. Ina Thiam profita de ce temps de résidence pour réaliser des doubles portraits de jeunes femmes kédovines : le premier portrait "classique" est confronté à un second dans lequel ses sujets incarnent de façon volontairement théâtralisée des figures féminines qu’elles revendiquent comme modèles et dont une petite fiche nous explique le parcours. Sortir de sa zone de confort Ce sont également des diptyques photographiques dédiés à la jeunesse kédovine que propose Stéphanie Nelson. Le

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Estelle Charlier : "C'est dans les défauts que la marionnette prend vie"

ECRANS | Parmi la foule des collaborateurs de Leos Carax pour inventer "Annette", on peut notamment compter une compagnie de théâtre iséroise : La Pendue. Avec la complicité de son ami Romuald Collinet, Estelle Charlier est celle qui a donné un corps et un visage à la supposée petite fille prodige d'Ann (Marion Cotillard) et Henry (Adam Driver). Une marionnette qui n'est encore visible qu'au cinéma, mais qu'on peut aussi apprendre à connaître par les mots, grâce à sa créatrice...

Martin de Kerimel | Mercredi 21 juillet 2021

Estelle Charlier :

Comment avez-vous rencontré Leos Carax pour la première fois ? Estelle Charlier : Lui travaillait depuis un moment sur l'idée du personnage. Annette ne pouvait pas être une vraie petite fille et il ne souhaitait pas utiliser une image de synthèse ou un robot. Il tenait à utiliser un objet que les acteurs pourraient toucher et prendre dans leurs bras. Il s'est donc décidé pour une marionnette. En novembre 2016, j'ai été contactée : il cherchait plutôt des manipulateurs que des constructeurs, à cette époque, mais sans avoir encore choisi ce que serait le visage d’Annette. Il avait simplement les photos d’une enfant, qui m’ont beaucoup touchée. Je lui ai donc proposé de faire un essai de sculpture. C’est ainsi que nous avons commencé à travailler ensemble. Et ç’a été un travail au long cours… Un projet énorme : il y a plusieurs expressions du visage, plusieurs marionnettes, plusieurs âges et plusieurs types de manipulation. Mon complice, Romuald Collinet, a intégré l’équipe en janvier 2017. Le film aurait dû être tourné cette année-là, mais on a été interrompu après quatre mois. Finalement, le projet a

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