"Aladdin" : super calife agile !

ECRANS | De Guy Ritchie (ÉU, 2h09) avec Mena Massoud, Naomi Scott, Will Smith…

Vincent Raymond | Lundi 20 mai 2019

Photo : 2019 Disney Enterprises Inc. All Rights Reserved.


Se livrant à ses activités délictuelles dans la cité d'Agrabah, le jeune voleur Aladdin sauve la princesse Jasmine qu'il prend pour une servante et en tombe amoureux. Grâce aux pouvoirs d'une lampe magique (et de son génie), il deviendra prince et sauvera le royaume du félon vizir…

Même s'il se montre ici singulièrement calme (oubliez le surmontage rehaussé de ralentis et d'effets de variation de vitesse dont il est d'habitude si friand), le frénétique Guy Ritchie a d'emblée le mérite de remettre le minaret au centre du village en jouant la carte de la superproduction à l'ancienne, avec danseurs par milliers, éléphants et costumes chamarrés pour tout le monde. Bien sûr, il y a du numérique, mais il ne remplace pas les immenses plans d'ensemble où les chorégraphies prennent vie. Will Smith n'étonne guère dans la peau (bleue) du génie : sur le papier, il était évident qu'un showman de sa trempe glisserait aisément ses pieds dans les babouches de Robin Williams sans faillir ; quant à Mena Massoud et Naomi Scott, ils forment un joli couple bollywoodien, aussi athlétiques dans les vocalises qu'harmonieux dans les duos.

La vraie surprise provient de deux personnages plutôt insolites, dont la présence se révèle d'autant plus marquante que ce film (outre Smith, évidemment) ne compte aucune star. D'abord, Marwan Kenzari : déjà aperçu dans Le Crime de l'Orient-Express de Kenneth Branagh (2017), le comédien néerlandais propose un Jafar jeune (donc loin des clichés du méchant vieux barbon), sorte de double inversé d'Aladdin ayant placé son ambition dans la mauvaise direction. Doucereux et menaçant davantage que vociférant, il n'en est que plus inquiétant. Ensuite, le tapis volant : plus expressif que le singe domestique du héros, il est objectivement doté d'une âme et capable de nuances. De quoi être transporté…


Aladdin

De Guy Ritchie (2019, ÉU) avec Mena Massoud, Naomi Scott...

De Guy Ritchie (2019, ÉU) avec Mena Massoud, Naomi Scott...

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Quand un charmant garçon des rues du nom d’Aladdin cherche à conquérir le cœur de la belle, énigmatique et fougueuse princesse Jasmine, il fait appel au tout puissant Génie, le seul qui puisse lui permettre de réaliser trois vœux.


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Ang Lee : « Garder l’émotion en élargissant mon champ d’expérimentation »

ECRANS | Avec "Gemini Man", le plus polyvalent des cinéastes contemporains poursuit son insatiable exploration formelle et métaphysique avec un film d’action qui aurait beaucoup plu à Philip K. Dick. Rencontre.

Vincent Raymond | Mardi 1 octobre 2019

Ang Lee : « Garder l’émotion en élargissant mon champ d’expérimentation »

Pour mettre en scène Gemini Man dont le héros est un personnage existant simultanément à plusieurs âges de sa vie, vous êtes-vous reposé sur les différents réalisateurs que vous étiez par exemple à l’époque de Tigre et Dragon, Hulk, L’Odyssée de Pi et Un jour dans la vie de Billy Lynn ? Ang Lee : Pour chacun de mes films, je veux à la fois suivre un fil, conserver les meilleurs côtés de mes réalisations et explorer de nouvelles directions. Tigre et Dragon marquait mes débuts dans l’action. Alors que j’avais commencé dans le drame, je suis passé peu à peu à une dimension plus visuelle – ce que vous, les Français, appelez le "cinéma pur". À travers mes films j’essaie toujours de garder le même cœur, la même âme, la même émotion, tout en élargissant mon champ d’expérimentation. Mais quand vous dirigez un film d’action comme Gemini Man, avez-vous l’impression de faire le même métier que lorsque vous réalisez un film plus

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"Gemini Man" : Je est un autre moi-même

ECRANS | Un exécuteur d’État est traqué par son clone rajeuni de 25 ans. Entre paradoxe temporel à la Chris Marker et cauchemar paranoïde façon "Blade Runner", Ang Lee s’interroge sur l’essence de l’humanité et continue à repenser la forme cinématographique. De l’action cérébrale.

Vincent Raymond | Mardi 1 octobre 2019

Employé comme exécuteur par une officine gouvernementale, Henry Brogan (Will Smith) découvre qu’on cherche à l’éliminer ainsi que les membres de son équipe. Partant en cavale avec Danny Zakarweski (Mary Elizabeth Winstead), une équipière, il constate que le tueur à leurs basques est son portrait craché… plus jeune de 25 ans. Le coup de l’agent bien noté considéré tout à coup comme une cible à abattre par ses anciens partenaires doit figurer en haut du classement des arguments-types pour films d’espionnage. À peu près au même niveau que le recours à un jumeau maléfique dans les polars ! Même s’il est justement ici question d’un combo chasse à l’homme/clones, on aurait tort de sous-estimer l’influence et les apports de Ang Lee sur Gemini Man. Un authentique auteur (au sens défini par Truffaut dans son article Ali Baba et la "Politique des Auteurs") qui, lorsqu’il s’empare d’une intrigue connue pour avoir été mille fois illustrée à l’écran, est capable d’en offrir une approche nouvelle et, surtout, singulière. DePalma en incarne un autre exemple sur le même thème avec Mission : Impos

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Diversion

ECRANS | John Requa et Glenn Ficarra revisitent le film d’arnaque dans une comédie pop fluide et élégante portée par le couple glamour Will Smith / Margot Robbie. Divertissement longtemps irrésistible, "Diversion" rate de peu sa sortie. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 24 mars 2015

Diversion

Fondre en un seul geste la forme et le fond pour distraire le spectateur : c’est un programme de cinéma mais aussi une méthode d’arnaque éprouvée. Diversion en a conscience et c’est un beau tour de passe-passe qu’orchestre le duo John Requa et Glenn Ficarra, ici un cran au-dessus de leurs deux premiers films – I love you Philip Morris et Crazy stupid love. Le titre original, Focus, plus que son équivalent français, marque d’ailleurs cette parenté entre la mise en scène (du film) et les coups montés par Nicky avec sa bande et sa nouvelle partenaire – et amante – Jess : il s’agit de déplacer la focale et d’orienter le regard pour mieux tromper la victime-spectateur. Cela nécessite souplesse, charme et élégance ; il faut donc avant tout un couple glamour au possible : ici, Will Smith, dans un exercice sobre d’underplaying appris chez Shyamalan, et Margot Robbie, qui confirme après Le Loup de Wall Street

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After earth

ECRANS | Étrange sensation face à cette rencontre entre la dynastie Smith et l’ex-prodige déchu Shyamalan : celle d’assister à un film dont la simplicité le tire à la fois vers la beauté et vers l’ennui, à une œuvre coincée entre l’épure et l’esbroufe, la sincérité et les arrières pensées. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 5 juin 2013

After earth

La première surprise d’After Earth, c’est qu’il n’y a à proprement parler aucune surprise. Comprenez : pas de twist spectaculaire, pas de grands morceaux de bravoure, pas de 3D débordante. Même les décors, soigneusement choisis pour représenter une terre revenue à l’état sauvage après une catastrophe écologique ayant obligé l’humanité à la déserter, ne sont jamais regardés comme des éléments d’exotisme rétro-futuriste, mais dans l’ordinaire d’une nature ayant repris ses droits ancestraux. Ça, c’est pour le versant M. Night Shyamalan, et on peut voir After earth comme un autodafé de son horrible Dernier maître de l’air : là où hier, la surenchère était de mise pour tenter de retrouver le crédit des studios, c’est un principe déflationniste qui s’applique ici, mais qui conduit paradoxalement à retrouver l’éclat de ses premières œuvres. Même lenteur calculée, mêmes dialogues chuchotés comme si les personnages se réveillaient d’un acciden

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Sherlock Holmes

ECRANS | De Guy Ritchie (ÉU-Ang, 2h08) avec Robert Downey Jr, Jude Law…

François Cau | Jeudi 28 janvier 2010

Sherlock Holmes

Alléchant sur le papier, décevant à l’arrivée, ce Sherlock Holmes relooké par Guy Ritchie souffre, de la première à la dernière image, d’un trop-plein fatigant. Ça ne part pas mal, pourtant, Ritchie ayant la bonne idée de s’inspirer d’Iron Man pour construire autour des ambivalences de son acteur (c’est le même : Robert Downey Jr) une vision nouvelle du personnage. C’est l’homosexualité latente et la jalousie patente entre Holmes et le Docteur Watson qui attirent surtout l’attention. Deux vieux garçons qui vivent ensemble, une fille au milieu, et en avant pour un marivaudage sans conséquence mais plutôt bien vu. Problème : le film est aussi un blockbuster et nous embarque dans un scénario compliqué plus que complexe, mélangeant dans un sacré foutoir surnaturel et théories du complot. Ritchie en rajoute dans le montage épileptique, l’action surdécoupée, les explosions massives et les effets spéciaux filmés pour eux-mêmes. Pas de bol : Cameron et son Avatar sont passés par là, et ont rappelé que la mise en scène, c’est d’abord de l’espace et de la durée, pas une centrifugeuse à images. Du coup, ce Sherlock Holmes paraît déjà un peu daté…CC

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