"Mes voisins les Yamada" d'Isao Takahata est à (re)voir mardi au Méliès

Élise Lemelle | Mardi 28 mai 2019

Photo : ©D.R


Cofondateur du Studio Ghibli avec le fameux Hayao Miyazaki (qui a plus pris la lumière que lui), Isao Takahata, connu notamment pour Le Tombeau des lucioles (1988), n'a pourtant rien à envier à son confrère japonais. Comme le prouvera le Méliès en projetant mardi 4 juin à 18h15 Mes voisins les Yamada (1999), film entièrement réalisé par ordinateur : un avant-gardisme pour l'époque qui coûtera cher et se soldera par un échec commercial.

Cette chronique sociale ne manque pourtant pas de charme avec son style crayonné et son caractère hybride. Elle prend ainsi la forme de plusieurs courts-métrages elliptiques entrecoupés d'haïkus où Nonoko Yamada, petite-fille au franc-parler, nous présente les membres, gentiment caricaturaux, de sa famille. Après avoir trinqué avec les Yamada, vous risquez de trouver la prochaine fête des voisins bien fade…


Mes voisins les Yamada

De Isao Takahata, Hisaichi Ishii (Jap 1h44) avec James Belushi, Molly Shannon, Daryl Sabara...

De Isao Takahata, Hisaichi Ishii (Jap 1h44) avec James Belushi, Molly Shannon, Daryl Sabara...

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Nonoko Yamada, une petite fille espiègle au franc parler, nous présente chaque membre de sa famille peu ordinaire : Son père, Takashi Yamada, homme d'affaires un peu bougon ; sa mère, Matsuko, au naturel spontané, un peu fainéante, vite démoralisée par les tâches ménagères et autres travaux domestiques. Quant à Naboru, son grand frère, il déteste étudier. Et enfin Shige, sa grand-mère, une septuagénaire bien bavarde qui ne rate pas une occasion de donner son avis sur tout et de s'amuser des querelles du couple.


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"Le Tombeau des lucioles" : chef-d'œuvre signé Isao Takahata

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Les distinctions honorent surtout ceux qui s’enorgueillissent de les remettre, davantage que ceux poussant la vanité à les arborer. Il en existe toutefois une au Japon dont le prestige rejaillit sur son récipiendaire comme sur son art à parts égales : le titre de "Trésor national vivant", attribué aux seuls monuments de la scène, de la musique ou de la danse traditionnelle. Du fait de sa considérable carrière, un cinéaste tel qu’Isao Takahata aurait mérité d’en bénéficier. Sa mort à l’âge de 82 ans le 5 avril dernier clôt hélas tout débat. Avec lui disparaît au moins la moitié de l’âme des Studios Ghibli qu’il a co-fondés en 1985 avec Hayao Miyazaki, et surtout un créateur d’une insolite diversité. S’il a depuis été éclipsé par son alter ego plus consensuel (et plus répétitif), c’est bien Takahata qui a signé le long-métrage manifeste de l’anime moderne, Horus, prince du soleil (1968). C’est son amour pour la nature qui l’a conduit à réaliser Panda Petit Panda (1972) et surtout Po

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Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

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Bien avant que le ninja Po ne promène sa ventripotente carcasse sur les écrans (dans Kung Fu Panda), deux autres ursidés avaient eu les honneurs du cinéma d’animation au Japon dans Panda, Petit Panda (1972). Mettant en scène les deux animaux farceurs et une petite fille dégourdie, Mimiko, ce programme de deux courts-métrages égaux en durée est né de la conjonction de deux talents ; deux complices fidèles devenus les parrains (ou les oncles tutélaires, pour faire moins yakuza) de l’animation nippone : Isao Takahata et Hayao Miyazaki, alors quasi-débutants. Si la technique semble parfois un peu pataude (au niveau des intervalles, légèrement saccadés), la fantaisie et l’originalité des univers annoncent à bien des égards les futures grandes œuvres des réalisateurs de Pompoko (1994) et de Mon voisin Totoro (1988). En particulier le ton malicieux, l’attention respectueuse portée à la nature et à ceux (animaux, plantes, esprits) qui y vivent ou survivent, le fantasme de la submersion, dont Miyazaki fera un thème récurrent (peut-être que la situation d’insulaire favorise-t-elle ce type de pensée ?) ; jusqu’aux mimiques exagérées du grand pa

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On le sait, les garçons naissent dans les choux et les filles dans les roses. Grâce au dernier film d’Isao Takahata, on apprend que les princesses, elles, naissent dans des bambous les soirs de pleine lune. Idée aussi fantastique qu’évidente à l’écran, que le réalisateur a tirée d’un récit fondateur de la littérature japonaise et qu’il a développée pour en faire un conte universel sur la condition féminine, sinon la condition humaine. Car cette princesse, qui grandit de manière surnaturelle, va être prise entre deux feux : ses aspirations et son destin. Ainsi, lors d’une des premières séquences, elle doit décider si elle suivra des enfants qui l’appellent « pousse de bambou » ou si elle rejoindra son père d’adoption qui l’a baptisée « Princesse » ; l’amitié du peuple et le désir de liberté d’un côté, l’ambition d’une vie d’exception que l’on projette sur sa progéniture de l’autre. C’est la deuxième option qui l’emporte, mais le dilemme est sans cesse redoublé sous de nouvelles formes dans le film, notamment lors de la valse des prétendants que la p

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Christophe Chabert | Mardi 24 juin 2014

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