Faisez tous comme nous, revoyez "La Cité de la peur"

ECRANS | Ce sera vendredi 31 mai à 19h45 aux Pathé Chavant et Échirolles. Et ce sera forcément culte !

Élise Lemelle | Mardi 28 mai 2019

Photo : Studio Canal


Un quart de siècle après la sortie de La Cité de la peur, le film des Nuls (réalisé par Alain Berberian), Alain Chabat et Gérard Darmon (alias Serge Karamazov et le commissaire Patrick Bialès) sont remontés sur les planches. C'était à l'occasion d'une projection commémorative cannoise, et dans le but de redanser la carioca, leur improbable chorégraphie immortalisée dans une scène culte. Comme ils sont partageurs, ils proposent à tout un chacun de retrouver sur grand écran et en version restaurée ce long-métrage devenu depuis l'objet d'un culte bon enfant, et dont pas mal de monde connaît les répliques et l'histoire par cœur.

L'histoire, justement, est celle d'un tueur en série qui terrorise le Festival de Cannes en assassinant tous les projectionnistes d'un film d'horreur minable dont il favorise sans le vouloir le succès. Une trame qui n'est bien sûr qu'un prétexte à une avalanche de gags absurdes, scatos, visuels ou encore parodiques (coucou Pretty Woman et Terminator) tous plus grotesques et drôles les uns que les autres.

Même Bruno Carette, le quatrième Nuls mort au moment du tournage, fait une apparition. Il n'est pas le seul à accompagner sur grand écran le trio formé par Alain Chabat, Chantal Lauby et Dominique Farrugia puisque figurent au générique, outre le déjà cité Gérard Darmon, des figures comme Valérie Lemercier, Dave, Eddy Mitchell, Daniel Gélin, Jean-Pierre Bacri, Hélène de Fougerolles, Dominique Besnehard, Sam Karmann ou encore Michel Hazanavicius.

Sans bluffer, on sent que vous êtes à deux doigts de prendre votre place pour cette reprise plus que bienvenue. Ah non : juste un doigt.

La Cité de la peur
Aux Pathé Chavant et Échirolles vendredi 31 mai à 19h45


La Cité de la peur

de Alain Berbérian et Alain Chabat (Fr, 1994, 1h39) avec Alain Chabat, Sam Karmann, Hélène de Fougerolles...

de Alain Berbérian et Alain Chabat (Fr, 1994, 1h39) avec Alain Chabat, Sam Karmann, Hélène de Fougerolles...

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Odile Deray, attachée de presse, vient au Festival de Cannes pour présenter le film "Red is Dead". Malheureusement, celui-ci est d'une telle faiblesse que personne ne souhaite en faire l'écho. Mais lorsque les projectionnistes du long-métrage en question meurent chacun leur tour dans d'étranges circonstances, "Red is dead" bénéficie d'une incroyable publicité. Serge Karamazov est alors chargé de protéger le nouveau projectionniste du film...


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"Kaamelott – Premier Volet" de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

ECRANS | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

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Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusi

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Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

ATTENTION SPOILERS ! | Attention spoilers ! Alors que sort le mercredi 21 juillet le film plus attendu de l’année, Alexandre Astier revient sur la genèse et le tournage de Kaamelott - Premier Volet. Écriture, personnages, musique, image, distribution… L’auteur-réalisateur-compositeur-interprète aborde tous les postes et ouvre des perspectives. Quitte à se répéter : attention, spoilers ! Vous ne viendrez pas nous dire qu’on ne vous aura pas prévenus !

Vincent Raymond | Mercredi 21 juillet 2021

Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

Dix ans se sont écoulés entre la fin du Livre VI de la série télévisée et Kaamelott - Premier Volet. La même durée dans la fiction pour les personnages (donc l’équipe) que pour le public… Néanmoins, vous avez vécu à la fois avec et sans Arthur durant tout ce temps puisqu’il a été celui de la préparation du film… Alexandre Astier : Il y a déjà un avantage à cet arrêt : la série se termine sur un mec lui-même à l’arrêt, plus du tout concerné par ce qui se passe dans une Bretagne sur laquelle il n’a plus aucun impact, et qui erre à Rome comme un clochard. Le royaume de Logres, aux prises avec ses anciens camarades, est devenu un état dictatorial mené par un taré, dans un bain de collaboration et de résistance. Du point de vue d’Arthur, comme ça ne le concerne plus, ça aurait pu durer vingt ou trente ans. Dire « Je pars ; non, je déconne, en fait, je reviens », ça ne peut pas marcher ! Il faut justement que celui qui ne voudrait pas revenir soit obligé de revenir sur une seule patte. L’autre avantage concerne l’écriture. À

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"Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu ?" : et nous donc…

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Vincent Raymond | Jeudi 24 janvier 2019

La suite d’un succès du box-office est au cinéma ce qu’une pub pour du parfum est à une star à la mode : inévitable, mais souvent dispensable. Sans surprise donc, Philippe de Chauveron prolonge ici les tribulations de sa famille surcomposée, les Verneuil, dont le patriarche survolté (Clavier, évidemment) doit à présent convaincre ses gendres de ne pas quitter le merveilleux Hexagone, où ceux-ci se sentent brimés et discriminés… Comment dire ? À part une pique à destination de cette kyrielle d’enfants gâtés (on leur suggère le smic, pour rigoler) moqués par papa-Verneuil parce qu’ils ont tous voté Macron (ce qui en dit finalement long sur leur sociologie), on reste dans une vraie-fausse dénonciation des racismes et communautarismes. Chauveron semble recaser au passage des "gags" invendus de son précédent À bras ouverts (2017), en intégrant (sans passeport) dans l’histoire un réfugié afghan, brave bouc émissaire sur lequel se défouler (pas de Rrom disponible ?), et ajoute un mariage lesbie

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"Santa & Cie" : on tient enfin le futur classique télévisuel de Noël !

ECRANS | de & avec Alain Chabat (Fr., 1h35) avec également Pio Marmaï, Golshifteh Farahani, Audrey Tautou…

Vincent Raymond | Lundi 4 décembre 2017

Comme par un fait exprès, la Saint-Nicolas tombe cette année le jour de la sortie de la nouvelle comédie d’Alain Chabat consacrée au Père Noël. Un Père Noël à sa hotte, c’est-à-dire prêt à transgresser les conventions. En l’occurence de quitter le pôle Nord en avance afin de venir chercher de quoi soigner la soudaine épidémie frappant ses lutins. Sauf que Santa Claus n’ayant pas l’habitude des usages du monde réel, ni des enfants éveillés, il va un peu patiner… Chabat ne cesse de se bonifier avec le temps. Au départ très inféodé aux ZAZ (ces stakhanovistes du gag visuel/référentiel le distribuant à la mitraillette dans Y a-t-il un pilote dans l’avion et compagnie), le réalisateur-comédien s’est depuis affranchi de ces tutelles d’outre-Atlantique hurlantes pour travailler un registre où la connivence demeure, mais à un niveau plus souterrain : la parodie n’étant plus une finalité, il dispose de plus de place pour sa vaste fantaisie. Ses multiples niveaux de lecture font de ce film une authentique comédie grand public et familiale, dépourvue de ce kitsch façon glaçage de cupcake dont la majorité des films de Noël sont recouverts. On ti

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Le Booooom #3 : quand le cinéma parle de cinéma

Événement | Le Booooom, ce sont « des rencontres cinéma décalées, innovantes et participatives destinées aux 15-25 ans qui se déroulent dans l’ensemble de la Région Auvergne-Rhône-Alpes ». Pour cette nouvelle édition, concernant l'agglo grenobloise, on a rendez-vous à Vizille, La Mure et Grenoble avec, notamment, un film culte.

Vincent Raymond | Lundi 15 mai 2017

Le Booooom #3 : quand le cinéma parle de cinéma

Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, si vous n’aimez pas la campagne ; allez au cinéma ! En particulier si vous avez entre 15 et 25 ans, à l’occasion du Booooom (oui, avec 5 “o”), un festival "éclaté" en Auvergne-Rhône-Alpes – ce qui est bien normal, puisqu’il est organisé et coordonné par le Réseau Médiation Cinéma M’Ra, une heureuse initiative régionale. Chaque année au mois de mai, ce Booooom propose à ses salles partenaires (27 au total) de programmer une ou plusieurs séances ou soirées événementielles autour d’une thématique commune. Le millésime 2017 sera réflexif : il sera en effet question de "l’envers du décor", grâce à des films parlant du cinéma. Cette mise en abyme donne lieu à une foule d’alléchantes propositions, dont celle du Jeu de Paume de Vizille ce mercredi 17 mai dès 17h : une double programmation "améliorée". Après un accueil séance photo, la soirée débutera par le fameux

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"Sous le même toit" : objectif nul

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Vincent Raymond | Lundi 10 avril 2017

Delphine (Louise Bourgoin) et Yvan (Gilles Lellouche) divorcent. Fauché, ce dernier revendique les 20% de la demeure familiale qu’il possède, et les occupe, histoire d’avoir en permanence un œil sur son ex. Ce sont leurs enfants, ignorés, qui en auront assez de cette scabreuse situation. Difficile de rire avec, de ou grâce à ce personnage immature exerçant un chantage afin de maintenir son emprise sur la vie privée de son ancienne épouse : ce type de possessivité pathologique et de perversité narcissique aurait davantage sa place dans un thriller. Difficile également de ne pas être écœuré par la vulgarité diffuse dégagée par cet étalage de fric, de jalousie mesquine, de testostérone sati

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"Vicky", l'ego trip de Victoria Bedos

ECRANS | de Denis Imbert (Fr., 1h28) avec Victoria Bedos, Chantal Lauby, François Berléand, Benjamin Biolay…

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

En théorie, on devrait éprouver compassion et bienveillance pour Victoria Bedos, la pauvre petite fille riche racontant ici sa difficulté d’avoir pour père un comédien misanthrope et pour frère un monstre d’égoïsme se servant d’elle comme d’un paillasson – de préférence les soirs de pluie. C’est à cause, ou grâce, à ces modèles masculins étouffants qu’elle a voulu se réinventer sur grand écran en devenant chanteuse underground, car elle a du talent, elle aussi… Mais notre empathie, on s’assoira dessus, puisque la comédienne-scénariste affirme qu’il ne faut chercher aucun règlement de compte dans ce film servant sa gloire et fusillant les affreux machos autocentrés de sa parentèle. Elle s’est pourtant donné bien du mal pour accentuer les ressemblances et que chacun identifie sans peine les Bedos derrière les Bonhomme. Cela dit, en étant de presque tous les plans dans l’autoficiton qu’elle se consacre, Victoria montre n’avoir rien à envier à son entourage en matière d’ego. Voir Vicky, c’est un peu comme assister à un spectacle scolaire de fin d’année joué par d’autres enfants que les vôtres : à quoi bon ?

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Bis

ECRANS | De Dominique Farrugia (Fr, 1h38) avec Franck Dubosc, Kad Merad…

Christophe Chabert | Mardi 17 février 2015

Bis

C’est un cas d’école : comment le succès d’un film d’auteur français (Camille redouble) conduit à un dérivé opportuniste et commercial qui en reprend exactement la même formule – ce Bis signé Dominique Farrugia. Impossible d’oublier cette donnée pendant qu’on regarde cette comédie, pourtant pas la plus nulle engendrée par le cinoche français ces derniers temps. Il y a certes les éternels jeux de mots foireux qu’affectionne l’ex-Nul et qui nous donnent plutôt envie de chialer de dépit ; et une fin d’un conservatisme tellement inouï et assumé qu’on se demande si Farrugia ne fait pas déjà campagne pour la réélection de Sarkozy en 2017. Ceci mis à part, dans le foutoir ambiant, il y a quelques bonnes idées, notamment celle qui montre ces deux vieux-jeunes tenter de convaincre la secrétaire de Claude Berri de produire les futurs succès du box office hexagonal. Voir Kad Merad voler l’idée des Ch’tis à Dany Boon est assez amusant, mais la réaction sceptique de la secrétaire l’est plus encore, venant corroborer l’idée qu’un succès e

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"Réalité" : il était une fois le cinéma

ECRANS | Un caméraman qui veut tourner son premier film d’horreur, un producteur instable, un animateur atteint d’un eczéma imaginaire, une petite fille nommée Réalité… Avec ce film somme et labyrinthique, aussi drôle que fascinant, Quentin Dupieux propulse son cinéma vers des hauteurs que seul un David Lynch a pu atteindre ces dernières années.

Christophe Chabert | Mardi 17 février 2015

Vient toujours un moment, dans la carrière d’un cinéaste digne de ce nom, l’envie de tourner son Huit et demi (film de Fellini), c’est-à-dire une grande œuvre réflexive sur la manière dont il aborde le cinéma : Truffaut avec La Nuit américaine, Almodovar avec Étreintes brisées, David Lynch avec Mulholland drive… Quentin Dupieux, qui avait déjà approché la question dans Rubber à travers des spectateurs regardant avec des jumelles le film en train de se dérouler sans caméra, ni équipe, ni projection, en fait le cœur de Réalité. Le titre lui-même est un leurre sublime : ici, la réalité est sans doute ce qu’il y a de plus incertain et fluctuant, toujours contaminée et reformulée par le cinéma et la fiction. En fait, ce n’est pas la réalité que le film cherche à capturer, mais une petite fille prénommée Réalité, que l’on filme en train de dormir et dont on veut atteindre le subconscient – autrement dit, la capacité à produire de l’imaginaire. Dans la boucle folle que le scénario finira par créer, on comprendra que cet imaginai

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Turf

ECRANS | De Fabien Onteniente (Fr, 1h42) avec Édouard Baer, Alain Chabat, Lucien Jean-Baptiste…

Christophe Chabert | Jeudi 7 février 2013

Turf

Dire du mal de Turf revient à tirer sur une ambulance. Quoique, comme la plupart des comédies commerciales françaises, il affiche une insolente santé, trop bien nourri aux euros sonnants et trébuchants. Cela ne masque pas le recyclage poussif et transparent qui lui sert de pitch : Un éléphant ça trompe énormément dans le milieu du tiercé. Soit quatre potes dont un avec une mère juive (Marthe Villalonga, pour être original), l’autre qui trompe sa femme jusqu’à ce qu’elle en ait marre et le foute dehors, un troisième plus effacé mais solide dans les affaires comme en amitié, et un quatrième qui expose le tout en voix off et se met à l’équitation pour séduire une jeune et jolie demoiselle. Au milieu, Onteniente projette ses vannes, sa mythologie beauf (on a du fric, on fait la fête sur la côte) et son absence totale de direction artistique, pour un résultat sinistre qui a l’air de durer trois plombes. C’est nul donc, et seul un Depardieu d’une sincérité totale s’échappe du marasme. Qui d’autre que lui pourrait faire sonner juste une réplique comme : «Tiens, voilà tes deux places pour Lady Gaga !» ? Christophe Chabert 

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Sur la piste du Marsupilami

ECRANS | De et avec Alain Chabat (Fr, 1h45) avec Jamel Debbouze, Fred Testot…

François Cau | Vendredi 30 mars 2012

Sur la piste du Marsupilami

Soyons honnêtes avec le nouveau film d’Alain Chabat : on a pris plaisir à retrouver l’humour délicatement absurde du meilleur survivant des Nuls. Malgré de gros retards à l’allumage et des baisses de rythme dommageables, ce délire filmique marche sur des plates-bandes réservées jusqu’ici aux productions Pixar et, dans une moindre mesure, Dreamworks – soit le mélange périlleux entre un humour slapstick orienté cartoon (pour les plus jeunes) et de multiples références très “esprit Canal“ (pour les plus âgés), la fusion des deux s’opérant lors de deux futures scènes cultes mettant en scène un surprenant Lambert Wilson. Si cette atmosphère potache fonctionnait parfaitement dans Astérix et Obélix Mission Cléopâtre grâce à un casting aussi riche que cohérent et à un tempo comique destructeur, l’impression globale qui se dégage de Sur la piste du Marsupilami est à ces deux égards bien plus mitigée. Les quelques autocitations de Chabat laissent suggérer que ce dernier se repose sur les acquis de son film précédent, sans développer une once de parti pris de mise en scène – voir pour s’en convaincre la scène finale, expédition chaotique de tous les enjeux du récit. Alors

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