"Alice et le maire" : pensée commune (et excellente surprise)

ECRANS | Un maire à bout d’idées se régénère grâce aux perfusions intellectuelles d’une philosophe. Levant un coin du voile sur les coulisses de nos institutions, Nicolas Pariser raconte aussi l’ambition, la sujétion, le dévouement en politique, ce métier qui n’en est pas un…

Vincent Raymond | Mardi 1 octobre 2019

Usé, fatigué… vieilli ? Paul Théraneau (Fabrice Luchini), maire de Lyon, éprouve en tout cas un passage à vide intellectuel incitant son cabinet à recruter une jeune philosophe, Alice Heimann (Anaïs Demoustier), pour lui redonner des idées. Dans les arcanes du pouvoir, Alice se fait sa place et devient indispensable…

L'époque impose de dénigrer les dirigeants politiques, lesquels donnent bien volontiers le bâton pour se faire battre (dans les urnes). Aussi, chaque film s'intéressant à la chose publique et révélant la réalité d'une gouvernance, loin des fantasmes et des caricatures, est salutaire. Alice et le maire s'inscrit ainsi dans le sillage de L'Exercice de l'État (2011) de Pierre Schoeller. Sans angélisme non plus puisque les manœuvres d'appareil, les mesquineries et jalousies de cabinet ne sont pas tues – mais n'est-ce pas là le quotidien de n'importe quelle entreprise où grenouillent les ambitieux ?

Ce sur quoi Nicolas Pariser insiste, c'est la nécessité pour le responsable politique d'être animé par une inspiration, un souffle, de disposer d'un socle philosophique et d'un·e sparring-partner intellectuel·le dans une joute maïeutique dont Alice est ici la clé… mais aussi une observatrice temporaire, n'étant pas du sérail. Dans une grande métropole où un commis de l'État se trouve fatalement isolé de ses administrés (hors séquences artificielles de campagne), ce genre de rencontre est forcément profitable à l'élu.

Urbi et orbi

Le seul reproche que l'on puisse faire à l'auteur est d'avoir nommé la ville dans laquelle il situe l'action, privant son œuvre de la légitime universalité à laquelle elle pourrait prétendre. À cause de ce détail, des esprits brillants (ou égocentrés ?) croient depuis le tournage à Lyon il y a un an tout juste qu'Alice et le maire est un film à clés et qu'il faut trouver entre les lignes des allusions à la situation politique locale – d'autant que l'actuelle configuration municipale n'a pas grand-chose à voir avec celle de septembre 2018.

Par "ruissellement" (pour reprendre un vocable à la mode de ceux qui savent planquer les sous) ou contamination, le public lyonnais pourrait croire à une charge à peine voilée contre son premier édile ; il n'en est rien. Qu'il ne renonce pas pour autant à découvrir ce film qui, certes, valorise leur ville par force plans avantageux (Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma sera ravi), mais surtout leur montrera que les affaires de la Cité ont davantage besoin de réflexion que de passion, d'impulsions ou de tractations. À 170 jours d'une élection, ce n'est pas inutile, au fond…

Alice et le maire
De Nicolas Pariser (Fr., 1h43) avec Fabrice Luchini, Anaïs Demoustier, Nora Hamzawi…


Alice et le Maire

De Nicolas Pariser (Fr, 1h43) avec Fabrice Luchini, Anaïs Demoustier...

De Nicolas Pariser (Fr, 1h43) avec Fabrice Luchini, Anaïs Demoustier...

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Le maire de Lyon, Paul Théraneau, va mal. Il n’a plus une seule idée. Après trente ans de vie politique, il se sent complètement vide. Pour remédier à ce problème, on décide de lui adjoindre une jeune et brillante philosophe, Alice Heimann.


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Éléonore : Aime ma sœur !

ECRANS | ★☆☆☆☆ De Amro Hamzawi (Fr., 1h25) avec Nora Hamzawi, Julia Faure, Dominique Reymond…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2020

Éléonore : Aime ma sœur !

Bavarde impénitente, gaffeuse patentée, en panne d’amour, Éléonore accepte un job alimentaire d’assistante chez un éditeur de romans érotiques. Elle va mettre le souk, mais dans l’intérêt général… Transposant son histoire pour que sa sœur Nora puisse l’interpréter, Amro Hamzawi signe une comédie sentimentale désuète pour l’export, pleine de cartes postales et de Parisiennes trop agaçantes mais sexy (ô-l’amûr-jolie-madmoizel). Hors d’âge et relativement dispensable.

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Du rire au quotidien

Humour | Nora Hamzawi est de passage au Summum de Grenoble samedi 1er février. Une occasion unique de plonger dans la vie pas-si-ordinaire d'une trentenaire parisienne. Pour le fun !

Aurélien Martinez | Mardi 28 janvier 2020

Du rire au quotidien

L’humour sur les petites et grandes péripéties de la vie courante, ça n’est pas forcément très original (combien, dans les spectacles des comiques stars, de sketchs interchangeables sur, au pif, la fidélité ou le dernier gadget technologique à la mode ?), pourtant ça marche. Et ça peut même avoir une certaine saveur quand c’est bien fait, notamment lorsqu’est présent un recul complice qui montre que oui, la personne en face de nous sait qu’elle va sur un terrain maintes fois labouré, mais avec un décalage qui donne du sel à son propos… Le nouveau spectacle de Nora Hamzawi est ainsi dans le plus pur style de ce qui fait la force et le succès de celle qui est également chroniqueuse télé ou encore actrice ciné : un regard acéré, parfois tendre, parfois plus acerbe, sur sa vie de trentenaire parisienne. Car si elle nous fait rire des autres (de nous, donc), Nora Hamzawi rit surtout d’elle-même, ce qui évite le spectacle simplement moqueur sur toutes les catégories possibles d’êtres humains – les bobos, les adeptes des réseaux sociaux, les jeunes parents… Une force décuplée par une exécution au cordeau (quel sens du rythme, qui place la comédienne

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"Le Meilleur reste à venir" : que de promesses !

Cinema | De Matthieu Delaporte & Alexandre De La Patellière (Fr., 1h57) avec Fabrice Luchini, Patrick Bruel, Zineb Triki…

Vincent Raymond | Mardi 3 décembre 2019

Arthur découvre par hasard que son meilleur ami César est condamné par un cancer. Celui-ci l’ignorant, Arthur s’apprête à lui annoncer la funeste nouvelle mais un quiproquo amène César à croire que c’est son pote qui est perdu. Déstabilisé, Arthur ne va pas le détromper. Et s’enferrer… Le succès du Prénom (2012), leur précédente coréalisation, a très certainement endormi la méfiance des producteurs, appâté les comédiens autant qu’il allèchera les curieux. Pourtant, la mécanique bien huilée de ladite pièce filmée (jouée auparavant un an sur les planches) et dialoguée sans surprise mais avec adresse n’a pas grand-chose à voir avec ce succédané de Sans plus attendre (2008) : Le Meilleur reste à venir est une comédie molle bo-beauf de plus, célébrant le nombrilisme d’assujettis aux tranches fiscales supérieures, où les comédiens s’abandonnent à leurs penchants (c’est-à-dire à leurs travers) à la première occasion. Et les occasions ne manquent pas. Lorgnant le cinéma de Nakache etToledano, Delaporte et De La Patellière en offrent une version dégriffée avec les envolées classicom

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Humour : nos huit temps forts de la saison

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Avec des têtes d'affiche, des stars sur le retour ou encore des humoristes à découvrir.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Humour : nos huit temps forts de la saison

Didier Super Si nous n’avons pas vu cette nouvelle livraison de Didier Super intitulée tout de même Didier Super est beaucoup plus marrant que tous ces comiques de merde, on en attend beaucoup comme au PB, nous adorons ce personnage fort en gueule, aussi bien comédien, chanteur que plein d’autres choses, qui propose des spectacles dans lesquels il prend plaisir à mettre le public mal à l’aise pour mieux le faire rire. « Ça y est ! Après avoir été pendant 15 ans l’égérie à l’arôme gauchisant d’un public allant de l’altermondialiste post-ado au retraité bobo sous perfusion intellectuelle de France Inter, Didier s’est enfin mis en marche » nous annonce le programme. OK ! À la Salle noire mercredi 9 et jeudi 10 octobre Julien Santini On qualifie de "pince-sans-rire" la façon qu’a Julien Santini de pratiquer l'humour et c'est idiot car, pour le coup, on rit beaucoup à l'écoute des bassesses et envies de grandeur de ce Corse installé à Lyon à l'apparence mi-professorale mi-patraque (

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"Le Mystère Henri Pick" : édition très limitée

ECRANS | de Rémi Bezançon (Fr, 1h40) avec Fabrice Luchini, Camille Cottin, Alice Isaaz…

Vincent Raymond | Mardi 5 mars 2019

Une éditrice découvre dans une bibliothèque pour manuscrits refusés le roman d’un pizzaïolo breton que personne n’a jamais vu écrire une ligne de son vivant. Publié, le livre est un succès et suscite les doutes d’un critique télévisuel qui mène l’enquête en compagnie de la fille de l’écrivain… Si l’on met de côté les invraisemblances en chaîne du dénouement (qu’on ne révèlera pas ici) et les revirements incessants du personnage joué par Camille Cottin (rivalisant avec le chat de Schrödinger, puisqu’elle est à la fois l’alliée et l’ennemie de l’enquêteur tentant de prouver que son père est un imposteur), on peut trouver crédible de voir Fabrice Luchini pratiquer la dissection littéraire avec l’opiniâtreté d’un microtome et le flux verbal d’un Onfray croisé Sollers. Dommage, en revanche, que le réalisateur Rémi Bezançon, lui, ne semble pas croire assez à son intrigue pour oser un vrai thriller, préférant une version édulcorée pour soirée télé où le bon mot ou la pirouette tranquille viennent par convention conclure chaque séquence. Un exemple parmi d’autres de son irrésolution : le pseudo reportage d’archives

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"Sauver ou périr" : feu le pompier

ECRANS | Le parcours d’un pompier parisien, de l’adrénaline de l’action à la douleur du renoncement après l’accident. Une histoire de phénix né à nouveau par le feu qui faillit le consumer, marquant (déjà) la reconstruction d’un cinéaste, Frédéric Tellier, pourtant parti de guingois avec son premier long.

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

Jeune sapeur-pompier dévoué et heureux en ménage, Franck (Pierre Niney) aspire à diriger des opérations sur des incendies. Hélas, sa première intervention se solde par un grave accident le laissant plusieurs mois à l’hôpital, en lambeaux et défiguré. Un lent combat pour réapprendre à vivre commence… Consacrer un film à un soldat du feu juste après avoir jeté son dévolu sur la brigade du Quai des Orfèvres ayant traqué Guy Georges (dans le très inégal L’Affaire SK1, 2014) risque de laisser penser que le réalisateur Frédéric Tellier donne dans le fétichisme de l’uniforme ou des agents du service public. Pour autant, ses deux longs-métrages n’ont pas grand-chose en commun, si ce n’est qu'ils s'inspirent d’une histoire vraie et bénéficient de l’appoint d’un bon co-scénariste, David Oelhoffen (auteur par ailleurs du réussi Frères ennemis sorti en octobre dernier). Tellier débute sans prendre de gants par une contextualisation brute et édifiante

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"Fabrice Luchini et moi" : Olivier Sauton, l'apprenti sorcier

Théâtre | Charismatique, érudit, caricatural aussi, Fabrice Luchini fascine le comédien Olivier Sauton qui dialogue avec lui dans "Fabrice Luchini et moi". Un curieux et séduisant seul-en-scène (Sauton campe les deux rôles) à voir à la Basse cour.

Nadja Pobel | Mardi 4 septembre 2018

Fabrice Luchini est là tout le temps, sans être là, au point qu'il a fallu modifier l'affiche pour ne pas prêter à confusion : « Olivier Sauton dans Fabrice Luchini et moi ». Car la vedette rohmérienne, après avoir été troublée et séduite par ce one-man-show créé en 2014, fut plus tatillonne sur cette production quand la bise (tempête) fut venue. Pour cause : Olivier Sauton a vu réapparaître l’an passé, quand il semblait promis à un Molière du seul-en-scène, des tweets antisémites qu'il reconnaît avoir écrits du temps où il frayait le même chemin que Dieudonné. Et qu'il considère aujourd’hui, sans se forcer, comme nauséabonds. Temps révolu, dit-il sur scène en regardant son public. Et « le petit con attardé » qu'il évoque à propos de cette époque est finalement le même que celui qu'il met en scène dans ce spectacle. Un jeune homme (lui-même donc) dont on découvre l'appétit à se cultiver et à s'élever au-dessus de la bêtise crasse. Tenant

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"Cornélius, le meunier hurlant" : futur classique intelligent du cinéma jeune public ?

ECRANS | de Yann Le Quellec (Fr., 1h47) avec Bonaventure Gacon, Anaïs Demoustier, Gustave Kervern…

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

Cornélius Bloom choisit d’installer son futur moulin dans un village du bout du monde, où il tape dans l’œil de Carmen, la fille du maire – belle comme un coquelicot. Mais le meunier souffre d’une étrange affection : il hurle la nuit comme un loup. La population finit par le chasser… Avec son titre à moudre debout, cette fable chamarrée donne déjà de sérieux gages d’excentricité. Elle les assume dès son introduction, escortée par une ballade infra-gutturale chewing-gumisée par Iggy Pop dans son français rocailleux si… personnel. Auteur de Je sens le beat qui monte en moi (2012), Yann Le Quellec sait s’y prendre pour créer une ambiance décalée à base d’absurdités légères. Il a de quoi la maintenir tout au long des (més)aventures de Cornélius, dans un style entre Jacques Tati et James Thierrée, où il conjugue la virtuosité acrobatique de ces poètes du déséquilibre et une fantaisie de jongleur de mots. Histoire d’exclusion et de différence avec un prince charmant un peu crapaud (à barbe), un loup (ou du moins son cri), une fille du roi (enfin, du maire), un rival jaloux et une sorcière (bon, d’accord, c’est un toubib i

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"Ma Loute" : À manger et à boire…

ECRANS | Si Roméo était fils d’un ogre pêcheur et Juliette travestie, fille d’un industriel de Tourcoing, peut-être que leur histoire ressemblerait à cette proto-comédie de Bruno Dumont. Un régal pour l’œil, mais pas une machine à gags. En compétition officielle à Cannes.

Vincent Raymond | Lundi 16 mai 2016

Quel accueil des spectateurs non francophones – et tout particulièrement les membres du jury du festival de Cannes – peuvent-il réserver à Ma Loute ? Grâce aux sous-titres, ils saisiront sans peine le dialogue de ce film dans son intégrité, mais ils perdront l’une de ses épaisseurs : la saveur des intonations snobinardes et des borborygmes modulés avec l’accent nordiste – forçant les non-Ch’tis à accoutumer leur oreille. Cela étant, si les mots seuls suffisaient à Bruno Dumont, il ne serait pas l’énigmatique cinéaste que l’on connaît ; d’autant plus indéchiffrable avec ce huitième long-métrage, qui prolonge son désir de comédie engagé avec la série P’tit Quinquin. Dans le fond, Dumont ne déroge guère ici à ses obsessions : capter l’hébétude quasi mystique saisissant un personnage simple après une rencontre inattendue, puis observer ses métamorphoses et ses transfigurations. Certes, les situations se drapent d’un cocasse parfois outrancier et empruntent au burlesque du cinématographe ses ressorts les plus usés (chutes à gogo, grimaces à foison, bruitages-gimmicks…). Mais il ne s’agit que d’un habillage comique ; derrière une façade pei

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Les Malheurs de Sophie

ECRANS | Cinéaste aux inspirations éclectiques (mais à la réussite fluctuante), Christophe Honoré jette son dévolu sur deux classiques de la Comtesse de Ségur pour une surprenante adaptation à destination des enfants autant que des adultes… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Lundi 18 avril 2016

Les Malheurs de Sophie

La filmographie de Christophe Honoré ressemble à la boîte de chocolats de Forrest Gump (« on ne sait jamais sur quoi on va tomber »), à la différence notable que chacune de ses douceurs est dûment ornée d’une étiquette… omettant de signaler sa teneur en poivre ou piment. Résultat : appâtés par ses distributions appétissantes, becs sucrés et novices ressortent invariablement de ses films la gueule en feu ; quant aux autres, à force d’être échaudés, ils ont appris la méfiance et à espérer davantage de saveur dans la “seconde couche”, lorsque l’enrobage les déçoit. Sophistication, heurs et malheurs Bien que prolifique auteur de romans jeunesse, Honoré n’avait encore jamais franchi le pas au cinéma, où il flirte avec un public de préférence âgé de plus de 16 ans. S’emparant d’un pilier des bibliothèques respectables que sont Les Malheurs de Sophie, il procède à l’inverse de Jean-Claude Brialy, lequel avait réalisé en 1981 une transposition sagement premier degré, aux remugles de vieille confiture. Plutôt qu’égrener les sottises de la gamine dans une enfilade de saynètes (ce que l’ouvrage, dans sa forme théâtrale, incite à faire, et l’amorce du

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Le Grand Jeu

ECRANS | Trop rares, les incursions du cinéma français dans les sphères du pouvoir et les coulisses de l’appareil d’État donnent pourtant lieu à des films aussi palpitants que réussis. En voici un de plus – une première œuvre de surcroît, signée Nicolas Pariser.

Vincent Raymond | Mardi 15 décembre 2015

Le Grand Jeu

Grands commis de l’État retrouvés "suicidés", sombres rivalités gouvernementales, macrostratégie politique et influences occultes… Les salons dorés et les couloirs feutrés des palais où siège l’exécutif fourmillent d’anecdotes propices à alimenter des thrillers rivalisant avec les meilleurs polars. Parce qu’elles touchent de près au cœur sacré de notre monarchie républicaine, ces histoires ont la saveur fascinante de l’interdit et nous placent dans la situation d’enfants pénétrant à leur insu dans la chambre des parents. Lorsque l’histoire se révèle documentée, c’est comme un flash de réalité augmentée qui nous submerge, prolongé par cette illusion folle d’avoir compris – voire partagé ! – le destin des puissants. Comme le chef-d'œuvre de Schoeller L’Exercice de l’État (2011) ou, dans une moindre mesure, Quai d’Orsay (2013) de Tavernier, Président (2005) de Delplanque et Une affaire d’État de Valette (2008), Le Grand Jeu révèle petites intrigues comme grandes manœuvres. Et dispose, pour servir son matériau remarquable, d’interprètes d’exception : Dussollier jouant le matois marionnettiste des coulisses, Poupaud dans le rôle

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Le Club réagit aux résultats des régionales avec le court-métrage "La République"

ECRANS | Le film de Nicolas Pariser est programmé gratuitement toute la semaine à 18h45 (sauf dimanche à 17h45).

Aurélien Martinez | Mardi 8 décembre 2015

Le Club réagit aux résultats des régionales avec le court-métrage

« Le Cinéma, miroir d'une politique en berne ? » se demande le cinéma Le Club après le premier tour des élections régionales et son résultat alarmant. D’où la décision prise ce lundi de projeter gratuitement toute la semaine le court-métrage La République de Nicolas Pariser, Grand Prix du Festival du Court Métrage de Grenoble et Prix Jean Vigo 2010. « Il était une fois un microcosme politique qui pointait du doigt un parti extrémiste pour mieux ignorer ses responsabilités. Il était une fois des électeurs qui ne trouvaient espoir que dans l'illusion d'une politique différente. Il est un film que tous les acteurs politiques devraient découvrir pour saisir la nausée d'électeurs en deuil d'avenir » (mot de Patrick Ortega, directeur du Club). Rendez-vous du mercredi 9 au mardi 15 décembre à 18h45 (sauf le dimanche à 17h45).

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L’Hermine

ECRANS | Même sous la robe rouge bordée d’hermine d’un président de cour d’assises, il y a un cœur qui bat. Venise porte toujours bonheur au duo Christian Vincent-Fabrice Luchini, que la Mostra a distingué (Prix du Scénario, Coupe Volpi de l’interprète masculin) 25 ans après "La Discrète"…

Benjamin Mialot | Mardi 17 novembre 2015

L’Hermine

De prime abord, le tableau donnerait presque envie de fuir : Fabrice Luchini dans un prétoire, exerçant sur un public captif une autorité absolue de président, ne risque-t-on pas de subir la logorrhée cancanante d’un comédien s’auto-caricaturant dans une solennité volubile ? D’assister à un film de procès et de procédure virant à la joute oratoire ou à la “performance” – à l’instar de celle qui lui avait valu son César à l’époque de Tout ça… pour ça ! (1993) de Lelouch ? Ces appréhensions légitimes se dissipent au fur et à mesure de L’Hermine : le rôle de Michel Racine qu’il endosse n’est pas celui d’un discoureur emphatique et péremptoire, mais d’un homme retenu. Emprunté, même. Un de ces personnages plus rares, moins horripilants aussi, qu’il sait tenir – comme chez Leconte dans Confidences trop intimes (2003) – où il a davantage à écouter qu’à parler. Où il est récepteur et non émetteur. Certes, ce président est austère et, de surcroît, grippé, ce qui explique en partie ce jeu tout en "understatement". Mais il bénéficie d’une transfiguration lorsqu’il retrouve parmi ses jurés une femme qu’il a aimée. Luchini lumineux

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Caprice

ECRANS | Après le virage dramatique raté d’"Une autre vie", Emmanuel Mouret revient à ce qu’il sait faire de mieux, le marivaudage comique autour de son éternel personnage d’amoureux indécis, pour une plaisante fantaisie avec une pointe d’amertume. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 21 avril 2015

Caprice

L’ingrédient typique d’une bonne comédie pourrait se résumer à cela : prenez un individu ordinaire, plutôt bien dans sa vie et dans sa peau, puis faites lui traverser des épreuves dramatiques pour lui mais drôles pour le spectateur, avant de le ramener dans son environnement initial. Le discret culot dramaturgique de Caprice, le nouveau film d’Emmanuel Mouret, consiste à renverser ce schéma. Au départ, Clément (Mouret lui-même, retrouvant avec délectation son registre d’amoureux indécis et maladroit) est un instituteur pas franchement en veine : divorcé et gérant tant bien que mal la garde alternée de son fils, il passe ses soirées seul au théâtre à admirer Alicia (Virginie Efira), une actrice hors de sa portée sociale. Le bonheur va lui tomber dessus sans prévenir : non seulement Alicia s’éprend de lui, mais il séduit sans le vouloir une autre fille, Caprice (Anaïs Demoustier), aussi charmante qu’envahissante. Trop de bonheur Le problème de Clément, c’est donc que tout va (trop) bien et ce soudain accès de félicité provoque en retour atermoiements et culpabilité. Mouret ne fait ici que retrouver ce qui a toujours été son territoire de pr

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À trois on y va

ECRANS | Entre vaudeville et étude des indécisions sentimentales, Jérôme Bonnell livre sa vision du triangle amoureux dans un film qui ne manque ni de charme, ni de sincérité, mais de rigueur dans sa mise en scène et son scénario. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 24 mars 2015

À trois on y va

Charlotte vit avec Micha, mais elle aime en secret Mélodie. Or, Mélodie va tomber amoureuse de Micha, tentant de dissimuler cette aventure à Charlotte. Le triangle amoureux est-il un triangle isocèle ou équilatéral, à partir du moment où se retrouvent abolies les barrières de sexe et de genre ? La réponse à cette équation est dans le dernier film de Jérôme Bonnell, qui pourtant n’a que faire des mathématiques. Son cinéma reste obstinément dans le viseur d’une tradition bien française héritée de la littérature et du théâtre, avec cette petite musique qui lui sert de style depuis Le Chignon d’Olga jusqu’au Temps de l’aventure. Il y aura donc des amant(e)s dans le placard – ou sur le rebord de la fenêtre – comme dans tout bon vaudeville qui se respecte ; et si le téléphone portable et les SMS font ici figure de portes qui claquent, cette mise à jour n’occulte pas les ressorts boulevardiers du scénario. Plus originale est la matière humaine que pétrit Bonnell : celle de ses jeunes acteurs, en particulier Anaïs Demoustier, qui semb

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Une nouvelle amie

ECRANS | De François Ozon (Fr, 1h47) avec Romain Duris, Anaïs Demoustier, Raphaël Personnaz…

Christophe Chabert | Mardi 4 novembre 2014

Une nouvelle amie

Argument de vente déjà bien calé en une des magazines, la transformation de Romain Duris en femme dans le nouveau film de François Ozon est son attraction principale. Il faut prendre le mot "attraction" au pied de la lettre : non seulement un phénomène freak plutôt réussi (Duris a souvent joué sur son côté féminin, mais le film se plaît à mettre en scène ce grand saut d’abord comme un apprentissage maladroit, puis comme une évidence naturelle) mais aussi le centre d’une névrose obsessionnelle qui saisit Claire (formidable Anaïs Demoustier, aussi sinon plus troublante que son partenaire) lorsqu’elle découvre que le mari de sa meilleure amie choisit de se travestir après le décès de son épouse. Embarrassée, troublée et finalement séduite, elle accompagne sa mue tout en la guidant pour des motifs opaques – voit-elle en lui une « nouvelle amie » prenant la place de la précédente ou un pur objet de désir ? Autant de pistes formidables qu’Ozon ne fait qu’ébaucher, préférant jouer à l’auteur démiurge épuisant les possibles de son scénario. On passe ainsi sans transition de Vertigo à La Cage aux folles, de Chabrol à Mocky, de la peinture ironique à la

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Gemma Bovery

ECRANS | D’Anne Fontaine (Fr, 1h39) avec Fabrice Luchini, Gemma Arterton, Jason Flemyng…

Christophe Chabert | Mardi 9 septembre 2014

Gemma Bovery

Martin Joubert, un boulanger féru de littérature, s’ennuie dans son petit village normand jusqu’à ce que débarquent de leur Angleterre natale Gemma Bovery et son mari Charles. À la fois troublé par la sensualité de la jeune femme et par sa ressemblance avec l’héroïne de Flaubert, Martin s’embarque dans un jeu fait de voyeurisme et de fantasmes, érotiques autant que littéraires, envers elle. Cette trame-là est de loin ce qu’il y a de plus intéressant dans le nouveau film d’Anne Fontaine, mais la cinéaste n’en tire aucun point de vue fort dans sa mise en scène. Plutôt que de coller au regard de Martin et à sa capacité à interpréter sauvagement la réalité en fonction de son désir et de ses références, elle va régulièrement filmer son contrechamp, ce qui tue instantanément toute ambiguïté et tout trouble. L’exemple évident est la relation entre Gemma et Hervé, le fils à maman friqué qui devient son jeune amant fougueux ; la scène où Martin "double" leur dialogue à distance est une belle idée, mais Fontaine la réduit à néant en enregistrant aussi la vraie conversation entre les deux tourtereaux. Cette manière tiède et rassurante de raconter son histoire introduit auss

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Voyage au bout de Luchini

SCENES | L’été à Grenoble, toutes les salles de spectacle sont fermées. Toutes ? Non, car la Basse cour tente cette fois-ci d’ouvrir en août, le mois le plus calme de l’année culturelle, en programmant notamment un excellent spectacle mêlant théâtre et humour. "Fabrice Luchini et moi" d’Olivier Sauton est ainsi le rendez-vous de l’été. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mercredi 23 juillet 2014

Voyage au bout de Luchini

Le spectacle s’appelle Fabrice Luchini et moi mais il pourrait aussi s’appeler Fabrice Luchini est moi. Un glissement sémantique qui illustre parfaitement l’incroyable prestation réalisée par le comédien Olivier Sauton : incarner Fabrice Luchini sur scène. Luchini, une figure française aux mimiques, à la gestuelle et à la voix reconnaissables entre mille que Sauton a parfaitement intégrée, jusqu’à sembler ne faire qu’un avec son modèle. Son Dieu même. Car dans son seul-en-scène, Olivier Sauton raconte comment un soir, alors qu’il n’était qu’un jeune con inculte à la recherche de gloire, il croise dans la rue le grand Luchini qu’il admire tant. Il lui demande alors de lui réciter une Fable de la Fontaine : ce sera la peu connue La Tortue et les deux Canards, dans laquelle Luchini voit de nombreux sous-entendus sexuels. Puis le jeune homme insiste carrément pour prendre des cours avec son idole, qui finira par accepter

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Bird People

ECRANS | De Pascale Ferran (Fr, 2h07) avec Anaïs Demoustier, Josh Charles…

Christophe Chabert | Mardi 3 juin 2014

Bird People

Face à Bird People, on ne peut nier que Pascale Ferran a des idées sur le monde ; et même, sans trop se forcer, qu’elle en a quelques-unes concernant la mise en scène, puisqu’elle arrive à rendre sensuel un environnement qui ne l’est pas le moins du monde – les chambres et les couloirs d’un grand hôtel en bordure d’aéroport. Mais voilà, ces idées-là ne font pas une œuvre de cinéma aboutie, plutôt une ossature désincarnée qui juxtapose les choses plutôt que de les faire vivre et dialoguer entre elles. Ainsi de la construction du film : un diptyque qui suit d’abord un riche homme d’affaire en plein burn out, décidant de laisser en plan business et famille, puis une femme de ménage aliénée par son travail et qui parvient enfin à voler de ses propres ailes. Ferran se garde le meilleur pour la fin (la première partie est absolument sans intérêt, enfonçant des portes ouvertes sans style ni passion) mais même lorsqu’elle ose le fantastique, elle le leste d’une voix off gnangnan et d’un discours social écrasant sur la précarité plus forte que la liberté. Le film est ainsi entièrement à analyser selon ses intentions, les événements à l’écran n’étant que le prétexte pour

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Alceste à bicyclette

ECRANS | De Philippe Le Guay (Fr, 1h45) avec Fabrice Luchini, Lambert Wilson…

Christophe Chabert | Lundi 14 janvier 2013

Alceste à bicyclette

À l’origine de l’« idée originale » du film, Fabrice Luchini a sans doute voulu s’offrir son Looking for Richard : une réflexion sur son métier d’acteur et sa confrontation avec un texte monstre de Molière, Le Misanthrope. Il y a d’ailleurs, dans Alceste à bicyclette, quelques scènes fascinantes où ce comédien génial abolit la frontière entre la réalité et la fiction et se montre seulement au travail, cherchant, hésitant, se reprenant jusqu’à trouver la note juste pour faire vivre sans pompe les alexandrins de Molière. Mais plutôt que de créer un dispositif fort autour de son acteur, Philippe Le Guay lui colle dans les pattes un sparring partner encombrant (Lambert Wilson, très moyen en acteur précieux rendu célèbre par un feuilleton médical sur TF1) et brode autour de pauvres intrigues de fiction qui sentent bon le téléfilm parfumé à la naphtaline. Dire qu’on se fout intégralement de la belle Italienne, du chauffeur de taxi ou de la jeune fille qui tourne des « films X » est un euphémisme, et pourtant, ce foutoir poussiéreux finit par prendre toute la place. Alceste à bicyclette projette Molière dans une médiocre pi

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Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

ECRANS | Passant après le calamiteux épisode Langmann, Laurent Tirard redonne un peu de lustre à une franchise inégale en misant sur un scénario solide et un casting soigné. Mais la direction artistique (affreuse) et la mise en scène (bancale) prouvent que le blockbuster à la française se cherche encore un modèle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 11 octobre 2012

Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

Dans quel âge se trouve le blockbuster français ? Économiquement, sans parler d’âge d’or, on peut dire que l’affaire roule ; même une chose laborieuse comme Les Seigneurs remplit sans souci les salles. Artistiquement, en revanche, on est encore à l’âge de pierre. La franchise Astérix en est le meilleur exemple : après le navet ruineux de Thomas Langmann, c’est Laurent Tirard, fort du succès glané avec son Petit Nicolas, qui a récupéré la patate chaude. Avec un budget quasiment divisé par deux (61 millions quand même !), il n’avait guère le choix : finies les courses de char dispendieuses et les packages de stars ; retour aux fondamentaux. Tirard et son co-auteur Grégoire Vigneron prennent ainsi deux décisions payantes : remettre le couple Astérix et Obélix au centre du film (ainsi que les comédiens qui les incarnent, Baer et Depardieu, excellents), et soigner un casting pour lequel chaque personnage semble avoir été écrit sur mesure. Il y a dans Au service de sa Majesté un petit charme très français du second rôle savoureux, plus digeste que la pr

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Dans la maison

ECRANS | De François Ozon (Fr, 1h45) avec Fabrice Luchini, Kristin Scott-Thomas, Emmanuelle Seigner…

Christophe Chabert | Jeudi 4 octobre 2012

Dans la maison

Germain Germain (bonjour Nabokov !) est un prof de français désespéré par la nullité de ses élèves. Alors qu’il lit leurs médiocres rédactions à sa femme qui, elle, tient une galerie d’art contemporain sur le thème sexe et pouvoir (bonjour Sade !), l’une d’entre elles sort du lot. L’élève y raconte son envie de s’introduire dans la maison de l’un de ses camarades pour s’approcher de cette vie bourgeoise, avec une mère archétypale des « femmes de la classe moyenne » (bonjour Flaubert !). Germain pense qu’il y a là un talent à canaliser, sans savoir qu’il met le doigt dans un dispositif dangereux : celui qui brouille la frontière entre la réalité et la fiction, mais aussi celui de François Ozon, qui déroule ici une mécanique ludique où l’on ne sait jamais si ce que l’on nous raconte est le fruit d’une narration objective, si celle-ci a été influencée par les conseils de Germain ou encore si elle n’est que le reflet de l’imagination de son élève. Le voyeurisme littéraire de l’un rencontre le voyeurisme réel de l’autre, et tout le monde finit par vivre son fantasme (d’auteur frustré, d’adolescent orphelin, de femme délaissée) par procuration. Ozon s’amuse manifestement – et

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Les Grandes personnes

ECRANS | d’Anna Novion (Fr, 1h24) avec Jean-Pierre Darroussin, Anaïs Demoustier…

François Cau | Vendredi 7 novembre 2008

Les Grandes personnes

Albert, père célibataire un rien trop protecteur, emmène sa fille Jeanne en vacance en Suède. Une fois arrivée, la famille décomposée se rend compte qu’elle va devoir cohabiter avec la propriétaire de la maison louée pour leur séjour et son amie française, suite à un malentendu. Tandis que Jean-Pierre Darroussin s’engonce dans le registre de bougon lunaire qui lui sied si bien au teint, Anaïs Demoustier tente de se soustraire à sa férule pour vivre sa vie d’ado. Une fois son socle narratif installé, Anna Novion opte de façon dommageable pour la demi-mesure : le récit ne sortira jamais des sentiers battus et s’acheminera vers son attendue conclusion, les confrontations entre les personnages s’opèreront sur un mode ludique mais toujours fugace, et le film ne se départira jamais de son statut de chronique évanescente en mode mineur, d’où émerge trop rarement une belle mélancolie. FC

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