"La Reine des Neiges II" : deux à la Neige

Cinema | De Jennifer Lee, Chris Buck (É.-U., 1h42) animation

Vincent Raymond | Mardi 19 novembre 2019

Photo : ©Walt Disney France


En paix avec sa sœur Anna et ses pouvoirs, Elsa règne désormais sur le royaume laissé par leurs parents. Mais un étrange appel qu'elle seule entend la pousse à aller vers une forêt enchantée réputée maudite. Là se trouvent les réponses aux questions qu'elle se pose depuis toujours…

Peut-être aviez-vous entendu parler du premier opus, qui avait connu son petit succès – en particulier dans les cours de récréation et les karaokés. Taillée dans le même bloc narratif, cette suite à l'avenant est servie avec un supplément de sucre glace : Anna et Elsa étant réconciliées, l'enjeu dramatique majeur n'est plus leur opposition sororicide, mais le risque que l'une soit séparée de l'autre par des antagonistes qui, à une exception près, ne s'avèrent pas bien redoutables. Pour le reste, l'animation et la qualité des textures (en particulier celles de l'eau) demeurent d'une virtuosité stupéfiante, chaque plan semblant se présenter comme un manifeste technologique.

Et naturellement, la bande-son se trouve saturée de chansons. Combien y en a-t-il ? Assurément trop et interchangeables pour Elsa et Anna racontant peu ou prou toujours des promesses de fin d'asservissement et de lendemains meilleurs – une sorte de positive attitude et de méthode Coué mise en musique. Le pompon revenant à Elsa osant un combo assez incroyable lorsqu'elle atteint un glacier emprisonnant les souvenirs de ses parents : changeant sa tenue pour un costume blanc éclatant, elle évoque un improbable mélange entre Gandalf et Céline Dion à Las Vegas dans la Forteresse de Solitude de Superman sur fond de Cinquième Élément. On en vient à préférer (et de loin !) les deux chansons plus légères du film : une tendre rengaine sur l'enfant qui grandit signée Olaf (meilleur personnage du film) et une ballade façon tube des années 1980 par le maladroit galant d'Anna, Christophe. On se demande si les auteurs n'ont pas apprécié cette autodérision…


La reine des neiges 2

De Jennifer Lee, Chris Buck (EU, 1h44) avec Charlotte Hervieux, Emmylou Homs, Dany Boon

De Jennifer Lee, Chris Buck (EU, 1h44) avec Charlotte Hervieux, Emmylou Homs, Dany Boon

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Pourquoi Elsa est-elle née avec des pouvoirs magiques ? La jeune fille rêve de l’apprendre, mais la réponse met son royaume en danger. Avec l’aide d’Anna, Kristoff, Olaf et Sven, Elsa entreprend un voyage aussi périlleux qu’extraordinaire. Dans La Reine des neiges, Elsa craignait que ses pouvoirs ne menacent le monde. Dans La Reine des neiges 2, elle espère qu’ils seront assez puissants pour le sauver…


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Danny Boon : « Avec "La Reine des Neiges 2", on va chercher l’émotion dans la sincérité »

Cinema | À nouveau interprète d’Olaf, le bonhomme de neige enfantin et généreux, Danny Boon a tiré le gros lot puisque son personnage est le plus réussi et doté de la plus jolie chanson. Propos recueillis lors de la rencontre parisienne avec l'équipe du film.

Vincent Raymond | Mardi 19 novembre 2019

Danny Boon : « Avec

Comment vous êtes-vous préparé pour le film ? Avez-vous écouté la voix originale ? Danny Boon : J’ai revu le premier parce que j’avais peur d’avoir mué (sourire). Le plus difficile, c’était de chanter à travers le personnage d’Olaf, même si j’adore chanter. J’ai eu la chanson 15 jours avant l’enregistrement, je l’ai écoutée, travaillée pour être à l’aise avec une coach fromidable, Claude Lombard. C’était important de s’approprier la chanson. Et jubilatoire de voir le public de l’avant-première réagir, rire et être ému. J’ai même des proches qui ont passé la quarantaine qui ont pleuré. Est-ce que le merveilleux de ces films vous influence dans votre propre travail d’auteur ? On se nourrit de ses expériences successives et des belles rencontres que l’on peut faire. Les enfants dans la rue me demandent souvent de faire la voix d’Olaf. Ensuite, ils me demandent où est Alice Pol et si j’ai vraiment détruit le château de Vaux-le-Vicomte dans Raid Dingue ! Le point commun, c’est que dans mes films et ce que j’écris, je me pose la question du rire des enf

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"Le Crime de l'Orient-Express" : crème de Poirot à la neige

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Kenneth Branagh n’a jamais manqué de panache. Las, le Britannique a eu l’exquise malchance de partager avec ses trop illustres devanciers Orson Welles et Laurence Olivier un goût structurant pour Shakespeare. De l’avoir défendu avec ferveur sur les planches et de s’être jeté dans plusieurs de ces adaptations ambitieuses qui, à moins d’un engouement aussi inespéré que soudain pour le théâtre élisabéthain, attisent la méfiance des studios comme du grand public. Toutefois, parce qu’il est à l’instar d’Orson et Lawrence un comédien éclectique prenant du plaisir à (tout) jouer, le cinéaste n’a jamais été mis au ban du métier. Il s’est même refait du crédit auprès des financeurs en signant du blockbuster pour Paramount et Disney. Envisageait-il déjà de redonner jeunesse et visage neufs au héros iconique d’Agatha Christie ? Le revoici en position de force à sa place favorite : des deux côtés de la caméra, en route pour une potentielle franchise. Son Poirot embarque ici in extremis à bord du train de luxe pour un trajet agité : son wagon va se trouver immobilisé et il aura à résoudre le meurtre d’un antipathique passager, que tous les autres voyageurs

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Garden state, premier film de Zach Braff, héros inoubliable de la série médicalo-comique Scrubs, avait enchanté à l’époque par son élégance pop, son parfait dosage entre humour et mélancolie et la stylisation de sa mise en scène – avec, en bonus, le charme inaltérable de Natalie Portman. En apparence, Le Rôle de ma vie tente de reprendre la même formule : un acteur raté doit pallier ses problèmes financiers, donner un second souffle à son couple, tenter d’éduquer ses enfants, renouer le lien avec son geek de frère et se préparer à la mort prochaine de son père, rongé par un cancer. Le tout avec une touche de comédie juive – source des meilleures vannes du film – et un poil d’ironie vis-à-vis de son propre métier. Qui trop embrasse, mal étreint, selon le proverbe ; c’est effectivement le cas ici, puisque Zach Braff tente de mener de front l’ensemble des micro-intrigues qui composent son récit (on ne les a même pas toutes citées ici) sans en privilégier aucune, ne faisant du coup que les survoler, échouant à donner au film une échine dramatique forte. Plutôt qu’un long-métrage de cinéma, et malgré quelques audaces de réalisation (pas forcément co

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