"La Famille Addams" : masure douce masure

Cinema | De Conrad Vernon & Greg Tiernan (É.-U., 1h27) animation

Vincent Raymond | Mardi 3 décembre 2019

Photo : ©Universal International Pictures


Alors que le jeune Pugsley Addams prépare sa Mazurka, la sinistre quiétude du manoir familial est perturbée par un chantier dans le voisinage : la construction d'un lotissement empestant la joie de vivre, sous la houlette d'une animatrice télé qui envisage de "redécorer" la demeure Addams…

Quelque part, il y a une forme de logique à ce que la bande dessinée de Charles Addams, jadis adaptée en série télé, puis en longs métrages en prises de vues réelles, puis en série animée pour la télévision, revienne sur le grand écran en film d'animation. D'abord, parce que la tendance du moment – éprouvée et approuvée par Disney – est de rentabiliser une licence sous toutes ses formes ; ensuite parce que dans le cas particulier de la Famille Addams, il aurait été presque inconvenant de laisser ces personnages reposer en paix sans pratiquer sur eux quelque opération frankensteinesque. C'est l'avantage des monstres et autres figures du monde macabre : il ne peuvent guère souffrir d'une atteinte à leur intégrité !

Vernon et Tiernan jouent donc sur du velours en convoquant ces vieilles connaissances et leur épouvante d'opérette dont les pré-ados (du genre de Tim Burton) raffolent. Derrière les us et coutumes déviants de cette tribu cadavérique, et malgré la vraie-fausse rébellion de l'aînée Mercredi, l'idée est de montrer que les Addams restent soudés comme une famille. Et que les vrais monstres sont les gens normaux cachant leurs vices secrets, et tout particulièrement la promotrice du lotissement. Pas de révélation, donc. La vraie surprise, c'est que Kev Adams — voix de Gomez en français — se met au service de son personnage.


La famille Addams

De Conrad Vernon, Greg Tiernan (ÉU, 1h27), animation

De Conrad Vernon, Greg Tiernan (ÉU, 1h27), animation

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Les nouvelles aventures de la Famille Addams.


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La Grande journée des enfants, c'est dimanche aux Pathé

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Vincent Raymond | Jeudi 14 novembre 2019

La Grande journée des enfants, c'est dimanche aux Pathé

Vous l’attendiez, la revoici : le bisannuel rendez-vous consacré aux films d’animation destinés au jeune public est de retour. Rendez-vous au Pathé Grenoble et au Pathé Échirolles et au Pathé Grenoble, dimanche 17 novembre à partir de 11h. Le principe reste inchangé : deux avant-premières et la reprise d’un film du 'patrimoine', en tout cas d’un succès ayant un peu de bouteille. Plus que de la bouteille, c’est de l’assiette que peut revendiquer Ratatouille (2008) issu des cuisines Pixar. Projeté à 14h, il sera pris en sandwich entre Samsam (11h) le plus petit des grands héros de l’espace, et La Famille Addams (16h30) en version animée, donc. Bon appétit.

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"Alad'2" : pareil, et en moins bien

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"Love addict" : pour un flirt avec Kev Adams...

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Séducteur compulsif, Gabriel a perdu son dernier job à cause de son… inextinguible besoin de conquérir les femmes. Pour conserver son nouveau poste, il a recours aux services d’une psy reconvertie coach, Marie-Zoé. Leur animosité mutuelle ne cache-t-elle pas une vague attirance ? Et si le problème cardinal des films avec Kev Adams, c’était tout simplement Kev Adams ? Dans son genre, Love Addict n’est pas si mal : pour qui s’est infligé Gangsterdam ou Les Aventures d’Aladdin, c’en est presque miraculeux. Car il s’agit d’une variation ne disant pas son nom – se peut-il qu’elle s’ignore ? – et assagie du délirant What’s New Pussycat ? (1965) de Clive Donner. Jadis scénarisée par Woody Allen, cette comédie sur un impénitent collectionneur prend au passage une sale teinte ironique à présent que ce dernier est considéré comme un vieux satyre. Le réalisateur Frank Bellocq

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"La Prunelle de mes yeux" : maladroit de regard

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Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

Tout commençait pourtant bien, par le choix d’exhumer pour la B.O. une excellente chanson des mésestimés The Gist, Love At First Sight. Et puis sur l’affiche, la pétillante Mélanie Bernier avec son sourire éclatant… Après Un peu, beaucoup, aveuglement, elle enchaîne une nouvelle romance dans laquelle elle ne voit pas son galant — mais cette fois car elle est atteinte de cécité. Le coquin, c’est son nouveau voisin, un joueur de rebétiko raté, qui va feindre d’être lui aussi aveugle. D’abord chien et chat, le duo finira par s’accorder. Très référencée comédie sentimentale à l’américaine, cette petite chose possédait de bonnes intentions, mais hélas pas le rythme adéquat pour une fantaisie trépidante : ses baisses de tonus et son écriture laborieuse le plombent rapidement. Demeurent quelques inattendues trouées d’humour, dont une à mettre au crédit du scénariste-réalisateur Serge Bozon – son épouvantable La France (2006) hante pourtant encore nos mémoires. Ici interprète d’un voisin rockeur, il est hilarant en rebelle de carton à la nonchalance du supérette et aux répliques fanées. On sent quasiment son odeur fauve vieux célibataire. Les yeux fe

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"Sausage Party" : voulez-vous consommer avec moi ce soir ?

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ECRANS | De Édouard Pluvieux (Fr., 1h38) avec Kev Adams, Vincent Elbaz, Paul Bartel…

Vincent Raymond | Samedi 13 février 2016

Amis publics

Régulièrement moqué pour l’indigence de son jeu se résumant à des grimaces de dragueur et des vannes d’élève de seconde écarquillant des prunelles comme Marisol Touraine, Kev Adams a certainement voulu prouver qu’il était au moins aussi grand tragédien que, disons, Lorànt Deutsch (pour citer un classique). Alors, pour démontrer aux incrédules l’étendue de ses talents, il a fait écrire sur mesure cette histoire de petit frère cancéreux par la faute d’une méchante-vilaine entreprise l’obligeant à commettre une infernale suite d’actes contre-nature ou héroïques : cambrioler des banques, se raser la tête, se déguiser en policier, prendre un air concerné sourcils froncés, tourner un film à Lyon… Force est de reconnaître que dans cet emploi dramatique, sa désinvolture à l’écran atteint des sommets – le pire étant qu’elle contamine en sus tous ses partenaires. Vivement qu’un scientifique découvre un vaccin contre le syndrome Tchao Pantin !

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Madagascar 3 : Bons baisers d’Europe

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Aurélien Martinez | Lundi 4 juin 2012

Madagascar 3 : Bons baisers d’Europe

Le combat feutré que se mènent Pixar et Dreamworks est avant tout une question de méthode : là où Pixar choisit de miser sur la créativité d’une solide équipe interne (au risque de la fuite des cerveaux, cf Brad Bird et Andrew Stanton), Dreamworks pratique le débauchage. En recrutant Guillermo Del Toro comme directeur artistique, le studio a d’abord amélioré le design de ses productions, jusqu’ici d’une rare laideur ; le voilà qui, maintenant, va chercher ses auteurs dans le cinoche indépendant le plus pointu. Ainsi retrouve-t-on au scénario de Madagascar 3 Noah Baumbach, complice de Wes Anderson et réalisateur de jolis films comme Les Berkman se séparent et Greenberg. Ben Stiller, qui prête sa voix au lion Alex dans la série, a sans doute exfiltré Baumbach et lui a mis entre les mains cette nouvelle aventure où les animaux du zoo de New York tentent de retrouver leurs pénates en faisant un crochet européen où ils croisent le destin d’un cirque en pleine panade. Europe-bashing Madagascar 3 commence très fort avec une scène de cauchemar se référant à Salvador Dali, puis par un morceau de bravoure hallucinant où la bande s’introduit dan

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