Doublé Capra : du bonheur pour cinéphiles

Reprises | Le grand cinéaste américain est à l'honneur du Ciné-Club et de la Cinémathèque de Grenoble, qui projettent deux de ses films parmi les plus emblématiques les 18 et 20 décembre.

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Photo : ©DR


Heureux cinéphiles grenoblois qui, en moins d'une semaine, vont se régaler les yeux avec deux classiques de Frank Capra ! On pourrait parler de hasard de programmation entre le Ciné-Club et la Cinémathèque, mais y a-t-il vraiment un hasard à l'approche de Noël lorsque l'un des deux films projetés se trouve être La Vie est belle (photo, 1946) ? Depuis sa sortie, ce long métrage est aux États-Unis indissociable des fêtes de fin d'année, tant il incarne l'esprit (et le miracle) de Noël. On y suit George, un brave type (le prototype de l'altruiste capresque, incarné par Jimmy "homme-de-la-rue" Stewart) sur le point de se supprimer, sauvé grâce à l'intervention providentielle d'un apprenti ange lui révélant à quel point le monde serait un enfer pour les autres s'il n'existait pas. Malgré les années, l'histoire demeure très moderne, si l'on y réfléchit : l'ange a recours à une vérité alternative pour étayer ses propos, et fait œuvre de coach en développement personnel pour convaincre George de sa valeur intrinsèque. Soooo 2019 !

Autre monument, mais au rayon comédie dramatique, New York-Miami (1934) avec Claudette Colbert et Clark Gable, buddy & road movie mixte avant la lettre, à la fois primesautier et audacieux pour l'époque. Elle est une fille à papa, lui un journaliste au chômage ; ils se rencontrent, s'asticotent, cohabitent le temps de transiter entre les deux villes, avant de constater qu'ils s'aiment. Ça n'a l'air de rien, mais c'est charmant et d'une efficacité intacte. Le film avait jadis remporté les cinq plus prestigieux Oscars (film, réalisateur, scénario, actrice, acteur). Faites le voyage à votre tour…

La vie est belle et New York-Miami
Au cinéma Juliet-Berto mercredi 18 et vendredi 20 décembre à 20h

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Frank Capra, grand cinéaste pour toujours

ECRANS | Pourquoi Frank Capra a-t-il bénéficié, au sein de la critique française, de moins de littérature élogieuse que certains de ses contemporains cinéastes comme (...)

Christophe Chabert | Mardi 28 avril 2015

Frank Capra, grand cinéaste pour toujours

Pourquoi Frank Capra a-t-il bénéficié, au sein de la critique française, de moins de littérature élogieuse que certains de ses contemporains cinéastes comme Howard Hawks, Ernst Lubitsch ou John Ford ? Pourtant, qui n’a pas pleuré devant La Vie est belle ? Ri devant New-York Miami ? Éprouvé un frisson lors du grand discours de James Stewart à la fin de Monsieur Smith au Sénat ? Réaction franco-française face à un cinéaste ô combien américain, c’est-à-dire fier de son pays même s’il n’hésite pas à en critiquer le fonctionnement – avec dans l’idée, centrale chez lui, de l’améliorer en le rendant plus à l’écoute du peuple. Fils de paysans italiens, arrivé en Amérique à l’âge de 6 ans, marqué par les ravages de la dépression de 1929, Capra adopte les valeurs (libérales) et l’esprit patriotique américains. Après des débuts chaotiques, il trouve son style en prenant pleinement la mesure de ce qu’est un spectacle cinématographique fédérateur : il accélère le rythme et travaille sa mise en scène pour intensifier les émotions sur l’écran. Ses premiers films, très rares (Amour défendu, La Ruée et La Grande muraille) sont pour

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