"Le Parrain, 2ème partie" : Premiers pas dans la mafia

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Photo : ©DR


La chose semblera aberrante à notre époque mondialisée, où n'importe quel film se retrouve simultanément sur tous les écrans du globe, mais il fut un temps où les plus grandes productions états-uniennes prenaient plus de six mois pour traverser l'Atlantique. Ainsi, afin de découvrir la seconde époque de la saga mafieuse de Coppola, les spectateurs français durent attendre août 1975, soit 8 mois après la "première" californienne. Presque trois fois plus longtemps que ce que le public du Ciné-Club aura eu à patienter entre Le Parrain et sa suite ! Le film est programmé mercredi 8 décembre à 20h au Cinéma Juliet-Berto.

C'est précédé d'une moisson d'Oscars inédite pour une suite, justement, que Le Parrain, 2e partie, débarque sur les écrans hexagonaux : auréolé de la statuette du meilleur film et meilleur réalisateur, doublement en lice avec Conversation secrète (qui avait ravi la Palme d'Or l'année précédente), le tout juste quadragénaire Francis Ford Coppola a triomphé d'une cérémonie consacrant le Nouvel Hollywood. Mais si les films de ou avec Mazurski, De Niro, Scorsese, Tavoularis figurent au palmarès, celui de Coppola est paradoxalement un parangon de nostalgie. Non seulement il prolonge l'univers visuel ambré de la famille Corleone à la fin des années 1950 voyant l'ascension de Michael, mais il raconte aussi en parallèle l'enfance et l'avénement de son père Vito, fondateur de la "famille". À la fois prologue et épilogue du Parrain initial, il offre la science de la couleur (merci Gordon Willis), l'audace narrative des sixties et le jeu de l'Actor Studio au film noir classique ; une de ces synthèses fédératrices qui emballent et résistent au temps parce qu'elles appartiennent à toutes les époques. Un film qu'on ne se contente pas de voir : qu'on revoit.

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Le Pathé Chavant se la joue "Parrain"

ECRANS | Le deuxième volet de la trilogie signée Francis Ford Coppola sera projeté vendredi au Pathé Chavant. Plus qu'une suite, un chef-d'œuvre à lui tout seul.

Vincent Raymond | Mardi 31 mai 2016

Le Pathé Chavant se la joue

Le Pathé Chavant vous fait une proposition que vous ne pouvez refuser : découvrir sur grand écran la plus flamboyante suite que le Nouvel Hollywood n'ait jamais produite – et la seule à avoir remporté comme le premier opus l’Oscar du meilleur film. Davantage qu’une simple suite, Le Parrain 2e Partie est hanté par le premier volet, dont il constitue à la fois le prologue et la prolongation. Coppola y déploie une dramaturgie lente et implacable, montrant l’avènement parallèle des deux chefs de la “famille“ : Vito, le père construisant l’empire (campé par le jeune Bob DeNiro, récoltant comme Brando une statuette pour son interprétation du personnage, mais celle du second rôle) et Michael Corleone, le fils contraint de récupérer l’encombrant héritage… parvenant à le faire fructifier malgré ses scrupules initiaux. Coppola, comme touché par la grâce, traverse sa décennie prodigieuse. Composée comme un opéra, rythmée par les thèmes envoûtants de Nino Rota et Carmine Coppola, sa fresque virtuose ne se résume pas à une histoire folklorique de gangsters, certes matricielle de toute évocation ultérieure de la mafia ; elle dépeint tout un pan

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Twixt

ECRANS | De Francis Ford Coppola (EU, 1h29) avec Val Kilmer, Elle Fanning, Bruce Dern...

François Cau | Vendredi 6 avril 2012

Twixt

Adoptant l'adage bressonien voulant que le public ne sache pas ce qu'il veut, Francis Ford Coppola ne se soucie plus de plaire, il est libre. L'Homme sans âge et Tetro annonçaient cette nouvelle condition surgissant comme un long processus de maturation dans sa carrière. Twixt lui ouvre une nouvelle voie, plus escarpée, plus radicale, qu'il faut atteindre avec la même exigence folle que son auteur. On ne trouvera pas chez lui d'objet plus vertigineux que cet épisode des Contes de la crypte tourné comme un film d'avant-garde rétro futuriste. Chef-d' œuvre total aux allures de série B hybride, Twixt dresse une grande ligne verticale dans la filmographie de Coppola. Pour en sortir un méta-film onirique flottant sur les terres détournées de Stephen King ; un voyage mélancolique où le spectre d'Edgar Allan Poe guide Val Kilmer, écrivain sur le déclin, dans les limbes rêvées où gît le deuil de sa fille. Les grands motifs de l'auteur se mélangent : le temps, détraqué et ici gigogne, emboîte les images et son personnage dans un dédale dément de fondus enchainés. Des vampires aux airs de Rusty James traversent à moto des plan

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