"Le Lion" : l'espion qui venait de l'asile

ECRANS | De Ludovic Colbeau-Justin (Fr., 1h35) avec Dany Boon, Philippe Katerine, Anne Serra…

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

Photo : ©Jean-Marie Leroy


Médecin en hôpital psychiatrique, Romain s'est vu confier le cas de Léo Milan, "le Lion", un malade surexcité se disant agent secret. Quand la compagne de Romain disparaît, le Lion y voit un coup des services ennemis et accepte d'aider son toubib, à condition qu'il le fasse évader…

Inépuisable mais loin d'être simple à réussir, le buddy movie est un genre payant lorsque sa mécanique, bien huilée, est respectée : il suffit en général d'allier deux caractères dissemblables, et plus spécifiquement d'adjoindre à un costaud sûr de lui un velléitaire ayant le tracassin (clown banc & auguste), et de les plonger dans une quête : compte à rebours, poursuite, fuite etc. Force est de constater que les scénaristes du duo Matt Alexander ont respecté les codes à la lettre. Et que l'association fonctionne entre Dany Boon – de plus en plus attiré par les emplois physiques – et Philippe Katerine — qui ne surexploite pas ici, à raison, son aura de Pierrot lunaire.

Cavale burlesque autant que film d'action dans la lignée des Bébel-Lautner (la B.O. très blaxploitation en rajoute une jolie couche vintage années 1970), la réalisation de Ludovic Colbeau-Justin est à la hauteur de celle du Zidi de La Totale, auquel Le Lion renvoie également — et qui, on s'en souvient, inspira True Lies à James Cameron. Chat le fait.

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Katerine à confesse

Pop | Retour en forme olympique d'un très grand Katerine, livrant avec Confessions sa complexité évangélique comme on s'offre entièrement. La Belle Électrique est promise à la renverse.

Stéphane Duchêne | Mardi 28 janvier 2020

Katerine à confesse

Allez donc le choper, le Katerine : réalisateur what the fuck (Peau de cochon) ; clown chez Gilles Lellouche et Éric Judor ou dans Le Lion aux côtés de Dany Boon, panouillant chez Claire Denis ou Jonathan Demme ; ancien roi confidentiel de l'easy-listening intronisé mangeur de banane ; chevauchant de concert avec Arielle Dombasle et Alkpote, The Herbaliser et Pink Martini ; reprenant M

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Boon et Youn

ECRANS | L’Alpe d’Huez (jusqu’au 19 janvier) étant le grand rendez-vous de la comédie française et Grenoble étant sur la route du festival, il n’est pas étonnant que (...)

Vincent Raymond | Vendredi 10 janvier 2020

Boon et Youn

L’Alpe d’Huez (jusqu’au 19 janvier) étant le grand rendez-vous de la comédie française et Grenoble étant sur la route du festival, il n’est pas étonnant que quelques équipes marquent l’étape pour rencontrer le public à l’occasion d’avant-premières. En l’occurence, c’est au Pathé Échirolles que Dany Boon s’arrêtera avec Le Lion, suivi quelques jour plus tard par Michaël Youn et Divorce Club. L’un est en-dehors, l’autre figure dans la compétition du festival. Au Pathé Échirolles et Chavant, le 15 janvier à 14h45 et le 19 à 15h35

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"Le Dindon" : Feydeau-do

ECRANS | De Jalil Lespert (Fr., 1h25) avec Dany Boon, Guillaume Gallienne, Alice Pol…

Vincent Raymond | Mardi 24 septembre 2019

Séducteur impénitent, Pontagnac suit chez elle Victoire qu’il aimerait mettre dans son lit, ignorant qu’elle est l’épouse de son ami Vatelin. Quand celui-ci apparaît, il faut composer. Encore plus quand un autre soupirant de Victoire débarque. Et davantage à l’irruption de Mme Pontagnac… Transposer une pièce de Feydeau : pourquoi pas ? La situer au début des années 1960 : l’idée se défend, révélant à quel point les codes de la bourgeoisie patriarcale ont peu évolué jusqu’au schisme sociétal de 68. Reste la question de l’adaptation de Jalil Lespert… C’est-à-dire pas uniquement un ripolinage cosmétique visant à "actualiser" ici quelques répliques, là du décor, ailleurs des situations ou des personnages ; juste rendre le matériau compatible avec les contraintes propres à l’écran. Bien sûr, il ne faut pas attendre d’un vaudeville sa métamorphose en fresque de David Lean (ce serait un contresens stupide) mais à tout le moins qu’il trouve une équivalence dans sa mécanique rythmique. Ici, seul le deuxième acte parvient à s’abstraire de la langue pour donner vie aux corps en osant burlesque et absurde : le premier reste prisonnier d’une exposi

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Philippe Katerine sera à la Belle électrique en février

Annonce | Ce n’est pas parce que notre panorama musique et spectacle vivant vient d'être publié que les annonces des salles s’arrêtent. La preuve : la Belle (...)

La rédaction | Jeudi 19 septembre 2019

Philippe Katerine sera à la Belle électrique en février

Ce n’est pas parce que notre panorama musique et spectacle vivant vient d'être publié que les annonces des salles s’arrêtent. La preuve : la Belle électrique nous a récemment informés qu’elle recevrait l’immense et bien barré Philippe Katerine samedi 1er février pour défendre Confessions, son dixième album à paraître en novembre (avec pas mal d'invités comme il l'explique dans la petite vidéo ci-dessous). Degré d’excitation extrême de notre côté. Du vôtre, ça vous laisse un peu de temps pour relire (et écouter) notre article « Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons » toujours disponible ici.

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"Yves" : robot après tous

ECRANS | Un rappeur en échec se retrouve propulsé au sommet grâce à l’aide de son réfrigérateur intelligent, qui va peu à peu exciter sa jalousie… Une fable contemporaine de Benoît Forgeard sur les périls imminents de l'intelligence artificielle, ou quand l’électroménager rompt le contrat de confiance. Grinçant.

Vincent Raymond | Lundi 24 juin 2019

En galère personnelle et artistique, Jérem (William Lebghil) s’est installé chez sa feue grand-mère pour composer son album. Mentant sur sa situation, il s’inscrit pour devenir testeur d’un réfrigérateur tellement intelligent baptisé Yves qu'il va devenir son valet, son confident, son inspirateur et finalement son rival… Mieux vaut rire, sans doute, de la menace que constituent les progrès de l’intelligence artificielle et le déploiement – l’invasion – des objets connectés dans l’espace intime. D’un rire couleur beurre rance, quand chaque jour apporte son lot "d’innovations" dans le secteur du numérique et des assistants personnels ou de l’agilité des robots androïdes. Sans virer dans le catastrophisme ni prophétiser pour demain le soulèvement des machines décrit par la saga Terminator, mais en envisageant un après-demain qui déchante lié à l’omniprésence de ces technologies ou à notre tendance à tout leur déléguer inconditionnellement. Mister Freezer Yves n’es

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"La Ch’tite famille" : Dany Boon ne perd pas le Nord

ECRANS | de et avec Dany Boon (Fr., 1h47) avec également Laurence Arné, François Berléand, Line Renaud…

Vincent Raymond | Lundi 26 février 2018

Designer star, Valentin s’est créé un passé d’orphelin par honte de sa famille nordiste prolétaire. L’irruption inopinée de celle-ci chamboule son quotidien ultra-maniaque et est la cause indirecte d’un accident le rendant amnésique mais aussi ch’ti à nouveau. Un malheur ? Une chance. On se souvient que le précédent Dany Boon, Raid dingue​ (2017), était littéralement inégal : après un début burlesque très convenable, le film s’enlisait dans la gaudriole franchouillarde improbable à base de travestis avec accent d’Europe centrale – Christian Clavier aurait été lapidé s’il s’était commis là-dedans. Par un effet de symétrie assez singulier, La Ch’tite famille souffre d’un commencement désastreux (sur-caricatures de bouseux du Nord et de Parisiens prétentieux, défilé de copains people, décors hurlant le studio), que rattrape une suite à dominante tendre, illuminée par Laurence Arné – dont le personnage insupportable de prime abord évolue (et c’est heureux) très favorablement. Ce retour aux basiques a tout de la piqûre de rappel inconsciente : Dany Boon doit sa gloire et sa fortun

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"C’est tout pour moi" : joyeuse Nawell (Madani)

ECRANS | de Nawell Madani & Ludovic Colbeau-Justin (Fr., 1h43) avec Nawell Madani, François Berléand, Mimoun Benabderrahmane…

Vincent Raymond | Lundi 27 novembre 2017

Encore un "self-biopic" ? Et d’une stand-upeuse en plus, qui malgré son jeune âge (34 ans) prétend nous narrer son incroyable parcours contrarié vers le succès ? En effet. Mais défiez-vous des a priori : en dépit d’un argument cousu de fil blanc et d’un charmant égocentrisme bien canalisé, Nawell Madani signe une très agréable comédie autocentrée, avec la dose de distance, de dérision et de griffures pour éviter le prospectus ou le mélo, qui de surcroît tient sur la longueur. Combien "d’épopée" d’artistes s’essoufflent après vingt minutes ayant duré sept heures ? Nawell Madani s’est certes nourrie d’épisodes réels pour construire son film, mais la part de vécu authentique comme le contexte de la découverte de sa "vis comica" importent peu, l’essentiel étant que le personnage qu’elle interprète à l’écran ait une cohérence dramatique solide. Singulièrement, ce n’est pas la battante, la performeuse efficace ni la belle plante qui ressort de ce portrait, mais la candide ; la jeune femme sincère dont une meute de vautours aux aguets (escrocs et/ou confrères de la scène) profitent sans complexe. Quant à sa mise en lumière des coulisses des "comed

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"Un beau soleil intérieur" : rayonnante Juliette Binoche pour éteinte Claire Denis

ECRANS | de Claire Denis (Fr., 1h34) avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine…

Vincent Raymond | Mardi 26 septembre 2017

Isabelle, parisienne à la quarantaine flamboyante, traverse une mauvaise passe sentimentalement parlant. Les hommes ne manquent pourtant pas dans sa vie : un amant balourd, son ex mesquin, un jeune comédien qui boit trop, un voisin fantasque. Mais aucun ne ranime sa petite flamme… Tout musicien qui se respecte éprouve, en présence d’un stradivarius, la nécessité de le faire vibrer entre ses doigts. Juliette Binoche est de ce bois dont les instruments d’exception sont faits : une source d’inspiration, de vie et de naturel à même de sauver bien des scripts défaillants ; un sauf-conduit pour film sans centre de gravité. Un beau soleil intérieur ne tient que sur (et grâce à) elle : Claire Denis se contente de la filmer dans tous ses états (une aubaine), chopant forcément des instants magiques de vérité au milieu d’un océan de pas grand-chose. C’est moins ouvragé que lorsque Sautet façonnait du sur-mesure pour Romy Schneider. Le pompon du "what the fuck" revient au face-à-face final avec Depardieu jouant les médiums, balafré par le générique. Aucun plan ne montre les deux comédiens ensemble – m

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Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons

Playlist | Depuis 25 ans, Philippe Katerine se promène dans le vaste monde de la chanson française, naviguant à sa marge tel un dadaïste pop tout en produisant par moments, et presque sans le faire exprès, de véritables tubes. Pour bien comprendre tout le génie qui se cache derrière le personnage fantasque, on remonte le fil de l’histoire en dix titres emblématiques de son parcours.

Aurélien Martinez | Lundi 13 mars 2017

Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons

1996 : Parlez-vous anglais Mr Katerine ? Après Les Mariages chinois, premier album qu’il enregistre tout seul dans son coin, et L'Éducation anglaise, deuxième tentative sur laquelle il ne chante carrément pas (c’est sa sœur et sa compagne de l’époque qui s’y collèrent), Phillipe Katerine publie en 1996 Mes mauvaises fréquentations, bijou qui lancera véritablement sa carrière. On perçoit déjà un côté gentiment décalé, à l’image de ce Parlez-vous anglais Mr Katerine ? très bossa-nova, même si le plus grand des voyants aurait bien eu du mal à prédire la voie (ou plutôt les voies) suivie(s) ensuite par Katerine. 1999 : Je vous emmerde Présent sur Les Créatures, album ambitieux enregistré avec la formation jazz et musique improvisée The Recyclers, ce morceau emmène Katerine sur un terrain qu’il va de plus en plus affectionner au fil des ans : celui de la chanson théâtrale, où la forme compte autant que le fond. Ici, c’est un Katerin

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Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Panorama rentrée 2017 | Les prochains mois, il y aura du bon, voire du très bon, à écouter dans les salles grenobloises et de l'agglo. On vous détaille nos coups de cœur.

La rédaction | Mardi 3 janvier 2017

Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Yael Naim et le Quatuor Debussy À la faveur d'un concert exceptionnel à Lyon en 2015, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable et plus travaillée. La chanteuse et le quatuor baroque ont donc lancé une tournée qui revisite avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de la franco-israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. À la Rampe (Échirolles) Jeu 12/01 et ven 13/01 _______ Camera Les années 1970 inspirent plus que jamais les artistes d'aujourd'hui et ce ne sont pas les Berlinois de Camera qui diront le contraire. Figure de proue de la renaissance du krautrock, ce genre tombé aux oubliettes pendant de longues années, le trio guitare-clavier-batterie n'a rien de conventionnel. Il épr

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"Hibou" : petit premier film pour Ramzy Bedia

ECRANS | de & avec Ramzy Bedia (Fr., 1h23) avec également Élodie Bouchez, Étienne Chicot, Philippe Katerine…

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

Si vous avez vu Frank (2015) de Lenny Abrahamson, portrait du leader d’un groupe de rock recouvrant sa tête d’une sphère pour parvenir à affronter le monde extérieur ; si vous avez lu/vu La Moustache (2005) d’Emmanuel Carrère, l’histoire d’un malheureux qui, après avoir rasé son attribut pileux, constate avec effroi que personne ne remarque la différence et finit par s’interroger sur sa propre existence ; alors vous pouvez faire l’impasse sur Hibou racontant comment un type ignoré par tous soigne sa self-estime en enfilant un costume de grand-duc – l’oiseau, pas l’artisto. Le style de Quentin Dupieux, dont Ramzy Bedia est un fidèle, se devine à chaque recoin, mais dans des dilutions homéopathiques. Car il ne suffit pas de convoquer des personnages aux mœurs saugrenues dans une ville d’Amérique du Nord ni se revendiquer Gondry pour signer un film d’avant-garde. Ici, les ruptures ne sont pas des ellipses, mais des trous dans un scénario bâclé ou mal bouclé, et la candeur trop appuyée pour être honnête. Son argument de départ tenant de l’anecdote

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Gaz de France

ECRANS | De et avec Benoît Forgeard (Fr., 1h26) avec Olivier Rabourdin, Philippe Katerine, Alka Balbir…

Vincent Raymond | Mardi 12 janvier 2016

Gaz de France

À l’image de son auteur-interprète Benoît Forgeard ou de son comédien principal Philippe Katerine (qui vont jusqu’à l’incarner à la ville dans leur esthétique vestimentaire et leur art de vivre kitsch-vintage), Gaz de France cultive un ton décalé épris de non-sense. Une sorte de burlesque froid et languide, dont les effets comiques naissent d’une improbable combinaison entre l’absurde, le contemplatif et le bavard musical. Pas tout à fait ratée, ni vraiment réussie, cette farce auteuriste et bariolée empruntant à la politique-(science-)fiction use de diverses stratégies pour compenser un budget qu’on suppose étriqué. Les décors, d’abord, sans doute voulus comme arty, design et épurés ; hélas, ils trahissent plutôt le carton-pâte fauché. Reste la distribution, solide, rehaussée par la présence magnétique d’Alka Balbir. Voilà en l’occurrence un procédé aussi déloyal que pervers, puisqu’il vise à obtenir notre libidineuse et concupiscente indulgence. Nous ne sommes pas dupes… *soupir*

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Supercondriaque

ECRANS | De et avec Dany Boon (Fr, 1h47) avec Kad Merad, Alice Pol...

Benjamin Mialot | Mardi 25 février 2014

Supercondriaque

« Ne te déplaise... Je n´aime que la comédie à la française ! » chantait la Ruda Salska au début du siècle, listant dans un de ces tubes festivo-lettrés dont elle avait le secret de poilantes pellicules de Pierre Richard, Philippe de Broca ou Joël Seria. À la vision du dernier méfait de Dany Boon, énième clou rouillé dans le cercueil du genre, on se dit que le groupe aurait été bien en peine de l'actualiser. Rien à sauver en effet dans cette histoire d'hypocondriaque que la fille de son médecin traitant confond avec le chef d'une rébellion sévissant dans un état balkanique fictif (à ce niveau, ce n'est plus de la "capillotraction", c'est du scalp à mains nues), sorte d'adaptation consensuelle et lourdement archétypale du Malade imaginaire par le prisme de La Totale de Claude Zidi. Surtout pas l'interprétation de son réalisateur : si derrière la caméra, Boon se prend pour le Francis Veber de la grande époque (toute proportion gardée), il n'évoque devant, avec ses grimaces pantelantes et ses cris de trisomique malentendant, qu'un Michel Leeb lancé dans un numéro d'imitation de Sinok, le colosse bercé trop près du m

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Eyjafjallajökull

ECRANS | D'Alexandre Coffre (Fr, 1h32) avec Valérie Bonneton, Dany Boon

Christophe Chabert | Mardi 24 septembre 2013

Eyjafjallajökull

Tel le produit d’une éruption volcanique incontrôlée, Eyjafjallajökull est un grand mixe de comédie des contraires façon Francis Veber, de comédie du remariage style Hollywood classique et de comédie cartoonesque tendance Vil le coyote. Sur le papier, un tel projet paraît enthousiasmant… Mais avec Dany Boon dans le coffre arrière – littéralement, lors d’une séquence du film – puis une main sur le volant du scénario et un œil dans le rétro de la mise en scène, c’est évidemment une toute autre affaire, chaque ingrédient venant affadir le précédent pour un résultat plutôt branlant. Cette longue scène de ménage sur les routes d’Europe n’ose jamais aller au bout de son incongruité, ramenant les écarts d’humour noir et méchant dans le giron du conformisme tout public – tout ce chambard pour un mariage ; notez l’audace. On le sait, la comédie française est à la peine depuis un bon moment ; il faut reconnaître à Alexandre Coffre le désir de lui filer un petit coup de boost. On sent hélas que les décideurs cravatés de l’entertainment hexagonal ont mis ici les deux pieds sur le frein. Christophe Chabert

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Un plan parfait

ECRANS | De Pascal Chaumeil (Fr, 1h45) avec Diane Kruger, Dany Boon…

Christophe Chabert | Mercredi 24 octobre 2012

Un plan parfait

Le navet français de cette rentrée, ce n’est ni Les Seigneurs, ni Astérix, ni Stars 80, tous échappant peu ou prou à l’infamie, mais bien ce calamiteux Plan parfait. C’est une surprise car Pascal Chaumeil avait su, avec son très bon Arnacœur, revitaliser un genre (la comédie française) en lui insufflant charme et légèreté, et en misant sur un impeccable double duo d’acteurs (Paradis / Duris et Damiens / Ferrier). Un plan parfait tente de refaire le coup mais le casting est sa faiblesse la plus criante : le tandem Kruger / Boon n’est jamais crédible, elle peu à l’aise avec des gags il est vrai éculés, lui jamais émouvant dans la partie romantique. Quant aux deux seconds rôles comiques, ils ont été confiés à des comédiens dont la médiocrité et la vulgarité posen

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Quand le plomb devient or

MUSIQUES | On connaissait Philippe Katerine version années 90 début 2000, auteur compositeur français au talent certain qui livra plusieurs albums émaillés de petits (...)

François Cau | Jeudi 29 septembre 2011

Quand le plomb devient or

On connaissait Philippe Katerine version années 90 début 2000, auteur compositeur français au talent certain qui livra plusieurs albums émaillés de petits chefs-d’œuvre (Je vous emmerde, Mort à la poésie...). On rencontra ensuite le Philippe Katerine période collants roses et sa kyrielle de tubes pop à l’efficacité redoutable (Louxor j’adore, 100% VIP...) – notre homme poussant à l’extrême sa recherche de la ritournelle parfaite dans un dernier album-concept renfermant des morceaux courts, souvent répétitifs et entêtants (ce qui en agaça plus d’un). Et voilà maintenant que nous arrive un Philippe Katerine porte-drapeau de la variété française, façon La Chance aux chansons 2.0. Pendant un an, sur un site web spécifique, on a pu découvrir au fil des semaines cinquante-deux reprises de standards français (Capri c’est fini, Comme un avion sans ailes, L’idole des jeunes…) avec Katerine à la voix, et le groupe Francis et ses peintres à l’orchestration. Des reprises qui, souvent, emmènent l’original ailleurs : la fine équipe a ainsi déniaisé le Ne partons pas fâchés de Raphaël avec des chœurs enfa

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Rien à déclarer

ECRANS | De et avec Dany Boon (Fr, 1h48) avec Benoît Poelvoorde, Bouli Lanners…

François Cau | Mercredi 26 janvier 2011

Rien à déclarer

Avant le succès improbable de Bienvenue chez les Ch’tis, Boon avait écrit et mis en scène le tout pourri La Maison du Bonheur, dont le tort principal était de vouloir retranscrire sans filtre l’humour boulevardier sur grand écran, le tout pour un résultat assez douloureux. Avec les Ch’tis, le comique avait affiné le trait, et avait réussi à toucher le public français en titillant notamment ses zones érogènes régionalistes. Ce qui est foutrement révoltant avec Rien à déclarer, c’est que l’auteur qui aura su le mieux exciter les spectateurs hexagonaux ces dernières années, que Dany Boon, donc, doté du temps, du budget et de toutes les bonnes volontés nécessaires, ait volontairement choisi la voie de la facilité la plus crasse, de l’humour le plus rance, le tout sous couvert de “bonnes intentions“ soi-disant humanistes qui finissent par se retourner contre elles-mêmes – ainsi d’un final qu’on a eu beaucoup de mal à digérer, dont la moralité pourrait être “ahlala, ces racistes sont impayables“. Construit sur des ressorts comiques au mieux rebattus, au pire consternants, Rien à déclarer fait non seulement peine à voir (Bienvenue chez les Ch’tis, à côté, c’est du Lubitsch), mais confirme

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Micmacs à tire-larigot

ECRANS | De Jean-Pierre Jeunet (Fr, 1h45) avec Dany Boon, Jean-Pierre Marielle, Dominique Pinon…

François Cau | Vendredi 23 octobre 2009

Micmacs à tire-larigot

Malgré ses évidentes qualités de fabrication, quelque chose ne tourne pas rond dans la mécanique bien huilée de Micsmacs à tire-larigot. Faire une comédie des David artisans et semi-clodos contre les Goliath cravatés de l’armement n’est pas un mauvais point de départ. Le film a même, dans sa première partie, de bonnes idées visuelles, notamment dans son mélange baroque de décors allant de la ferraille rétro à la moderne boîte à cons de TF1, en passant par l’architecture soviétique et l’urbanisme vert d’un tramway contemporain. Mais tout cela donne surtout un sentiment de déjà-vu, chez Jeunet beaucoup, ailleurs un peu aussi. Le souffle romanesque qui portait Un long dimanche de fiançailles (son meilleur film) laisse la place à une nouvelle galerie de trognes bricolant des inventions qui deviennent assez vite le seul carburant scénaristique du récit. Une scène pour poser les éléments et les participants à la farce à venir, une autre pour mettre le piège en place et une dernière pour le regarder se refermer ; et hop ! on recommence. Jeunet revient ainsi à la case départ, celle de Delicatessen, avec sa naïveté surjouée (Dany Boon, à ce niveau, est

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Bienvenue chez les Ch’tis

ECRANS | de et avec Dany Boon (Fr, 1h46) avec Kad Merad, Zoé Felix…

Christophe Chabert | Dimanche 2 mars 2008

Bienvenue chez les Ch’tis

Sans être le film du siècle, Bienvenue chez les Ch’tis est une bonne surprise. Après son oubliable Maison du bonheur, Dany Boon démontre un certain savoir-faire en tant que réalisateur, bien relayé par un scénario (pourtant co-écrit avec les auteurs du script minable du dernier Astérix !), un casting et quelques idées solides. Il y met en scène un directeur des postes vivant dans le sud qui, après une série de magouilles loupées, est muté à Bergues, Nord Pas-de-Calais, ce qu’il vit d’abord comme une punition. Mais une fois passée la barrière de la langue (de l’accent), du climat (« Les gens du Nord ont dans le cœur / Le soleil qu’ils n’ont pas dehors » ; merci Enrico !) et des mœurs (une bonne bière ?), il découvre un monde dans lequel il retrouve les valeurs essentielles : solidarité, fraternité, hospitalité. Ce qu’on peut reprocher à Dany Boon, c’est de substituer un peu systématiquement l’intelligence du cœur à l’intelligence tout court ; aussi attachants qu’ils soient, ses personnages n’en sont pas à lire des livres ou à aller au musée — comme si on ne pouvait pas venir des classes populaires et être abonné à Téléram

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