Taxi Blues

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Photo : ©Pavel Loungine


Après 33 années de production intensives et passionnées dans les colonnes cinéma du Dauphiné Libéré, notre camarade Jean Serroy vient de poser la plume. Rassurez-vous, il se porte comme un charme et continuera ici ou là à éclairer notre lanterne ! Si son érudition malicieuse vous manque, rappelez-vous qu'il assure son fameux cours de cinéma au Méliès, dont la prochaine séance est consacrée à un film ô combien symbolique, Taxi Blues. Film de la post-perestroïka et annonciateur de la fin de l'URSS, il fut aussi la carte de visite du très francophile Pavel Lounguine — dont on peut déplorer qu'il n'ait pas assez tourné. Un grand film lesté d'une aura historique certaine, à voir au Méliès jeudi 20 février, à 20h.

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Pavel Lounguine : le blues du cinéma russe

ECRANS | Mai 1990. L’URSS n’est pas encore de l’histoire ancienne, mais ses satellites oui. La Perestroïka de Gorbatchev commence à montrer ses limites ; (...)

Christophe Chabert | Vendredi 20 février 2015

Pavel Lounguine : le blues du cinéma russe

Mai 1990. L’URSS n’est pas encore de l’histoire ancienne, mais ses satellites oui. La Perestroïka de Gorbatchev commence à montrer ses limites ; artistiquement, elle a ouvert les vannes d’une liberté longtemps contrainte. Quand Taxi Blues est présenté au festival de Cannes, c’est un choc : le cinéma russe ne semblait plus, depuis l’exil et la mort de Tarkovski, que voué à célébrer un patrimoine culturel peu gênant pour le parti. La réalité dans les rues de Moscou, personne ne semblait prêt à la filmer. C’est pourtant ce que fait Pavel Lounguine, et ce gros ours barbu et bégayant va devenir l’ambassadeur à l’étranger de cette Russie que l’on a longtemps cachée. Taxi Blues, c’est la tragi-comédie d’un chauffeur de taxi brutal et aigri qui rencontre un saxophoniste dans la dèche et lui mène la vie dure, jusqu’à ce que la célébrité ne vienne renverser les rôles et redistribuer les cartes. C’est aussi une étourdissante démonstration de mise en scène – même anesthésié dans ses aspirations politiques, le cinéma russe a conservé la fougue visuelle qu’il avait sous le communisme. Lounguine aura du mal à dépasser ce coup de maître, sinon tardivement (en 2

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