"Dreams" : la science des rêves

Animation | De Kim Hagen Jensen (Dan., 1h18) animation

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Photo : ©KMBO


Emma vit heureuse avec son cochon d'Inde et son père jusqu'à ce que celui-ci invite sa nouvelle compagne et surtout sa peste de fille sous leur toit. Emma ayant découvert le moyen de contrôler les rêves, elle veut en user pour arrondir les angles. Hélas, les choses vont lui échapper…

S'il y a « quelque chose de pourri au royaume du Danemark » (outre l'acculturation forcée des Inuits groenlandais, bien sûr), il se loge certainement dans les histoires de familles et leurs dysfonctionnalités conflictuelles. Cette "tradition" de longue date s'avère néanmoins fructueuse : illustrée en son temps par Hamlet, reprise depuis avec profit par Vintenberg (Festen, La Chasse…), elle donne lieu sur les écrans français cet été à trois productions notables. Entre le remarquable Mon ninja et moi déjà sorti et le saisissant A Perfect Family à venir, Dreams occupe une place à part puisqu'une recomposition familiale bancale y constitue "seulement" une amorce. Une clef justifiant le recours au royaume des songes où la fillette en difficulté peut raccommoder les tourments du quotidien. N'est-ce pas d'ailleurs une des fonctions du rêve que de "purger les circuits" en usant des voies de l'inconscient ?

Vieux fantasme de l'humanité ensommeillée, la faculté d'orienter les rêves autorise toutes les déclinaisons du merveilleux (Le Prince oublié) au terrifiant (voir le cycle Les Griffes de la nuit). Kim Hagen Jensen s'adressant à un jeune public, son univers se révèle davantage proche de celui de Monstres & Cie : les songes étant fabriqués par des espèces de Minions bleus soumis à une autorité bureaucratique, perturbée par l'irruption d'Emma. Pas très original donc, mais comme l'image est joliment ouatée, le ton non bêtifiant et l'histoire rythmée, le contrat est rempli.

Sortie le 29 juillet

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Marietta, antidote à la tiédeur

Musique | Zoom (très enthousiaste) sur celui qui partagera l'affiche de la Belle électrique jeudi 23 mars avec Superpoze.

Damien Grimbert | Mardi 21 mars 2017

Marietta, antidote à la tiédeur

Depuis maintenant une bonne dizaine d’années, a émergé en France toute une nouvelle vague de "sensations électro-pop-rock du moment", souvent très soutenues médiatiquement mais dont l’habillage arty/indépendant a parfois de plus en plus de mal à camoufler une fadeur absolument terrifiante. Soit, pour reprendre les termes de l’excellent critique musical Etienne Menu, « toutes ces choses hyper-standardisées qu'on voudrait faire passer pour de la musique pointue, alors qu'elles sont de l'indie FM calibré pour servir de musique de pub ou de jingle ». D’où la profonde sensation de soulagement et de bonheur ressentie à l’écoute de Basement Dreams Are The Bedroom Cream, premier album solo de Guillaume Marietta, chanteur du groupe français de rock psyché The Feeling Of Love. Recueil de chansons pop/folk lo-fi intimistes bricolées à l’abri des regards, Basement Dreams… ressuscite ainsi une certaine atmosphère psychédélique tout droit venue des 70’s, sans jamais tomber dans le piège de la citation à outrance pour autant. Lignes mélodiques à tomber par terre, arrangements d’une finesse infinie, chant sensible mais pas maniéré

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