"Miss" : pas celle que vous croyez

ECRANS | ★★☆☆☆ De Ruben Alves (Fr., 1h47) avec Alexandre Wetter, Pascale Arbillot, Isabelle Nanty…

Vincent Raymond | Mercredi 28 octobre 2020

Photo : ©Warner Bros. France


Passer de l'exception à l'acceptation : telle est la situation d'Alex dans Miss, où un jeune homme à demi-marginalisé recherche un épanouissement libérateur en mentant sur son identité et en participant au concours Miss France…

Signée Ruben Alves, cette comédie grand public aux accents de feel good movie devrait contribuer à déghettoïser la situation des personnes transgenres. C'est d'autant plus vrai qu'elle est tournée avec la transparente complicité du Comité Miss France (qui s'achète ici une image de modernité, alors même que ses statuts poussiéreux prouvent régulièrement leur inadéquation avec la société contemporaine) et de comédiens hyper-populaires, comme Isabelle Nanty ou Thibaut de Montalembert en trav'…ailleuse du sexe au Bois.

Mais ce film, qui tient beaucoup du conte d'Andersen, ne tiendrait pas sans la personne ni la personnalité d'Alexandre Wetter, qui fait exister le personnage à travers son parcours initiatique : l'image de femme qu'il crée masque les banalités, facilités et quelques incohérences disséminées ici ou là. Gardons le positif.


Miss

De Ruben Alves (Fr) Avec Alexandre Wetter, Pascale Arbillot, Isabelle Nanty

De Ruben Alves (Fr) Avec Alexandre Wetter, Pascale Arbillot, Isabelle Nanty

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Alex, petit garçon gracieux de 9 ans qui navigue joyeusement entre les genres, a un rêve : être un jour élu Miss France. 15 ans plus tard, Alex a perdu ses parents et sa confiance en lui et stagne dans une vie monotone. Une rencontre imprévue va réveiller ce rêve oublié. Alex décide alors de concourir à Miss France en cachant son identité de garçon. Beauté, excellence, camaraderie… Au gré des étapes d’un concours sans merci, aidé par une famille de cœur haute en couleurs, Alex va partir à la conquête du titre, de sa féminité et surtout, de lui-même…


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"Présidents" : vieilles choses publiques

ECRANS | Enchaînant films et sujets opposés, Anne Fontaine s’attaque après Police à l’étage supérieur : le pouvoir suprême et ceux qui l’ont exercé… lorsqu’ils en sont dépossédés. Entre fable et farce, une relecture des institutions et de l’actualité politique bien plus intéressant que ce que les teasers-sketches laissaient supposer…

Vincent Raymond | Mardi 29 juin 2021

Reconverti en homme d’intérieur dépressif, l’ex-président Nicolas S. prend pour prétexte la popularité grandissante de la candidate d’extrême-droite pour partir en Corrèze afin de convaincre son ancien adversaire et successeur François H. de monter un nouveau parti avec lui. La cohabitation sera d’autant plus rude qu’ils sont opposés en tout, et que leurs compagnes s’invitent dans la campagne… Une évidence en préambule : sur les arcanes de la Ve République (et ses bruits de cabinet, diront les mauvaises langues), il sera difficile de parvenir un jour à se montrer plus complet que le magistral L’Exercice de l’État de Pierre Schoeller. Rien n’empêche toutefois d’attaquer le sujet par la bande, en se focalisant sur des espèces s’ébattant dans cet écosystème. Tels les présidents du film homonyme d’Anne Fontaine construit comme une fable dont les protagonistes ne seraient pas de grands fauves, mais deux ex éconduits par leur bien-aimée, trompant ensemble leur déni dans l’illusoire espoir d’une reconquête. Sauf que la belle, de plus en plus versatile et capricieuse, ne veut plus d’eux.

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François Ozon : « Il n’y a pas une manière pour diriger les acteurs »

Été 85 | Dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2020, en compétition au Festival de San Sebastien, Été 85 séduit… Sans doute parce qu’il parle de séduction et renvoie à l’adolescence des spectateurs. En tout cas, à celle de son auteur, François Ozon. Rencontre.

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

François Ozon : « Il n’y a pas une manière pour diriger les acteurs »

La réalisation de ce film a-t-elle été pour vous une manière d’exécuter un pacte que vous auriez contracté avec vous-même, lecteur de 17 ans découvrant le roman de Aidan Chambers ? François Ozon : Quand j’ai lu le livre, je n’étais pas encore cinéaste, c’est vrai, j’étais lycéen rêvant de faire du cinéma et je me suis dit que j’adorerais faire ce film, raconter cette histoire… En même temps, j’avais presque plus envie d’en être le spectateur. Peut-être que, déjà, je me sentais trop proche des personnages, je n’aurais pas été capable de raconter l’histoire. J’étais quasiment sûr d’ailleurs qu’un réalisateur comme Gus Van Sant, John Hughes ou Rob Reiner aurait pu s’en emparer et faire un teen movie à l’américaine. Mais ça c’est jamais fait. Quand j’en ai parlé à Aidan Chambers, qui a 85 ans aujourd’hui, il m’a dit que trois réalisateurs avaient essayé de l’adapter pendant toute cette période, sans succès. Après Grâce à Dieu — qui avait été un film un peu compliqué, vous vous doutez pourquoi — j’avais env

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Bleu Russe, la rage décontractée

Musique | Présentation d'albums (1/3) : Le Petit Bulletin vous propose une nouvelle mini-sélection de disques. Nous avons tout particulièrement aimé les dernières livraisons de Bleu Russe.

Damien Grimbert | Mardi 23 juin 2020

Bleu Russe, la rage décontractée

En dépit de ses cinq années d’existence et d’une discographie mine de rien déjà conséquente, il nous aura fallu un certain temps pour apprivoiser la musique de Bleu Russe, projet solo de David Litavicki (Churros Batiment, Poupard…). Le temps peut-être pour l’artiste de s’affranchir de certaines influences originelles un peu trop présentes à ses débuts (celles du Toulousain Arnaud Michniak et de son groupe Programme pour n’en citer qu’une)… Et pour nous de s’habituer à son flow en mode spoken-word, assez particulier. Sortis respectivement en février et en mai, Serrures et Palmiers, son dernier album, et Missives d’Amour vol. 2, sa dernière mixtape, viennent cependant confirmer ce qu’on avait déjà pressenti lors de ses derniers passages live : l’alchimie entre chant et instrumentaux fonctionne désormais à plein régime, ces derniers, piochant dans une gamme de registres bien trop vaste pour être ici énumérée, dépassant amplement leur simple statut « fonctionnel » pour se révéler de précieux alliés à la création d’une ambiance propre à sublimer les textes incisifs de l’artiste. Désormais frontalement assumé, le caractère parfois bancal du projet est devenu un vérit

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"Mon chien Stupide" : chienne de vie !

ECRANS | De et avec Yvan Attal (Fr., 1h45) avec également Charlotte Gainsbourg, Pascale Arbillot, Éric Ruf…

Vincent Raymond | Jeudi 24 octobre 2019

Jadis écrivain prometteur, Henri (Yvan Attal) n’a rien produit de potable depuis des années. La faute en incombe, selon lui, à sa femme et ses enfants qu’il accuse de tous ses maux. Lorsqu’un énorme molosse puant et priapique débarque ex nihilo dans sa vie, il y voit un signe bénéfique du destin. Les personnages perdant toute inhibition pour cracher une misanthropie sans filtre au monde entier emportent facilement la sympathie du public, qui aimerait bien souvent se comporter comme eux. Incorrect au plus haut degré, l’égotique Henri est de cette race d’anars domestiques en ayant soupé des convenances et du masque social ; peu lui chaut de dire ses quatre vérités à son épouse ou à sa progéniture. En cela, il évoque beaucoup le narrateur d'American Beauty (1999) – dont on se demande par ricochet s’il n’a pas été inspiré par le roman posthume de John Fante que Yvan Attal adapte ici. Mais aussi cet autre écrivain obsessionnel et râleur héros de Kennedy et moi (1999), campé par Jean-Pierre Bacri. D’ailleurs, cela peut-être l’enseignement principal de Mon chien stupide, Yv

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"Sorry We Missed You" : on achève bien les prolétaires ubérisés

ECRANS | Un intérimaire se lance dans l’entrepreneuriat franchisé avec l’espoir de s’en sortir… précipitant ainsi sa chute et celle de sa famille. Par cette chronique noire de l’ère des Gafa, Ken Loach dézingue toujours plus l’anthropophagie libérale. En compétition lors du dernier Festival de Cannes.

Vincent Raymond | Lundi 21 octobre 2019

Newcastle, de nos jours. Abby et Ricky s’en sortent tout juste avec la paie de l’une et les intérim de l’autre. Alors, Ricky convainc son épouse de vendre leur voiture pour acheter un utilitaire afin de devenir livreur "indépendant". Le mirage d’une vie meilleure s’offre à eux : le début de l’enfer. D’aucuns pourraient reprocher (c’est une figure de style : en fait, ils le font) à Ken Loach de rabâcher sous toutes les formes sa détestation du modèle capitaliste. Ou d’avoir joué depuis trente ans les prophètes de mauvais augure en dénonçant avec constance les ravages de la politique thatchéro-reagano-libérale qui, ayant désagrégé le tissu socio-économique britannique, n’en finit plus de saper ce qu’il reste de classe moyenne, après avoir laminé les classes populaires, au nom de la "libre" entreprise, "libre" concurrence… bref de toute cette belle liberté octroyée au haut de la pyramide pour essorer le lumpenprolétariat. Trente ans que Loach essuie les mêmes remarques condescendantes des partisans du marché (qui le voient

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La rentrée ciné 2019, au(x) fil(ms) des semaines…

ECRANS | Sortie triomphalement au printemps, "Parasite" de Bong Joon-ho, la Palme d’or du dernier Festival de Cannes, laisse un boulevard aux films de l’automne, qui se bousculent au portillon. À vous de les départager ; ex aequo autorisés.

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

La rentrée ciné 2019, au(x) fil(ms) des semaines…

18 septembre Avec Portrait de la jeune fille en feu, Céline Sciamma (Bande de filles, Tomboy, Naissance des pieuvres...) filme, sur fond de dissimulation artistique, le rapprochement intime et intellectuel de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Noémie Merlant / Adèle Haenel. Prix du scénario à Cannes. À la même date, venu de Venise et des étoiles, Ad Astra, dans lequel James Gray embarque Brad Pitt pour un voyage galactique – après le Tarantino, Brad place ses billes pour l’Oscar. 25 septembre Dans un futur proche, un petit village aid

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Patriarcat hors-jeu avec le festival Foot d’Elles

ECRANS | En parallèle de la Coupe du monde de football féminin est organisé partout en France ce festival de cinéma sous-titré « dribbler la différence ». On s'est penchés sur sa déclinaison grenobloise.

Élise Lemelle | Mardi 11 juin 2019

Patriarcat hors-jeu avec le festival Foot d’Elles

Pour la première fois, les stades français accueillent la Coupe du monde de football féminin (elle a commencé le 7 juin). Et pour l’occasion, le festival Foot d’Elles voit le jour, surprenante alliance entre ballon rond et cinéma. Visant à rappeler à quel point le foot peut agir comme facteur d’insertion sociale et professionnelle pour les femmes, Foot d’Elles parcourt la France entière avec une programmation axée autour de six thématiques allant d’un historique du foot féminin français jusqu’à la déconstruction des représentations sociales en passant par les actions essentielles pour une meilleure parité. Une majorité de documentaires composent la sélection, brossant le portrait d’héroïnes et de héros se battant pour faire évoluer les mentalités. Pour donner un écho à ces projections, une série de débats est prévue, histoire d’approfondir les questions soulevées par les films. Chaque ville-étape bénéficiant d’une sélection différente, la programmation grenobloise comptera six œuvres diffusées dans six lieux différents – des cinémas, des associations ou encore en plein air. Citons notamment Les Filles du stade (mardi 25 juin à

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Profession : imposteur au Ciné-Club de Grenoble

ECRANS | En mars, le Ciné-Club propose un cycle sobrement baptisé "Imposture". Où l'on pourra (re)voir de très grands films.

Vincent Raymond | Mardi 5 mars 2019

Profession : imposteur au Ciné-Club de Grenoble

Avec une habileté confinant à la sublime ironie, le Ciné-Club de Grenoble glisse, mardi 12 mars, entre la fin du cycle consacré à Bergman et le début d'un autre titré "Imposture", la projection (en partenariat avec le festival Vues d’en face) de La Répétition. Le fait est que ce film de Catherine Corsini sorti en 2001 (et centré sur deux amies d'enfance qui se retrouvent après plus de dix ans de séparation) peut se voir, si l’on a l’esprit tourné vers la taquinerie, comme une manière de contrefaçon du Persona de Bergman… Mais les autres œuvres programmées dans le cycle "Imposture" traitent encore davantage de la question de la falsification et de l’usurpation d’identité ou de qualité, dans l’espoir de s’inventer une vie moins ordinaire et, si possible, meilleure. Sans rien vouloir divulgâcher, ces rêves tourneront généralement en eau de boudin : la fatalité n’aimant en général pas trop qu’on essaie d’infléchir ses desseins. Premier à tenter sa chance mercredi 13 mars, Jack Nicholson, passager du Profession : Reporter de Michelangelo Antonioni (1975, photo), journaliste se faisant passer pour mort et

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Kittin : rupture et renouveau

Soirée | Un nom de scène raccourci (aux oubliettes le "Miss"), un nouvel album ("Cosmos") franchement emballant qui tranche radicalement avec ses précédentes sorties discographiques... Autant de raisons de se (re)pencher sur Kittin, de passage ce samedi 16 février à la Belle électrique pour un set longue durée de 4h.

Damien Grimbert | Mardi 12 février 2019

Kittin : rupture et renouveau

Le parcours artistique de Kittin est, aujourd’hui, largement connu – surtout à Grenoble, ville qui l'a vue naître en 1973. La découverte des premières raves à l’orée des années 1990 et le choc émotionnel qui l’accompagne, les premiers pas dans le deejaying alors qu’elle est encore étudiante aux Beaux-Arts, sa collaboration prolongée avec The Hacker (un autre Grenoblois de renom) et leur amour partagé pour les sonorités synthétiques sombres des années 1980… Surtout, en 1998, le duo sort deux morceaux emblématiques, 1982 et Frank Sinatra, qui, aux côtés du classique Space Invaders are Smoking Grass du Hollandais I-F, vont amorcer le phénomène électroclash et assurer aux deux artistes un succès international. Trois ans plus tard, c’est la sortie de leur bien intitulé First Album, et le départ de Kittin pour Berlin. Une période faste pendant laquelle la DJ enchaîne les dates à n’en plus finir, sort un mix-CD hautement acclamé (Radio Caroline Volume 1, en 2002), suivi d’un premier album solo très réussi,

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L’animation japonaise au firmament à la Cinémathèque de Grenoble

ECRANS | Rendez-vous tout le mois de décembre au cinéma Juliet-Berto pour le constater, avec la projection de pas mal de pépites (dont le mythique "Château Ambulant" de Miyazaki).

Damien Grimbert | Mardi 4 décembre 2018

L’animation japonaise au firmament à la Cinémathèque de Grenoble

Vaste continent à l’approche souvent intimidante, le cinéma d’animation japonais se dévoile à la Cinémathèque à l’occasion d’un cycle thématique de six films qui constitue une excellente entrée en matière pour le néophyte… mais pas seulement. Outre Le Serpent Blanc de Taiji Yabushita, déjà diffusé à l’heure où l’on publie ces lignes, sont ainsi proposés trois films d’auteurs contemporains largement acclamés, dont la poésie, l’intelligence, la tendresse et la charge émotionnelle ont amplement contribué à sortir l’animation japonaise du ghetto culturel auquel elle était jusqu’alors confinée. On pense bien sûr au Château Ambulant (2004) du maître incontesté Hayao Miyazaki, aux Enfants loups, Ame et Yuki (2012) de Mamoru Hosoda, nouveau mètre-étalon du genre, et au Miss Hokusai (2015) de Keiichi Hara, moins réputé mais tout aussi méritant. Œuvres plus radical

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"La Permission" : hors jeu

ECRANS | de Soheil Beiraghi (Irn., 1h28) avec Baran Kosari, Amir Jadidi, Sahar Dowlatshahi…

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

Capitaine de l’équipe féminine iranienne de futsal (variante du football qui se joue en salle), Afrooz doit disputer une compétition internationale en Malaisie lorsqu’elle découvre que son époux a révoqué son autorisation de sortie du territoire. Entre stupeur et colère, elle lutte quasi seule pour changer les choses… Voici un film étrangement en phase avec l’actualité. Bref rappel : le 10 novembre dernier à Téhéran, pour la première fois depuis 1979, des femmes ont eu la possibilité d’assister à un match de football dans un stade largement occupé par des hommes, à l’occasion de la finale de la Ligue des champions asiatique. Un spectaculaire contraste avec l’histoire d’Afrooz, qui se déroulait "en vrai" quelques mois plus tôt. Comme souvent dans le cinéma iranien contemporain (dont on ne cesse de signaler l’audace politique autant que formelle), la construction est dialectique : face à une problème administratif ou une énigme, la complexité des faits se déploie progressivement, révélant de nombreuses ramifications au fil d’un dialogue incisif, mais jamais pesant. Nul manichéisme dans le traitement des personnages : chacun·e recèle ici comme partout ailleurs

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"Mission Impossible – Fallout" : redoublement en 6e

ECRANS | Suite directe de "Rogue Nation", "Fallout" revisite les fondamentaux de la franchise "Mission Impossible" en passant la sixième vitesse. La rapidié, une manière comme une autre pour Tom Cruise de défier le temps qui passe…

Vincent Raymond | Jeudi 19 juillet 2018

Censé empêcher un groupe terroriste de s'emparer de sphères de plutonium, Ethan Hunt (Tom Cruise) compromet sa mission afin de sauver un membre de son équipe. Le CIA lui met alors dans les pattes l’agent Walker (Henry Cavill) chargé d’évaluer l’IMF ; charge à lui de récupérer les éléments radioactifs… Pour ce sixième opus, on ne change pas une équipe qui gagne (des dollars), et encore moins l’architecture narrative de la franchise : une nouvelle fois, il est ici avéré qu’une taupe trahit l’Agence et des preuves accablantes s’accumulent contre Hunt ; lequel, placé en fragilité, doit jouer contre sa hiérarchie pour sauver le monde avant même de prouver son innocence. Voilà qui n’est pas sans rappeler la trame de l’excellent film inaugural de De Palma (1996). Impression renforcée par un finale à coup d’hélicoptères, une large inscription territoriale du film entre Paris et Londres et le démasquement grâce à un masque du traître de l’histoire. Les références à l’épisode matriciel deviennent des révérences assumées. Éternelle genèse Vingt ans plus tard, cette constance apparente peut sembler étonnante dans

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"Guy" : Guy (Alex) Lutz

ECRANS | de et avec Alex Lutz (Fr, 1h41) avec également Tom Dingler, Pascale Arbillot…

Vincent Raymond | Mardi 21 août 2018

Pour approcher Guy Jamet (Alex Lutz), vieille gloire de la musique depuis l’époque yéyé dont sa mère lui a révélé qu’il était son père, Gauthier (Tom Dingler) a entrepris de tourner un documentaire dans l’intimité du chanteur. Mais plus il filme, plus il repousse le moment de révéler son secret à la star déclinante… Pour sa deuxième réalisation, Alex Lutz s’est essayé au format toujours plaisant du documenteur, empruntant l’apparence du documentaire pour servir un propos totalement imaginaire. Filmé en caméra subjective (et à la manière de ces séries télé s’accrochant aux basques d’une célébrité pour en divulguer les jardins secrets), Guy est entrelardé de séquences "d’archives" forcément bidons retraçant un demi-siècle de sa carrière fictive. C’est sur ce point que Lutz se montre le plus efficace (sans doute sa pratique de la pastille-pastiche n’y est-elle pas étrangère) : ses contrefaçons de tubes années 1960, 1970 et 1980 avec mises en images à l’appui s’avèrent crédibles et drôles au premier degré. Nul besoin d’en rajouter quand les costumes ou les play-backs sont à la base approximatifs. Mais les prises de vues

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"Les Tuche 3" : idiocratie à la française

ECRANS | de Olivier Baroux (Fr., 1h32) avec Jean-Paul Rouve, Isabelle Nanty, Claire Nadeau…

Vincent Raymond | Mardi 30 janvier 2018

Voir un candidat au programme léger accéder à la magistrature suprême après que son adversaire s’est ridiculisé lors du débat d’entre-deux-tours n’a aujourd’hui plus rien d’absurde. Pas plus que d’imaginer le dernier des clampins gouverner une super-puissance. La démocratie est cette chose prodigieuse qui donne parfois au peuple le pouvoir de faire n’importe quoi de sa voix. Prenons le cas des Tuche (2010). Gentil succès dans les salles, son audience record lors de sa diffusion télévisée a commandé la mise en chantier d’une suite (Les Tuche 2 - Le rêve américain) désespérante…. mais triomphale au box-office. Un solide argument pour légitimer ce troisième opus – celui de la maturité ? Ah non, on ne parle pas de musique. Ici, Jeff Tuche devient donc président de la République, ce qui contrarie sa vocation de fainéant professionnel. Son épouse Cathy martyrise les cuisiniers de l’Élysée pour arriver à la frite parfaite et leur fille se fait manipuler par un écrivaillon de salon. Bref, c’est le chaos au Château… Olivier Baroux (de Kad et Olivier, oui) et sa troupe ne parviennent toujours pas à trancher entre la comédie ép

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"Sentimental Summer" : séduisant chassé-croisé estival et artistique au Centre d’art Bastille

Exposition | En ces heures estivales, le Centre d’art Bastille convie le visiteur à un "Sentimental Summer" dévoilant des œuvres plurielles qui abordent la notion de voyage, de nature et d’exploration. De sculptures en installations, l’exposition collective arpente les rives marines et les sommets montagneux, pour un dépaysement aussi bien plastique que réflexif.

Charline Corubolo | Lundi 17 juillet 2017

Qu’il soit physique ou imaginaire, le voyage est inhérent à l’esprit humain, et c’est au creux de cet univers de l’évasion que l’exposition estivale du Centre d’art Bastille déploie ses sentiers artistiques. Répondant au calendrier et à sa situation géographique, le Cab présente ainsi un projet regroupant 8 artistes, de France et de Belgique, qui abordent la notion de voyage sous des angles plastiques et sémantiques différents, avec certaines connivences par étage. Un voyage sous forme d’exploration avec Théo Mercier et son Memento mori (Ammonite) où se confrontent l’ancien et le neuf sur un même piédestal pour une archéologie futuriste ; tandis qu'Adrien Missika révèle

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20 ans du Vertigo : trois souvenirs de sa jeunesse

MUSIQUES | Zoom sur la programmation des trois soirs de fête qu'organise le club du centre-ville à l'occasion de ses 20 ans.

Damien Grimbert | Mardi 6 juin 2017

20 ans du Vertigo : trois souvenirs de sa jeunesse

Histoire de fêter avec l’emphase qu’il se doit l’anniversaire de ses vingt ans d’existence, le Vertigo a concocté une programmation sur trois soirs qui devrait laisser les noctambules sur les rotules mais avec de beaux sourires sur les lèvres. Le jeudi, c’est la nouvelle génération d’activistes de la scène électronique grenobloise qui sera mise en avant avec pas moins de huit DJs différents au line-up. Tous issus de différents collectifs bien connus des afficionados du clubbing grenoblois (Mouvement Perpétuel, The Dare Night, Groove Jam, La Maiz, Icône, Eddy Rumas et on en passe), mais tous réunis par le même amour du groove et de la house, Amen, Mazigh, Cosmic Clap, Limon, StinkyB, Nikizi, Nemoz et Mendez viendront ainsi faire souffler un vent de fraîcheur bienvenu sur ce premier soir, le tout en entrée libre s’il vous plaît ! Les deux soirs suivants mettront quant à eux à l’honneur plusieurs figures historiques de la scène grenobloise et habitués de longue date du club du centre-ville avec lequel ils entretiennent une histoire

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Agnès Jaoui : « Plus on montrera des femmes normales, plus on les acceptera »

Interview | Agnès Jaoui campe le premier rôle dans "Aurore", une comédie insolite de Blandine Lenoir sur la ménopause et contre la tyrannie des apparences. On l'a rencontrée.

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

Agnès Jaoui : « Plus on montrera des femmes normales, plus on les acceptera »

Aurore aborde un sujet concernant les femmes de plus de cinquante ans, et sort justement au moment où l’on parle de la difficulté des actrices de cet âge de se voir confier des rôles… Agnès Jaoui : Le cinéma reflète peu ou prou la société civile, où les femmes ont moins de postes importants. Si on écrit un rôle de chirurgien, de commissaire, de personnalité politique, on ne va pas forcément penser à une femme, alors que ça pourrait être simplement le cas. Souvent, on va se sentir obligé de faire en sorte que ça devienne un sujet en soi. Ce que je trouve aussi très énervant, c’est que les acteurs masculins de 40 à 70 ans ont souvent des épouses ayant 20 ou 30 ans de moins qu’eux, et que plein de femmes se battent pour eux alors qu’ils sont vieux et bedonnants. Ça m’irrite profondément parce que dans la vie, Dieu merci, beaucoup d’hommes de 50 ans et plus sont avec des femmes de leur âge parce qu’ils les aiment. Bizarrement, quand on passe au cinéma, elles perdent 20 ans – et 20 kg en gén

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"Aurore" : elle est libre Agnès Jaoui !

ECRANS | Portrait d’une femme à la croisée des émotions et de la vie, cette comédie culottée de Blandine Lenoir sur la ménopause brise réellement les règles. Interprète du rôle-titre, Agnès Jaoui donne émotion et fantaisie à ce grand-huit émotionnel, usant de son superbe naturel. Tendre et drôle.

Vincent Raymond | Dimanche 23 avril 2017

Aurore a la cinquantaine et les hormones en panique. Et quand son aînée lui annonce qu’elle est enceinte, sa cadette son désir d’arrêter ses études, son nouveau patron ses délires jeunistes, la coupe déborde. Au milieu de ce chaos surgit alors un fantôme de son passé : son premier amour. Heureusement que des actrices comme Agnès Jaoui existent dans la galaxie souvent monochrome du cinéma français pour épouser la figure de la normalité à l’écran. Pour donner une silhouette, un corps et un visage à un personnage féminin irréductible à une seule caractéristique physique ou psychologique ; pour accepter d’être ce qu’elles sont, et non entretenir un paraître pathétique. À ces comédiennes qui s’offrent "nues" à la caméra, non sans vêtement mais dans la vérité de leur âge et la pureté d’un jeu dépourvu d’afféterie, il convient de manifester avant toute chose un maximum de gratitude. Car on peut parier que sans la conjonction du talent et de la notoriété d’Agnès Jaoui,

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Joyeux anniversaire Posthume Records !

MUSIQUES | Le label grenoblois célébrera ses quinze ans vendredi au bar de la Belle électrique avec une soirée gratuite.

Damien Grimbert | Lundi 31 octobre 2016

Joyeux anniversaire Posthume Records !

Pour fêter en beauté ses quinze ans d’existence, le label grenoblois Posthume Records (dont on vous dressait en début d’année le portrait du fondateur Steph Hibou) organise ce vendredi 4 novembre une soirée d’anniversaire au bar de la Belle électrique. Créé en 2001 et initialement orienté autour de la techno hardcore, ce dernier s’est ouvert au fil des années et des sorties (près d’une cinquantaine à ce jour) à une multitude d’influences (dark ambient, trip-hop, downtempo, électro, synth-pop, expérimental…) tout en gardant une prédilection pour les ambiances sombres et mélancoliques. Comme en témoigne d’ailleurs la très bonne compilation rétrospective Posthume Records - Anthology (2001 - 2016), disponible en libre téléchargement sur le site du label. Aux côtés de Hibou, qui délaissera pour l’occasion son fief de La Mezzanine (un bar cours Jean Jaurès) pour officier aux platines, on retrouvera également son projet collaborati

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"Miss Peregrine et les enfants particuliers" : abracadabra, Tim Burton est ressuscité !

ECRANS | Semblable à une histoire de X-men (où le Pr. Xavier serait chevelue et campée par Eva Green), ce conte fantastique permet à Tim Burton d’animer des mutants et des squelettes, de manipuler à sa guise son vieil ennemi le temps et, surtout, de signer enfin un bon film.

Vincent Raymond | Lundi 3 octobre 2016

Dépositaire des histoires de son grand-père qui vient d’être assassiné et énucléé par un monstre, un ado part à la recherche d’une boucle temporelle où vit depuis le 3 septembre 1943 Miss Peregrine et son orphelinat pour enfants doués de pouvoirs surnaturels. Son but ? Vraisemblablement les protéger, venger son aïeul et plus si affinités… Comme un enfant pour grandir doit se résoudre à abandonner ses antiques doudous chéris, fallait-il que Tim Burton se défasse de tous ses collaborateurs de longue date pour arrêter de tourner en rond – ou en vain ? Au rebut, Johnny "mono-expression figée" Depp, Helena "harpie transformiste" Bonham-Carter, Danny "boîte à musique" Elfman, pareils à des objets transitionnels le raccrochant à ses vieux pots éventés desquels il ne sortait plus que de vilaines soupes depuis des années. Il lui a sans doute fallu se faire violence pour aller chercher des talents compatibles avec son univers – certains, comme Eva Green, Terence Stamp ou Bruno Delbonnel, avaient déjà fait un round d’observation chez lui. Mais le résultat vaut le "sacrifice" : Miss Peregrine… est empli d’une vigueur nouvelle, tout en demeurant

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Rentrée cinéma 2016 : comme un (faux) air de déjà-vu

ECRANS | Un "Harry Potter", un "Star Wars", un Marvel, un Loach Palme d’or… Non non, nous ne sommes pas victimes d’un sortilège nous faisant revivre en boucle la dernière décennie, mais bel et bien face à la rentrée cinéma 2016. Une rentrée qui nous promet tout de même quelques belles surprises, plus ou moins tapies dans l'ombre. Tour d'horizon.

Vincent Raymond | Jeudi 25 août 2016

Rentrée cinéma 2016 : comme un (faux) air de déjà-vu

Après un gros premier semestre dévolu aux blockbusters, la fin de l’année accueille traditionnellement le cinéma d’auteur – exception faite des incontournables marteaux-pilons de Thanksgiving et Noël, conçus pour vider une bonne fois pour toutes les goussets des familles. Dans cette catégorie, les candidats 2016 sont, dans l’ordre, Les Animaux fantastiques de David Yates (16 novembre), spin off de la franchise Harry Potter, et Rogue One : A Star Wars Story de Gareth Edwards (14 décembre). Qui de Warner ou Disney l’emportera ? Mystère... Un peu avant (26 octobre), Benedict Cumberbatch tentera de déployer la bannière Marvel dans le film de Scott Derrickson, Doctor Strange – un second couteau parmi les superhéros. Cette impression d’avoir à faire à des versions alternatives ou dégraissées de vieilles connaissances se retrouve aussi chez Tim Burton qui signe avec Miss Peregrine et les enfants particuliers (5 octobre) un nouveau conte fantastique sans Helena Bonham Carter, ni Johnny Depp, ni son compositeur fétiche Danny Elfman ! Au moins, on peut espérer un sou

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"Juillet Août" : été adolescent

ECRANS | de Diastème (Fr., 1h40) avec Patrick Chesnais, Luna Lou, Pascale Arbillot…

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

Chaque été, au milieu du lot de films de vacances, il en est toujours un qui prend la tangente en allant au-delà du périmètre étriqué des premiers émois d’adolescent(e)s. L’an dernier, c’était Microbe et Gasoil de Gondry ; Juillet Août assure peut-être la relève. La saison chaude semble favorable à Diastème (en 2008, son premier long Le Bruit des gens autour était déjà une évocation drôle et pleine de vie de l’intérieur du Festival d’Avignon) ; elle l’inspire pour ce portrait de deux sœurs (dont une au tournant de la puberté), ainsi que de leurs parents, lesquels ont refait leur vie chacun de leur côté. Juillet avec la mère sur la Côte d’Azur, août avec le père en Bretagne… L’existence des frangines est décousue, mais elle se suit dans ses péripéties estivales, et se raccommode dans cette succession de villégiatures. Comme si la famille éclatée se reformait par-delà la distance et le protocole calendaire afin de résoudre toutes les crises – qui ne sont pas propres au jeune âge. Chacun ment ou dissimule un petit secret à ses proches,

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Miss. Tic : regardez-la dans les mots

ARTS | Si d'habitude Miss. Tic imprègne les rues de Paris, cette fois ce sont les murs de Grenoble qui s'habillent de ses femmes fatales. Invitée à l'occasion du Printemps du livre, l'artiste déploie à la bibliothèque Centre Ville une verve textuelle intacte et séduit le regard avec des personnages sensuels.

Charline Corubolo | Mardi 29 mars 2016

Miss. Tic : regardez-la dans les mots

Plantureusement, mystérieuse mais surtout sûre d'elle, la femme esquissée par Miss. Tic n'a pas seulement de belles courbes, elle a aussi des mots, revendicateurs et poétiques. Voilà plus de 30 ans que cette street artist marque la chair de Paris avec ses silhouettes sensuelles qui agitent les méninges. À l'occasion du Printemps de livre de Grenoble, elle délie son pochoir à la bibliothèque Centre Ville avec une quinzaine d’œuvres réalisées entre 2009 et 2015. Détonant mélange entre une esthétique pop art et l'immédiateté d'un message urbain, l'art de Miss. Tic percute autant qu'il séduit, que ça soit par la ligne noire d'une hanche voluptueuse que par la contorsion du langage. À travers ses personnages féminins explose une liberté, fraîche et révoltée, tel un cri du mot qui panse les fêlures de la ville. Passant de la rue aux murs immaculés, Miss. Tic investit les toiles tout en conservant l'urbanité abrupte de ses débuts avec des supports comme du bois ou de la tôle. Mais en contre-point de cette plasticité brute se dégage une douceur espérée, enfilant à chaque fois la même typo. Miss. Tic À la bibliothèque Centre Ville jusqu'au same

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Les Tuche 2 - Le Rêve américain

ECRANS | D'Olivier Baroux (Fr., 1h34) avec Jean-Paul Rouve, Isabelle Nanty, Claire Nadeau…

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Les Tuche 2 - Le Rêve américain

Et si le prolifique Olivier Baroux, à travers le fatras profus de sa production annuelle, cherchait à nous faire comprendre la théorie de la relativité générale ? Les Tuche 2 peut en effet se recevoir comme une illustration de la maxime « quand on le contemple, on se désole ; quand on le compare, on se console… » (enfin presque). Considérée isolément, cette comédie filmée à la truelle, est un terrain de jeu pour acteurs de qualité aimant cabotiner et surtout peu regardants question stéréotypes. Mise en perspective (tout à coup, les mots font peur), cette suite indolore est moins calamiteuse que certaines séquelles obscènes, voire que le précédent Baroux, Entre amis. Si elle s’enlise dans un "nonsense" poussif, au moins s’essaie-t-elle un à registre qui n’est ni du bout-à-bout parodique paresseux, ni de l’anachronisme systématique façon Mille-et-une nuits boutonneuse. L’indifférence flasque est garantie, pas le fou rire inextinguible.

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Paris-Willouby

ECRANS | De Quentin Reynaud & Arthur Delaire (Fr., 1h23) avec Isabelle Carré, Stéphane De Groodt, Alex Lutz…

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

Paris-Willouby

Collectionner des talents sur une affiche n’a jamais été gage de réussite artistique : si grandes soient leurs qualités, ils ne parviennent jamais à masquer ni compenser les défauts d’un film, et surtout pas ceux d’un scénario cacochyme. Constat à nouveau opéré avec ce poussif décalque de Little Miss Sunshine, qui oublie cependant de s’inspirer du rythme et de la transgression du modèle. Au lieu de singer des comédies “indépendantes” étasuniennes formatées, les jeunes auteurs français devraient lorgner du côté du vétéran Rappeneau et son Belles Familles : ils gagneraient en causticité, finesse et profondeur…

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Miss Hokusai

ECRANS | De Keiichi Hara (Jap, 1h33) animation

Vincent Raymond | Mardi 1 septembre 2015

Miss Hokusai

Évocation de l’existence précaire du peintre connu pour La Vague, racontée par sa fille aînée et bras droit, elle-même peintre de talent… Si le parti-pris de la biographie partielle-décalée est intéressant, l’animation se révèle globalement paresseuse et le film empli de clichés : on n’échappe pas à l’apprenti grimaçant, ni au p’tit chiot mignon qui bâille. Mais Keijichi Hara s’évite le déshonneur en distillant des flashs hallucinatoires (liés aux phases de création) proprement saisissants. Ajoutons le soin pris à restituer les mouvements des feuilles dans le vent ou de la fumée, et l’on sort avec l’envie de revoir des estampes. Et des films de Isao Takahata, surtout. Vincent Raymond

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La nuit et le jour nous appartiennent

MUSIQUES | L’exigeant et excitant festival Jour & Nuit en est à sa quatrième édition. Et à sa dernière totalement hors les murs, l’asso aux commandes (MixLab) étant celle qui va s’occuper de la Belle électrique une fois que la salle sera ouverte – en décembre. Mais parlons du présent, et de la programmation découpée en plusieurs morceaux, avec un volet concert et un autre clubbing, notamment au Boulodrome de Grenoble. Classe. Stéphane Duchêne et Damien Grimbert

Aurélien Martinez | Mardi 23 septembre 2014

La nuit et le jour nous appartiennent

Côté concerts En ouverture du festival, on opère d'emblée un saut quantique vers la Bobine entre l'Angleterre et l'Amérique du Sud, avec l'Anglais de Colombie Will Holland alias euh... Quantic donc, DJ producteur et multi-instrumentiste mélangeant électro et musiques d'Afrique, des Caraïbes et de chez lui aussi pour une sorte de trip en totale flottaison – à l'image de son album Magnetica farci de collaborations venues de partout. Le lendemain au Ciel, on ne pouvait rêver mieux qu'Isaac Delusion pour continuer dans cet esprit, avec ce qu'on pourrait appeler un groupe de décollage – ou qui, au moins, nous empêchera de réaterrir. Le duo parisien nous fait renouer avec un style qui avait pu paraître désuet, ici de nouveau au goût du jour : la dream pop, cette manière de faire flotter les mélodies sur des nappes de claviers, d'y poser à peine le voile d'une voix – qui plus est si singulière – et de réussir à faire tenir tout cela à mille coudées au-dessus du sol. Sorti en juin, le premier album

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Grenoble : nos DJs ont du talent

MUSIQUES | L’été étant une période propice à la découverte, on vous a concocté une petite sélection de mixtapes en forme de tour du monde musical, signées par quelques-uns des plus aventureux de nos DJs locaux.

Damien Grimbert | Lundi 21 juillet 2014

Grenoble : nos DJs ont du talent

Cloudnumber & Boubou - Weird in Session Enregistrée sur Radio Campus en juin dernier, cette émission-fleuve rassemble diverses ambiances de rues recueillies par Boubou lors d’un voyage en Israël et en Palestine, et un mix de 2h de Cloudnumber (Fullfridge Music) dédié aux musiques ethniques, électroniques et expérimentales en provenance d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient (Égypte, Bahreïn, Syrie, Liban, Koweït, Algérie, Iran, Azerbaïdjan, Turquie, Mali, Yémen, Maroc…). Recommandé aux oreilles curieuses et/ou en quête de dépaysement. Plus d’infos :www.facebook.com/Cloudnumber

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Dark touch

ECRANS | De Marina De Van (Fr-Irl, 1h30) avec Missy Keating, Marcella Plunkett…

Christophe Chabert | Vendredi 28 mars 2014

Dark touch

Après l’échec sans appel de Ne te retourne pas – et une dépression qu’elle évoquait dans son "roman" Passer la nuit – Marina De Van effectue un sursaut spectaculaire grâce à ce Dark touch tourné en Irlande, où elle consomme pour de bon son flirt avec le cinéma d’horreur. Tout en respectant les codes du genre et en installant un climat de terreur où suggestion et images chocs sont habilement dosées, De Van développe un propos particulièrement dérangeant sur les violences familiales et la résilience impossible. On comprend très vite – peut-être un peu trop – que Neve, 11 ans, est victime de maltraitance de la part de ses parents et que son "don" (elle déplace les objets lors de ses crises d’angoisse) est le véritable responsable de l’incendie qui a ravagé sa maison. Cousine lointaine de la Carrie de Stephen King, Neve va se transformer en ange vengeur qui va faire payer aux adultes les abus commis sur les enfants. De Van prend clairement le parti de sa jeune héroïne, ne la diabolise jamais et cherche à comprendre par quel mécanisme terrible elle s’avère incapable de discerner les preuves de tendresse d’un potentiel assaut sexuel. Sans com

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Henri

ECRANS | De Yolande Moreau (Fr-Belg, 1h47) avec Pippo Delbono, Miss Ming…

Christophe Chabert | Vendredi 29 novembre 2013

Henri

À la mort de sa femme, Henri, taciturne tenancier de café, engage un « papillon blanc », Rosette, jeune femme souffrant d’un léger handicap, pour l’aider dans son travail. Une amitié va naître entre ses deux outcasts, comme on dit aux États-Unis, suscitant incompréhension et malentendus de leur entourage, puis fuite du tandem vers les côtes belges. Désormais seule à la mise en scène, Yolande Moreau démontre, après Quand la mer monte, que ce coup d’essai n’avait rien d’un coup de bol : la mise en scène est remarquable, chaque plan y est magnifiquement composé et Moreau sait y saisir, à travers les silences et les distances, toute la solitude de ces êtres en mal d’amour – en cela, Henri est comme la rencontre féconde entre Jacques Tati et Bruno Dumont. Le corps lourd et le visage triste de Pippo Delbono, bouleversant et impénétrable, sont pour elle une source inépuisable de fascination. Dommage toutefois que le film, une fois lancé dans son échappée belle, semble ne plus avoir autre chose à raconter que ce mélange de poésie et de désespoir, attendant avec nonchalance son dénouement et surtout sa dernière image, inoubliable.

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Success story

MUSIQUES | À l’occasion de son passage par le festival Jour & Nuit, on a rencontré le Grenoblois The Hacker, histoire de faire avec lui un retour sur vingt ans de musiques électroniques. Propos recueillis par Régis Le Ruyet

Aurélien Martinez | Lundi 16 septembre 2013

Success story

Do it yourself « 1993, c’est l’année où après la new wave, je flashe sur la techno. Avec mes potes, je découvre les raves party, et c’est la vraie révélation. ». Nîmes, Montpellier... : le groupe organise ses week-ends en fonction des rassemblements. Et comme rien ne bouge à Grenoble, il va prendre les choses en main dans un climat plutôt répressif. « La techno avait mauvaise image, faisait peur. Nous n’avons pas eu à attendre les free party et les technival pour que nos soirées soient interdites. C’était complètement disproportionné, nous ne demandions rien à personne, et nous avions les CRS, les flics pour une fête dans un bar. » Good Life et Miss Kittin Arrivé de Valence, Kiko ouvre en 1995 sur les quais Ozone Record, un shop exclusivement techno. Après le label Ozone monté par Kiko et Oxia, The Hacker va créer avec Oxia en 1998 Good Life. En parallèle, il travaille avec Caroline, alias Miss Kittin, sur un style complètement différent mélangeant la musique de son passé new wave à l’expérience de la techno. Dj Hell, le boss du label Gigolo, va craquer tout de suite dessus alors qu’en France, personne n’en veut. « Tout se passe

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Un, deux, trois... swing !

MUSIQUES | Depuis cinq ans maintenant que le groupe grenoblois Miss White and the Drunken Piano existe, et fort de plus de 150 concerts, il n'a cessé de travailler (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 26 avril 2013

Un, deux, trois... swing !

Depuis cinq ans maintenant que le groupe grenoblois Miss White and the Drunken Piano existe, et fort de plus de 150 concerts, il n'a cessé de travailler un style musical très varié, sorte d’étonnante fusion entre le hip-hop, le jazz, le folk et le classique. Marieke Huysmans, chanteuse, jongle entre un univers de piano-bar, un ton swing, et une rhétorique anglophone librement inspirée de l'univers des ghettos new-yorkais. Les deux musiciens qui l'accompagnent développent une subtile alchimie – beatbox, batterie façon rock, et des partitions délirantes de saxophone de claviers ou de basses propices à l'improvisation. Un univers immanquablement drôle, parfois décalé, qui laisse jaillir de noires paroles révélatrices, chuchotées suavement d'abord, puis à cœur ouvert, avec conviction – « I’m not a sailor, I’m not a traveller but I scream that I’m free ». Same same, leur dernier album sorti en 2012, est un savoureux mélange qui puise son inspiration dans des génies musicaux tel que Bach (Backbach), Shakespeare (Opheliaopéra) ou Wagner, rien que ça. Un groupe qui joue ainsi avec et su

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Made in Grenoble

MUSIQUES | 25 ans pour le Summum… et bientôt entre 15 et 20 ans d’activité pour les parrains historiques de la scène électronique grenobloise, qui reviennent avec une (...)

Damien Grimbert | Lundi 18 février 2013

Made in Grenoble

25 ans pour le Summum… et bientôt entre 15 et 20 ans d’activité pour les parrains historiques de la scène électronique grenobloise, qui reviennent avec une régularité métronomique sur les devants de la scène à l’occasion de grands raouts techno qui font désormais figure de tradition bien intégrée (et appréciée) dans le paysage local. À l’intention des nouveaux arrivants, récemment convertis aux musiques électroniques, distraits incurables et autres jeunes enfants en bas âge, présentons quand même ces grands anciens qui ont réussi à inscrire le nom de Grenoble sur l’atlas mondial de l’électro. D'abord Miss Kittin, sans doute la plus éclectique du lot, égérie électro-techno réputée dans le monde entier pour ses sélections irréprochables et ses vocalises glaciales au micro, auteur de deux albums solo, d’une bonne demi-douzaine de mix-CDs, et de deux autres albums encore aux côtés de The Hacker, dont l’inoubliable

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Les soirées du mois de février

MUSIQUES | Lazy Flow Figure montante de la nouvelle scène électronique parisienne, Lazy Flow, 23 ans tout juste, fait partie de cette génération de DJ/producteurs (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 31 janvier 2013

Les soirées du mois de février

Lazy Flow Figure montante de la nouvelle scène électronique parisienne, Lazy Flow, 23 ans tout juste, fait partie de cette génération de DJ/producteurs grandie en pleine euphorie french touch 2.0, mais qui a eu l’intelligence de privilégier les chemins de traverse aux autoroutes encombrées de la grosse électro saturée. Puisant leurs influences dans les sonorités house, UK funky, tropical, footwork ou jersey club, ses divers EPs et remixes pour des labels comme Young Gunz, Moveltraxx, Southern Fried, San City High, Mental Groove ou encore Record Makers ont réussi à l’imposer comme un artiste à suivre, ce que son set du vendredi 8 février dans le cadre de la soirée Night In the Hood 2 ne devrait que confirmer. Organisée par Oscar et sa bande, cette dernière, qui le verra accompagné aux platines par Futurless et Arte William, sera également l’occasion de découvrir en live son dernier EP en date, Jet Lag, sorti en décembre dernier et préambule à un très attendu premier album prévu courant 2013 sur Sony Music et Moveltraxx. Night in the Hood 2, vendredi 8 février au

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Miss Bala

ECRANS | Véritable thriller nerveux et explosif qui suit les tribulations criminelles d’une future reine de beauté forcée de participer aux exactions d’un gang mexicain, le film de Gerardo Naranjo marie adroitement efficacité cinématographique et réflexion politique. Christophe Chabert

Aurélien Martinez | Lundi 30 avril 2012

Miss Bala

À chacun ses rêves. Celui de Laura, fille pauvre des favelas de Mexico, consiste à gagner le concours de beauté de son quartier. Il est vrai qu’elle est un peu timide, mais carrément charmante, alors pourquoi pas ? Poussée par son amie Uzu, elle se présente donc aux sélections. Tandis qu’elle l’accompagne le soir dans une discothèque, elle assiste à un règlement de comptes entre deux gangs. Planquée dans les toilettes, terrifiée, elle voit se déchaîner une violence meurtrière. Faisons ici une petite halte dans le scénario de Miss Bala, quatrième film de Gerardo Naranjo, cinéaste dont la virtuosité nous avait bluffés sur son segment du film à sketchs Revolucion. Jusqu’ici, il déployait une chronique très Iñarritu de la misère mexicaine, par petites anecdotes bien vues, observant avec une pointe d’ironie la naïveté de son héroïne. Et soudain, à la faveur de cette séquence incroyable, il passe un braquet dans sa mise en scène, et c’est le souvenir d’un autre cinéaste mexicain qui remonte à la surface : celui d’Alfonso Cuarón et ses plans-séquences étourdissants. Ascension par le crime Naranjo n’a pas à rougir de la comparaison : à plusieurs repri

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Mission : impossible – Protocole fantôme

ECRANS | De Brad Bird (ÉU, 2h13) avec Tom Cruise, Jeremy Renner, Paula Patton…

François Cau | Lundi 12 décembre 2011

Mission : impossible – Protocole fantôme

Alors que JJ Abrams avait tenté, sans convaincre totalement, une humanisation de l’agent Ethan Hunt, ce nouveau Mission : Impossible le remet dans la posture du héros indestructible traversant un monde en mutation tel que Brian de Palma l’avait défini dans le premier volet. Mais dès son évasion d’une prison moscovite, Hunt affirme aussi son goût du risque, un plaisir ludique à choisir toujours la voie la plus difficile pour se sortir des ennuis. C’est aussi le principe de ce blockbuster trépidant : multiplier les complications à l’intérieur des complications, les défis improbables à relever jusqu’au vertige (littéral et figuré). Que ce soit dans une incroyable poursuite à Dubai au milieu d’une tempête de sable ou dans un hallucinant ballet de corps et de voitures dans un parking automatique, tout ici repose sur le déchaînement des éléments et la résistance surhumaine de Hunt-Cruise. Si le scénario tente de dessiner une nouvelle géopolitique des rapports de force (une Amérique dépassée par les pays émergents), c’est bien ce côté cartoonesque et bigger than life qui impressionne ; la présence de Brad Bird, auteur de quelques-uns des plus beaux fleurons Pixar (Les Indestructibles e

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Musique

MUSIQUES | Festival Transfo 5

François Cau | Lundi 16 mai 2011

Musique

En cours cette semaine, la cinquième édition du festival des Transmissions musicales. Entre le Ciel et, surtout, la Chaufferie, le festival propose des concerts précédés de rencontres (et ça, c’est bien, c’est pédagogique et ça fait avancer le schmilblick). Nous recommandons donc sérieusement d’aller prêter une oreille légère mais attentive aux expérimentations étranges de Golden Disko Ship & Jasmina Maschina au Ciel ce jeudi à 20h30. Entre folk, pop et électronica, avec en prime la promesse d’un travail audio-visuel venant « souligner » leurs personnalités musicales, la soirée appâte. Le mercredi soir, possibilité de (re)voir le ciné-concert de SZ (Baby Boy Frankie, déjà joué lors du festival consacré à la discipline : le Tympan dans l’œil). Et le vendredi, place aux penchants hip-hop avec Scratch Bandits Crew et Padwriterz qui, eux aussi, promettent un « show visuel ». 

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«Tout simplement éclectique»

MUSIQUES | À l’occasion de son DJ-set de samedi au Bar MC2 pour l’anniversaire d’Interface Electronics, on a fait le point avec Miss Kittin sur l’évolution de la scène club. Propos recueillis par Damien Grimbert

François Cau | Vendredi 25 février 2011

«Tout simplement éclectique»

Petit Bulletin : Vous suivez toujours d’aussi près les sorties musicales, ce que passent les autres DJs, ou vous avez pris un peu de recul par rapport à ça ?Miss Kittin : Heureusement que je me tiens encore informée, sinon il serait temps de changer de métier ! J'essaie de changer ma sélection à chaque set, mais avec du recul, ce n'est pas la course à la nouveauté non plus, le monde musical ne change pas de semaine en semaine. Quels sont les artistes qui vous ont le plus marquée ces derniers temps ?Ces derniers mois, le DJ qui m'a vraiment surprise par sa personnalité, en dehors de ses sets d'ailleurs, c’est Seth Troxler. À mes yeux, c’est un peu le Jean-Michel Basquiat de l'électronique, c'est un vrai original. La scène club est un peu tranchée depuis quelques années, certains DJs privilégient l’efficacité, d’autres le côté « cérébral »… Quelle est votre vision des choses ?Je suis tout simplement éclectique, j'essaie de mélanger tout ce que j'aime, le cérébral, et le côté plus festif. Je trouve d'ailleurs qu'il y a tout de même un retour à ce style de deejaying "classique", ave

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La Permission de minuit

ECRANS | De Delphine Gleize (Fr, 1h50) avec Vincent Lindon, Quentin Challal, Emmanuelle Devos…

François Cau | Jeudi 24 février 2011

La Permission de minuit

La Permission de minuit permet à Delphine Gleize de sublimer le thème qui parcourait ses courts et ses longs-métrages : la question de la normalité face au pathologique. À travers l’amitié entre un médecin quinquagénaire et un adolescent atteint d’une maladie génétique rare lui interdisant de s’exposer à la lumière, la cinéaste aborde la question avec la bonne distance. La maladie et le cérémonial qui l’entourent (des combinaisons futuristes, une maison aux vitres teintées…) introduisent une étrangeté presque fantastique dans le récit. Les rapports entre David et Romain, très crus et loin du sérieux de la relation médecin patient, sont un autre contre-pied au mélodrame attendu. Le choix de Vincent Lindon, acteur intense et intègre, est pour beaucoup dans ce naturel bienvenu. Dommage que Gleize soit meilleur cinéaste que scénariste : le deuxième acte perd du temps avec le personnage-fonction d’Emmanuelle Devos, et le film n’arrive pas à se choisir une fin. Il faut dire qu’il trouve son point d’orgue bien plus tôt, dans une très belle et très gonflée scène d’amour entre deux ados où Gleize ne détourne pas plus le regard de la nudité qu’elle ne le faisait de la maladie. CC

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Rivières de beats

MUSIQUES | Grenoble, capitale européenne de l’électro ? Hey, pour une fois, grâce à la soirée Made In Grenoble 2 organisée ce samedi à la MC2 par Interface Electronics, on pourra presque le prétendre sans rougir… FC

François Cau | Lundi 2 novembre 2009

Rivières de beats

L’anecdote est éloquente : quelques années en arrière, Jérôme Safar, alors Adjoint à la Culture, se rend à Berlin, l’une des grandes plaques tectoniques de la culture électro. Sur place, il apprend, non sans stupéfaction, que la ville de Grenoble est considérée comme un lieu emblématique des sonorités techno, en grande partie grâce au succès désormais international d’artistes brillants (en tête desquelles se trouve le duo Miss Kittin & The Hacker) et à l’activisme forcené des organisateurs de soirées locales. Et la municipalité de prendre le train électronique en marche, tentant vaille que vaille de faire sortir ses militants des bois. En attendant, de pied ferme, la nouvelle salle de musiques actuelles grenobloise, dont l’un des axes sera la mise en valeur de ce nouveau patrimoine, l’un des projets les plus symboliques de cette reconnaissance locale pour le moins tardive fut l’organisation à la MC2, en octobre 2006, de la première soirée Made in Grenoble, avec le concours précieux de l’association Interface Electronics. Trois ans plus tard, les maîtres d’œuvre de cette célébration mémorable remettent donc le couvert, et ne font pas les choses à moitié. Casc

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Ensemble c’est two

MUSIQUES | Leur "First Album" avait durablement traumatisé son monde, assis leur réputation à l’international, et donné ses lettres de noblesse à la mouvance électroclash. Huit ans plus tard, "Two", le second album de Miss Kittin et The Hacker, surfe sans complexe sur d’autres esthétiques. Décryptage. François Cau

François Cau | Lundi 30 mars 2009

Ensemble c’est two

2001. La scène électro française vit tranquillement sur ses acquis, se repose nonchalamment sur les représentants proprets de ce qu'on a appelé, dans un élan d'inspiration à même de décoiffer le brushing de Bob Sinclar, la French Touch. Surgi de nulle part (enfin, de Grenoble, quoi), un duo frondeur, sexy en diable, baigné dans les sonorités électro pop des années 80 et armé d'une ironie létale impose un improbable mantra. To be famous is so nice, Suck my dick, Lick my ass. Le refrain de Frank Sinatra, redoutable single du First Album de Miss Kittin et The Hacker, hymne décalé à la fatuité jet-setteuse, entre dans les têtes des amateurs de techno pour ne plus en sortir. Là où tant d'autres auraient capitalisé sur cette soudaine reconnaissance jusqu'à ce que mort artistique s'ensuive, le tandem a alors d'autres aspirations, comme l'explique rétrospectivement Michel "The Hacker" Amato. « On avait signé en 1997 sur Gigolo Records en Allemagne, on jouait notre live depuis cinq ans, sans équipe, dans un état de stress permanent, à l'arrache complet. Quand la hype est arrivée en 2002, on était heureux mais passablement épuisés. Et les journalistes anglais

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Contre courant

MUSIQUES | Le voici donc, le tant attendu comeback de l'electro made in Grenoble, pour le plus grand bonheur de la plèbe. Après avoir écumé tous les clubs et festivals (...)

François Cau | Vendredi 27 mars 2009

Contre courant

Le voici donc, le tant attendu comeback de l'electro made in Grenoble, pour le plus grand bonheur de la plèbe. Après avoir écumé tous les clubs et festivals de la planète et sorti un nombre conséquent de productions en solo, le duo The Hacker / Miss Kittin nous revient plus conquérant que jamais avec son second opus. Celui-ci, à l'opposé de la tendance “minimale” actuelle, met en avant les influences et courants musicaux chers à nos deux compatriotes, tels que l'Italo-Disco, la New Wave, la Techno ou encore le Rock. Aux commandes, The Hacker étale tout son savoir-faire et son sens inné de la mélodie pour perpétuellement créer l'émotion – sa maîtrise des synthétiseurs n'est désormais plus à prouver. Entre les nappes atmosphériques et les puissantes basses, la Miss parvient à imposer son timbre de voix si charismatique, son flow se déverse de manière lancinante et mélancolique sur les onze titres de l'album. Dès lors l'alchimie opère parfaitement, créant une débauche d'énergie considérable qui devrait engendrer de belles suées sur des dancefloors enflammés. On peut citer les “tubesques” 1000 Dreams, Party in my head, Ray Ban, Suspicious minds

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Membres mêlés

SCENES | LES PIÈCES / Transmission et Push, œuvres totalement envoûtantes, ABORDENT LA QUESTION DU LIEN et de la relation AU SEIN DU GROUPE puis DU COUPLE. SD

| Mercredi 14 mars 2007

Membres mêlés

Les parties du corps sont isolées par la lumière. Une main, un bras se dessinent sur la largeur du plateau, celui-ci plongé dans l’obscurité. Il semble que des individus tentent de se mettre en lumière. De se découvrir, d’abord individuellement, avant d’en arriver au collectif. Enfin, les corps se meuvent, mais la lumière est toujours dirigée sur un endroit réduit. Le mouvement continu transforme les parties du corps en un dessin abstrait. Le corps devient faisceaux lumineux, flux. Toujours dans le noir, les corps se rapprochent : deux bras enroulés apparaissent, un coude sur lequel est posé la main de quelqu’un d’autre. On ne sait plus à qui appartient telle épaule, telle main qui glisse sur un bras. La confusion des corps monte, sensuelle et légère. Petit à petit la lumière se fait. En symétrie, se déploient alors des duos de femmes, des solos, des histoires individuelles au milieu d’un groupe. Comment se découvrir ? Comme faire un collectif, et transmettre, se donner ? Dans cette pièce, Transmission, créée pour 5 danseuses, la qualité du mouvement s’avère inouï de bout en bout. Two lovers Souples, ronds les mouvements disent l’intime, la rencontre avec autrui, puis le retour

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