Cinémas : chronique d'une reprise espérée

ECRANS | Comme si de rien n’était, ou presque… La 93e cérémonie des Oscar s’est tenue le 25 avril, avec deux mois de retard par rapport aux années précédentes. Pendant ce temps, la planète cinéma demeure encore et toujours suspendue à l’évolution favorable d’une cohorte d’indicateurs, espérant une réouverture pérenne des salles. Résumé des épisodes précédents et état des lieux avant un retour (incertain) mi-mai.

Vincent Raymond | Mercredi 28 avril 2021

Photo : ©VR, @gforestier et captures de Twitter


La fermeture des salles de cinéma s'est désormais installée dans le paysage culturel et économique : à la différence de la période mars-juin 2020, elle constitue depuis fin octobre une parenthèse qui n'en finit plus de se refermer. Et les rebondissements incessants de la crise sanitaire, dignes d'un film catastrophe à l'issue incertaine, comme sa gestion internationale cacophonique, rendent le futur immédiat illisible. Partout dans le monde. Ainsi, si l'on jette un coup d'œil aux pays limitrophes de la France, seule l'absence d'harmonisation fait figure de cohérence : si la Belgique n'envisage pas de réouverture avant début juin (avec une jauge limitée à 200 personnes), l'Allemagne la retarde encore en envisageant d'exiger la présentation d'un test Covid négatif de moins de 24h. Les salles sont en revanche ouvertes au Luxembourg (depuis janvier avec distanciation et couvre-feu à 23h), en Espagne (suivant les restrictions locales des régions), en Suisse (depuis le 19 avril avec masque, distanciation et jauge), en Italie (depuis le 26 avril, avec couvre-feu à 22h)…

Et la France ?

Las ! Il ne suffit pas de décréter une date pour que les écrans se rallument par magie : comme des avions à l'affût d'un slot — un créneau horaire libre —, près de 400 œuvres attendent de disposer d'une date pour se frayer leur place dans les quelque 5800 salles hexagonales qu'elles doivent se partager. Des films inédits (Nomadland, The Father, récemment primés) ou retardés plusieurs fois (Slalom, Mandibules, Le Discours, La Nuée, Falliing, Gagarine, Sans un bruit 2, Kaamelott…) mais aussi ceux méritant de poursuivre une carrière prématurément interrompue en octobre. D'autant que certains, ayant résisté à l'appel de la VOD, ont depuis glané leur content de récompenses prescriptrices : Adieu les cons, Antoinette dans les Cévennes ou même Drunk peuvent ainsi connaître un regain d'intérêt du public. D'un point vue pratique, il faut donc répartir les sorties, les équilibrer (grosses productions, films indépendants, continuations…) ; d'un point de vue organisationnel, que les distributeurs puissent les commercialiser "proprement", c'est-à-dire qu'ils disposent de suffisamment de délai pour effectuer leur campagne de promotion, placarder des affiches, etc.

Sur la première question, l'ensemble de la filière a vite compris que tout le monde irait au casse-pipe si chacun se livrait dès la réouverture à sa petite stratégie du rouleau-compresseur. Pour éviter un engorgement massif et des bras de fer à répétition se soldant par des recours sans fin auprès du Médiateur du cinéma — l'arbitre qui tranche notamment lorsque les exploitants n'arrivent pas à obtenir les copies d'un film —, les distributeurs ont esquissé la possibilité de se concerter pour planifier de concert (à titre exceptionnel et temporaire) leurs sorties. Proposition vertueuse pour l'écosystème, qui soulève paradoxalement un problème légal : en l'état du droit, l'Autorité de la concurrence saisie par précaution par le Médiateur du cinéma a estimé le 16 avril « qu'un accord temporaire de ce type [était] susceptible de constituer une entente prohibée par le droit de la concurrence national et européen mais qu'il pourrait en revanche, dans un cadre contentieux, bénéficier d'une exemption individuelle, à condition de remplir un certain nombre de critères » — dont, par exemple la garantie que le public bénéficie d'une offre diversifiée ou que d'autres formes de concurrences entre distributeurs subsistent par ailleurs. Malgré son apparence de casse-tête juridique, ce point n'est certes pas le plus complexe à démêler.

Car la seconde question, celle de la date effective, risque de demeurer dans le flou jusqu'au dernier moment. Pendant des mois, les représentants des professionnels de la distribution et de l'exploitation se sont lamentés d'une absence de dialogue avec les autorités décisionnaires quant à l'ébauche d'un calendrier de reprise, en particulier le CNC et la rue de Valois. Il y a cependant eu des réunions avec une mission commune d'information du Sénat, laquelle a débouché le 13 avril sur diverses propositions dont une « reprise d'activité progressive et encadrée », c'est-à-dire avec distanciation physique, réduction à 50% de la jauge, pas de restauration/confiserie etc. mais pas d'instauration de passeport vaccinal exigé à l'entrée non plus.

Voulant d'un tweet saluer ces débats, Roselyne Bachelot s'était faite vertement railler par les "professionnels de la profession" pour la vacuité de sa formule sans date et sa transparence ministérielle. Il faut dire que ceux-ci avaient moyennement goûté le fait que, la veille, elle ait décommandé sans raison leur rendez-vous du 5 mars pourtant prévu de longue date autour d'une « réouverture graduée » (en réalité, pour aller admirer les chênes devant servir à la reconstruction de Notre-Dame…), puis déplacé celui du 11 au 12 mars…

Vers des ouvertures territorialisées et des jauges ?

La ministre de la Culture a pourtant réussi à reprendre la main indirectement dans les colonnes du Canard Enchaîné le 21 avril dernier : une indiscrétion laissait entrevoir qu'elle avait obtenu un accord de principe pour une réouverture des cinémas dès le 17 mai. Sous certaines conditions toutefois : qu'elle soit progressive, respectant des jauges d'abord à 35% des capacités des salles, puis à 65% trois semaines plus tard ; ensuite que les conditions sanitaires aient évolué favorablement. Loin d'être anodin, ce dernier point constitue l'aspect le plus préoccupant : on l'a bien vu avec la pandémie de la Covid-19, la vérité d'un jour peut être balayée par les résultats du lendemain, par l'apparition imprévue d'un variant ou d'un recombinant — la flambée indienne en témoigne…

La balle est à présent dans le camp du chef de l'État. En marge de sa visite le 26 avril dans une école de Melun, Emmanuel Macron a de son côté confirmé que les lieux culturels devraient rouvrir à la « mi-mai ». Avec, si l'on en croit la petite musique jouée à l'AFP, des « jauges [pouvant] varier en fonction des territoires, avec un seuil plancher à 35% » (selon le niveau de circulation du virus). Aux dernières nouvelles [au mercredi 28 avril], une intervention du chef de l'État destinée à préciser les étapes du calendrier de réouverture, à compter du 12 mai, serait programmée pour le vendredi 30 avril…

Reste un étrange paradoxe : on parle de réouverture alors que le nombre des personnes hospitalisées avec diagnostic Covid-19 au 26 avril est supérieur de plus de 15% par rapport à celui du 30 octobre, date de la fermeture ; quant à celui des patients en réanimation, il a bondi de 30% ! Le monde de la culture, qui n'a jamais compté de cluster (comme le prouve encore le concert-test barcelonais), a toujours donné des gages de sécurité mais s'est vu "non essentialisé" pendant six mois, pourrait avoir du mal à comprendre cette étrange lecture arithmétique…

Quid de Grenoble ?

Les exploitants grenoblois partagent peu ou prou la même analyse : échaudés par une reprise en demi-teinte à l'été 2020, fauchés dans leur élan par la vraie-fausse reprise de Noël, ils ont encore du mal à y croire. « Je reste très circonspect, soupire Bruno Thivillier, le directeur du Méliès. Car il n'y a pas plus de raison d'ouvrir le 17 mai — date lâchée un peu au hasard, on ne sait pas pourquoi — qu'il y a 6 mois, parce que les chiffres ne sont pas bons. Et l'échelle nationale est déterminante pour qu'il y ait un semblant de reprise : si Paris devait ne pas rouvrir, beaucoup de distributeurs pourraient faire le choix de ne pas sortir de films. Or, après 6 mois de fermeture, il faut un élan partagé. »

Même tonalité à La Nef, Monique Adira rappelle qu'un cinéma « n'est pas un commerce comme un autre. Le maintien d'un couvre-feu à 19h ou 20h nous mettrait dans un situation extrêmement délicate, étant donné que les salles marchent à partir de 20h et que la première réaction des gens sera d'aller au soleil ou voir des amis, comme l'an passé : l'ouverture du 22 juin a été une catastrophe pour les cinémas. Sans compter que les spectateurs ont pris de "très mauvaises habitudes" : ils se sont abonnés à Disney+ pour leurs enfants, à Netflix pour eux ; quant aux acteurs, ils ont fait beaucoup de téléfilms pour travailler… C'est encore par la qualité de ce que l'on va présenter que l'on pourra casser ces habitudes ! »

« Cette date peu propice du 17 mai aux cinémas n'est pas du tout raisonnable, abonde Bernard Wolmer des 6 Rex ; pour peu qu'on soit dans les mêmes paramètres, la réouverture serait inutile. Mais ce qui me fait le plus peur, ce serait la réouverture/fermeture. Le problème, c'est qu'il y a des exploitants qui sont trop impatients d'ouvrir alors qu'il faut être extrêmement prudent et avoir une vision à moyen ou long terme ».

Quant à Patrick Ortega du Club, s'il ne voit pas non plus comment une ouverture le 17 mai est possible : « Il y a des engagements politiques qui nous promettent une date, et une réalité sanitaire différente », il doute surtout de la solidité du gentleman agreement des distributeurs : « Les plus fragiles se positionnent en sachant très bien que les plus importants imposeront un rythme de sortie. Les échanges et débats ont lieu en temps de paix et la réouverture sera un temps de guerre. Et tout ce qu'on théorise maintenant pourra voler en éclat en une heure. Je ne veux pas être pessimiste, même si je suis peut-être devenu un peu fataliste, mais les différents confinements m'ont surtout rappelé que mon métier, c'est du présentiel et que la cohabitation avec les autres média est obligatoire. La flamme n'est pas éteinte et je n'ai qu'une envie : la partager à nouveau ! » Et Monique Adira de conclure sur la même ligne : « Si toutes les planètes sont alignées, ce sera avec grand bonheur qu'on recommencera. » #TousAuCinéma, oui, mais quand ?

*Également contacté, le Pathé n'a pas donné suite à nos demandes.

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Couvre-feu : une nouvelle question d’adaptation et de survie

Crise sanitaire | L’instauration d’un couvre-feu dans toute l’agglomération grenobloise oblige une fois encore le monde culturel à affronter une situation extrêmement complexe. Un nouveau coup très dur, aux conséquences pour l’heure incalculables.

Martin de Kerimel | Mardi 20 octobre 2020

Couvre-feu : une nouvelle question d’adaptation et de survie

Décidément, en 2020, le verbe s’adapter se décline à tous les temps. On espérait qu’après deux mois de confinement printanier, on saurait suffisamment se protéger du coronavirus pour pouvoir revivre "normalement". Retrouver ses proches, retourner au travail, aller au restaurant, profiter sans inquiétude de tout ce que le monde culturel peut offrir, au cinéma, au théâtre, au concert… et plus puisqu’affinités. Bien sûr, dans de nombreux cas, il a fallu conserver une distance avec les autres, porter un masque et ne pas être trop nombreux au même endroit. Ces efforts, auxquels nous avons largement consenti, n’ont pas suffi : le virus, que l’on croyait en recul, est toujours là, en force. La "deuxième vague" annoncée comme une possibilité s’est concrétisée. Nous voilà de nouveau contraints à adopter un mode de vie différent, plus austère, en rentrant chez nous avant 21 heures, pour n’en ressortir au plus tôt qu’à 6 heures le lendemain – sauf cas dérogatoire particulier. Vingt millions de Français Emmanuel Macron a pris cette décision pour Paris, l’Île-de-France et huit métropoles, dont celle de Grenoble. Au total, vingt millions de Français sont concer

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Deux anniversaires pour le prix d’un au Méliès

ECRANS | Du mercredi 28 juin au dimanche 2 juillet, le cinéma fête ses cinq ans d'installation dans le quartier de la Caserne de Bonne ainsi que ses 50 ans d'existence. On détaille le programme des festivités.

Aurélien Martinez | Lundi 26 juin 2017

Deux anniversaires pour le prix d’un au Méliès

Il y a cinquante ans, le cinéma le Méliès ouvrait à Grenoble, rue de Strasbourg. Une petite salle de 96 places à la programmation exigeante. Il y a cinq ans, le cinéma le Méliès déménageait à la Caserne de Bonne et s’installait dans des locaux flambant neufs de trois salles qui lui donnent aujourd’hui un petit côté multiplexe art et essai. D’où l’idée de fêter ça sur cinq jours, avec notamment un documentaire sur les deux Méliès (Le Nouveau monde, jeudi 29 juin à 20h30) ou encore une conférence intitulée « la ligue de l’enseignement et le cinéma : une histoire de l’éducation par et au cinéma » (vendredi 30 juin à 18h). Car le Méliès est un cinéma qui fait partie de cette association d’éducation populaire et qui, à ce titre, défend « des valeurs de citoyenneté, d’engagement, de laïcité, de pluralité » comme nous l’assure son directeur Bruno Thivillier. Un anniversaire « pour ne pas oublier le passé » donc, même s’il sera surtout tourné vers l’avenir « pour faire un point d’étape après cinq ans d’activité ». Plusieurs avant-premières de films très attendus seront proposées comme le documentair

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"Salafistes" : l’un des deux réalisateurs sera lundi au Club

ECRANS | François Margolin viendra pour une projection-débat. Et le directeur du Club explique pourquoi il a choisi de diffuser ce documentaire controversé.

Aurélien Martinez | Vendredi 29 janvier 2016

Salafistes de François Margolin et Lemine Ould Salem, c’est le documentaire qui suscite de nombreux débats en ce moment en France ; débats remontant même jusqu’au ministère de la culture qui l’a interdit aux moins de 18 ans. À Grenoble, il est diffusé depuis ce mercredi (jour de sa sortie) au Club : un cinéma qui a eu la bonne idée d’inviter l’un des deux réalisateurs (François Margolin) pour une projection-débat. Rendez-vous lundi 1er février à 20h15. « Proposer aux spectateurs des œuvres qui parfois dérangent mais toujours interrogent » Sur le Facebook de son cinéma, le directeur Patrick Ortéga a publié un long texte expliquant pourquoi il a choisi de diffuser ce film. Extrait : « Le 11 janvier 2016, un jeune lycéen a attaqué avec une machette un professeur portant la kippa et une Torah près d'une école juive à Marseille. Cette action me paraissait tellement incompréhensible qu'il me fall

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Le Club s’offre les frères Dardenne

ACTUS | Vendredi 24 janvier, le dernier coup de pinceau sera appliqué sur la devanture du Club, marquant une nouvelle étape dans l’existence du cinéma. Racheté au groupe Pathé en 2012 par Martin Bidou, Pierre de Gardebosc et Patrick Ortéga, le cinéma remis à neuf accueille les frères Dardenne pour la cérémonie d’inauguration. Patrick Ortega, directeur des lieux, nous explique ce choix. Propos recueillis par Guillaume Renouard

Guillaume Renouard | Jeudi 23 janvier 2014

Le Club s’offre les frères Dardenne

Vendredi, le Club fait peau neuve… Patrick Ortéga : Si on veut ! Ce sera l’aboutissement d’une aventure qui a débuté en mars 2012, lorsque Martin Bidou, Pierre de Gardebosc et moi-même avons racheté le cinéma. Nous avons depuis effectué des travaux considérables qui touchent aujourd’hui à leur fin. Vendredi marquera l’inauguration officielle du cinéma, ou en tout cas sa réouverture sous la forme que nous souhaitions lui donner en le rachetant. Les frères Dardenne seront présents en tant que parrains. Parrains ? Oui. Ils font partie de notre faisceau de connaissance depuis quelque temps, et leur distributeur est un partenaire de longue date. Nous apprécions les valeurs humanistes qu’ils véhiculent à travers leur œuvre. C’est un cinéma intime, humain, qui ouvre les yeux sur les autres, loin de l’esbroufe du grand spectacle. Les frères Dardenne nous invitent à ausculter l’existence d’individus banals, que l’on côtoie au quotidien, et par là même à changer notre regard et à avancer. Un cinéma de proximité, bien plu

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Club 2.0

ACTUS | Mercredi 21 août 2013 : après un mois et demi de travaux, le cinéma le Club rouvre ses portes. Avec, à la clé, un espace plus spacieux, plus accessible, mais toujours présenté comme « une salle de quartier » par Patrick Ortéga, son directeur. Visite et rencontre. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mercredi 21 août 2013

Club 2.0

C’est jaune : voilà la première impression que l’on a en pénétrant dans le nouveau Club, cinéma grenoblois historique situé rue du Phalanstère. Il faut dire que la déco qui habillera les murs (avec des affiches par exemple) ne sera finalisée que début septembre. Mais sinon, tout est prêt pour la réouverture des lieux ce mercredi 21 août : le hall plus grand duquel les marches ont disparu, un escalier spacieux pour accéder aux salles du premier étage (avec en prime une vue dégagée sur la rue grâce à une grande fenêtre), des nouveaux sièges dans la salle principale... Et dans chacune des trois salles du rez-de-chaussée, des places pour les personnes en fauteuil roulant. Patrick Ortéga : « Avec mes deux associés Pierre de Gardebosc et Martin Bidou, quand on a racheté le cinéma au groupe Pathé en mars 2012, on avait pour projet de passer au numérique – une transition incontournable –, et d’offrir un renouveau à ce cinéma qui était dans son jus depuis plus de quarante ans, en modifiant les aménagements. Le challenge était ainsi d’aller vers une accessibilité pour tous les spectateurs,

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Les Paradis artificiels : le film reste en salle à Grenoble

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Aurélien Martinez | Mercredi 31 octobre 2012

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Les Paradis Artificiels du Brésilien Marcos Prado sort cette semaine en France. Mais à moins grande échelle que prévue : douze des quinze salles qui l’avaient programmé l’ont finalement retiré de leurs écrans, au motif qu’elles auraient perdu leur exclusivité de diffuseur. En cause, la stratégie de communication du distributeur Damned, qui avait proposé en avant-première lundi soir à 22h, en séance unique, le film sur Dailymotion, pour lui offrir une plus grande visibilité (le bouche à oreille peut faire des merveilles!). Pour cette opération, Dailymotion s’était associé avec Eye on Film, réseau de 34 distributeurs et de 42 festivals et labels spécialisé dans la distribution de premiers et deuxièmes longs-métrages. Le but : s’essayer à la promotion du cinéma indépendant sur le web. « Une réaction à chaud, de prudence » Nous concernant en région Rhône-Alpes (car oui, le Petit Bulletin est diffusé à Grenoble, Lyon et Saint-Étienne, pour ceux qui ne seraient pas au courant!), le film n’était pas

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Le changement dans la continuité

ACTUS | « Depuis les débuts du Méliès en 67/68, les films à destination des enfants étaient déjà là. Il y a depuis toujours cet ancrage du côté de l’éducation au cinéma, de l’éveil à (...)

Aurélien Martinez | Lundi 18 juin 2012

Le changement dans la continuité

« Depuis les débuts du Méliès en 67/68, les films à destination des enfants étaient déjà là. Il y a depuis toujours cet ancrage du côté de l’éducation au cinéma, de l’éveil à un cinéma différent... Au fil du temps, il a pris des formes variées, le côté patrimonial est devenu aussi très important. Et c’est au milieu des années 80 qu’il a pris appui sur un cinéma plus directement dans le champ commercial, du côté du cinéma art et essai. » Voilà comment Bruno Thivillier évoque la ligne éditoriale de son cinéma. Un cinéma doté de trois labels de qualité : recherche et découverte, jeune public, et patrimoine et répertoire. Des labels qui concordent avec l’esprit de la Ligue française de l’enseignement, qui porte le projet du Méliès (tous les employés du cinéma – même le directeur – sont salariés de l’association). La Ligue a ainsi vu le jour en 1866, avec le but de lutter pour une école gratuite, laïque et obligatoire. En 1925, le projet est redéfini, autour de l’idée de l’éducation des individus tout au long de leur vie. La Ligue française de l’enseignement crée alors des sections spécialisées dans tous les domaines des loisirs : le sport, les vacances, et donc la culture.

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Le Méliès, un cinéma « du voir et du faire »

ACTUS | Lorsque nous avons visité le chantier la semaine dernière, une dizaine de jours avant l’ouverture, tout n’était pas prêt (les fauteuils devaient ainsi être (...)

Aurélien Martinez | Lundi 18 juin 2012

Le Méliès, un cinéma « du voir et du faire »

Lorsque nous avons visité le chantier la semaine dernière, une dizaine de jours avant l’ouverture, tout n’était pas prêt (les fauteuils devaient ainsi être rapidement livrés), mais l’ambiance était bel et bien posée : le nouveau Méliès est spacieux et classieux, avec un hall gigantesque, un espace bar cosy, un kiosque-librairie, et de nombreuses baies vitrées donnant sur l’extérieur. De quoi changer diamétralement des anciens locaux rue de Strasbourg, et même des autres cinémas grenoblois à taille humaine, plus labyrinthiques et usés (des travaux de rénovations sont ainsi prévus au Club). Ce nouveau Méliès est doté de trois salles de cinéma. Une de 133 places, baptisée En attendant le bonheur (film d’ Abderrahmane Sissako). Une de 150 places, s’autoproclamant fièrement Le Nouveau monde, à l’image du long-métrage de Terrence Malick. Et enfin, une plus grande de 241 places, logiquement prénommée Le Voyage dans la Lune, œuvre phare de Méliès. Des salles pour deux d’entre elles doublement équipées en 35 mm et en numérique, pour pouvoir diffuser tout type de film – notamment ceux du répertoire qui n’ont pas de copie numérique. À noter au

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Le Méliès rebat les cartes

ACTUS | Le samedi 23 juin, veille de la fête du cinéma, ouvrira le nouveau Méliès, qui abandonnera ainsi son unique écran rue de Strasbourg pour trois salles spacieuses en pleine Caserne de Bonne. Un déménagement et un agrandissement attendus de longue date, qui vont quelque peu redéfinir le paysage du cinéma d’art et d’essai à Grenoble.

Aurélien Martinez | Lundi 18 juin 2012

Le Méliès rebat les cartes

Quartier de Bonne, entre Championnet et les Grands boulevards. Ce qui n’était encore il y a dix ans qu’une caserne à l’abandon est aujourd’hui une mini-ville un peu Playmobil, avec ses immeubles flambant neufs, son centre commercial lounge, son parc design... Et maintenant son cinéma art et essai doté de trois salles ; soit le Méliès, cinéma associatif situé auparavant rue de Strasbourg. Un projet de déménagement et d’agrandissement dans les cartons depuis un petit bout de temps, comme l’explique Bruno Thivillier, directeur des lieux. « On avait besoin de grandir, nous qui avions un outil un peu obsolète, datant de 1967, avec une seule salle de 96 fauteuils... L’idée est née en 2002. La première venue sur le site, c’est 2003. À l’époque, c’était encore vraiment la Caserne de Bonne, avec des bâtisses militaires, des écuries... C’était sauvage, il y avait un terrain de foot, plein d’herbes folles. J’ai alors rédigé un projet d’agrandissement, que l’on a présenté aux élus de Grenoble, et au directeur de l’entreprise qui avait la maîtrise du site. La Ville a alors pris du temps pour le valider et le lancer [la première pierre a été posée à l’été 2010 – NDLR],

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Independance Club

ACTUS | La semaine dernière, le cinéma Le Club signait son affranchissement de la tutelle du groupe Pathé. Décryptage de cette nouvelle donne, son origine et ses enjeux. FC

François Cau | Samedi 10 mars 2012

Independance Club

Le fait n'est peut-être pas connu de tous, mais jusqu'à mardi dernier, le cinéma le Club, classé art et essai, était une enseigne Pathé. Un établissement atypique au sein du groupe et de ses nouvelles stratégies offensives des années écoulées, une anomalie vouée à subir les mutations du paysage cinématographique, au niveau à la fois local et national. National car une mise aux normes numériques n'était pas à l'ordre du jour ; local car l'ouverture prochaine (annoncée en mai-juin) du nouveau Méliès et de ses trois salles, à quelques foulées de la rue du Phalanstère, n'est pas vécue comme particulièrement rassurante – au point que David Epstein, le précédent responsable des cinémas Pathé de la région grenobloise, en était venu à annoncer de façon péremptoire la fermeture du Club à l'inauguration du nouveau Méliès. L'ambiance était posée. Des tractations sont amorcées, le contrat est finalement signé mardi 6 mars. À l'initiative de trois associés (Patrick Ortega, actuel directeur du Club ; Pierre de Gardebosc, patron de la société MC4 ; Martin Bidou, distributeur chez Haut et Court), le cinéma le Club amorce sa nouvelle vie.

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