Kids return

Vincent Raymond | Jeudi 20 mai 2021

Photo : ©Super Pet Productions Ltd


Faites le calcul : six mois sans cinéma pour un enfant de 7 ans équivaut pour un adulte de 35 ans à deux ans et demi de privation de salles obscures ! Autant dire qu'il y a des raisons légitimes d'y emmener vos chérubins à la première heure. Certains films profitant de l'occasion pour continuer leur existence raccourcie, il n'est pas défendu de leur rendre un hommage (Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary du toujours impressionnant Rémi Chayé pour les 8 ans et plus, les programmes Les Mal-aimés de Hélène Ducrocq et La Baleine et l'Escargote de Max Lang et Daniel Snaddon pour les 3-6 ans). Toutefois, quelques nouveautés alternatives – c'est-à-dire hors du périmètre tonitruant des blockbusters – méritent d'être signalées.

À commencer par l'improbable (sur le papier) StarDog et TurboCat (photo) de Ben Smith, dans lequel Buddy, un chien expédié dans l'espace en 1969, atterrit de nos jours dans une ville où les animaux domestiques sont traqués. Mais avec l'aide de Félix, un chat hâbleur équipé comme Batman, il rétablira l'harmonie entre humains et bestioles. Plutôt plaisant, ce film d'animation va au-delà de la parodie systématique et du sempiternel affrontement chien et chat. Un léger regret : la distribution de voix choc en VO ( Luke Evans, Gemma Arterton, Bill Nighy…) n'est hélas pas disponible en français.

Enfin, un ensemble de courts-métrages arty issu de l'écurie Cinéma Public Films présente trois mises en images d'histoires exotiques. Mille-Pattes et Crapaud, d'inspiration indienne, métaphorise le principe de la guerre psychologique ; Celui qui a deux âmes propose chez les Inuits une alternative au modèle patriarcal traditionnel ; enfin Le Prince Serpent (qui donne son nom au programme) plonge en Mésopotamie à la rencontre d'un souverain (doublé par Guillaume Gallienne) victime d'une malédiction l'obligeant à vivre reclus qu'une modeste servante parviendra à délivrer. D'une beauté formelle remarquable et d'une audace rappelant Michel Ocelot (oui, il y a de la nudité, comme dans la peinture antique ou classique, et alors ?), ce conte hypnotique conduit ses protagonistes vers la liberté. Parfait pour une réouverture.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter