Vintage 80's

Vincent Raymond | Jeudi 20 mai 2021

Photo : ©Atelier de production


La nostalgie n'est plus ce qu'elle était ? Pas si sûr si l'on observe deux premiers longs-métrages très dissemblables en apparence, mais qui singulièrement ressuscitent la même époque cinématographique : celle des années quatre-vingt, fécondes en formalistes et esthètes de tous poils. Prenons le charmant Playlist (2 juin) de Nine Antico, pérégrinations amoureuses et professionnelles d'une apprentie dessinatrice, au rythme de vinyles soigneusement choisis. Avec son noir et blanc léché, ses appartements-terriers-chambres, son regard sarcastique sur le monde de l'édition, la peur de ses personnages de basculer d'adulescents à adultes (Sara Forestier, à sa place dans le rôle principal) et leur indolence attachante, Playlist révèle d'étonnantes similitudes avec la jeunesse d'antan.

Tout autre registre que celui du Dernier Voyage (19 mai) de Romain Quirot, fable d'anticipation fantastico-dystopique – genre peu fréquenté par les cinéastes français, sans doute parce qu'il réclame une vision et des moyens à l'avenant pour être un minimum crédible. D'essence rétro-futuriste (c'est-à-dire biberonné au post-apocalyptique millerien et au space opera lucasso-bessonnien), rehaussé d'une distribution solide (Hugo Becker, Jean Reno poussif, Paul Hamy inquiétant en néo Pascal Gregory et la jeune Lya Oussadit-Lessert en garçonne de service), d'un argument écolo-new age qui pourrait lui aussi venir de l'aube des "eighties", cette version longue d'un court-métrage fait habilement le job. Quirot devrait logiquement refaire parler de lui à l'avenir…

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Un Printemps du livre, six coups de cœur

Festival | Qui pourra-t-on rencontrer à Grenoble et aux alentours entre le mercredi 20 et le dimanche 24 mars ? Réponses subjectives.

Stéphane Duchêne | Lundi 18 mars 2019

Un Printemps du livre, six coups de cœur

Maylis de Kerangal Un monde à portée de main Le monde à portée de main de Paula Karst, c'est celui qui s'offre à elle autant que celui qu'elle apprend à reconstituer à l'Institut supérieur de peinture de Bruxelles où elle étudie le trompe-l'œil. Un art de reproduire la matière qui la conduit jusqu'à Moscou mais aussi au studio de Cinecittà en Italie, avant qu’elle ne se voie confier le chantier du fac-similé de la Grotte de Lascaux. Mais derrière ce récit d'apprentissage, comme toujours, Maylis de Kerangal (photo) nous parle d'elle, et de cet art de faussaire virtuose qu'est l'exercice de la fiction, dans une réflexion vertigineuse sur la création. À la salle Olivier Messiaen vendredi à 16h30 (rencontre) Au musée samedi à 10h30 (rencontre) et 17h (lecture en correspondance) Thomas B. Reverdy L'Hiver du mécontentement Derrière ce titre shakespearien, Thomas B. Reverdy, qu'on peut aisément classer dans la catégorie fantôme des écrivains rock, niche une étude de cette Angleterre de 1979 au bord de basculer dans le thatchérisme et la crise (sujet très reverdyen). Mais une Angleterre d

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Le Dernier Voyage de Tanya

ECRANS | En 75 minutes contemplatives et méditatives, le Russe Aleksei Fedorchenko dresse un poème inspiré, aux images fulgurantes de beauté, à la gloire des Méria, une peuplade en voie d’extinction ; une expérience qui manque toutefois de matière narrative. Christophe Chabert

François Cau | Vendredi 29 octobre 2010

Le Dernier Voyage de Tanya

Il y a quelques années, la découverte du "Retour" d’Andrei Zviaguintsev fut un choc esthétique définitif ; le cinéma russe y retrouvait la splendeur visuelle et l’ampleur mythologique de ses plus grands auteurs (Tarkovski, mais aussi Kalatozov). "Le Dernier Voyage de Tanya" s’inscrit dans cette lignée : dès le premier plan, on est littéralement frappé par l’exceptionnelle qualité de regard du cinéaste, cette manière de saisir le réel et de le transformer, par le jeu du cadre, de la lumière et des mouvements d’appareils, en matière poétique et visuelle. Le film ne s’en tient cependant pas à sa splendeur photographique, qui perdure tout au long de ses brèves 75 minutes. Si chaque image scotche littéralement le spectateur à son siège, Fedorchenko a aussi l’ambition de faire de cette beauté une évocation lyrique d’une culture appelée à s’éteindre, celle des Méria, tribu russe dont les traditions perdurent par-delà l’oubli collectif de leurs racines. La beauté du ritePour y parvenir, il réunit dans un même 4X4 un patron et son employé. Le patron vient de perdre son épouse Tanya, et décide d’aller brûler son corps sur la plage où ils ont passé leur lune de m

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PLAYLIST

MUSIQUES | Philippe Cohen-Solal Thomas Dybdahl : Something real de l’album Science Morrissey & Siouxsie : Interlude Eduardo Makaroff Salgan-De Lio (...)

| Mercredi 20 décembre 2006

PLAYLIST

Philippe Cohen-Solal Thomas Dybdahl : Something real de l’album Science Morrissey & Siouxsie : Interlude Eduardo Makaroff Salgan-De Lio : Comme il faut (d’Eduardo Arolas) Horacio Molina : Flor de lino (de Héctor Stamponi-Homero Expósito) Christoph H. Müller Owasu & Hannibal : Lonnie’s Secret Letta Mbulu : Mahlalela

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