"Coco" fête les morts

Ciné-goûter | Ciné-goûter au Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère avec la projection du film d'animation "Coco".

Vincent Raymond | Mardi 19 octobre 2021

Photo : ©2017 Disney•Pixar. All Rights Reserved.


De la mémoire comme un bien précieux à préserver, pour qu'une vérité historique non corrompue soit transmise par-delà les années… Ce qui est, somme toute, la raison d'être du Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère trouve dans le film d'animation Coco (2017) signé Lee Unkrich et Adrian Molina une éclatante illustration, à tous points de vues.

Judicieusement projetée à l'occasion des vacances de la Toussaint (donc peu avant le jour des Défunts), cette production Pixar se déroule durant la Fête des Morts mexicaine, quand les vivants célèbrent joyeusement le souvenir de leurs aïeux trépassés. Constituant un moment de retrouvailles familiales, ces festivités ont pour but symbolique d'empêcher l'âme des disparus de disparaître à tout jamais dans les tréfonds de l'oubli ; c'est dans ce cadre que le jeune héros de Coco, Miguel, accède par accident au royaume des Morts et rétablit dans ses droits un ancêtre injustement spolié de ses mérites… Flamboyant de couleurs et de vitalité, émouvant en diable, jamais macabre, Coco est aussi une allégorie du débunkage, très précieuse en une période où les infox prolifèrent. Que de bonnes raisons d'aller le (re)voir avec ses enfants ou ses parents !

>Ciné-goûter "Coco" le mercredi 27 octobre à 15h au Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère, Grenoble. Entrée libre sur réservation au 04 76 42 38 53.

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"It Must Be Heaven" : l’endroit vaut l’Enfer

Cinema | De la Palestine à Paris et à New York, rêveries éveillées et contemplations interloquées d’un promeneur particulier, Elia Suleiman, observant l’absurdité d’un monde à peine exagéré, où la surenchère de bêtise humaine l’emporte sur la bonne intelligence et la tolérance. Inclassable et Mention spéciale à Cannes en 2019.

Vincent Raymond | Mardi 3 décembre 2019

Le film s’ouvre sur une procession religieuse entravée par de mauvais plaisants, sans doute avinés, retranchés dans une église. Leur obstination oblige le prêtre à les déloger manu militari, avant de reprendre le cours de ses récitatifs. Avec ce prologue évoquant, par son irrespect bon enfant, un épisode contemporain d’un Don Camillo palestinien inédit et apocryphe, Suleiman (absent de la scène) donne le ton : à force de prendre les rites, règlements politico-administratifs et autres commandements religieux au sérieux, les hommes ont oublié leur sens de l’humour autant que de la poésie. Maudits mots dits Chaque film de Suleiman peut s’appréhender comme un nouveau tome de son bloc-notes d’observateur mutique nous donnant à le voir en train de contempler le monde ; comme la revue de presse d’un Guy Bedos pince-sans-rire qui aurait choisi le silence, usant des armes burlesques de Keaton, Tati ou Iosseliani. Notons que le regard n’est pas exempt d’auto-ironie : dans un fragment parisien le mettant en présence avec le producteur Vincent Maraval, celui-ci le renvoie à sa situation caricaturale de cinéaste palestinien e

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"Le Roi Lion" : c’est l’histoire de la vie (bis)

ECRANS | En donnant à voir une deuxième version de son film d'animation culte sorti en 1994, les studios Disney seraient-ils en train de préfigurer un cinéma nouvelle génération ? Derrière l’histoire du cycle de la vie et des successions naturelles, en affleure une où l’image est remplacée par une autre plus vraie que nature. Troublant...

Vincent Raymond | Lundi 15 juillet 2019

Dans la savane africaine, la naissance de Simba, le fils du roi lion Mufasa, ravive la colère de Scar, frère et rival de ce dernier qui fomente un plan diabolique pour le tuer, aidé par les hyènes. Et il y parvient. Débarrassé de son aîné, Scar persuade Simba qu’il est responsable de mort de son père et le contraint à l’exil… Le Roi Lion étant depuis un quart de siècle l’un des plus grands succès de la Maison de Mickey, cette nouvelle version à l’identique rassurera ses nombreux fanatiques : l’esprit de l’histoire, sa morale et son tempo demeurent inchangés. C’est sa forme qui a naturellement subi les plus profondes modifications. Il serait erroné de croire que la stratégie de reprise des "classiques" d’animation des studios Disney en film "en prises de vues réelles" soit gouvernée par une unique logique – fût-elle de rentabilité commerciale. Les productions se succédant, avec une accélération exponentielle ces derniers mois, elles ne font pas que suivre à la lettre le canevas des scripts existants : chaque film constitue ainsi une sorte de mini laboratoire où s’élabore à risques (et coûts) maîtrisés le cinéma de demain. Pr

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Jamel Debbouze : « On est dans un classique, on a l’impression d’être au Louvre ! »

ECRANS | Acquis à la cause de Simba depuis leur plus tendre enfance, Jamel Debbouze, Anne Sila et Rayane Bensetti, soit une partie des voix françaises de la nouvelle version du "Roi Lion", ne nous ont pas caché leur fascination pour le film original et son remake. Propos rapportés d’une rencontre enjouée.

Vincent Raymond | Lundi 15 juillet 2019

Jamel Debbouze : « On est dans un classique, on a l’impression d’être au Louvre ! »

Avez-vous un souvenir de votre première vision du Roi Lion de 1994 ? Anne Sila : Je ne me souviens pas de la première fois, mais je l’ai vu un millier de fois, je le connais par cœur ! Il fait partie des histoires qui, bizarrement, touchent tout le monde, quoi qu’on ait vécu : il touche à l’enfance, et on retrouve notre petit cœur de bébé (sourire). Jamel Debbouze : J’ai tout fait pour le voir à l'époque, c’était un événement tellement incroyable, tout le monde en parlait, on ne pouvait pas passer à côté ! Je me rappelle avoir resquillé tellement j’avais envie de le voir : un ami à Trappes avai t payé sa place au cinéma Le Grenier à Sel et avait ouvert la porte de secours…(rires)Je me souviens encore très bien de toutes les sensations, j’étais passé par tous les états : la joie, de la peine, et re-de la joie… C’est un film incroyable. On a tous vu des images du nouveau film, et même si on a tous été au cinéma souvent, c’est aussi incroyable : j’ai rarement vu un truc pareil, ça défie les lois de la pesanteur ! On voit des animaux parler, vivre, se mouvoir… La première fois, l’histoire m’ava

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"Acusada" : sans autre forme de procès

ECRANS | de Gonzalo Tobal (Arg-Mex, 1h48) avec Lali Espósito, Gael García Bernal, Leonardo Sbaraglia…

Vincent Raymond | Mercredi 3 juillet 2019

Dolorès, 21 ans, est accusée du meurtre de sa meilleure amie Camilla survenu 30 mois plus tôt à l’issue d’une soirée entre ados très arrosée. Alors que va se tenir le procès, la jeune fille vit recluse chez elle, l’opinion publique l’ayant déjà jugée. De très rares amis lui sont restés fidèles… En justice, le doute doit toujours profiter à l’accusé·e. Et sa charge d’incertitude permet des verdicts que le cinéma a du mal à accepter pleinement : un film étant censé s’achever par la résolution pleine et entière de toutes les intrigues, le doute constitue alors le prétexte à un ressort dramatique tel qu’une révélation de dernière minute. Acusada se distingue de la foule des films de prétoire par son absence de résolution : l’affaire du meurtre n’est pas bouclée et, d’un point de vue strictement théorique, c’est une bonne chose puisque la perception des faits par Dolorès constitue le cœur de l’histoire. Comment elle vit un sentiment de culpabilité consécutif au trépas de Camilla, aux conséquences sur ses parents (on comprend que le scandale, en plus de les ruiner socialement et matériellement, les a physiquement séparés), mais aussi sur s

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"Pachamama" : Inca de malheur…

ECRANS | de Juan Antin (Fr, 1h12) animation

Vincent Raymond | Mardi 11 décembre 2018

La statuette de Pachamama, la déesse protectrice garante de la fertilité des récoltes de leur village, ayant été subtilisée par le collecteur d’impôts, deux enfants se rendent à Cuzco, la capitale inca, afin de la récupérer. Pile au moment où les conquistadors débarquent… Terrible dans ce qu’il raconte des attaques commises contre des civilisations et peuples précolombiens, ce conte ne se distingue pas seulement par sa tonalité historico-politique bienvenue : il fait se répondre fond et forme. À l’instar de Brendan et le Livre de Kells (2009) qui semblait donner vie à des motifs gaéliques, Pachamama adopte un style graphique atypique faisant écho aux esthétiques, couleurs et représentations artistiques andines. Visuellement éclatant, le résultat tranche parce qu’il prend des libertés avec la doxa animée ; des entorses à la règle à mettre en regard avec la poésie magique dont le film de Juan Antin est nimbé : la poésie comme la magie ont la faculté, voire l’obligation, de s’autoriser toutes les transgressions. Et comme tout film d’apprentissage et d’émancipation, il porte aussi une morale dont la valeur est

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"Les Indestructibles 2" : toujours aussi fort.e.s !

ECRANS | De retour à l’animation après une parenthèse en prises de vues réelles, Brad Bird donne une suite superlative à ses "Indestructibles", où le divertissement n’exclut pas le politique. La marque de Pixar.

Vincent Raymond | Lundi 2 juillet 2018

Après un énième sauvetage destructeur, la famille Indestructible est, comme tous autres super-héros, définitivement hors-la-loi. Mais un milliardaire désireux de les réhabiliter propose à Hélène d’incarner cette reconquête. Pendant ce temps, Bob gère les enfants à la maison, et notamment bébé Jack-Jack qui révèle d’étonnantes dispositions… À cette lointaine époque (il y a… quatorze ans) où les héros masqués étaient moyennement à la mode (Sam Raimi venait tout juste de sortir Spider-Man), que Brad Bird avait eu le nez creux en sortant Les Indestructibles. Non seulement il revisitait l’univers codifié des "super" selon le prisme Pixar, en combinant vision décalée et parodique, mais il permettait indirectement à Disney d’entrer (certes par une porte dérobée) dans ce territoire jalousement gardé par Warner (Superman, Batman) et la Fox. Et Dieu dans tout ça ? La donne a changé aujourd’hui, la Maison de Mickey possédant l’essentiel de la plus grande fabrique à mutants en activité, Marvel. Pour autant, pensez-vous que Pixar aurait pu se priver d’une joyeuse transgression ? Que nenni !

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"Coco" : Pixar os secours des ancêtres

ECRANS | Un petit Mexicain parcourt le Royaume des Morts pour déjouer une malédiction familiale et obtenir une bénédiction en retour. Coutumier des quêtes en milieu hostile ("Monstre & Cie", "Le Monde de Nemo"), Lee Unkrich pousse plus loin le curseur et emporte les cœurs. Signé Pixar.

Vincent Raymond | Lundi 27 novembre 2017

Depuis qu’une aïeule a été abandonnée par son guitariste d’époux, la famille de Miguel a banni toute musique de sa vie. C’est donc un drame quand le garçonnet avoue, le Jour des Morts en plus, se destiner lui aussi à la guitare. Miguel espère trouver du soutien auprès de ses ancêtres… S’il faut aux sceptiques une preuve supplémentaire de l’existence d’un particularisme artistique des studios Pixar au sein de l’empire Disney, Coco tombe à pic : il constitue même une manière de manifeste. Là où les productions issues de la maison-mère misent sur un arsenal codifié d’éléments rassurants pour fédérer leurs publics (schématisons : la quête d’une princesse entrelardée par des torrents de chansons), la branche spécialisée dans les images de synthèse s’aventure dans des territoires insolites, plus stupéfiantes encore du point de vue narratif que technique. Une "originalité" artistique autorisée parce qu’elle s’avère globalement payante… notamment du côté du tiroir-caisse. Notes en sourdine Même si la musique est ici le moteur du personnage principal, elle ne pollue pas le film à heure fixe, ni ne le condimente tel un excipient fo

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Lee Unkrich ("Coco") : « On voulait vraiment que ça respire mexicain »

ECRANS | Piller de Pixar, le réalisateur de "Monstres & Cie", du "Monde de Nemo" ou de "Toy Story 2 & 3" est à nouveau à la manœuvre pour "Coco", qu’il évoque avec sa productrice Darla K. Anderson.

Vincent Raymond | Lundi 27 novembre 2017

Lee Unkrich (

Quel est le point de départ de Coco ? Lee Unkrich : L’inspiration est tout simplement venue du Mexique, dont j’appréciais depuis toujours le "Día de muertos" – le Jour des morts. Quand j’ai commencé à écrire sur ce sujet, je me suis rendu compte qu’il n’y avait aucune histoire sur cette fête, que c’était une idée assez unique. Au fur et à mesure de mes recherches, j’ai découvert combien l’idée du souvenir de sa famille y était important. Il y avait là le potentiel pour une histoire universelle, drôle, dramatique, visuellement très belle et avec un vrai cœur. Ça m’a touché. Avez-vous conçu le Pays des morts comme un miroir à celui des vivants, puisqu’on y boit, mange, dort ? LU : Non, on n’a pas pensé à cette notion de miroir, mais on a fait beaucoup de recherches pour la préparation, ce qui nous a aidés pour concevoir Santa-Cecilia, la ville du monde des vivants où vit Miguel. Évidemment, on ne pouvait pas faire de recherches pour le mo

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Les dix expositions à ne pas manquer cette saison à Grenoble et aux alentours

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Une sélection à base de légendes de l'art (Delacroix, Gauguin, et même les Beatles – pourquoi pas !) mais aussi de jeunes artistes ou encore d'expositions plus patrimoniales – il paraît que l'on va bientôt célébrer l'anniversaire des Jeux olympiques grenoblois.

La rédaction | Mardi 26 septembre 2017

Les dix expositions à ne pas manquer cette saison à Grenoble et aux alentours

Matt Coco En résonance avec la Biennale d'art contemporain de Lyon, qui imagine des Mondes flottants, l'artiste installé à Lyon Matt Coco investira la Halle de Pont-en-Royans début octobre pour une déambulation à la lisière du brouillard. Intitulée In caso di nebbia (traduire : en cas de brouillard), la proposition entend créer un imaginaire flirtant avec l’onirique où le naturel se mêle à l’industriel. Un paysage de volumes aboutis induisant une transformation par l’activation du spectateur, par la danse, le regard, la parole… L’artiste déploiera ainsi une déambulation immersive, en devenir. À la Halle (Pont-en-Royans) du 10 octobre au 30 décembre Alice Assouline

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Rentrée cinéma 2017 : les quatorze films qui feront notre automne

ECRANS | Bien sûr, on en oublie. Mais il y fort à parier que ces quatorze films constituent des pierres de touche de la fin 2017. Alors sortez votre agenda et cochez les jours de sortie avec nous.

Vincent Raymond | Lundi 28 août 2017

Rentrée cinéma 2017 : les quatorze films qui feront notre automne

Le Redoutable de Michel Hazanavicius 13 septembre Portrait chinois du cinéaste culte Jean-Luc Godard, au moment où il se défait de ce qui lui reste de fantaisie et commence par se prendre sérieusement au sérieux, Le Redoutable est adapté du récit autobiographique Un an après d’Anne Wiazemsky, qui fut en couple avec Godard. En savant théoricien-praticien de l’art du détournement, Michel Hazanavicius (l'homme derrière The Artist et les OSS 117) en a extrait une substance cinématographique purement godardienne, faite de références intellectuelles, de calembours à tiroirs et de ruptures narratives et stylistiques qui dépeint sans déférence ni cruauté le JLG égaré de 1967 (à son époque Mao-moi), à la fois fragile et tyrannique, jouée sans afféterie (mais avec chevrotement et cheveu sur la langue obligatoires) par Louis Garrel.

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"À bras ouverts" : oh, un conte colonial moderne

ECRANS | de Philippe de Chauveron (Fr., 1h32) avec Christian Clavier, Ary Abittan, Elsa Zylberstein…

Vincent Raymond | Vendredi 31 mars 2017

Au cours d’un débat télévisé, un intellectuel de gôôche (Christian Clavier) prônant la générosité se targue d’être prêt à accueillir une famille rom si d’aventure elle venait à sonner à sa porte. Babik (Ary Abittan) et les siens acceptent l’invitation, au grand effarement de leur hôte, forcé d’aligner ses actes sur ses paroles… En sabrant le nauséabond titre initial (Sivouplééé !), le pire du pire a été évité de justesse. Il se peut fort, d’ailleurs, qu’après le tollé suscité par l’annonce d’un projet de film censé jouer sur les clichés et les caricatures, le scénario ait été expurgé de ses outrances – scénario est un bien grand mot : on anticipe jusqu’à 75 minutes chacun des rebondissements de cette trame préfabriquée. Finalement, si cette comédie d’immersion dans une communauté (comme Thomas Gilou en tournait il y a 20 ans), signée par Philippe de Chauveron, réalisateur du fameux Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?, n’exhorte pas à la haine des Roms, elle conforte l’image du bon sauvage laid et arriéré

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"Neruda" : attrape-moi si tu peux !

ECRANS | D’un authentique épisode de la vie clandestine du poète chilien Pablo Neruda, Pablo Larrain tire un dys-biopic tenant de la farce, du polar politique et du western. Une palpitante mise en abyme de la création artistique célébrant la supériorité de tout artiste sur le commun des politiques…

Vincent Raymond | Mardi 3 janvier 2017

1948. Immense figure populaire, poète encensé, Pablo Neruda est aussi un député communiste s’opposant avec vigueur au président Videla. Lequel profite des tensions entre les grands blocs internationaux pour justifier son arrestation. Mais Neruda, pareil à une anguille, échappe à la traque menée par l’inspecteur Óscar Peluchonneau (interprété par Gael García Bernal). Et s’il ne parvient pas à quitter le pays, il va jusqu’à instaurer à distance un dialogue taquin avec son obstiné poursuivant… En préambule à son film, le cinéaste chilien Pablo Larrain aurait pu reprendre le mot de Boris Vian, à propos de L’Écume des jours : « Cette histoire est entièrement vraie puisque je l'ai imaginée d'un bout à l’autre. » Car si Neruda ne respecte pas "l’Histoire" stricto sensu ; si rien n’est authentique dans ce film, rien n’est réellement inexact. Tansformer en acte artistique un biopic d’artiste lui donne sa saveur, sa beauté et pour tout dire son véritable sens. En effet, raconter l’alpha et l’oméga d’une carrière ne présente, à part pour les indécrottables fans, qu’un intérêt médiocre : c’est ce qui di

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Le Voyage d’Arlo

ECRANS | Après avoir conquis les esprits et les cœurs au printemps grâce à "Vice-Versa", le studio Pixar sort son second film de l’année. Est-ce une si bonne nouvelle que cela ?

Vincent Raymond | Mardi 24 novembre 2015

Le Voyage d’Arlo

Comme il y a des années à treize lunes, 2015 aura donc été celle aux deux Pixar. Mais le calendrier se révèle aussi implacable que trompeur : sorti après Vice-Versa, Le Voyage d’Arlo aurait dû le précéder d’un an, si son réalisateur initial Bob Peterson n’avait pas été remercié, et si surtout le projet avait été plus solide. Malgré les changements d’équipes, les remaniements de scénario ; malgré enfin la garantie de qualité théorique que constitue le label Pixar, c’est un film malade qui nous est donné à voir. Aussi bancal et minuscule que le héros-titre au sortir de son œuf immense et prometteur. Oh, la technique n’est pas en cause : la représentation des décors et de la nature frise la perfection… jusque dans ses imperfections ; quant à la relative laideur des personnages (ou, à tout le moins, leur graphisme sommaire, digne d’un patatoïde de classe maternelle), elle semble destinée à rappeler au spectateur qu’il se trouve

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Vice-Versa : la Révolution Pixar

ECRANS | "Vice-Versa", chef-d’œuvre absolu signé Pete Docter, est un nouveau cap pour la révolution initiée depuis vingt ans par les studios Pixar dans le cinéma d’animation. Ou comment une bande de geeks est venue bousculer le monstre Disney, qui n’est pas parvenu à tuer leur créativité. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

Vice-Versa : la Révolution Pixar

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? » On ne sait pas si John Lasseter et ses camarades des studios Pixar ont lu Lamartine, mais ils auraient pu graver cette fameuse citation au frontispice de leurs bureaux. Au moins en ont-ils donné une version 2.0 à travers leur mythique logo : une lampe fait des bons comme à pieds joints, lançant des œillades de lumière au spectateur avant d’aller écraser et remplacer le I de Pixar. L’objet doté de personnalité, de vie et d’humour : un véritable credo à la source de leurs premiers travaux, mais aussi l’amorce de la révolution Pixar. C’est d’abord un pied de nez à la tradition Disney : là où la firme du haut château s’intéressait avant tout aux héros des contes classiques (de Blanche-Neige à Pinocchio) et à l’humanisation des animaux (Bambi, Dumbo, la centaine de dalmatiens ou encore les Aristochats), Pixar choisit de laisser la figure humaine dans l’ombre et ne se consacre à nos amis les bêtes que si celles-ci lui autorisent un changement radical d’échelle. Avec les deux Toy story et Mille et une pattes, réalisés par le grand manitou John Lasseter (épaulé par le non moins influent Andrew Stanton, f

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Vice-Versa

ECRANS | Les studios Pixar et Pete Docter donnent une singulière lecture de ce que l’on appelle un film-cerveau en plongeant dans la tête d’une fillette de onze ans pour suivre les aventures de… ses émotions ! Aussi ambitieux qu’intelligent, drôle, émouvant et exaltant, "Vice-Versa" est une date majeure dans l’histoire du cinéma d’animation. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

Vice-Versa

Vice Versa tombe à pic pour rappeler deux choses essentielles : d’abord que les studios Pixar sont de grands aventuriers du cinéma, des pionniers qui ne se reposent pas sur leurs lauriers et semblent se nourrir de défis toujours plus ambitieux. Il a fallu huit ans au génial Pete Docter, déjà auteur de Monstres et Compagnie et de Là-haut, pour venir à bout de Vice Versa ; on comprend à sa vision à quel point tous les projets montés par le studio entre temps n’étaient que des récréations (parfois formidables comme Toy Story 3 ou Rebelle, parfois décevantes comme les suites de Cars et de Monstres et Compagnie) en attendant d’accoucher de cette œuvre majeure. Deuxième rappel : le cinéma d’animation n’est pas, co

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Les Rencontres d’après minuit

ECRANS | De Yann Gonzalez (Fr, 1h32) avec Kate Moran, Niels Schneider, Éric Cantona…

Christophe Chabert | Vendredi 8 novembre 2013

Les Rencontres d’après minuit

Au prix du foutage de gueule 2013, il y aura photo finish entre La Fille de nulle part, Les Coquillettes, La Fille du 14 juillet, Tip Top et ces Rencontres d’après minuit, d’une nullité tout aussi abyssale quoique pour des raisons différentes. Ici, une partouze organisée dans un lieu mystérieux (une maison hi-tech au milieu d’une forêt enneigée) vire plutôt à la branlette mentale, chaque personnage –   «L’Étalon», «La Chienne», «La Star»… – exposant son passé dans une logorrhée verbale qui a le redoutable inconvénient d’être particulièrement mal écrite. Parfois, c’est comique, mais on ne sait p

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Monstres academy

ECRANS | Déception pour le nouveau Pixar : la greffe entre l’univers de "Monstres et Cie" et celle du film de campus ne prend qu’à moitié, et le scénario paraît bien attendu par rapport à celui du précédent "Rebelle". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Dimanche 7 juillet 2013

Monstres academy

On se souvient avec émotion de Monstres et Cie, peut-être le film qui a fait basculer Pixar dans la cour des grands. L’allégorie sur l’entertainment hollywoodien s’y déployait à travers un récit mené tambour battant et passant par toutes les émotions possibles – la moindre des choses pour un film où le carburant était justement une émotion, en l’occurrence la peur. Plutôt que de lui donner une suite, le studio a choisi de retourner aux origines de ses héros et de greffer l’univers des terreurs d’élite sur celui du teen movie. Sully et Bob «retournent» donc à l’université, avec un antagonisme fort : le premier n’est que le descendant un peu glandeur d’une légende de l’effroi, le deuxième est un gringalet qui veut réussir malgré ses maigres atouts et met toute son énergie dans un bachotage effréné. Le campus est à peine différent de ceux qui forment l’ordinaire du cinéma adolescent américain : des nerds et des bullies, des confréries et des soirées entre étudiants… C’est la première déception du film : plutôt que de renouveler les codes ou d’en fournir une critique, Monstres academy se contente la plupart du temps de les reprodui

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No

ECRANS | Le référendum de 1988 au Chili, pour ou contre le dictateur Pinochet, raconté depuis la cellule de communication du "Non" et son publicitaire en chef : ou quand la radicalité formelle de Pablo Larraín se met au service d’un véritable thriller politique, haletant et intelligent. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 28 février 2013

No

Format carré, couleurs baveuses, image dégueu : on se demande d’abord si, à l’ère de la projection numérique, l’opérateur ne nous a pas joué un sale tour en glissant une vieille VHS dans un magnétoscope acheté sur Le bon coin. L’arrivée à l’écran de Gael Garcia Bernal achève de semer la confusion, et pour peu que l’on ne sache rien de ce que No raconte, on est en droit de se demander où Pablo Larraín veut nous emmener. Pourtant, tout va finalement faire sens. L’auteur de Tony Manero et Santiago 73, post mortem, achève avec No une trilogie sur l’histoire du Chili sous Pinochet, et sa radicalité formelle trouve ici une justification nouvelle. Nous sommes en 1988 et, face à la pression populaire, le dictateur fait un geste d’ouverture en organisant un référendum pour approuver ou rejeter sa présidence. L’opposition fait appel à un jeune publicitaire, René Saavedra, pour monter la campagne du "Non" à Pinochet. Celui-ci, ni particulièrement politisé, ni franchement hostile au régime, accepte pour une raiso

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"Rebelle" : Pixar toujours au sommet

ECRANS | Mais qui arrêtera les studios Pixar ? Leur retour à une histoire originale après deux prolongations de franchises maison donne lieu à une pure merveille, chef-d’œuvre scénaristique et leçon de mise en scène animée.

Christophe Chabert | Mercredi 15 août 2012

Il était une fois une princesse écossaise qui rêvait de prendre les armes et de changer son destin, ne plus être la femme promise à un mariage de compromis pour préserver le Royaume des divisions claniques mais se transformer en aventurière romanesque. Cet argument a tous les atours d’un standard Disney, un genre de Raiponce en plus rugueux et féministe. Mais Rebelle est une production Pixar qui, une fois encore, taille des croupières à tous ses concurrents dans l’animation contemporaine. On a pu aimer les progrès effectués chez Dreamworks ou saluer un exploit du côté de l’hexagone (l’excellent Ernest et Célestine, à sortir en décembre) ; mais il faut le reconnaître : Pixar rappelle chaque été qui est le patron, que ce soit en transformant sa franchise la plus populaire en réflexion sombre sur la Shoah (Toy story 3) ou, comme ici, en se lançant dans une histoire originale qui, ce n’est pas la moindre de ses qualités, s’avère VRAIMENT originale. Peau d’ours Qu’on se le dise, Rebelle est un chef-d’œuvre de scénario. Son premier acte, qui s’achève sur le concours des prétendants et le refus de la belle Mer

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Revolucion

ECRANS | De Gael Garcia Bernal, Carlos Reygadas, Rodrigo Pla, Rodrigo Garcia… (Mex, 1h50)

François Cau | Vendredi 6 mai 2011

Revolucion

Le film collectif à thème semble condamné à produire des œuvres inégales, et c’est une fois de plus le cas avec Revolucion, évocation du centenaire de la révolution mexicaine par la crème des cinéastes locaux. On est même dans le bas du panier, puisque peu de courts-métrages méritent vraiment qu’on s’y arrête. Certains réalisateurs se saisissent de l’occasion pour faire du style sans véritable fond (c’est plutôt bien avec Gerardo Naranjo, plutôt nul avec Rodrigo Garcia, qui conclue le film par un clip esthétisant assez ridicule), d’autres veulent faire passer un message mais oublient de le mettre en scène. Globalement, tous donnent de la révolution mexicaine une vision au mieux nostalgique, au pire résignée. Emblématique, le segment (pas mal du tout) de Rodrigo Pla où un héritier de la révolution mexicaine est promené comme un pantin de cérémonies commémoratives en festivités ringardes, sans jamais avoir le droit de s’exprimer. Le seul cinéaste qui pense que la révolution est encore possible, ici et maintenant, c’est Carlos Reygadas. Son film, furieux, anarchique, explosif, montre le peuple mexicain se réunir pour un grand raout transgressif aux abords d’une maison protégée et inac

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Coco avant Chanel

ECRANS | D’Anne Fontaine (Fr, 1h53) avec Audrey Tautou, Benoît Poelvoorde, Alessandro Nivola…

Christophe Chabert | Jeudi 16 avril 2009

Coco avant Chanel

La mode du biopic n’est pas prête de se tarir sur les écrans, chaque pays se cherchant héros et héroïnes pour en faire de romanesques adaptations suçant la roue du modèle américain. Coco Chanel a déjà remporté le titre français en 2009, puisqu’avant la version Jan Kounen à venir au second semestre, voici sa jeunesse en mode Anne Fontaine. La cinéaste livre une copie appliquée où rien ne manque sur le pourquoi du comment de la vocation et des engagements de Gabrielle dite Coco. En témoigne la scène initiale où, abandonnée par son père dans un pensionnat de bonnes sœurs, son regard s’attarde longuement sur la coiffe noir et blanche des nonnes… Chanteuse sans le sou dans des cabarets minables, en révolte contre le patriarcat et la bourgeoisie de son temps, elle va canaliser son désir de revanche sociale et personnelle dans l’invention de vêtements qui libèreront la femme des lourdeurs froufrouteuses et des corsets étouffants. Une démarche à l’opposé de la pesanteur scénaristique et cinématographique d’Anne Fontaine, qui explique et souligne tout, ne laisse aucun vide ni dans les plans, toujours sagement centrés sur l’action, ni entre les scènes. Cet académisme e

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Sly is back

MUSIQUES | On va pas vous casser les noix ou toute autre partie du corps avec le retour de Stallone. Non, la nouvelle qui secoue (modérément) le landernau de la (...)

| Mercredi 10 janvier 2007

Sly is back

On va pas vous casser les noix ou toute autre partie du corps avec le retour de Stallone. Non, la nouvelle qui secoue (modérément) le landernau de la scène locale, c’est l’actu chaude brûlante de Sly & The Gayz. Le trio emo glam pop (dans cet ordre-là, s’il vous plaît) nous avait balancé dans les esgourdes le EP On your Skin, un jeu permanent sur les émotions primaires d’un rock fier de ses kitscheries, en délicieuse roue libre, qui n’hésite pas à foncer tête baissée dans bon nombre de clichés sonores pour mieux les atomiser en autant de particules foutraques. Des morceaux comme Drowning in the Sand ou I’ve Broken a Glass ont d’ores et déjà fait entrer Scotty “Sly“ Mayrow, Richy Love et David Jonathan dans le panthéon sulfureux de nos chouchous locaux, pour le meilleur et le meilleur. Le pire, c’est que sur scène, les trois fantassins USA-Friendly ont pris pour attitude de retourner leur auditoire dans tous les sens – demandez donc au public du dernier festival Magic Bus quelle fut la révélation live parmi les formations présentes sur scène ces soirs-là, et la réponse sera quasi unanime. Unique affront à leur palmarès, les Sly & The Gayz ont fini deuxièmes au concours du tube de l’

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