"La Voie lactée", amen

Vincent Raymond | Mardi 19 octobre 2021

Photo : ©DR


Au moment même où les motards d’Easy Rider (1969) ouvraient la route au genre road movie outre-Atlantique, le vétéran Luis Buñuel faisait de même en Europe avec La Voie Lactée, un voyage tout aussi décousu et halluciné que celui de Dennis Hopper mais obtenu en usant d’une substance psychotrope bien différente : l’opium… du peuple. Suivant le pèlerinage sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle de deux comparses aussi dissemblables qu’inséparables, ce voyage à travers le temps et l’espace est une parabole emplie de métaphores sur la religion et ses interprétations. Moins féroce et satirique que Viridiana, il devrait en définitive réunir agnostiques, athées et croyants. Amen.

Mercredi 20 octobre à 20h au Cinéma Juliet-Berto, Grenoble

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"Buñuel après l’âge d’or" : à la terre comme à la guerre

ECRANS | De Salvador Simo (Esp, 1h20) animation

Vincent Raymond | Mardi 18 juin 2019

Le scandale suscité par son film L’Âge d’or (1928) ayant refroidi ses mécènes, le cinéaste culte Luis Buñuel change sa caméra d’épaule et débute la réalisation d’un documentaire post-surréaliste sur la misère dans la région des Hurdes, grâce aux gains de loterie d’un ami. S’engage alors un tournage épique… Historiquement fouillée, cette friandise pour cinéphile contaminée dans la moindre de ses images par l’univers fantasmatique de Buñuel se garde bien de dresser un tableau trop complaisant de Don Luis – ni de Dalí, d’ailleurs, remis à sa place d’enfant gâté en quelques secondes. Mais si l'auteur de Terre sans pain, avec ses habitudes de hobereau, avait tout du fieffé égoïste, il était aussi un poète inspiré et visionnaire capable de transfigurer la réalité afin de l’encapsuler dans un film. Le réalisateur Salvador Simo lui rend justice de ce talent, faisant preuve d’une élégance graphique à la hauteur du personnage, et d’un équilibre moral tout à son honneur. Ce film propose en outre une réflexion abyssale sur la véracité des images – et tout particulièrement celles d’une œuvre présentée co

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Cours (de cinéma) toujours au Méliès

ECRANS | Une fois par mois, le mercredi matin, le cinéma grenoblois propose un cours de cinéma. La nouvelle saison commencera ce mercredi 27 septembre, à 9h. Oui, c'est tôt, mais ça vaut le coup ; surtout que ça sera avec Buñuel !

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

Cours (de cinéma) toujours au Méliès

Élèves spectateurs et autres fidèles des cours de cinéma matutinaux du Méliès, l’heure est venue d’effectuer votre rentrée des classes. Ou plutôt, de la classe… sociale, si l’on en croit la thématique retenue cette année par ce cycle mensuel. Le programme contient en effet dix classiques et/ou raretés (pour la plupart venant tout juste de bénéficier des bienfaits d’une restauration). À chaque séance, une présentation par le réalisateur Laurent Huyart donne des clés d’analyse du film et la projection est suivie d’un temps d’échange, histoire de confronter ses impressions. Une petite fiche synthétique est enfin délivrée à chacun à l’issue du cours – ce qui ne vous dispense pas de prendre des notes ! Pour commencer la saison, Luis Buñuel a été invité. Enfin, son œuvre empreinte de causticité vis-à-vis des dominants, des uniformes et des soutanes, et dont Le Charme discret de la bourgeoisie (1972) constitue un joli échantillon. Non seulement toute "la haute", montrée sans son masque de respectabilité, y est visuellement ridiculisée (régal pour l’œil), mais l’usage du son s’y révèle savoureux – il sert à "censurer" des éléments em

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