Les films de la quinzaine : "My Son", "Albatros", "Aline", "Cry Macho"...

Théma | Être ici et ailleurs en même temps… À la fois dans une salle de cinéma et dans l’espace narratif du film. Un espace qui donne à voir du pays en ce début novembre des plus copieux…

Vincent Raymond | Mardi 2 novembre 2021

Ça voyage ferme dès le 3 novembre avec Compartiment N°6 (3/11). Ce rail movie de Juho Kuosmanen (dans lequel une archéologue finlandaise rallie Moscou à Mourmansk en train et se lie d'amitié avec son compagnon de voyage aux abords rustauds, après avoir brisé la glace — ha ha), peut se voir comme un mode d'emploi pour apprivoiser l'âme russe rugueuse mais chaleureuse, cordiale mais volage. La faute sans doute à l'antigel englouti par litres à l'écran…

Plus proche de nous, My Son (3/11) se déroule dans les froides landes d'Écosse où Christian Carion transpose le dispositif de son thriller Mon garçon : ici, c'est James McAvoy qui, sans connaître l'intrigue, lance son personnage à la poursuite des ravisseurs de son fils. Carion évite la redite inhérente à l'auto-remake grâce à un dénouement plus musclé et une micro variation finale qui ajoute en tension.

Rayon policier toujours mais au pied des falaises normandes, Albatros (3/11) de Xavier Beauvois décrit le drame d'un gendarme qui, cherchant à désarmer un paysan sur le point de se suicider, l'abat. S'attachant dans une première partie à détailler l'importance du militaire en zone rurale et le maintien des liens sociaux (au-delà de la police de proximité), le film — transcendé par un Jérémie Renier habité — bascule dans sa sidération et son introspection muettes avant d'atteindre son climax : une épiphanie libératoire dans un voyage maritime semi-fantastique. On a rarement aussi bien filmé solitude, dépression et résilience.

Et les Amériques ?

Au 10 novembre sort enfin Aline. Espéré depuis 18 mois et inspiré par la vraie vie de Céline Dion, c'est l'un des plus inventifs vrais-faux biopics de tous les temps : retraçant la vie de l'artiste québécoise — sous le nom ici d'Aline Dieu — sur un mode “mélancomique” et sérieux, ce film jamais complaisant ni dérisoire est autant un hommage à l'artiste qu'une création originale de Valérie Lemercier, réalisatrice et interprète de la chanteuse de l'âge de 7 à 5x ans. Un tour de force d'écriture et de réalisation ne nécessitant pas d'idolâtrer Céline Dion.

Au Québec toujours, La Déesse des mouche à feu (10/11) de Anaïs Barbeau-Lavalette suit durant les années grunge la plongée dans le vortex des addictions de Catherine, une ado dont les parents se séparent en se rejetant les culpabilités. Assez classique au départ, le film gagne en intensité sur la fin, l'image se psychotropant au fil de sa dégringolade. Face à elle, Cry Macho (10/11) promène au sud de la frontière mexicaine le nonagénaire réalisateur-interprète Clint Eastwood en cow-boy chargé d'apprivoiser un gamin et de le ramener à son père, malgré des mafieux aux trousses. Même si l'ado joue mal, ce buddy movie alliant tendresse et action (si si) évoquant par instants Sur la route de Madison sans élucider cet éternel paradoxe : comment ce franc réac parvient-il à faire des films aussi pétris d'humanisme ? Ah… On ne parle pas ici des Éternels de Chloé Zhao : il vous faudra souquer ferme sur www.petit-bulletin.fr pour en savoir davantage…

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Azu Tiwaline, transe rythmique

MUSIQUES | C’est une musique électronique hautement singulière que propose la productrice franco-tunisienne Azu Tiwaline : des polyrythmies complexes, (...)

Damien Grimbert | Mardi 2 novembre 2021

Azu Tiwaline, transe rythmique

C’est une musique électronique hautement singulière que propose la productrice franco-tunisienne Azu Tiwaline : des polyrythmies complexes, envoûtantes et percussives. Des basses puissantes et massives, parfois noyées dans des échos dub. De lointaines résurgences moyen-orientales. Du silence, beaucoup de silence. Et très peu de mélodies. Contrairement à ce que ce résumé un peu abrupt pourrait laisser entendre, le charme opère très vite. Dès la première écoute à vrai dire. Car si l’ensemble reste passablement dépouillé et soigneusement gommé de tout ornement superflu, l’austérité n’est pas pour autant de mise. Chaleureuse et minimaliste, avant-gardiste tout en restant toujours accessible, la musique d’Azu Tiwaline constitue avant tout une formidable invitation à la transe. Il faut dire qu’avant d’émerger en 2020 avec ce nouveau pseudo, un EP remarqué sur le label anglais de référence Livity Sound (Magnetic Service), et un album entier sur le label marseillais IOT Records (Draw Me A Silence), la productrice avait déjà derrière elle un parcours conséquent. Ayant grandi en Côte d’Ivoire, née d’un père cambodgien et d’une mère tunisienne d’origin

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Des étudiants à l’écoute

Solidarité | Ils n’ont pas voulu rester les bras croisés face au mal-être de certains de leurs camarades : des étudiants de l’Université Grenoble-Alpes ont lancé Alpaline, une ligne téléphonique d’écoute. Avec l’ambition qu’elle demeure active au-delà même du terme de la crise sanitaire. Explications.

Martin de Kerimel | Vendredi 19 février 2021

Des étudiants à l’écoute

Flashback : à la fin du mois d’octobre dernier, plusieurs associations présentes sur le campus grenoblois se réunissent et discutent du mal-être étudiant. Leur constat : les conséquences de la pandémie de coronavirus viennent accroître ce phénomène, déjà vivace du fait de la précarité sociale, de l’isolement physique, de la situation familiale ou de la rupture numérique subie par certains de leurs camarades. « Après avoir réfléchi à divers supports possibles, nous avons l’idée d’une ligne d’écoute », indique Alexis Fayolle, président d’Interasso Grenoble Alpes et trésorier d’Alpaline, l’association qui gère ce nouvel outil d’entraide. Comment fonctionne-t-il ? Très simplement : les vendredis, samedis, dimanches et lundis, de 20h à 23h, tout étudiant(e) peut appeler le 04 65 84 44 24 pour être accueilli par un(e) autre, avec bienveillance : « Nous ne souhaitons stigmatiser, ni juger personne. Notre but est que celui ou celle qui appelle puisse parler sans tabou, avec quelqu’un qui peut comprendre ses galères et répondre à ses questions. Cet accompagnement est gratuit. Il

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Agnieszka Holland : « Sans médias indépendants courageux et objectifs, impossible d’assurer l’existence d’une démocratie »

Interview | Un œil sur le passé, l’autre sur le présent, Agnieszka Holland a tourné "L’Ombre de Staline" avec, comme toujours, une conscience aiguë des problématiques historiques, humanistes et politiques. Rencontre éclairante avec la cinéaste, l’avant-veille du confinement…

Vincent Raymond | Mercredi 24 juin 2020

Agnieszka Holland : « Sans médias indépendants courageux et objectifs, impossible d’assurer l’existence d’une démocratie »

Comment se fait-il que ce personnage, Gareth Jones, soit resté aussi longtemps dans l’ombre de l’Histoire et comment est-il arrivé sur votre table ? Agnieszka Holland : Ce n’était pas mon idée. Le film a été conçu par une jeune journaliste américaine, Andrea Chalupa, qui m’a contactée : elle avait un scénario assez bien achevé et fait tous les travaux de documentation, de repérage. On l’a retravaillé ensuite pendant un certain temps. C’était son premier scénario mais elle écrivait pour plusieurs médias. Elle est d’origine ukrainienne par ses deux parents et son grand-père a été l’un des témoins principaux de l’Holodomor. Il a vécu cette famine, il en est presque mort, et il a aussi vu beaucoup d’événements qu’il a décrits. On en a montré certains, comme le char avec les cadavres dans lequel on jette un enfant. Après la guerre, ce grand-père qui s’était retrouvé dans un camp de prisonniers allemand, avait décidé de ne pas retourner en Union soviétique. Et alors qu’il attendait son visa pour l’Amérique, il eu entre les mains le livre d’Orwell,

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"L'Ombre de Staline" : le premier qui dit la vérité

Cinéma | Comment la famine du Holodomor provoquée par le régime soviétique fut révélée par un journaliste au monde qui ne le crut pas… Agnieszka Holland réhabilite la mémoire de Gareth Jones, aventurier de la vérité, dans un biopic épique et à la Lean, point à la ligne.

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Londres, 1933. Ex-conseiller de l’ancien Premier ministre Lloyd George, le journaliste Gareth Jones décide d’aller à Moscou pour interviewer Staline sur les prodiges accomplis par l’économie soviétique. Sur place, il contourne la propagande et découvre la réalité… « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté », chantait jadis Guy Béart sur un air presque guilleret. Tragique est la destinée des lanceurs d’alerte ! Soit ils sont moqués ou ostracisés ; soit on leur réserve un sort plus funeste en tentant de les museler voire de les éliminer. Les choses n’ont guère changé depuis les temps archaïques. Ni depuis Gareth Jones (1905-1935). L’œil de Moscou Agnieszka Holland poursuit avec ce dernier film son voyage à travers l’histoire politique si mouvementée du XXe siècle. Peut-être a-t-elle d’ailleurs trouvé un alter ego en la personne de ce journaliste qui fut le premier à interviewer Hitler après son élection et à avoir l’instinct de percer le paravent soviétique. Quand les correspondants étrangers basés à Moscou se fa

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"My Songs" : un jour, un des Sting

Concert | C'est en réinterprétant ses grands hits que Sting a trouvé cette année une énième manière de se réinventer, passe-temps favori de ce chanteur en perpétuelle mue. Il sera sur la scène du Summum lundi 28 octobre.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 octobre 2019

Il serait tentant de ne voir en Sting que le dinosaure en chef de ce drôle de machin mal branlé que fut le reggae blanc, puis, en solo, une sorte de crooner tantrique et engagé (l'Amazonie, sa grande cause). Et dans les deux cas un pourvoyeur de hits FM en cascade. Mais on serait loin du compte, Gordon Sumner de son vrai nom s'étant ensuite allègrement empifré à tous les râteliers musicaux qui ont eu l'heur de se présenter devant lui. Pour le meilleur et pour le pire. Pour le meilleur lorsqu'il bifurqua vers le jazz et le r'n'b aux côtés d'Ira Coleman, Mary J. Blige ou Ibrahim Maalouf ; publia, avec le luthiste bosniaque Edin Karamazov, Songs from the Labyrinth, un album de musique baroque à la reprise de chansons du XVIIe siècle britannique signées John Dowland. Pas rassasié, on le vit ensuite accoucher d'un album hommage aux ouvriers des chantiers navals de Newcastle (The Last Ship) et jouer Dionysos dans un spectacle musical de Steve Nieve. Sacrés refrai

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Le documentaire loin des clichés avec L’Excentrique Cinéma

Mini festival | Du mardi 2 au jeudi 4 mai, au Club, à Mon Ciné et au 102 aura lieu un festival de cinéma particulier. Où l'on pourra découvrir des films sortant des carcans classiques du documentaire traditionnel.

Damien Grimbert | Mardi 25 avril 2017

Le documentaire loin des clichés avec L’Excentrique Cinéma

Défenseur d’un cinéma « où les auteurs affirment des points de vue pour penser et comprendre le monde environnant », le méconnu collectif grenoblois Cinex (Atelier du cinéma excentrique) propose au grand public un accès à son univers par le biais de son événement L’Excentrique Cinéma. Au programme, trois documentaires de création projetés dans trois lieux distincts (et accompagnés de rencontres avec leurs réalisateurs respectifs). Des films liés non pas par une thématique commune mais par des préoccupations socio-politiques convergentes ainsi que des modes de narration libres et non-formatés sortant des carcans classiques du documentaire traditionnel. Pas comme des loups (le mardi au Club, photo) de Vincent Pouplard accompagne ainsi deux jeunes frères d’une vingtaine d’années en rupture avec les normes sociétales, mais dont le mode de vie marginal s’accompagne d’une autodiscipline peu commune. 300 hommes d’Emmanuel Gras et Aline Dalbis (le mercredi à Mon Ciné) se

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"Les P'tits explorateurs" : oh, la belle surprise

ECRANS | de Mercedes Marro, Sylwia Szkiladz, Aline Quertain, Loïc Bruyère & Stéphane Piera (Fr., 0h49) animation

Vincent Raymond | Mardi 4 avril 2017

Grâce au robot bricoleur extraterrestre qu’il a découvert et baptisé Clé à molette, un enfant sourd s’intègre dans un groupe de gamins de son âge et partage avec eux de sidérantes aventures… Donnant son titre à ce programme de courts-métrages conçus chez Folimage, ce joli film d’animation n’est pas sans évoquer le merveilleux Géant de Fer de Brad Bird. Il s’interroge de manière simple et poétique sur la question de la communication et de l’intégration de la différence, qu’elle vienne d’ailleurs ou d’ici-bas : parfois, il suffit d’un rien pour briser la glace et forger de fantastiques amitiés. Complétant ce "long" film bref, trois autres réalisations rythmées célèbrent à leur façon la question de l’amitié. On retiendra surtout le sautillant La Cage, avec son trait rappelant le graphisme anguleux des cartoons Warner Bros ou Hanna-Barbera Productions pour la MGM de la fin des années 1950.

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Bourgoin-Jallieu : quelles journées !

MUSIQUES | Il eut été difficile au festival berjallien Les Belles Journées de constituer un plateau rock indé plus attrayant que celui qui nous est présenté, qui plus est (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 septembre 2015

Bourgoin-Jallieu : quelles journées !

Il eut été difficile au festival berjallien Les Belles Journées de constituer un plateau rock indé plus attrayant que celui qui nous est présenté, qui plus est pour son coup d'essai. C'est qu'outre Autour de Lucie, dont le statut d'icône d'une certaine pop indé en fait sans doute un peu le grand frère (ou sœur) de l'événement ; les cautions soulisantes que sont le Grenoblois Lull et le Lyonnais Sly Appolinaire, à qui on ne la fait plus ; 49 Swimming Pools dont les membres n'ont plus l'âge de la conduite accompagnée mais dont la pop reste fraîche comme une rose qui éclorait à l'infini ; et bien sûr H-Burns (consulter nos archives le concernant) ; c'est bien la jeune garde de la nouvelle (oui, encore) pop française

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Ez3kiel, prophètes en leur pays

MUSIQUES | Ez3kiel fête ses vingt ans de carrière avec un album, "Lux", qui allume des feux plus qu'il n'éteint des bougies. À l'occasion de la présentation de son pendant scénique cette semaine à l'Hexagone, retour sur le parcours, superbement anachronique, du plus électrique des groupes de dub – ou du plus vaporeux des groupes de rock. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 21 avril 2015

Ez3kiel, prophètes en leur pays

« La marche des vertueux est semée d'obstacles » dit le dixième verset du vingt-cinquième chapitre du livre d’Ézéchiel – celui que récite d'un ton vengeur Samuel L. Jackson dans Pulp Fiction, référence primordiale du groupe. Celle d'Ez3kiel débute logiquement de manière mouvementée, à Tours en 1993. D'abord "power trio", Ezekiel (alors avec un "e") s'agrandit rapidement d'un deuxième guitariste et d'une chanteuse... qui mettra les voiles en 1999, emportant avec elle l'un des fondateurs de ce qui n'est alors qu'un succédané adolescent de Rage Against the Machine et Fishbone. Ce retour circonstanciel à la case trio, Yann Nguema (basse), Matthieu Fays (batterie) et Johann Guillon (guitare) le convertissent en nouveau départ, taciturne celui-ci, ainsi que l'explique ce dernier. « Cet épisode a coïncidé avec l'achat de notre premier sampler et de notre première groovebox. La transition vers des morceaux instrumentaux s'est donc faite de manière instinctive. D'autant que derrière les musiques qu'on commençait à écouter à l'époque, il n'y avait pas de "gens". » Ces musiques, la jungle, le trip-hop, le po

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Made in french

MUSIQUES | Dans le sillage de La Femme, de passage à Grenoble cette semaine, une poignée de groupes hexagonaux se réapproprient la langue française en miroir d'une certaine idée de la France, fantasmée comme un paradis perdu qu'il faudrait rapatrier.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 mai 2013

Made in french

« Le rock français, disait John Lennon, c'est comme le vin anglais. » Y ajouter du français, ce serait donc comme le couper à l'eau, on le sait depuis toujours, voire à l'huile de moteur. À son inimitable manière, Jean-Louis Murat résumait ainsi le problème dans un des Inrocks du mois dernier : « Dès que tu as basse-batterie, ta chanson est dépassée. Tu voulais faire une berline et tu te retrouves avec un semi-remorque. » C'est pourtant avec une certaine légèreté de ton et la langue nullement chargée d'un trop lourd héritage – littéraire côté français, rock côté anglo-saxon – qu'une nouvelle génération de popeux a réinvesti la très casse-gueule combinaison mélodies anglophones/idiome francophone. La chose n'est pas nouvelle, a connu des tendances, des écoles (les labels Village Vert et Lithium), mais à vrai dire on n'avait pas vu pareil (épi-?) phénomène depuis l'agonie prématurée de baby rockers (Naast, Brats, Second Sex, Plastiscines...) trop vites portés aux nues d'une France qui rock et qui roll et précipités tout aussi rapi

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Coraline

ECRANS | D’Henry Selick (ÉU, 1h40) animation

François Cau | Mercredi 3 juin 2009

Coraline

Henry Selick porte comme une croix son rôle de coréalisateur de L’Étrange noël de Monsieur Jack. Le film a tellement été identifié à l’univers de Tim Burton que l’on a pu penser que Selick n’y avait été qu’un excellent directeur de l’animation. Ses travaux en solo n’ayant pas franchement convaincu (James et la pêche géante et Monkey Bone), la répartition des tâches semblait actée — à Burton le génie, à Selick le boulot. La sortie de Coraline, au moment où la carrière de Burton tourne en rond dans l’autocitation, vient redistribuer les cartes. Car non seulement le film est excellent, mais il retrouve l’esprit et l’imagerie de L’Étrange noël de Monsieur Jack. Il y est aussi question de deux univers parallèles renversant les clichés habituels sur le merveilleux et la normalité ou, sur un registre plus social, l’échec et la réussite. La petite Coraline Jones s’ennuie dans sa nouvelle vie : un père qui peine à vendre un brevet pour des outils de jardinage, une mère qui n’arrive pas à finir son roman, une maison grise sur une colline dans une ville pluvieuse. Par la grâce d’une porte secrète, elle bascule dans un monde qui e

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Prolongations

MUSIQUES | Musique / S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher à Ez3kiel, c’est de manquer de suite dans les idées. Depuis ses débuts, le groupe s’est en (...)

| Vendredi 13 juillet 2007

Prolongations

Musique / S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher à Ez3kiel, c’est de manquer de suite dans les idées. Depuis ses débuts, le groupe s’est en effet constamment appliqué à peaufiner inlassablement un univers musical, mais également visuel, à mi-chemin entre élégante modernité empreinte de futurisme et charme rétro suranné. Les années passant, et le groupe gagnant en notoriété, les moyens ont bien entendu pris une ampleur croissante, immédiatement répercutée sur la création : invités musicaux de plus en plus nombreux sur chacun des albums, tissage sans cesse plus sophistiqué entre instruments acoustiques et traitement électronique… Mais c’est avant tout dans le domaine visuel que le bond en avant s’est fait le plus flagrant. Pour aboutir aujourd’hui à ce Naphtaline, univers somme regroupant une bande-son, un DVD vidéo, mais surtout un DVD-Rom interactif qui fournit au groupe une porte d’accès nouvelle, et novatrice, à son monde à la croisée des nouvelles technologies et d’un esthétisme onirique. Porte dont les clés sont données en toute confiance à l’auditeur-spectateur-manipulateur, qui peut par le biais d’une interactivité remarquable, tracer son propre chemi

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