Écran Total pour plaisir total

Festival | En matière de programmation, la 19e édition du festival cinéma Écran Total tient toutes ses promesses !

Vincent Raymond | Mardi 16 novembre 2021

Photo : ©Tandem


Au Scrabble, cette semaine compterait triple vu la densité de la programmation. La 19e édition d'Écran Total mérite en effet pleinement son nom et tient, avec 21 films au menu, la promesse de son slogan — « un autre regard sur le cinéma ». Sans section thématique prédéfinie (outre la traditionnelle et indispensable case jeune public), il permet toutefois de suivre des itinéraires informels correspondant aux grandes tendances de sa sélection. Ainsi est-il possible de privilégier une dominante environnementale avec Rouge, Barrages - L'eau sous haute tension, l'excellent La Croisade de Louis Garrel, La Panthère des Neiges Ou bien de se focaliser sur des questions sanitaires et sociales, toujours pregnantes, avec Ceux qui travaillent (sur l'exploitation par le capitalisme), La Fracture (sur l'hôpital et les Gilets jaunes — combo), Une vie démente (sur Alzheimer), Debout les femmes ! (sur les métiers du lien), De son vivant (sur la fin de vie), Un monde (l'un des chocs du début de l'année prochaine, à ne pas manquer, évoquant le harcèlement scolaire, avec deux jeunes interprètes au-delà du prodige). On peut aussi choisir un parcours “avant-premières“, séances-débats en présence d'équipes, ciné-concert (La Mécanique des roches), voire les ateliers et animations. Une garantie : un plaisir total !

Ecran Total du 17 au 23 novembre à Mon Ciné, Saint-Martin-d'Hères

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"Un monde" de Laura Wandel : la cour des mille raclées

Le coup de cœur | Portant sur la mécanique pernicieuse du harcèlement scolaire et interprété par deux enfants déchirants de vérité, ce premier film miraculeux est une merveille de délicatesse autant qu’un tour de force de réalisation. Un choc absolu et sans nul doute une future référence sur le sujet.

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

C’est la rentrée à la "grande école" pour Nora qui redoute d’être séparée de son aîné Abel, lequel a d’autres chats à fouetter dans la cour de récréation. Parce qu’il va s’opposer à ce que sa cadette soit bizutée, Abel devient le nouveau bouc émissaire des terreurs de la primaire. Témoin de ces sévices, Nora va désespérément tenter d’alerter les adultes. En vain, jusqu’à ce qu’un fait grave n’oblige l’institution scolaire à réagir… Il est actuellement une vague naissante, ou une vogue pour des films brefs s’attachant sans fioriture ni digression à leur sujet ainsi qu’au monde réel... Comme une douce alternative à la domination écrasante des blockbusters, rouleaux compresseurs flirtant avec les 3h de bastons filmées sur fond vert, avec des acteurs partiellement virtuels et des enjeux de plus en plus hermétiques aux béotiens — dans la mesure où ils s’inscrivent dans des "univers" addictifs fonctionnant en vase clos, reproduisant l’efficacité gravitationnelle des trous noirs qui ne relâchent jamais la matière (spectatorielle) qu’ils ont capturée. Ces "films d’à-côté" ont compris la nécessité d’aller à l’essent

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Jeunes Bobines : dites 33 !

Festival | Qui, des parents ou des enfants, se réjouira le plus du retour du festival Jeunes Bobines ? Mis en suspens l’an dernier pour cause de (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 décembre 2021

Jeunes Bobines : dites 33 !

Qui, des parents ou des enfants, se réjouira le plus du retour du festival Jeunes Bobines ? Mis en suspens l’an dernier pour cause de vous-savez-quoi, ce rendez-vous plaçant “les jeunes acteurs à l’honneur” intéresse la famille dans son ensemble par l’étendue de sa programmation (une quarantaine de films longs ou courts y sont présentés, à destination d’un public allant de 3 à 13 ans), par le nombre de ses animations (gratuites) émaillant les séances et — last but not least — par sa judicieuse inscription dans le calendrier pile entre Noël et le Jour de l’an. Composé d’une compétition arbitrée par un jury pro (où figure notamment la réalisatrice de La Traversée, Florence Miailhe, qui participera à un échange autour de son film) et un jury jeune, il abrite également deux sections thématiques : Petites Bobin

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"Un monde plus grand" : esprit, es-tu là ?

ECRANS | De Fabienne Berthaud (Fr., 1h40) avec Cécile de France, Narantsetseg Dash, Tserendarizav Dashnyam…

Vincent Raymond | Jeudi 24 octobre 2019

Après la mort de son compagnon, Corine (Cécile de France) part au fin fond de la Mongolie pour se changer les idées. Alors qu’elle enregistre le son d’une cérémonie chamanique, elle entre dans une transe violente, révélant des dons de chamans insoupçonnés. Une lente initiation va alors commencer… Il faut attendre le générique de fin pour apprendre qu’il s’agit d’un biopic. En soi, le détail n’a pas ou peu d’importance qui ne change rien dans le parcours de Corine. Indirectement, il résonne avec le sous-thème du film : la sérendipité (ou fortuité). En l’occurrence, le spectateur constate la véracité de l’histoire en étant entré dans une fiction comme Corine a découvert son "don" alors qu’exilée dans le travail à mille lieues du lieu de sa douleur, elle entamait son travail de deuil. S’il laisse une grande part au mystère et à l’inconnu, Un monde plus grand ne verse pas pour autant dans l’ésotérisme : il inscrit a contrario le processus chamanique dans le cartésianisme occidental, Corine étant le trait d’union lui permettant d’être scientifiquement étudié. Dommage cependant que Fabienne Berth

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Un Printemps du livre, six coups de cœur

Festival | Qui pourra-t-on rencontrer à Grenoble et aux alentours entre le mercredi 20 et le dimanche 24 mars ? Réponses subjectives.

Stéphane Duchêne | Lundi 18 mars 2019

Un Printemps du livre, six coups de cœur

Maylis de Kerangal Un monde à portée de main Le monde à portée de main de Paula Karst, c'est celui qui s'offre à elle autant que celui qu'elle apprend à reconstituer à l'Institut supérieur de peinture de Bruxelles où elle étudie le trompe-l'œil. Un art de reproduire la matière qui la conduit jusqu'à Moscou mais aussi au studio de Cinecittà en Italie, avant qu’elle ne se voie confier le chantier du fac-similé de la Grotte de Lascaux. Mais derrière ce récit d'apprentissage, comme toujours, Maylis de Kerangal (photo) nous parle d'elle, et de cet art de faussaire virtuose qu'est l'exercice de la fiction, dans une réflexion vertigineuse sur la création. À la salle Olivier Messiaen vendredi à 16h30 (rencontre) Au musée samedi à 10h30 (rencontre) et 17h (lecture en correspondance) Thomas B. Reverdy L'Hiver du mécontentement Derrière ce titre shakespearien, Thomas B. Reverdy, qu'on peut aisément classer dans la catégorie fantôme des écrivains rock, niche une étude de cette Angleterre de 1979 au bord de basculer dans le thatchérisme et la crise (sujet très reverdyen). Mais une Angleterre d

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Et voici la 17e édition du (génial) festival Écran Total

ECRANS | « Un autre regard sur le cinéma est possible » : tel est le credo d’Écran total, festival né de la volonté de comités d'entreprise (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

Et voici la 17e édition du (génial) festival Écran Total

« Un autre regard sur le cinéma est possible » : tel est le credo d’Écran total, festival né de la volonté de comités d'entreprise qui programme, en quatre jours, une colossale quantité de films de qualité et d’avant-premières. Plutôt que d’égrainer des titres, on vous recommande parmi eux La Permission (en avant-première, photo), Cold War, Le Temps des forêts, Libre ou encore Girl. Mais vous pouvez aussi aller voir

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Le monde selon Maylis de Kerangal

Littérature / rencontre | C'est désormais une incontournable des rentrées littéraires depuis au moins Corniche Kennedy (2008), et plus encore depuis Naissance d'un (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 novembre 2018

Le monde selon Maylis de Kerangal

C'est désormais une incontournable des rentrées littéraires depuis au moins Corniche Kennedy (2008), et plus encore depuis Naissance d'un pont, qui lui valut entre autre le Prix Médicis 2010, et Réparer les vivants (2013), également couvert de prix. Trois romans tous trois adaptés au cinéma. C'est donc peu dire qu'Un monde à portée de main était pour le moins attendu par les fidèles du style très particulier de la romancière. Où la description des gestes investit au plus profond celui de l'écriture jusqu'à l'infuser, jusqu'à faire jaillir la fiction du réel en creusant celui-ci à coups de phrases en colimaçons ou en mille-feuilles. Avec cette histoire d'une jeune femme, Paula, qui apprend l'art du trompe-l'œil et de la reproduction des matières, Maylis de Kerangal poursuit ce travail de fascination et d'exploration de ce réel à portée de fiction et inversement, de transcendance des faux-semblants. Un nouveau récit qu’elle prése

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Festival Écran total : de beaux soleils intérieurs

Cinéma | Zoom sur la 16e édition de l'ambitieux festival (la prog envoie chaque année du lourd, avec notamment pas mal d'avant-premières) qui se déroulera du vendredi 13 au lundi 16 octobre à la Vence-Scène de Saint-Égrève.

Vincent Raymond | Mardi 10 octobre 2017

Festival Écran total : de beaux soleils intérieurs

On ne dira jamais assez la bénéfique influence des comités d’entreprises sur le bien-être des salariés, ainsi que sur les nécessaires fenêtres culturelles qu’ils percent dans la grisaille d’un quotidien laborieux. Concocté par l’association Les CE tissent la toile, le mini-festival Écran Total, ouvert à tous, en est une patente illustration. Respectant à la lettre son précepte "Un autre regard sur le cinéma", il condense en quatre jours intenses une programmation aussi qualitative qu’éclectique, où les films bénéficient de moult accompagnements personnalisés : débats, animations, dégustations, quiz… À moins d’être doué d’ubiquité, il est hélas impossible de visionner les 26 longs-métrages présentés (dont 15 avant-premières !) ; on proposera donc un parcours à suivre (ou pas) durant le week-end. Vendredi soir, l’inauguration sera politique : on trinquera au rouge avec Le Jeune Karl Marx, puis Au revoir là-ha

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Un monde animé : un festival à hauteur d'adulte

Festival | Bien sûr que le cinéma d'animation n'est pas dédié qu'aux enfants ; et le cinéma le Jeu de Paume (Vizille) entend bien le démontrer du mercredi 7 au mardi 13 juin.

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

Un monde animé : un festival à hauteur d'adulte

Belle initiative que celle lancée par le cinéma Le Jeu de Paume de Vizille : dédier un nouveau rendez-vous à un genre cinématographique connu de chacun – ou plutôt mal connu de tous. Baptisé "Un monde animé", ce mini-festival s’intéresse, comme son nom le laisse deviner, à la production de films d’animation. Et entend disloquer cette persistante idée reçue selon laquelle ils seraient réservés au jeune public. Dans sa note d’intention, l’équipe du cinéma s’appuie sur le récent succès de Ma vie de courgette pour prouver le bien fondé de sa démarche : l’œuvre de Claude Barras, qui aborde des thématiques douloureuses et possède plusieurs niveaux de lecture, a su toucher des spectateurs de tous les âges. Durant une semaine dense, Le Jeu de Paume projettera quelques-unes des réalisations marquantes du jeune XXIe siècle, parmi lesquelles Les Triplettes de Belleville (2003), qui révéla Sylvain Chomet, ou Persepolis (2007), adaptation du roman graphique autobiographique de Marjane Satrapi par elle-même et Vincent Paronnaud. Mais également la dernière merveille en date de Isao Takahata

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Écran total : du cinéma comme s’il en pleuvait

Festival | La quinzième édition du festival de cinéma se tient cette semaine à Mon Ciné, à Saint-Martin-d'Hères. Avec pas mal de films passionnants, dont quelques avant-premières très attendues.

Vincent Raymond | Lundi 10 octobre 2016

Écran total : du cinéma comme s’il en pleuvait

À Saint-Martin-d’Hères, on sait plier le calendrier à ses fantaisies. La preuve ? Le festival Écran total promet un « grand week-end de cinéma » ; or le fait est qu’il dure six jours, laissant à la semaine un reliquat bien modeste. Tant mieux pour les cinéphiles, qui pourront étancher leur soif de films : 21 titres sont en effet programmés, choisis dans tous les styles et à destination de tous les publics. Porté par l’association Les CE (pour comités d'entreprise) tissent la toile, cette édition manifeste un tropisme certain pour les films se préoccupant de l’état de notre société. On pourra y découvrir entre autres l’édifiant La Sociale de Gilles Perret (en sa présence) sur la fondation de la Sécu par Ambroise Croizat ; CE, 1946-2016, Histoires, mémoires, enjeux des Comités d’Entreprise en Rhône-Alpes de Michel Szempruch ; ou revoir Comme des lions de Françoise Davisse (en sa présence également) sur les “Peugeot d’Aulnay”. Quelques films cannois en profitent également pour faire leur galop d’essai, en avant-premièr

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Écran XXL avec le festival Écran Total

ECRANS | Cette année, le festival s'installe à Vizille de vendredi à lundi. Et dévoile un programme cinématographique grandiose !

Aurélien Martinez | Mardi 24 novembre 2015

Écran XXL avec le festival Écran Total

À moins de jouir de l’enviable faculté d’ubiquité (si c’est le cas, soyez altruiste et partagez la recette), il vous sera impossible d’assister à l’intégralité de la programmation de la 14e édition d’Écran Total prévue cette année à Vizille. Soit 28 longs-métrages en 4 jours. Tel un Janus, cet immense week-end de cinéma combine florilège des films qu’il ne fallait pas manquer depuis la rentrée (Fatima, Le Fils de Saul, Much Loved, L’Hermine, La Glace et le Ciel…) et mise en bouche des prochaines semaines. 11 avan

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Écran total : 13 ans de réflexion

ECRANS | Cette semaine se déroule à la Vence scène de Saint-Égrève la treizième édition d’Écran total, soit un week-end pour découvrir vingt-six films récents, dont la moitié en (...)

Christophe Chabert | Mardi 7 octobre 2014

Écran total : 13 ans de réflexion

Cette semaine se déroule à la Vence scène de Saint-Égrève la treizième édition d’Écran total, soit un week-end pour découvrir vingt-six films récents, dont la moitié en avant-première. Parmi eux, on retrouve quelques-uns de nos coups de cœur de cette rentrée, en particulier le formidable Bande de filles de Céline Sciamma, qui trace le portrait d’une adolescente black en banlieue bien décidée à ne pas se laisser dicter son existence par les pressions sociales et patriarcales qui l’entourent. Ni misérabiliste, ni bassement sociologique, le film cherche surtout à héroïser son personnage, qui doit d’abord se déparer de sa féminité pour mieux la réaffirmer une fois levés les obstacles à son ascension – tumultueuse. Autre événement, en ouverture du festival : Le Sel de la terre (photo), film co-réalisé par Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado sur le propre père de ce dernier, le génial photographe brésilien Sebastião Salgado. Un documentaire qui retrace l’itinéraire exceptionnel de Salgado, témoignant de la misère à travers le monde avant de perdre foi en l’humanité lorsqu’il découvre le génocide au Rwanda. C’est par la patiente et miraculeuse reforestation

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Monde éparpillé

SCENES | C’était une belle idée avec un titre séduisant : réfléchir sur la manière dont le monde moderne a enfermé et piégé les êtres humains qui le constituent. Problème, même avec (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 16 janvier 2013

Monde éparpillé

C’était une belle idée avec un titre séduisant : réfléchir sur la manière dont le monde moderne a enfermé et piégé les êtres humains qui le constituent. Problème, même avec ces louables intentions, Un monde meilleur ? se transforme rapidement en spectacle fourre-tout où les ingrédients sont certes maîtrisés, mais où la sauce ne prend jamais. La jeune metteuse en scène Annabelle Simon n’est pas dépourvue de talent, loin de là, mais elle commence par s’imposer une contrainte : traiter successivement deux textes, La Fin du monde en mieux de Sébastien Joanniez et Arrêt sur zone tous feux éteints de Jean-Michel Baudouin, de nature trop différente pour être cohérents ensemble. Puis, elle veut tout mettre sur son plateau : de la musique live, des chansons, des jeux de masques, un discours politique... Et même Anna Politkovskaïa, journaliste russe assassinée pour avoir trop enquêté sur les réseaux Poutine. Pour finalement un propos qui se noie, à trop vouloir jouer sur tous les modes (burlesque, grinçant, grave et léger). Dommage, vraiment dommage. Nadja Pobel Un monde meilleur ?, mardi 22 jan

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Awards 2012 cinéma

ECRANS | L’award du meilleur film de l’année : Holy Motors De Leos Carax, on n’attendait plus grand chose, après treize ans de silence et un Pola X extrêmement (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 décembre 2012

Awards 2012 cinéma

L’award du meilleur film de l’année : Holy Motors De Leos Carax, on n’attendait plus grand chose, après treize ans de silence et un Pola X extrêmement décevant. La surprise a donc été de taille lorsqu’on a découvert ce rêve éveillé qu’est Holy Motors, où Denis Lavant se promène à l’intérieur d’un monde qui ressemble à un film (de Carax), incarnant une dizaine de personnages devant des caméras invisibles, passant de l’un à l’autre grâce à une limousine blanche qui, elle-même, finira au garage comme une antiquité d’un autre siècle. Mélancolique et désenchanté dans son projet, Holy Motors est joyeux et gourmand dans son appétit de filmer, sa manière de réinvestir tous les genres pour en livrer des visions uniques, sa façon de réfléchir les grands sujets du moment par la poésie pure et l’évocation inspirée. Une œuvre unique qui a trouvé des défenseurs inattendus (de Jan Kounen à Richard Kelly, et jusqu’aux critiques de Los Angeles qui l’ont élu meilleur film étranger de l’année).   L’award du flop de l’année :

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Coup de soleil cinéphile

ECRANS | Mini-révolution dans le festival Écran total : avec l’ouverture du nouveau Méliès, la manifestation se sédentarise et profitera ainsi du 12 au 15 octobre de (...)

Christophe Chabert | Vendredi 5 octobre 2012

Coup de soleil cinéphile

Mini-révolution dans le festival Écran total : avec l’ouverture du nouveau Méliès, la manifestation se sédentarise et profitera ainsi du 12 au 15 octobre de ses trois écrans, proposant un riche panorama des grands films d’auteur à sortir dans les semaines (et même les mois) à venir. Si Écran total démarre le 11 à l’Espace Aragon de Villard-Bonnot avec l’avant-première du chef-d’œuvre de Michael Haneke Amour, dès le lendemain, il faudra se ruer quartier de Bonne pour rencontrer Louis-Do De Lenquesaing, comédien qui signe ses débuts derrière la caméra avec Au galop. Le samedi 13, grande journée avec le nouveau documentaire de Werner Herzog, Into the abyss, où il se rend dans le couloir de la mort pour y rencontrer un condamné à quelques jours de son exécution, entretien qu'il croise avec ceux des familles de ses victimes. Dans la soirée, Mia Hansen-Löve, réalisatrice du très beau Père de mes enfants, aura carte blanche et présentera en avant-première

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Infinie solitude

ECRANS | Véritable rock-star du théâtre de ces dernières années, le metteur en scène Vincent Macaigne retrouve le cinéma en tant que simple comédien avec "Un monde sans femmes", de Guillaume Brac. Un premier film réussi, notamment grâce à ses acteurs, impeccables. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 16 août 2012

Infinie solitude

À Grenoble, on connaît surtout Vincent Macaigne comme metteur en scène survolté et trash, grâce à la MC2 qui a notamment programmé ses deux dernières mises en scène (Idiot !, et Au moins j’aurai laissé un beau cadavre), et grâce à la Cinémathèque qui a diffusé son court-métrage Ce qu'il restera de nous. Le retrouver comme simple acteur dans un film a priori aux antipodes de son monde ne pouvait qu’intriguer. Cette semaine, le cinéma Le Méliès programme donc Un monde en femmes, moyen-métrage de Guillaume Brac sorti en février dernier au niveau national, et précédé du court-métrage Le Naufragé. Un dytique sensible centré sur la fig

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Paysages silencieux

ARTS | Chez Johann Rivat, la toile est autant celle du cinéaste que du peintre. Le jeune artiste, diplômé depuis 2008 de l’École d’art de Grenoble, compose ainsi (...)

Aurélien Martinez | Lundi 7 novembre 2011

Paysages silencieux

Chez Johann Rivat, la toile est autant celle du cinéaste que du peintre. Le jeune artiste, diplômé depuis 2008 de l’École d’art de Grenoble, compose ainsi des tableaux grand format hypnotiques à la matérialité criante (notamment par le choix de peintures épaisses et de couleurs tranchées) à partir de paysages où, plus ou moins discrètement, un détail évoque une présence humaine. Dans Me And The Colonel, une pancarte KFC se trouve plantée au milieu d’un lac inquiétant. Dans Sky’s Drawing, le ciel d’un bleu resplendissant se voit déchiré par un avion et sa longue traînée blanche. Des œuvres emplies de références à la culture pop américaine, véhiculée dans les films donc (on pense à des décors), mais aussi la littérature (Rivat cite Jack London pour son rapport à l’espace) ou la musique. Avant de découvrir la dernière salle, qui propose la déclinaison en quatre formats d’une scène d’explosion, on passe par le tout petit couloir de la galerie, que l’artiste a souhaité utiliser comme un cabinet de dessins : il y expose en vrac et de manière resserrée différentes pièces, pas toutes dignes d’intérêt, mais qui permettent de comprendre comment s’est élaboré et

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Indice de projection

ECRANS | Pour ses dix ans d’existence, le festival Ecran Total s’installe une nouvelle fois au Cinéma le Jeu de Paume de Vizille, pour un grand week-end d’avant-premières abusément aguichantes. FC

François Cau | Samedi 8 octobre 2011

Indice de projection

Si l’on avait été un peu moins enthousiastes sur la programmation 2010 du festival, là, on rend les armes, on s’amende, on trépigne. D’autant que l’événement, organisé par Trans’Tourisme Isère en délicate cheville avec 15 comités d’entreprise de l’agglo, est toujours de bon aloi pour les adeptes du marathon cinématographique émaillé de cassage de graine, de coups à boire, de séance qu’on fait sauter au dernier moment pour trinquer encore un peu à la buvette, à s’engueuler sur les films vus, à l’abri d’un mesquin crachin automnal. Autant dire une certaine vision du bonheur. Pour marquer le coup du dixième anniversaire, en sus des habituelles rencontres et débats (notamment avec Christian Rouaud, réalisateur du documentaire Tous au Larzac), on aura droit à un concert le samedi soir avec la formation menée par la chanteuse Melouka Fara, en prélude à la projection du pas très attendu La Sources des femmes de Radu Mihaileanu. Pour ce qui est de la sélection de longs-métrages, l’orientation se faufile toujours du côté des dernières compétitions cannoises. Dans les sorties, Habemus Papam, The Artist, La Guerre est déclarée, La Fée ou Drive (dans l’hypothèse improbable où vous ne l’auriez

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Liberté chérie

ECRANS | La nouvelle édition du festival Ecran Total se tiendra cette année à Mon Ciné, et alignera toujours autant de reprises précieuses, d’avant-premières et de rencontres engageantes, le tout sous le signe de la prise de position. FC

François Cau | Lundi 4 octobre 2010

Liberté chérie

A l’initiative des associations Trans’ Tourisme Isère et Acrira, Ecran Total se vouait originellement à inciter ces drôles de bestioles nommées Comité d’Entreprise (ou “cé eux“ dans quelques soirées obscures ou autres cocktails à peine habillés) à aller au cinéma. Ce projet un peu fou, un peu rebelle connut rapidement un succès mérité dépassant toutes les espérances de ses maîtres d’œuvre, puisqu’outre les forces vives des COGIP et autres COFRAP locales, le public se greffa en masse à ces projections événementielles. Dès lors, la machine fut en marche et rien ne pouvait l’arrêter – surtout pas une programmation pensée comme un écho local aux meilleurs films du Festival de Cannes, assortis d’avant-premières collant de près à l’actu, de longs-métrages jeune public retenus pour leurs capacités à renouveler le genre, et d’animations ne se cantonnant pas à la sympathique et indispensable buvette - cette année, on pourra notamment deviser calmement (ou pas, d’ailleurs) sur l’arrivée tonitruante du numérique dans le 7e art, ou apprécier en séance d’ouverture le ciné-concert d’Antiquarks sur le Duel de Steven Spielberg à l’Heure Bleue. EngagementsLes étourdis pourront rattraper

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