"Soul Kids", un sujet en or

Damien Grimbert | Vendredi 3 décembre 2021

Photo : Gogogo Films - Srab Films - BNP Paribas Pictures


Dans la ville de Memphis, touchée comme de nombreuses métropoles américaines par une violence endémique dans ses quartiers les plus déshérités, la Stax Music Academy, gratuite et extra-scolaire, perpétue l'héritage engagé du légendaire label soul local Stax Records. En offrant à ses élèves une formation musicale de qualité, mais également une réflexion sur la manière de perpétuer à l'heure actuelle l'esprit du mouvement des droits civiques, dont Memphis fut l'un des fers de lance dans les années 60. Un sujet en or dont s'est emparé le réalisateur Hugo Sobelman pour réaliser son documentaire Soul Kids. Le film sera projeté mercredi 8 décembre au cinéma Le Club en partenariat avec la Belle Electrique. Au programme, une exploration des classiques du catalogue Stax par les DJs de Up Tight en première partie de soirée, ainsi qu'un temps d'échange avec le réalisateur du film à l'issue de la projection.

Soul Kids le 8 décembre à 20h15 au Club

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"Le Club des punks contre l’apocalypse zombie" : Karim Berrouka (Ludwig Von 88) à Grenoble

Livre | Chanteur du mythique groupe punk Ludwig Von 88, Karim Berrouka réédite son roman "Le Club des punks contre l’apocalypse zombie". Il sera à Grenoble, accompagné de l’illustrateur Zariel, samedi 18 décembre.  

Valentine Autruffe | Mercredi 15 décembre 2021

Il y avait les Bérus, et il y avait Ludwig. Fer de lance du punk français des années 80, le groupe s’est reformé en 2016 et continue de produire des albums et tourner, toujours le poing levé (comme dirait Amel Bent), et toujours cette propension à se moquer du monde dans lequel on vit. Autant en rire ! Dérision encore bien présente sur le dernier et 8e album de Ludwig Von 88, 20 chansons pour en finir avec le futur, sorti en 2019 après dix-huit ans de pause ; en témoigne à elle seule l’imitation de Brian Johnson sur AC/DC cherche un chanteur… Moins féroce que le classique Houla la ! (il faut dire qu’il s’est écoulé 33 ans entre les deux, l’âge du Christ cosmique ?), on préfère quand même largement un monde où Ludwig Von 88 sévit. Nostalgie des temps d’avant, assumée dans Au bon vieux temps des crêtes. Roman SF culte Mais laissons-là les guitares : Karim Berrouka, chanteur et parolier de Ludwig Von 88, &eacut

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"Le Diable n’existe pas" : quatre morts et une seule vie

Le film de la quinzaine | Un film en quatre temps et en crescendo pour montrer la banalité de la peine capitale en Iran, où la mort donnée sur ordres détruit par contrecoup bien des vies. Un conte d’une tragique beauté visuelle, douloureusement bien interprété, comme toujours chez Mohammad Rasoulof. Ours d’Or à Berlin en 2020.

Vincent Raymond | Lundi 29 novembre 2021

Un père de famille, époux et fils attentionné, exerce un métier peu commun ; un militaire cherche à éviter de participer à une exécution capitale ; un autre militaire profite d’une permission pour aller fêter l’anniversaire de sa fiancée ; une jeune femme expatriée débarque en pleine campagne pour faire connaissance avec son oncle malade… sans se douter de ce qu’elle va découvrir. Quatre courts métrages se déroulant dans l’Iran contemporain, quatre histoires se répondant entre elles, quatre contes liés à la question de la peine de mort… De la contrainte naît la créativité, hélas ! Rasoulof a opté pour ce film en quatre tableaux afin d’éviter d’attirer l’attention des autorités sur son travail. Pour qui est familier du court métrage (et de sa construction “à chute”, sans exécrable jeu de mot), son premier volet se révèle prévisible ; mis

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Le tour du monde à Albertville

Festival | Alors comme ça on ne causerait plus périples et destinations exotiques au Grand Bivouac, premier festival de France consacré au voyage ? La question se (...)

Jérémy Tronc | Mardi 19 octobre 2021

Le tour du monde à Albertville

Alors comme ça on ne causerait plus périples et destinations exotiques au Grand Bivouac, premier festival de France consacré au voyage ? La question se pose pour l’édition 2021 et sa base-line déroutante pour les premiers habitués de l’événement : Festival du film documentaire et du livre. La promotion du voyage et des cultures du monde n’apparaît ainsi plus comme la raison d’être de ce rendez-vous culturel lancé à Albertville en 2002. Guy Chaumereuil, président fondateur du Grand Bivouac, nuance : « Disons qu’on a inversé la proposition mais qu’on garde l’esprit du voyage. On s’est aperçu qu’on ne pouvait pas continuer à passer notre temps à se raconter nous-mêmes en voyage. Il faut être lucide sur nos aventures. Ce n’est pas parce qu’on a vu des paysages exotiques et rencontré des peuples d’autres pays qu’on aura une meilleure compréhension du monde. » Destinées Malgré une reconnaissance publique et critique certaine, le Grand Bivouac a donc revu sa copie en laissant le voyageur (et son regard ethnocentré ?) au bord de la route et en s’intéressant directement aux destiné

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"The Last Hillbilly" : chroniques des Appalaches

ECRANS | ★★★☆☆ De Thomas Jenkoe & Diane-Sara Bouzgarrou (Fr.-Qat., 1h20) documentaire En salles le 30 décembre.

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2020

Au fin fond du Kentucky, dans une montagne jadis exploitée pour son charbon, subsistent quelques rares familles, dont celle de Brian. Mémorialiste et aède des "derniers bouseux" de cette contrée, il donne une vision intérieure, volontiers bucolique, de cette population souvent oubliée et généralement assimilée aux "white trash" dégénérés (les consanguins de Délivrance, la famille de Cletus dans Les Simpson) ou que le dénuement conduit aux lisières du monde social (Winter’s Bone), puis politique (voir les interlocuteurs de Claus Drexel dans son documentaire America). Même si Brian n’a pas le côté survivaliste extrême du Captain Fantastic de Matt Ross, il partage avec lui une forme d’érudition naturaliste plus proche de Thoreau que de Trump. The Last Hillbilly rappelle que cette Amérique existe, au même titre qu’existe chez nous la Creuse ou la Lozère, et que si elle souffre, elle est attachée à son territoire et n’a pas encore abandonné tout espoir. Pour combien de temps encore ?

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"Un pays qui se tient sage" : et dans un triste État…

ECRANS | ★★★★☆ Documentaire de David Dufresne (Fr., 1h26)

Vincent Raymond | Mercredi 30 septembre 2020

Le comble pour un journaliste-documentariste est de signer un film en phase avec l’actualité. Hélas, serait-on tenté d’ajouter à propos de celui de David Dufresne, édifiant travail d’information et d’analyse sociologique, intellectuelle, historique sur les violences policières (et leurs conséquences) observées et subies par les manifestants français depuis 2017. Coïncidence : cela correspond à l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Alors que le nouveau dispositif de sécurité (le "schéma national du maintien de l’ordre") tout juste paru laisse entendre que tous les journalistes et observateurs des manifestations (et donc potentiels témoins d’exactions policières) seront désormais susceptibles d’être interpelés pendant l’exercice de leur métier, en violation de leur imprescriptible droit d’informer, Un pays qui se tient sage tombe à pic. Dufresne a en effet collecté toutes ces images captées durant le mouvement des Gilets jaunes notammen

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"Mamacita" : la mamatriarche

ECRANS | Documentaire de Jose Pablo Estrada Torrescano (Mex., 1h15)

Vincent Raymond | Mardi 11 février 2020

Bientôt centenaire, la Mexicaine Mamacita n’a rien d’une grand-mère gâteau. Partie de rien, cette femme à poigne, ayant réussi à monter une chaîne de salons de beauté, avait fait promettre à son petit-fils parti étudier le cinéma en Allemagne qu’il lui consacrerait un film. Le voici… Impressionnante, irritante et attachante à la fois… Au fil de ses images, Jose Pablo Estrada Torrescano révèle sans filtre une maîtresse-femme assumant fièrement sa coquetterie et son autorité (voire, son autoritarisme), mâtinée d’une redoutable mauvaise foi chronique. Mais cet aplomb d’acier, conjugué à son tempérament baroque, apparaît comme le pilier de sa résilience, Mamacita ayant eu à dépasser les revers de fortune de ses parents. Bien que volontiers rudoyé par son aïeule, Jose Pablo Estrada Torrescano va parvenir à force de présence et de bienveillance à lui arracher des confidences très intimes sur son rapport à ses "fantômes" et lui faire fendre l’armure pour la première fois de sa tumultueuse vie. Mamacita aurait-elle livré toutes ces vérités sans l’interface artéfactuelle de la caméra et donc la certitude d’une part de postérité ? Rien n’est moins sûr. Ce qu’elle livre

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Concours Podium à La Rampe : let’s dance

Danse | Le concours de danse contemporaine (Re)connaissance fait peau neuve. Pour ce qui aurait dû être sa 10e édition, il revient sous le nom de Podium les 29 et 30 novembre à la Rampe (Échirolles). Marie Roche, directrice du Pacifique, lieu grenoblois consacré à la danse, décrypte les coulisses de cet événement dont sa structure est la productrice déléguée.

Nathalie Gresset | Mercredi 27 novembre 2019

Concours Podium à La Rampe : let’s dance

Avis aux amateurs de danse contemporaine : le concours (Re)connaissance, imaginé en 2009 par Le Pacifique, Centre de développement chorégraphique national de Grenoble, est de retour cette année avec une nouvelle formule et, surtout, un nouveau nom : Podium. Pendant deux soirées, six solos-duos et six pièces de groupes proposés par des compagnies françaises et européennes se succèderont à la Rampe (Échirolles), coréalisatrice de cet événement également soutenu par le CCN2. Comme pour tout concours qui se respecte, des récompenses couronneront les gagnants. Ainsi, samedi soir, les prix du meilleur solo-duo, de la meilleure pièce de groupe et du public (deux catégories confondues) seront décernés par un jury de professionnels et par les spectateurs aux trois compagnies qui ont su le plus se démarquer. Avec à la clef pour les lauréats : plusieurs dates de représentation chez les dix-sept salles de spectacle partenaires du concours – qui ont sélectionné en amont les pièces présentées pendant l’événement – et chez des structures voisines, qui programmeront aussi les performances des compagnies gagnantes. Dynamiser la diffusion de la danse

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"Nous le peuple" : constituante tuée dans l’œuf

ECRANS | De Claudine Bories et Patrice Chagnard (Fr., 1h39) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 17 septembre 2019

2018. À l’occasion du projet de réforme constitutionnelle, trois groupes travaillent ensemble, échangeant par vidéo. Les uns sont en prison, d’autres dans un lycée ; les troisièmes sont issus d’une association de mères de famille en banlieue parisienne. Que naîtra-t-il de leurs débats ? On peut légitimement entrer à reculons dans ce film, redoutant une confiscation de la parole par des médiateurs socio-cu ou le téléguidage par un quelconque sous-bureau d’un vague ministère de la cohésion de la Ville et de la participation participative. Et puis non : l’association agréée d’éducation populaire, Les Lucioles du Doc, à l’initiative de ces ateliers, reste discrète, stimulant les réflexions. Quant aux intervenants, ils sont loin d’être des figurants ou déconnectés de la "chose constitutionnelle" – ce texte commun, fédérateur et garant des valeurs nationales. Leur voix est patiemment recueillie, soupesée et, naturellement, des propositions plus vastes qu’une somme de revendications individuelles se forment au sein de cette agora virtuelle. Hélas, la réussite de ce processus démocratique (entérinant la viabilité d’une démarche participative) va se fracasser contre

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Patriarcat hors-jeu avec le festival Foot d’Elles

ECRANS | En parallèle de la Coupe du monde de football féminin est organisé partout en France ce festival de cinéma sous-titré « dribbler la différence ». On s'est penchés sur sa déclinaison grenobloise.

Élise Lemelle | Mardi 11 juin 2019

Patriarcat hors-jeu avec le festival Foot d’Elles

Pour la première fois, les stades français accueillent la Coupe du monde de football féminin (elle a commencé le 7 juin). Et pour l’occasion, le festival Foot d’Elles voit le jour, surprenante alliance entre ballon rond et cinéma. Visant à rappeler à quel point le foot peut agir comme facteur d’insertion sociale et professionnelle pour les femmes, Foot d’Elles parcourt la France entière avec une programmation axée autour de six thématiques allant d’un historique du foot féminin français jusqu’à la déconstruction des représentations sociales en passant par les actions essentielles pour une meilleure parité. Une majorité de documentaires composent la sélection, brossant le portrait d’héroïnes et de héros se battant pour faire évoluer les mentalités. Pour donner un écho à ces projections, une série de débats est prévue, histoire d’approfondir les questions soulevées par les films. Chaque ville-étape bénéficiant d’une sélection différente, la programmation grenobloise comptera six œuvres diffusées dans six lieux différents – des cinémas, des associations ou encore en plein air. Citons notamment Les Filles du stade (mardi 25 juin à

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Les Nuits en Or : jeudi soir au Club, c'est court-métrage

ECRANS | Parce qu’on accorde trop peu de visibilité au format du court-métrage alors qu’il accompagne souvent les premiers pas des réalisateurs et réalisatrices, Les (...)

Élise Lemelle | Mardi 4 juin 2019

Les Nuits en Or : jeudi soir au Club, c'est court-métrage

Parce qu’on accorde trop peu de visibilité au format du court-métrage alors qu’il accompagne souvent les premiers pas des réalisateurs et réalisatrices, Les Nuits en Or sont là pour réparer cette injustice en mettant en avant les œuvres récemment récompensées en France et ailleurs. Au programme de la déclinaison grenobloise de l'événement prévue jeudi 6 juin au Club, 9 films dont le César 2019 du meilleur court – Les petites mains de Rémi Allier. Classe.

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"Le Fils" : la fabrique russe des petits soldats

ECRANS | D'Alexander Abaturov (Rus-Fr, 1h11) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 28 mai 2019

Deux trajectoires parallèles : celle du cousin du réalisateur, Dima, soldat d’excellence russe mort au combat, et celle des nouvelles recrues aspirant à rejoindre le corps d’élite des Spetsnaz dont Dima était issu. D’un côté, le deuil sobre ; de l’autre, l’exaltation d’une jeunesse ultra patriote… On aimerait que cela fût une fiction et non point un documentaire. Mais Alexander Abaturov dépeint une réalité crue et froide : celle de super-soldats contemporains interchangeables et soudés au sein d’une unité impatiente de servir la mère Russie. N’était leur marinière rouge, ils pourraient être les bidasses du Full Metal Jacket (1987) de Stanley Kubrick effectuant leurs classes sous les ordres d’instructeurs les conditionnant psychologiquement et physiquement, sélectionnant les plus solides (environ un quart du contingent), seuls aptes à porter le distinctif béret rouge des Spetsnaz. Entre les parcours dans la boue, les pugilats "pour de rire" (avec pommettes en charpie et nez explosé), les cérémonies d’hommage aux aînés tombés pour la patrie, le documentariste glisse des instants de la vie des parents orphelins de Dima, trompant leur pe

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"Dynamita's Night" : « C’est dingue, on ne s’attendait pas à un tel succès ! »

MUSIQUES | Vingt-cinquième édition déjà pour l'incontournable soirée funk et soul grenobloise créée en 2010 dans un petit restaurant du Pont-de-Claix et installée maintenant, après des passages par le Drak-Art et l’Ampérage, dans l’immense Belle électrique grenobloise. Avant d’aller groover vendredi 1er mars avec nos looks vintage au son du groupe Echoes of et de DJ ATN, on a remonté le fil de l’histoire accompagnés d’Aminata Fall, co-créatrice de cette aventure réjouissante pour la vie nocturne locale.

Aurélien Martinez | Mardi 26 février 2019

« L’idée, c’est de faire une soirée comme si c’était une fête dans ton salon avec des potes qui ramènent des potes qui eux aussi ramènent des potes… Parce que c’est comme ça qu’on aime faire la fête, avec plein de monde dans une bonne ambiance ! » L’esprit Dynamita’s Night, selon Aminata Fall, co-créatrice de cette série de soirées grenobloises, c’est ça. Mais pas que. « Ce sont surtout des soirées pour promouvoir la black music, la funk, la soul, et ainsi mettre à l’honneur la danse. On s’est inspirés des émissions télé Soul Train qui, aux États-Unis dans les années 1970, ont largement contribué à l’émergence de la culture et de l’entertainment noirs américains. » Des soirées, organisées dans l’agglo depuis 2010 par le collectif grenoblois Soul Gang, qui sont donc loin du tout-venant techno trop souvent en place la nuit dans les salles. « On a lancé ça car on s’est clairement dit à l’époque qu’il y avait un manque. Tous mes collègues de Soul Gang, qui sont aussi musiciens, le déploraient : ils ne se retrouvaient pas dans les sorties nocturnes proposées. Tout co

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Omar Souleyman : from Syria with love

Concert | Chanteur de mariage originaire d’une région reculée du Nord-Est de la Syrie, Omar Souleyman est depuis maintenant douze ans une véritable star internationale, dont la musique hypnotique, ultra-rapide et incroyablement addictive a conquis les scènes du monde entier. Il sera en concert jeudi 14 février à la Belle électrique : l'occasion de revenir sur son riche et passionnant parcours.

Damien Grimbert | Mardi 5 février 2019

Omar Souleyman : from Syria with love

C’est un cas unique en son genre : un chanteur populaire issu d’une zone rurale méconnue de la Syrie dont la musique, brute de décoffrage et hautement singulière, n’a eu besoin d’aucun polissage, d’aucune transformation, pour conquérir les cœurs et les hanches du public occidental. Alors qu'en temps normal, pour qu’un chanteur du Moyen-Orient s’impose en Occident, il doit soit produire une musique savante, virtuose, raffinée et érudite, à même de séduire l’intelligentsia culturelle. Soit, comme c’est plus souvent le cas, la métisser avec toute une gamme d’influences occidentales un peu faciles pour la rendre plus accessible à un grand public qui n’a rien contre un peu d’exotisme… à condition que celui-ci soit suffisamment dilué pour devenir parfaitement inoffensif. Or, avec Omar Souleyman, rien n’y fait. Il peut bien collaborer avec Björk (sur l’EP The Crystalline Series - Omar Souleyman Versions), enregistrer son premier album studio (Wenu Wenu, en 2013) à Brooklyn avec un producteur électronique anglais réputé comme Four Tet ou partager la scène des plus grands festivals aux côtés de groupes

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Kenny Dope : house maestro made in New York

Soirée | Attention, événement : l'un des DJs les plus importants de l’histoire de la dance music new-yorkaise sera vendredi 8 février à la Belle électrique. On vous en dit plus.

Damien Grimbert | Mardi 5 février 2019

Kenny Dope : house maestro made in New York

N’ayons pas peur des mots : c’est un véritable pan de l’histoire de la dance music new-yorkaise qui sera présent ce vendredi 8 février aux platines de la nouvelle soirée Let’s dance de la Belle électrique. En solo ou au sein de son célèbre duo Masters At Work avec Little Louie Vega, Kenny "Dope" Gonzales est en effet l’auteur d’un nombre de classiques tout simplement démesuré. Le fameux The Bomb de Bucketheads, sur lequel tout le monde a forcément dansé un jour ? C’est lui. Les hymnes house emblématiques The Ha Dance et Work, samplés et remixés un nombre incalculable de fois ? Encore lui. Le projet culte entre soul, jazz, house et musiques latines Nuyorican Soul, qui réunissait sur un même album George Benson, Roy Ayers, Tito Puente, DJ Jazzy Jeff ou encore Salsoul Orchestra ? Toujours lui. Depuis la fin des a

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26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Panorama de rentrée | Avec de la pop, du jazz, du rap, de l'électro, de la chanson... Suivez-nous !

La rédaction | Mardi 8 janvier 2019

26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Flavien Berger Entre chanson javellisée, bidouillages électroniques et influences exponentielles, Flavien Berger s'est imposé comme l'une des figures de cette scène française qui se moque tellement des étiquettes qu'elle s'en colle partout – hip-hop, électro chanson, R'n'B et plus car affinités. Avec son récent album Contre-temps, successeur du déjà encensé Léviathan (qui lui avait valu d'être adoubé par Étienne Daho en personne), Berger a frappé très fort. Avec une sorte d'œuvre à contre-courant qui souffle l'air du temps. À la Belle électrique samedi 26 janvier Indianizer + L'Éclair Serait-ce l’influence des DJs et collectionneurs de disques rares des années 1960 et 1970 qui se ferait sentir ? Toujours est-il que depuis quelques années, un nombre croissant de jeunes formations européennes se plaît à orchestrer en live une fusion exaltante et inédite entre musiques tropicales, krautrock, grooves funk & disco, pop psychédélique, exotica, library music et autres vestiges musicaux méc

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"Premières Solitudes" : Claire Simon et la jeunesse, une affaire qui roule

ECRANS | de Claire Simon (Fr, 1h40) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

À l’occasion d’un partenariat au long cours avec les élèves d’une classe d'un lycée d’Ivry, la cinéaste Claire Simon instaure un jeu de rôle leur permettant, par le dialogue, de dévoiler les coulisses de leur vie et de livrer devant la caméra des secrets que leurs potes ne soupçonnaient pas… « On se côtoie tous les jours, mais on ne sait rien les uns les autres » : tel est, en substance, le déclencheur de ce film mû non par une curiosité voyeuriste, mais l’envie sincère de partager le parcours de vie de ses compagnons d’études. Sans avoir peur de mettre les pieds dans le plat avec une question embarrassante ; sans craindre le regard des autres lorsqu’une confidence s’étrangle dans un sanglot. Or, il y a dans ce groupe en apparence banal beaucoup de fractures secrètes, de récits de divorces parentaux, de sentiment d’abandon ou de solitude avérée, d’adoptions… La force des confessions, parfois déchirantes, est estomaquante et compense une construction formelle fragile, voire bancale : un bout à bout de séquences au cadrage incertain, à la lumière inconstante ou au montage minimaliste. Après Récréations, 800 km de différenc

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Science frictions au Centre d'art Bastille avec Théo Massoulier et Julie Escoffier

Exposition | Réunies dans un même parcours, les œuvres des deux artistes récemment diplômés des Beaux-Arts de Lyon (2016 et 2013) entrent en résonance et engagent un dialogue imaginaire entre art, science et animisme.

Benjamin Bardinet | Mardi 6 novembre 2018

Science frictions au Centre d'art Bastille avec Théo Massoulier et Julie Escoffier

Intitulée Nanogénèse, l'exposition de Théo Massoulier présentée au Centre d'art Bastille explore de manière poétique l'interrelation entre le naturel et le culturel à travers, entre autres, une série de mini-sculptures que le regard du spectateur finit par apparenter à des micro-organismes. Réalisés à partir de branches, de lichens mais également de morceaux de figurines en plastique ou de circuits imprimés, ces assemblages improbables produisent d'étonnantes hybridations brouillant la limite entre le naturel et l'artificiel. Exposé à l'entrée sous la forme d'un diorama (mise en scène reconstituant un écosystème à la manière des musées d'histoire naturelle) et plus loin dans une cellule évoquant un cabinet de curiosités futuriste, ce bestiaire démentiel invite à une réflexion sur la place des technologies humaines dans l'évolution du vivant. Science-fiction et animisme Si Théo Massoulier porte ainsi

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Nos trois soirées pour une fin de semaine dansante

Soirées | Rendez-vous à l'Ampérage, au Vieux Manoir et au Black Lilith.

Damien Grimbert | Mardi 9 octobre 2018

Nos trois soirées pour une fin de semaine dansante

12.10.18 > Ampérage Move UR Gambettes Nées d’une envie de promouvoir la scène électronique féminine locale, les soirées grenobloises Move UR Gambettes réunissent à chaque fois aux platines Bernadette et une invitée de son choix. Après quatre éditions au Mark XIII et au Jules Verne, les voilà qui investissent désormais l’Ampérage, avec en tête d’affiche pour l’occasion la fameuse DJ berlinoise Cinthie (photo). Fondatrice de plusieurs labels de premier plan (Beste Modus, Unison Wax…) et résidente au Watergate de Berlin, cette passionnée de house music de la première heure ne devrait avoir aucun mal à trouver son public. 13.10.18 > Vieux Manoir EBM 2.0 En marge de la programmation musicale "généraliste" à laquelle il nous avait jusqu’à présent habitués, le Vieux Manoir semble désormais s’ouvrir à des sonorités plus contemporaines. Ce samedi, il réunira ainsi aux platines Kwark, Aymeric Ponsart et Lucky Jules pour une soirée EBM 2.0 dédiée, comme son

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Quantic, la musique en toute décontraction

Concert | « Après une tournée mondiale à guichets fermés, le prolifique producteur et multi-instrumentiste anglais basé à New York sera à Grenoble le lundi 9 juillet » annonce fièrement la Belle électrique. On vous en dit plus.

Damien Grimbert | Mardi 3 juillet 2018

Quantic, la musique en toute décontraction

Pour peu que vous ne soyez pas un spécialiste affûté des sonorités soul, funk, jazz, cumbia, salsa et bossa-nova, et que vous ayez manqué son remarqué passage au festival Jour & Nuit en 2014, il est probable que le nom de Quantic vous dise vaguement quelque chose… sans réussir à le replacer plus précisément. Il faut dire aussi que le DJ et musicien multi-instrumentiste (guitare, basse, piano, orgue, saxophone, accordéon, percussions…) semble tout faire pour brouiller les cartes. De son Angleterre natale à la Colombie où il part s’installer en 2007, en passant par Brooklyn où il réside désormais, Will Holland de son vrai nom a en effet enregistré pas moins d’une vingtaine d’albums depuis le début des années 2000. Certains en solo, d’autres en collaboration avec des chanteuses (comme Alice Russell, ou plus récemment Nidia Góngora), et la plupart, enfin, au sein de différents groupes de sa création (Quantic Soul Orchestra, Ondatrópica, Flowering Inferno… pour ne citer que les plus prolifiques). Seule constante pour ce musicien inépuisable, un sens du groove irréprochable, et une capacité à mettre en transe chacune des scènes qu’il traverse. Parions qu

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Les trois soirées de la semaine

Soirées | 22.06.18 > Black Lilith Artjacking avec Louis Roméo et Alex Autajon Collectif lyonnais fondé il y a tout juste dix ans, Artjacking s’est imposé (...)

Damien Grimbert | Mercredi 20 juin 2018

Les trois soirées de la semaine

22.06.18 > Black Lilith Artjacking avec Louis Roméo et Alex Autajon Collectif lyonnais fondé il y a tout juste dix ans, Artjacking s’est imposé dans l’intervalle comme l’un des plus fervents défenseurs locaux des sonorités rap, club et R’n’B new school. Et a à son actif une longue série de soirées soignées à la programmation aussi pointue qu’irréprochable comme leurs emblématiques Pray For. On est donc ravis de les voir débarquer à Grenoble le temps d’une nuit, qui réunira au line-up le représentant du crew Louis Roméo aux côtés d’Alex Autajon de l’écurie Moveltraxx. 23.06.18 > Belle électrique Gerd Janson et Move D Fondateur du label Running Back avec, à son actif, des résidences dans des clubs de premier plan comme le Robert Johnson de Francfort ou le Panorama Bar de Berlin, Gerd Janson est de retour à la Belle électrique après un premier passage en 2015. Auteur de DJs-sets plus éclectiques que la moyenne, où s’entremêlent nouveautés, classiques de la house de Chicago et de la techno de Détroit, et incursions disco ou synth

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Musiques plurielles avec Sacha Mambo

Soirée | Samedi 9 juin, on a rendez-vous au Drak-Art avec un « DJ ambianceur de foule depuis plus de 10 ans » comme l'assurent ceux qui l'invitent (et qui ont raison).

Damien Grimbert | Mardi 5 juin 2018

Musiques plurielles avec Sacha Mambo

On a failli passer à côté de l’info, et ça aurait été dommage comme c’est peu de dire que ses DJ-sets nous enthousiasment au plus haut point : le DJ lyonnais Sacha Mambo sera de passage à Grenoble à l’invitation des collectifs Lorem Ipsum et Mo’Soul, le temps d’une soirée placée sous le signe de l’éclectisme, de la convivialité et de la curiosité. Co-fondateur aux côtés de Guillaume Des Bois de l’excellent label Macadam Mambo, référence incontournable pour les amateurs d’edits irréprochables mais également de productions originales, ce "crate-digger" de premier plan fait en effet partie de ces artistes rares capables de créer en club des ambiances exceptionnelles en jouant exclusivement ou presque des morceaux obscurs et inconnus de tous. Piochant dans une variété sans fin de styles musicaux avec néanmoins une prédilection marquée pour la période des années 1970 à 1990 (afro, cosmic disco, house, indus, balearic, cold-wave, acid, boogie, krautrock, dub, new beat, électro et on en passe…), ses DJ-sets aussi planants que mouvementés ne sont pourtant en rien l’apanage des seuls amateurs érudits. Si vous êtes capable de danser sur autre chose que de la techno au kilomètre

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Théâtr'Ensemble : « S’attaquer à du Claudel n’est pas simple »

Théâtre | Tout le mois de juin, les comédiens amateurs de l'association grenobloise Théâtr’Ensemble seront sur diverses scènes de l'agglomération pour présenter, par étapes, "À la recherche du Soulier", adaptation de la pièce phare (et fleuve) de Paul Claudel. Avant une intégrale le 1er juillet dans le château de l'homme de lettres, dans le Nord-Isère.

Alice Colmart | Mardi 29 mai 2018

Théâtr'Ensemble : « S’attaquer à du Claudel n’est pas simple »

Le 6 août prochain, on célébrera l’anniversaire des 150 ans de la naissance du dramaturge et poète Paul Claudel. Un événement que le collectif grenoblois de comédiens non professionnels Théâtr’Ensemble compte célébrer à travers son projet À la recherche du Soulier, réinterprétation de la (très longue) pièce Le Soulier de satin (1929) avec 50 comédiens « de 17 à 79 ans et de tous niveaux » explique Bertrand Petit, directeur de l’association. « C’est l’une des plus grandes œuvres dramatiques du XXe siècle. Elle raconte l’histoire d’une passion impossible, celle de Rodrigue et de Prouhèze qui ne se rencontreront que dans des situations de conflit. Paul Claudel croyait davantage en la rencontre spirituelle qu’en la rencontre physique. Et c’est aussi le drame de sa vie personnelle… » Un projet en quatre journées Vu la longueur du texte (l’histoire s’étale sur 20 ans), il sera restitué en plusieurs temps – quatre, comme le nombre de journées qu’il contient. « On donnera chaque journée séparémen

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LB aka Labat : house, calme et volupté

Soirée | Vendredi 20 avril, le Black Lilith invite « le producteur français en pleine ascension » LB aka Labat. Très bon choix de programmation.

Damien Grimbert | Mardi 17 avril 2018

LB aka Labat : house, calme et volupté

Il y a les DJs qui mettent un point d’honneur à rendre le dancefloor hystérique et transformer les clubs en véritable champ de bataille. Et puis il y a ceux, comme le Lyonnais LB aka Labat, qui préfèrent avant tout créer une ambiance cool et détendue en faisant danser les gens sur des morceaux qu’ils n’ont pas l’habitude d’entendre jusqu’au petit matin. De son vrai nom Baptistin Cabalou, LB aka Labat fait partie de cette nouvelle génération d’artistes qui ne cherchent pas à tout prix à se vendre ou "faire carrière" mais sont plutôt dans le circuit pour produire – et jouer – une musique créative et soignée. Ce qui ne l’empêche pas pour autant d’enchaîner sans relâche les sorties de qualité, toujours sur des labels de premier choix. On l’avait ainsi découvert en 2015 par le biais de People of Anoubiz Vol. 1, une tape de beats hip-hop atmosphériques teintée de house et d’ambient, sortie sur le label lyonnais défricheur Brothers From Different Mothers. Avec Disques solaires, premier véritable album sorti l’année suivante sur Groovedge, c’est cette fois la house qui prend le dessus, mais sous une forme deep, luxu

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"Tribute to Marvin Gaye" : soul lovers

Concert | Jusqu’au jeudi 5 avril se déroule à Grenoble et sur le campus la douzième édition du Festival culturel interuniversitaire piloté par la communauté universitaire grenobloise et construit cette année autour du thème de l’infini. Avec de nombreuses propositions (une nocturne au Musée de Grenoble, des spectacles, une nuit de cinéma, des expositions…), dont un gros concert gratuit de clôture centré notamment sur le répertoire de Marvin Gaye. Histoire d’en savoir un peu plus, on a rencontré Ben l’Oncle Soul qui, accompagné d’une cinquantaine d’étudiants musiciens et chanteurs, reprendra les tubes de la légende de la soul à l’Anneau de vitesse du parc Paul-Mistral. Par Aurélien Martinez & Stéphane Duchêne

Aurélien Martinez | Mardi 27 mars 2018

Une icône ; un fantasme ; une référence pour tous ceux qui ont voulu un jour se piquer de soul – sans pour autant jamais espérer égaler le maître. Plus que cela, Marvin Gaye, héraut et héros né en 1939, fut le premier chanteur de soul noir à capter un public blanc. Véritable machine à tube de la Motown à partir de 1961, grâce à sa voix tantôt crémeuse et tantôt déchirée, flottant sur trois octaves et modelée par le gospel, Marvin Gaye gagna au fil de sa carrière en profondeur et en sincérité. Comme le démontre son album phare What's Going On (1971), passage en revue, dans un écrin de mélancolie sucrée, des failles de la société américaine – la chanson titre se base sur le récit que son frère lui a fait de son expérience de soldat au Vietnam. Un album aujourd'hui encore considéré comme l'un des plus grands albums soul de l'histoire, voire même l’un des plus grands albums de l’histoire toutes catégories confondues. Mais la légende est faite de failles. Après un autre grand succès (le chaudard Let's Get It On sorti en 1973), Marvin Gaye, confronté à un divorce provoqué par son goût prononcé pour les prostitués, s'enfonça dans l'alcool, l

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"Blue" : Disneynature prend l'eau

ECRANS | de Keith Scholey & Alastair Fothergill (ÉU, 1h18) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

Dans le sillage des grands dauphins, à travers les mers et les océans… Un environnement liquide d’une valeur incommensurable, peuplé d’une faune extraordinaire de diversité et de menaces ; où la beauté le dispute à la fragilité. Jadis lancé par Cousteau (et repris depuis, notamment par Jacques Perrin), le message de Blue est clair comme de l’eau de roche : la faune marine mérite d’être protégée, c’est une question de survie pour l’écosystème planétaire. Et cette nouvelle production Disneynature (la division documentaire et environnement du studio californien) se dote des "armes" conventionnelles pour le faire passer : trouver d’attachants protagonistes pour susciter l’empathie et offrir les plus spectaculaires prises de vues possibles. Si grâce aux progrès de la technique, les images sont en effet d’un piqué et d’une richesse chromatique saisissante, les personnages choisis comme fil rouge (les dauphins) restent prisonniers d’un anthropomorphisme un peu dépassé, appuyé par une narration un peu invasive – désolé Cécile de France. L’image nue se suffit à elle-même. D’autant que le film comp

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"America" : plongée saisissante dans l'Amérique profonde (et trumpiste)

ECRANS | de Claus Drexel (ÉU, 1h22) documentaire

Vincent Raymond | Lundi 12 mars 2018

Alors que la campagne présidentielle américaine de 2016 bat son plein, le documentariste Claus Drexel fait une longue escale à Seligman, Arizona. Et donne la parole à ces ressortissants de l’"Amérique profonde" dont les voix comptent autant que celles, plus médiatisées, des côtes est et ouest. À la manière d’un zoom, le documentaire America complète et approfondit le We Blew it (2017) de Jean-Baptiste Thoret, tourné partiellement (et concomitamment) à Seligman : on note d’ailleurs quelques protagonistes en commun, dont le coiffeur vétéran. Avec Martin Weill pour l’émission Quotidien, Drexel est l’un des rares à avoir ausculté la réalité, pressentant ce qu’aucune bonne conscience (malgré le précédent Bush/Gore) ne se résolvait à considérer comme possible. Prenant le temps d’interroger longuement des citoyens (gens ordinaires, électeurs, militants ou non), le documentariste a fouillé une conscience sociale baignée plus qu’abreuvée par les discours de propagande

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Tribute to Marvin Gaye + Ayo : et là, le Crous nous sort un double concert qui promet

MUSIQUES | Rendez-vous jeudi 5 avril à 19h30 à l'Anneau de vitesse (parc Paul-Mistral).

Alice Colmart | Mardi 13 mars 2018

Tribute to Marvin Gaye + Ayo : et là, le Crous nous sort un double concert qui promet

Notez bien la date de cet événement organisé par le service culturel du Crous Grenoble Alpes. Une quarantaine d'étudiants musiciens et chanteurs, accompagnés de Ben l'Oncle Soul, rendront hommage au roi de la soul et du funk Marvin Gaye, qui a autant marqué les années 1960 avec Heard it through the grapevine que les années 1980 avec Sexual Healing. Ce sera également, dans un deuxième temps, l’occasion de découvrir le nouvel album aux sonorités blues, funk et soul de la chanteuse Ayo. Qui plus est, c’est un concert gratuit. À ne pas manquer donc !

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"L'Insoumis" : un portrait un peu gauche de Jean-Luc Mélenchon

ECRANS | de Gilles Perret (Fr, 1h35) documentaire

Vincent Raymond | Vendredi 16 février 2018

Au soir du premier tour de l’élection présidentielle de 2017, on s’étonnait de ne pas avoir dès 20h de déclaration à chaud ni d’images de Jean-Luc Mélenchon. Cette absence médiatique du bouillonnant candidat, si présent durant la campagne, était-elle consécutive à la stupéfaction, la déprime ou une bouderie de se retrouver classé quatrième à l’issue du scrutin ? Près d’un an plus tard, cet instant d’actualité, devenu fragment d’histoire immédiate, nous parvient grâce à la "caméra embarquée" exclusive d’une production privée (le paradoxe s’avère pour le moins étrange concernant le champion de La France Insoumise) ; celle du documentariste Gilles Perret, alors en train de tourner son portrait. Las, on devrait parler d’hagiographie tant le film du bon camarade Perret, partageant les idées de Mélenchon, s’emploie à renvoyer du candidat un reflet flatteur, visant à rectifier la caricature de loup-garou ordinairement diffusée par ses adversaires. D’un côté comme de l’autre, il s’agit pourtant de propagande, et aucune n’est donc recevable... Proche idéologiquement de son sujet, Perret peut difficilement adopter une distance critique

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"Atelier de conversation" : ceci est un documentaire optimiste

ECRANS | de Bernhard Braunstein (Aut.-Fr., 1h10) documentaire

Vincent Raymond | Lundi 5 février 2018

Pareille à un aquarium, une drôle de salle posée au milieu de la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou accueille chaque semaine des étrangers résidents en France pour une session de discussion dans la langue de Molière. Un sacré melting-pot – pardon : mélange. Bribes de séances, fragments d’échanges captés lors de ces ateliers, intervenants de tous les pays filmés en plan rapproché devant s’acquitter une seul règle (parler en français)… Le dispositif, des plus minimalistes, suffit à bâtir un film d’une incroyable richesse humaine en télescopant les unes contre les autres les destinées de celles et ceux qui s’expriment ici, dans le sanctuaire du groupe. Chacun·e vient lesté·e de son histoire – qui réfugié·e, qui étudiant·e, qui retraité·e – et participe à la construction d’un récit contemporain d’une authentique mixité. La volonté commune de maîtriser l’idiome du pays hôte est supérieure à toute considération, et les emportements naissants sont vite apaisés par les modératrices et modérateurs du lieu, garants de la stricte neutralité de l’enclave. Document sur des gens

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Body & Soul : pour l'amour de la house

Soirée | Samedi 20 janvier, on a rendez-vous à la Belle électrique avec les fondateurs de soirées new-yorkaises cultes.

Damien Grimbert | Lundi 15 janvier 2018

Body & Soul : pour l'amour de la house

La house music a longtemps suscité une certaine incompréhension en France. Alors que la techno et les raves ont rapidement été assimilées à un prolongement légitime des différents courants musicaux alternatifs les ayant précédées, la house, plus suave, moins agressive, a quant à elle été associée à l’univers des boîtes de nuit ostentatoires, de la jet-set et de la bourgeoisie. Un contresens total pour peu que l’on se penche sur ses racines cosmopolites et inclusives, dans les grandes villes américaines comme Chicago ou New York o elle est née et s'est et se développée. Fondées en 1996 dans le quartier de Tribeca par François K, Joe Claussell et Danny Krivit, trois vétérans chevronnés de la scène club new-yorkaise des années 1970 et 1980, les soirées Body & Soul sont rapidement devenues un véritable étendard des valeurs originelles du mouvement : hédonisme, tolérance et diversité. Organisées tous les dimanches de 16h à minuit, elles rassemblaient une foule hétéroclite venue se déhancher sur un savant mélange de disco, funk, soul, jazz et de rythmes afro, latins, et brésiliens. Devenues itinérantes suite à la fermeture du club qui

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PB d'or 2017 : expo

C'était 2017... | Avec une artiste dont on va entendre de plus en plus parler et une nouvelle galerie qui a vite su s'imposer.

Charline Corubolo | Mardi 19 décembre 2017

PB d'or 2017 : expo

Le PB d’or de l’artiste-sorcière : Alice Assouline C’est lors d’une partie de Chasse picturale en début d’année à l’Espace Vallès que nous avons découvert le travail d’Alice Assouline. À la surface de ses grandes toiles se confrontaient cauchemar et féerie à coups de pinceaux mystiques. Des narrations figuratives irréelles illustrant les contes populaires glanés par l’artiste au gré de ses déambulations. Diplômée de l’école des Beaux-Arts de Grenoble, faisant ses premières armes artistiques dans la performance, elle a continué son chemin et fait évoluer sa pratique cette même année au sein de la galerie Marielle Bouchard. Avec son exposition Gravité en octobre dernier, les détails contés de ses peintures se sont extraits du cadre pour envahir l’environnement. Entre sculptures et installations, le folklore se mue en un véritable décorum imaginaire o

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"Miracle Mile" : attention, pépite culte méconnue

ECRANS | Rendez-vous jeudi 14 décembre au Club pour (re)découvrir ce film de 1989 signé Steve De Jarnatt.

Damien Grimbert | Mardi 12 décembre 2017

Après la projection du sublime Phase IV de Saul Bass au mois d’octobre, l’association la Rétine investit de nouveau le cinéma le Club pour nous faire découvrir un film culte : le fabuleux Miracle Mile de Steve De Jarnatt, dans lequel un jeune homme apprend au téléphone, suite à une erreur de numéro, que des missiles nucléaires vont s’abattre sur les États-Unis dans l’heure qui suit. Soit juste le temps nécessaire pour tenter de retrouver la jeune femme dont il est tombé éperdument amoureux quelques heures auparavant… Tourné avec des moyens réduits, sublimé par l'une des meilleures bandes-son composées par le groupe allemand Tangerine Dream et filmé quasi en temps réel, Miracle Mile, sorti en France en 1989 sous le titre Appel d’urgence, est une véritable perle méconnue. Sorte de pendant (pré)-apocalyptique du After Hours de Martin Scorsese auquel il fait souvent penser, ce deuxième long-métrage du réalisateur américain Steve De Jarnatt repre

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"Un homme intègre" : on ne lâche Iran !

ECRANS | de Mohammad Rasoulof (Ir., 1h58) avec Reza Akhlaghirad, Soudabeh Beizaee, Nasim Adabi…

Vincent Raymond | Mardi 5 décembre 2017

Que ce film porte douloureusement bien son titre ! Car il vaut à son auteur Mohammad Rasoulof de se retrouver une nouvelle fois inquiété par les autorités de Téhéran, lui qui avait déjà par le passé écopé d’une peine de prison après une œuvre co-réalisée avec Jafar Panahi, jugée critique à l’égard du régime… Primé lors du dernier Festival Cannes, Un homme intègre cause peut-être de profonds ennuis au cinéaste iranien mais, effet Streisand oblige, met l’accent sur sa situation en incitant à examiner avec acuité ce que son film dit – et de quelle admirable manière. On y découvre le combat digne de l’obstiné Reza, éleveur de poissons qui, pour défendre son bon droit face à une compagnie privée aux méthodes crapuleuses, refuse d’entrer dans le système institué de la corruption locale, bien que lui et sa famille risquent lourd. Le réalisateur iranien dresse ici le portrait d’une petite communauté rurale fort peu avenante : un ramassis d’hypocrites serviles, corrompus et combinards aux ordres d’un potentat mafieux. Très éloignée donc des dogmes moraux revendiqués par les mollahs. Des plans secs, sans effets, et u

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"12 jours" : Raymond Depardon épuise son filon

ECRANS | de Raymond Depardon (Fr., 1h27) documentaire

Vincent Raymond | Lundi 27 novembre 2017

Film de demande plus que de commande, 12 jours de Raymond Depardon répond à une invitation de tourner dans un établissement psychiatrique (en l’occurence, le Vinatier à Bron, près de Lyon) avec des patients hospitalisés sans consentement lors de leur présentations devant un juge des libertés et de la détention – celle-ci devant se dérouler au plus tard 12 jours après leur première admission. S’ensuivent donc dix auditions, à la queue leu-leu. Dix portraits entre détresse et absurde de la "folie" ordinaire, et surtout un épuisant sentiment de déjà-vu. Car malgré tout le respect et toute l’estime que l’on porte au réalisateur français, force est de constater qu’il éprouve de moins en moins l’envie de sortir du cadre et des repères qu’il a jadis balisés. 12 jours transpose en effet de manière manière mécanique son dispositif de Délits flagrants ou de 10e chambre, instants d’audience dans un décor lui aussi familier pour le cinéaste, qui avait déjà arpenté avec San Clemente

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"L'École de la vie" : entre deux

ECRANS | de Maite Alberdi (Fr.-Chi-.P.-B., 1h32) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

La vie quotidienne dans une école chilienne spécialisée accueillant des adultes atteints du syndrome de Down (la Trisomie 21) : le travail à l’atelier gastronomie, l’amitié et les histoires de cœur minées par les décisions des tuteurs légaux… La réalisatrice chilienne Maite Alberdi cadre les élèves serrés, dans une très grande proximité, à l’extrême limite parfois de l’intimité gênante (sans franchir la ligne jaune de l’obscénité), gardant parents et éducateurs dans un flou visuel volontaire. Ce dispositif tranché facilitant la focalisation sur ses héros (Rita, au régime, qui tente de soustraire du chocolat en cachette ; Anita et Andrés désireux de se marier malgré l’opposition parentale...) et permettant d’adopter plus aisément leur point de vue, est sans doute la meilleure idée de ce documentaire. L’École de la vie laisse en effet une impression mitigée, découlant pour partie des méthodes en apparence paradoxales de l’école. Certes, les élèves semblent disposer d’une liberté d’action complète et s’épanouir lorsqu’ils préparent de la pâtisserie, mais ils sont étrangement infantilisés dans des cours où on leur demand

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Black Rebel Motorcycle Club : back in black

Rock | Le fameux groupe de rock américain sera mardi 14 novembre sur la scène de la Belle électrique (à guichets fermés), après être revenu de loin.

Stéphane Duchêne | Mardi 7 novembre 2017

Black Rebel Motorcycle Club : back in black

C'est au moment où s'avançait la sacro-sainte fête d'Halloween, ce carnaval des morts qui transforme nos instincts de mort en pulsions mercantiles, que le Black Rebel Motorcycle Club décidait de lancer le deuxième single extrait de son album à venir en janvier – et que le groupe de rock américain viendra présenter à la Belle éléctrique en avant-première. Un album là encore au titre (Wrong Creatures) de circonstance. Haunt s'avance ainsi comme un morceau plus atmosphérique que ce à quoi nous a habitués la bande de bikers de Peter Hayes. Pour un peu, on croirait presque entendre du Calexico perdu dans le désert de nuit, en panne d'essence à l'heure où sortent les fantômes. C'est que le trio revient de loin, pas d'entre les morts mais presque. En tout cas d'une panne sèche qui explique tout ce temps écoulé depuis Specter at the feast en 2013. En 2014, la batteuse Leah Shapiro a dû être opérée pour réparer une malformation grave du cervelet. Au-delà de la souffrance et du drame humain, le groupe lui-même a bien failli se retrouver sur la paille, se voyant même dans l'obli

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"Stories from nowhere" : un paysage transmuté s'expose au Centre d'art Bastille

ARTS | Après des siècles de civilisation, le paysage a été modifié, voire altéré par le flux des nouvelles technologies. Des évolutions qui engendrent de nouvelles perceptions de l’horizon qu’il soit physique ou dématérialisé. Le Centre d’art Bastille explore ces différents récits à travers le regard de six artistes pour des "Stories from nowhere".

Charline Corubolo | Mardi 24 octobre 2017

D’une Terre naturelle, l’humanité est passée à des territoires construits par l’homme, des panoramas pixellisés et des environnements (ir)réels. Un changement de paradigme qui modifie notre perception de la nature ainsi que les diverses interactions qui régissent ce système, mais également la représentation même de cette nature dans laquelle nous évoluons. La photographie et la peinture n’ont alors plus la contrainte d’obéir à une figuration du réel, laissant la place à de nouvelles techniques, tandis que les signifiés du paysage offrent de nouvelles projections : qu’il soit ancré dans la réalité ou fantasmé, ce paysage peut être frontière, géopolitique, Eden ou encore sensoriel. Autant de variantes venues de nulle part et de partout qui infiltrent en ce moment le Centre d'art Bastille avec l'exposition Stories from nowhere pour une sphère altérée. Nouvelles réalités paysagères De cette altération, Alain Bublex propose une confrontation entre l’apparent naturel et l’urbanisation à travers des images picturales flirtant avec le souvenir. Un souvenir fantasmé avec les fragiles paysages de

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"Jeune Femme" : sans toit, ni loi, mais avec un chat

ECRANS | de Léonor Serraille (Fr.-Bel., 1h37) avec Laetitia Dosch, Grégoire Monsaingeon, Souleymane Seye Ndiaye…

Vincent Raymond | Lundi 30 octobre 2017

Paula vivait avec Joachim, un photographe, mais là c’est fini. Alors elle est à la rue, avec son chat et ses pauv’ affaires. Elle tente de se débrouiller en squattant ici ou là, accumulant solutions transitoires et abris de fortune. C’est drôlement chaud, parce que dehors, il fait sacrément froid… Léonor Serraille a eu une chance inouïe que son film concoure à la Caméra d’Or l’année où son jury se trouve présidé par Sandrine Kiberlain. Celle-ci ne pouvait qu’être sensible au charme décousu de sa réalisation, comme au parcours cabossé de son personnage, évoquant fantomatiquement ces silhouettes errantes que la comédienne endossait dans les premiers longs-métrages de Lætitia Masson. Mais ce côté "truc d’il y a vingt ans" (voire de soixante, si l’on se réfère au Signe du Lion de Rohmer), c’est un peu le problème global de ce journal aigre-doux de la déchéance de Paula. Enchaînement un peu monotone d’épisodes, vaguement drolatique et social par fulgurances, Jeune Femme est sauvé par la grâce de quelques seconds rôles attachants (la gamine dont Paula "s’occupe", Yuki sa fausse amie d’enfance, Ousmane le vigile…)

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"Gravité" : les tentacules légendaires d'Alice Assouline

Exposition | Telle une pieuvre mystique nourrie aux contes populaires, l’œuvre d’Alice Assouline déploie ses différentes narrations dans l’espace comme autant de tentacules fictionnelles faites de peintures et de sculptures. Après sa "Chasse" à l’Espace Vallès en février dernier, l’artiste investit actuellement, avec "Gravité", la galerie Marielle Bouchard.

Charline Corubolo | Mardi 17 octobre 2017

Évoluant à ses débuts dans la performance où se mélangeaient sonorités ambiantes et décorum aux allures de messes mystiques, Alice Assouline est revenue au fil de ses résidences à ses premières inclinaisons plastiques : la peinture. Une pluralité artistique qui trouve aujourd’hui une pleine cohérence dans son œuvre où l’acte performé s’est récemment mué en sculpture, objets extraits de l’espace peint par l’artiste. Des toiles elles-mêmes nourries par des paroles glanées, suc de sombres contes populaires, au gré de ses déplacements. Un dessein créatif où le réel se frotte avec inquiétude au fantastique, déployant des univers graves aujourd’hui présentés à la galerie Marielle Bouchard sous le titre de Gravité. Mais cette gravité tient surtout d’une irrémédiable attraction mystérieuse qui nous fait pénétrer, glisser, dans les environnements surréalistes esquissés par Alice Assouline, panorama de paysages flirtant avec des fantasmes cauchemardesques. Récolte picturale Ca

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"L’Assemblée" : Mariana Otero au plus près de Nuit debout

ECRANS | de Mariana Otero (Fr., 1h39) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 17 octobre 2017

Fin mars 2016. Le projet de loi de réforme du code du travail (dite loi El Khomri) provoque l’inquiétude de nombreux salariés. À Paris, des citoyens occupent la place de la République où ils tiennent réunions et assemblée générales durant des semaines. C’est Nuit debout. Du crépuscule du soir à son petit matin bien blême, Marina Otero arrive à condenser l’utopie boiteuse de Nuit debout dans ce qu’elle a de sympathique, de spontané et de désorganisé. Même sans connaître l’issue du mouvement, on lit dans cette micro résurgence d’un mai-68 hivernal (plus diurne que nocturne) son inéluctable inaboutissement : l’agora de la place de la République semble pleine, mais bien vide du peuple authentique (combien d’ouvriers, de précaires réels, de pauvres ?). Et si faible face aux forces de l’ordre, qui dispersent gaz lacrymogènes et manifestants avec une redoutable efficacité. Vécu de l’intérieur, en sympathie avec les apprentis néo-démocrates de la place, L’Assemblée est un document pour mémoire ; la trace mélancolique de ce mois de mars d’une centaine de jours…

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"Phase IV" de Saul Bass : des fourmis et des hommes

ECRANS | Unique long-métrage réalisé par Saul Bass, graphiste de génie rentré dans la postérité pour avoir signé quelques-uns des génériques les plus emblématiques de la filmographie d’Alfred Hitchcock ("Sueurs Froides", "La Mort aux trousses", "Psychose"…), "Phase IV" est une véritable perle oubliée du cinéma américain des années 1970. Rendez-vous le vendredi 6 octobre au Club pour le constater.

Damien Grimbert | Mardi 3 octobre 2017

Passionnant thriller de science-fiction centré autour d’une intrigue minimaliste (l’investigation menée par deux scientifiques pour tenter d’expliquer l’étrange évolution comportementale d’une colonie de fourmis dans le désert d’Arizona), Phase IV (1974) surprend d’emblée par son incroyable beauté graphique, qui se double rapidement d’une approche quasi-métaphysique de son sujet. Loin de la petite série B horrifique sur fond de menace animalière comme le cinéma de l’époque en produisait à la pelle, Phase IV fait au contraire preuve d’une ambition démesurée dans son traitement qui n’est pas sans rappeler celle de Stanley Kubrick sur son 2001, sorti quelques années plus tôt. Faisant monter la pression cran par cran tout au long du film, Saul Bass conjugue ainsi un sens de l’efficacité à toute épreuve a un traitement visuel proche du psychédélisme, le tout au service d’un récit en perpétuelle évolution dont le climax final laisse le spectateur littéralement subjugué. Parce qu’un tel joyau méritait bien un écrin digne de ce nom, sa projection en copie restaurée sera couplée, à l’initiative de l’association La R

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Les dix expositions à ne pas manquer cette saison à Grenoble et aux alentours

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Une sélection à base de légendes de l'art (Delacroix, Gauguin, et même les Beatles – pourquoi pas !) mais aussi de jeunes artistes ou encore d'expositions plus patrimoniales – il paraît que l'on va bientôt célébrer l'anniversaire des Jeux olympiques grenoblois.

La rédaction | Mardi 26 septembre 2017

Les dix expositions à ne pas manquer cette saison à Grenoble et aux alentours

Matt Coco En résonance avec la Biennale d'art contemporain de Lyon, qui imagine des Mondes flottants, l'artiste installé à Lyon Matt Coco investira la Halle de Pont-en-Royans début octobre pour une déambulation à la lisière du brouillard. Intitulée In caso di nebbia (traduire : en cas de brouillard), la proposition entend créer un imaginaire flirtant avec l’onirique où le naturel se mêle à l’industriel. Un paysage de volumes aboutis induisant une transformation par l’activation du spectateur, par la danse, le regard, la parole… L’artiste déploiera ainsi une déambulation immersive, en devenir. À la Halle (Pont-en-Royans) du 10 octobre au 30 décembre Alice Assouline

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"Des rêves sans étoiles" : prison de filles

ECRANS | de Mehrdad Oskouei (Irn., 1h16) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

Iran. Des jeunes femmes à la lisière de la majorité sont filmées dans leur quotidien de détenues d’un centre de "réhabilitation" pour mineures. Souvent en rupture de famille, certaines sont délinquantes, d’autres enceintes, voire mères ; toutes dans l’angoisse de leur sortie… Voilà un projet intéressant sur le papier, qui peine pourtant à aller au-delà de ses évidentes bonnes intentions. Notamment parce que le réalisateur parasite son propre film, en intégrant des interviews qu’il réalise, voix off, avec les détenues. De témoin, il devient acteur des événements ; il interagit avec ceux. À ces "tête-à-tête" trop polis pour être honnêtes (ont-ils été répétés ? ont-ils été surveillés durant le tournage ?), on préfère les rares séquences d’imprévus, plus crues, montrant la détresse d’une gamine tétanisée par l’irruption de ses parents, ou une autre effondrée parce que sa grand-mère refuse de l’accueillir. Le cours d’instruction religieuse, abordant la question de l’égalité homme-femme, est aussi un grand moment.

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Et voici les 20 concerts de l’automne

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Une sélection à base de stars de la chanson, de rock qui déménage ou encore de surprises musicales bienvenues.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Et voici les 20 concerts de l’automne

A-Wa Les trois sœurs Haim n'en finissent plus de passer près de chez nous – ce sera leur cinquième date dans la région en tout juste deux ans. Et de s'ouvrir toutes les portes depuis la parution de leur Habib Galbi, transformé en hit au fil des mois (y compris en Israël, chose très rare pour un morceau chanté en arabe) et flanqué d'un album tout aussi réjouissant baptisé du même nom. Soit des chansons issues du répertoire traditionnel yéménite qu'elles ont souhaité s'approprier, le malaxant de leurs multiples influences allant des Beach Boys (ah, les harmonies vocales !) à Kendrick Lamar. On est fans, surtout en concert. À la Rampe mardi 26 septembre Amadou et Mariam Ils sont loin les Dimanche à Bamako (15 ans déjà) qui ont mis Amadou et Mariam sur la carte de la musique internationale (après 15 ans d'une première carrière) et ont permis de démontrer que la musique malienne allait bien au-delà de la kora traditionnelle e

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"Macadam Popcorn" : grandeurs et évolutions des petits commerces de cinéma

ECRANS | de Jean-Pierre Pozzi (Fr., 1h19) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 20 juin 2017

Voici un documentaire que l’on voudrait aimer par principe ; autant pour son sujet que pour l’opiniâtreté de sa démarche et ses (modestes) tentatives formelles. Jean-Pierre Pozzi et son camarade le dessinateur Mathieu Sapin y écument la France des salles de cinéma alternatives, après le passage au "tout numérique", et donnent la parole aux défenseurs acharnés de l’exception "art et essai" – ces propriétaires de salles maintenant coûte que coûte leurs écrans dans le paysage. Scandé de trop rares séquences animées, ce road movie leur a pris des mois, voire des années. Hélas, une partie de leur énergie s’est diluée au fil du temps, et le film s’en ressent : on devine à sa réalisation bancale, à son montage façon coq-à-l’âne et à l’absence hurlante de continuité que les protagonistes (au jeu merveilleusement approximatif) ont dû caler les sessions de tournage au gré de leurs disponibilités. Cette forme inachevée, parasitant un fond édifiant (notamment les témoignages d’intervenants pittoresques, aventureux et sympas) montre les limites d’un cinéma militant privilégiant les intentions à l’énonciation.

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"Sous peine d’innocence" : Severino Diaz, présumé coupable

ECRANS | de Pierre Barnérias (Fr., 1h34) documentaire avec Severino Diaz…

Vincent Raymond | Mardi 28 février 2017

Condamné à 15 ans de prison pour un meurtre qu’il n’a pas commis, l'Américain Severino Diaz n’a jamais plaidé coupable. À cause de cela, sa libération conditionnelle lui a à maintes fois été refusée, allongeant sa peine d’une dizaine d’années. Sans jamais entamer sa résolution… L’histoire dramatique de Diaz sert de support à un documentaire brouillon et éparpillé façon puzzle, ne sachant pas vraiment quel fil suivre : tantôt il s’intéresse au destin singulier de ce prisonnier intègre (grâce à une masse d’entretiens réalisés avec Diaz entre 2004 et 2016) ; tantôt il dresse une hagiographie de la Maison d’Abraham, institution créée par un Aveyronnais (le Père Pierre) à New York pour la réinsertion des détenus. Entre les deux, des images illustratives souvent inutiles (tels des stop-motions cache-misère semblant piochés sur Internet) ne parvenant pas à corriger la qualité médiocre des prises vue ni du montage. Dommage qu’un sujet et des personnages aussi intenses pâtissent d’une absence de point de vue aussi flagrante : ou l’auteur s’engage, ou il reste neutre, mais il ne peut demeurer dans cet entre-deux. Son indécision aggrave (voire explique) la faiblesse de

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Alice Assouline et Line Orcière, prêtresses de mythes

Exposition | Comme dans une traque picturale aux confins des mythes collectifs, Alice Assouline et Line Orcière explorent les légendes peintes sur nos inconscients. De lieux supposés hantés en chasses sauvages, les deux artistes mènent une quête fantasmagorique par la peinture. Une "Chasse" commune au cœur d’un quotidien légendaire à découvrir à l’Espace Vallès.

Charline Corubolo | Jeudi 16 février 2017

Alice Assouline et Line Orcière, prêtresses de mythes

Elles ont fait leurs armes aux Beaux Arts de Grenoble, ont le même âge et, d’une certaine manière, déploient un dessein commun dans leur investissement pictural. Alice Assouline et Line Orcière se différencient cependant dans la façon d’éprouver la matière et dans l’exploration des mythes et légendes, bien qu’elles fassent appel toutes deux à une sorte d’inconscient collectif du conte. Quand Alice Assouline n’investit pas le champ de la performance par des nappes musicales teintées d’ambient, elle s’immerge dans l’environnement lors de ses résidences pour en extraire la quintessence imaginaire des lieux. Line Orcière, quant à elle, use de la peinture pour, à travers le monde animal, révéler l’ambigüité d’une civilisation à la lisière du sauvage. À l'Espace Vallès qu'elles occupent en ce moment, la première dévoile ainsi des toiles à la peinture à l’huile, tandis que la seconde déroule une pratique plus diverse entre peintures in situ, taxidermie et toiles au stylo Bic. Les deux artistes sillonnent toutefois une thématique commune, partant en quête de mirages à l’essence quasi réelle, qui donne toute la cohérence à cette expo

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"Le Concours" : Il ne peut en rester que soixante

ECRANS | de Claire Simon (Fr., 1h59) documentaire avec Laetitia Masson, Sylvie Verheyde, Patricia Mazuy, Vincent Dedienne…

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

Héritière de l’Institut des hautes études cinématographiques, la Femis (École nationale supérieure des métiers de l'image et du son), représente l’aristocratie des écoles de cinéma et peut se targuer d’avoir formé, entre autres, Emmanuel Mouret, François Ozon, Céline Sciamma, Alice Winocour ou Emmanuelle Bercot. Son drastique écrémage à l’entrée est si réputé - 1200 postulant(e)s pour 60 élu(e)s - qu’il a inspiré la cinéaste Claire Simon. Rien d’étonnant, connaissant son appétence pour les portraits de microcosmes, en fiction ou documentaire, que ce soit les cours d’écoles dans Récréations (1992), le planning familial dans Les Bureaux de Dieu (2008) ou le bois de Vincennes pour Le Bois dont les rêves sont faits (2016). Dans Le Concours, elle suit le processus de sélection, des épreuves de pré-admissibilité à la rentrée des élèves, en témoin muette des examens et des oraux, captant le réel sans jamais intervenir. Au-delà de son léger suspense (qui sera retenu et pourquoi ?), le projet est intéressant de par sa grande transparence, puisqu'on pénètre les coulisses d’une grande institution et qu'on assiste à des délibérations — le tabou

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"The Other Side" : le Mois du documentaire joue les prolongations

ECRANS | Il devait s'arrêter ce mercredi 30 novembre. Mais c'était sans compter sur Mon Ciné, à Saint-Martin-d'Hères, qui organise une soirée jeudi 1er décembre autour du film "The Other Side". Bonne idée.

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

En théorie, la 17e édition du Mois du film documentaire s’achève dans toute la France le mercredi 30 novembre. Pas à Saint-Martin-d’Hères, où Mon Ciné résiste encore et toujours aux règles par trop contraignantes, en prolongeant de quelques journées cette fenêtre sur ce genre d’une richesse aussi insondable que méconnue. En programmant tout d’abord le très réussi film d’Olivier Babinet Swagger, une œuvre de création collaborative s’attachant au quotidien comme aux aspirations d’ados de banlieue parisienne. Et en projetant le 1er décembre en ciné-rencontre (puis plusieurs jours ensuite en séance seule) une œuvre insolite et âpre de Roberto Minervini sortie l’an dernier : The Other Side. Auréolé d’une sélection cannoise (catégorie Un certain regard, fort appropriée), le film nous plonge dans la misère la plus crasse : celle d’un peuple déclassé vivant en Louisiane. Gueules ravagées, chicots noirâtres, silhouettes émaciées ou marquées par

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Théâtr’Ensemble s’offre "Le Soulier" de Claudel

projet théâtral participatif | Ce samedi débute une grande aventure théâtrale à laquelle tout le monde peut participer. Aux manettes, une association grenobloise « qui souhaite promouvoir la qualité du théâtre en amateur ». Avec une pièce phare de Paul Claudel donc.

Aurélien Martinez | Mardi 11 octobre 2016

Théâtr’Ensemble s’offre

En 2018, on célébrera les 150 ans de la naissance de l’auteur, poète et dramaturge français Paul Claudel. Un anniversaire que l’association grenobloise Théâtr’Ensemble, « collectif de comédiens non professionnels en activité depuis 1995 », veut célébrer avec éclat. « On va monter un projet de grande ampleur qui tourne autour de la pièce Le Soulier de satin de Paul Claudel, réputée pour être l’une des plus grandes œuvres dramatiques du XXe siècle et qui a été très peu montée du fait de sa durée. Un projet que nous avons intitulé À la recherche du Soulier » nous explique Dominique Battaglia, administrateur de l’association. « On continue ainsi avec cette idée d’un théâtre pour tous qui réunit à la fois des comédiens de tous âges et de tous horizons, dans le but de faire sortir les comédiens amateurs de leur chapelle, de les ouvrir, de les faire se rencontrer. » « Une première année de mobilisation » Concrètement, l’aventure, soutenue par de nombreuses tutelles (dont la Ville de Grenoble, très sensible à la place des amateurs), s’ét

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