Droits aux putes ! “Une femme du monde” de Cécile Ducrocq & ”Au coeur du bois” de Claus Drexel

ECRANS | Le hasard place le même jour sur les écrans deux beaux films qui, bien qu’opposés dans la forme, mettent en scène des prostitué·es témoignant de leur désir d’exercer leur profession. Une singularité de regard courageuse, à une époque où souffle un puritanisme de tartuffes.

Vincent Raymond | Mercredi 8 décembre 2021

D'un côté, un documentaire sur les travestis/trans/prostitué(e)s du Bois de Boulogne, que la caméra de Claus Drexel cadre en plan fixe à toutes les saisons de l'année, recueillant leurs confidences sur leur vie au quotidien, leur travail du sexe et ce qui les a conduits à le pratiquer. De l'autre, une fiction de Cécile Ducrocq où une mère courage se tue à la tâche en multipliant les passes pour payer une école de cuisine privée à son grand dadais d'ado qui tourne mal. Si dans les deux cas, il n'y a pas d'héroïsation ni d'érotisation de la prostitution, il n'y a pas non plus de misérabilisme ou d'apitoiement de dame-patronnesse sur le sort des protagonistes. Ce qui n'empêche pas les films d'être magnifiquement photographiés, offrant ici des natures mortes sublimes ; là des plans dignes de Schatzberg ou de pochettes de 33 tours.

Des hommes et des femmes…

Dans Une femme du monde, le personnage joué par Laure Calamy est d'ailleurs une militante affirmant haut et clair, au sein d'une association et devant le parlement de Strasbourg, son droit à faire son métier librement, vitupérant en compagnie de ses consœurs-frères la loi hypocrite pénalisant les clients — passée en 2016 sous Hollande, censée protéger des réseaux de proxénétisme mafieux les personnes vulnérables sans interdire la prostitution, mais plaçant de fait celles et ceux la choisissant délibérément dans une plus grande précarité. Oh, Cécile Ducrocq n'idéalise rien ; elle montre la différence de “standing” entre les indépendantes cultivant leur bout de trottoir et leurs habitués, et puis les filles des camionnettes exploitées par wagons entiers ou les “pensionnaires“ des bordels teutons. Pas d'amalgame entre le choix consenti et l'abattage ou l'esclavagisme, donc.

Dans Au cœur du bois (titre à comprendre sous toutes les acceptions possibles), la pudeur et l'écoute sont, comme les intervenant(e)s, au centre du dispositif. Jamais aussi bon cinéaste que lorsqu'il signe des documentaires (voir America), Claus Drexel se fait oublier le plus possible pour offrir à ses vis-à-vis l'occasion de se raconter et, parfois, de se délivrer de lourds fardeaux. Où l'on mesure qu'il y a bien dans leur sacerdoce, une fonction sociale essentielle que des beaux esprits s'abstiennent de considérer : le “rapport” n'est pas que sexuel, mais aussi humain voire psychanalytique avec le client. L'inconscient bourgeois des législateurs ayant résolu de débarrasser les rues d'une évocation/incitation à la sexualité, a provoqué outre la baisse des revenus des péripatéticiennes, le retour des cloaques clandestins, le tout dans un climat quasi victorien. Le progrès par la régression, en somme.

Transparent avec ses interlocuteurs et -trices, Drexel montre qu'il a parfois dû payer pour obtenir des confidences, client d'un échange. Mais aussi combien il a su gagner leur confiance et leur respect pour les mettre ainsi à nu par la parole, captée à la source comme Cécile Ducrocq.

★★★☆☆Au cœur du bois de Claus Drexel (Fr., 1h30)

★★★☆☆Une femme du monde de Cécile Ducrocq (Fr., 1h35) avec Laure Calamy, Nissim Renard, Béatrice Facquer…


Une femme du monde

De Cécile Ducrocq (Fr, 1h35) avec Laure Calamy, Nissim Renard, Béatrice Facquer...

De Cécile Ducrocq (Fr, 1h35) avec Laure Calamy, Nissim Renard, Béatrice Facquer...

salles et horaires du film


A Strasbourg, Marie se prostitue depuis 20 ans. Elle a son bout de trottoir, ses habitués, sa liberté. Et un fils, Adrien, 17 ans. Pour assurer son avenir, Marie veut lui payer des études. Il lui faut de l'argent, vite.

Une femme du monde n'est pas à  l'affiche à  GRENOBLE le mercredi 12 janvier
Une femme du monde est à  l'affiche dans 1 salle le jeudi 13 janvier

Pathé Échirolles

4 rue Albert Londres 38130 Échirolles
Jeu 15h15 - dim 20h - lun 17h30 - mar 13h
Une femme du monde n'est pas à  l'affiche à  GRENOBLE le vendredi 14 janvier
Une femme du monde n'est pas à  l'affiche à  GRENOBLE le samedi 15 janvier
Une femme du monde est à  l'affiche dans 1 salle le dimanche 16 janvier

Pathé Échirolles

4 rue Albert Londres 38130 Échirolles
Jeu 15h15 - dim 20h - lun 17h30 - mar 13h
Une femme du monde est à  l'affiche dans 1 salle le lundi 17 janvier

Pathé Échirolles

4 rue Albert Londres 38130 Échirolles
Jeu 15h15 - dim 20h - lun 17h30 - mar 13h
Une femme du monde est à  l'affiche dans 1 salle le mardi 18 janvier

Pathé Échirolles

4 rue Albert Londres 38130 Échirolles
Jeu 15h15 - dim 20h - lun 17h30 - mar 13h

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Cécile Ducrocq - Laure Calamy : « La prostitution sans misérabilisme ni glamour »

Une femme du monde | Prolongeant leur aventure commune débutée en court-métrage (La Contre-allée, présenté à la Semaine de la Critique en 2014 et couronné d’un César en 2016), Cécile Ducrocq et Laure Calamy donnent vie à un personnage de prostituée se démenant pour trouver de quoi payer l’école de son fils. Rencontre.

Vincent Raymond | Vendredi 10 décembre 2021

Cécile Ducrocq - Laure Calamy : 
« La prostitution sans misérabilisme ni glamour »

Avant Une femme du monde, il y a eu le court La Contre-allée où l’on retrouve quasiment le même personnage de prostituée. Comment avez-vous glissé de ce court à ce premier long ? Cécile Ducrocq : À l’origine des films, il y toujours des rencontres ou des images. La Contre-allée est partie d’une image, de prostituées noires que j’avais vues dans des camionnettes près du Stade de Gerland, à Lyon. Et c’était une image bouleversante, qui m’a hantée assez longtemps parce qu’elle était à la fois tragique — parce qu’on imagine tout ce qu’il y a derrière ce filles qui sont jetées sur le trottoir —, et en même temps très belle, parce que ces femmes étaient très belles, très maquillées, éclairées à la bougies. Il y avait une image cinématographique très forte. Donc

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"Sous les étoiles de Paris" : un enfant à la mère

ECRANS | ★★☆☆☆ De Claus Drexel (Fr., 1h30) avec Catherine Frot, Mahamadou Yaffa, Jean-Henri Compère…

Vincent Raymond | Mercredi 28 octobre 2020

Clocharde vivant recluse dans le silence d’un local sous un pont de Paris, Christine (Catherine Frot) voit surgir le petit Suli (Mahamadou Yaffa), un migrant africain dont la mère a été arrêtée pour se faire expulser. D’abord revêche avec l’enfant, Christine le prend sous son aile mitée et tente l’impossible : retrouver la mère… Le réalisateur Claus Drexel l’affirme d’emblée : Sous les étoiles de Paris est un conte. Silhouette hors d’âge et claudiquante, Catherine Frot fait en effet figure de Carabosse des égouts attendant d’être délivrée d'un mauvais sort par le petit chevalier Suli au terme de leur déambulation-apprivoisement initiatique. S'il révèle les invisibles au sein de la foule solitaire, ce film démarrant comme un diesel trouve quelques moments de grâce dans le lien entre les deux personnages, et quelques images choc : l’évocation d’une “cour des miracles“ peuplée de drogués sous un parking ou les terribles (et bien réels) plans sur les bidonvilles de migrants de l’autre côté du périph’. Sur un registre plus anecdotique, il s’agit sans doute de l’un des rares (le seul ?) films où les

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Caroline à Grenoble

Avant-première | Si le festival de Cannes avait eu lieu en mai comme il se doit, on aurait vu Patrick, l’un des protagonistes du nouveau film de Caroline Vignal (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 septembre 2020

Caroline à Grenoble

Si le festival de Cannes avait eu lieu en mai comme il se doit, on aurait vu Patrick, l’un des protagonistes du nouveau film de Caroline Vignal Antoinette dans les Cévennes, gravir les marches rouges du Palais des Festivals. Jusque là, rien d’étonnant. Sauf que si : Patrick est un âne. Certes, beaucoup d’ânes ont déjà arpenté la Croisette, mais celui-ci est un pur baudet à poil gris qui donne du fil à retordre à sa partenaire, interprétée par Laure Calamy, institutrice à la poursuite de son amant (une sorte de maîtresse au carré, si vous voulez). Caroline Vignal vous en dira davantage à l’occasion de l’avant-première qu’elle accompagne de sa présence. Mais sans âne. Ce sera jeudi 10 septembre, à 20h15, au cinéma Le Club.

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"Seules Les Bêtes" : col de la Croix mourant

Cinema | De Dominik Moll (Fr.-All., 1h57) avec Denis Ménochet, Laure Calamy, Valeria Bruni Tedeschi…

Vincent Raymond | Mardi 3 décembre 2019

Une petite communauté montagnarde gelée par l’hiver. La disparition d’une femme provoque des réactions contrastées : indifférence du rude Michel, suspicion de son épouse Alice qui pense que son amant, le solitaire Joseph, n’est pas étranger à l’affaire. Elle n’a pas forcément tort… Retour gagnant pour l’efficace Dominik Moll, toujours à l’aise dans les ambiances psychologiquement glaçantes : le polar de Colin Niel semblait écrit pour qu’il s’empare de ses personnages tourmentés, emmitouflés sous plusieurs couches de peaux et de vêtements, et qu’il compose autour de chacun d’entre eux un chapitre (autant dire un fragment) de l’histoire globale, en variant les points de vue. Comme dans Rashōmon de Kurosawa, chaque protagoniste fabrique sa vérité à partir de faits objectifs, de conjectures et de sa propre part de ténèbres. Une situation donnée pour suspecte dans une séquence se révèlera ainsi totalement anodine dans l’autre… mais l’inverse se vérifiera encore plus souvent. Portrait d’une région rurale d’altitude standard (en proie à ses difficultés économiques ordinaires, à la saisonnalité touristique, à

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"Nos batailles" : soudain, Romain Duris

ECRANS | de Guillaume Senez (Fr-Bel, 1h38) avec Romain Duris, Laetitia Dosch, Laure Calamy…

Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Chef d’équipe dans un entrepôt 2.0, Olivier affronte chaque jour une direction tyrannique, avant de retrouver la paix des siens. Un jour, sa femme le quitte sans prévenir, le laissant seul avec ses deux enfants. C’est un autre combat qui s’engage alors : faire sans, avec l’angoisse en plus… Enfin un rôle consistant pour Romain Duris, ce qui nous rappelle que, s’il dilapide parfois ses qualités à la demande de certains cinéastes le poussant à cabotiner, le comédien sait aussi mettre son naturel et sa sauvagerie au service d’emplois du quotidien dans des films à fleur d’âme tels que Nos batailles. Tout est, ici, d’une justesse infinie, sans la moindre fausse note : l’injustice qui sourd, la descriptions du "lean management" cynique dans sa désincarnation ultime, le dialogue et les situations, jusqu’au sourire mouillé de sanglots d’une femme cherchant à ne pas perdre la face après une réplique maladroite de l’homme dont elle s’est éprise – Laure Calamy, parfaite dans la réserve, comme tous les personnages secondaires. Par son dédain du pathos et son sens aigu du détail signifiant, le réalisateur

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Éric Judor : « Aborder ce métier était jusqu’à présent toujours une joie ; là, j’étais le Schtroumpf triste »

ECRANS | Pour son premier long métrage "Roulez jeunesse" (en salle le mercredi 25 juillet), Julien Guetta a osé demandé à Éric Judor de changer de registre. Cela tombe bien : celui-ci voulait glisser vers un format plus dramatique. Rencontre en deux temps et à deux voix.

Vincent Raymond | Lundi 16 juillet 2018

Éric Judor : « Aborder ce métier était jusqu’à présent toujours une joie ; là, j’étais le Schtroumpf triste »

Julien, votre film Roulez jeunesse​ flirte avec la comédie italienne et la comédie à l’anglaise… Julien Guetta : C’était une des ambitions, clairement. Comme de choisir Éric, qui fait beaucoup de comédies, pour l’emmener vers quelque chose d’autre, dans quelque chose de plus singulier qu’on n’a pas forcément l’habitude de voir en France. J’ai une très grande admiration pour Éric. C’est un acteur très technique, quelqu’un de très professionnel qui gère la comédie – c’est hyper agréable quand on est réalisateur – et même le drame. Et il est aussi réalisateur… D’où vient ce personnage d’Alex, l’adulte un peu enfant qu’il interprète ? JG : Je pense que j’étais comme ça quand j’ai commencé à écrire. Et que je n’aimais pas trop cette figure – c’est pour ça que je ne trouve pas le personnage complètement irresponsable non plus. C’est un bon gars maladroit, un mec trop gentil, qui sait quand même se démerder avec l

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"Roulez jeunesse" : (bon) père de dépannage

ECRANS | de Julien Guetta (Fr, 1h24) avec Éric Judor, Laure Calamy, Brigitte Roüan…

Vincent Raymond | Lundi 16 juillet 2018

Peu rongé par l’ambition, Alex s’épanouit au volant de la dépanneuse du garage administré par sa mère. Son bon cœur le conduit un soir à aider une jeune femme déboussolée, qui l’entraîne chez elle et le plaque le lendemain en lui laissant ses trois enfants en cadeau… Comment grandir quand on n’en éprouve pas le besoin impérieux ; comment accepter de couper le cordon quand on a toujours surprotégé son fils ; comment admettre que l’on a encore besoin de référents adultes lorsque l’on est adolescent ; est-il normal de ne pas éprouver d’instinct maternel ? Roulez jeunesse mesure chaque terme du syntagme "comédie familiale" en explorant avec finesse le lien et l’attachement sous toutes ses formes – voilà pour les lecteurs·trices de Françoise Dolto. Pour son premier long en tant que réalisateur, Julien Guetta approfondit donc des questionnements entamés dans ses courts-métrages Les Ventres vides et, surtout, Lana del Roy, où la famille en crise constituait à la fois le périmètre et la raison d’être du récit. Juste avant Roulez jeunesse, sa participation à l’écriture du

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"America" : plongée saisissante dans l'Amérique profonde (et trumpiste)

ECRANS | de Claus Drexel (ÉU, 1h22) documentaire

Vincent Raymond | Lundi 12 mars 2018

Alors que la campagne présidentielle américaine de 2016 bat son plein, le documentariste Claus Drexel fait une longue escale à Seligman, Arizona. Et donne la parole à ces ressortissants de l’"Amérique profonde" dont les voix comptent autant que celles, plus médiatisées, des côtes est et ouest. À la manière d’un zoom, le documentaire America complète et approfondit le We Blew it (2017) de Jean-Baptiste Thoret, tourné partiellement (et concomitamment) à Seligman : on note d’ailleurs quelques protagonistes en commun, dont le coiffeur vétéran. Avec Martin Weill pour l’émission Quotidien, Drexel est l’un des rares à avoir ausculté la réalité, pressentant ce qu’aucune bonne conscience (malgré le précédent Bush/Gore) ne se résolvait à considérer comme possible. Prenant le temps d’interroger longuement des citoyens (gens ordinaires, électeurs, militants ou non), le documentariste a fouillé une conscience sociale baignée plus qu’abreuvée par les discours de propagande

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"Ava" : et Noée Abita creva l’écran

ECRANS | Dernier été pour les yeux d’Ava, ado condamnée à la cécité s’affranchissant des interdits ; et premiers regards sur le cinéma de Léa Mysius (coscénariste des "Fantômes d’Ismaël" d'Arnaud Desplechin) avec ce film troublant et troublé, ivre de la séduction solaire de la jeune Noée Abita.

Vincent Raymond | Mardi 20 juin 2017

Ava a treize ans, une mère célibataire fantasque, une petite sœur au biberon et une maladie qui va la rendre aveugle à la fin des grandes vacances. Loin de s’apitoyer sur son sort, l’ado profite de ce qui lui reste de vue pour longer les marges avec un jeune gitan qui la fascine… Bonne pioche pour la Semaine de la Critique du dernier Festival de Cannes que ce premier long-métrage de Léa Mysius, tout à la fois empli de la vitalité rebelle de la jeunesse et confronté à l’inéluctable d’une disparition précoce. Un poème sensoriel débarrassé d’un ancrage forcené au réalisme : Ava s’octroie ainsi des parenthèses de folie douce lorsqu’il s’agit d’évoquer le ressenti de la liberté, le frisson de l’incertain. Une révolte métaphorique dans une fuite à la poursuite de la beauté, où la suggestion discrète l’emporte sur la pataude monstration. Garde à vue On sait combien un film peut se trouver transfiguré par son acteur·trice grâce à l’accord intime entre l’interprète et son personnage. Ce que livre ici la débutante Noée Abita tient de la vibration : à l’âge des métamorphoses, avec son regard fixe et

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Infinie solitude

ECRANS | Véritable rock-star du théâtre de ces dernières années, le metteur en scène Vincent Macaigne retrouve le cinéma en tant que simple comédien avec "Un monde sans femmes", de Guillaume Brac. Un premier film réussi, notamment grâce à ses acteurs, impeccables. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 16 août 2012

Infinie solitude

À Grenoble, on connaît surtout Vincent Macaigne comme metteur en scène survolté et trash, grâce à la MC2 qui a notamment programmé ses deux dernières mises en scène (Idiot !, et Au moins j’aurai laissé un beau cadavre), et grâce à la Cinémathèque qui a diffusé son court-métrage Ce qu'il restera de nous. Le retrouver comme simple acteur dans un film a priori aux antipodes de son monde ne pouvait qu’intriguer. Cette semaine, le cinéma Le Méliès programme donc Un monde en femmes, moyen-métrage de Guillaume Brac sorti en février dernier au niveau national, et précédé du court-métrage Le Naufragé. Un dytique sensible centré sur la fig

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