Le serpent assume

| Mercredi 2 mai 2007

Exposition / Les peintres Asger Jorn, Pierre Alechinsky, Karel Appel, Corneille, Constant (entre autres) et des poètes tels que Chrisitian Dotremont, Joseph Noiret appartiennent au mouvement Cobra fondé en 48 et qui s'achève 3 ans plus tard. Une vie courte, mais intense. Intensément libre. Puisque ce mouvement prend racine dans un désir de rupture et d'émancipation. En effet, les membres du mouvement prônent le travail en collectif et international qui plus est - CoBrA acronyme des lettres initiales Copenhague, Bruxelles, Amsterdam- ; ils sont en rupture avec le surréalisme jugé trop dogmatique ; ils travaillent la couleur, se rapprochant de l'Art Brut ; veulent désacraliser l'Art et expérimenter à tout va, en collaborant avec des poètes, écrivains, dramaturges. Au final, leur production réunit peintures, peintures-mots, film. Un mouvement d'avant-garde, aujourd'hui à tort, méconnu. Ainsi, aux Moulins de Villancourt, l'exposition Cobra et Cie rectifie un peu le tir. Lithographies, dessins, affiches, une soixantaine d'œuvres au total permettent de pénétrer cet univers tonique, quelque fois explosif et remuant. On retiendra, les dessins d'Asger Jorn, des figures pseudo humaines, des formes géométriques s'emmêlent harmonieusement ; les masques de Karel Appel déstabilisent par leurs couleurs criardes et envahissantes révélant une sève brute ; les dessins enfantins, jubilatoires du coup, de Corneille convoquent la part directe et naturelle inhérente à l'acte de créer ; enfin, les serpents agiles d'Alechinsky et les poésies visuelles, cette manifestation joyeuse du poème dans sa forme matérielle sur la peinture, caractérisent ce mouvement aux activités multiples. SDCoBrA et Cie jusqu'au 26 mai aux Moulins de Villancourt (Echirolles Pont de Claix)

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter