«Une diversité d-oeuvres»

ARTS | Interview / responsable de l'Artothèque depuis 1982, Michèle Dollman a contribué à l'enrichissement des collections. Propos recueillis par Séverine Delrieu

Séverine Delrieu | Mercredi 7 février 2007

Depuis votre arrivée, vous avez recentré les acquisitions sur la photographie. Pour quelles raisons ?Michèle Dollman : Effectivement, dans la collection qui a débuté en 76, il y avait beaucoup d'estampes. Le marché de l'art a explosé dans les années 80, donc on a pu acheter de la photo ; ce n'était pas encore trop cher. Je continue aussi à acheter de la photographie, car je mène parallèlement depuis quelques années une politique d'exposition uniquement de photographies.Justement dans les expositions, vous alternez photographes connus et découvertes.Connus, inconnus, photographes de la région, de Grenoble. C'est bien de mettre en rapport les différents regards : je crois que c'est bénéfique pour des photographes d'ici d'être confrontés à des aînés.Comment avez-vous sélectionné les 50 photographies choisies et exposées au Musée ?La sélection a été faite par Guy Tosatto (le Conservateur du Musée de Grenoble) en partant du principe qu'il fallait montrer des séries pour ne pas que ce soit trop disparate. Il a mis un peu l'accent sur les œuvres qui seraient aujourd'hui patrimoniales : des images que beaucoup de monde connaît, comme celles de Doisneau, Boubat, mais qui sont toutes des originales. Cette exposition montre aussi les choses qu'on a pu acquérir avant, et ce que l'on ne pourrait plus se permettre maintenant compte tenu du marché. Mais cette exposition, est une facette de la collection. Il y a bien d'autres choses : des photographes de la région, des artistes plus jeunes que ceux qui sont montrés là. Cela donne une visibilité à une partie de la collection pas forcément visible. C'est un peu l'iceberg : on ne voit que la partie immergée, pas empruntée. Et c'est vrai qu'il y a beaucoup d'œuvres qui tournent, on fait en moyenne 320 prêts par mois. Il faudrait passer régulièrement à l'Artothèque pour se faire une bonne image des collections.Quels retours avez-vous des particuliers emprunteurs ?Quand ils découvrent ce service, ils trouvent cela génial. C'est marqué sur les murs qu'on peut emprunter les œuvres, mais ils n'y croient pas. Certains reprennent toujours les même artistes. Mais on essaie d'avoir un large panel, une grande diversité d'œuvres.

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