Une pêche est presque une pêche

Laetitia Giry | Vendredi 14 septembre 2012

Photo : Fleurs de printemps, Henri Fantin-Latour


Peintures / Le couvent Sainte-Cécile, siège des éditions Glénat, accueille un joli panel d'œuvres du peintre du XIXe siècle Henri Fantin-Latour. Des portraits, allégories, natures mortes et bouquets dont la grandeur calme saute aux yeux, avec une évidence  – étymologiquement : ce qui se voit – qui elle-même révèle celle de la beauté des choses. Fantin-Latour semble en effet n'avoir d'autre prétention que celle de dévoiler au regard le beau résidant dans ce qu'il peint. À l'époque des révolutions esthétiques comme l'impressionnisme, il persévère dans une forme de sagesse confiante, fidèle à un classicisme pourtant loin de tout académisme. Son réalisme teinté d'une volonté esthétisante sonne comme une déclaration : le sujet peint vaut en soi d'être représenté. Les couleurs sont réparties sobrement mais avec éclat, les roses généreuses, élégantes, glissées là sur un fond noir et solennel, ici sur un fond beige évoquant le nu avec pudeur. La pêche est veloutée, la pomme plus vraie que nature : le sujet sur la toile dépasse son souvenir matériel, comme si justement il y était plus vrai, que sa représentation était plus réelle que le réel. 

Laetitia Giry

Bouquets Fantin-Latour, jusqu'au 9 novembre au Couvent Sainte-Cécile, 5 euros.

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Marchand d’âme

Concept store | En portugais ou en espagnol, Alma signifie âme. C’est le nom qu’ont retenu Estelle Glénat et Estelle de Carvalho pour leur boutique fraîchement ouverte rue (...)

Jérémy Tronc | Mardi 6 juillet 2021

Marchand d’âme

En portugais ou en espagnol, Alma signifie âme. C’est le nom qu’ont retenu Estelle Glénat et Estelle de Carvalho pour leur boutique fraîchement ouverte rue Abbé de la Salle, à 10 mètres… de la rue de l’Alma. « C’est un hasard si Alma slow concept est si proche de cette rue. Le nom du magasin fait bien référence à notre âme et aux valeurs que nous défendons. Le client qui entre chez nous sait qu’il achètera éthique et éco-responsable », assure Estelle Glénat. La boutique est divisée en trois espaces correspondant chacun à une activité. Dans une pièce à gauche de l’entrée se situe le coin friperie, avec des vêtements chinés pièce par pièce par les deux Estelle, et des vêtements ou accessoires de mode surcyclés, c’est-à-dire récupérés et retravaillés par des créateurs. Le plus grand espace est réservé à la vente de produits artisanaux et éco-responsables pour lesquelles les deux filles se sont assurées des bonnes conditions de production : poteries, bijoux, objets de décoration, savons, bougies, cosmétiques, etc. Enfin, une pièce est dédiée aux ateliers programmés en partenariat avec des artisans locaux : fabrication de savon, couture pour enfants, linogravure, c

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Des bulles, des cases, des cadres

Exposition | Pour sa nouvelle exposition temporaire intitulée "Derrière la montagne, la face cachée du tableau", la fondation Glénat a eu la bonne idée d’inviter vingt-sept dessinateurs de bande dessinée à dialoguer avec des œuvres picturales ayant pour sujet la montagne. Un ensemble de propositions inégales mais dont la variété ne peut que nous réjouir !

Benjamin Bardinet | Mardi 7 janvier 2020

Des bulles, des cases, des cadres

Le tableau est immense et la scène éloquente. Égarée, une vache meugle de toutes ses forces au bord d’un précipice. La végétation sèche et rase, les vertigineux sommets enneigés, sont autant d’indices annonciateurs de l’approche d’un hiver funeste pour le pauvre bovin… Face à cette scène dépeinte par Gustave Doré en 1852, l’anecdote raconte que le personnel de Glénat s’interrogeait : « Que va-t-il advenir de cette pauvre vache ? ». Ainsi serait né ce projet d’exposition. Des dessinateurs (et quelques dessinatrices) ont été invités à imaginer un possible avant ou après, un hors champ ou un contrechamp à un tableau du XIXe siècle choisi parmi une liste qui leur était proposée. Une bonne majorité de ces tableaux provient du fonds Glénat, mais aussi de quelques collections des musées alentour (Musée des Beaux-Arts de Chambéry, Musée dauphinois ou encore Musée Alpin à Chamonix). Le tout s’avère plutôt stimulant, permet de (re)découvrir certaines peintures remarquables, de valoriser des auteurs pas toujours ultra-célèbres et de s’enthousiasmer pour certaines propositions réellement enthousiasmantes. Grands noms Il est amusant de constater que l

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L'Alpe, une revue pour, depuis 20 ans, « aller au-delà du décor de carte postale »

ACTUS | Mercredi 28 novembre sort en kiosque et en librairie le nouveau numéro de la revue "L’Alpe", éditée par les éditions Glénat et le Musée dauphinois. Un numéro spécial puisqu’il s’agit de celui des 20 ans. On a profité de cette date anniversaire pour remonter le fil de l’histoire avec deux des membres de cette aventure « consacrée aux cultures et aux patrimoines de l'Europe alpine ».

Aurélien Martinez | Lundi 26 novembre 2018

L'Alpe, une revue pour, depuis 20 ans, « aller au-delà du décor de carte postale »

« Cultures et patrimoines de l'Europe alpine » : voilà comment se définit la revue L’Alpe. Comprendre qu’on est ici loin des « angles sportif et touristique que peuvent avoir les autres magazines que l'on connaît sur le monde alpin » nous explique son rédacteur en chef Pascal Kober dans les bureaux grenoblois de la maison d’édition Glénat qui porte le projet. Voilà pour les intentions. Mais encore ? « C’est une revue européenne – on y tient – trimestrielle pour laquelle on ne va pas chercher que des contributeurs journalistes mais aussi – surtout – des savants, des chercheurs, des universitaires ainsi que des écrivains ou des créateurs comme Cavanna, Robert Doisneau voire Lætitia Casta ! C’est donc une revue très exigeante au niveau du contenu, avec en plus un gros travail sur l'iconographie pour aller au-delà du décor de carte postale que l'on a l'habitude de voir sur ce genre de sujet. » La preuve dans ce numéro 83 avec une réflexion sur l’avenir des Alpes proposée par un professeur de géographie de l’université de Genève, un dossier sur le rappor

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Le couvent Sainte-Cécile, la case historique des Éditions Glénat

ESCAPADES | Niché en plein cœur du centre-ville grenoblois, le couvent Sainte-Cécile abrite depuis 2008 le siège des Éditions Glénat. Histoire d’une maison religieuse qui, à l’image de la statue de Titeuf qui la coiffe aujourd’hui, en a connu de belles ! Léa Ducré

Aurélien Martinez | Mardi 29 avril 2014

Le couvent Sainte-Cécile, la case historique des Éditions Glénat

Près de 4000 titres publiés chaque année, des best-sellers comme Titeuf, Dragon Ball, Lou ou Les gouttes de Dieu et même des succès adaptés au cinéma (Le Bleu est une couleur chaude devenu La Vie d’Adèle) : Jacques Glénat est un grand nom du monde de la bande dessinée. L’éditeur natif de Grenoble est aujourd’hui installé dans le couvent Sainte-Cécile, édifice porteur d’un grand pan de l’histoire de la ville. Nouvelle demeure, lourds travaux Flashback : dans les années 2000, Jacques Glénat cherche un bâtiment pour regrouper les services de sa maison d’édition, comme une case où regrouper tous ses personnages (équipes de productions et personnel administratif). Belle case atypique, dans le centre historique, le couvent Sainte-Cécile lui apparaît alors comme un lieu idéal. Son acquisition comporte une clause particulière obligeant le propriétaire à laisser le bâtiment accessible au public. Collectionneur de longue date, il décide notamment de présenter des expositio

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