La nuit je flâne

ARTS | C’est le marronnier du printemps : la traditionnelle Nuit des musées, couplée depuis huit ans à la manifestation iséroise Musées en fête (pour les musées départementaux). L’occasion pour nous de mettre en avant les expositions à voir ou revoir ce week-end, et les animations organisées spécialement pour l’occasion. Suivez le guide. Laetitia Giry et Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 3 mai 2013

Photo : Flickr _ mayanais


La Cage de Giacometti

Expo / Énième événement au Musée de Grenoble, l'exposition consacrée au sculpteur Alberto Giacometti bat son plein depuis le début du mois de mars. Déjà plus de 50 000 visiteurs se sont bousculés dans les salles blanches présentant les œuvres du maître italien, et son travail autour de l'une de ses pièces maîtresses : La Cage.

En marge de l'exposition, les ateliers pour les enfants sont toujours plus que complets, contribuant à une notoriété intergénérationnelle méritée. On ne saurait trop vous recommander d'aller jeter un œil à tout cela avant la retraite des œuvres dans les réserves de la Fondation Giacometti…

Événement / Pour la Nuit des musées, le musée voit les choses en multiple : concert à l'auditorium, visite insolite des collections et diffusion de deux documentaires, dont un en lien avec l'exposition temporaire (Giacometti, portraits d'une exposition). Une émission de France 3 de 26 minutes parfaite pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de l'organisation d'une telle exposition, où l'on croise Guy Tosatto (directeur du Musée de Grenoble), l'équipe technique en train de déballer et installer les œuvres… Bref, une plongée dans les coulisses qui ne laisse pas de marbre.

Alberto Giacometti – Espace, tête, figure, jusqu'au 9 juin au Musée de Grenoble
Pour la Nuit des musées / Musées en fête : ouverture de l'exposition le samedi jusqu'à minuit. Diffusion de Giacometti, portraits d'une exposition,  samedi 18 mai à 21h30 et 22h30, dimanche 19 en boucle de 10h à 18h30. Concert Quatuor galant, samedi 18 à 19h30, à l'auditorium du musée 

 

Les photos de Doisneau

Expo / Initialement prévue le 14 avril 2013, la fermeture de l'exposition des photos de Doisneau dans nos montagnes alpines a été décalée de plusieurs mois… Plébiscitée par un public enthousiaste, cette incursion dans la vie d'un homme aussi fameux qu'humain plait aux petits comme aux grands. Car elle est à la fois récit de vacances en famille, reportage en terres froides et rurales, expérimentations visuelles dans la nuit ou la neige.

Événement / Pour la nuit dans ce musée, une visite guidée de l'expo, et en marge une séance de lecture par la Compagnie du Jour de Henri Thomas. De lecture ? Oui, de souvenirs et témoignages du photographe qui, en plus de tout croquer d'un clic de son appareil photo, écrivait des textes indissociables de son travail (et donc de sa vie).
Réunir les images et les mots : une ingénieuse idée.

Les Alpes de Doisneau, jusqu'au 1er septembre au Musée de l'ancien évêché
Pour la Nuit des musées / Musées en fête : ouverture de l'exposition le samedi jusqu'à minuit. Lecture samedi 18 mai à 18h et 22h, sur réservation au 04 76 03 15 25

 

Les culottes et les soutifs

Expo / En retraçant l'histoire de la lingerie en Isère (et plus loin si affinités), le Musée dauphinois a fait le pari, réussi, d'aiguiser un peu plus la curiosité d'un public déjà fidèle. Un public étonné et (très) nombreux qui va sans doute continuer à affluer pendant l'année que l'exposition va passer entre les murs du musée !

Événement / En plus de deux rendez-vous contes plus convenus (et surtout plus en lien avec le Festival des Arts du récit qu'avec Musées en fête), le musée accueille pour la nuit un spectacle qui promet d'être ébouriffant et décalé. La chanteuse comédienne Jocelyne Tournier présentera en effet Le cabaret de Melle Arthur, mélange lyrique de classiques et de morceaux plus culottés. Un peu de musique et d'humour parmi les sous-vêtements donc…

Les dessous de l'Isère, jusqu'au 30 juin 2014 au Musée dauphinois
Pour la Nuit des musées / Musées en fête : ouverture du musée le samedi jusqu'à 18h. Le Cabaret de Melle Arthur, spectacle lyrique samedi 18 mai à 20h. Les Gens ont des étoiles qui ne sont pas les mêmes, conte par Jennifer Anderson, samedi 18 mai à 21h. Miroirs du merveilleux, conte par Bruno de La Salle, dimanche 19 mai à 17h30

 

Les photographies sans mélancolie

Expo / Beaucoup de photographies, presque autant de photographes : Et si ce n'était pas la mélancolie regroupe des œuvres où l'énergie vitale de l'image vient démontrer au regard que le clic du photographe contient plus que la mélancolie de l'instant capturé et par définition passé. Rencontres avec certains photographes et rendez-vous musical au sein de l'exposition ont créé une certaine émulation et prouvé à l'équipe du musée que ce florilège a enchanté le public, dont les retours positifs furent nombreux.

Événement / Comme rien n'échappe aux expressions toutes faites et que, justement, toutes les bonnes choses ont une fin, l'exposition fermera ses portes au terme de ce week-end « pleins phares sur les musées »… Avant cela, elle se fait donc bavarde avec des visites guidées assurées par la guide du musée. Rien de très original nous direz-vous ; oui, mais avec le mérite d'être simple et efficace.

Et si ce n'était pas la mélancolie, jusqu'au 19 mai au Musée Géo-Charles
Pour la Nuit des musées / Musées en fête : ouverture de l'exposition le samedi jusqu'à 21h. Visite commentée samedi 18 mai à 18h, dimanche 19 à 16h

 

Les Boubous, les tissus mimi

Expo / Si le Musée de la Viscose a peu souvent l'occasion d'être aventureux (abritant une histoire très régionale de ce tissu, ainsi que l'histoire de ceux qui ont participé à sa fabrication et vu l'industrialisation mécanisée les bouter hors de leur usine), il sait pourtant saisir l'occasion quand elle se présente. C'est ainsi qu'il montre aujourd'hui les photographies de Myette Fauchère, jeune artiste qui s'est intéressée aux tissus africains, leur signification, leur potentiel graphique… Étonnant, rafraîchissant, à voir.

Événement / En plus des visites du musée, sera proposée pour cette nuit spéciale une lecture théâtralisée par la Compagnie de l'Âtre du roman d'Alessandro Baricco, intitulée Soie, comme la route de la soie effectuée par Hervé Joncourt lors de ses voyages. Pour une réunion entre l'Orient, l'Occident et l'Afrique autour de ce qui relie tout le monde : le tissu, l'habit et, par voie de conséquence, sa représentation.

Portraits caméléon, jusqu'au 30 juin au Musée de la Viscose
Pour la Nuit des musées / Musées en fête : ouverture de l'exposition le samedi jusqu'à 22h. Visite samedi 18 et dimanche 19 mai à 16h. Soie, lecture théâtrale samedi 18 mai à 20h30

 

Jean-Claude Gallotta

Expo / Le Musée de la Révolution française de Vizille est, comme son nom l'indique, consacré à cette période capitale de l'histoire française. Il présente ainsi une impressionnante collection d'œuvres d'art et d'objets de l'époque. Mais le musée ne fait pas que regarder dans le rétro, et ouvre aussi son antre majestueux (son château) à de l'art beaucoup plus contemporain. Ainsi, jusqu'en mars dernier, le public pouvait découvrir le travail du photographe Guy Delahaye sur le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta.

Événement / Un Gallotta que l'on retrouvera ce week-end à Vizille avec sa petite forme Contes avant la nuit, créée pour être jouée en décentralisation. Avec six interprètes de la compagnie, le chorégraphe propose « des duos et des solos reliés entre eux par l'imaginaire de la nuit, la nuit des villes, où les couples complotent, où les solitaires soldent leurs rencontres éphémères, où le moindre frôlement raconte des mystères, où le moindre silence semble contenir trop de secrets, d'alcools et de peurs ». Un spectacle qui sera suivi d'un bal contemporain avec le public et les danseurs.

Pour la Nuit des musées / Musées en fête : Ouverture du musée le samedi jusqu'à 22h. Contes avant la nuit, vendredi 17 et samedi 18 mai, à 20h.

 

La peinture en numérique

Événement / L'exposition en place à la galerie Nunc au mois d'avril n'est plus, mais elle a eu le mérite de nous faire connaître le travail de l'artiste Jadikan, lequel exploite les failles et fulgurances lumineuses de nos appareils numériques. « J'essaie d'écrire avec la lumière de la façon la plus précise » nous disait-il lors d'une interview. Pour la Nuit des musées, on le retrouve dans un tout autre contexte : au musée « caution scientifique » de Grenoble, la Casemate. C'est ici qu'il passera toute une soirée à réaliser les portraits de ceux qui voudront se prêter à l'expérience. Une sorte de geste artistique participatif alliant mystère et jeu ; ça nous botte !

Pour la nuit des musées / Musées en fête : Peinture de lumière, atelier samedi 18 mai de 21h à 1h à la Casemate 

 

Les zanimos

Expo + événement / Le Muséum ouvre sa nouvelle exposition Zanimo de l'agglo : des sauvages au cœur de la cité ce samedi en proposant dans la foulée des visites gratuites pour mieux la comprendre. Ce sera fête toute la journée entre le jardin et les salles intérieures avec des ateliers maquillage et pâte à sel, un parcours en langue des signes et des contes agrémentés de musique. Une sorte de foire dédiée aux fameux « zanimos », comme les chouettes et hiboux, animaux nocturnes auxquels est consacré un film qui sera diffusé deux fois lors de cette « folle nuit »…

Zanimo de l'Agglo, du 18 mai au 15 septembre au Muséum de Grenoble
Pour la Nuit des musées / Musées en fête : ouverture de l'exposition le samedi jusqu'à minuit, animations dès 14h


Alberto Giacometti. La Cage, 1950

Documentaire de France 3
Musée de Grenoble Place Lavalette Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Le cabaret de Melle Arthur

Spectacle lyrique et décalé
Musée dauphinois 30 rue Maurice Gignoux Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Peinture de lumière

Atelier par l'artiste Jadikan
La Casemate 2 place Saint-Laurent Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Avec des chorégraphes qu'on connaît (très) bien, des nouvelles têtes, des reprises... Il y aura de quoi faire cette saison dans l'agglomération grenobloise !

Aurélien Martinez | Lundi 19 octobre 2020

12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Miracles Le très productif chorégraphe hip-hop (mais pas que) Bouba Landrille Tchouda, qu’au Petit Bulletin nous suivons avec plaisir depuis (presque) ses débuts (on en a écrit des lignes élogieuses sur ses spectacles !), dévoilera cet automne sa nouvelle création. Avec, comme souvent avec lui, une note d’intention pleine de beaux principes – extrait : « dans un dispositif scénique léger, trois interprètes exploreront, dans un va-et-vient entre l’intime et l’extérieur, la question de l’inter-dépendance, qui nous bouscule tout autant qu’elle nous enrichit ». D’accord ! AM Au Grand Angle (Voiron) mardi 10 novembre Au Théâtre municipal de Grenoble jeudi 12 et vendredi 13 novembre Loto3000

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"Yakari, le film" : indien vaut mieux que deux tu l’auras

ECRANS | De Xavier Giacometti & Toby Genkel (Fr.-All.-Bel, 1h22) animation

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Parce qu’il a sauvé le mustang sauvage Petit-Tonnerre au péril de sa vie, le petit Sioux Yakari se voit récompensé par son animal-totem, Grand-Aigle : désormais, il aura la faculté de comprendre la langue des animaux. Un don bien utile, car pour l’heure, il est perdu et loin de chez lui… Une thématique inconsciente galopait-elle cette année au Festival du film d’animation d’Annecy ? L’Ouest, le vrai, consacré à travers le magnifique Calamity (à l’automne sur les écrans) sert également de toile de fond à cette nouvelle adaptation de la BD de Derib + Job précédemment transposée par deux fois en série télévisée : en 1982 (de manière aussi calamiteuse que Les Schtroumpfs à la même époque), puis en 2005 sous l’heureuse supervision de Xavier Giacometti. Ce même réalisateur est encore à la manœuvre pour raconter, en investissant au mieux le grand écran et en usant d’une animation fluide, la "formation" de Yakari. Il co-signe donc ici une manière de reboot replaçant chacun des protagonistes dans sa fonction ou son histoire, y compris certains, comme Arc-en-ciel et Graine-d

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Jean-Claude Gallotta : « J’ai continué à danser dans la nature ! »

Danse | Le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta évoque avec nous son confinement comme son déconfinement, tous deux très créatifs.

Aurélien Martinez | Mardi 9 juin 2020

Jean-Claude Gallotta : « J’ai continué à danser dans la nature ! »

Confinement. J’ai, contre toute attente, vécu cette période avec pas mal de travail. On avait tous – les danseurs, le bureau, moi-même… – absolument envie que la compagnie ne sombre pas. On a donc d’abord essayé de tout faire pour reporter les dates annulées. On en a aussi profité avec Mathilde Altaraz [assistante et répétitrice – NDLR] pour avancer sur les projets que l’on a avec d’autres compagnies, comme une comédie musicale pour enfants d’après West Side Story ou une collaboration avec l’Opéra d’Avignon. Tout ça confiné au-dessus de Grenoble, dans un lieu plaisant, donc je n’avais pas à me plaindre. Surtout que j’ai aussi pu continuer à pratiquer la danse dans la nature environnante, et c’était important de le faire comme j’aurai un solo dans ma prochaine création [Le Jour se rêve, dont la première sera cet automne – NDLR] pensée avec le musicien Rodolphe Burger et la plasticienne Dominique Gonzalez-Foerster. Déconfinement. Pendant le confinement, je contactais

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Jean-Claude Gallotta : « Je montre la femme victime, mais aussi la femme qui renaît »

Danse | Dix ans après la création et le succès rencontré, Jean-Claude Gallotta reprend son spectacle "L’Homme à tête de chou", relecture dansée de l’album-concept de Serge Gainsbourg réinterprété par Alain Bashung. C’est toujours une immense réussite, même si la trame narrative questionne davantage aujourd’hui. Rencontre avec le chorégraphe grenoblois avant les représentations prévues à la MC2.

Aurélien Martinez | Mardi 10 décembre 2019

Jean-Claude Gallotta : « Je montre la femme victime, mais aussi la femme qui renaît »

Pourquoi avoir décidé de reprendre votre spectacle L’Homme à tête de chou dix ans après sa création ? Jean-Claude Gallotta : C’est venu d’une proposition du Printemps de Bourges qui, cette année, rendait hommage à Alain Bashung à l’occasion des dix ans de sa disparition. Au départ, j’ai un peu hésité, comme c’est un spectacle assez douloureux [Bashung est mort huit mois avant la première – NDLR]. Puis, après réflexion, je me suis dit que, peut-être, on y goûterait un peu mieux aujourd’hui, l’émotion étant passée. De là, une tournée a rapidement intéressé les programmateurs… La création a été douloureuse, mais le succès grand malgré l’absence d’Alain Bashung sur scène… Quand Alain m’a dit qu’il ne pourrait plus faire le spectacle, je voulais tout arrêter. Je ne voyais pas comment continuer sans lui. Car au départ, oui, il devait chanter sur scène. Il avait simplement enregistré sa voix, pour être sûr de pouvoir bien dire du

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"L'Homme à tête de chou" : la décadanse de Gallotta et Bashung

Danse | Il y a encore une décennie, la société aurait parlé de "crime passionnel" pour évoquer l’histoire de L'Homme à tête de chou, album-concept culte de Serge (...)

Aurélien Martinez | Mardi 10 décembre 2019

Il y a encore une décennie, la société aurait parlé de "crime passionnel" pour évoquer l’histoire de L'Homme à tête de chou, album-concept culte de Serge Gainsbourg sorti en 1976. Où l’on suit la lente dérive d’un homme, journaliste pour une feuille de chou, qui commet un Meurtre à l'extincteur sur Marilou, femme qu’il est censé aimer. Un féminicide, mais artistique, dans la tradition de ces œuvres qui glamourisent la mort des femmes coupables d’en faire voir de toutes les couleurs à ces pauvres hommes. Une histoire tragique, reflet de notre société et rentrée dans le Panthéon de la chanson française, que Jean-Claude Gallotta a pris comme un matériau haut de gamme – ce qu’elle est, tant niveau textes que musiques (on parle de Gainsbourg tout de même). Un matériau relu par Alain Bashung et le musicien Denis Clavaizolle, avec notamment une réorchestration (voire une amplification – congas, guitares, trompettes, violons…) grandiose. Un exemple : le morceau Marilou Reggae, devenu encore plus généreux, gro

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Danse toujours tu m'intéresses

ACTUS | Une, deux représentations, trois grand maximum et puis s'en va. Comment se fait-il que les spectacles de danse restent aussi peu longtemps à l'affiche contrairement au théâtre ? Le phénomène est national, comme l’a démontré une grande enquête publiée mi-octobre, mais est d'autant plus accentué dans une agglomération de la taille de Grenoble. Même si des solutions sont apportées. Explications.

Adeline Gailly | Mardi 5 novembre 2019

Danse toujours tu m'intéresses

« En moyenne, un lieu de diffusion propose entre 2 et 2.3 représentations par an d'un même spectacle [de danse] » révèle une étude sur la diffusion de la danse lancée en 2016 par l'Office national de diffusion artistique et dont les résultats sont sortis mi-octobre. C’est peu. Grenoble ne fait pas exception puisque les pièces chorégraphiques restent à l'affiche un, deux, voire trois soirs maximum. Des chiffres qui incitent à se poser des questions quand on sait qu’au niveau national (et parfois à Grenoble, souvent à la MC2), une pièce de théâtre peut, elle, être jouée plusieurs semaines dans une même salle. Une première explication face à ce constat est apportée par Marie Roche, directrice du Pacifique, centre de développement chorégraphique national basé dans le quartier des Alliés à Grenoble. « La danse contemporaine est apparue dans les années 1980, donc plus tardivement que le théâtre qui avait déjà pris le public e

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Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Un programme entre solo, chorégraphie de groupe, reprise bienvenue ou encore concours tourné vers l'avenir.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Vertikal À chaque spectacle, Mourad Merzouki confronte la danse hip-hop à une difficulté qui lui donne matière à création. Ce furent la musique baroque (Boxe, boxe), les arts numériques (Pixels) ; voici qu'il titille la verticalité du plateau avec des murs mouchetés de prises d'escalade et des déplacements latéraux. Si, au début, ses danseurs sont trop la démonstration de tous les mouvements possiblement réalisables avec cette contrainte et que le chorégraphe multiplie les séquences de danse qu'il superpose (on ne sait plus où et qui regarder), peu à peu, il oublie l'épate et se dégage alors une sensation d'apesanteur : les interprètes s'emparent des accroches du mur avec une facilité feinte. Et sa troupe respire avant d'embrayer sur un bouquet final saisissant. À la MC2 du mercred

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"Comme un trio" : trois à l’étroit

Danse | Le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta sera à la MC2 du mardi 11 au samedi 15 décembre avec sa nouvelle création basée sur le "Bonjour Tristesse" de Françoise Sagan.

Aurélien Martinez | Mardi 4 décembre 2018

Il y a les spectacles de Jean-Claude Gallotta qui s’épanouissent sur les grands plateaux et dans lesquels les interprètes du fameux chorégraphe déploient au mieux la grammaire "gallotienne" à l’œuvre depuis 40 ans. Citons par exemple le dytique My Rock / My Ladies Rock, qu’on prend toujours plaisir à revoir, le tendu Ivan Vaffan, recréé en 2013, ou encore le très réussi Homme à tête de chou, qui aura dix ans l’an prochain – et auquel on repense en ce moment alors que sort un album posthume d’Alain Bashung (qui, pour cette création, avait repris la partition de Gainsbourg). Et il y a les autres, ces petites formes où le Grenoblois se concentre sur une poignée de corps. Comme un trio, sa dernière création en date dévoilée en septembre, est de celles-ci. Sur scène, trois danseurs jouent avec les affres de

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"My Rock" et "My Ladies Rock" : let’s dance, again

Danse | Excellente initiative de la MC2 qui reprogramme, en cette fin novembre, deux spectacles de Jean-Claude Gallotta qui se répondent. D’abord My Rock, créé en (...)

Aurélien Martinez | Mardi 20 novembre 2018

Excellente initiative de la MC2 qui reprogramme, en cette fin novembre, deux spectacles de Jean-Claude Gallotta qui se répondent. D’abord My Rock, créé en 2005 et repris mardi 27 novembre : l’un des tubes du chorégraphe grenoblois dans lequel il fait danser ses interprètes sur des morceaux cultes de l’histoire du rock signés Elvis Presley, Nirvana, les Clash, les Rolling Stones, Patt Smith… Une playlist de luxe qui rend forcément le public complice, et qui permet alors aux tableaux de groupe comme aux petites formes plus intimes de s’épanouir en quelque trois minutes. Puis My Ladies Rock, créé en 2017 et à (re)voir du mercredi 28 au vendredi 30 novembre : le même principe, mais cette fois centré uniquement sur des artistes femmes, Gallotta s’étant rendu compte que dans le premier volet, il avait inconsciemment, et comme finalement toute l’histoire du rock, privilégié les hommes. Où l’on entend donc Patti Smith à nouveau, mais aussi Marianne Faithfull, Aretha Franklin, Jan

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"Allons voir la mer avec Doisneau" : les gens de la mer

Exposition | "Allons voir la mer avec Doisneau" : voilà ce à quoi nous invite le Couvent Sainte-Cécile des éditions Glénat avec cette exposition centrée sur les clichés savoureux que cette figure majeure de la photographie d'après-guerre a réalisés sur le littoral français. Une proposition réussie, notamment niveau scénographique, qu’on a visitée et dont on a causé avec sa commissaire d’exposition.

Benjamin Bardinet | Mardi 16 octobre 2018

Réalisée en collaboration avec l'Atelier Robert Doisneau dont la mission est de valoriser et faire vivre les archives du photographe, l’exposition Allons voir la mer avec Doisneau a pour ambition de mettre en lumière une facette méconnue de la production du fameux photographe français né en 1912 et mort en 1994. La mer n'est effectivement pas le sujet de prédilection de ce natif de la banlieue parisienne, mais il s'avère que de nombreux reportages et commandes publicitaires l'ont amené à tourner son objectif vers ce territoire dont on peut constater avec enthousiasme qu'il fut stimulant. La première salle du parcours a le mérite de dévoiler quelques clichés assez inattendus : une vue sous-marine, une série documentaire sur les épaves et quelques photographies très graphiques (une minuscule embarcation perdue au milieu d'une mer infinie, la découpe d'un canyon en contre-jour...) ; avant de nous amener vers un parcours présentant des clichés plus fidèles à ce que l'on connaît de Robert Doisneau. Marmots rigolards et min

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Les sept expositions qui vont rythmer la saison grenobloise

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec de la photographie, du graphisme, de l'art contemporain, de l'égyptologie ou encore des sciences de l'univers.

La rédaction | Mardi 25 septembre 2018

Les sept expositions qui vont rythmer la saison grenobloise

Les Mondes inconnus Intrigante sur le papier cette exposition baptisée Les Mondes inconnus que l'on pourra découvrir à la Casemate (le Centre de culture scientifique, technique et industrielle de Grenoble), au Muséum et à l’Observatoire des sciences de l’univers de Grenoble (sur le campus). Une triple proposition qui a pour but de faire découvrir au public (et notamment aux plus jeunes) les mystères des sciences de l'univers via, à ce qu'on nous en a dit, une scénographie ludique et interactive – comme, par exemple, un voyage dans une fusée ! Plus d'infos mi-octobre, dès que nous aurons visité tout ça. À la Casemate, au Muséum et à l'Osug du samedi 13 octobre au dimanche 28 juillet Allons voir la mer avec Doisneau De Robert Doisneau (1912 – 1994), figure majeure de la photographie humaniste,

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Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec des grands noms de la danse contemporaine comme des plus confidentiels mais non moins passionnants.

La rédaction | Mardi 18 septembre 2018

Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Comme un trio « La littérature, pensais-je, pouvait peut-être encore faire danser les mots, ces mots qui attendent patiemment qu’on les pousse dans un corps brûlant les pieds sur demi-pointe. » Voilà ce qu’écrit le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta en note d’intention de sa prochaine création qu’il dévoilera en avant-première fin septembre à la MC2. Une pièce pour trois interprètes basée sur le fameux Bonjour Tristesse de Françoise Sagan, roman culte plein de fougue. On en attend beaucoup. À la MC2 jeudi 27 septembre et du mardi 11 au samedi 15 décembre À l’Agora (Saint-Ismier) vendredi 28 septembre À l’Oriel (Varces) samedi 29 septembre SEИS La compagnie Arcosm, qui fut en résidence les trois dernières saisons à la Rampe, reviendra à Échirol

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Écritures lumineuses par Cédric Poulain et Jadikan

Expositions | Plusieurs expositions en cours ce mois de juin ont pour point commun de prendre au mot l'étymologie du terme photographie : « écriture de (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 26 juin 2018

Écritures lumineuses par Cédric Poulain et Jadikan

Plusieurs expositions en cours ce mois de juin ont pour point commun de prendre au mot l'étymologie du terme photographie : « écriture de lumière » : celle de Cédric Poulain à l'Atelier des arts jusqu'au 5 juillet et celles de Jadikan simultanément à la galerie Alter Art et à Unpass jusqu'au 30 juin. Deux photographes qui utilisent un même procédé technique (le light painting) consistant à intervenir avec des éléments lumineux mobiles au moment de la prise de vue. Le premier, malvoyant, travaille au toucher ses sujets en studio et vient les éclairer avec une lampe créant ainsi des compositions troubles, à l'image de sa vision. Intitulées "noctographies", ses images (photo), parfois étrangement cubistes, sont le résultat de multiples passages lumineux sur le sujet et portent en elles les traces du temps nécessaire à leur réalisation. Quant à Jadikan, il intervient souvent dans des sites industriels à l'abandon où il fait surgir, grâce à d'ingénieux dispositifs, des formes lumineuses qui apparaissent comme autant de spectres resurgis du passé. Souvent présentées grâce à des dispositifs aussi technologiques que ludiques, ses ima

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50 ans des Jeux olympiques de Grenoble : le programme des festivités

Événement | Rendez-vous mardi 6 février au parc Paul-Mistral pour du grand spectacle.

Alice Colmart | Mardi 30 janvier 2018

50 ans des Jeux olympiques de Grenoble : le programme des festivités

Coup d’envoi cette fois-ci officiel (certains événements ont débuté depuis plusieurs mois) des festivités du cinquantenaire des Jeux olympiques d’hiver de Grenoble 1968 ce mardi 6 février, dans une forme olympique ! Car les joggeurs, des plus amateurs aux plus confirmés, sont invités à se rendre au Village Olympique à partir de 17h30 pour une course lumineuse prévue sur 5 km. Le parcours passera par les lieux symboliques des JO, comme la MC2, le centre de presse Malherbe ou encore le Palais des sports, et s'achèvera au parc Paul-Mistral – l’arrivée se fera en fanfare avec la 27e Brigade d'Infanterie. Puis, à partir de 19h30, on aura droit à du spectaculaire avec notamment Souvenirs de 13 jours en France, spectacle mené par le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta et environ 100 danseurs, puis le fameux Fugue/trampoline du circassien Yoann Bourgeois – « le spectacle d’un homme qui monte le haut d’un escalier, qui chute et rebondit. Pour moi, une synthèse de l’existence » détaillait-il lors de la conférence de presse officielle. La soirée se terminera par un spectacle pyrotechnique tiré depuis les gradins de l’Anneau de vitesse.

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Danse : dix spectacles pour une saison

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Que les amateurs de danse se rassurent : plusieurs salles à Grenoble et dans l'agglo proposent d'excellents spectacles de danse. En voici dix, sélectionnés par nos soins.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Danse : dix spectacles pour une saison

Welcome Les spectacles interprétés par des enfants inspirent généralement au critique professionnel la plus profonde méfiance. Sauf quand c’est la chorégraphe Josette Baïz qui met en scène son groupe Grenade, composé de jeunes danseurs issus de quartiers d’Aix-en-Provence et Marseille. Dans ce cas, nos aigreurs s’envolent et l’on applaudit chaudement le résultat au vu du talent des interprètes, qui reprendront ici plusieurs pièces composées uniquement par des chorégraphes femmes comme Dominique Hervieu et Blanca Li Pochette Surprise. On sera dans la salle pour découvrir le résultat. À la Rampe (Échirolles) les 11 et 12 octobre My ladies rock L’un des tubes du chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta s’intitule

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Question simple de l’été #3 : comment transmet-on une chorégraphie à des danseurs ?

ACTUS | Comment un chorégraphe peut-il transmettre ses œuvres aux générations futures, et comment conserve-t-on des chorégraphies qui ont plusieurs siècles ? Réponse à cette simple question avec le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta.

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Question simple de l’été #3 : comment transmet-on une chorégraphie à des danseurs ?

« Au XVIIIe siècle, ce sont surtout les danseurs qui se transmettaient les œuvres entre eux, de façon orale ou visuelle. Ce n’est qu’au début du XIXe siècle que des gens comme Rudolf Laban ont commencé à se pencher sur l’écriture de la danse. Il a ainsi développé une méthode de notation qui fait se déplacer un corps dessiné sur une partition verticale. D’autres méthodes similaires voient le jour, mais elles restent des pratiques d’érudits. » Et aujourd’hui ? « Les choses commencèrent vraiment à bouger avec l’arrivée de la danse moderne et de l’image. Les gens n’ont plus besoin d’étudier de la même façon. Ils peuvent simplement regarder une image et reproduire le geste. Personnellement, quand je dois monter mes pièces, je décompose les mouvements grâce à la vidéo pour que les étudiants puissent voir et reproduire les gestes en détail. La transmission d’une danse est en réalité une affaire très personnelle, et chaque chorégraphe fait un peu à sa façon. Il n’y a pas de méthode unique. Certains vont par exemple refuser de montrer les mouvements, en faisant tout passer par l’oral. C’est une façon de faire plus fréquente dans la danse contemporaine, qui laisse p

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"Volver" : les amours "gallottiennes" d'Olivia Ruiz

Danse | Le spectacle du chorégraphe Jean-Claude Gallotta est donné à la MC2 les 3 et 4 mars.

Aurélien Martinez | Mardi 28 février 2017

Entre la chanteuse Olivia Ruiz et le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta, c’est une histoire d’amour qui dure (ils s’étaient déjà rencontrés sur la scène de la MC2 en 2013). La première, qui vient de sortir son cinquième album, illumine ainsi la dernière création du second, dans laquelle elle danse (entourée de fidèles interprètes "gallottiens") mais surtout chante – logique. Une sorte de comédie musicale sur la vie d’une jeune immigrée espagnole (fortement inspirée de l’histoire d’Olivia Ruiz, même si l’on reste dans la fiction) où ses chansons répondent à la narration. Bien que les ficelles soient parfois trop grosses (la voix off notamment, qui veut absolument que le récit se raccroche à tous les titres chantés), il en découle un spectacle plutôt plaisant. C’est déjà ça. Volver À la MC2 vendredi 3 et samedi 4 mars

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Les huit expositions à voir ou à revoir pendant les fêtes

Sélection | Si la vie culturelle de l’agglo est loin d’être intense pendant les vacances de Noël, pas mal de lieux d’exposition, eux, restent ouverts pour assurer au public un service d’intérêt général. Nous vous avons du coup sélectionné les huit propositions immanquables du moment, à parcourir en famille ou entre adultes consentants. Bonne(s) visite(s).

La rédaction | Mardi 20 décembre 2016

Les huit expositions à voir ou à revoir pendant les fêtes

Kandinsky au Musée de Grenoble C’est la grosse expo du moment, comme seul (ou presque) le Musée de Grenoble sait le faire. Se concentrant sur la période parisienne de l’artiste (de 1933 à 1944), le musée dévoile les dernières années de création de Vassily Kandinsky avec une scénographie sobre et chronologique. Les toiles du père de l’abstraction jouent avec les formes et les couleurs, ouvrant ainsi un nouveau monde sensible. La sélection présentée dévoile alors une nouvelle grammaire plastique marquée par le biomorphisme et une palette chromatique plus douce, pour une exposition céleste. Tlj sauf mar de 10h à 18h30 (17h30 sam 24 et 31 décembre). Fermé les dim 25 déc et 1er janv 8€ (5€ en tarif réduit, et entrée libre pour certains publics – demandeurs d’emploi ou moins de 26 ans notamment) Ateliers et visites guidées complets pendant les vacances ________ Pic & Bulle au Musée de l’Ancien Évêché

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Danse : les cinq spectacles à ne pas louper cette saison

Panorama 2016/2017 | Avec des nouveautés, des reprises, des stars et même un concours. Suivez-nous.

Aurélien Martinez | Lundi 24 octobre 2016

Danse : les cinq spectacles à ne pas louper cette saison

Pindorama La Brésilienne Lia Rodrigues, chorégraphe des émotions à fleur de peau et du dépassement des limites du corps, voit la danse comme un combat. Après des passages à la Rampe ou à l’Hexagone, elle sera cette saison à la MC2 avec un Pindorama (un mot qui, dans la langue tupi, désigne le Brésil d’avant la colonisation) que nous n’avons pas vu mais qui nous intrigue fortement. Attention, choc possible, surtout que le dispositif scénique (qu’on ne dévoilera pas) fera tout pour le renforcer. À la MC2 du mercredi 16 au vendredi 18 novembre ______ [re]connaissance Un concours de danse ? Oui ! Sur deux soirs, douze compagnies de toute la France (voire de l’étranger pour certaines) présentent une pièce courte pour trois à cinq danseurs. Un temps fort appréciable vu la diversité remarquable que l’on découvre chaque année dans la salle qui accueille le concours. Et un temps fort ludique, les spectateurs étant amenés à voter pour décerner l’un des trois prix qui, justement, offriront une im

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Ce samedi, c'est Uriage en danse avec Jean-Claude Gallotta

SCENES | Ce n’est pas parce que Jean-Claude Gallotta n’est plus directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble qu’il est parti à la retraite ! Avant (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 22 juin 2016

Ce samedi, c'est Uriage en danse avec Jean-Claude Gallotta

Ce n’est pas parce que Jean-Claude Gallotta n’est plus directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble qu’il est parti à la retraite ! Avant de découvrir sa prochaine création la saison prochaine à la MC2, direction le parc d’Uriage ce samedi 25 juin pour la première édition du festival Uriage en danse. Avec plusieurs spectacles (dont un centré sur d’anciennes pièces de l’artiste) et un bal en clôture à partir d’une de ses chorégraphies. Plus d'infos ici.

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PB d'or 2015 : théâtre et danse

SCENES | Cette année, deux spectacles de théâtre nous ont fait un bien fou. Et un ponte de la danse a dû faire ses cartons.

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : théâtre et danse

Le PB d’or des spectacles grenoblois qui font du bien : Rue des voleurs (Bruno Thircuir) et Mon frère, ma princesse (Émilie Le Roux) Que ce soit avec le roman Rue des voleurs de Mathias Énard (sur un jeune ­Marocain qui finira à Barcelone) ou la pièce jeune public Mon frère, ma princesse de Catherine Zambon (sur un gamin de cinq ans qui veut simplement porter des robes), deux metteurs en scène grenoblois (Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies et Émilie Le Roux des Veilleurs) ont, cette année, embrassé avec finesse des thèmes sociétaux forts pourtant sujets aux crispations et aux délires les plus dingues – la question des migrants pour l’un et celle des études de genre pour l’autre. En a résulté deux spectacles dépassionnés et, surtout, passionnants qui illustrent parfaitement comment des artistes peuvent défendre un discours humaniste et intelligent simp

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Les disciples de Narcisse

ARTS | Exercice de fascination depuis des millénaires, l’autoportrait est bien plus qu’une simple représentation de soi. Tout comme le portrait révèle autant de choses sur le sujet que sur celui qui l’exécute. L'exposition "Vis-à-vis" à la Bibliothèque centre-ville dévoile un ensemble de (auto)portaits remarquables avec notamment des grands noms de la photographie comme Robert Doisneau, Denis Roche, Patrick Tosani...

Charline Corubolo | Mardi 24 novembre 2015

Les disciples de Narcisse

Si, théoriquement, les premiers autoportraits ont été réalisés en peinture, ceux actuellement exposés à la Bibliothèque centre-ville relèvent de la photographie. Vis-à-vis, en marge de l’événement (terminé le week-end dernier) consacré à Vivian Maier, présente une exposition collective de photographes adeptes de cette représentation de soi par l’image, clichés issus de la collection de l’Artothèque de Grenoble. Un exercice de projection qui, au fil des âges, s’est diversifié pour offrir de nouvelles formes et des esthétiques renouvelées. En ouverture de ce panorama, Jing Wang (re)montre ses autoportraits scénarisés renversant la prise de vue. S’en suit un panel dense qui met en lumière les diverses approches de cette application. Samuel Fosso s’immortalise de face mais grimé en quelqu'un d’autre, quand Patrick Tosani et Dieter Appelt brouillent la photographie aux moyens de flous et de superposition

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Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

ACTUS | On a le nom du successeur (ou plutôt des successeurs) de Jean-Claude Gallotta. Ils entreront en fonction le 1er janvier 2016.

Aurélien Martinez | Jeudi 1 octobre 2015

Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

Après trente ans passés à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble, outil installé au sein de la MC2, Jean-Claude Gallotta a été sommé de passer la main. Un appel à candidature a donc été lancé pour trouver son successeur, et d'une première sélection sont sortis en juillet dernier deux dossiers : d'un côté le duo Rachid Ouramdane / Yoann Bourgeois ; de l'autre Julie Desprairies. Vu la renommée et le parcours différents des artistes, le duo semblait en bonne voie pour remporter la mise. Ce que le dernier tour, qui a eu lieu mardi 29 septembre, a conf

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Gallotta loves rock ’n’ roll !

Danse | Jean-Claude Gallotta reprend "My Rock", créé en 2004 pour l’ouverture de la MC2. Un spectacle qui lie danse contemporaine et standards du rock – Dylan, les Beatles, les Stones, Nirvana… Et une véritable réussite qui fait un bien fou.

Aurélien Martinez | Mercredi 30 septembre 2015

Gallotta loves rock ’n’ roll !

Il se passe souvent quelque chose de magique lorsque le spectateur entend sur scène une chanson populaire. Comme si la barrière imaginaire entre les artistes et le public s’effondrait, comme si une nouvelle langue commune et on ne peut plus accessible venait d’être inventée (The Show must go on de Jérôme Bel est un sommet dans le genre). Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta est un spécialiste de la chose : du Gainsbourg chanté par Bashung dans L’Homme à tête de chou, du Delpech dans Racheter la mort des gestes… Et, aujourd’hui, les plus grandes stars du rock dans le bien nommé My Rock. Enfin, aujourd’hui mais aussi hier, My Rock étant la reprise d’une pièce créée il y a plus de dix ans que le Grenoblois souhaite donc à nouveau adresser au public : une ex

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L'Étranger : Gallotta en situation irrégulière

SCENES | C’est l’un des romans les plus célèbres du siècle dernier. Le voilà transposé sur scène par Jean-Claude Gallotta, qui a sorti de la trame narrative quelques (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 11 juin 2015

L'Étranger : Gallotta en situation irrégulière

C’est l’un des romans les plus célèbres du siècle dernier. Le voilà transposé sur scène par Jean-Claude Gallotta, qui a sorti de la trame narrative quelques images propices à des tableaux dansés entrecoupés par les mots d’Albert Camus (car oui, on parle ici de L’Étranger) lus par Gallotta en voix off. Sur le plateau, trois fidèles danseurs de la compagnie semblent figurer tour à tour les différents personnages, même si le chorégraphe se limite à quelques évocations qui n’enferment aucun des interprètes dans un rôle. « Je voulais offrir une traduction physique aux mots de Camus » explique-t-il dans l’interview qui lui sert de note d’intention. C’est fait, poliment, dans l’ordre chronologique, rappelant par moments son précédent spectacle

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Jean-Claude Gallotta va devoir tourner une page

ACTUS | Le ministère de la culture souhaite un nouveau directeur pour le Centre chorégraphique national, qui était dirigé depuis 1984 par Jean-Claude Gallotta

Aurélien Martinez | Mardi 7 avril 2015

Jean-Claude Gallotta va devoir tourner une page

« Pour moi, le CCN n’est qu’un outil – qu’on a fabriqué d’ailleurs ! Je suis à Grenoble, j’ai besoin d’un atelier. Qu’on l’appelle l’Orangerie, le CCN ou la Maison de la culture, c’est pareil. Je demande juste des moyens pour continuer à travailler. Et si ça peut se faire à Grenoble, j’aime autant. » Voilà ce que nous déclarait le chorégraphe Jean-Claude Gallotta en 2012, lorsqu’à l’occasion de la reprise de son très beau Racheter la mort des gestes, nous l’interrogions sur sa longévité à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCNG) qu’il dirige depuis 1984. Une situation assez inédite dans un milieu culturel où le jeu des chaises musicales est de mise, dans un souci de partage de ces outils issus des politiques de décentralisation culturelle impulsées dans les années 1980. Mais Grenoble ne fera désormais plus exception puisque le ministère de la culture a décidé que Jean-Claude Gallotta allait devoir laisser sa place à un nouveau chorégraphe qui entrera en fonction en janvier 2016. Alors que lui se voyait

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Mon voisin Gallotta

SCENES | Créée en 1984, la pièce "Yvan Vaffan" de Jean-Claude Gallotta revient cette semaine à la MC2. Une synthèse parfaite de l’univers du plus grenoblois des chorégraphes. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 28 octobre 2014

Mon voisin Gallotta

La relation qu’entretient le chorégraphe Jean-Claude Gallotta, aux commandes du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis plus de 30 ans (aujourd’hui hébergé au sein de la MC2), avec la ville qui l’a vu naître est bien installée : un amour sincère entre un public fidèle et un artiste dont on connaît parfaitement l’univers, ce qui peut être parfois lassant – la routine, ça n’arrive pas qu’aux autres. Mais un artiste auprès duquel on revient sans cesse, au vu de son parcours hors norme et de son importance dans le paysage chorégraphique contemporain. Une importance que l’on redécouvre notamment ces dernières années à travers la recréation par lui-même de plusieurs de ses pièces phares, comme Daphnis é Chloé, L’Enfance de Mammame ou encore Yvan Vaffan. Yvan le guerrier Cette dernière, dévoilée en 1984, installa l’idée de tribu gallotienne autour de la figure romancée d’un danseur échappé du ballet de l’opéra d’Istanbul. « "Tribu" parce que garçons et filles se donnaient des airs de guerriers et d’amazones incontrôlables venus d’on ne sait quelle Mongolie, harnachés comme des barbares, barbus, vêtus de loques et de strass, agi

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100 % Gallotta

SCENES | Alors que la question de la fusion (ou non) du Centre chorégraphique national de Grenoble et de la MC2 se pose toujours (à l’imagine de celle du CDNA et (...)

Aurélien Martinez | Mardi 9 septembre 2014

100 % Gallotta

Alors que la question de la fusion (ou non) du Centre chorégraphique national de Grenoble et de la MC2 se pose toujours (à l’imagine de celle du CDNA et de la MC2 l’an passé), son directeur Jean-Claude Gallotta continue de revisiter son impressionnant répertoire. Cette saison, la MC2 propose ainsi de nouveau la très pertinente reprise d’Yvan Vaffan (photo) dévoilée en 2013, à l’énergie visiblement intacte (oui, visiblement, comme on n’avait pas vu l’original il y a trente ans), ainsi qu’une nouvelle relecture (qui sera aussi donnée dans diverses salles de l’agglo) de L’Enfance de Mamamme, pièce jeune public de 2002. Avant de dévoiler en juin, toujours à la MC2, L’Étranger, dernière création de Gallotta d’après le roman d’Albert Camus. AM Yvan Vaffan, du mardi 4 au jeudi 6 novembre, à la MC2 L’Enfance de Mammame, vendredi 12 décembre au Pot au noir (Saint-Paul-Les-Monestiers ), dimanche 14 au Diapason (Saint-Marcellin), du vendredi 19 au

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Le blues des intermittents

ACTUS | Fatigués d’être pris pour cible et constamment attaqués, les intermittents du spectacle (artistes et techniciens) haussent le ton au moment où leur régime est renégocié à la baisse. Et proposent de repenser ce modèle perfectible mais néanmoins capital pour ce qu’il est coutume d’appeler « l’exception culturelle française ». Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 22 avril 2014

Le blues des intermittents

Manifestation, interruption du JT de France 2, perturbation de réunion politique... : depuis quelques semaines, les intermittents du spectacle sont revenus sur le devant de la scène médiatique. La mobilisation est nationale, avec des actions prévues en marge des grands événements culturels des prochaines semaines (comme le vendredi 25 avril au Printemps de Bourges). À Grenoble, on s’organise aussi, au sein d’un collectif dont on a rencontré quelques membres jeudi 17 avril à la Bobine. Leur but : « informer et agir ». Niveau information, le boulot est immense, tant le régime des intermittents peut être difficile à comprendre de l’extérieur, d

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Encore une fois

SCENES | Les salles de spectacle aiment la nouveauté. Mais elles ne se privent pas, parfois, de reprendre une création déjà passée dans le coin – voire même dans leurs murs. Tour d’horizon des quelques reprises immanquables de cette deuxième partie de saison. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 10 janvier 2014

Encore une fois

En février 2013, nous offrions l’une de nos unes au comédien Nicolas Lambert pour son Avenir radieux, une fission française. Un spectacle programmé alors dans trois salles de l’agglo, et que reprendra fin janvier le Diapason de Saint-Marcellin. Une création immanquable par la pertinence de son propos et l’intelligence de son concepteur, qui a effectué un véritable travail d’enquête sur le monde très secret du nucléaire. « Je m’efforce simplement d’avoir un regard de péquenot moyen » nous expliquait-il en interview. Sur scène, il campe donc les différents acteurs du dossier, du technocrate au politicien, en passant par le militant ou le citoyen lambda. Le tout en s’amusant ; car oui, Nicolas Lambert fait avant tout du théâtre. De l’excellent théâtre même. Avenir radieux, une fission française, vendredi 24 janvier à 20h, à la sa

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"L’Histoire du soldat / L’Amour sorcier" : mention assez bien

Spectacle | Réunir les trois directeurs des centres de création affiliés à la MC2 pour un spectacle forcément événement : voilà le projet du diptyque composé de "L’Histoire du soldat" d'Igor Stravinsky et de "L’Amour sorcier" de Manuel de Falla. Avec donc aux commandes Marc Minkowski des Musiciens du Louvre Grenoble, Jacques Osinski du Centre dramatique national des Alpes, et Jean-Claude Gallotta du Centre chorégraphique national de Grenoble. Pour une création agréable mais finalement assez convenue.

Aurélien Martinez | Jeudi 17 octobre 2013

C’est l’histoire de trois artistes (plus ou moins) installés dans les murs de la MC2, évoluant chacun dans son domaine (la musique classique pour Minkowski, la danse contemporaine pour Gallotta et le théâtre pour Osinski), livrant régulièrement de nouvelles propositions artistiques. Trois figures emblématiques d’une certaine culture grenobloise qui ont fini par bosser ensemble – une idée vieille comme le monde comme nous l’expliquait le trio en interview. Le fil directeur de leur réunion ? Un projet qui puisse laisser chacun de trois participants s’exprimer. Le choix effectué ? Un diptyque composé du ballet-opéra de chambre L’Histoire du soldat (1917) d’Igor Stravinsky et du ballet-pantomime L’Amour sorcier (1915) de Manuel de Falla, dévoilé mercredi 16 octobre à la MC2. La soirée se découpe donc en deux parties. On a d’abord droit à une Histoire du soldat tirée à quatre épingles, où l’histoire (justement) de ce soldat pactisant avec le diable se

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Les trois mousquetaires

SCENES | Casting de luxe pour le diptyque "L’Histoire du soldat" / "L’Amour sorcier". Aux commandes de ce double spectacle, qui sera dévoilé cette semaine, rien de moins que les trois artistes résidents de la MC2 : Marc Minkowski des Musiciens du Louvre Grenoble, Jacques Osinski du Centre dramatique national des Alpes, et Jean-Claude Gallotta du Centre chorégraphique national de Grenoble. Du coup, on a rencontré les trois. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 11 octobre 2013

Les trois mousquetaires

La collaboration Marc Minkowski : Réunir les directeurs des trois centres de création de la maison, c’est en discussion depuis que je suis arrivé ici, il y a 17 ans. Le projet était déjà évoqué du temps de Laurent Pelly, le prédécesseur de Jacques, mais n’a jamais abouti...Jacques Osinski : Quand je suis arrivé en 2008, l’idée est revenue, mais elle a mis du temps à se matérialiser compte tenu des agendas de chacun. Et surtout du fait que l’on devait apprendre à se connaître...Jean-Claude Gallotta : Une fois le projet lancé, j’étais sur l’idée de l’amitié, de faire quelque chose ensemble. On est partis sur ces deux pièces, mais à la limite – et c’est un peu con ce que je vais dire ! –, ils auraient proposé n’importe quoi, j’aurais quand même accepté ! L’Histoire du soldat MM : Avec Jean-Claude, on a souvent parlé de Stravinsky, et notamment du Sacre du printemps, qu’on avait imaginé faire ensemble – mais ça ne s’est pas fait. Puis Jacques est arrivé dans la boucle : j’ai alors essayé d’imaginer une œuvre qui mélange nos trois disciplines. L’Histoire du soldat

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L'union des trois

MUSIQUES | Belle ouverture symbolique : pour la première fois les trois compagnies associées à la MC2 – les Musiciens du Louvre Grenoble, le Centre Dramatique National (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 5 septembre 2013

L'union des trois

Belle ouverture symbolique : pour la première fois les trois compagnies associées à la MC2 – les Musiciens du Louvre Grenoble, le Centre Dramatique National des Alpes et le Centre Chorégraphique national de Grenoble – se retrouveront réunis sur un même plateau. Selon leurs affinités, chacun des directeurs a pris part au projet monté autour de L'Histoire du soldat d'Igor Stravinsky et de L'Amour sorcier de Manuel de Falla. Marc Minkowski ayant proposé dans le rôle de l'ardente gitane la non moins incandescente Olivia Ruiz, c'est à Jean-Claude Gallota qu'il échoit de régler les pas de danse tandis que Jacques Osinski officie à la mise en scène des intrigues. En toile de fond, la figure du mal et de l'amour. Ainsi le ballet-opéra de chambre de L'Histoire du soldat cristallise, par le gage avec le diable d'un violon contre le livre de la fortune, la concupiscence et la perte du soldat. Quant au ballet pantomime L'amour sorcier, c'est le spectre de l'ancien amant que vient contrarier l'union de la belle Candelas à son hidalgo. RLR L'Histoire du soldat / El Amor brujo, du mercredi 16 au samedi 19 octobre, à la MC2

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Que la lumière soit !

ARTS | Après deux expositions collectives, la jeune galerie grenobloise Nunc ! consacre sa première exposition personnelle au light painter Jadikan. Un jeune artiste dont le travail photographique, d'une beauté saisissante, détonne radicalement dans le paysage artistique contemporain. Christine Sanchez

Christine Sanchez | Vendredi 19 avril 2013

Que la lumière soit !

La nuit, tous les chats sont gris, sauf Jadikan qui profite de l'obscurité pour dessiner dans l'air des volutes de lumière. « J'ai fait une formation d'économiste. Puis j'ai travaillé deux ans en Malaisie et deux ans à La Défense, avant de quitter la cravate pour me consacrer pleinement à ma carrière artistique. » Un parcours atypique pour cet artiste hors du commun de trente-deux ans qui a finalement choisi de creuser le sillon d'un univers « street-artistique » un peu à part, celui du light painting. Habilement, un peu à la manière d'un explorateur, il dit aimer jouer avec les techniques photographiques et les nouvelles technologies en matière d'éclairage. « Le light painting n'est possible que la nuit avec un temps d'exposition très long. Car il faut qu'il y ait très peu de lumière. Fixé sur un trépied, l'appareil ne bouge pas et c'est moi qui introduit les mouvements lumineux dans l'image, en leur donnant forme, pendant toute la durée de l'exposition. J'essaie d'écrire avec la lumière de la façon la plus précise. » C'est ainsi que Jadikan prend le temp

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Motifs en tourbillon

ARTS | À la fois mises en scène et spontanées, les photographies de Myette Fauchère ont ce quelque chose de revigorant qu’il fait bon croiser parfois. L’Afrique noire et ses fameux tissus sont ici l’occasion d’habiter le Musée de la Viscose et de lui donner un sacré coup de frais. Laetitia Giry

Laetitia Giry | Lundi 15 avril 2013

Motifs en tourbillon

La série Portraits caméléon de la photographe Myette Fauchère, effectuée au Bénin en 2010, présente des groupes de personnes toutes vêtues du même tissu, placées entre l’objectif et un fond conçu avec le tissu des vêtements. De cette manière, Myette dit exploiter « la faillibilité de l’œil pour restituer des illusions d’optique ». De fait, les mouvements créés par l’entremêlement des motifs troublent la vision, créent une confusion proprement graphique qui vient donner du sens à la démarche : les individus de chaque groupe (chorale, famille) sont assimilés à leurs semblables dans cette saturation de tissu uniforme. Une saturation qui constitue un corps photographique dont s’extraient cependant des bouts de corps des sujets représentés ; des pieds, mains et visages semblant flotter en apesanteur, confirmant la présence de chacun comme entité une et différenciée. Derrière la scène « De cette Afrique

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Une fondation pourquoi ?

ARTS | Info / Créée en 2003, la Fondation Alberto et Annette Giacometti doit son existence à la nécessité de gérer la succession de l’œuvre – immense – laissée par (...)

Laetitia Giry | Lundi 11 mars 2013

Une fondation pourquoi ?

Info / Créée en 2003, la Fondation Alberto et Annette Giacometti doit son existence à la nécessité de gérer la succession de l’œuvre – immense – laissée par Alberto. Institution privée reconnue d’utilité publique, elle assume les mêmes missions que toute autre fondation : conserver l’œuvre de l’artiste disparu et en assurer le rayonnement posthume. Pour cela, elle est la garante d’un savoir scientifique et pointu lui permettant de reconnaître les vrais des contrefaçons (ce qui lui vaut d’être la cible de la colère d’acheteurs malheureux ou de musées un peu trop dupes sur l’authenticité de leurs biens), s’échine à organiser des expositions partout dans le monde (une douzaine depuis sa création), encadre ou engage la restauration de différentes pièces (comme La Cage du Musée de Grenoble), et publie des ouvrages (correspondances ou autres écrits d’Alberto). D’après Véronique Wiesinger, co-commissaire de l’exposition et directrice de la fondation depuis dix ans, « gérer les droits d’auteur est très lourd ». Dépositaire du legs d’Annette, la fondation possède près de 5000 œuvres (dont 400 sculptures) qu’elle ne peut montrer dans un espace d’exposition à elle

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Œdipe roi

ARTS | Livre / Critique et poète français ô combien respecté et respectable, Yves Bonnefoy est l’auteur d’une monographie de Giacometti fortement recommandée et (...)

Laetitia Giry | Lundi 11 mars 2013

Œdipe roi

Livre / Critique et poète français ô combien respecté et respectable, Yves Bonnefoy est l’auteur d’une monographie de Giacometti fortement recommandée et recommandable. Entre la biographie et la critique d’art, à la croisée de la sphère intime et de l’œuvre rendue publique, l’écrivain fouille les beautés et la genèse de l’acte de créer. Jamais voyeur, mais toujours juste et conscient de l’importance de la vie menée par l’Homme pour expliquer l’artiste, il offre au lecteur une déambulation enchanteresse à travers l’enfance d’Alberto, à travers ses rêves écrits et commentés, ses tortures, ses interrogations et ses doutes. Tout au plus pourrait-on lui reprocher une lecture tellement évidemment psychanalytique qu’elle en devient presque suspecte. Suspecte dans le sens où la relation à la mère semble tenir autant de l’interprétation de l’auteur (dans la position du psychanalyste) que des faits. Rééditée cette année sous une forme financièrement plus abordable, cette monographie de 500 pages peut effrayer. Pourtant, sa lecture est fluide et passionnante, ponctuée de reproductions d’œuvres bienvenues, divisée en chapitres dont les thématiques épousent la chronologie : de l’enfance en I

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Des visages, des figures

ARTS | Giacometti au Musée de Grenoble constitue un événement en soi. Accessible et pointue, l’exposition convainc à la fois par la grandeur des œuvres présentées et le parcours autour d’elles, invitation à une déambulation magique à travers l’esprit d’un génie. What else ? Laetitia Giry

Laetitia Giry | Lundi 11 mars 2013

Des visages, des figures

Il y a de cela soixante-deux ans, Jean Leymarie, alors directeur du Musée de Grenoble, s’enthousiasma pour l’artiste italien Alberto Giacometti. Ses recherches plastiques extraordinaires lui semblèrent réunies dans une œuvre : La Cage. Bien décidé à l’intégrer aux collections du musée, il parvint à faire céder la municipalité et conclut l’achat en 1952. Bien au chaud dans les collections depuis, La Cage est aujourd’hui le fil rouge, prétexte et argument de l’exposition Espace, tête, figure. Restaurée à l’occasion par la Fondation Alberto et Annette Giacometti (qui prête la plupart des pièces montrées), cette Cage concentre en effet nombre des préoccupations de l’artiste. « Enfermer sa sculpture dans une cage fut un procédé récurrent chez Giacometti, il exprime si naturellement l’obsession sans issue, l’inquiétude sur l’avenir. […] Proximité, promiscuité même, intenables, et pourtant séparation, infinie, sont signifiées simultanément, dialectiquement, dans l’espace brisé, abstrait, gén

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Chasse spleen

ARTS | Une fois de plus, le musée Géo-Charles présente une exposition collective et le fait bien. Quatorze photographes, quatorze identités dialoguant autour du geste photographique, de l’excitation du clic à l’émerveillement de l’image ; sa mélancolie et sa joie. Laetitia Giry

Laetitia Giry | Lundi 25 février 2013

Chasse spleen

Et si ce n’était pas la mélancolie : le titre de l’exposition ressemble à une question mais ne présente pas le point d’interrogation qui le confirmerait. Il nous indique la voie suivie dans le choix et la disposition des œuvres présentées ici, celle d’une contestation de la mélancolie admise comme inhérente à la prise d’une photographie. Enregistrer une image à un instant T revient pourtant bien à capturer un morceau de temps, à figer et glacer quelque chose qui est, tout en ne cessant jamais de passer. « De toute évidence, vivre c’est s’effondrer progressivement. » F. Scott Fitzgerald le sait bien : vivre c’est éprouver le temps, et l’arrêter en un point, c’est avoir l’illusion de le retenir. Pas étonnant alors que les Arts – tous ! – entretiennent depuis toujours une relation si particulière à la mélancolie. De La Mélancolie de Dürer au spleen baudelairien, du moine esseulé de Friedrich au Melancholia de Lars von Trier, peinture, littérature, cinéma : aucun médium n’y échappe… Pourtant, force est de reconnaître que la photographie, plus que tous les autres, s’apparente à un manifeste de fugacité et en cela porte préci

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Dans le rétro

SCENES | Jean-Claude Gallotta, à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis presque trente ans, a décidé depuis un certain temps de se replonger dans (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 20 décembre 2012

Dans le rétro

Jean-Claude Gallotta, à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis presque trente ans, a décidé depuis un certain temps de se replonger dans son répertoire, et ainsi offrir des relectures de ses pièces phares qui ont marqué la danse contemporaine française – comme il l’a fait par exemple en transmettant son trio Daphnis é Chloé à trois jeunes interprètes. Cette fois-ci, c’est aux Aventures d'Ivan Vaffan qu’il s’attèle, pièce de 1984 dont une captation d’époque est disponible sur www.numeridanse.tv (le site est un véritable trésor). Une chorégraphie de groupe étrange, où les danseurs ressemblent à des guerriers issus de tribus lointaines que l’on aurait déposés dans un studio de danse. Une recréation qui permettra sans nul doute de constater que l’esthétique Gallotta, très marquée et originale, traverse le temps. À découvrir du mardi 8 au vendredi 11 janvier, à la MC2. AM

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Vacances à la neige

ARTS | Doisneau, grand et fameux photographe français, a plus d’un tour dans son sac… Le Musée de l’ancien évêché a ainsi déniché plus d’une centaine de clichés effectués dans ce qui fait la fierté de notre région : les Alpes. Un parcours ni transcendant, ni très excitant, mais dont l’intérêt pour les amoureux de Doisneau ou des montagnes est indéniable ! Laetitia Giry

Laetitia Giry | Vendredi 16 novembre 2012

Vacances à la neige

On connaît bien Robert Doisneau pour ses photos de Paris : de ses amoureux à ses travailleurs, de ses parcs à ses rues… Tout un folklore qui explique à la fois sa renommée mondiale et la tendresse générale éprouvée par les Français à son égard. D’abord illustrateur pour des magazines, comme le montre la série effectuée pour le magazine Vogue – amusantes prises de vue de mannequins bien réelles, pas encore déformées par les facéties de Photoshop –, il fut surtout un "reporter photographe" et un expérimentateur gourmand. L’exposition Les Alpes de Doisneau nous propose un parcours plus intime, dans le sens où nous découvrons là des photos de vacances, d’amis, prises à l’époque où il n’était pas un artiste célébré mais un producteur d’images à la commande. Regarder partout Lui qui se considérait comme un artisan (et nous le rejoignons assez sur ce point), refusait tout sec une quelconque réflexion sur son travail ; l’une de ses filles rapporte ainsi ses propos : « Si tu fais des images, ne parle pas, n’écris pas, ne t’analyse pas, ne réponds à aucun questionnaire. Suggérer, c’est créer, décrire c’est détruire. » Entre les années 1930 et 1

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Gallotta à l’état brut

SCENES | Jean-Claude Gallotta transpose sur grand plateau ses "Chroniques chorégraphiques" qu’il avait imaginées en 2008 dans le petit studio de la MC2. "Racheter la mort des gestes" se transforme alors en spectacle sobre et émouvant, qui peut être vu comme la quintessence du travail du chorégraphe, à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis presque trente ans. Rencontre. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 9 novembre 2012

Gallotta à l’état brut

Jean-Claude Gallotta, c’est une marque. Une approche particulière et reconnaissable entre mille, qui occupe une place importante dans l’histoire de la danse contemporaine. Un style épuré, quelques fois maniéré, surtout touchant par ce qu’il raconte sur le corps. Ainsi, le chorégraphe grenoblois travaille souvent sur scène avec des amateurs – même s’il n’aime pas ce mot, lui préférant celui de « gens ». « J’ai toujours mélangé les gens : les grands, les petits, les maigres, les danseurs, les non danseurs... L’idée est de les prendre comme ils sont, avec ou non un savoir de danseur, et qu’ils aient leur moment très précis, très honnête. » Dans Racheter la mort des gestes, recréation d’une petite forme qui a vu le jour en 2008, les danseurs professionnels côtoient des anonymes tantôt âgés, tantôt en fauteuil, tantôt avec accent... Tout un monde. « Portrait chinois » Racheter la mort des gestes est né d’une rencontre : celle entre l’écrivain Hervé Guibert, l’un des papes de l’autofiction mort en 1991, et Jean-Claude Gallotta. Ce dernier nous raconte l’histoire : « Guibert, qui est jeune pigiste au Monde,

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Réalité d’humanité

ARTS | Soyons clairs : l’évènement de l’année en termes d’exposition - malgré d’autres coups de cœur fort séduisants – n’est autre que celle consacrée à Alberto (...)

Laetitia Giry | Mardi 25 septembre 2012

Réalité d’humanité

Soyons clairs : l’évènement de l’année en termes d’exposition - malgré d’autres coups de cœur fort séduisants – n’est autre que celle consacrée à Alberto Giacometti. Figure essentielle du XXe siècle, célèbre pour ses sculptures filiformes, mais aussi grand peintre et dessinateur. Penseur en matières et en traits des restes de l’humanité d’après-guerre, il fut à la fois un grand révolutionnaire des arts plastiques et un observateur particulièrement poreux des mouvements et des figures, des humeurs tourmentées de ses personnages en prise avec l’espace, s’y faufilant et s’y créant une place… Une œuvre de génie qui sera présentée grâce à la collaboration de la Fondation Annette et Alberto Giacometti, et dont on attend impatiemment les fruits prometteurs. Alberto GiacomettiDu 9 mars au 9 juin au musée de Grenoble

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Photos anciennes et pierres illustres

ARTS | Chaque année, un petit tour parmi les programmations des musées départementaux nous semble indispensable. Garants de la préservation et de la mise en valeur (...)

Laetitia Giry | Mardi 25 septembre 2012

Photos anciennes et pierres illustres

Chaque année, un petit tour parmi les programmations des musées départementaux nous semble indispensable. Garants de la préservation et de la mise en valeur du patrimoine, ils présentent un peu partout dans le département de l’Isère des collections permanentes nichées au sein de lieux historiques : la maison du peintre Hébert pour le musée du même nom, la crypte Saint-Laurent pour le Musée archéologique… Des lieux vibrants d’un passé que des expositions temporaires viennent éclairer régulièrement. Au musée de la Résistance, Justes de l’Isère se proposera de faire honneur à ceux qui ont aidé les Juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Avec, comme d’habitude, la salutaire ambition de saluer le courage là où il existe, célébrer ceux qui le méritent pour ne pas oublier (rendez-vous le 23 novembre). Les photographies d’époque occupent bien souvent une place de choix dans ces musées, le mois de novembre ne fera pas mentir cette assertion avec Chambre noire pour amateurs éclairés, présentation de la collection photographique de Flandrin, peintre du XIXe siècle que l’on découvrira donc sous un autre jour. Les Alpes de Doisneau au musée de l’ancien évêché ser

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La mise à nu

SCENES | Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta crée cette semaine son Sacre du Printemps, avant de s’atteler à la reprise de Daphnis é Chloé pour janvier. Entretien avec l’artiste sur la saison du Centre Chorégraphique National de Grenoble. Propos recueillis par FC

François Cau | Lundi 3 octobre 2011

La mise à nu

Le CCNG a lui aussi vu son budget baisser cette année ?Jean-Claude Gallotta : Le Conseil Général nous a retiré 25%, le plus grave étant qu’on n’a pas été averti. Ce qui fait qu’on a engagé tous nos projets, et donc on a vraiment un trou. La Ville et la Région ont un peu complété, ça ne compense pas mais on sent qu’il y a une dynamique pour empêcher que tout s’éteigne. Les gens du Conseil Général, que je vais rencontrer prochainement, n’ont pas mesuré en termes de stratégie que même si la Culture est un domaine à part, il y a une force symbolique et médiatique qui est énorme. Dans un premier temps, comme la situation ne bougeait pas trop, ils donnaient l’impression d’un exemple pour les autres conseils généraux, du genre « voyez, on a enlevé tant d’argent à la Culture et personne n’a bronché », et le coup de l’article récent du Monde (sur les baisses de subventions du Conseil Général pour le spectacle vivant, NdlR) a vraiment fait un coup de fouet. Mais moi j’ai envie d’y aller, de contrecarrer, d’être avec une équipe fidèle, des danseurs toujours meilleurs, et de vraiment me battre avec ça, envers et contre tout, traverser les plateaux, avoir envie de crée

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C’est notre choix

SCENES | Une sélection subjective et arbitraire de quelques évènements incontournables du festival. AM

François Cau | Vendredi 16 septembre 2011

C’est notre choix

Un parcours inaugural Les Rencontres-i 2011 débuteront avec un parcours original, l’équipe de la biennale aimant beaucoup les parcours - elle en proposera de nombreux. À 16h30, rendez-vous à la gare téléphérique, pour monter à la Bastille assister au vernissage des expositions Degrés de lumière et T.O.E. La première se propose d’associer lumière et musique, les trois artistes italiens ayant étroitement collaboré avec deux chercheurs du CEA. La seconde, conçue pour le Centre d’art Bastille, est une exposition collective autour de la notion d’énergie (le thème de ces Rencontres-i). À 18h30, départ pour le CCSTI – La Casemate où sera présentée XYZT, les paysages abstraits, l’exposition d’Adrien Mondot et de Claire Bardainne dont on attend énormément (on vous en reparlera une fois vue). À 20h45, tout le monde sera confortablement installé sur les sièges de l’Hexagone de Meylan pour découvrir une ébauche de L’Écorce du vent, projet autour de la lumière qui a gagné le prix A.R.T.S 2010 (un prix créé par l’Atelier arts-sciences dans le but de récompenser les collaborations innovantes et fructueuses entre artistes et scientifiques). Et la soirée se terminera p

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Demandez le programme

CONNAITRE | Seuls les musées participent à la Nuit des musées et à Musées en fête (et non les centres d’art, comme le Magasin, ou les galeries). Sélection d’évènements originaux, rien que pour vous, âmes culturelles en peine… AM

François Cau | Vendredi 6 mai 2011

Demandez le programme

Du théâtre à la CasemateLa compagnie des Choses Dites de Muriel Vernet (photo) et celle des Gentils d’Aurélien Villard (deux artistes aux univers très différents, qui néanmoins se rejoignent souvent – les deux metteurs en scène collaborent épisodiquement sur certains projets) investiront le Centre de culture scientifique, technique et industrielle le samedi de 16h à 22h. Au programme : des lectures-spectacles à 16h sur le thème de l’eau pour les plus jeunes ; puis, à 18h et 22h, d’autres sur différents textes évoquant « la lévitation amoureuse et l’érotisme comme source de lévitation » : glamour à mort ! Au vu du thème (en concordance avec la nouvelle expo de la Casemate – Supra, quand la science vous fait léviter) et des artistes programmés (que l’on a souvent défendus dans ces colonnes – pour l’avenir, nous misons beaucoup sur la cie des Gentils, encore jeune), cette soirée donne bougrement envie. De la musique au Musée de GrenobleC’est la grande expo du moment, qui fait exploser les scores de fréquentation de Guy Tosatto & co. Se calant sur l’évènement, Musée en Musique, l’association hébergée par

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Daphnis é Chloé

MUSIQUES | Les pontes grenoblois (se) regardent dans le rétro. Après Chantal Morel qui, en début de saison, présentait Home, un texte de David Storey qu’elle avait déjà (...)

François Cau | Lundi 4 avril 2011

Daphnis é Chloé

Les pontes grenoblois (se) regardent dans le rétro. Après Chantal Morel qui, en début de saison, présentait Home, un texte de David Storey qu’elle avait déjà mis en scène il y a trente ans, c’est au tour de Jean-Claude Gallotta de porter sur scène une pièce elle aussi plus toute jeune. En 1982, le public découvrait ainsi Daphnis é Chloé, chorégraphiée par Gallotta, et dansée par Mathilde Altaraz, Pascal Gravat et Gallotta lui-même – trois nouveaux interprètes seront sur scène pour la recréation. Un public qui suivait les aventures de l’épouse d’un jeune berger, enlevée par des pirates et ramenée à son homme par un miracle du Dieu Pan. Après la reprise en 2007 de Cher Ulysse, autre pièce de son répertoire, le chorégraphe grenoblois permet ainsi aux nouveaux spectateurs de découvrir ses premières œuvres, et de l’appréhender au mieux, lui, cette figure importante de la danse contemporaine française. Une figure qui lancera les trois soirées de représentation (du mardi 12 au jeudi 14 avril, à la MC2) par un solo intitulé Faut qu’je danse !, évoquant justement la genèse de Daphnis é Cholé. Tout se tient.

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Programmateurs/trices de danse, excitez-nous !

SCENES | La danse est un champ artistique riche, varié, protéiforme, enthousiasmant, innovant… Les salles grenobloises arrivent-elles à transmettre au public ces différents élans créatifs ? Tentative de réponse en compagnie de quelques pontes locaux.

Aurélien Martinez | Lundi 10 janvier 2011

Programmateurs/trices de danse, excitez-nous !

Plus d’une vingtaine de plateaux dans l’agglo : le bassin grenoblois est d’une extrême richesse niveau spectacle vivant. Surtout en théâtre. De ce point de vue, le maillage de salles n’a pas à rougir des comparaisons (notamment avec ses voisins, comme Lyon), bien au contraire. Ensemble, en tenant compte de leurs spécificités et de leurs moyens, les lieux de diffusion offrent un très large éventail de la création théâtrale contemporaine. Mais niveau danse, l’euphorie est moindre. Grosso modo, seulement deux salles (la MC2 et la Rampe) offrent une réelle programmation pour les amateurs de ce genre artistique, les propositions des autres étant plus sporadiques. Suffisant ? Pas forcément… Surtout qu’il n’est pas sûr qu’à elles seules, la Rampe et la MC2 arrivent à satisfaire l’appétit du public grenoblois (réputé extrêmement curieux et demandeur). « Bien sûr, mon grand souhait serait que l’on puisse faire plus. Mais on a déjà une belle visibilité, parce que l’on peut jouer entre ces trois plateaux [le grand théâtre, le petit et la salle de création – NDLR], et c’est extrêmement rare en France » nous explique Sylvaine Van den Esch

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"L’Homme à tête de chou" : vertiges de l’amour

Danse | Un Jean-Claude Gallotta inspiré donne forme aux mots de Gainsbourg interprétés par Bashung : rien que pour le plaisir intense qu’il procure, "L’Homme à tête de chou" s’impose déjà comme l’un des spectacles de l’année. François Cau

François Cau | Lundi 9 novembre 2009

Impossible de faire abstraction de l’émotion entourant la création. Avec la responsabilité monumentale de devoir faire honneur à l’œuvre posthume d’Alain Bashung, Jean-Claude Gallotta est sous le coup d’une pression que bon nombre d’artistes doivent cela dit lui envier. Il s’en serait fallu de très peu pour que ce magnifique cadeau se transforme en héritage empoisonné – on en connaît qui auraient botté en touche, qui auraient opté pour une transposition littérale de la narration sans se poser plus de questions, s’effaçant derrière la puissance d’évocation sidérante de la bande sonore. Au fil des répétitions ayant suivi la disparition de l’icône, Gallotta a dû réviser de fond en comble ses partis pris de départ, pallier l’absence monstrueusement envahissante de son narrateur, ne pas donner à l’ineffable beauté de son enregistrement une tonalité trop sépulcrale. Gommer les aspérités, les facilités, interroger son propre style pour offrir la chorégraphie la plus harmonieuse possible. On savait le directeur du Centre Chorégraphique National de Grenoble en plein questionnement artistique, comme pouvaient en témoigner les détours t

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