Artistes en Vog

Aurélien Martinez | Lundi 30 septembre 2013

Photo : Didier Marcel


On aime, et le Vog nous y invite chaque année, découvrir un artiste en quelques œuvres, presque en un clin d'oeil qui peut ensuite, et selon l'envie, se prolonger en plus longues et profondes contemplations. Le centre d'art de Fontaine ouvre sa saison avec le Dijonais Didier Marcel (jusqu'au 26 octobre) découvert notamment pendant la Biennale de Lyon 2003 avec son installation faite d'une voiture et de maquettes architecturales... Au Vog, il présentera d'étonnants « paysages », soit deux moulages monumentaux d'un champ de maïs repeints en rouge ! L'artiste aime à brouiller les frontières entre l'artificiel et le naturel, l'œuvre et le prélèvement brut d'éléments du réel...

Le plus humoristique des vidéastes, le Grenoblois Samuel Rousseau, lui succèdera avec ses petites installations d'images mouvantes, entre drôlerie et poésie, matériaux « cheap » et trouvailles techniques (du 21 novembre au 21 décembre au Vog et aussi à l'Espace Vallès à Saint-Martin d'Hères).

Plus tard dans la saison, nous vous conseillons particulièrement l'exposition de David Lefebvre (du 15 mai au 28 juin). L'artiste travaille à partir d'images totalement triviales pour composer des toiles des plus singulières où l'abstraction géométrique le dispute à la figuration, le noir et blanc à la couleur, le flou au réalisme... Une manière aussi de prolonger l'exposition Sigmar Polke du Musée de Grenoble en découvrant l'un de ses héritiers inventifs.

JED


Didier Marcel

Célèbre sculpteur français, Didier Marcel joue sur l’ambiguïté du naturel et de l’artificiel à travers des moulages de végétaux ou de minéraux.
Le VOG 10 avenue Aristide Briand Fontaine
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


De part et d'autre

Sculptures animées de Samuel Rousseau
Le VOG 10 avenue Aristide Briand Fontaine
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


For rest

Peintures d'images prélevées dans le flux des images de la vie quotidienne par David Lefebvre
Le VOG 10 avenue Aristide Briand Fontaine
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Le passant et les passeurs

Peinture | Évoquant autant l’esthétique pop de David Hockney que la luxuriante naïveté du Douanier Rousseau, l’univers pictural de Marie-Anita Gaube invite à une immersion fascinante dans un monde fantaisiste et inquiétant.

Benjamin Bardinet | Mardi 11 février 2020

Le passant et les passeurs

Acides, flashy, lumineuses mais aussi parfois troubles, éteintes, délavées... il y a fort à parier que les couleurs des tableauw de Marie-Anita Gaube accrocheront le regard du piéton qui passera devant la baie vitrée du Vog. D’apparence assez immédiate, ces compositions sont en réalité des constructions complexes dans lesquelles de multiples plans s’emboîtent subtilement les uns dans les autres, semant une confusion paradoxalement parfaitement lisible. Des compositions complexes qu’amplifient les associations chromatiques audacieuses de la peintre lyonnaise, qui a le bon goût de ne jamais basculer dans le mauvais. Chaque tableau invite le visiteur à prendre le temps de perdre son regard dans la composition pour en apprécier la diversité des traitements picturaux : aplats, glacis, touche, modelé ou dégradés que viennent parfois parasiter des collages impromptus. Et lorsque l’artiste délaisse la peinture pour travailler à l’aquarelle, elle joue merveilleusement bien des réserves de blanc et de la capillarité du médium. Couleurs chatoyantes, scènes équivoques Si les couleurs sont chatoyantes, les scènes représentées, qui apparaissent souvent comme des délires

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Fabrice Croux : la primauté du geste

ARTS | Accumulant les gestes, Fabrice Croux fait naître des œuvres dans lesquelles le processus créatif prime sur le sujet. De montagnes scintillantes en gifs bariolés, il esquisse au Centre d'art Bastille un monde baroque narratif.

Charline Corubolo | Mardi 15 novembre 2016

Fabrice Croux : la primauté du geste

Si Fabrice Croux ambitionne de Faire des tas, du nom de l'actuelle exposition présentée au Centre d’art Bastille, c’est que son œuvre prend sens dans le geste, élémentaire mais porté par des effets clinquants qui déroutent la nature même du sujet. Alors que se dresse devant nous une montagne dont le creux est habillé de paillettes, l’artiste déploie, tel un inventaire, des figurines comme sorties de la préhistoire en opposition avec les gifs animés de notre ère numérique. Les sujets sont multiples, autant que les références de la pièce Le Pays de Cocagnes ou que celle baptisée Sylvain, homme sauvage de la mythologie. Le dessein n’est donc pas une finalité en soi, c’est la réalisation qui conditionne les œuvres de Fabrice Croux. Dans l’acte rudimentaire, presque quotidien, émergent alors les univers décoratifs de cet artisan de la matière. Au-delà des images Une exposition qui s'ouvre aussi à d'autres univers. Invité par Fabrice Croux, David Lefebvre dévoile ses premières peintures au couteau. Ponctuant le parcours de Faire des tas, les toiles représentent des montagnes dans lesquelles une poche

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Fontaine : couvrez cette expo que je ne saurais voir

ACTUS | Ce jeudi 14 avril aurait dû être inaugurée au Vog, centre d’art municipal de Fontaine, une exposition consacrée à l’artiste Philippe Perrin. Mais elle a finalement été annulée par la Ville au vu du « contexte national et international » ; puis ensuite par l’artiste lui-même quand la mairie a fait machine arrière en imposant plusieurs conditions (« inacceptables » selon lui) à son maintien. On fait le point avec ceux, rares, qui ont bien voulu s’exprimer.

Aurélien Martinez | Mardi 12 avril 2016

Fontaine : couvrez cette expo que je ne saurais voir

Programmée du 14 avril au 14 mai au centre d’art municipal de Fontaine le Vog, l’exposition Sheena is… remix devait présenter le travail de l’artiste Philippe Perrin. Des œuvres mettant en avant « un monde de violence, de rixes, de coups portés à d’innombrables ennemis, à tous même » comme il est écrit en préambule du dossier de presse ; mais « pas seulement ». « Philippe Perrin montre néanmoins, au travers d’une violence de l’humanité, les ambiguïtés du monde. » Des ambiguïtés qui ont dérangé l’équipe municipale de Fontaine qui avait d’abord imaginé interdire l’exposition avant de se rétracter. Forcément, on a tenté de joindre le maire communiste Jean-Paul Trovero pour avoir son point de vue (ou celui de son adjoint à la culture Brice Di Gennaro) : on nous a systématiquement renvoyés vers le communiqué de presse publié la semaine dernière. En voici un extrait : « L’exposition proposée par Philippe Perrin devait reprendre une partie de ses œuvres marquées par la scénarisation et la représentation de l’univers des armes, des codes de la violence et des

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Qui es-tu David Lefebvre ?

ARTS | Fraîchement débarqué aux Beaux-Arts de Grenoble en 2000, David Lefebvre commence son apprentissage des arts plastiques avec, comme envie, la peinture, et un (...)

Charline Corubolo | Mardi 27 mai 2014

Qui es-tu David Lefebvre ?

Fraîchement débarqué aux Beaux-Arts de Grenoble en 2000, David Lefebvre commence son apprentissage des arts plastiques avec, comme envie, la peinture, et un attrait certain pour l’univers graphique des années 1980. Mais à l’aube du XXIe siècle, l’art ambiant aime à claironner que « la peinture est morte ». Cependant, le Grenoblois de 20 ans se moque des modes et commence son exploration des images à travers une picturalité qui dépeint des présentateurs de JT. Au sortir de sa formation en 2005, diplôme en poche, il intègre un atelier destiné aux jeunes artistes, toujours à Grenoble, et poursuit sa quête visuelle à travers Internet. Rapidement, il participe à des expositions collectives, notamment grâce à Stéphane Sauzedde, directeur de l'école d'art d'Annecy. Une rencontre importante pour l’artiste, qui va lui permettre de s’affranchir de la barrière du figuratif. Son œuvre évolue, sa réputation aussi et seulement deux années après avoir quitté l’école, David Lefebvre participe à la biennale de Venise en off. 2008 marque le début de sa collaboration avec la galerie Zürcher à Paris. Ne se limitant pas aux expositions, il embarque un temps pour l’aventure du centre

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(Dé)voiler le réel

ARTS | Il y a une certaine facilité avec le figuratif que l’artiste grenoblois David Lefebvre désamorce en laissant la figuration flirter avec l’invisible. "For rest", exposition présentée au Vog, puise dans les mécanismes de l’inconscient, pour une peinture aussi séduisante que complexe. Rencontre avec l’artiste pour tenter de déchiffrer ses toiles et visite de l’exposition. Propos recueillis par Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 27 mai 2014

(Dé)voiler le réel

Des coups de pinceau lâches, une forêt se dessine telle une réminiscence, interrompue par une forme indéfinie, aux contours précis. Dans la peinture de David Lefebvre, tout un monde de dualité se joue entre figuration et abstraction, entre touche barbouillée et touche géométrique, entre visible et invisible. La genèse de son travail trouve son inspiration dans des photographies, glanées au hasard sur Internet et plus récemment dans son histoire personnelle, sur lesquelles l’artiste grenoblois vient apposer une forme géométrique, qui délimite une zone de codage. Cette retouche photographique se mue en peinture ou en dessin, desquels émergent des personnages dans des lieux naturels qui contrastent avec un vitrail alvéolé, tendant vers une épuration visuelle purement esthétique. Alors que le regard identifie clairement le décor et la scène, David Lefebvre nous perd avec ces saturations colorées. Ne se satisfaisant pas de l’imagerie du réel, l’artiste tente de peindre l’inconscient par le prisme de polynômes aux camaïeux rouges ou de quadrillages bichromiques. Si l’encodage

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Vog-uons vers Vallès

ARTS | Alors que l’exposition Collection Gilles Balmet au Vog, qui débute ce jeudi 16 janvier, s’annonce sous de bons augures, celle de David Lefebvre en mai (...)

Charline Corubolo | Vendredi 10 janvier 2014

Vog-uons vers Vallès

Alors que l’exposition Collection Gilles Balmet au Vog, qui débute ce jeudi 16 janvier, s’annonce sous de bons augures, celle de David Lefebvre en mai laisse à penser également que la découverte sera de qualité. Artiste jouant de la couleur et du vide, de la coulure et de la géométrie, du précis et du déconstruit, le peintre use des images du quotidien glanées au hasard et cherche à préserver leur qualité moyenne afin de créer un encodage. Ombre noire ou « vitrail » coloré, Lefebvre donne à voir des images brouillées comme pour apercevoir ce qui se cache derrière. Changement de décor à l’espace Vallès avec l’exposition Robot mon amour qui présentera, à la fin du mois de janvier, le travail de France Cadet. Faisant fi des barrières entre le naturel et l’artificiel, l’artiste emploie les nouveaux médias et la robotique afin de faire basculer le scientifique dans l’art pour créer des relations parodiques entre l’humain, l’animal et l’androïde. Une exposition à la pointe de l’innovation, qui s’interroge sur les nouveaux rapports aux machines et qui déclenchera surement une « connexion ».

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« Une vision anarchiste du monde »

ARTS | D’une part, il y a des tableaux animés pleins de fioles, d’autre part des installations qui envahissent l’espace. D’une part, il y a le Vog, d’autre part il y a l’Espace Vallès. Avec cette double exposition plus que réussie, on découvre le travail de Samuel Rousseau, plasticien adepte de la vidéo, et d’autres œuvres tout aussi captivantes. Rencontre avec l’artiste. Propos recueillis par Charline Corobulo

Charline Corubolo | Vendredi 6 décembre 2013

« Une vision anarchiste du monde »

Depuis une vingtaine d’années, vous occupez la scène artistique contemporaine entre Grenoble et le reste du monde. Pourtant, c’est seulement avec l’exposition De part et d’autre que le public grenoblois semble vous découvrir… Samuel Rousseau : En réalité, c’est la deuxième exposition "importante" que je réalise à Grenoble. La première a eu lieu il y a environ une dizaine d’années aux Beaux-arts. C’est dans cette école que j’ai fait mes armes et que j’ai découvert la vidéo. À l’époque, pour moi, c’était le médium de la facilité. Un jour, un prof m’a lancé un défi : réaliser un film. C’est un projet qui m’a valu pas mal d’emmerdements, je suis allé dans l’ancienne usine Lustucru, je me suis fait chopper par les flics, ils m’ont amené au commissariat, c’était rock’n’roll. Mais finalement, je n’avais rien d’intéressant. J’ai donc dû réaliser une vidéo dans la nuit et c’est là que je me suis rendu compte que c’était un outil incroyable. C’est avec des monobandes [courtes vidéos – ndlr] que j’a

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Et tous ces petits êtres qui courent...

ARTS | Le titre De part et d’autre n’est pas que la transcription de la genèse de l’exposition qui se déploie entre le Vog et l’Espace Vallès, c’est également (...)

Charline Corubolo | Vendredi 6 décembre 2013

Et tous ces petits êtres qui courent...

Le titre De part et d’autre n’est pas que la transcription de la genèse de l’exposition qui se déploie entre le Vog et l’Espace Vallès, c’est également l’évocation du sens des œuvres, naviguant entre l’universel et l’individuel, à travers l’espace et au cœur de New York, la « capitale du monde » selon Samuel Rousseau. La ville a inspiré nombre de créations vidéo à l’artiste qui ne se contente pas de dresser un kaléidoscope de l’architecture américaine mais qui déroule une mise en abyme troublante du réel au moyen d’une technologie numérique sublimée. Un voyage entre virtualité et réalité tangible qui débute au Vog. Dans ce premier volet, plusieurs tableaux animés sont présentés, dont la série Urban Totem (2012, photo) dans laquelle la confrontation entre l’humain et l’urbain commence à se dessiner. Au centre de caissons lumineux, qui se présentent comme des toiles, des constructions symétriques faites de fioles laissent évaporer ou jaillir une substance colorée. Une danse hypnotique de flu

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Et vogue le Vog

ARTS | Le Vog est un centre d’art créé par la ville de Fontaine en 2005, fruit d’un « volonté politique » coriace dans une période peu favorable… S’il dépend (...)

Laetitia Giry | Mercredi 28 novembre 2012

Et vogue le Vog

Le Vog est un centre d’art créé par la ville de Fontaine en 2005, fruit d’un « volonté politique » coriace dans une période peu favorable… S’il dépend financièrement de cette municipalité, cela ne limite pas pour autant la liberté fondamentale présidant à un centre de ce type : celle de choisir sans restriction ni commande, de construire sa ligne et son identité. D’autant qu’à l’argent de la ville s’ajoute celui provenant du mécénat privé (depuis l’an passé seulement), le tout pérennisant un aspect essentiel de son fonctionnement : l’absence totale d’intérêt financier. S’il leur arrive de « mettre en lien les collectionneurs et les artistes », Marielle Bouchard (programmatrice du lieu depuis octobre 2006) précise : « on n’est pas là pour vendre et on ne prend évidemment aucune commission. » Les artistes exposés bénéficient quant à eux d’une « aide à la production » ainsi que d’une valorisation par l’édition d’un catalogue, mais pas d’aucune rémunération à proprement parler. Choisis en fonction « de l’expérimentation qu’ils font de l’art contemporain », ils peuvent être confirmés (comme

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Oublier en peinture

ARTS | La peinture à l’huile traîne un lourd fardeau : celui de sa prétendue désuétude. Une réputation que certains artistes parviennent à faire mentir avec force (...)

François Cau | Vendredi 23 septembre 2011

Oublier en peinture

La peinture à l’huile traîne un lourd fardeau : celui de sa prétendue désuétude. Une réputation que certains artistes parviennent à faire mentir avec force désinvolture et persistance dans son utilisation. Tel est le cas du Grenoblois David Lefebvre, qui invariablement la dépose ou la jette sur ses toiles. S’il travaille à partir d’un matériau photographique (produit par lui-même ou trouvé sur internet), s’il reproduit ces images dénuées de tout intérêt artistique en les dessinant très minutieusement, les retraçant dans un geste précis et maniaque, c’est pour mieux élire ensuite les détails que la peinture viendra déterminer comme centraux. Pare-chocs de vieilles voitures dans l’allée d’un quartier résidentiel, visages, animaux… le bestiaire se déploie dans une gamme de couleurs pastel irréelles. Quand les œuvres qui le composent ne sont pas « sans titre », elles en assument un à l’objectivité massacrante et sans compromis : « Le chien », « Charlotte »… Car l’artiste, plus qu’il ne garde trace, efface de la substance de son sujet en agissant sur lui. Les dégoulinures de peinture abandonnées dans la précipitation viennent heurter la virginité de la toile, celle-

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