À l'arrière, en Isère

ARTS | Partons sur les traces des vestiges de la Première Guerre mondiale à l’occasion du centenaire du conflit, grâce la nouvelle exposition du Musée dauphinois. "À l’arrière, comme au front" relate ainsi la vie des populations restées sur place, entre effort de guerre et maintien culturel. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 29 avril 2014

Il y a un siècle débutait la Grande Guerre, et afin de commémorer son centenaire, plusieurs institutions proposent tout au long de l'année des expositions hommages, à commencer par le Musée dauphinois. À l'arrière, comme au front est un titre confus car l'exposition se concentre plus sur « les coulisses » de la guerre que sur le front et détaille aux visiteur le quotidien des populations mobilisées sur place. Du secours aux blessés à l'armement en passant par l'éducation, le parcours dévoile toutes les facettes de la mobilisation et offre par la même occasion une nouvelle façon de découvrir Grenoble. Le musée départemental relate, à travers une scénographie ludique et dynamique, l'organisation des Isérois durant cette période trouble en évoquant des lieux toujours existants.

Mais avant toute démonstration de traces tangibles de cet événement historique, l'exposition s'ouvre sur une mise en contexte rappelant la guerre franco-prussienne de 1870, comment l'éducation française a renforcé le sentiment germanophobe et toute la communication alors établie. Une introduction nécessaire pour amener le plus clairement possible la situation, qui s'ouvre par la suite directement sur les retombées humaines du conflit.

Après avoir passé le « couloir du temps » qui rend hommage aux hommes tombés chaque année, on rentre dans les hôpitaux de guerre. En janvier 1916 en Isère, plus de 70 hôpitaux bénévoles étaient en service en plus du seul hôpital civil. Malgré ce renforcement d'aide aux blessés, cela ne suffit pas et sept hôpitaux complémentaires sont ouverts. Bien que le département se trouve loin de la ligne de front, les conséquences humaines sont lourdes à tel point qu'un hôpital militaire s'installe dans un château, celui d'Herbeys. Classée bien national depuis le XVIIIe siècle, la bâtisse est visible depuis la route et révèle tout le talent des architectes du XIVe siècle.

D'autres bâtiments de cette guerre sont toujours présents à Grenoble mais ont changé d'apparence, comme l'hôpital de l'Aigle ou celui de Bayard, que l'on découvre dans l'exposition à travers des documents mais aussi des reliques comme un vieux brancard et un uniforme d'infirmière. Autant de traces du premier grand conflit mondial que nous ne voyons plus, mais qui sont bien présentes. Tout comme les entreprises.

Au charbon

L'Isère se trouvant loin du champ de bataille, ses terres sont un terrain privilégié pour les usines. C'est ainsi qu'en 1915 est créé un pôle chimique à Pont-de-Claix et Jarrie. Documents, cartes et restes d'obus viennent illustrer ce foisonnement exponentiel de l'industrie de guerre. Ce développement est lié à la première attaque aux gaz par les Allemands sur des soldats français à Ypres (Belgique) le 22 avril 1915.

Moins d'un an après, les deux pôles de fabrication de chlore émergent en Isère. C'est sous l'impulsion du ministre de l'Armement et de la Défense nationale Louis Loucheur que l'usine Le Chlore liquide est construite à Pont-de-Claix et dirigée par le Lyonnais Edmond Gillet (le site est toujours en activité aujourd'hui), tandis qu'à Jarrie, c'est Charles Lefebvre qui implante une usine dédiée aux substances explosives. Ces usines emploient à l'époque des hommes qui ne sont pas mobilisés et de nombreuses femmes, la main d'œuvre masculine faisant défaut.

À Saint-Martin-d'Hères, la famille Neyret-Beylier ouvre une entreprise de fabrication d'obus quasiment entièrement dédiée à l'effort de guerre. Hommes et femmes y travaillent à la chaine, comme en attestent quelques clichés en noir et blanc. Devenue l'usine Neypric en 1962, le site abandonné à un angle de rue fait aujourd'hui l'objet d'une reconstruction en centre commercial, mais porte toujours en ses murs les stigmates de la guerre.

Quant au quartier grenoblois Berriat, lui aussi théâtre de l'industrie de guerre, il était dominé en 1914 par les établissements Bouchayer et Viallet rue ampère. En plus de fabriquer des obus, l'entreprise fournissait des fûts de chlore liquide aux usines de Jarrie et Pont-de-Claix. En moins de trois ans, l'Isère est devenu un territoire d'armement massif.

La culture, maintien de l'humanité

Mais fort heureusement, des hommes continuent à tenir la culture en éveil, et bien que le quotidien des Isérois soit dévolu à l'effort de guerre, des musées poursuivent leur mission culturelle. Fondé en 1906 par le préhistorien Hippolyte Müller, le Musée dauphinois est l'un des seuls musées restant de la Première Guerre mondiale. Conscient de l'enjeu qui se joue, le scientifique conserve des fragments de l'histoire comme un morceau de ferraille, placé au cœur de l'exposition. Mais c'est en fin de parcours que l'on découvre l'art de la guerre avec la figure marquante d'Hippolyte Müller ou des peintres qui deviennent le miroir d'un moment sombre. Malgré les atrocités de la guerre, la culture demeurait...

À l'arrière, comme au front, jusqu'en mai 2015, au Musée dauphinois


À l'arrière, comme au front

Les Isérois dans la Grande Guerre
Musée dauphinois 30 rue Maurice Gignoux Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Les vélos devront attendre

Exposition | Elle aurait dû être inaugurée le mois dernier, mais "Un amour de vélo", la nouvelle expo du Musée dauphinois, ne peut encore ouvrir ses portes. Le président du Conseil départemental de l’Isère était toutefois sur place, mardi 9 février, en milieu d'après-midi. Nous aussi.

Martin de Kerimel | Mercredi 10 février 2021

Les vélos devront attendre

Cela semble un drôle d’endroit pour une rencontre par les temps qui courent, mais le choix reste finalement très logique : c’est bien au Musée dauphinois que Jean-Pierre Barbier a donné rendez-vous à la presse mardi 9 février. Objectif, selon son expression : offrir « un teaser » de l’exposition à venir. Ne pouvant que traverser les couloirs rapidement, on n’en a pas vu grand-chose, si ce n’est quelques photos et objets rassemblés dans une première salle. L’élu avait un message à faire passer : comme d’autres, il ne comprend pas pourquoi le gouvernement maintient l’obligation de laisser les musées fermés au public. Lui aussi fait un parallèle entre la situation des transports publics et des supermarchés, restés accessibles, et met au défi quiconque d’expliquer en quoi la différence de traitement est pertinente. Jean-Pierre Barbier n'a toutefois pas souhaité passer en force, au risque de placer ses agents « dans une situation d'illégalité », comme a pu le faire le maire de Perpignan en décidant de rouvrir quatre musées. Ce mardi, il est venu au Musée accompagné d'autres personnalités : deux de ses vice-présidents, Martine Kohly et Patrick C

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Musée électronique : « Un festival élégant mais pas pédant »

ACTUS | Le Périscope, producteur grenoblois à qui l'on doit notamment le festival Holocène, proposera mi-juin au Musée dauphinois la première édition de son événement baptisé Musée Électronique. On vous en dit un peu plus.

Aurélien Martinez | Mardi 26 mars 2019

Musée électronique : « Un festival élégant mais pas pédant »

Un lieu splendide à flanc de Bastille avec une vue imprenable sur Grenoble ; une programmation électro classieuse (Agoria, Breakbot, Busy P, Myd…) : pour le lancement de son événement Musée Électronique, le producteur grenoblois Le Périscope, qui organise notamment le festival Holocène (la prochaine édition sera cet automne), a voulu « faire quelque chose d’élégant mais pas pédant » comme nous l’a expliqué le programmateur Robin Direr. « Pour Holocène, on avait commencé à être en contact avec Olivier Cogne, le directeur du Musée dauphinois, dans l’idée de, pourquoi pas, proposer des concerts dans la chapelle du lieu. Mais on n’a pas réussi à organiser ça… On est tout de même restés en lien, comme Olivier Cogne a envie de redynamiser ce musée qui est magnifique, et d'attirer une certaine tranche d’âge qui ne vient

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PB d'or 2018 : expo

C'était 2018... | Avec une pépite locale et pas mal de musées isérois.

La rédaction | Mardi 18 décembre 2018

PB d'or 2018 : expo

Le PB d’or du réseau incroyable : les musées départementaux de l’Isère Si l’Année du Japon en Isère (qui dure jusqu’en juin) a été si bien suivie, c’est surtout grâce aux musées départementaux (gérés par le Département de l’Isère donc), dont certains se sont emparés de l’événement avec pertinence, sortant parfois des domaines que leur nom peut laisser penser. Comme le Musée dauphinois, qui a inauguré fin octobre Des samouraïs au kawaii, histoire croisée du Japon et de l'Occident, soit l’une des expositions les plus réussies de 2018 ; le Musée de la Résistance qui, cet été, a accueilli la très forte exposition Hibakusha, dessins des survivants d'Hiroshima et de Nagasaki ; ou encore le Musée de l’Ancien Év

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Avec "Le rêve blanc", le Musée dauphinois raconte l'épopée des sports d'hiver dans les Alpes

Exposition | Mi-avril, le Musée dauphinois a ouvert les portes d’une nouvelle exposition permanente baptisée "Le rêve blanc, l'épopée des sports d'hiver dans les Alpes" qui retrace l’histoire de la pratique du ski au XXe siècle. On s’est laissé guider par Franck Philippeaux, conservateur du musée et commissaire de l'exposition.

Alice Colmart | Mardi 24 avril 2018

Avec

Alors que la neige fond et que les stations de ski ferment leurs pistes, le Musée dauphinois ne semble pas prêt à tourner la page de l’hiver. Après Grenoble 1968, les Jeux olympiques qui ont changé l’Isère, toujours en cours au rez-de-chaussée pendant toute l’année 2018, une nouvelle exposition, cette fois-ci de longue durée (sans date de fin donc), s’attaque aux sports d’hiver. Située au dernier niveau du bâtiment, elle a pour but de présenter « les différents engrenages du système économique que sont les sports d’hiver » selon le conservateur du musée Franck Philippeaux, avec des photos, cartes postales, films et autres objets en tous genres. Tout au long du parcours, on découvre ainsi l’évolution des pratiques à travers une vaste collection d’équipements adoptés par les sportifs au fil des ans – skis, monoskis, patinettes… On en apprend par exemple plus sur le passage du ski en bois au ski métallique, jusqu’au plus récent sn

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Olivier Cogne : « En 1968, les Jeux olympiques ont fait de Grenoble le centre du monde »

ACTUS | Avant la grande soirée d'anniversaire des 50 ans des Jeux olympiques de Grenoble prévue le mardi 6 février, on a rencontré Olivier Cogne, directeur du Musée dauphinois et commissaire de l’exposition "Grenoble 1968, les Jeux olympiques qui ont changé l’Isère" qui sera lancée le même jour. Il revient sur l’histoire de la manifestation sportive qui, en plus d'avoir contribué au développement spectaculaire du territoire, a fait de Grenoble un musée à ciel ouvert.

Alice Colmart | Mardi 30 janvier 2018

 Olivier Cogne : « En 1968, les Jeux olympiques ont fait de Grenoble le centre du monde »

Mardi 6 février, Grenoble commémorera officiellement (et en grandes pompes) le cinquantenaire du lancement de ses Jeux olympiques d’hiver : une manifestation symbolique pour le Musée dauphinois. « Depuis 4 ans nous travaillons sur notre exposition Grenoble 1968, les Jeux olympiques qui ont changé l’Isère, comme la période correspond au moment où le musée départemental s’est installé au couvent de Sainte-Marie-d’en-haut » explique le directeur des lieux Olivier Cogne. « L'exposition racontera notamment les liens intéressants qui existent entre l’histoire des Jeux olympiques et notre territoire. On va revenir sur l'histoire des Jeux olympiques, de l’Antiquité jusqu’au XIXe siècle, quand certaines personnalités ont souhaité les rénover, comme l’Isérois Henri Didon, proche de Pierre de Coubertin à qui l’on doit la devise olympique. » Mais avançons jusqu'à la période qui nous intéresse. En 1964, le maire de Grenoble Albert Michall

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Nuit des musées 2017 / Musées en fête : notre sélection

Événement | Samedi 20 mai, c’est la fameuse Nuit européenne des musées, événement couplé en Isère à un week-end baptisé Musées en fête. On a bien lu tous les programmes des lieux qui participeront (des musées donc, mais aussi d’autres institutions culturelles) et on en a sélectionné six, en accès libre bien sûr. Suivez-nous.

Aurélien Martinez | Mardi 16 mai 2017

Nuit des musées 2017 / Musées en fête : notre sélection

Une nuit portes ouvertes au Musée de Grenoble Un week-end festif dédié aux lieux d'expo de Grenoble et de l'agglo doit forcément prendre en considération le Musée de Grenoble et ses collections impressionnantes qui, on le rappelle une nouvelle fois, rivalisent avec celles des grands musées français – voire internationaux. Et ce même si rien de fou n'est organisé pendant ces deux jours par la vénérable institution. Le musée et son expo temporaire consacrée au peintre Fantin-Latour seront ainsi en accès libre le samedi de 18h30 à minuit et le dimanche toute la journée. C’est déjà ça. À noter tout de même que l’association Musée en musique proposera, le dimanche à 14h30, une « sieste musicale » dans le patio du musée avec le quintette vocal Sparkling Voices, et ce sera en accès libre. Une visite des coulisses au Musée dauphinois Un musée, c'e

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Olivier Cogne, du Musée de la Résistance au Musée dauphinois

Musées | À 41 ans, Olivier Cogne, jusque-là directeur du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, va remplacer Jean Guibal, à la tête du Musée dauphinois depuis 1981. Il se présente dans la continuité de son prédécesseur.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 22 novembre 2016

Olivier Cogne, du Musée de la Résistance au Musée dauphinois

Il a été directeur du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère pendant six ans. Désormais, Olivier Cogne va grimper les marches de la Bastille pour récupérer la direction du Musée dauphinois, en remplacement de Jean Guibal, « l’un de [s]es maîtres ». « Même si je n’avais pas fait le tour du Musée de la Résistance, j’avais envie d’un renouvellement et de travailler dans un lieu pour lequel j’ai une grande admiration » indique le nouveau chef. Bien sûr, le quadra n’arrive pas dans l’ancien couvent de Sainte-Marie-d’en-haut en néophyte. « J’étais jusque-là chargé d’exposition au Musée dauphinois », comme À l'arrière comme au front, les Isérois dans la Grande Guerre en 2014 ou encore Tsiganes, la

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Musée dauphinois : bienvenue en Isère

ESCAPADES | Chaque année, le musée grenoblois niché à flanc de Bastille propose plusieurs expositions temporaires souvent passionnantes. Mais, lors de la visite, il ne faut pas pour autant négliger les expositions permanantes, consacrées à l'Isère sous divers aspects. Parce qu'elles aussi valent le détour.

Tiphaine Lachaise | Lundi 18 juillet 2016

Musée dauphinois : bienvenue en Isère

Le Musée dauphinois, niché à flanc de Bastille, dans l’ancien couvent de Sainte-Marie-d’en-Haut classé Monument historique, est bien plus grand qu’il n’y paraît. Plusieurs collections permanentes se succèdent dans ce bâtiment devenu musée dès 1968, à la faveur des Jeux Olympiques de Grenoble. Bernard Gilman, à l’époque adjoint à la culture de la Ville de Grenoble, voulait ainsi en faire un endroit « où nous essaierons de situer dans leur contexte historique les problèmes actuels de la région ». Pour cela, on débute par l’histoire tourmentée du lieu grâce à des panneaux installés dans un boyau menant à la découverte d’une chapelle inattendue en sous-sol. Plus loin, sous les toits, se cache la grande histoire d’un sport bien connu des Grenoblois : le ski, de la préhistoire à la fin du XIXe siècle. Dernière collection, et non des moindres, celle de l’histoire du peuple isérois et de la vie dans les Alpes. Un retour dans le temps qui débute au Moyen-Âge et mène jusqu’à aujo

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PB d'or 2015 : expo

ARTS | En 2015, on est tombés amoureux d'un musée et d'un artiste.

Charline Corubolo | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : expo

Le PB d'or de l'artiste grenoblois qui dominera bientôt la peinture contemporaine : Johann Rivat La première incursion de Johann Rivat dans nos colonnes remonte à novembre 2011. Depuis, le peintre grenoblois ne cesse d'envahir les murs de la région avec ses toiles de révoltes urbaines aux couleurs hallucinantes : la galerie Showcase en mai 2014, l'exposition Confidences d'outre-tombe pour le versant contemporain avec son crâne « d'anniversaire » (qui a fait la une du PB), une participation à l'exposition collective Who's afraid of picture(s) en mars 2015 à l’École supérieure d'art et design Grenoble, une autre

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Clichés de montagne

ARTS | À travers des portfolios sonores qui s’écoutent autant qu’ils se contemplent et une série de photographies, le Musée dauphinois témoigne ingénieusement de la particularité de l’environnement montagnard. Où comment, avec l’exposition "Caractères d’altitude", grandeur de la nature rime avec intimisme. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Lundi 21 octobre 2013

Clichés de montagne

L’homme est souvent à l’image de sa montagne. Avec cette exposition, le Parc national des Écrins se dévoile par le prisme de la parole humaine. Intitulée Caractères d’altitude, référence aux différents secteurs autant qu’aux personnalités qui y vivent, elle est conçue en deux temps. Le jardin du cloître devient métaphore du cœur montagneux selon une carte imaginaire, tracée par des photographies panoramiques des sommets. Étrangement, ces dernières offrent une impression de petitesse de la nature, alors que la création polyphonique qui s’y greffe crée une impression de hauteur. Les enregistrements sonores donnent la parole à des professionnels du milieu, paroles entremêlées à des captations de la faune locale qui s’apposent telles des respirations. Le sensitif se met en place pour qui aime profondément la montagne. Dans la forêt En périphérie du jardin, les galeries ouvertes présentent une trentaine de portraits photographiques d’habitants de la "zone d’adhésion", soit la vallée. Les personnes choisies ont des profils variés allant du comédien reconverti en boulanger au vigneron, en passant par le curé, esquissant ainsi une fresque amusante de la popula

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S’amuser au musée

CONNAITRE | Nathan et Chloé s’ennuient à la maison. Le remède, amenez-les dans les musées, la plupart d’entre eux proposent pendant les vacances des activités ludiques et interactives. Une bonne façon de susciter curiosité et intérêt. RLR

Aurélien Martinez | Vendredi 10 février 2012

S’amuser au musée

Avec « Dessine-moi un éléphant » au Musée Dauphinois, les petits princes et princesses se retrouvent à une table à dessin où, sur la base de textes anciens, ils sont invités à exprimer leurs visions du mystérieux pachyderme. Une bête fantastique qui mobilisa chez les artistes les représentations les plus fantasmagoriques, comme l’on peut le voir dans l’exposition Hannibal et les Alpes. Hannibal, le chef légendaire des légions carthaginoises à « La conquête de Rome », c’est le titre du scénario que devront résoudre des pré-ados confrontés à des armés de centurions sur un plateau de jeu de stratégie et de simulation. La paix reviendra dès les vacances de printemps lors d’ateliers pacifiques au jardin. En dépit d’un intitulé qui résonne comme une règle de grammaire « Un vitrail, des vitraux », l’animation du Musée de l’Ancien Evêché vibre de lumière et de couleurs. Après une visite des « portails lumineux » de la Cathédrale et de l’église St Hugues, les jeunes verriers conduits dans la salle de pédagogie sont amenés à reproduire sur une plaque de plexiglas un dessin qui, de touche en touche

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Combat dans l’œil

ARTS | Dans le cloître du musée Dauphinois, quarante-sept photos, - essentiellement des portraits d’ouvriers -, rappellent que l’industrie existe encore en Isère. Entretien avec leur auteur, Bernard Ciancia, photographe passionné. Propos recueillis par Reine Paris

François Cau | Lundi 19 décembre 2011

Combat dans l’œil

Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser aux ouvriers ?Bernard Ciancia. Je viens du monde de l’industrie. Tout gamin, je traînais dans les usines. Mon père était conducteur de chantier et ingénieur. On a beaucoup voyagé avec lui. Je suis arrivé dans la région à la fin des années 1970, quand il a été nommé directeur des papeteries de Pont-de-Claix. Mais alors, vous êtes plutôt de l’autre côté de la barrière ?La différence, c’est que moi, à 14 ans, quand j’ai voulu ma première mobylette, mon père m’a signifié qu’il y avait du travail à l’usine. Il m’a toujours dit, si tu veux quelque chose, tu vas le chercher. On ne m’a rien donné, mais j’ai eu de la chance d’être élevé, d’être éduqué. On est trois frères et à l’usine, les plus sales boulots, c’était pour nous. Parce qu’il fallait qu’on montre l’exemple. Mais, attention, je ne m’en plains pas. Loin de vous dégoûter, le monde industriel semble au contraire vous inspirer…J’aime les odeurs des usines, j’aime les hommes qui y travaillent. Quand un mec comme moi pose les yeux sur eux, il y a quelque chose qui se passe. Pendant le c

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Une histoire de résistants

ARTS | Très didactique, l’exposition du musée de la Résistance s’intéresse à l’engagement dans la résistance au fascisme des exilés italiens en Isère depuis les années 1920 (...)

François Cau | Lundi 28 novembre 2011

Une histoire de résistants

Très didactique, l’exposition du musée de la Résistance s’intéresse à l’engagement dans la résistance au fascisme des exilés italiens en Isère depuis les années 1920 jusqu’à la Libération. En apportant cet éclairage politique, elle complète celle du musée Dauphinois qui retrace l’histoire de la présence italienne dans la région. Constituée essentiellement de reproductions de documents issus des archives départementales et du fonds du musée dauphinois (coupures de presse, affiches, photos, cartes et autres objets du quotidien), elle transporte le visiteur dans une époque mouvementée. Grâce aux nombreux éléments présentés de manière aérée et accompagnés de courts textes explicatifs en français et en italien, l’atmosphère des rues de Grenoble et de Voiron est rendue, entre manifestations et arrestations. L’exposition en profite pour rafraîchir efficacement la mémoire sur l’histoire de la montée des totalitarismes en Europe et donne notamment une bonne idée de ce que fut l’occupation italienne en Isère de novembre 1942 à septembre 1943. Un émouvant diaporama de photos retrouvées dans les archives des Anciens Combattants a le mérite de donner un visage à quelques-uns des deux cents R

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Vu d’ici

ARTS | EXPOSITION / En cette période où les évènements autour de l’Italie fleurissent (notamment les Rencontres du cinéma italien qui se poursuivent jusqu’au 29 (...)

François Cau | Lundi 21 novembre 2011

Vu d’ici

EXPOSITION / En cette période où les évènements autour de l’Italie fleurissent (notamment les Rencontres du cinéma italien qui se poursuivent jusqu’au 29 novembre), l’exposition Un air d’Italie apparaît comme le temps fort de ces festivités célébrant les cent cinquante ans de l’unité du pays. Toujours sur le credo de la confrontation des identités locales avec d’autres plus ou moins lointaines, le Musée Dauphinois (ancien couvent au sein duquel vécurent justement de nombreuses familles italiennes avant qu’il ne devienne le musée que l’on connaît) dresse cette fois-ci un état des lieux de la présence italienne en Isère, à travers un parcours comme toujours très didactique et documenté. Il faut dire qu’à côté de la masse d’archives utilisées (à la pertinence variable), le musée a fait appel aux nombreuses familles d’origine italienne installées dans la région. D’où une série de témoignages vidéo enrichissants, où les expériences personnelles mises bout à bout constituent un panorama subjectif néanmoins assez représentatif des enjeux liés à toute forme d’émigration – par exemple les questions de déracinement et d’acculturation. À noter, dans la lignée de cette exposition, que celle

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