Coulures ascensionnelles

Charline Corubolo | Mardi 27 mai 2014

Photo : Charline Corubolo


À Grenoble, au passage de la place aux Herbes et de la place Claveyson, la gravité subit un drôle d'effet. Dans la vitrine de la galerie Showcase, les coulures de peinture, qui rivalisent les unes avec les autres par l'éclat de leurs nuances, sont ascensionnelles. Si d'habitude Johann Rivat puise son inspiration dans le figuratif, l'artiste s'est adonné ici à la pulsion abstraite. Plus que de simples lignes, l'exposition Picturalisme donne à voir une saisissante valse de couleurs dans laquelle la matière se noie, puis émerge comme si le médium lui-même ne cessait de se réinventer.

Appliquée directement sur la surface de la vitrine, l'œuvre qui nous est présentée est celle qui dévoile le processus à rebours de la création. Enfermée dans sa cage vitrée, la peinture finale fait face au mur tandis que l'envers du décor est livré au regard du passant. Inversion de la vision, si bien dans le sens de présentation que dans l'angle de monstration de l'œuvre, Picturalisme ouvre une réflexion sur le médium propre qu'est la peinture et offre une expérience nouvelle de la matière. D'où certainement le titre de l'exposition, possible condensé du mouvement « pictorialisme », qui cherchait à faire du médium photographique un art autonome, et de « pictural », autrement dit la peinture.

Charline Corubolo

Picturalisme, jusqu'au 20 juin à la galerie Showcase


Picturalisme

Peinture de Johann Rivat
Galerie Showcase Vitrine à l'angle des place aux Herbes - place Claveyson Grenoble
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Réincarner les mythes

Exposition | Dix ans après sa première exposition au Vog, le peintre grenoblois Johann Rivat y revient pour nous dévoiler ses dernières réalisations. Une plongée dans un univers pictural singulier où les figures mythologiques côtoient les totems modernes que sont les panneaux publicitaires.

Benjamin Bardinet | Vendredi 5 mars 2021

Réincarner les mythes

« Ce qui me préoccupe, c’est l’attention portée aux choses. Pour la plupart de mes peintures, je réalise le châssis, tend et prépare la toile moi-même. Et naturellement, je n’expose pas mes toiles avant de les avoir parfaitement vernies ! » Il y a chez Johann Rivat un attachement aux savoir-faire et une indéniable attention portée à l’objet pictural. Si les figures centrales de ses grands formats sont souvent dessinées avec précision et font immédiatement image, le paysage dans lequel elles se situent se révèle une surface vibrante où le travail de la matière s’épanouit pleinement : jeux chromatiques, coulures, réserves, glacis… de savoureux effets picturaux qui invitent à une observation attentive et surtout qu’aucune reproduction, aussi technologique soit-elle, ne pourra jamais restituer. Pas de distanciel possible ici donc. Points incandescents Intitulée Prométhée aux Enfers, l’exposition de Johann Rivat au Vog se déroule selon un parcours tendu entre deux points incandescents. En introduction, c’est une flamme dérobée aux dieux de l’Olympe qu’un Prométhée moderne (et féminisé) tient dans sa main ; en fin de parcours, c’est le rouge fla

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"Group Show" : l’art du collectif selon la galerie Marielle Bouchard

Exposition | La nouvelle exposition de la galerie grenobloise présente six artistes : deux invités, trois déjà exposés entre ses murs et un nouveau talent. Un "Group Show" plein de promesses, qui annonce une année plastiquement riche rue Pierre Termier.

Charline Corubolo | Mardi 30 janvier 2018

Depuis son ouverture en mars dernier, la Galerie Marielle Bouchard n’a de cesse de nous surprendre avec une ligne artistique qualitative (que l’on avait d’ailleurs saluée en décembre par un PB d’or), mettant en avant de (jeunes) talents aux univers et aux moyens d’expression variés. Une pertinence plastique qui se confirme en ce début d’année avec l’exposition collective Group Show, sorte de "rétrospective" pleine de promesses pour 2018. Une proposition dévoilant six artistes qui fouillent des esthétiques plurielles, refusant ici toute théorisation thématique au profit du pur plaisir visuel, mais non sans sagacité. Car il y a dans cette présentation une véritable intelligence du regard mariant avec finesse les différentes œuvres entre figuration et abstraction, peinture et photographie. On y (re)découvre ainsi des noms connus (et souvent défendus dans ces pages) comme

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"Déambulation" : la note d’intention de la galerie Marielle Bouchard

Galerie | Début mars, l’art contemporain s’est infiltré rue Pierre Termier (Grenoble) avec l’ouverture de la galerie Marielle Bouchard. Pour cette inauguration, l’exposition "Déambulation" présente les 12 artistes que le lieu défendra dans les mois à venir. Une première proposition pensée comme une invitation dans l’univers de ce nouvel espace dédié à l’art.

Charline Corubolo | Mardi 21 mars 2017

Plus qu’une inauguration, l’exposition Déambulation s’affiche tel un manifeste, une note d’intention des ambitions portées par la galerie Marielle Bouchard. Ouvert le 9 mars dernier, le lieu entend défendre un art contemporain émergeant avec une volonté d’éclectisme. À cet effet, la première exposition dévoile les 12 artistes que la galerie souhaite soutenir en ses murs. Véritable invitation à l’évasion plastique, la visite offre un regard foisonnant sur la création d’aujourd’hui avec une multitude de médiums représentés : la photographie picturale de Hesse & Romier, la sérigraphie nostalgique de Wandrille Duruflé, les dessins muraux de Géraldine Pastor Lloret, la peinture sous plexiglas de Muriel Rodolosse, l’autofiction photographique de

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PB d'or 2015 : expo

ARTS | En 2015, on est tombés amoureux d'un musée et d'un artiste.

Charline Corubolo | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : expo

Le PB d'or de l'artiste grenoblois qui dominera bientôt la peinture contemporaine : Johann Rivat La première incursion de Johann Rivat dans nos colonnes remonte à novembre 2011. Depuis, le peintre grenoblois ne cesse d'envahir les murs de la région avec ses toiles de révoltes urbaines aux couleurs hallucinantes : la galerie Showcase en mai 2014, l'exposition Confidences d'outre-tombe pour le versant contemporain avec son crâne « d'anniversaire » (qui a fait la une du PB), une participation à l'exposition collective Who's afraid of picture(s) en mars 2015 à l’École supérieure d'art et design Grenoble, une autre

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Exposition collective des 10 ans du Vog : notre sélection

ARTS | En 10 ans, 50 artistes sont passés par le centre d'art contemporain de la ville de Fontaine, dévoilant des œuvres figuratives ou abstraites traitant du présent ou faisant référence au passé. En en sélectionnant 17 pour l'exposition collective anniversaire des 10 ans, la directrice du Vog Marielle Bouchard cherche l’éclectisme artistique et donne la primauté au format 2D dans un souci de cohérence. De grandes lignes se dessinent au fil d'un parcours allant de l'histoire de l'art au paysage en passant par la peinture. Tour d'horizon avec une sélection de neuf artistes.

Charline Corubolo | Mardi 17 novembre 2015

Exposition collective des 10 ans du Vog : notre sélection

Coulures et transparences Bien connu dans le monde artistique, Marc Desgrandchamps éprouve la peinture par la coulure et la transparence ce qui lui permet de créer des scènes entre réel et imaginaire. C'est en prélevant des éléments d'une photographie prise sur le vif ou d'un film que l'artiste met en place cette atmosphère étrange dans laquelle on semble voir plusieurs mondes. Passé au Vog en 2012 (on lui avait accordé notre "une"), il dévoile aujourd'hui Sans titre (1999), pièce marquante de sa carrière. Dans ce grand format, on ne sait ce qui est personnage ou nature, l'ensemble baignant dans un air bleuté irréel. Révolte picturale Après un passage au Vog en 2011, puis un récemment à l'IAC de Villeurbanne dans le cadre des Re

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La peinture en guerre

ARTS | À l'ère du XXIe siècle, dans un monde régi par Internet, les images prolifèrent à une telle vitesse qu'elles semblent avoir des vies autonomes. "Who's afraid of picture(s)?", nouvelle exposition de l'École supérieure d'art et de design Grenoble, cherche ainsi à interroger le rapport entre l'image et l'art contemporain autant qu'à questionner la force de la peinture. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 10 mars 2015

La peinture en guerre

L'exposition Who's afraid of picture(s)?, installée depuis le 25 février à l'École supérieure d'art et de design Grenoble, trouve une résonance particulière dans une actualité bien morose. La genèse de ce projet remonte pourtant à six mois de cela, avec pour initiateur Frédéric Léglise, artiste, professeur à l'Ésad et surtout curateur de l'événement. Et si les éléments perturbateurs qui ont conduit à l'élaboration de cette présentation collective de peintres (une visite dans l'atelier de l'Islandais Errò ainsi qu'un programme de recherche en peinture) semblent anecdotiques, ils sont pour autant révélateurs de la force des représentations et de la persistance du médium pictural. Cherchant à répondre à l'épineuse question des images dans un siècle où les médias de masse saturent nos yeux (images d'ailleurs réexploitées par les peintres), Frédéric Léglise propose une remontée chronologique jusqu'à Jean-Jacques Lebel et Errò, deux artistes qui ont fait des visuels existants une nouvelle composante dans leur démarche artistique. Deux artistes qui ont vécu le boum du pop art, mis en parallèle avec de jeunes artistes qui, eux, ont vécu le boum Internet. Pi

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Au fil des crânes

ARTS | La mort, et plus particulièrement le crâne, ont toujours entretenu des rapports puissants avec l'art qu'il s'agisse des vanités du Moyen-Âge, des peintures (...)

Charline Corubolo | Mardi 13 janvier 2015

Au fil des crânes

La mort, et plus particulièrement le crâne, ont toujours entretenu des rapports puissants avec l'art qu'il s'agisse des vanités du Moyen-Âge, des peintures de Pablo Picasso ou plus récemment de l’œuvre en diamants de Damien Hirst (pour ne citer qu'elles). Une icône universelle qui permet aux artistes de traduire plastiquement toute l’ambiguïté de la vie qui ne semble se saisir que dans la mort. Une vision symbolique de notre existence expérimentée par desartistes contemporains actuellement exposés au Musée dauphinois dans le cadre de Confidences d'outre-tombe, squelettes en question. Une démarche atypique pour un musée patrimonial, pourtant déjà tentée auparavant dans ses murs, avec cette volonté de confronter l'art du XXIe siècle à l'histoire et au patrimoine. Un pari risqué qui prend tout son sens en fin de parcours, tel un prolongement sur le rôle des représentations squelettiques dans nos sociétés. Suite à la sélection réalisée par Fabrice Nesta, artiste et professeur à l’École supéri

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Paysages silencieux

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Aurélien Martinez | Lundi 7 novembre 2011

Paysages silencieux

Chez Johann Rivat, la toile est autant celle du cinéaste que du peintre. Le jeune artiste, diplômé depuis 2008 de l’École d’art de Grenoble, compose ainsi des tableaux grand format hypnotiques à la matérialité criante (notamment par le choix de peintures épaisses et de couleurs tranchées) à partir de paysages où, plus ou moins discrètement, un détail évoque une présence humaine. Dans Me And The Colonel, une pancarte KFC se trouve plantée au milieu d’un lac inquiétant. Dans Sky’s Drawing, le ciel d’un bleu resplendissant se voit déchiré par un avion et sa longue traînée blanche. Des œuvres emplies de références à la culture pop américaine, véhiculée dans les films donc (on pense à des décors), mais aussi la littérature (Rivat cite Jack London pour son rapport à l’espace) ou la musique. Avant de découvrir la dernière salle, qui propose la déclinaison en quatre formats d’une scène d’explosion, on passe par le tout petit couloir de la galerie, que l’artiste a souhaité utiliser comme un cabinet de dessins : il y expose en vrac et de manière resserrée différentes pièces, pas toutes dignes d’intérêt, mais qui permettent de comprendre comment s’est élaboré et

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