Musée Géo-Charles : artistes, vos papiers !

ARTS | Exposition au titre ambivalent, « Cent papiers » dévoile cent œuvres sur papier donc et trouve véritablement sa force dans le choix des artistes présentés plus que dans la diversité de la feuille, qui s'affiche principalement en 2D. Petite sélection de pièces à découvrir sur place. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 9 février 2016

Photo : Gilles Balmet, SIlver Mountains


L'histoire, de l'humanité comme de l'art, est jalonnée de révolutions. De papyrus en courrier électronique, le papier a longtemps été souverain mais apparaît aujourd'hui comme un support fragile voué à disparaître. Né en Chine durant l'Antiquité, ce médium résiste pourtant et demeure une source inépuisable de création. Plus qu'un réceptacle de la forme, il peut être malmené de déchirures en perforations, de pliures en dévalements, offrant des possibilités infinies.

L'un des premiers artistes ayant ainsi expérimenté cette matière pour ses caractéristiques intrinsèques est Pablo Picasso qui, en 1912, réalise ses premiers papiers collés, dont un est exposé au Musée de Grenoble. Une brèche ouverte qui traverse le siècle jusqu'aux papiers réactifs de Sigmar Polke. Et aujourd'hui encore, la feuille s'avère être un outil de recherche plastique. Tel est le leitmotiv de l'exposition Cent papiers curatée par Élisabeth Chambon dont la thématique et le titre ont conditionné certaines contraintes : des œuvres de petits formats et l'impératif d'avoir cent œuvres (pour 87 artistes au total).

Mais plus qu'une démonstration de la diversité productive de ce support (par exemple l'art de l'origami ou de la maquette), l'exposition s'est faite selon les « affinités électives » d'Élisabeth Chambon, dévoilant au public de belles feuilles, souvent en 2D. Une plongée au cœur de la fibre possible grâce à diverses collaborations, notamment avec le Musée de Grenoble, le Musée d'art contemporain de Lyon ou encore des collections publiques et privées. Se côtoient de grands noms tels que Francis Picabia, Jean-Marc Rochette, Annette Messager, et des artistes locaux comme Gilles Balmet et Julien Beneyton, selon une narration qui tend vers la fiction.

Des mots aux corps

Une fiction qui, dans la première salle, démarre par le mot. Car le domaine de l'écrit n'est pas réservé aux auteurs et nombre d'artistes jouent de la lettre pour créer, se dévoiler ou déstabiliser. Il devient illisible avec Thomas qui, en superposant des papiers troués, propose une lecture compliquée du texte initial. Quant à Vera Molnar, ses Lettres de ma mère (sur imprimante) (1988) dévoilent une écriture brouillonne et anguleuse rendant une fois encore la lisibilité de l'écrit impossible, pour basculer vers un paysage linéaire. La ligne prend forme avec Adrien Vermont qui appose sur la feuille textes et croquis tandis que les esquisses de Georg Baselitz semblent être des croquis préparatoires devenant, par un trait incarné, des œuvres à part entière.

Les mots s'imagent d'avantage avec Fadma Kaddouri. Intéressée par l'écrivain Mohamed Choukri, elle fait se croiser son histoire et la sienne avec un signe visuel « valise », celui de la roue. Malgré la persistance de l'écriture, la ligne arrondie, qui parle autant du voyage que du corps, verse dans le dessin.

Lancés sur le chemin de l'errance et des êtres, les papiers nous mènent alors, dans la grande salle, au cœur de la figuration. Sur le mur orangé défilent Erró, Benoît Broisat ou encore Gérard Pascual dont le Pourquoi pas empreinte à l'esthétique de Picasso. Katia Bourdarel fait également référence à l'histoire de l'art avec un portrait féminin marqué par le préraphaélisme, créant un dialogue entre passé et présent. Le temps apparaît suspendu chez Jean-Pierre Ardito avec une huile sur papier où la frontière entre réel et imaginaire devient poreuse.

Paysages abstraits

Une porosité que l'on retrouve dans la section paysage avec notamment Gilles Balmet qui, selon un procédé précis, élabore des vues montagneuses irréelles. La nature se découpe en son cœur chez Pierre Gaudu, dont les tonalités noires offrent un regard particulier à la feuille qui devient alors minérale. Deux artistes locaux qui flirtent quelque peu avec l'abstraction alors que dans la salle de la cheminée, le paysage devient complètement abstrait. Un lissage des limites qui permet cependant une plus grande expérimentation du support.

Papiers incisés, lamelles colorées, jeux de transparence, aplat perforé, les artistes emploient avec finesse le médium pour lui-même avant d'y déployer la forme. En usant d'un transfert de peinture flottante sur un papier deep violet, Patrice Pantin crée une couleur vibrante, tandis que l'encre blanche de Clément Bagot révèle les aspérités. Jill Gallieni nous plonge elle dans une écriture incantatoire et répétitive, fermant la boucle d'une exposition où la feuille demeure souvent lisse par l'utilisation qui en est faite, mais où se croise figuration et abstraction, artistes de renom, locaux et illustrateurs, dans une fiction dessinée de haut papier.

Cent papiers, jusqu'au dimanche 24 avril au Musée Géo-Charles (Échirolles)


Cent Papiers !

100 œuvres sur papier issues de collections publiques et privées des XXe et XXIe siècles et des collections d'artistes
Musée Géo-Charles 1 rue Géo-Charles Échirolles
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"The Last Hillbilly" : chroniques des Appalaches

ECRANS | ★★★☆☆ De Thomas Jenkoe & Diane-Sara Bouzgarrou (Fr.-Qat., 1h20) documentaire En salles le 30 décembre.

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2020

Au fin fond du Kentucky, dans une montagne jadis exploitée pour son charbon, subsistent quelques rares familles, dont celle de Brian. Mémorialiste et aède des "derniers bouseux" de cette contrée, il donne une vision intérieure, volontiers bucolique, de cette population souvent oubliée et généralement assimilée aux "white trash" dégénérés (les consanguins de Délivrance, la famille de Cletus dans Les Simpson) ou que le dénuement conduit aux lisières du monde social (Winter’s Bone), puis politique (voir les interlocuteurs de Claus Drexel dans son documentaire America). Même si Brian n’a pas le côté survivaliste extrême du Captain Fantastic de Matt Ross, il partage avec lui une forme d’érudition naturaliste plus proche de Thoreau que de Trump. The Last Hillbilly rappelle que cette Amérique existe, au même titre qu’existe chez nous la Creuse ou la Lozère, et que si elle souffre, elle est attachée à son territoire et n’a pas encore abandonné tout espoir. Pour combien de temps encore ?

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" Drunk" : qui abuse, boira…

Cinéma | Boire / Thomas Vinterberg s’empare d’une théorie tordue pour s’attaquer à un nouveau "pilier culturel" scandinave : la surconsommation d’alcool. Une fausse comédie et une vraie étude de mœurs à voir cul sec.

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Ils sont quatre potes, au bas mot quadragénaires et profs dans le même lycée. Quatre à ressentir une lassitude personnelle et/ou professionnelle. Quatre à se lancer, « au nom de la science » dans une étude secrète : tester la validité de la théorie d’un chercheur norvégien postulant qu’un humain doit atteindre une alcoolémie de 0, 5 g/L pour être dans son état normal : désinhibé et créatif. Commence alors une longue descente, et pas qu’aux enfers… Drunk se décapsule sur une séquence qu’on croirait documentaire, montrant ce qui ressemble à une soirée d’intégration entre étudiants (en réalité, il s’agit d’élèves de terminale), en train de se livrer à une sorte de compétition sportive. Sauf qu’ici, l’enjeu pour les participants n’est point tant de courir vite, mais pour chacun d’engloutir le contenu d’une caisse de bière, de le vomir, avant d’aller semer sa "bonne humeur" éthylique dans les rues de la ville et ses transports en commun. Ce ne sont pas tant les débordements (somme toute minimes et potaches) causés par ces lycéens bien peignés qui choquent ; plutôt le regard bienveillant, amusé voire nost

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"Jojo Rabbit" : j’avais deux camarades

Fiction | Un garçonnet, dont le confident imaginaire est Hitler, se retrouve à sauver des nazis une orpheline juive. Taika Waititi s’essaie au burlesque dans une fable maladroite ne sachant jamais quel trait forcer. Une déception à la hauteur du potentiel du sujet.

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

Allemagne, années 1940. Tête de turc de sa section des Jeunesses hitlériennes, le malingre et craintif Jojo trouve du réconfort auprès d’un ami imaginaire, Adolf en personne. Tout s’embrouille lorsqu’il découvre une adolescente juive cachée dans les murs de sa maison… L’accueil enthousiaste rencontré par Jojo à Toronto, doublé d’un Prix du Public, en a fait l’un des favoris dans la course à l’Oscar. Sur le papier, le postulat du film a de quoi susciter la curiosité tant il semble cumuler les transgressions volontaires. Résumons : Jojo conte tout de même la fin de la Seconde Guerre mondiale côté allemand du point de vue d’un jeune féal du Führer, en adoptant un registre absurdo-burlesque avec des stars populaires, le tout sous la direction de Taika "Ragnarok" Waititi qui s’adjuge de surcroît le rôle d’Hitler. Ça fait beaucoup, mais pourquoi pas si une cohérence supérieure gouverne les choses ? Ce n’est malheureusement pas le cas. Hitler ? Connais pas… Waititi ne sachant pas quel ton maintenir, son film apparaît violemment hétérogène. Taillant sur mesure ses séquences aux

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"Adoration" : Ardennes que pourra

ECRANS | « Mes jeunes années (…)/Courent dans les sentiers/Pleins d'oiseaux et de fleurs », chantait Charles Trenet. À ce tableau pastoral, Fabrice Du Weltz ajoute sa touche d’intranquillité et de dérangement faisant d’une fuite enfantine une course éperdue contre (ou vers) l’âge adulte.

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Adolescent d’une petite dizaine d’années, Paul vit dans l’enceinte d’un hôpital psychiatrique où sa mère travaille. Lorsque Gloria, jeune patiente de son âge est internée, Paul éprouve pour elle une fascination intense. Un acte irréversible va lier leurs destins et les entraîner dans une cavale folle… Retour aux fondamentaux pour Fabrice Du Welz, que sa parenthèse – ou la tentation ? – hollywoodienne avait sinon dispersé, du moins un peu dérouté de sa ligne originelle. Ultime volet de sa "trilogie ardennaise", Adoration n’en est certes pas le moins sauvage ni le moins exempt de mystères non élucidés, mais il semble convertir en lumière pure la vitalité débordante de ses protagonistes. Et même s’autoriser, suprême audace, une espérance dans une conclusion en forme d’épiphanie. Le cadre lui-même s’avère propice puisque la nature dans laquelle se dissolvent les fugitifs déborde de vie, de bienfaits estivaux et de rencontres favorables ; quant aux poursuivants, ils demeurent à l’état de silhouettes – rien à voir avec La Nuit du chasseur ! Ados adorés En fait, Gloria et Paul transportent avec eux leur

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Benjamin Parent : « J’avais envie de rendre un peu extraordinaire le quotidien »

Cinema | Pour son premier long métrage, "Un vrai bonhomme", Benjamin Parent s’aventure dans un registre peu coutumier en France : le "coming at age movie", une sorte de film d’apprentissage adolescent. Une jolie réussite dont il dévoile quelques secrets. Attention, un mini spoiler s’y dissimule…

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Benjamin Parent : « J’avais envie de rendre un peu extraordinaire le quotidien »

Un thème commun se dégage de votre film Un vrai bonhomme et de Mon inconnue que vous avez co-écrit avec Hugo Gélin : l’uchronie, ou l’idée de permettre à des personnage d’accomplir des destinées alternatives. Est-ce délibéré ? Benjamin Parent : Pas du tout. Dans Mon Inconnu, l’idée d’uchronie vient d’Hugo ; je l’ai développée et essayé de développer la dramaturgie sur l’uchronie "la plus intéressante". Je trouve que l’uchronie permet de raconter l’histoire d’une manière extrêmement drastique, avec ce truc d’inversion absolue des choses : et si on pouvait rencontrer ses parents et qu’on se rendait compte que son père était un blaireau et que sa mère voulait nous choper, qu’est-ce qu’on ferait ? L’uchronie, finalement, c’est un pitch radical, qui permet plein de possibilités et un déploiement de l’imaginaire. Un vrai bonhomme, où le personnage de Léo est une extension de celui de Tom, permet également le déploiement de l’imaginaire. Donc du vôtre à travers eux… Effectivement. Mais plus qu’une uchronie, cela joue sur le principe de ce que l’on montr

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"Un vrai bonhomme" : je mets les pas dans les pas de mon frère

Cinema | Un adolescent solitaire s’appuie sur le fantôme de son aîné pour s’affirmer aux yeux de ses camarades, de la fille qu’il convoite et de son père qui l’ignorait, perdu dans le deuil de son fils préféré. Une brillante première réalisation signée par le coscénariste de "Mon Inconnue".

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Ado introverti ayant toujours subi l’aura solaire de de son frère Léo, Tom fait sa rentrée dans un nouveau lycée. Heureusement, Léo est là pour lui prodiguer encouragements et conseils. Sauf que depuis un accident de la route fatal à Léo, celui-ci n’existe plus que dans la tête de Tom… On ne divulgâche rien en dévoilant d’entrée le fait que Léo est ici un personnage imaginaire, puisque Benjamin Parent s’arrange pour lever toute ambiguïté à ce sujet dès la minute 18. Tout l’enjeu de son film n’est pas de fabriquer un mystère à la Shayamalan pour le public, mais d’inclure ce dernier dans la névrose de son héros ; de lui faire partager les affects d’un adolescent mal remis d'un traumatisme et croyant trouver par cet expédient le chemin de la résilience. Mon frère, ce halo Comédie, drame ? Disons dramédie bien tempérée, ce qui constitue un tour de force : rares sont en effet les films hexagonaux capables d’aborder la question adolescente sans s’abandonner à des récits d’amourettes (La Boum), à des pitretries pathétiques (

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"Notre dame" : archi réussite

Cinema | Pâques aux tisons, Noël au balcon… des cinés. Grâce à Valérie Donzelli, la cathédrale de Paris revit à l’écran, personnage secondaire d’une délicieuse fantaisie sentimentale, burlesque et fantastique. Où il est aussi question de la place des femmes au travail et en amour…

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Architecte tyrannisée par son patron, maman séparée d’un ex un brin crampon, Maud Crayon mène plusieurs vies complexes en une. Et voici que par un étrange coup du sort, elle remporte sans avoir concouru le réaménagement de Notre-Dame et se retrouve enceinte. Alléluia ? Les méchantes gens et autres mauvaises langues trouveront une corrélation entre la non-présence de Jérémie Elkaïm au générique et la réussite du 5e long métrage de Valérie Donzelli ; bornons-nous à pointer cet amusant détail, sans en tirer de perfides conclusions. Charmant bijou de joliesse, Notre dame est une irrésistible comédie sentimentale, sérieusement drôle et drôlement sérieuse, s'accommodant d'une once de magie : le fameux "réalisme magique" tant prisé par les romanciers de Garciá Márquez à Murakami, qui n'est rien d'autre qu'un habit poétique ou métaphorique du fatum à l'intérieur d'une fiction. On croit rêver Au reste, la singularité surnaturelle n’en est plus une dès lors que l’on considère Notre dame, dans son ensemble, comme une extrapolation de notre monde passé à travers la moulin

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"Dancing Ghosts" : les esprits du lieu par Thomas Teurlai

Exposition | "Dancing Ghosts", proposition de parcours faite par Thomas Teurlai pour le Centre d’art Bastille, transforme le lieu d'exposition en une étrange caverne possédée par les esprits. On conseille à celles et ceux qui veulent apprécier pleinement l'expo (et ça vaut le coup) de ne pas lire cet article !

Benjamin Bardinet | Mercredi 30 octobre 2019

Quand une installation conçue pour un lieu est bien ficelée, il est parfois difficile pour le journaliste d’en parler, tant on aimerait que le lecteur potentiel futur visiteur puisse en profiter aussi vierge que nous ! C’est bien le "problème" avec la proposition faite par Thomas Teurlai, artiste né en 1988 à Meaux qui, en trois œuvres et quelques interventions, transforme le Centre d’art Bastille en un antre inquiétant dont les esprits malins auraient pris possession. Imaginez : des planches hâtivement cloutées occultent les fenêtres ; une basket tournoyante émet un son continu et sourd ; plus loin, une platine vinyle sur laquelle s’écoule continuellement de l’eau est suspendue dans une cabine de douche éclairée par un stroboscope dont l’agressive lumière fait écho aux sonorités angoissantes générées par le dispositif… Pièce maîtresse Mais c’est au cœur du parcours que se dévoile la pièce maîtresse : sur des étagères métalliques sont installés des rouleaux sanglés dont on devine qu’ils sont l’accumulation de multiples strates de graffitis décollées de leur mur d’origine. On évolue ainsi dans une archive improbable dédiée à cette

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"La Fameuse invasion des ours en Sicile" : conte à pâte de velours

ECRANS | De Lorenzo Mattotti (It.-Fr., 1h22) animation

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

En ce temps où les ours et les humains vivaient en paix, le jeune Tonio, fils du roi des ours, se fit capturer par des chasseurs en Sicile. Aidé par un magicien, son père envahit la plaine des Hommes et remporta la victoire. Commença alors une cohabitation entre les deux espèces… Depuis le temps que l’univers de l'illustrateur et auteur de bande dessinée italien Lorenzo Mattotti taquinait le cinéma, il fallait bien qu’il franchisse pleinement le pas ; cela donc aura été par l’entremise d’un roman du génial Dino Buzzati. De par sa structure de conte, cette histoire se prêtait à ses somptueuses fantaisies graphiques (aplats texturés, couleurs chaudes, formes stylisées…) comme aux extensions lui étant ici offertes. En somme, le film accomplit un double travail "d’enluminure" du texte original en proposant d’une part l’adaptation visuelle par Mattotti et en développant de l’autre le propos philosophique par un enchâssement de récits – lequel fait également écho à la tradition orale du conte. Au scénario, si l’on n’est guère étonné de trouver la présence de Jean-Luc Fromental, grand habitué de la transposition de la BD à l’écran (l’homme appartie

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Thomas Piketty : « Le mouvement historique vers l'égalité peut reprendre son cours »

Conférence-rencontre | « L'inégalité n'est pas économique ou technologique : elle est idéologique et politique. » Faisant suite au best-seller surprise "Le Capital au XXIe siècle" (2013) vendu à plus de 2.5 millions d'exemplaires, le récent "Capital et idéologie" de Thomas Piketty est un livre tant historique que programmatique afin de « faire progresser notre réflexion collective » comme l'écrit l'économiste star. Rapide interview par mail (eh oui) avant sa venue à Grenoble (à la fac pour être précis) ce mercredi 2 octobre.

Aurélien Martinez | Lundi 30 septembre 2019

Thomas Piketty : « Le mouvement historique vers l'égalité peut reprendre son cours »

« Le discours méritocratique et entrepreneurial apparaît bien souvent comme une façon pour les gagnants du système économique actuel de justifier n'importe quel niveau d'inégalité » comme vous l'écrivez dans Capital et idéologie. Pour démonter cet état de fait, vous remontez le fil de l'histoire... Thomas Piketty : Le livre est une histoire vivante et animée des sociétés humaines au travers de leurs inégalités sociales et de leurs systèmes de justification des inégalités. Je pars des sociétés d'ordres d'Ancien Régime et des sociétés de propriétaires du XIXe siècle. J'analyse les réussites et aussi les ambiguïtés des promesses d'égalité de la Révolution française. Au XIXe siècle, on sacralise la propriété plus que de raison, par exemple en indemnisant les propriétaires d'esclaves (et non les esclaves !) lors de l'abolition de l'esclavage. C'est ainsi qu'Haïti s'est retrouvé à repayer une lourde dette à la France jusqu'au milieu du XXe siècle ! Je montre également comment la rencontre entre la puissance

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Musique classique : une saison, huit étapes

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Avec des stars, des jeunes pousses, des compisteurs d'hier comme d'aujourd'hui...

La rédaction | Jeudi 19 septembre 2019

Musique classique : une saison, huit étapes

Camille et Julie Berthollet Le 27 décembre 2014, pour la première édition de Prodiges sur France 2 (une émission consacrée aux jeunes talents du classique), quatre millions et demi de téléspectateurs suivirent les mouvements d’archet de Camille Berthollet. Une virtuose de quinze ans qui, dans une robe rouge coquelicot, réchauffa l’hiver par son interprétation fougueuse de L’Eté des Quatre saisons de Vivaldi. Un choix gagnant qui lui assura un début de carrière fulgurant, mais pas solitaire. Sur son premier opus bientôt disque d’or, elle associa ainsi sa sœur aînée Julie, également violoniste. Depuis, la surprenante paire construit des aqueducs où Schubert et Brahms côtoient Stromae et Nino Ferrer. Un programme cosmopolite qui, en dehors de refléter des goûts éclectiques, aspire en douce à faire venir les plus jeunes au classique. Au Grand Angle (Voiron) mardi 8 octobre Joachim Horsley Auteur de musiques pour le cinéma et pianiste dans l’ombre des succès de John Legend et Mich

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L'économiste star Thomas Piketty sera à Grenoble en octobre

Rencontre | « Mon nouveau livre, Capital et idéologie, sortira le 12 septembre. Désolé il est un peu long... mais très lisible et plus riche que Le Capital au XXIe (...)

La rédaction | Mardi 3 septembre 2019

L'économiste star Thomas Piketty sera à Grenoble en octobre

« Mon nouveau livre, Capital et idéologie, sortira le 12 septembre. Désolé il est un peu long... mais très lisible et plus riche que Le Capital au XXIe siècle ! » C’est un joli coup qu’a organisé la librairie grenobloise le Square puisqu’elle recevra mercredi 2 octobre à 19h30 l’économiste français star Thomas Piketty, pour la parution de son nouvel ouvrage comme il l’a annoncée sur Twitter. Au vu de la stature du personnage (son Capital au XXIe siècle s’est tout de même vendu internationalement à plus de 2 millions d'exemplaires), ça se passera sur la fac, à l’Amphi Weil, histoire d’accueillir le plus de monde possible.

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"La Source" : planche de salut

ECRANS | de Rodolphe Lauga (Fr, 1h45) avec Sneazzy, Thomas Goldberg, Christophe Lambert…

Vincent Raymond | Lundi 22 juillet 2019

Désœuvré, vivant comme une malédiction la nécessité de reprendre l’entreprise de plomberie familiale de son père défunt, Samir s’imagine un autre avenir loin de la cité, en devenant surfeur pro. Même s’il n’a jamais mis les pieds sur une planche de sa vie. Et qu’il ne sait pas nager… Du parcours "éclaboussant" de Karim Braire, le réalisateur (et surfeur) Rodolphe Lauga a ôté toute l’écume sulfureuse et le ressac saumâtre : Samir en constitue une version à la fois épurée et fictionnalisée dans le bon sens du terme, puisque seul compte le récit initiatique d’un ado refusant le déterminisme socio-familial pour s’accomplir dans une inexplicable passion, en suivant son instinct. On objectera que le schéma est classique, mais le film l’est moins, qui déroge à tous les clichés du cinéma de banlieue ou du cinéma de glisse : l’une et l’autre sont en effet considérées ici comme des éléments contextuels, non comme des prétextes à images chocs ou spectaculaires. Par ailleurs scénariste (notamment des deux derniers Canet), Lauga

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Un Printemps du livre, six coups de cœur

Festival | Qui pourra-t-on rencontrer à Grenoble et aux alentours entre le mercredi 20 et le dimanche 24 mars ? Réponses subjectives.

Stéphane Duchêne | Lundi 18 mars 2019

Un Printemps du livre, six coups de cœur

Maylis de Kerangal Un monde à portée de main Le monde à portée de main de Paula Karst, c'est celui qui s'offre à elle autant que celui qu'elle apprend à reconstituer à l'Institut supérieur de peinture de Bruxelles où elle étudie le trompe-l'œil. Un art de reproduire la matière qui la conduit jusqu'à Moscou mais aussi au studio de Cinecittà en Italie, avant qu’elle ne se voie confier le chantier du fac-similé de la Grotte de Lascaux. Mais derrière ce récit d'apprentissage, comme toujours, Maylis de Kerangal (photo) nous parle d'elle, et de cet art de faussaire virtuose qu'est l'exercice de la fiction, dans une réflexion vertigineuse sur la création. À la salle Olivier Messiaen vendredi à 16h30 (rencontre) Au musée samedi à 10h30 (rencontre) et 17h (lecture en correspondance) Thomas B. Reverdy L'Hiver du mécontentement Derrière ce titre shakespearien, Thomas B. Reverdy, qu'on peut aisément classer dans la catégorie fantôme des écrivains rock, niche une étude de cette Angleterre de 1979 au bord de basculer dans le thatchérisme et la crise (sujet très reverdyen). Mais une Angleterre d

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Mom’s I’d like to surf : « Faire redécouvrir la surf music »

Concert | Jeudi 14 mars à la Source, on a rendez-vous avec le groupe grenoblois Mom’s I’d like to surf. L’occasion, avec le bassiste Franck Leard, de lever le voile sur la surf music, genre musical plus connu que ce qu’on ne croit.

Alice Colmart | Mardi 12 mars 2019

Mom’s I’d like to surf : « Faire redécouvrir la surf music »

S’il y a bien un remède efficace contre l’hiver, c'est le groupe grenoblois Mom’s I’d like to surf, dont les morceaux basés sur la surf music sentent bon les vagues, l’air marin et le sable. « On a constitué le groupe en 2013 alors qu’on jouait dans des bars » raconte Franck Leard, alias Frankie GoodLord, le bassiste de cette aventure musicale également composée des guitaristes Joris Thomas et Carolina Zviebel et du batteur Matthieu Billard. « Ce qu’il y a d’intéressant, c’est qu’on est plusieurs à venir d’univers différents, comme Carolina qui est issue de la musique classique et qui est formée au violon, ou Matthieu, ex-batteur de punk reconverti au jazz. Pourtant, on s’est tous retrouvés autour d’un même style. » Ensemble, ils se sont ainsi intéressés à la surf music, genre aux sonorités énergiques et planantes... « C’est un style instauré dans les années 1960 dont le but à la base était d’essayer, à travers une musique jouissive car rapide, de traduire la pratique du surf, avec cette impression de

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Les Détours de Babel 2019 en 14 concerts

Festival | C’est parti pour la neuvième édition des Détours de Babel, festival estampillé « musiques du monde, jazz, musiques nouvelles ». Soit l’occasion, pendant plus de trois semaines (du 15 mars au 7 avril), de découvrir des artistes de tous horizons et des musiques non formatées. Histoire de se repérer dans le vaste et passionnant programme, on vous livre une sélection de nos attentes à écouter à Grenoble, dans l'agglo et même, parfois, au-delà.

La rédaction | Mardi 12 mars 2019

Les Détours de Babel 2019 en 14 concerts

Traversées – Constantinople et Ablaye Cissoko Il y aura une belle teinte mandingue cette année aux Détours de Babel, pas mal de kora, et quelques Cissoko. À commencer, par ordre chronologique, par Ablaye, qui vient ici flirter avec la musique des cours persanes aux côtés notamment de Kiya Tabassian, chantre irano-canadien de la musique traditionnelle et savante venue de Perse, et grand spécialiste du sétâr, lointain cousin persan de la kora. Ablaye se produira également en solo vendredi 15 mars aux Salons de musique de la Maison de l’international. Samedi 16 mars à 19h à la salle des fêtes de Commelle et dimanche 17 mars dans le cadre du Brunch #1 du quartier Très-Cloîtres Trois lettres de Sarajevo – Goran Bregović Dans ce Sarajevo d'avant la guerre où a grandi Goran Bregović, les cultures et les religions cohabitaient avec bonheur. C'est cette Jérusalem des Balkans, ce paradis perdu du vivre-ensemble que les national

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Sur un air de piano avec Thomas Perron

Concert-spectacle | Pour toucher « monsieur et madame tout le monde », Thomas Perron, pianiste et compositeur formé au classique, propose, dans son (...)

Alice Colmart | Mardi 5 mars 2019

Sur un air de piano avec Thomas Perron

Pour toucher « monsieur et madame tout le monde », Thomas Perron, pianiste et compositeur formé au classique, propose, dans son spectacle-concert Le Piano de Thomas, des compositions qu'il juge adaptées à la nouvelle génération. « Aujourd’hui, l’oreille n’est plus habituée à Beethoven ou Mozart... Pour rendre ma musique accessible, je m’inspire de Yann Tiersen ou de musiques de films. » Ses mélodies aérées, espiègles ou teintées de mélancolie viennent ainsi remplir une prestation dans laquelle différents arts se croisent. « Sur scène, je suis entouré d’une danseuse qui fait des apparitions de temps en temps et d’un vidéaste qui projette des vidéos en 3D. » Ensemble, ils souhaitent plonger le public dans un état méditatif, « pour appeler au rêve, l’amener dans un tas d’univers et le déconnecter de la réalité ». Introspection prévue à l’Espace Aragon de Villard-Bonnot dimanche 10 mars à 18h.

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Acquisitions en cours d’exposition grâce à l'Artothèque municipale de Grenoble

Exposition | L'Artothèque de Grenoble investit la Bibliothèque centre-ville jusqu’au samedi 9 mars pour une savoureuse exposition de ses nouvelles acquisitions.

Benjamin Bardinet | Mardi 26 février 2019

Acquisitions en cours d’exposition grâce à l'Artothèque municipale de Grenoble

La traditionnelle exposition annuelle consacrée aux récentes acquisitions de l’Artothèque de Grenoble (située, on le rappelle, à Chavant, dans la Bibliothèque d'étude et du patrimoine) est l’occasion amusante d’évaluer votre assiduité aux expositions grenobloises (et à nos chroniques) puisqu’une bonne partie des pièces acquises sont celles d’artistes ayant récemment exposés à Grenoble. Précisément, l’accrochage à la Bibliothèque centre-ville ouvre avec les photographies de Stéphanie Nelson et Alexis Bérar dont le travail est encore visible à la Bibliothèque d’étude et du patrimoine dans l’exposition Nos mémoires vivent. On retrouve chez la première le goût de l’histoire intime et familiale et chez le second un intérêt pour les accidents photographiques et l’artificiel. S’ensuit deux amusants « Rétr

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"Minuscule 2 - les mandibules du bout du monde" : coccinelle, bête à bon 2

ECRANS | de Thomas Szabo & Hélène Giraud (Fr, 1h32) animation

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Alors que la famille coccinelle est sur le point d’hiberner, l’enfant terrible de la famille se retrouve expédié en Guadeloupe. Suivant son instinct paternel, l’héroïne de l’opus précédent s’envole à la rescousse de sa progéniture, bénéficiant au passage de l’aide de la fourmi et de l’araignée… Il n’est pas donné à tout le monde de se renouveler en préservant ses fondamentaux. C’est pourtant ce qu’ont accompli Thomas Szabo et Hélène Giraud par deux fois, en ayant d'abord tiré en 2014 un long-métrage de leur série d’animation, puis en lui offrant cette suite – on devrait d’ailleurs plutôt parler de "continuité darwinienne", étant donné qu’il y a évolution et amélioration techniques. Empruntant la grammaire des documentaires animaliers contemporains qui anthropomorphisent et héroïsent leurs sujets, les cinéastes la décalent d’un cran sur un mode parodico-épique ; un ton hybride (et un contraste) répondant la forme, puisque arthropodes et autres bestiaux conçus en images synthèse sont incorporés

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"À cause des filles..?" : les surprises de l'amour de Pascal Thomas

ECRANS | À la fois désuète et très contemporaine, cette imbrication de sketches parlant de l’éternel jeu de chat et chien que se jouent femmes et hommes signe le retour de Pascal Thomas dans son genre de prédilection : la comédie de mœurs chorale. Sous le satin, le papier de verre…

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Sortant de l’église où elle vient de convoler, une mariée voit avec stupeur son époux s’enfuir avec une autre femme. Lors de la noce qui s’ensuit, invités et témoins de ce coup de théâtre rivalisent d’anecdotes illustrant l’insondable versatilité de la vie conjugale… Les plus vénérables se souviendront du film de Clément Duhour La Vie à deux (1958), florilège d’histoires de couples glanées dans les œuvres de Guitry dessinant une mosaïque du tandem conjugal à l’époque du vieux maître. Le réalisateur Pascal Thomas nous offre une réactualisation de ce portrait de plus en plus abstrait, de sa touche alerte et fantaisiste. Défauts inclus : on ne le reprendra plus sur ses post-synchro hasardeuses qui, avec le temps, confinent à la marque de fabrique autant que ses distributions d’habitués (Christian Morin, Bernard Ménez, Victoria Lafaury) ou ses aphorismes. Celles qui nous ont bien eus Parmi cette collection de sketches, certains semblent adaptés de ces histoires insolites (et pourtant authentiques) jadis racontées par Pierre Bellemare – telle celle du chauffeur de taxi père

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"Les Rois de la piste" : alors on danse avec Thomas Lebrun

Danse | « C’est un spectacle sur les danses populaires ou plutôt les danses de "tout le monde". On a par exemple cherché à s’intéresser aux danses dites de (...)

Aurélien Martinez | Mardi 22 janvier 2019

« C’est un spectacle sur les danses populaires ou plutôt les danses de "tout le monde". On a par exemple cherché à s’intéresser aux danses dites de séduction, ou comment séduire en dansant. Du coup, on se retrouve avec une galerie de personnages hauts en couleur, parfois grotesques ou plus intimistes. Et plein de façons de danser. Un peu comme un Arturo Brachetti de danses de discothèques ! » Les Rois de la piste, c’est un spectacle du danseur et chorégraphe Thomas Lebrun qui convoque sur le plateau, face au public, une sorte de boîte de nuit éphémère pour cinq interprètes (dont lui) et une quarantaine de personnages. « On ne se moque jamais de toutes ces personnes que l’on incarne. Ce qui m’intéresse ici, c’est plutôt l’histoire d’un soir, comment des gens qui veulent être vus ou s’exposer s’y prennent ? Sont-ils à l’aise ou pas là-dedans ? Est-ce pathétique ? Cohérent ? Même si c’est très festif, il y a des gens qui se sentent émus par la solitude qui se dégage de la pièce »

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"Tristesse et joie dans la vie des girafes" : enfant de la crise

Théâtre | D'un texte ludique et fort de Tiago Rodrigues, le metteur en scène Thomas Quillardet a fait un spectacle tout public d'une grande inventivité. Le résultat est à découvrir à l'Hexagone de Meylan mardi 22 et jeudi 24 janvier.

Aurélien Martinez | Lundi 14 janvier 2019

« Une aventure, c’est quand le héros de l’histoire décide de faire ce pour quoi il a été inventé. » En voilà bien une drôle d’aventure centrée sur une petite fille qui fugue dans Lisbonne avec son ours en peluche histoire de trouver l’argent nécessaire pour se payer un abonnement à vie à Discovery Channel et ainsi réaliser un exposé sur les girafes. En chemin, elle se confrontera à tout un tas de questions souvent bien plus grandes qu’elle… Tristesse et joie dans la vie des girafes, c’est une fable métaphorique écrite par le Portugais Tiago Rodrigues, grand nom du théâtre européen d’aujourd’hui, qui a ausculté la récente crise économique et ses répercussions à hauteur d’enfant. Un décalage pour éviter au texte d’être un pensum de plus dans le monde pas toujours très fin du théâtre militant, et pour ouvrir plusieurs niveaux de lecture différemment accessibles selon l’âge des spectateurs. Différents niveaux qui ont permis au metteur en scène (et traducteur) Thomas Quillardet de littéralement s’amuser (et nous par la même occasion) avec ce matériau. Aidé par des comédiens parfaits (mais quel ou

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"Edmond" : naissance d’un nouveau nez

ECRANS | De et avec Alexis Michalik (Fr, 1h50) avec également Thomas Solivérès, Olivier Gourmet, Mathilde Seigner…

Vincent Raymond | Mardi 8 janvier 2019

Malgré la présence de Sarah Bernhardt, la dernière pièce d’Edmond Rostand a été un four cuisant. Deux ans plus tard, il a l’occasion de se refaire… s’il signe en trois semaines une comédie épique pour l’illustre comédien Coquelin. Seul le titre est trouvé : Cyrano de Bergerac… Éloge de la mise en abyme : la pièce racontant l’histoire d'un des plus grands succès théâtraux de l’Histoire a connu un tel succès qu’elle a été transposée au cinéma. L’heureux jeune dramaturge de ce triomphe contemporain, Alexis Michalik, s’est même vu confier le soin de signer la réalisation de ce qui se trouve être son premier long-métrage. À l’auteur, l’industrie cinématographique confiante – en attendant d’être reconnaissante ? Sans minimiser leur investissement, reconnaissons que les producteurs jouent sur du velours : le prestige des planches est double (grâce à la référence patrimoine et la tournée toujours en cours), la distribution extra-large et le style de nature à n’effrayer personne : non point une qualité française, mais une facture charentaise dirons-nous (puisqu’il a été en compétition au festival d’Angoulême) dans laquelle se lover conforta

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"Au bout des doigts" : en avant la musique

ECRANS | De Ludovic Bernard (Fr, 1h45) avec Jules Benchetrit, Lambert Wilson, Kristin Scott Thomas…

Vincent Raymond | Jeudi 20 décembre 2018

Pianiste virtuose et quasi-autodidacte, Mathieu Malinski est repéré dans une gare par le directeur du Conservatoire de Paris qui veut l’intégrer à son école. Mais le jeune banlieusard est indocile, de surcroît piégé par un passif de petite délinquance. Un lent apprentissage s’engage… Massifs himalayens, gammes chromatiques… Ludovic Bernard semble affectionner tout ce qui monte. Après L’Ascension, il opte ici toutefois pour un décor plus classique – même si la trame de base reste identique : cela demeure l’histoire d’un d’jeun’s s’extrayant de sa banlieue au prix d’un exploit, faisant mentir conjointement le déterminisme social et les préjugés. Accessoirement, il triomphe aussi de son orgueil et de ses préjugés. Réglé comme du papier à musique, mais Jules Benchetrit a une telle mine de Rod Paradot qu’on y croirait. N’oublions pas Lambert Wilson : en Richard Descoings du Conservatoire, doté d’une faille intime mais résolu à révéler les talents d’où qu’ils proviennent, i

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"Kursk" : sous l'eau, personne ne vous entendra crier...

ECRANS | de Thomas Vinterberg (Bel-Lux, 1h57) avec Matthias Schoenaerts, Léa Seydoux, Colin Firth…

Vincent Raymond | Mardi 6 novembre 2018

Août 2000. Victime d’une avarie grave, le sous-marin nucléaire russe Kursk gît par le fond en mer de Barents avec quelques survivants en sursis. Les tentatives de sauvetage par la flotte nationale ayant échoué, la Royal Navy britannique propose son aide. Mais Moscou, vexé, fait la sourde oreille… On avait quitté Thomas Vinterberg évoquant ses souvenirs d’enfance dans La Communauté (2017), récit fourmillant de personnages centré sur une maison agrégeant une famille très élargie. Le réalisateur danois persiste d’une certaine manière dans le huis clos avec cette tragédie héroïque en usant à bon escient des "armes" que le langage cinématographique lui octroie. Sobrement efficace (l’excès en la matière eût été obscène), cette superproduction internationale (Matthias Schoenaerts, Colin Firth, Léa Seydoux...) travaille avec une enviable finesse les formats d’image pour modifier le rapport hauteur/largeur et ainsi renforcer l’impression d’enfermement, comme elle dilate le temps ou le son dans les instants

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Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec des grands noms de la danse contemporaine comme des plus confidentiels mais non moins passionnants.

La rédaction | Mardi 18 septembre 2018

Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Comme un trio « La littérature, pensais-je, pouvait peut-être encore faire danser les mots, ces mots qui attendent patiemment qu’on les pousse dans un corps brûlant les pieds sur demi-pointe. » Voilà ce qu’écrit le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta en note d’intention de sa prochaine création qu’il dévoilera en avant-première fin septembre à la MC2. Une pièce pour trois interprètes basée sur le fameux Bonjour Tristesse de Françoise Sagan, roman culte plein de fougue. On en attend beaucoup. À la MC2 jeudi 27 septembre et du mardi 11 au samedi 15 décembre À l’Agora (Saint-Ismier) vendredi 28 septembre À l’Oriel (Varces) samedi 29 septembre SEИS La compagnie Arcosm, qui fut en résidence les trois dernières saisons à la Rampe, reviendra à Échirol

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"Première année" : toubib or not toubib ?

ECRANS | de Thomas Lilti (Fr, 1h32) avec Vincent Lacoste, William Lebghil, Alexandre Blazy…

Vincent Raymond | Lundi 10 septembre 2018

Par conformisme familial, Benjamin entre en première année de médecine où il est vite pris sous l’aile d’Antoine, un sympathique triplant acharné à réussir. Quand, à l’issue du premier semestre, le nonchalant bleu se trouve mieux classé que son besogneux aîné, leurs rapports changent… Poursuivant son examen du monde médical après Hippocrate et Médecin de campagne, le réalisateur Thomas Lilti s’attaque concomitamment dans cette comédie acide à plusieurs gros dossiers. D’abord, ce fameux couperet du concours sanctionnant la première année commune aux études de santé, mais aussi l’incontournable question de l’inégalité profonde face aux études supérieures. La fracture sociale ne se réduit pas en médecine, bien au contraire : construite sur la sélectivité et l’excellence, cette filière est un vase clos favorisant la reproduction des élites – et de celles et ceux en maîtrisant les codes. Enfant du sérail ayant déjà pas mal étudié la question, Lilti juge avec clairvoyance cette période plus dévastatrice qu’épanouissante pour les futurs carabins : est-il raisonnable de faire perdre la raison à des aspirants médecins ? Coupable, l’i

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Gilles Balmet : ceci est bien un peintre

Portrait | Grosse actu en ce mois de septembre pour l’artiste plasticien grenoblois Gilles Balmet qui inaugure trois expositions personnelles – à la galerie Marielle Bouchard et au Musée dauphinois à Grenoble, ainsi qu’au Belvédère de Saint-Martin-d’Uriage. Entre deux séjours parisiens (il est installé à Paris depuis 2004), nous avons rencontré dans son fascinant atelier grenoblois du cours Berriat celui dont les peintures entre abstraction et figuration interrogent la notion de hasard comme celle de paysage.

Aurélien Martinez | Mardi 4 septembre 2018

Gilles Balmet : ceci est bien un peintre

« J’évolue dans le champ de la peinture. Je me sens donc peintre, mais également dessinateur comme les supports changent selon les œuvres et les techniques se rapprochent parfois de celles du dessin. On peut dire, en fait, que je fais le pont entre les deux, et apporte ainsi de nouveaux langages plastiques. » Voilà les mots qu’utilise « l’artiste » (il tient à ce terme) Gilles Balmet quand on lui demande de présenter l'univers qu’il développe depuis sa sortie des Beaux-Arts de Grenoble en 2003. Un travail facilement identifiable qui, pourtant, ne choisit pas simplement entre le figuratif et l’abstraction, à l’image de sa série phare que sont les Silver Mountains. « Je viens plutôt du champ de l’abstraction. L’idée est de jongler entre les deux et de permettre au regardeur de faire ses propres projections. Dans la série Silver Mountains, il y a des gens qui voient des montagnes de façon presque évidente, et je joue avec ça – mes titres sont des petites indications qu’il ne faut pas prendre trop autoritairement ! Pourtant, certains pensent parfois, en les voyant de loin, que ce sont des photographies ou des négatif

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Rentrée cinéma 2018 : et voici les films qui feront les prochains mois

ECRANS | Quels sont les cinéastes et, surtout, les films à ne pas louper avant la fin de l'année ? Réponses en presque vingt coups – dix-neuf pour être précis.

La rédaction | Mardi 4 septembre 2018

Rentrée cinéma 2018 : et voici les films qui feront les prochains mois

Les Frères Sisters de Jacques Audiard Sortie le 19 septembre Escorté par son inséparable partenaire et coscénariste Thomas Bidegain, Jacques Audiard traverse l’Atlantique pour conter l’histoire de deux frères chasseurs de primes contaminés par la fièvre de l’or. Porté par l’inattendue fratrie John C. Reilly/Joaquin Phoenix (à l’œil puant le vice et la perversité), ce néo-western-pépite empli de sang et de traumas ne vaut pas le coup, non, mais le six-coups ! Climax de Gaspar Noé Sortie le 19 septembre Une chorégraphe a réuni une équipe internationale de danseurs pour son nouveau projet qu’elle achève de répéter dans une salle isolée. Après un ultime filage, la troupe s’octroie un réveillon festif sur la piste, s’enivrant de musique et de sangria. Mais après quelques verres, les convives se mettent à vriller sérieusement. Qu’y avait-il donc dans cette satanée sangria ? Noé compose un cocktail de survival et de transe écarlate à déguster séance hurlante.

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"Une valse dans les allées" : super supermarché

ECRANS | de Thomas Stuber (All, 2h) avec Sandra Hüller, Franz Rogowski, Peter Kurth…

Vincent Raymond | Lundi 16 juillet 2018

Embauché comme manutentionnaire de nuit dans un hyper, le taciturne et tatoué Christian est adopté par Bruno, le chef du rayon "boissons" qui lui enseigne les petits secrets du métier, la pratique du charriot-élévateur et remarque qu’il flashe sur leur collègue Marion des "sucreries"… De la vie, des amours et de la mort des invisibles… Ce portrait d’un groupe d’employés d’un "géant" (au sens de Le Clezio) en raconte autant sur le monstre vorace où se situe l’action (un puits sans fond dont il faut inlassablement charger les rayonnages et les étals, dévorés par des meutes de clients ; où il faut purger vers les poubelles les produits menacés de péremption) que sur les protagonistes chargés de ces besognes. Petite collectivité avec ses territoires organisés, ses prérogatives, ses alliances et ses routines, le monde de l’arrière-boutique apparaît malgré tout comme un royaume apaisé et bienveillant ; une enclave où des individus cabossés viennent se réchauffer ou se raccommoder : pas (ou peu) de pression hiérarchique, pas (ou peu) de contact avec la clientèle, pas (ou peu) de questions intrusives – et cependant dans ce vaste espace saturé de caméras de surveilla

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"Une année polaire" : docu-fiction glacé

ECRANS | de Samuel Collardey (Fr, 1h34) avec Anders Hvidegaard, Asser Boassen, Thomasine Jonathansen…

Vincent Raymond | Mardi 29 mai 2018

Danemark, de nos jours. Destiné à reprendre la ferme familiale, Anders a préféré faire des études d’enseignant. Afin de montrer la force de sa détermination à ses parents, il postule pour un village du Groenland, Tiniteqilaaq, où il devra passer une année scolaire en immersion complète… Y aurait-il chez les cinéastes français une tentation groenlandaise ? Le hasard, sans doute, a placé Samuel Collardey dans la trace de Sébastien Betbeder lequel avait d'abord tourné autour, puis sur l’île danoise. Mais Le Voyage au Groenland (2016) de ce dernier était davantage un roman d’apprentissage et de retrouvailles père-fils ayant la particularité de se dérouler au Groenland (il eût été sensiblement identique sous d’autres latitudes) qu’une œuvre cherchant à comprendre, partager et défendre l’âme inuite. C’est ce que fait avec audace, malice et rythme Samuel Collardey, qui de film en film réinvente sans avoir l’air d’y toucher le cinéma ethnographique. Son approche respecte le réel tout en le "pa

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Arcosm : c’est leur dernière surprise partie

Événement | Vendredi 4 et samedi 5 mai, la Rampe d'Échirolles fêtera la fin de la résidence de la compagnie de danse contemporaine avec une "Surprises Party" qui promet.

Aurélien Martinez | Lundi 30 avril 2018

Arcosm : c’est leur dernière surprise partie

« L’idée est de clore la résidence avec un bouquet final, une espèce de fête où l’équipe de la Rampe nous donne les clés du théâtre et, surtout, carte blanche pour proposer quelque chose. » Voilà comment Thomas Guerry, chorégraphe et directeur de la compagnie Arcosm associée depuis trois ans à la scène échirolloise, présente son Surprises party organisé vendredi 4 et samedi 5 mai. Un gros événement découpé en deux temps, avec le vendredi une « grosse soirée cabaret » elle aussi scindée en deux : une première partie plus spectacle avec des extraits de trois pièces phares de la compagnie (Echoa, Bounce! et Subliminal) agrémentés de prestations musicales (les joyeusement théâtraux – mais c

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Thomas de Pourquery : starman

Concert | « Un groupe de rock déguisé en jazz » : c'est ainsi que le saxophoniste Thomas de Pourquery qualifie Supersonic, qui l'accompagnera sur la scène de la MC2 samedi 3 mars. On vous les présente.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 février 2018

Thomas de Pourquery : starman

Habitué des collaborations dans les domaines du rock, de la pop et du rap aux côtés de Jeanne Added, Frànçois & the Atlas Mountains, Mick Jones, Metronomy ou encore Oxmo Puccino (puisque quitte à avoir besoin d'un saxophoniste, autant prendre le meilleur), et occupant des temps qu'on n'imagine jamais mort avec le duo électro-pop-soul VKNG, Thomas de Pourquery semble se rêver avant toute chose en rock star. Et pose souvent comme telle. C'est sans doute pour cette raison qu'il décrit son groupe Supersonic, créé en 2011, comme « un groupe de rock déguisé en jazz ». D'ailleurs, l'un des membres éminents de cette formation, le pianiste, claviériste et saxophoniste Laurent Bardainne, est, entre autres, l'une des têtes pensantes de l'un des meilleurs groupes rock de France, Poni Hoax. Reste que la matière jazz de l'ensemble reste importante, fut-elle éparpillée façon puzzle. Elle avait d'ailleurs beaucoup fait parler les amateurs au moment de Plays Sun Ra, hommage, comme son nom l'indique, au maître cosmo-déglingué Sun Ra, remportant notamment une Victoire du jazz. Visiblement, Supersonic et son pilote ne sont

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"Les Aventures de Spirou et Fantasio" : il leur manque des cases

ECRANS | de Alexandre Coffre (Fr., 1h29) avec Thomas Solivérès, Alex Lutz, Ramzy Bedia…

Vincent Raymond | Lundi 19 février 2018

Un rat d’hôtel roux déguisé en groom et un journaliste frustré en quête de scoop partent à la recherche d’un inventeur de génie enlevé par un atrabilaire maléfique, désireux de dominer le "moooonde". Et voilà comment déboulent des bulles Spirou, Fantasio, Champignac et Zorglub… Réussir l’adaptation d’une BD au cinéma tient de l’exploit, surtout lorsqu’il s’agit de l’école franco-belge : seul Alain Chabat s’en était tiré sans trop de dégâts – et encore, au risque de défriser la doxa, avec Le Marsupilami et Mission Cléopâtre. Les raisons expliquant qu’Alexandre Coffre achoppe sont évidentes à la vision de ce film d’aventures bon marché. Par exemple, gratifier ses personnages principaux d’un air ahuri permanent et faire jouer à Alex Lutz (qui avait quelque chose à défendre physiquement en Fantasio) un faire-valoir façon Jar Jar Binks de théâtre de boulevard, c’est peut-être bon pour un public de 6 ans (et encore), mais destructeur pour le reste de l’assistance. Spielberg et Chabat (encore lui), eux, pensent toujours à combiner plusieurs niveaux de lecture parallèles, afin de ne frustrer personne. Si l’

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"Phantom Thread" : l'amour et la violence par Paul Thomas Anderson

ECRANS | Derrière le voile d’un classicisme savamment chantourné, l’immense Paul Thomas Anderson renoue avec le thème du "ni avec toi, ni sans toi" si cher au François Truffaut de "La Sirène du Mississippi" et de "La Femme d’à côté". Un (ultime) rôle sur mesure pour l’élégant Daniel Day-Lewis.

Vincent Raymond | Lundi 12 février 2018

Il y a quelque malice à sortir le nouvel opus de Paul Thomas Anderson (There will be blood, The Master, Inherent Vice...) le jour de la Saint-Valentin. Car si l’amour et la passion sont au centre de Phantom Thread, ils ne sont en rien conventionnels ni réductibles au chromo du couple de tourtereaux roucoulant ses vœux sucrés sur fond de cœur rose. La relation ici dépeinte – ou plutôt brodée – tiendrait plutôt d’un ménage à quatre où Éros partagerait sa couche enfiévrée avec Thanatos ; où les corps à corps psychologiques supplanteraient les cabrioles et le climax du plaisir serait atteint en habillant plutôt qu’en dévêtant ses partenaires. Rien d’ét

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"Group Show" : l’art du collectif selon la galerie Marielle Bouchard

Exposition | La nouvelle exposition de la galerie grenobloise présente six artistes : deux invités, trois déjà exposés entre ses murs et un nouveau talent. Un "Group Show" plein de promesses, qui annonce une année plastiquement riche rue Pierre Termier.

Charline Corubolo | Mardi 30 janvier 2018

Depuis son ouverture en mars dernier, la Galerie Marielle Bouchard n’a de cesse de nous surprendre avec une ligne artistique qualitative (que l’on avait d’ailleurs saluée en décembre par un PB d’or), mettant en avant de (jeunes) talents aux univers et aux moyens d’expression variés. Une pertinence plastique qui se confirme en ce début d’année avec l’exposition collective Group Show, sorte de "rétrospective" pleine de promesses pour 2018. Une proposition dévoilant six artistes qui fouillent des esthétiques plurielles, refusant ici toute théorisation thématique au profit du pur plaisir visuel, mais non sans sagacité. Car il y a dans cette présentation une véritable intelligence du regard mariant avec finesse les différentes œuvres entre figuration et abstraction, peinture et photographie. On y (re)découvre ainsi des noms connus (et souvent défendus dans ces pages) comme

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Les 20 concerts de l'hiver et du printemps à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle | Avec de la pop d'ici et d'ailleurs, de la chanson en VF ou encore des grosses têtes d'affiche.

La rédaction | Mardi 9 janvier 2018

Les 20 concerts de l'hiver et du printemps à Grenoble

Mendelson 2017, année électorale, Mendelson publie Sciences Politiques, une œuvre au noir sociétale (comme souvent avec la formation de Pascal Bouaziz) dont chaque morceau plaque sur une reprise de classiques de Bruce Springsteen, Marvin Gaye, The Jam, Leonard Cohen, Lou Reed, The Stooges & co un texte en français à la terrible résonance sociétale (Les Peuples, Le Soulèvement, La Guerre) et à la poésie toute mendelsonienne. Un projet à part auquel le live devrait donner une saveur particulière, et qui sera précédé sur scène, en première partie, par l’excellent trio grenoblois Pelouse dont on a souvent vanté les mérites dans ces colonnes. À la Source vendredi 19 janvier Oiseaux-Tempête & Mondkopf La Grèce (Oiseaux-Tempête), la Turquie en révolte (Ütopiya?), le Liban (AL-'AN)... Partout où ils se posen

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GrindMarket : « Le public demande autre chose que des marchés traditionnels »

Événement | Dimanche 17 décembre se déroulera à l'Heure bleue (Saint-Martin-d'Hères) la septième édition du GrindMarket, « l'incroyable marché des créateurs rock'n'roll » proposé par l’association grenobloise Mégagrawww créations. On a rencontré son organisatrice RuBy-e Trompe Le Monde.

Alice Colmart | Mardi 12 décembre 2017

GrindMarket : « Le public demande autre chose que des marchés traditionnels »

Barbiers, cuisiniers, tatoueurs, disquaires… : le GrindMarket revient avec ses créateurs et ses animations toujours plus rock'n'roll. Après avoir été victime de son succès en 2016, il a déménagé cette année à l’Heure bleue, salle de spectacle modulable de Saint-Martin-d’Hères. « L’an passé, le marché se déroulait dans l’enceinte du boulodrome de l’Esplanade, un lieu trop petit pour le nombre de personnes présentes. Une partie du public n’avait pas pu voir les deux combats de catch » nous raconte l’organisatrice de l’événement Ruby-e – elle a préféré être appelée par son surnom. « La salle de spectacle, plus grande, permet notamment d’organiser un match de catch supplémentaire. » L’un d’eux verra s’affronter deux femmes. « C’est pour mon coté féministe ! Mais au-delà de toute revendication, on veut surtout faire une journée fun ou se rassemblent tout plein de domaines. » « Donner une tribune à des gens qui ne font pas de compromis » Du fun, il y en aura avec le spectacle de Lolla wesh, « une drag queen​ qui a un vrai gros public sur la toile grâce à qes vidéos c

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"Diane a les épaules" : voici une comédie sentimentale moderne sur la GPA

ECRANS | de Fabien Gorgeart (Fr., 1h27) avec Clotilde Hesme, Fabrizio Rongione, Thomas Suire…

Vincent Raymond | Lundi 13 novembre 2017

Diane est du style à se replacer seule l’épaule lorsqu’elle se la déboite. Ce qui lui arrive souvent en ce moment : elle rénove une maison pour occuper sa grossesse. Diana, qui est enceinte pour un couple d’amis, a tout prévu. Sauf son coup de foudre pour Fabrizio, l’artisan qui l’aide… La présence de Clotilde Hesme au générique d’une comédie sentimentale va devenir un indice de modernité amoureuse : après le ménage à trois des Chansons d’amour (2007) de Christophe Honoré, la voici engagée dans une GPA. Cette inscription dans une réalité sociale n’a rien d’anecdotique : elle témoigne d’une volonté de rebattre les cartes d’un genre épuisé, qui d’ordinaire réchauffe des sauces éventées quand elles ne sont pas rancies (nul besoin de citer les coprolithes polluant les écrans). Diane a les épaules renverse les perspectives en donnant au caractère féminin la place centrale et décisionnaire (tout en jouant avec ses atermoiements), sans faire l’impasse ni sur sa féminité ni ses sentiments. Au-delà du fait qu’il aborde la GPA, le propos est ainsi politique, et n’empêche pas le film d’abriter des instants de tendresse

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"The Party" : électrique huis clos en noir et blanc

ECRANS | de Sally Potter (G.-B., 1h08) avec Kristin Scott Thomas, Timothy Spall, Patricia Clarkson…

Vincent Raymond | Lundi 11 septembre 2017

Ministre de la Santé ! Tout juste nommée à ce poste prestigieux, Janet compte fêter la nouvelle avec son mari et des proches. Hélas, la soirée en petit comité va sonner l’hallali de son couple, de ses amitiés, de sa carrière, de ses illusions… La réalisatrice anglaise Sally Potter réunit une distribution de poids pour ce tout juste long-métrage d'1h08. Bien lui a pris, d’ailleurs, de ne pas chercher à le rallonger par principe en diluant l’intrigue : elle l’aurait abîmée. Empruntant au théâtre son huis clos, elle ne se trouve cependant pas prisonnière de son décor grâce à une réalisation et un montage nerveux, à l’unisson de l’ambiance électrique de la soirée. Le choix esthétique du noir et blanc, marqueur inconscient du genre polar, surprend – et l’affiche, montrant l’héroïne brandissant un pistolet (reprenant une double image-clé du film) pourrait l’accréditer. En réalité, la dualité des personnages se trouve ainsi représentée (et ses moyens termes dans leurs nuances de gris). Et si le noir finit par dévorer l’écran, c’est parce que la fête célèbre en définitive le deuil des idéologies ; on imagine mal une veillée funèbre britannique se tr

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Festival Les Belles Journées : oh les beaux jours berjalliens

Musique | Zoom enthousiaste sur la nouvelle édition du festival de Bourgoin-Jallieu organisée vendredi 8 et samedi 9 septembre. Un événement qui « souhaite défendre la fine fleur du rock indépendant français et de la chanson, dans une ambiance conviviale et festive ».

Stéphane Duchêne | Mardi 5 septembre 2017

Festival Les Belles Journées : oh les beaux jours berjalliens

C'est un peu comme une pré-rentrée. En attendant que les Abattoirs de Bourgoin-Jallieu ne rouvrent leurs portes pour une saison qui promet quelques beaux moments, le festival de rock français Les Belles Journées, sis lui aussi à Bourgoin, s'occupe des derniers beaux jours (même s'il est devenu plus qu'évident qu'il y a de moins en moins de saison) en marquant la reprise. Et de quelle manière ! Car les deux soirs du "petit" festival du Parc des Lilattes s'annoncent appétissants. Le premier aura une forte odeur de blues avec Butch McKoy, blues (donc) sépulcral à cheval sur la dépouille de Johnny Cash et les esprits de Nick Cave et de David Eugene Edwards (16 Horsepower, Wovenhand), et les Mountain Men de Mathieu Guillou. Quant aux caméléons de Nouvelle Vague (on rappelle le principe : des reprises bossa nova de tubes new wave mais aussi, depuis peu, quelques compositions), ils ne devraient toutefois pas avoir de mal à se faire une tête de tête d'affiche. Le lendemain, le prodige folk lyonnais Raoul Vignal et le bluesman velveto-alsacien Rodolphe Burger feraient

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Uriage ouvre la voix avec Thomas Fersen, Féfé ou encore Léopoldine HH

Festival | Dernier festival de l'été, Uriage en voix célèbre, deux jours durant (samedi 2 et dimanche 3 septembre, le tout gratuitement), la chanson française pas comme les autres. Entre têtes d'affiche et découvertes, la même ligne directrice : la voix de traverse.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 août 2017

Uriage ouvre la voix avec Thomas Fersen, Féfé ou encore Léopoldine HH

Le prodige réalisé par Uriage en Voix, c'est que le festival tient tellement à clôturer la saison des festivals d'été qu'il en vient à sonner l'appel d'une rentrée musicale qui, il est vrai, aux premiers jours de septembre, est encore un peu sur le reculoir – compter mi-septembre pour les premiers ébats dans les salles de musique de jeunes (et encore, en mode mal réveillé). Avec toujours ce souci pour le festival sis au parc d'Uriage (la vie est bien faite) de donner de la voix là où s'inscrit le décalage avec ce que l'on appellerait la norme (un-e chanteur-euse, des paroles, de la musique). Ceci en programmant des artistes peu enclins à garder le doigt sur la couture de ce pantalon nommé chanson française – et pourquoi la chanson française ne serait pas un pantalon ? Après le bouffeur de mots Bertrand Belin et la (très, trop?) Grande Sophie l'an dernier, Uriage fait cette année appel, en guise de tête d'affiche, à un type, Féfé, qui depuis ses débuts, y compris avec le Saïan Supa Crew, défroque la chanson à coups de rap-reggae (ou le rap à coups de chanson), et d'un poète détraqué d'un autre genre que Belin, aux chansons ple

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"La Colle" : non merci, vraiment

ECRANS | de Alexandre Castagnetti (Fr., 1h31) avec Arthur Mazet, Karidja Touré, Thomas VDB…

Vincent Raymond | Mardi 4 juillet 2017

Si le regretté réalisateur américain Harold Ramis revenait d’entre les morts, il croirait à une caméra cachée. Voire irait fissa réclamer des droits d’auteur à la multitude de disciples ou d’épigones accommodant à toutes les sauces le concept de boucle temporelle d’Un jour sans fin (1993). Après Edge of Tomorrow et avant Happy Birthdead, voici donc ici la tentative française. Pour brouiller les pistes, Alexandre "La Chanson du Dimanche" Castagnetti pousse le vice en hybridant le bazar avec l’intrigue du Breakfast Club (1985) de John Hugues, dans lequel cinq lycéens aux caractères totalement opposés se retrouvent en colle un samedi après-midi. Résultat : son héros se retrouve lui aussi en heure de colle, mais sous la garde d’un pion ringard, avec un échantillon d’élèves mal assortis, et ne peut fuir de sa boucle que s’il conclut avec la belle Leila dont il est l’amoureux transi – laquelle forcément ignore un crapaud de son espèce. Après environ 72 heures de gags potaches répétitifs, c’est bon, les deux roucoulent pendant que tous les punis deviennent de chouettes copains, Sonia Rolland essaie les pro

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"Tirésias" : mythologie 2.0 signée Philippe Delaigue

SCENES | Le metteur en scène relit le mythe du devin aveugle de Thèbes, dans un spectacle surprenant et surtout ambitieux à découvrir vendredi 31 mars à l'Amphithéâtre de Pont-de-Claix.

Nadja Pobel | Mardi 28 mars 2017

Le metteur en scène Philippe Delaigue ne manque pas d'ambition et c'est tout à son honneur. Dans son nouveau spectacle, il s'est ainsi attelé à la figure mythologique de Tirésias, un homme ayant eu une parenthèse de vie de femme qui est ainsi le plus apte à trancher les conflits sentimentaux de ses contemporains. Bien qu'aveugle et retiré des affaires, il accepte pour sa fille de se remettre en selle et de dispenser ses conseils comme un coach fatigué. Grimé, avec sa tête de savant fou, il est las d'une vie sans fin et n'a surtout rien de l'image d’Épinal que pourrait renvoyer son personnage. Le comédien Thomas Poulard sait conférer à son rôle son désabusement, mais aussi une certaine tendresse : il possède ce décalage entre temps ancestraux et ultra-modernes, qui figure également sur le plateau. Lequel est très habité, sans être encombré, par des tas d'archives qui ont pris la poussière et par un ordinateur : aujourd’hui, les demandes d'oracles arrivent par mails et par réseaux sociaux. Cette pièce joliment a

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« C’est déstabilisant d’entendre un français si transformé »

Théâtre | "Comment va le monde ?", c’est un drôle de spectacle entre clown et théâtre interprété par la comédienne Marie Thomas. Un seul-en-scène dans lequel elle s’amuse avec la langue pour emmener le spectateur vers un monde poétique et plus politique qu’on ne l’imagine. Interview avant son passage vendredi 10 mars à la Faïencerie (La Tronche).

Aurélien Martinez | Mardi 7 mars 2017

« C’est déstabilisant d’entendre un français si transformé »

Sur scène, vous réinterprétez les textes du "clown clochard" Sol. Qui était-il ? Marie Thomas : Sol, créé par le comédien Marc Favreau, était un clown québécois de la génération, chez nous, des Devos, Coluche… Pendant trente-quarante ans, il a fait évoluer et grandir son personnage, en commençant par des petits sketches pour les enfants à la télé avant de passer au solo au théâtre. Il écrivait alors ses textes : des textes fabuleux qui donnent un air clownesque à celui ou celle qui les interprète. Car son langage est particulier, on ne peut pas le dire comme on dirait Shakespeare ! D'où une expression, et vous concernant un jeu, presque enfantins… C’est vrai que ça peut faire penser à des enfants qui apprennent à parler, qui recomposent des mots tout en gardant du sens… Ça amène le cerveau à entendre les mots, et du coup les pensées, autrement. Il y a ainsi beaucoup de poésie, et même de philosophie, de réflexion… Une réflexion presque politique sur le monde, comme le suggère le titre du spectacle… On part de l’individu qui arrive au monde pour, à la fin, montrer

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"La Communauté" : ensemble tout devient possible, non ?

ECRANS | Le Danois Thomas Vinterberg, réalisateur du célèbre "Festen", renoue avec son thème de prédilection (l’étude des dynamiques de groupes en vase clos) en exhumant des souvenirs de sa propre enfance au sein d’une communauté. Chroniques sans filtre d’un passé pour lui révolu.

Vincent Raymond | Lundi 16 janvier 2017

Les années 1970, au Danemark. Plutôt que de revendre la vaste demeure familiale qu'ils ont héritée, Erik, Anna et leur fille Freja la transforment en une communauté ouverte à une poignée d’amis ainsi qu’à quelques inconnus démocratiquement sélectionnés. Le concept est splendide, mais l’idéal se heurte vite aux murs de la réalité… À l’inverse de Festen (1998), film adapté en pièce de théâtre, La Communauté fut d’abord un matériau créé pour les planches à Vienne avant d’être transposé pour l’écran. Pourtant, et bien que le sujet s’y prête, Thomas Vinterberg ne se laisse jamais enfermer par le dispositif du huis clos. Prétexte de l’histoire, ce foyer partagé ne fusionne pas les personnages en une masse compacte façon "auberge espagnole" à la sauce nordique : il aurait plutôt tendance à les individualiser, à diffracter leurs trajectoires. À sa manière, la communauté agit en effet comme un accélérateur sur ces particules élémentaires que sont les individus, provoquant collisions et (ré)percussions, mais également des créations d’"espèces chimiques" inconnues – en l’occurrence, des situations inenvisageables aupar

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Thomas Vinterberg : « "La Communauté" est mon film le plus personnel »

Interview | Avant de reprendre les repérages de son prochain film, le réalisateur de "La Communauté" revient sur ce projet largement autobiographique ayant pris naissance sur les planches…

Vincent Raymond | Mardi 17 janvier 2017

Thomas Vinterberg : «

Votre nouveau film La Communauté doit beaucoup à l’expérience de la scène, et notamment aux comédiens qui ont improvisé le matériau initial en votre compagnie. Peut-on donc considérer qu’il s’agit d’une œuvre collective ? Thomas Vinterberg : Oui, en effet. Bien que tout film soit le résultat d’un travail collectif, et en particulier celui-ci, il s’agit pourtant de mon film le plus personnel. Diriger son épouse actuelle dans un film inspiré par son propre passé, est-ce un moyen d’unifier toutes ses vies dans un objet idéal – un film à la fois symbolique et sentimental ? J’ai engagé mon épouse parce que j’aime la filmer, mais aussi parce que ma manière favorite de travailler est d’écrire pour des acteurs que j’adore et que je connais bien. Durant notre tournage en Suède, en sa compagnie et celle de plusieurs de mes meilleurs amis, la vie est devenue par instants… idéale. C’est l’expérience de travail la plus joyeuse que j’aie jama

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François Cluzet : « Quand je tourne, je n’ai plus aucune volonté »

3 questions à... | "La Mécanique de l’ombre", thriller politique et premier film de Thomas Kruithof, est l’occasion d’explorer celle du comédien en compagnie de François Cluzet. Cours magistral sur son métier qu’il résume ainsi : « Un acteur, c’est d’abord un corps dans une situation. »

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

François Cluzet : « Quand je tourne, je n’ai plus aucune volonté »

Comment ressent-on la question de la surveillance d’une manière générale lorsqu’on exerce un métier où l’on est constamment scruté ? François Cluzet : À dire vrai, je ne m’occupe pas trop d’être scruté ; c’est le problème des spectateurs. Nous, les acteurs, on est des exhibitionnistes ; il faut qu’on se se méfie du narcissisme, de l’ego hypertrophié. Le rôle de l’interprète, c’est uniquement d’être vivant – j’ai beaucoup réfléchi à cela parce que je suis passionné et que j’essaie de faire mon boulot le mieux possible. Alors, depuis très longtemps, je ne joue plus : j’essaie de vivre les situations sans ramener mon grain de sel. Bien sûr, elles sont vécues sur commandes, car reliées au script, mais finalement j’aime bien cette idée. Longtemps ça m’a fait peur, je pensais qu’il ne ne se passerait rien. Je me suis rendu compte que c’était le contraire. Je me sens proche de cet acteur américain à qui un metteur en scène avait demandé s’il pouvait jouer plus expressif, et qui avait répondu : « – Non, mais toi tu peux rapprocher un peu plus ta caméra. » (rires) Quelles sont les exigences d’

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"La Mécanique de l'ombre" : affaires intérieures

ECRANS | de Thomas Kruithof (Fr.-Bel., 1h33) avec François Cluzet, Denis Podalydès, Sami Bouajila…

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Solitaire, chômeur et buveur repenti, un comptable (François Cluzet) est recruté par un discret commanditaire pour retranscrire à la machine à écrire des écoutes téléphoniques enregistrées sur cassettes magnétiques. Sans le savoir, il va pénétrer dans les sordides coulisses de l’appareil d’État… Un thriller politique s’inscrivant dans le contexte de ces officines supposées gripper ou fluidifier les rouages de notre république bénéficie forcément d’un regard bienveillant. Pas parce qu’il alimente la machine à fantasmes des complotistes (fonctionnant sans adjonction de carburant extérieur) mais parce qu’elles recèlent autant de mystères et d’interdits que les antichambres du pouvoir américaines, si largement rebattues. Comme un creuset où se fonderaient entre elles les affaires Rondot, Squarcini, Snowden et Takieddine, cette première réalisation de Thomas Kruithof est à la fois très concrète et pétrie de symboles (tel celui du puzzle l’objet fétiche du héros ; une structure complexe rendue inopérante dès lors que la plus misérable pièce fait défaut). Esthétiquement composé en Scope, ce film à la lisière de l’enquête intérieure

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PB d'or 2016 : théâtre et danse

C'était 2016... | Une excellente surprise dansée et une salle qui mériterait d'être plus exposée.

Aurélien Martinez | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : théâtre et danse

Le PB d’or de la salle discrète mais nécessaire : l’Espace 600 Lové dans le quartier grenoblois de la Villeneuve, au rez-de-chaussée d’une barre d’immeuble, l’Espace 600 mène depuis des années un travail capital en direction du jeune public, avec une ligne artistique forte qui veut qu’un spectacle dit tout public soit aussi travaillé et réfléchi qu’un spectacle dit pour adulte. Comprendre, du coup, que cette scène est plus proche artistiquement de ses voisines type MC2 & co que d’une garderie où l’on demanderait simplement aux enfants de s’époumoner et de taper des mains face à des comédiens infantilisants simplement là pour obtenir un cachet. « Faisons confiance à la jeunesse pour recevoir les créations les plus audacieuses. Faisons confiance aux artistes qui choisissent de se frotter à ce public d’une extrême exigence » comme l’écrivait en octobre dans une tribune publiée par nos soins la directrice Lucie Duriez. C’est exactement ça.

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