Les pirates de l'art à l'abordage de la France

ARTS | On a visité l'exposition de Spacejunk qui dévoile six artistes se revendiquant du courant Lowbrow.

Charline Corubolo | Mardi 9 février 2016

Photo : Berhart


Ces pirates-là ne sabrent pas les malheureux pour leur butin mais hachent à vif l'art contemporain, boursouflé par sa prétention et son arrogance, à travers un trait incisif. Exit le verre de cristal rempli de champagne : à bord de ce navire Lowbrow, on est imprégnés des effluves de la bière et on navigue aux sons d'une culture populaire qui se dessine au crayon et au pinceau.

Inaugurée vendredi 5 février au centre d'art Spacejunk, l'exposition Lowbrow en France sonde les abîmes de cette mouvance plastique née aux États-Unis dans les années 1970 et qui a jeté l'ancre dans nos contrées depuis une quinzaine d'années. Les considérant comme les capitaines français de ce mouvement, le centre d'art a réuni Berhart, Jérôme Barbosa, Odö, Veks, Ciou et Malojo pour mettre à jour tous les trésors de cet art underground rempli de symbolisme, de détails et d'onirisme aux relents acerbes d'un XXIe siècle à la dérive.

Le club des six

C'est après avoir été présentée à Bayonne et Lyon que l'exposition arrive à Grenoble, avec un accrochage différent de ce qu'on a pu découvrir à Lyon. Au lieu d'un espace découpé par artistes, le parcours s'amuse à mélanger les six marins par affinités thématiques (comme l'enfance) ou par esthétique stylistique créant un parallèle entre les dessins en noir et blanc de grands formats et les toiles colorisées de tailles moyennes.

En mettant de la sorte en résonance les œuvres, l'exposition révèle davantage toutes les nuances et la diversité du mouvement. Un parti pris qui, certes, donne peut-être moins la faveur aux artistes (encore que), mais s'avère tout de même payant en soulignant le caractère baroque et destroy du Lowbrow.

Dans cet univers varié et déjanté, on retrouve les animaux hybrides de Veks, profondément inspirés par la nature. Sur fond noir, avec une touche semblable au ténébrisme du peintre le Caravage, ces créatures surréalistes surgissent telles des chimères sur le fil de son imaginaire débridé.

Berhart, lui, préfère se confronter au noir et blanc dans de grands formats où fourmillent les détails. Tel un chirurgien avec son scalpel, il explore la société en mélangeant à tout va les références populaires, comme avec ce dessin où se décline le lapin, du crétin au playboy, pour des scènes délirantes et sarcastiques.

Le sarcasme n'est jamais loin non plus avec Jérôme Barbosa qui, au moyen du noir et blanc également, scrute l'humain et son environnement dans ses mutations sociétales non sans ironie.

Quant à Odö, ses personnages mi-cartoons mi-humains à l'esthétique tatoo font directement référence à la culture populaire américaine et jettent, par un jeu de miroir, un voile critique sur l'humain.

Les étranges figures boursouflées de Malojo semblent, elles, danser comme des diablotins vicieux sur des airs religieux, tandis que Ciou dévoile un univers psychédéliques où manœuvrent des danseuses faussement candides. Une exposition qui traite de tous les maux de la société et de l'art, sans tabou et avec un symbolisme détaillé et juteux.

Lowbrow en France, jusqu'au samedi 2 avril au centre d'art Spacejunk

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Bertrand Tavernier est mort

Disparition | On vient d’apprendre la disparition à 79 ans du cinéaste, scénariste et producteur Bertrand Tavernier, par ailleurs président de l’Institut Lumière, à Lyon, depuis sa création en 1982. Une perte immense.

Vincent Raymond | Jeudi 25 mars 2021

Bertrand Tavernier est mort

Né à Lyon en 1941, celui qui fut attaché de presse et critique avant de s'emparer de la caméra en 1964 pour son premier court-métrage, puis en 1973 pour son premier long L'Horloger de Saint-Paul, aura signé une des œuvres les plus prolifiques et éclectiques du cinéma français contemporain. Sans pour autant renier ses précurseurs à la différence de la génération précédente – Bertrand Tavernier n'hésitera pas à travailler avec les scénaristes Aurenche et Bost conspués par la Nouvelle Vague. Touchant à tous les styles, du polar à l'anticipation en passant par le documentaire ; manifestant en homme engagé son amour pour le rétablissement de la justice sociale (L. 627, Histoires de vies brisées…), le jazz (Autour de minuit), le cinéma (l'extraordinaire Laissez-Passer, Voyage à travers le cinéma Français), sa filmographie est émaillée de nombreux prix : il fut le premier récipiendaire du César du réalisateur en 1976 pour Que la fête commence et le remportera à nouveau en 1997 pour

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"Never Rarely Sometimes Always" : sois femme et tais-toi

ECRANS | De Eliza Hittman (É.-U.-G.-B., 1h42) avec Sidney Flanigan, Talia Ryder, Théodore Pellerin…

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Autumn, 17 ans, se découvre enceinte. Comme il lui semble difficile d’interrompre sa grossesse dans son patelin de Pennsylvanie, elle part pour New York accompagnée par sa cousine Skylar. Là-bas, d’autres galères l’attendent. Être femme est encore, souvent, toujours, difficile… Chronique d’une adolescence féminine dans un pays où les droits des femmes sont insidieusement entravés. Tout l’arsenal légal et médical existe de la contraception à l’interruption volontaire de grossesse ; hélas, et Autumn en fait la triste expérience, il est sciemment saboté, avec une rare perversité, par le contexte social, familial et/ou moral. Ainsi découvre-t-on qu’une mineure forcée d’avoir des relations sexuelles non consenties et se retrouvant enceinte essuie les quolibets publics du violeur, l’ignorance de sa famille, les mensonges d’une employée du planning familial outrageusement pro-life ; qu’elle doit voler son employeur pour se rendre dans un autre État afin de se faire avorter et quasiment se prostituer afin de payer l’intervention (car, évidemment, il n’y a pas de couverture sociale pour l

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Jodorowsky’s Dune

Reprise | Réputé inadaptable au cinéma, "Dune", le grand roman de science-fiction, l'a pourtant été par David Lynch. Mais, avec lui, c'est le Chilien Alejandro Jodorowski qui s'y était essayé. La preuve vendredi 13 décembre au CAP (Voreppe).

Vincent Raymond | Mardi 10 décembre 2019

Jodorowsky’s Dune

Tous les arts comptent leur lot d’œuvres maudites bénéficiant, avec le temps et indépendamment de leurs qualités intrinsèques, d’un prestige supplémentaire du fait de leurs conditions de fabrication ou de réception. Au cinéma, les exemples sont hélas légion. Qu’il s’agisse des films mal reçus en leur temps pour avoir coulé producteur ou studio (La Porte du Paradis), de ceux ayant la réputation d’avoir "tué" leur vedettes (The Misfits, ayant eu raison en quelques mois de Gable et Monroe) ou pire encore, de ceux jamais tournés malgré leur attirante affiche. Ces promesses de films sont autant de frustrations pour le spectateur que de possibilités pour lui de fantasmer l'œuvre parfaite. Au reste, il vaut mieux parfois que le film demeure dans les limbes de la création, à l’instar du malheureux The Man Who Killed Don Quixote de Terry Gilliam, dont la poisseuse genèse aura au moins donné naissance à Lost in La Mancha. Le cas du Dune de Jodorowsky est différent : s'il n’a jamais vu le jour "directement", il a in

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"La Source" : planche de salut

ECRANS | de Rodolphe Lauga (Fr, 1h45) avec Sneazzy, Thomas Goldberg, Christophe Lambert…

Vincent Raymond | Lundi 22 juillet 2019

Désœuvré, vivant comme une malédiction la nécessité de reprendre l’entreprise de plomberie familiale de son père défunt, Samir s’imagine un autre avenir loin de la cité, en devenant surfeur pro. Même s’il n’a jamais mis les pieds sur une planche de sa vie. Et qu’il ne sait pas nager… Du parcours "éclaboussant" de Karim Braire, le réalisateur (et surfeur) Rodolphe Lauga a ôté toute l’écume sulfureuse et le ressac saumâtre : Samir en constitue une version à la fois épurée et fictionnalisée dans le bon sens du terme, puisque seul compte le récit initiatique d’un ado refusant le déterminisme socio-familial pour s’accomplir dans une inexplicable passion, en suivant son instinct. On objectera que le schéma est classique, mais le film l’est moins, qui déroge à tous les clichés du cinéma de banlieue ou du cinéma de glisse : l’une et l’autre sont en effet considérées ici comme des éléments contextuels, non comme des prétextes à images chocs ou spectaculaires. Par ailleurs scénariste (notamment des deux derniers Canet), Lauga

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"Douleur et gloire" : autoportrait de Pedro Almodóvar en vieil artiste

ECRANS | Un cinéaste d’âge mûr revisite son passé pour mieux se réconcilier avec les fantômes de sa mémoire et retrouver l’inspiration. Avec son nouveau film en compétition au Festival de Cannes, Pedro Almodóvar compose une élégie en forme de bilan personnel non définitif illustrant l’inéluctable dynamique du processus créatif.

Vincent Raymond | Mardi 14 mai 2019

Le temps des hommages est venu pour Salvador Mallo, cinéaste vieillissant que son corps fait souffrir. Son âme ne l’épargnant pas non plus, il renoue avec son passé, se rabiboche avec d’anciens partenaires de scène ou de lit, explore sa mémoire à la racine de ses inspirations… Identifiable à son auteur dès la première image, reconnaissable à la vivacité de ses tons chromatiques, mélodiques ou narratifs, le cinéma de Pedro Almodóvar semble consubstantiel de sa personne : une extension bariolée de lui-même projetée sur écran, nourrie de ses doubles, parasitant sa cité madrilène autant que ses souvenirs intimes sans pour autant revendiquer l’autobiographie pure. Pourtant, à la différence de Woody Allen (avec lequel il partage l’ancrage urbain et le goût de l’auto-réflexivité), le démiurge hispanique est physiquement absent de ses propres films depuis plus de trente ans. Il parvient cependant à les "habiter" au-delà de la pellicule, grignotant l’espace épi-filmique en imposant son visage-marque sur la majorité de l’environnement iconographique – il figure ainsi sur nombre de photos de tournages, rivalisant en notoriété avec les vedettes qu’il dirige. Pour

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Benoît Poelvoorde : « Sempé observe le détail et le rend énorme »

ECRANS | En incarnant Raoul Taburin, le personnage dessiné par son idole Sempé, Benoît Poelvoorde se laisse aller à son penchant pour la tendresse. Et force sa nature en effectuant une performance physique : du sport…

Vincent Raymond | Mercredi 17 avril 2019

Benoît Poelvoorde : « Sempé observe le détail et le rend énorme »

Pensez-vous que Raoul Taburin soit un conte philosophique ? Benoît Poelvoorde : En tout cas, c’est une histoire très humaniste. Il faudrait poser la question à Sempé – moi-même j’avais envie – mais il ne répondra jamais. Pour moi, faire du vélo, c’est l’image de l’apprentissage ; faire du vélo en retirant les petites roulettes, c’est entrer dans la vie. Une fois que tu commences à pédaler, c’est exponentiel, tu vas bouger et te dire : comment ai-je pu avoir si peur ? D’ailleurs, on pourrait réfléchir : est-ce que mettre les roulettes n’encombre pas ? À force d’être tombé trois ou quatre fois, on se dit qu’on va faire du vélo uniquement pour le plaisir de ne plus tomber. Et une fois qu’on commence à pédaler, on se dit : c’était aussi con que ça ? C’est un peu comme rentrer dans l’eau froide. Alors, est-ce qu’on a fait un film philosophique ? Sempé en tout cas a fait un ouvrage philosophique. On peut le prendre comme toutes les choses très simples et universelles, de manière philosoph

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"Raoul Taburin" : le supplice du deux-roues

ECRANS | De Pierre Godot (Fr, 1h30) avec Benoît Poelvoorde, Édouard Baer, Suzanne Clément…

Vincent Raymond | Mercredi 17 avril 2019

En dépit de ses efforts, et depuis son enfance, Raoul Taburin (Benoît Poelvoorde) n’est jamais parvenu à se tenir sur un vélo. L’ironie du sort fait que tous le prennent pour un crack de la bicyclette et qu’il est devenu le champion des réparateurs. L’arrivée d’un photographe dans son village va changer son destin… Cette libre adaptation de l’album illustré de Sempé ressemble à une rencontre entre L’Homme qui tua Liberty Valance (1962) (pour sa fameuse morale "Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende" condamnant certains imposteurs malgré eux à supporter leur gloire indue) avec le réalisme magique, rendant anodin le surgissement d’éléments surnaturels. Ici, la bicyclette verte de Raoul paraît douée d’une vie propre, et le feu du ciel frapper ceux à qui il s’ouvre de ses secrets. Cela pourrait aussi bien être des hallucinations ou des coïncidences ; à chacun de déterminer son seuil tolérance à la poésie. Mettre en mouvement un conte narrant l’impossibilité pour un personnage de défier la gravité sur son vélo tient de la gageure, mais Pierre Godeau relève le gant en respectant la tonalité dél

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Rodolphe Burger : very "Good"

Concert | Le génial compositeur, guitariste et chanteur français sera à la MC2 mardi 11 décembre pour un concert qui promet. Et la veille au cinéma le Méliès pour présenter un documentaire le concernant.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 décembre 2018

Rodolphe Burger : very

Une approche velvetienne du blues, une certaine langueur électronique et un amour immodéré de la poésie : voilà probablement les trois piliers tenant l'œuvre du Français Rodolphe Burger depuis les premiers temps de son groupe Kat Onoma jusqu'à ses dernières productions. Et c'est ce que l'on retrouvait comme en hyper-concentration sur l'album Good, sorti début 2017, qui se présentait comme une énième manifestation de xénoglossie où la langue des poètes (celle des compères de toujours Olivier Cadiot et Pierre Alféri mais aussi de Goethe, T.S. Eliot, Deguy, Büchner et Beckett) venait une fois de plus envahir le flow chamanique de l'ermite de Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin). Un an après une précédente présentation live (à la Source), celui-ci revient dans l'agglo (cette fois à la MC2) servir un double événement autour de cet inépuisable et insondable projet. D'abord sous la forme d'une expé

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"Ága" : l’arène des neiges

ECRANS | de Milko Lazarov (Bul-All-Fr, 1h37) avec Mikhail Aprosimov, Feodosia Ivanova, Galina Tikhonova…

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

Dans le Grand Nord, un couple iakoute gagné par l’âge subsiste contre vents et gelées dans la solitude de sa yourte. La chasse s’avère difficile, et la maladie ronge la femme. Entre deux discussions laconiques, il y a l’évocation nostalgique de leur fille, Ága, partie à la ville… Ága rappelle à bien des égards le cinéma intimiste français en vigueur dans les années 1980-1990, ce courant minimaliste "2 pièces-cuisine" travaillant à l’os le drame ordinaire dans la foulée du nouveau roman – l’influence camionneuse de Duras n’est pas à exclure. Il s’en détache évidemment par son déplacement en un territoire "exotique" et, surtout, par l’intégration d’éléments magiques et symboliques renvoyant cette histoire davantage au conte moderne qu’au récit réaliste. Oscillant entre blizzard et bizarre, cette quête surprend par l’intensité des émotions qu’elle dégage en peu de mots et d’images. Un dégel du cœur.

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Zoom sur quinze fresques street art emblématiques de Grenoble et de son agglo

ESCAPADES | « Au bout de chaque rue, une fresque » aurait pu écrire Stendhal s'il arpentait aujourd'hui l’agglomération grenobloise. La preuve avec cet article illustré.

Alice Colmart | Jeudi 5 juillet 2018

Zoom sur quinze fresques street art emblématiques de Grenoble et de son agglo

Grâce au Grenoble Street Art Fest dont la quatrième édition vient de se terminer (elle a eu lieu tout le mois de juin), quelque 130 fresques habillent les murs de Grenoble, Fontaine, Pont-de-Claix et Saint-Martin-d’Hères, faisant ainsi la réputation du territoire en matière d’art urbain – la presse nationale s’en donne d’ailleurs à cœur joie chaque année. Difficile donc pour Jérome Catz, directeur de l’événement et du centre d’art Spacejunk, de choisir les plus emblématiques. « Sans émettre de classification », il a fini par sélectionner avec nous quinze œuvres. On a alors suivi un parcours nous menant sur les pas de l’incontournable street artist grenoblois Snek, du Toulousain Veks Van Hillik qui puise son inspiration dans la nature ou encore de références internationales comme l’Américain Augustine Kofie, père fondateur du graffuturisme, et le Londonien Anthony Lister, connu pour ses œuvres faussement négligées.

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"Mutafukaz" : ados dans le viseur

ECRANS | Retour gagnant sur grand écran pour Guillaume Renard, alias Run, qui offre de l’espace et du temps aux héros de l’univers pop-pulp-futuriste de "Mutafukaz", la série qu’il avait développée en BD. Une synthèse street-punk bariolée, avec des cafards, des mutants et de la "lucha libre".

Vincent Raymond | Mardi 22 mai 2018

Dark Meat City. Livreur de pizzas parfumé à la lose, Angelino voit sa vie changer le jour où, après avoir un peu trop maté une belle donzelle, il percute un camion. Une armée de tueurs détruit son taudis, le forçant à partir en cavale avec son coloc’. Au passage, il se découvre des pouvoirs… Apparue avec le millénaire et son cortège de néo-usages techno-ludiques, la maison Ankama héberge une flopée de séries transmédia qui, fort logiquement, trouvent au cinéma un terrain de jeu supplémentaire. Après le réussi Dofus, livre 1 : Julith (hélas passé un peu inaperçu lors de sa sortie en 2016), voici donc un nouvel objet pop-fusion post-moderne tiré de cette galaxie aux inspirations multiples et débridées : entre l’anticipation et la dystopie, la jungle urbaine peuplée d’aliens "undercover" visant à prendre le contrôle de la planète en asservissant les humains rappelle le John Carpenter de Invasion Los Angeles. Hybrides débridés Mais auss

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Isaac Delusion, Moodoïd et MNNQNS vont payer leur Ricard (ou presque)

Concert | Fêtant ses 30 ans, la tournée Ricard SA Live Music repasse par Grenoble avec, selon la formule consacrée, deux valeurs sûres du rock indé français (Isaac Delusion et Moodoïd) et sa révélation de l'année 2018 (MNNQNS). Rendez-vous mercredi 25 avril à la Belle électrique, en mode gratuit.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 avril 2018

Isaac Delusion, Moodoïd et MNNQNS vont payer leur Ricard (ou presque)

Si la Société Ricard Live Music fête ses 30 ans, la formule de la tournée proposée aujourd'hui ne date, elle, que de 2010. Peu importe, on ne refuse jamais un anniversaire. Cette formule, les amateurs d'indie-music (et d'événements sponsorisés) la connaissent aussi bien que celle du restaurant où l'on mange chaque midi. C'est même inscrit sur la carte : « le meilleur de la scène indépendante française ». C'est pour cela qu'on vient et, dans certains cas, c'est pour cela qu'on reste et même qu'on revient : dix concerts gratuits ouverts par le lauréat du grand casting annuel et national. Le tout porté par la célèbre marque d'anisette. Cette année, c'est le groupe MNNQNS (photo), à ranger dans la catégorie des formations traumatisées par le "consonne-voyelle" de l'émission Des chiffres et des lettres (avec BRNS, MGMT, SBTRKT, MSTRKRFT, STRFKR et bien d'autres). Un quatuor rouennais mais un projet né au Pays de Galles à l'initiative de son chanteur autour de l'idée d'un revival new-yorkais qui n'en serait pas un (il faut suivre) mais qui irait de l'âge d'or du CBGB (un club de Manhattan) à Interpol en passant par les Strokes, forcément.

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Détours de Babel 2018 : nos coups de cœur

Festival | C’est parti pour la huitième édition des Détours de Babel, festival centré, comme l’indique son sous-titre, sur les musiques du monde, le jazz et les musiques nouvelles. Une manifestation comme chaque année d’une grande richesse, même si pas mal de propositions peuvent intimider de prime abord. On a donc parcouru consciencieusement l’ensemble du programme, bien ouvert nos oreilles et sélectionné quelques concerts à faire pendant ces trois semaines. Suivez-nous.

La rédaction | Mardi 13 mars 2018

Détours de Babel 2018 : nos coups de cœur

Ouverture avec star On ne peut pas dire que les Détours de Babel sont réputés pour la foule de têtes d’affiche grand public qu’ils convoquent chaque année – même si, pour les amateurs des genres musicaux défendus par l’équipe organisatrice, celles et ceux dont on va causer dans cet article sont, à leur façon, des têtes d’affiche. Alors quand un nom un tant soit peu grand public ouvre les hostilités, il faut le souligner. La chanteuse et musicienne malienne Rokia Traoré sera ainsi sur la scène de la Belle électrique lors de la première soirée du festival pour un concert mêlant sa culture malienne et des chansons françaises du répertoire comme celles de Brel et Ferré. De quoi commencer sur de bonnes bases, en parfaite adéquation avec le thème de cette édition : retour aux sources. Rokia Traoré À la Belle électrique vendredi 16 mars à 20h John en Cage Parmi les riches festivités du brunch Jazz no Jazz sis dans le quartier Très-Cloîtres, Rencontre d'un univers im

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Quand le cinéma brûle d’amour grâce à Almodóvar

Soirée cinéma | Rendez-vous mercredi 14 février (oui, jour de la Saint-Valentin) à l'Espace Victor-Schoelcher de Seyssins pour le constater.

Aurélien Martinez | Mardi 6 février 2018

Quand le cinéma brûle d’amour grâce à Almodóvar

Il y a plusieurs façons de passer une bonne Saint-Valentin. Celles et ceux qui ont concocté la saison culturelle commune des villes de Seyssinet-Pariset et Seyssins ont visiblement pensé qu’un 14 février parfait se déroulerait devant un écran de cinéma, et avec deux grands films du tout aussi grand réalisateur espagnol Pedro Almodóvar. À savoir Volver, succès critique et public à sa sortie en 2006 avec une Penélope Cruz royale, et le plus vieux (1989) mais plus culte Femmes au bord de la crise de nerfs. Plus culte puisqu’il correspond à la période moins institutionnelle et plus débridée (voire vaudevillesque) de l’Espagnol, fer de lance de la fameuse Movida des années 1980, lorsque le corset dans lequel le feu dictateur Franco tentait de maintenir l’Espagne a craqué de tous les côtés dans une impressionnante et foutraque vague créatrice. Avec, au centre de ce récit à plusieurs entrées, la grandiose Carmen Maura (photo), égérie almodovarienne par excellence que l’on retrouve d’ailleurs dans Volver, film avec lequel elle signa son grand retour dans la galaxie du cinéaste après plus de 15 ans d’

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"Good" : un bon (Rodolphe) Burger

MUSIQUES | Voix de stentor, tempo au bord de l'arrêt cardiaque : le guitariste et chanteur français continue, avec son énième album en date, à distiller son blues velvetien. Ou devrait-on dire burgerien, comme on s'en rendra compte jeudi 16 novembre sur la scène de la Source.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 novembre 2017

Exégète inépuisable du Velvet, collaborateur frénétique, maniaque de la reprise (y compris de ses propres titres ou de ceux du groupe qui l'a fait connaître, feu Kat Onoma) féru de création live sous toutes sortes de formes : le guitariste et chanteur alsacien Rodolphe Burger est à ce point barré en permanence sur plusieurs fronts qu'on en oublierait presque qu'il mène aussi une carrière discographique solo faites d'albums originaux. Si l'on s'en tient à ce seul critère, cela fait neuf ans que Burger, loin pourtant d'avoir chômé, n'avait pas livré ce genre d'albums, depuis No Sport, en 2008. Jusqu'à ce Good donc. Sauf que, même en solo, Burger n'est jamais tout seul, convoquant toujours ses poètes préférés. Samuel Beckett, pour le morceau-titre, côtoie ainsi Pierre Alféri et Olivier Cadiot (deux complices de longue date de Burger) ou T.S. Eliot et son poème The Waste Land. De fait, la formule de l'alchimiste alsacien, si connu pour transformer le rythme de la poésie en boucles musicales hypnotiques, ne change guère : sa guitare blues et velvetienne, sa voix profonde de crooner fantomatique caressent les mots

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Festival Les Belles Journées : oh les beaux jours berjalliens

Musique | Zoom enthousiaste sur la nouvelle édition du festival de Bourgoin-Jallieu organisée vendredi 8 et samedi 9 septembre. Un événement qui « souhaite défendre la fine fleur du rock indépendant français et de la chanson, dans une ambiance conviviale et festive ».

Stéphane Duchêne | Mardi 5 septembre 2017

Festival Les Belles Journées : oh les beaux jours berjalliens

C'est un peu comme une pré-rentrée. En attendant que les Abattoirs de Bourgoin-Jallieu ne rouvrent leurs portes pour une saison qui promet quelques beaux moments, le festival de rock français Les Belles Journées, sis lui aussi à Bourgoin, s'occupe des derniers beaux jours (même s'il est devenu plus qu'évident qu'il y a de moins en moins de saison) en marquant la reprise. Et de quelle manière ! Car les deux soirs du "petit" festival du Parc des Lilattes s'annoncent appétissants. Le premier aura une forte odeur de blues avec Butch McKoy, blues (donc) sépulcral à cheval sur la dépouille de Johnny Cash et les esprits de Nick Cave et de David Eugene Edwards (16 Horsepower, Wovenhand), et les Mountain Men de Mathieu Guillou. Quant aux caméléons de Nouvelle Vague (on rappelle le principe : des reprises bossa nova de tubes new wave mais aussi, depuis peu, quelques compositions), ils ne devraient toutefois pas avoir de mal à se faire une tête de tête d'affiche. Le lendemain, le prodige folk lyonnais Raoul Vignal et le bluesman velveto-alsacien Rodolphe Burger feraient

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Veks Van Hillik : « Ma peinture est pleine d’espoir »

Interview | Derrière l’image du renard apposée sur la façade arrière de la Bibliothèque d’étude et du patrimoine, à Chavant, se cache Veks Van Hillik : un jeune artiste français qui puise son inspiration dans la nature tout en empruntant les codes stylistiques des grands maîtres de la peinture. En découle un fascinant univers chimérique à découvrir actuellement à Spacejunk.

Charline Corubolo | Mardi 25 avril 2017

Veks Van Hillik : « Ma peinture est pleine d’espoir »

Votre exposition s’intitule Darwin Theorem et dévoile en peinture des animaux hybrides. Entre la théorie de l’évolution de Darwin et vos personnages, n’y aurait-il pas un axe militant ? Veks van Hillik : En effet. Pour cette exposition, j’ai voulu explorer le rapport entre les théories de l’évolution et les théories créationnistes religieuses par un rapprochement esthétique. À l’heure d’Internet, les théories les plus folles refont surface, une vraie forme de néo-obscurantisme se développe, ça me fascine. Je trouve ça un peu surprenant qu’on remette en question des faits scientifiques, qu’on sait vrais et vérifiés, tout ça parce que l’on croit en une entité supérieure. Mais mon angle n’est pas inquisiteur, il n’y a pas de jugement de ma part, juste de la curiosité. Vous partez donc de la théorie de Darwin, pourtant le titre de l’exposition fait référence au théorème… Si j’ai mis « theorem » et pas « théorie », c’est en

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"Darwin Theorem" : les planches fantasmagoriques de Veks Van Hillik

Exposition | Zoom (enthousiaste) sur le travail que le jeune peintre français présente à Spacejunk jusqu'au samedi 27 mai.

Charline Corubolo | Mardi 25 avril 2017

Du noir profond de la toile émerge une vierge à écailles lumineuse. Cette dualité esthétique et sémantique rythme, à l’instar de l’anthropomorphise, l’œuvre du Français Veks van Hillik : le beau s’oppose au moche, le lisse se heurte au rugueux, l’eau infiltre les airs. De ce jeu d’opposition, l’artiste nourrit inlassablement son univers et sa technique. Sa fresque chimérique, actuellement présentée à Spacejunk, s’engage ainsi sur les sentiers de l’évolution. À travers le corpus Darwin Theorem, le peintre interroge le développement du vivant en se fondant sur les théories de Charles Darwin tout en les appliquant à un plus large spectre : aux mœurs culturelles, à la religion ou encore au savoir scientifique, aujourd’hui remis en cause par une montée (notamment numérique) du néo-obscurantisme. Un magma réflexif contemporain sondé par le prisme des codes de la peinture classique. Empruntant à l’esth

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The Monsters : monstres academy

Rock | Mercredi 26 avril, la Belle électrique accueille The Monsters, groupe culte de rock'n'roll garage. Pourquoi c'est culte ? Bah lisez cet article pour le savoir !

Stéphane Duchêne | Mardi 18 avril 2017

The Monsters : monstres academy

« Des disques pour foutre en l'air toutes vos fêtes. » « Nous transformons n'importe qui en junkie. » « Si c'est trop fort c'est que t'es trop vieux. » Joyeux trentenaire, le label helvète Voodoo rhythms s'est souvent fendu de punchlines destinées à faire fuir le badaud qui aurait poussé par hasard la porte de cette petite boutique des horreurs. Des avertissements qui, pour l'effrayant Reverend Beat-man (de son vrai nom Beat Zeller), à la tête de cette diabolique maison, ont aussi valeur de psaumes comme on en trouve à l'entrée de certains temples, susceptibles d'attirer religieusement les adeptes qui n'auraient que faire de la préservation de leur âme. Et même d'en abriter certains puisque sa chapelle toujours ardente a révélé et accueilli des groupes de premiers plans (dont nos chouchous de Mama Rosin). Mais la vitrine de Voodoo reste ces bien nommés The Monsters, la trentaine eux aussi et créature du Révérend lui-même, q

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Roots’n’Culture : le goût du partage

Festival | Vendredi 7 et samedi 8 avril, le campus grenoblois vibrera au son de la nouvelle édition du festival solidaire Roots’n’Culture. Qui pourra-t-on écouter ? Réponses :

Charline Corubolo | Mardi 4 avril 2017

Roots’n’Culture : le goût du partage

Il y aura du dub et de l’altruisme vendredi 7 et samedi 8 avril sur le campus de Saint-Martin-d’Hères. Pour la 15e édition, le festival Roots’n’Culture, organisé par l’association de bénévoles du même nom, continue de régaler les esgourdes adeptes des beats festifs et d'actions généreuses. Car le joyeux saltimbanque en quête d’un week-end chaleureux a le choix entre payer son entrée au tarif normal ou opter pour un prix préférentiel en complétant la mise avec des denrées non périssables reversées à la Banque Alimentaire de l’Isère, partenaire de la manifestation. Sympa. Niveau programmation, les organisateurs ont décidé de régaler les festivaliers avec le premier soir Tetra Hydro K, Krak In Dub et surtout le fameux Peuple de l’Herbe (photo), que l'on a longuement interrogé. Le samedi, c’est Vibromics et Bush Chemists/Conscious Sounds qui prendront le relais, épaulés par Woobedub et Kandee. Sympa aussi.

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"Déambulation" : la note d’intention de la galerie Marielle Bouchard

Galerie | Début mars, l’art contemporain s’est infiltré rue Pierre Termier (Grenoble) avec l’ouverture de la galerie Marielle Bouchard. Pour cette inauguration, l’exposition "Déambulation" présente les 12 artistes que le lieu défendra dans les mois à venir. Une première proposition pensée comme une invitation dans l’univers de ce nouvel espace dédié à l’art.

Charline Corubolo | Mardi 21 mars 2017

Plus qu’une inauguration, l’exposition Déambulation s’affiche tel un manifeste, une note d’intention des ambitions portées par la galerie Marielle Bouchard. Ouvert le 9 mars dernier, le lieu entend défendre un art contemporain émergeant avec une volonté d’éclectisme. À cet effet, la première exposition dévoile les 12 artistes que la galerie souhaite soutenir en ses murs. Véritable invitation à l’évasion plastique, la visite offre un regard foisonnant sur la création d’aujourd’hui avec une multitude de médiums représentés : la photographie picturale de Hesse & Romier, la sérigraphie nostalgique de Wandrille Duruflé, les dessins muraux de Géraldine Pastor Lloret, la peinture sous plexiglas de Muriel Rodolosse, l’autofiction photographique de

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"Les Figures de l'ombre" : et encore un biopic gros sabots

ECRANS | de Theodore Melfi (É-U., 2h06) avec Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe, Kevin Costner…

Vincent Raymond | Mardi 7 mars 2017

Les Figures de l’ombre, c'est la trajectoire de Katherine Johnson, Dorothy Vaughan et Mary Jackson, brillantes mathématiciennes à la NASA durant les années 1960, dont les contributions permirent à l’aérospatiale d’effectuer des avancées décisives. Tout en combattant la ségrégation au quotidien, car elles étaient noires… Alors que la société étasunienne semble n’avoir jamais été autant proche de succomber à ses pulsions rétrogrades, Hollywood continue de produire des biopics édifiants et formatés, idéalisant (héroïsant parfois) des personnalités issues de la société civile. Quand Jeff Nichols ose le drame réaliste et pudique avec Loving, Theodore Melfi chausse les gros sabots d’une hagiographie convenue, farcie de répliques sur-écrites pour donner une apparence de comédie, de retournements moralisateurs ainsi que de personnages secondaires tellement archétypiques et manichéens qu’on n’imagine même plus les trouver dans des scripts d’apprentis scénaristes.

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Oh, les amoureux !

ECRANS | Que faire lorsqu'on est en couple et cinéphile — mais aussi quand on est cinéphile et en quête de l’âme sœur ? Se rendre dans une salle obscure, pardi ! (...)

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

Oh, les amoureux !

Que faire lorsqu'on est en couple et cinéphile — mais aussi quand on est cinéphile et en quête de l’âme sœur ? Se rendre dans une salle obscure, pardi ! Chacun(e) vous le dira : c’est le meilleur endroit pour vivre une histoire passionnée ou, à défaut, passionnante. Alors, si vous promenez vos guêtres du côté de Seyssins, le 14 février prochain, jour de la Saint-Valentin, plongez dans un grand bain d’affection et de tendresse, seul(e) ou accompagné(e), grâce au double programme consacré à Wes Anderson : vous en sortirez réconcilié avec la vie et scotché à votre galant(e). Avec À bord du Darjeeling limited (2008), vous suivrez une fratrie en train de se rabibocher à l’occasion d’un voyage de deuil dépaysant ; et dans le somptueux La Vie aquatique (2005) — vrai faux biopic de Cousteau plus crédible et poétique que L’Odyssée (2016) — vous partagerez le quotidien d’un impavide explorateur des hauts fonds, Steve Zissou, incarné par le non moins impassible Bill Murray, su

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Les quatre expositions à découvrir début 2017 à Grenoble

Panorama rentrée 2017 | On vous propose d'aller au Musée de Grenoble, au Musée dauphinois, à Spacejunk ou encore à la Halle de Pont-en-Royans.

Charline Corubolo | Mardi 3 janvier 2017

Les quatre expositions à découvrir début 2017 à Grenoble

Fantin-Latour Né en 1836 à Grenoble, admirateur des grands maîtres et peintre incontesté des fleurs au XIXe siècle, Henri Fantin-Latour s’est aussi illustré avec des portraits et des tableaux de groupe. C’est en suivant ces trois axes que le Musée de Grenoble invitera le public à (re)découvrir cet artiste isérois à travers une vaste rétrospective. Associé aux impressionnistes dont il rejette cependant la parenté, Fantin-Latour a laissé derrière lui une touche unique où le romantisme flirte avec le symbolisme. Au Musée de Grenoble Du 18/03 au 18/06 ________ Éric Bourret & Emmanuel Breteau Mettre en valeur le patrimoine de la région, tout en apportant un regard contemporain sur la création d’aujourd’hui, le Musée dauphinois s’y emploie depuis de nombreuses années. C’est ainsi que seront réunis en mars prochain, autour de l’exposition Alpes là, les photographes Éric Bourret et Emmanuel Breteau. Photographe marcheur, le premier expérimente la montagne à travers le mouvement offra

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La montagne de bulle en bulle au Musée de l'Ancien Évêché

ARTS | C’est au cœur des montagnes que le 9e art a fait ses premières bulles. Presque deux siècles plus tard, c’est aux pieds de ces dernières que cet art, la bande dessinée, s’expose de planches colorées en crayonnés noirs pour mettre en vignette les rapports entre l’homme et les cimes. Une ascension délicieuse, à réaliser au Musée de l’Ancien Évêché.

Charline Corubolo | Lundi 12 décembre 2016

La montagne de bulle en bulle au Musée de l'Ancien Évêché

Remplir les bulles de sommets, cela fait longtemps que les dessinateurs et scénaristes s’y appliquent. Le premier en date est le Suisse Rodolphe Töpffer qui, en 1827 dans les Alpes, s’adonne à un nouvel exercice, celui d’une narration par planches dessinées. Avec ses Amours de monsieur Vieux Bois, la bande dessinée voit s'esquisser ses premières vignettes en même temps que l’homme arpente les montagnes, l’exploration des massifs traduisant les changements sociétaux d’une modernité en marche. Un bouleversement dont s’emparent les auteurs, comme Aristide Perré avec Poucette Trottin ou encore Émile-Joseph-Porphyre Pinchon avec sa fameuse Bécassine. Une recherche des différentes représentations de cette nature toujours d’actualité, qu’elle soit lieu de conquête ou élément personnifié, que le Musée de l’Ancien Évêché déploie entre ses murs grâce à une scénographie subtile le long de l’exposition Pic & bulle, la montagne dans la BD. Avec pas moins de 90 auteurs, 200 planches originales, 15 albums historiques et 62 rep

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Théâtre : les temps forts de la saison grenobloise

Panorama 2016/2016 | Pour cette saison 2016/2017, on vous a concocté un programme varié entre spectacles coups de poing, aventures atypiques et classiques rassurants. Suivez-nous, que ce soit à la MC2, à l'Hexagone, au Théâtre de Grenoble, à la Rampe, à la Faïencerie, au Théâtre en rond...

Aurélien Martinez | Jeudi 13 octobre 2016

Théâtre : les temps forts de la saison grenobloise

LA 432 « Un spectacle intelligent pour ceux qui ne veulent pas réfléchir » : voilà comment les légendaires Chiche Capon présentent leur LA 432, que l’on a classé en théâtre parce qu’il faut bien le mettre quelque part. Sauf que c’est beaucoup plus que ça : un déferlement burlesque et musical (leur ritournelle Planète Aluminium reste très longtemps en tête) porté par des comédiens clownesques survoltés qui n’hésitent pas à secouer le public (ou à lui taper dessus). Joyeusement régressif ! Au Théâtre municipal de Grenoble mardi 22 novembre ________ Fables Un spectacle où certaines fables de Jean de La Fontaine (1621 – 1695) sont mises en scène par deux joyeux comédiens qui s’amusent véritablement à camper les différents animaux

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"Julieta" : Almodóvar se met à nu

ECRANS | de Pedro Almodóvar (Esp., 1h36) avec Emma Suárez, Adriana Ugarte, Daniel Grao…

Vincent Raymond | Mercredi 18 mai 2016

Accrochant un nouveau portrait de femme abattue aux cimaises de sa galerie personnelle, le cinéaste madrilène semble avoir concentré sur cette malheureuse Julieta toute la misère du monde. Avec son absence de demi-mesure coutumière, Almodóvar l’a en effet voulue veuve, abandonnée par sa fille unique, dépressive, en délicatesse avec son père et rongée par la culpabilité. Un tableau engageant – qui omet de mentionner son amie atteinte de sclérose en plaques… Construit comme une lettre à l’absente, Julieta emprunte la veine élégiaque de l’auteur de La Fleur de mon secret. On est très loin des outrances, des excentricités et des transgressions des Amants passagers (2013), son précédent opus façon purge s’apparentant à un exercice limite de dépassement de soi – et qui s’était soldé par un colossal décrochage. Revenu les pieds sur terre, Almodóvar se met ici au diapason de sa bande originale jazzy : en sourdine. Au milieu de ce calme relatif, seules les couleurs persistent à crier – les personnages et le montage faisan

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Jodorowsky's Dune

ECRANS | de Frank Pavich (É.-U., 1h30) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Jodorowsky's Dune

Faut-il remercier Pavich, ou bien le maudire d’avoir permis à Jodorowsky de dévoiler les coulisses de son film maudit Dune ? Restée à l’état de projet très avancé, cette adaptation du roman de Frank Herbert avait tout pour devenir l’œuvre prophétique qu’il ambitionnait : un credo artistique, des moyens considérables alloués par un producteur esthète, un contexte mystique favorable (nous somme en 1975) et une distribution réunissant The Pink Floyd, Dalí, Welles ou Mick Jaeger… À ce stade, on est déjà à l’agonie ; “Jodo” nous achève en expliquant la genèse de son armée de “guerriers” (Mœbius, Dan O’Banon, Giger…). Si son Dune n’a pas vu le jour, ce qui faisait son ferment (à défaut d’épice…) a ensemencé toute la SF des années suivantes, de Alien à Matrix. En cela, le projet initial de révolutionner l’histoire du cinéma a bien été accompli… sans que “Jodo” n’ait eu besoin de recourir lui-même à la pellicule, comme un contributeur de l’ombre. Ce documentaire lui renvoie l’ascenseur et la lumière : à l’instar de Lost in la Mancha consacré au désastre du Don Quichotte de Terry Gilliam, Jodorowsky’s Dun

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Désir de cinéma d'ailleurs au festival Ojoloco

ECRANS | Zoom sur la programmation de la quatrième édition du festival du cinéma ibérique et latino-américain. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Désir de cinéma d'ailleurs au festival Ojoloco

Les États-Unis ayant rétabli les relations diplomatiques avec Cuba, l’ostracisme politique à géométrie variable comme le blocus hypocrite dont souffrent l’île ne devraient plus en avoir pour très longtemps – guère davantage que le régime castriste, en somme… Parmi les (nombreuses) heureuses conséquences, la diffusion des œuvres cinématographiques cubaines en sera mécaniquement facilitée. Déjà peu nombreuses, elles sont compliquées à obtenir ; c’est pourquoi la programmation du très rare film d’animation Vampires à la Havane (1985) de Juan Padrón, et la carte blanche accordée à ses courts-métrages (en sa présence !), font déjà de cette édition d’Ojoloco un must. On complètera la vision fantaisiste de Padrón par celle, plus contemporaine et documentaire, de Léa Rinaldi dans Esto es lo que hay, montrant qu’il est difficile de contester par la musique au pays de Raúl et Fidel. Mais Ojoloco ne se

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Les pirates de l'art se la jouent Lowbrow

ARTS | Courant artistique enfanté sous le soleil californien et bercé par les différentes formes de contre-culture des années 1960 et 1970, le Lowbrow tourne le dos aux diktats de l’art contemporain pour mieux s’inspirer des icônes colorées de la culture populaire américaine. À l'occasion de l'exposition "Lowbrow en France" proposée par Spacejunk, on retrace son histoire. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Mardi 9 février 2016

Les pirates de l'art se la jouent Lowbrow

Los Angeles, début des années 1960. Alors que le conceptualisme et le minimalisme entament leur règne sans partage sur le monde de l’art contemporain, un jeune artiste frondeur du nom de Robert Williams accumule frustration sur frustration. Il faut dire que ses références culturelles à lui se situent aux antipodes de ces deux courants : pulp magazines, comic-books, films de monstres de série B, magazines de charme, motos... Bref, les influences classiques d’un jeune adolescent de la classe moyenne américaine. Après quelques années à décorer différents véhicules pour le compte de l'artiste d’Ed « Big Daddy » Roth, figure de proue de la « Kustom Kulture », il s’installe à San Francisco en 1969, dans le quartier de Haight-Ashbury, épicentre californien du mouvement psychédélique. C’est là qu’il va trouver enfin une famille d’adoption au sein de Zap Comix, une revue underground fondée par Robert Crumb qui va révolutionner le monde de la bande dessinée. Dix ans plus tard sort son premier livre d’artiste, The Lowbrow Art of Robt. Williams. Lowbrow pour « bas du front ». En choisissant ce terme ironique, Williams n’a pas l’intention de faire école,

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Bolle-Reddat magnifie le Godot de Fréchuret

SCENES | Cinq mois après la version magistrale de "Godot" par Jean-Pierre Vincent (à la MC2), le Grand angle de Voiron reçoit celle du Stéphanois Laurent Fréchuret : si le casting est plus inégal, la vivacité et la férocité de l’époustouflant texte de Beckett sont bien là. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 2 février 2016

Bolle-Reddat magnifie le Godot de Fréchuret

En attendant Godot est un grand Beckett. Plus puissant que Fin de partie ou Premier amour qui tournent partout, c’est un véritable chef-d’œuvre, parfaite alchimie entre une désespérance profonde et un espoir ultime, celui d’être ensemble, toujours, même – et surtout – face à l’inéluctable. Laurent Fréchuret n’a pas souhaité faire le malin face à ce texte-monstre, bien lui en a pris : il suit les très précises indications que Beckett a livrées en didascalies. C’est dans ces contraintes qu’il trouve la liberté de rire. Pour cela, le Stéphanois a convoqué un acteur immense, Jean-Claude Bolle-Reddat. Parfait Estragon qui, entre mille autres choses, a été membre de la troupe du Théâtre National de Strasbourg époque Martinelli et a joué au cinéma sous l’œil de François Ozon (Une nouvelle amie). En une fraction de seconde, Bolle-Reddat est juste : il tiendra cette tension deux heures durant, comme tombé de la lune et bien arrimé à cette terre d’où plus rien ne vient, surtout pas Godot. Face à lui, David Houri (Vladimir) joue moins

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Blackalicious : fat comeback

MUSIQUES | En rap plus encore que dans d’autres styles musicaux, effectuer un comeback après dix ans d’absence s’avère souvent un exercice hautement périlleux. Sous (...)

Damien Grimbert | Mardi 6 octobre 2015

Blackalicious : fat comeback

En rap plus encore que dans d’autres styles musicaux, effectuer un comeback après dix ans d’absence s’avère souvent un exercice hautement périlleux. Sous prétexte que le paysage musical a radicalement changé dans l’intervalle, la tentation est ainsi grande pour de nombreux vétérans de s’auto-ériger en éternels gardiens de la flamme, revenus prêcher la bonne parole originelle dans un milieu qui n’aurait (à leurs yeux) jamais cessé de se dégrader en leur absence… Coupons court à tout suspens : rien de tout ça chez Blackalicious. Figure de proue du collectif avant-gardiste californien Quannum Projects et auteur de trois albums hautement acclamés entre 1999 et 2005, le duo de Sacramento composé du MC Gift of Gab et du producteur Chief Xcel se tient ainsi prudemment à distance de tout discours moralisateur sur l’état du hip-hop actuel, préférant convaincre son auditoire à la seule force de son talent. Un pari largement gagné sur Imani Vol.1, nouvel album sorti sur le label OGM Recordings, qui voit Blackalicious revenir comme si de rien n’était à ce qui a toujours fait sa force : un flow multi-syllabique virtuose, puissant et hautement énergique se

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Les temps forts de la saison

ARTS | Une sélection à base de Musée de Grenoble, de Spacejunk, de Musée Géo-Charles, de Moulins de Villancourt, de Muséum ou encore de Casemate.

Charline Corubolo | Samedi 3 octobre 2015

Les temps forts de la saison

Derrière l’artiste, la femme au Musée de Grenoble Affirmer que l’art n’a pas de sexe serait remettre en cause la construction même de nos sociétés établies depuis des siècles sur un rapport de force du masculin sur le féminin. Bien que ce schéma ancestral tende à s’estomper, des fragments entiers de l’histoire de l’art ont été marqués par cette dominance au point de gommer certaines influences majeures. Il paraît bien sûr absurde d’affirmer qu’un art puisse être masculin ou un autre féminin (encore que cette thèse demeure point de discorde et de débats à approfondir), l’évidence est pourtant faite depuis plusieurs années que la lutte des sexes a bien eu lieu au sein de l’art et que, trop souvent, les artistes féminines ont été relayées au second plan. C’est ainsi que la saison 2015-2016 du Musée de Grenoble s’attache à offrir une relecture de l’art selon la conception féminine avec deux expositions dédiées aux femmes programmées de manière fortuite, mais dont la coïncidence permet un programme riche autant sur le plan plastique que sur celui de la réflexion délicate de la « femme-artiste ». Georgia O’Keeffe, peintre américaine du début d

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Un grand Godot est arrivé grâce à Jean-Pierre Vincent

SCENES | Parfois, une très grande mise en scène fait entendre un classique comme pour la première fois. C’est le cas de cette version d’"En attendant Godot" par Jean-Pierre Vincent. Un travail humble et de haute précision au service d’une œuvre-monstre. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 6 octobre 2015

Un grand Godot est arrivé grâce à Jean-Pierre Vincent

Ils attendent Godot qui ne viendra pas. Fermer le ban ? Non, évidemment pas ! Jean-Pierre Vincent, du haut de sa longue carrière de metteur en scène et de directeur du must de la scène française (TNS, Comédie-Française, Amandiers-Nanterre), possède la sagesse d’écouter Beckett nous parler. L’auteur irlandais, qui écrivait là sa première pièce en langue française, est réputé pour avoir tant semé de didascalies que la marge de l’homme de plateau est réduite à sa portion congrue. Plutôt que d’y voir une obligation castratrice, Vincent a trouvé dans ce respect qui ne vire jamais à la déférence sa plus grande liberté. Et rend à Beckett sa part de drôlerie souvent absente dans les autres adaptations. Oui, on rit avec Vladimir et Estragon. Égarés dans la « tourbière », ils n’ont plus la notion du temps. « Tu dis que nous sommes venus hier soir – Je peux me tromper. » Sans jamais dater ou situer son action, Beckett, qui publie ce texte en 1948, dit en creux à quel point la Seconde Guerre mondiale et Hiroshima ont anéanti la sensation même d’être au monde. Alors tous se raccrochent aux sensations physiques. Estragon a mal aux

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Théâtre : les dix pièces à voir cette saison

SCENES | Du théâtre contemporain, du classique ; des metteurs en scène stars, des plus confidentiels ; des pièces avec plein de comédiens, d'autres avec beaucoup moins de monde... Voici les coups de cœur et les attentes du "PB" pour cette saison 2015/2016.

Aurélien Martinez | Vendredi 18 septembre 2015

Théâtre : les dix pièces à voir cette saison

L’Avare Dans le très vaste répertoire théâtral français, Molière est l’un des auteurs qui a écrit les plus efficaces machines à jouer. D’où le fait que ses pièces soient si souvent montées. Le metteur en scène Ludovic Lagarde, directeur de la comédie de Reims, a décidé de se confronter à l’efficace Avare, où il est question d’un vieux père qui n’a pas que des qualités – il est on ne peut plus proche de ses sous ! Un rôle monstre que Lagarde a décidé de confier à son comédien fétiche : le fascinant et explosif Laurent Poitrenaux, qui marque de sa présence chaque mise en scène, au risque qu’on ne voie que lui. Ça tombe bien, c’est ce que le rôle veut – au cinéma, Louis de Funès l’avait aussi très bien compris. On espère donc passer un bon moment devant cet Avare rajeuni (Poitrenaux n’a même pas 50 ans) que nous n’avons pas pu découvrir avant sa venue à Grenoble, mais dont on a eu plein de bons échos. AM Du mardi 17 au samedi 21 novembre à la MC2 La Liste de mes envies

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Aferim !

ECRANS | De Radu Jude (Roumanie, 1h48) avec Teodor Corban, Toma Cuzin…

Christophe Chabert | Mardi 21 juillet 2015

Aferim !

Alors que le cinéma roumain semble s’épuiser dans sa veine réaliste, Radu Jude réussit, avec ce formidable Aferim !, à lui ouvrir un territoire inédit : celui du film historique traité à la manière d’un western. Deux cavaliers, un policier nommé Costandin et son fils, partent à la recherche d’un gitan en fuite accusé d’avoir couché avec la femme du Seigneur local. Dans une Roumanie encore féodale et divisée en régions rivales, cette épopée prend des atours picaresques liés au caractère de Costandin (Teodor Corban, bien meilleur ici que dans le futur et décevant L’Étage du dessous) : raciste, misogyne, vulgaire et méprisant, il passe son temps à insulter tous ceux qu’il rencontre, moitié pour asseoir son pouvoir, moitié pour transmettre ses « valeurs » à son rejeton. Même si l’action se déroule en 1871, Aferim ! montre que la Roumanie s’est construite sur une solide base de rejet de ses minorités, tout ce qui n’est pas chrétien et orthodoxe (tziganes, juifs, catholiques, noirs…) étant voué aux gémonies. La verve du dialogue va de pair avec la beauté de la mise en scène ; beauté plastique d’abord, l’utilisation du scope et du noir et blanc don

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Jérôme Barbosa : noir d'images

ARTS | Comme le champignon Coprin noir d'encre, les œuvres de Jérôme Barbosa trouvent leur maturité dans l'apparition du noir, entre aplats et détails en profusion. La nouvelle exposition du centre d'art Spacejunk dévoile ainsi une partie dense des dessins de l'artiste, entre obsessions, peurs et élucubrations illustratives, tel un champignon hallucinogène. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 17 février 2015

Jérôme Barbosa : noir d'images

Jérôme Barbosa n'est pas un pirate fasciné par les champignons. Les spécificités de ces organismes eucaryotes permettent simplement de définir, dans une moindre mesure, le travail de l'artiste, entre profondeur de noir et univers halluciné. Assimilé au Lowbrow (mouvance plastique apparue à la fin des années 1970 en Californie et usant de l'iconographie des médias populaires), ce photographe de profession se lance dans le dessin avec ce besoin quasi viscéral de coucher sur papier ce qui bouillonne dans sa tête. Du trait noir nourri au détail ou d'un aplat sombre jaillissent ainsi ses pensées. L'artiste déballe son vécu : il se confronte aux phénomènes de société (l'œuvre Hors-la-norme qui dévoile une critique cynique de la télé-réalité), mettant en avant ses influences artistiques, littéraires comme cinématographiques, et ses peurs qui prennent souvent la forme des dents – le dessin Happy Slave par exemple. À travers le noir et blanc surgit une forme de tradition de la gravure avec une approche contemporaine du trait, dont l'esthétique emprunte quelque peu

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Rêves d’or

ECRANS | Le titre français est trompeur : les « rêves d’or » remplacent une « cage dorée » originale qui donnait la véritable couleur de ce premier film : un mélange de (...)

Christophe Chabert | Vendredi 29 novembre 2013

Rêves d’or

Le titre français est trompeur : les « rêves d’or » remplacent une « cage dorée » originale qui donnait la véritable couleur de ce premier film : un mélange de ténèbres et de lumière, d’espoir et de lucidité. L’espoir, c’est celui de trois adolescents, deux garçons et une fille voulant faire oublier qu’elle en est une, qui quittent le Guatemala direction Los Angeles. Ils sont vite rejoints par un quatrième gamin d’origine Indienne, qui ne parle pas leur langue et qui suscite des réactions diverses chez ses nouveaux compagnons. La lucidité, c’est celui d’un récit dont la progression est surtout affaire de soustraction, puisque chaque épreuve traversée aura raison des rêves des protagonistes, sinon des protagonistes eux-mêmes. Diego Quemada-Díez réussit lui aussi à entremêler des sentiments contradictoires : Juan, le leader du groupe, paraît intrépide, mais n’arrive pas à prendre le premier train en marche. Sara, elle, paraît attirée par le jeune Indien, mais c’est finalement avec Juan qu’elle passera une nuit. C’est la part d’enfance du film, son côté solaire, celle où le quotidien, la camaraderie et le désir prennent le pas sur le danger qui guète. Ce g

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Un peintre à côté de chez vous

ARTS | Rue Diodore Rahoult (centre-ville), on y boit un verre, on rend visite à un ami, mais sait-on seulement qui se cache derrière ce patronyme ? Connu de son vivant, le peintre dauphinois est vite tombé dans l’oubli et c’est à travers un double parcours que l’exposition "Paroles de palette propose" de combler cette lacune. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Lundi 18 novembre 2013

Un peintre à côté de chez vous

Peintre reconnu du XIXe siècle, Diodore Rahoult fait aujourd’hui parti du décor grenoblois, notamment avec ses allégories picturales qui ornent le Musée-Bibliothèque (place Verdun). Et pourtant, il est méconnu dans le paysage artistique de la région. Avec une rétrospective découpée en deux lieux d’exposition, dont la visite débute à la Bibliothèque d’étude et d’information puis se termine au Musée de l’Ancien Êvêché, Grenoble retrouve sa splendeur d’antant sous les traits d’un homme doué d’observation. Le premier espace offre une visite chronologie de la vie de l’artiste à travers nombres d’esquisses, d’illustrations imprimées et de correspondances, tandis que le deuxième dévoile la touche léchée du peintre au gré de scènes quotidiennes entre Dauphiné et Rome, entre fables et allégories. Plus de deux-cents œuvres sont exposées, marquant la diversité technique et thématique de l’œuvre du dauphinois. « Croqueur » d’hier Diodore Rahoult a beau être vieux de presque deux siècles, son dessin en demeure pas moins contemporain. Les esquisses prés

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Salade composée

ARTS | Il est bon de le rappeler de temps en temps : le département de l’Isère est riche en lieux d’exposition, notamment grâce à un impressionnant réseau de musées (...)

Aurélien Martinez | Lundi 30 septembre 2013

Salade composée

Il est bon de le rappeler de temps en temps : le département de l’Isère est riche en lieux d’exposition, notamment grâce à un impressionnant réseau de musées départementaux gratuits et consacrés à des sujets très divers – la Révolution française à Vizille, l’archéologie dans le quartier grenoblois de Saint-Laurent, l’art sacré à Saint-Hugues-de-Chartreuse... Des musées qui ne se contentent pas de se reposer sur l’histoire et leurs collections permanentes (au demeurant impressionnantes dans certains cas), puisqu’ils proposent aussi des expositions temporaires d’une grande richesse. Si certaines encore en cours méritent toujours le coup d’œil (Les Dessous de l’Isère au Musée Dauphinois, Louis Pons au Musée Hébert...), celles prévues pour la saison à venir intriguent. Caractères d’altitude d’abord, à partir du 18 octobre au Musée dauphinois : un portrait sonore et photographique du parc national des Écrins. Paroles de palette, Diodore Rahoult (1819-1874) ensuite, à partir du 15 novembre au Musée de l’ancien évêché : un focus sur un peintre dauphinois à l’univers original. Mais ceci n’est qu’une sélection : on vous tiendra bien sûr informé de l’ensemble des événements au fil

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Cabaret frappé – jour 3 : branchées les guitares

MUSIQUES | Un duo déconcertant, un trio séduisant, un juste retour au blues originel américain et un Burger fidèle à lui-même : on a eu droit à quatre groupes survoltés en ce troisième jour de Cabaret frappé. Le tout avec des guitares savamment exploitées. Eloi Weiss

Aurélien Martinez | Jeudi 25 juillet 2013

Cabaret frappé – jour 3 : branchées les guitares

« Secouer la lune » : c'est ainsi que se fait nommer le duo Heymoonshaker programmé ce mercredi 24 juillet, en plein milieu de la troisième soirée du Cabaret frappé. Deux mauvais garçons –  Andrew Balcon, guitariste et chanteur, et Dave Crowe, beatboxer surprenant – qui ont habité la scène avec une constance impressionnante. Bières en main, cigarettes au bec, le pantalon à peine remonté : leur entrée fut singulière. Provocants, mais plein d'enthousiasme donc, les deux Anglais au style blues décharné et rock électrique étaient deux et bien plus à la fois. En guise d’instruments : une seule guitare, tenue par un Andrew Balcon à la voix rauque très poussée. Et c’est tout. Enfin, presque... Car il y a Dave Crowe : le beatboxer hors pair, seulement armé d’un micro, se transforme à chaque concert en une incroyable batterie humaine. Il incarne les lignes de basse, son corps traçant dans l'air un semblant de partition. Il est un groupe de musiciens à lui tout seul, comme le sont les meilleurs beatboxers. Sur scène, Heymoo

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Au Cabaret !

MUSIQUES | Tout se passe à Grenoble entre la poire et le fromage et entre kiosque (pour les concerts gratuits programmés à 19 h ou à minuit) et chapiteau. Avec néanmoins (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 juillet 2013

Au Cabaret !

Tout se passe à Grenoble entre la poire et le fromage et entre kiosque (pour les concerts gratuits programmés à 19 h ou à minuit) et chapiteau. Avec néanmoins une exception le 28 juillet avec un concert final de Dark Dark Dark qui méritera bien de monter jusqu'au Ciel pour l'occasion. Et puisqu'on parle d'occasion, Le Cabaret frappé est toujours l'occasion de (re)découvrir dès le premier soir de bien étranges créatures comme le Big Ukulele Syndicate qui reproduit l'esprit de l'Ukulele Orchestra of Great Britain, fameuse formation de reprise tous horizons au Ukulele donc (d'où le nom). Le même soir, le métissage musical se poursuivra avec le folk hybride de la canadienne d'origine haïtienne Melissa Laveaux et le soul man casqué Cody Chesnutt.   Le mardi, on se refait un coup de 14 juillet avec neuf jours de retard. Au programme : l'électro-rock de Pan en gu

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Accros au vinyl

MUSIQUES | Autant crever l’abcès tout de suite : en dépit de leur conséquent succès public, on n’a jamais été vraiment emballé par l’abstract hip-hop un peu neuneu de Wax (...)

Damien Grimbert | Vendredi 24 mai 2013

Accros au vinyl

Autant crever l’abcès tout de suite : en dépit de leur conséquent succès public, on n’a jamais été vraiment emballé par l’abstract hip-hop un peu neuneu de Wax Tailor et autres Doctor Flake, sorte de déclinaison paresseuse de ce que sortaient les labels Ninja Tune et Mo’Wax… dans les années 90. S’il fallait trouver une filiation au turntablism érudit et high-level du duo Mister Modo & Ugly Mac Beer, on les placerait plutôt, toutes proportions gardées, dans la lignée des légendes californiennes du genre, comme Cut Chemist, DJ Shadow ou le boss de Stones Throw Records Peanut Butter Wolf. De véritables fanatiques du « crate-digging », capables de passer des après-midi entiers à chiner dans les bacs poussiéreux d’obscurs magasins de disques à la recherche de la perle ultime. Des passionnés de hip-hop, de soul et de funk, tout aussi incollables en free-jazz japonais 70’s qu’en BO de films italiens 80’s, en passant par les grandes heures du rock psychédélique US, les premiers tropicalistes brésiliens, ou la scène garage cambodgienne des années 60. On extrapole un peu, mais vous l’aurez compris : ces deux compères à

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Au-delà du réel

MUSIQUES | Oscillant entre black métal, rock, expérimental, psychédélisme et électronique, Aluk Todolo, Blacklodge, Lussuria, Satan et St Barthelemy's Temple partagent une même volonté de sortir des clichés du genre. Ils sont en concert à l'Ampérage. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Jeudi 16 mai 2013

Au-delà du réel

Contrairement à d’autres styles un temps marginaux (rap, musiques électroniques…), la scène métal extrême n’a que faiblement gagné en reconnaissance avec les années. Ouvertement hostile à ses débuts, l’attitude du grand public a évolué, via l’acceptation médiatique de festivals comme le Hellfest, en une bienveillance légèrement condescendante. Autrefois méprisante, l’intelligentsia rock a désormais consenti du bout des lèvres à reconnaître l’intérêt musical d’une poignée de groupes triés sur le volet. Les hipsters, enfin, trouvent désormais très hype les logos occultes de la scène black métal. Pour autant, le sentiment prévalent reste que le genre semble enfermé dans une sphère à la fois immuable et hermétique. Et c’est tout l’intérêt d’un concert comme celui proposé par les assos Ordo Ab Chao et Witch Bukkake que de mettre à mal ces préjugés, en rassemblant sur un même plateau des groupes évoluant dans des styles très différents, mais réunis par une même envie frondeuse de repousser des normes et des frontières musicales devenues trop étroites, pour partir à la découverte de territoires à la fois obscurs, méconnu

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Élitisme pour tous

MUSIQUES | Pour la troisième édition du festival, l’équipe des Détours de Babel a choisi de se pencher sur la question de la religion et de son traitement par les différentes musiques d’ici et d’ailleurs. Un axe passionnant tant l’histoire musicale est intimement liée à l’histoire religieuse, comme on en aura la preuve pendant ces trois semaines. Aurélien Martinez, Laetitia Giry et Christine Sanchez

Aurélien Martinez | Mardi 2 avril 2013

Élitisme pour tous

Cela fait trois ans que Les Détours de Babel, festival né de la rencontre entre les anciens 38e Rugissants et Grenoble Jazz Festival, investit chaque début de printemps l’agglomération dans son ensemble – aussi bien les salles classiques que l’espace urbain. Et trois ans qu’il se traîne la même image de manifestation élitiste réservée à quelques extatiques amateurs de branlette intellectuelle. Alors que, n’en déplaisent aux médisants, c’est un peu plus compliqué que ça – voire carrément plus ! Les Détours de Babel, ce sont trois volets artistiques : les musiques contemporaines, le jazz, et les musiques traditionnelles (ou dites du monde). Une trinité ambitieuse au sein de laquelle on retrouve des propositions exigeantes, l’équipe organisatrice prenant soin de programmer des artistes qui ne se contentent pas de faire de la musique, mais qui la vivent, la réfléchissent, la réinventent... Alors, certes, il y aura peu de noms connus du grand public pendant ces dix-huit jours de festival, et une poignée d’événements semblent véritablement hermétiques sur le papier... Mais si l’on pr

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"Les Amants passagers" : Pedro Almodóvar en mode low cost

ECRANS | De Pedro Almodóvar (Esp, 1h31) avec Javier Camara, Carlos Areces…

Christophe Chabert | Jeudi 21 mars 2013

Après un incident technique, un avion est en perdition au-dessus de Tolède, attendant une solution pour un atterrissage forcé. Le personnel de bord, stewards plus ou moins ouvertement pédés, drogue les passagers de la classe éco et tente de régler la situation avec les "privilégiés" (un tueur, un banquier corrompu, une mère maquerelle, un couple en voyage de noces, un homme volage). On voit bien la métaphore filée par Pedro Almodóvar derrière ce récit de pure fantaisie : alors que les mœurs évoluent en Espagne (un des stewards a même un mari !), l’économie régresse vers un archaïsme de classe dirigé par des puissants en pleine déréliction. Point de vue intéressant, mais qui se heurte très vite au désir du cinéaste de retrouver l’esprit movida de ses premiers films. Ce maître du scénario invente ainsi un récit complètement décousu, qui n’avance pas vraiment et se contente d’empiler les saynètes inégales. Les Amants passagers ne trouve jamais sa vitesse de croisière, même si l’ensemble n’est jamais déplaisant à suivre. Alors que

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Une compétition qui sort ses tripes

ECRANS | C’est la grande nouveauté du festival : une compétition officielle dans les règles de l’art, avec jury et grand prix, où l’on devra départager cinq films venus de tous horizons, entre inédits, avant-premières et nécessaire redécouverte. Passage en revue. CC

Christophe Chabert | Lundi 21 janvier 2013

Une compétition qui sort ses tripes

Malcolm d’Ashley Cahill Le film qu’on n’a pas vu de la compétition. Il a été présenté ce mardi, mais il sort aujourd’hui sur les écrans. On dit plus loin que c’est un C’est arrivé près de chez vous new-yorkais. On ne se hasardera pas à en dire plus. Antiviral de Brandon Cronenberg À Cannes, pendant que papa David recevait les honneurs de la compétition avec son Cosmopolis, son fiston Brandon se retrouvait dès sa première œuvre dans la cour des petits (la sélection Un certain regard) avec Antiviral. D’un côté, on n’a pas envie de faire une comparaison cruelle et écrasante pour junior ; de l’autre, il la cherche en allant décalquer sans scrupule un scénario du padre (Videodrome) qu’il bascule dans un imaginaire (et un charabia) geek assez désolant, pour un très long essai qui ressemble à un film de fin d’études ou à la synthèse de longues nuits passées à bouffer de la théorie du complot sur internet. Alyce de Jay Lee La potacherie n’est parfois qu’une manière de se faire un bon coup de pub. Ainsi de Jay Lee, qui s’était amusé à tricoter une série Z autoproclamée culte,

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Tours et détours

MUSIQUES | Les Détours de Babel est un festival qui porte plutôt bien son nom : les partisans de l'étiquetage musical y perdent, comme au pied de la biblique tour, leur (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 11 janvier 2013

Tours et détours

Les Détours de Babel est un festival qui porte plutôt bien son nom : les partisans de l'étiquetage musical y perdent, comme au pied de la biblique tour, leur latin. Car il faut entendre « musiques du monde » non pas au sens de « musiques du tiers-monde » comme on a trop souvent tendance à le faire, mais bien au sens de « musiques de notre monde », ou « musiques nomades », comme on dit ici. Bref, de musique, quoi. L'on peut donc aller à la fois applaudir Pierre Henry (photo), électroacousticien octogénaire ascendant éternel, et ses « Fragments rituels », une « rêverie musicale » autour de sa fameuse Messe pour le Temps Présent ; le Cantique des cantiques, poème d'amour biblique traduit par Olivier Cadiot et immortalisé en musique par Rodolphe Burger ; ou encore le Kronos Quartet, célèbre quatuor à cordes aux 600 créations, capable de se fondre dans tous les genres connus (rock, jazz, classique, musique minimaliste, folklore de tous pays, tango, musiques de film, post-rock, punk) et inconnus. De Wagner à Steve Reich, en passant par Laurie Anderson, le Kronos sera une fois encore fidèle à sa plasticité esthétique, et constituera l'étendard rêvé et

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Aluk Todolo

MUSIQUES | Occult Rock (Norma Evangelium Diaboli)

Aurélien Martinez | Jeudi 6 décembre 2012

Aluk Todolo

Troisième livraison en date du trio instrumental Aluk Todolo, Ocult Rock, imposant double-album sorti fin septembre sur le label Norma Evangelium Diaboli, emmène la musique « rituelle » de ces derniers vers des horizons jusqu’alors inexplorés. Formé à Grenoble en 2004 par Shantidas Riedacker (guitare), Antoine Hadjioannou (batterie) et Matthieu Canaguier (basse), et désormais installé à Paris, Aluk Todolo fait partie de ces groupes qui ne conçoivent pas la musique comme une simple ornementation sonore à laquelle on jette une oreille discrète en faisant autre chose. Primaux, complexes, stimulants et profonds à la fois, alternant bourrasques sonores et atmosphères lancinantes, les huit longs morceaux qui composent ce nouvel album n’évoquent plus que rarement les influences premières du groupe (krautrock, black métal et rock psychédélique), restreintes au rang de simple fil conducteur. Ils vivent désormais leur existence propre et c’est ce qui leur confère toute leur intensité. On n’est pas ici dans la "musique pour musiciens" tuant l‘émotion dans la virtuosité technique, ou la petite référence érudite pour faire jaser les intellectuels de salon. Comme son nom l’i

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P'tits Suisses

MUSIQUES | La Bobine a toujours plus d’un fil dans son sac. Vendredi 5 octobre à 20 h 30, la salle grenobloise laisse carte blanche à Voodoo Rythm Records, le label (...)

Orlando Fernandes | Lundi 1 octobre 2012

P'tits Suisses

La Bobine a toujours plus d’un fil dans son sac. Vendredi 5 octobre à 20 h 30, la salle grenobloise laisse carte blanche à Voodoo Rythm Records, le label suisse connu pour ses signatures recommandables. C’est assez simple : la palette d’artistes signés sur le label et la grande malléabilité dont ils semblent bénéficier font penser que la soirée offrira tous les atouts d’un couteau suisse bien limé et indispensable. Du genre tranchant et affuté. Pour démarrer les festivités helvétiques, la musique complexe mais addictive de Reverend Beat-Men devrait envoyer du swing. Lorgnant vers des rythmes blues chaloupés à la guitare rustre et à la voix rappelant (un peu trop) l’inégalable Tom Waits, le groupe sait tout aussi bien proposer des pauses rock bien crades. Beat Zeller (photo), de son vrai nom, a grandi avec les chouettes mélodies d’Elvis et enregistre sa première cassette très jeune. À 41 ans, il fonde du label Voodoo Rythm Records. Sa voix irascible et torturée fait renaître un blues habité, sans concession. Quant à Pussywarmers, disons qu’à l’écoute de quelques titres, il ne faudra pas compter sur eux pour nous provoquer un orgasme sensoriel. Gageons que le live

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