Avec le street art, Grenoble modifie son ADN urbain

Festival | Complexe dans sa définition comme dans sa forme, le street art tend aujourd’hui à se démocratiser tout en étant sujet aux polémiques. À l’occasion du Grenoble Street Art Fest organisé dès le 8 juin par le centre d'art Spacejunk, nous avons laissé de côté ces considérations sémantiques pour sillonner le quartier Championnet afin de découvrir les témoignages urbains de cet art passionnant.

Charline Corubolo | Jeudi 2 juin 2016

Si Grenoble est avant tout considérée comme un pôle technologique, elle pourrait également revêtir le sigle de ville street art tant son béton s'efface derrière les marques de cet art urbain couvrant avec humour ou poésie la couleur grisâtre des pavés. Un ADN citadin en perpétuel mouvement, apparu il y a plus de 40 ans à New York avec de "simples" signatures posées de manière vandale sur les wagons des trains. Le tag reflète alors un état d'esprit particulier et ouvre la voie au street art dont l'histoire s'agrémente de nombreuses mutations stylistiques mais aussi discursives.

Au début des années 1980, cet art illégal, performatif et éphémère traverse l'océan Atlantique et pose ses bombes en Europe. Les villes se transforment alors en véritable terrain de jeux pour les graffeurs. Malgré les contraintes de réalisation, le graffiti se complexifie et derrière cet acte revendicateur apparaît un besoin d'afficher au nez et à la barbe de chacun une histoire, une esthétique et souvent un message dénonciateur. Une démonstration qui passe par le graff, le pochoir, la sculpture ou même le collage. Une technique déjà apprivoisée dès la fin des années 1960 par Ernest Pignon-Ernest, artiste français considéré comme l'un des pères fondateurs du street art.

Le graffe au cœur des montagnes

C'est d'ailleurs à Grenoble, sur la Bourse du travail, que l'on peut admirer l'une des ses plus anciennes fresques encore visibles à ce jour. Réalisée en 1979, l'œuvre aujourd'hui détériorée fait l'objet d'une restauration par le centre d'art Spacejunk dans le cadre de la deuxième édition de son festival. Depuis la réalisation de cette pièce majeure dans l'histoire du street art à Grenoble, l'écrin dauphinois ne cesse de voir fleurir peintures et pochoirs sur ses façades. Et si les quais de l'Isère s'affichent comme un véritable musée à ciel ouvert, le quartier Championnet est aujourd'hui l'une des places fortes de cette expression urbaine.

En collaboration avec l'Office de tourisme, Spacejunk organise ainsi depuis peu des visites urbaines afin de découvrir toutes les œuvres, parfois cachées, réalisées par des artistes locaux ou internationaux. Une déambulation qui permet d'aller au-delà des clichés trop souvent véhiculés réduisant le street art à un acte de vandalisme, et qui offre un regard éclectique sur cette pratique, qu'elle soit effectuée dans un cadre légal ou pas, qu'elle soit faite de bombe, de collage ou de sculpture, qu'elle soit poétique ou revendicatrice.

Une histoire du street art

Si la majorité des œuvres visibles dans le quartier ont été réalisées lors de la première édition du Street Art Fest, ce n'est pas le cas de toutes. Apparue récemment en face du centre d'art Spacejunk rue Génissieu, la pièce du Parisien All 1 Connection représente la spiritualité et la science. Une réalisation complexe et colorée où les lignes graphiques ne sont pas parallèles, relevant d'une technicité pointue. Entourant la place, les portes de garage ont été habillées par plusieurs graffeurs lors du festival l'année dernière. Quant à l'ange muni d'un bazooka, il s'agit d'un pochoir de Goin. Son esthétique et ses messages politiques sont reconnaissables au premier coup d'œil.

On retrouve d'ailleurs une œuvre de l'artiste non loin du cinéma le Club répondant à celle de Jérôme Mesnager, avec cette fois une touche d'espoir. Dans cette même rue, le Lyonnais Green offre aux passants un collage végétal, tandis qu'une sculpture de l'Espagnol Isaac Cordal se promène en hauteur. Au gré du parcours, les visages de C215 s'affichent sur les murs et les boîtes aux lettres. Et le long de la rue Humbert II se dessine l'histoire du street art. Conçue par les collectifs Contratak et la Ruche l'année dernière, la fresque débute avec les dépôts de train à New York en 1970 pour évoluer du tag jusqu'au wild style, écriture 3D illisible pour les néophytes, en passant par les réalisations symétriques et le graffuturisme. Preuve, s'il en fallait encore, que le street art est riche et s'adresse à tous.

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Les arts et le mur

ARTS | Pour les Grenoblois, l’arrivée des beaux jours s’accompagne du traditionnel Street Art Fest Grenoble-Alpes dont l’équipe organisatrice semble avoir préféré (...)

Benjamin Bardinet | Vendredi 11 juin 2021

Les arts et le mur

Pour les Grenoblois, l’arrivée des beaux jours s’accompagne du traditionnel Street Art Fest Grenoble-Alpes dont l’équipe organisatrice semble avoir préféré l’acronyme plus digeste de SAFGA. Comme chaque année donc, de nouvelles fresques sont réalisées (35 sont prévues pour 2021), ce qui, selon les organisateurs, pourrait amener à près de 400 le nombre d’interventions sur les murs de la métropole à l’horizon 2027. Mis à part les fresques réalisées par des nouvelles venues (Lula Goce, Boye) ou des habitués du festival (Juin ou Augustine Kofie), on vous invite à être attentif au volet moins institutionnel de la programmation qui, on l’espère, renouera avec la spontanéité et la dimension "poil à gratter" du street art. Du côté des expositions, on sera curieux d’aller découvrir à la Maison des associations du Pont de Claix un accrochage dévoilant les travaux préalables, ébauches et esquisses nécessaires à l’élaboration des fresques, ou encore à Sassenage, la collection constituée par BernArt qui, dans la tradition de l’art postal, a demandé à différents artistes de street art d’investir le support désormais désuet d’une enveloppe postale. Enfin, à Fontaine, au Vog, Seth exp

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"L'Enfant rêvé" : graine de discorde

ECRANS | ★★☆☆☆ De Raphaël Jacoulot (Fr., 1h48) avec Jalil Lespert, Louise Bourgoin, Mélanie Doutey…

Vincent Raymond | Mercredi 7 octobre 2020

À la tête de la scierie jurassienne familiale, François et Noémie luttent chaque jour pour leur entreprise comme pour leur couple, infécond. Mais voilà que François entame une liaison clandestine avec Patricia, une cliente par ailleurs mariée. Celle-ci va tomber enceinte… Le drame passionné en gestation, aux accents ruraux (et musicaux) de La Femme d’à côté, est hélas rattrapé par une triste prévisibilité lorsqu’à la trame sentimentale s’ajoutent des enjeux plus terre à terre. Le personnage de François ressemble alors à une foultitude de protagonistes masculins vus ici ou là ces dernières années, embringués dans des histoires vaguement similaires (entreprise à sauver avec patriarche emmerdeur dans le terroir/couple en déroute/histoire de fesses) ; à croire que cette situation tient du lieu commun et que Jalil Lespert se substitue ici à Guillaume Canet ou Gilles Lelouche en chemise à carreaux. Restent les paysages du Jura filmés par drone…

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Vaguement délirant

ARTS | Armé de son stylo bille et de quelques pinceaux d’aquarelle, l’artiste Tai Taeoalii s’attelle à la défense de la cause animale. Détournant le slogan « I (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 28 janvier 2020

Vaguement délirant

Armé de son stylo bille et de quelques pinceaux d’aquarelle, l’artiste Tai Taeoalii s’attelle à la défense de la cause animale. Détournant le slogan « I Am A Man » utilisé par les Afro-américains pendant la lutte pour les droits civils aux États-Unis, l’exposition, intitulée I am animal, réunit une série de dessins qui représentent tout un tas d’animaux dans un univers vaguement délirant. L’artiste "engagé" se réclame de l’influence de Dalí : il doit préférer ignorer que le peintre était un conservateur ultra-libéral qui se souciait plus de son image que de politique... Si dans certains dessins, armés et affublés de tenus militaires ou de costumes de CRS, les animaux semblent prêt à s’unir et à en découdre pour défendre leurs droits, dans d’autres ils nous apparaissent plutôt comme des victimes : un sanglier a les pattes engluées dans des barils radioactifs, une centrale-nucléaire est greffée sur le dos d’un espadon, une usine d’hydrocarbures parasite celui d’un ours. Histoire de détendre l’atmosphère, Tai Taeoalii parsème le tout de quelques références pop : Bowie, Skeletor, Predator, un Stormtrooper… Les amateurs trouveront ça probablement " trop cool". C'es

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Zoom sur quinze fresques street art emblématiques de Grenoble et de son agglo

ESCAPADES | « Au bout de chaque rue, une fresque » aurait pu écrire Stendhal s'il arpentait aujourd'hui l’agglomération grenobloise. La preuve avec cet article illustré.

Alice Colmart | Jeudi 5 juillet 2018

Zoom sur quinze fresques street art emblématiques de Grenoble et de son agglo

Grâce au Grenoble Street Art Fest dont la quatrième édition vient de se terminer (elle a eu lieu tout le mois de juin), quelque 130 fresques habillent les murs de Grenoble, Fontaine, Pont-de-Claix et Saint-Martin-d’Hères, faisant ainsi la réputation du territoire en matière d’art urbain – la presse nationale s’en donne d’ailleurs à cœur joie chaque année. Difficile donc pour Jérome Catz, directeur de l’événement et du centre d’art Spacejunk, de choisir les plus emblématiques. « Sans émettre de classification », il a fini par sélectionner avec nous quinze œuvres. On a alors suivi un parcours nous menant sur les pas de l’incontournable street artist grenoblois Snek, du Toulousain Veks Van Hillik qui puise son inspiration dans la nature ou encore de références internationales comme l’Américain Augustine Kofie, père fondateur du graffuturisme, et le Londonien Anthony Lister, connu pour ses œuvres faussement négligées.

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"Anarchically yours" : coup de Goin dans la gueule

Exposition | Spacejunk accueille une nouvelle fois en ses murs des œuvres du fameux street artist anonyme. Efficace.

Benjamin Bardinet | Lundi 11 juin 2018

Actif depuis une bonne vingtaine d'années, le street artist Goin s'attaque aux aberrations du Grand Méchant Capital à coups d'interventions graphiques bien senties dans l'espace public. À l'occasion du Grenoble Street Art Fest, Spacejunk nous invite une nouvelle fois à découvrir les "versions expo" de ses œuvres dont la dimension militante illustre à merveille le proverbe "un bon croquis vaut mieux qu'un long discours". Redoutable, l'art de Goin consiste à détourner les signes qui envahissent notre quotidien en les accolant aux icônes de notre temps pour produire des images qui interpellent le spectateur-citoyen. On croise ainsi une allégorie de la République tabassée par des CRS sur les boucliers desquels est inscrit 49.3 ; un terroriste s'enfilant un Coca rebaptisé ISIS (acronyme anglais de l’Ét

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"La Comédie humaine" : humains inhumains par Isaac Cordal

Exposition | Proposée dans le cadre du Grenoble Street Art Fest, l'exposition d'Isaac Cordal à l’Espace Vallès nous invite à pénétrer dans un monde délirant peuplé d'austères hommes d'affaires. Et, surtout, offre une image peu flatteuse de notre "comédie humaine".

Benjamin Bardinet | Lundi 11 juin 2018

À la manière des dioramas des musées d’histoire naturelle mettant en scène les animaux sauvages dans leur environnement naturel, l’Espagnol Isaac Cordal présente à l'Espace Vallès un ensemble de scénettes surréalistes où des hommes miniatures s'agitent dans des situations souvent métaphoriques de notre monde contemporain. Ainsi, la saisissante installation qui accueille le spectateur dévoile un lieu d'enseignement inquiétant où des hommes en combinaison radioactive, encadrés par des miradors, apprennent auprès de professeurs au masque de mort. Plus loin, autour d'une table dont la surface évoque un champ de ruines, des hommes d'affaires affolés s’agrippent désespérément à leur smartphone comme des enfants à leur doudou. Une belle métaphore du comportement capricieux et enfantin des industriels qui, sous prétexte de rentabilité, sont incapables de sortir du modèle productiviste qui les conduit au pouvoir et nous dans le mur. Dans le même registre, une mini-sculpture de Donald Trump, l'air benêt, Santiags au pied, jouant avec un tank téléguidé le cul dans un fauteuil, nous rappelle qu'avec l'actuel président des États-Unis, la caricature reste toujours e

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"L’un dans l’autre" : nul autre

ECRANS | de Bruno Chiche (Fr., 1h25) avec Louise Bourgoin, Stéphane De Groodt, Pierre-François Martin-Laval…

Vincent Raymond | Lundi 18 septembre 2017

Amants, Pierre (Stéphane De Groodt) et Pénélope (Louise Bourgoin) sont mariés chacun de leur côté. Enfin, pas encore Pénélope, qui va épouser Éric, l’ami et collègue de Pierre. Ce dernier le prend mal mais obtient un ultime rendez-vous, à l’issue duquel, tada !, chacun se retrouve dans le corps de l’autre. Définitivement. De Blake Edwards à Audrey Dana, la liste des réalisat·eurs·rices désireux de tâter du "body swap" ne cesse s’allonger. En général, c’est pour le plaisir de se frotter à un ressort comique bien particulier : faire en sorte que la dame découvre (puis joue avec) ses bijoux de famille masculins – et réciproquement. Une fois qu’on a réglé la chose, comment occuper

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Grenoble Street Art Fest : demandez le programme

ARTS | Du mercredi 7 au dimanche 25 juin, on a rendez-vous à Grenoble et dans l'agglo pour la troisième édition du festival qui monte, qui monte...

Aurélien Martinez | Mardi 30 mai 2017

Grenoble Street Art Fest : demandez le programme

Douze jours en 2015, dix-neuf en 2017 : le Grenoble Street Art Fest prend de l’ampleur au fil des ans. Et ce n’est visiblement pas prêt de s’arrêter au vu de l’ambition affichée par son fondateur Jérôme Catz : inscrire Grenoble comme une place forte du street art en Europe – voire plus ? Une ambition qui prend donc forme édition après édition, modifiant ainsi l’ADN de la ville avec des fresques parfaitement intégrées dans le paysage urbain – comme dans le quartier Championnet, épicentre de la première édition du festival, qui en regorge littéralement, ou comme cet immense renard peint l’an passé sur la façade arrière de la Bibliothèque d’étude et du patrimoine (quartier Chavant) par l’artiste Veks van Hillik, sans doute l’une des œuvres les plus emblématiques du festival.

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Un Grenoble Street Art Fest pour « faire musée à ciel ouvert »

Interview | Le mercredi 7 juin débutera la troisième édition du Grenoble Street Art Fest, manifestation qui s’étend chaque année un peu plus dans la ville (cette fois-ci du côté du cours Berriat notamment) et ailleurs même (Fontaine et le campus). Rencontre avec son boss Jérôme Catz, fondateur de la galerie Spacejunk, et rapide tour d’horizon de ce que l’on découvrira jusqu’au 25 juin.

Aurélien Martinez | Mardi 30 mai 2017

Un Grenoble Street Art Fest pour « faire musée à ciel ouvert »

Depuis 2015, le festival prend un peu plus d’ampleur à chaque édition, dépassant vraiment les frontières de la ville cette année en allant à Fontaine et sur le campus. Vient-on à vous ou c’est le festival qui grandit de lui-même ? Jérome Catz : C'est nous qui allons prospecter, on est très clairement moteur du truc. Mais on sent une envie. Car le travail fait pendant le festival est ensuite exploité culturellement parlant par chaque quartier tout au long de l'année avec des visites scolaires ou des visites tout court. Ça redynamise le territoire : on le voit à la Villeneuve [une partie du festival se déroulait l’an passé dans ce quartier – NDLR], on va le voir à Fontaine… Street art oblige, le festival a lieu dans les rues, mais pas que… Pour faire festival, il faut qu'il se passe quelque chose. Le gros du truc c'est bien sûr la production des œuvres murales qui sont faites pendant les semaines du festival. On essaie ensuite de rythmer le festiv

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"Sous le même toit" : objectif nul

ECRANS | de Dominique Farrugia (Fr., 1h33) avec Gilles Lellouche, Louise Bourgoin, Manu Payet…

Vincent Raymond | Lundi 10 avril 2017

Delphine (Louise Bourgoin) et Yvan (Gilles Lellouche) divorcent. Fauché, ce dernier revendique les 20% de la demeure familiale qu’il possède, et les occupe, histoire d’avoir en permanence un œil sur son ex. Ce sont leurs enfants, ignorés, qui en auront assez de cette scabreuse situation. Difficile de rire avec, de ou grâce à ce personnage immature exerçant un chantage afin de maintenir son emprise sur la vie privée de son ancienne épouse : ce type de possessivité pathologique et de perversité narcissique aurait davantage sa place dans un thriller. Difficile également de ne pas être écœuré par la vulgarité diffuse dégagée par cet étalage de fric, de jalousie mesquine, de testostérone sati

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"Going to Brazil" : un "Very Bad Trip" français au féminin

ECRANS | de Patrick Mille (Fr, 1h34) avec Alison Wheeler, Vanessa Guide, Margot Bancilhon…

Julien Homère | Mardi 21 mars 2017

Après un drame césarisable (Mauvaise Fille), virage à 180° pour l'acteur réalisateur franco-portugais Patrick Mille qui s’essaie à la comédie populaire moderne. Invitées à Rio de Janeiro au mariage de leur amie enceinte Katia, Agathe, Chloé et Lily voient leur séjour virer au cauchemar lorsqu’elles défenestrent accidentellement un homme dans une soirée. Assumant sans gêne sa filiation avec la farce U.S trash (Todd Phillips et ses Very Bad Trip par exemple), Going to Brazil brasse tous ses codes visuels et narratifs, frôlant presque le racolage. On peut déplorer ci et là les facilités des gages gores, certains d’entre eux vus ailleurs en mieux, mais un plaisir sincère s’en dégage. Le "trip" possède un rythme tenu venant de répliques jouissives, larguées par un quatuor d’actrices habité. Naviguant dans les zones risquées de la comédie dramatique avec une certaine aisance, le concept a le mérite d’aller jusqu’au bout de ses ambitions.

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La joie selon Beethoven, avec Musée en musique

MUSIQUES | Après les notes de Mozart et de Schubert, ce sont celles, ô combien joyeuses et modernes, de Beethoven qui résonneront au musée de Grenoble pour la troisième (...)

Charline Corubolo | Mardi 7 février 2017

La joie selon Beethoven, avec Musée en musique

Après les notes de Mozart et de Schubert, ce sont celles, ô combien joyeuses et modernes, de Beethoven qui résonneront au musée de Grenoble pour la troisième édition de la Folle nuit. Organisée par Musée en musique, association partenaire de l’institution qui coordonne la programmation musicale de l’auditorium, la nuit se transforme en week-end, du 10 au 12 février, forte du succès des précédentes manifestations. Toujours avec cette volonté d’aller à la rencontre d’un compositeur célèbre et d’élargir le public, l’équipe propose 8 concerts entre le vendredi et le samedi pour un moment de symphonie romantique. Aux cordes et aux touches se succéderont le Quatuor Prazak et le Trio Chausson, deux jeunes prodiges Nathanaël Goin et Rémi Geniet, sans oublier le virtuose du piano Abdel Rahman el Bacha. Une communion musicale qui fera vibrer votre conduit auditif avec jouissance, entrecoupée d’interludes musicaux dans le musée pour un Hymne à la joie bienvenu. Une conférence est également prévue le samedi pour tout savoir de « L’intime au sublime », et vous pourrez assister à une Master class de piano réalisée par Abdel Rahman el Bacha le dimanche. Un bel hymne à Beetho

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"Art engagé" : les activistes de l’art sont à Spacejunk

ARTS | Leur liberté, plastique et discursive, est à l’image de leur engagement : revendicatrice et engagée. Portés par une responsabilité citoyenne brûlante, les artistes qui dévoilent un "Art engagé" à Spacejunk utilisent leur travail pour délivrer des messages acides sur l’état du monde, sans pour autant sacrifier le sens de l’esthétique. En découle une exposition qui tranche dans le vif.

Charline Corubolo | Mardi 20 décembre 2016

Dans un numéro hors-série d’août-septembre 2016, Le Monde diplomatique se demandait si les artistes étaient désormais domestiqués ou révoltés. Ceux qui occupent actuellement l’espace de Spacejunk sont assurément révoltés, dans un geste qui allie l’art et la vie. Avec l’exposition Art engagé, le centre d’art grenoblois met en regard six artistes issus de la culture "street" (une philosophie artistique marquée par la contestation) et trouvant dans la rue une visibilité en adéquation avec leurs valeurs. Le changement de terrain opéré en pénétrant dans un "lieu de monstration" ne trahit pourtant pas leurs œuvres ; au contraire, le discours résonne différemment tout en étant inchangé. En délivrant un message humaniste par le prisme d’images stylisées, ces artistes arrivent à investir toutes les surfaces. Mais si le tour de force fonctionne, c’est également grâce à la pertinence de la proposition qui offre une scénographie intelligente, avec une sélection juste. Uppercut plastique

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Toujours plus de street art avec le Grenoble Street Art Fest

ARTS | La deuxième édition du festival initié par le centre d'art Spacejunk aura lieu du mercredi 8 au dimanche 26 juin. On en détaille ici les grandes lignes.

Aurélien Martinez | Mardi 31 mai 2016

Toujours plus de street art avec le Grenoble Street Art Fest

C’est reparti pour le Grenoble Street Art Fest que Jérôme Catz du centre d’art Spacejunk veut toujours plus grand. Cette deuxième édition a ainsi été rallongée en durée (on est maintenant sur presque trois semaines) et va sortir du quartier Championnet qui l’a vu naître l’an passé – « la fresque de la Villeneuve sera la plus emblématique de cette édition [...] ; on participe au désenclavement des quartiers dit prioritaires ». Un véritable « bon en avant » possible notamment grâce à la Ville de Grenoble qui a considérablement augmenté sa subvention (de 9 000 à 25 000 euros) et joue le jeu de la rue en facilitant le travail des artistes. Une contribution qui n'est pourtant qu’une part du budget total du festival, estimé par Jérôme Catz à quelque 200 000 euros ; budget bouclé grâce au mécénat et aux collaborations mises en place avec divers acteurs privés (échange, prêt…). Sinon, concrètement, pendant ces 18 jours, on pourra voir 45 artistes travailler à l’air libre sur notamment 6 fresques monumentales ou les rencontrer ici et là : lors de conférences, de débats, autour des expos prévues – à SpaceJunk, à l’Ancien musée de peinture… Un lieu éph

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Spacejunk veut redonner vie à la fresque d'Ernest Pignon-Ernest

ACTUS | Fresque offerte aux yeux des passants, l’œuvre d'Ernest Pignon-Ernest réalisée sur un des murs de la Bourse du travail à la Villeneuve (Grenoble) se délite année après année. Afin de sauvegarder cette pièce d'importance, le centre d'art lance une opération de financement participatif pour la rénover.

Charline Corubolo | Mardi 10 mai 2016

Spacejunk veut redonner vie à la fresque d'Ernest Pignon-Ernest

Si Spacejunk fait appel à vous, ce n'est pas pour vous enrôler dans son équipe, mais pour vous faire participer à un projet plus important. Défenseur acharné de l'art urbain, le centre d'art grenoblois s'attaque aujourd'hui à un chantier de grande ampleur : la réfection de la fresque d'Ernest Pignon-Ernest située près de Grand'Place, dans le quartier de la Villeneuve. Considéré comme l'un des pères fondateurs du street art, l'artiste a réalisé cette œuvre en 1979 sur l'un des murs de la Bourse du travail. C'est à la suite d'échanges sur place avec des travailleurs et des habitants que le peintre se lance dans cette composition de 5 mètres de haut pour 14 de long traitant des dangers et des bienfaits du travail, en mêlant peinture et affiches syndicalistes. Presque 40 ans plus tard, l'intégrité de la pièce est en péril, l’enduit servant de support s’effritant. Spacejunk a donc ouvert une campagne de financement participatif, qui se clôture le 25 mai prochain, afin de financer la rénovation. Et à ceux qui ne voient pa

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Grenoble : les dossiers d'Éric Piolle et Corinne Bernard

ACTUS | En complément de la grande interview d’Éric Piolle et Corinne Bernard, zoom sur quatre sujets qui occupent en ce moment l’adjointe aux cultures de la Ville de Grenoble. Par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 5 avril 2016

Grenoble : les dossiers d'Éric Piolle et Corinne Bernard

Le Ciel / la Belle électrique Le contexte : Depuis l’arrivée de la Belle électrique en janvier 2015, la Ville repense son maillage de salles de concert. Et souhaite que cette dernière obtienne le prestigieux label "scène de musiques actuelles" avec le Ciel, petite salle située près de la place de Verdun qui se trouve en difficulté aujourd’hui faute à une baisse de subvention de la part de l’État. Corinne Bernard : « Ça y est, on a des bonnes nouvelles ! Au 1er juin, la convention smac sera effective pour les deux lieux, et tout le monde est avec nous – État, région, département. » Sur le Ciel : « La salle est utilisée 220 jours par an, on a 9 studios : il faut qu’on aille encore plus loin sur la répétition et la formation. C’est un lieu en centre-ville qui ne génère aucune nuisance sonore, on peut l’ouvrir H 24 avec un petit peu d’investissement – et c’est prévu. C’est un bijou bien caché : va juste falloir qu’on mette la lumière et qu’on dise que c’e

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Grenoble mise sur son festival de street art

ACTUS | Après une première édition d’une dizaine de jours en 2015, le Grenoble street art festival va revenir en juin 2016 pour trois semaines. Et avec un soutien encore plus appuyé de la Ville de Grenoble (+64% de subventions). On fait le point. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 29 mars 2016

Grenoble mise sur son festival de street art

Pour son Grenoble street art festival lancé l’an passé, Jérôme Catz, directeur du centre d’art Spacejunk à l’origine du projet, voit les choses en grand ; en très grand même. « L’idée est vraiment de commencer à l’implanter et d’en faire quelque chose de solide à l’échelle européenne. On veut constituer un patrimoine pérenne pour que les gens se disent : "et si on allait visiter Grenoble non pas parce qu’on est aux pieds des montagnes mais parce qu’il y a des belles œuvres". D’ici la troisième édition, on peut imaginer arriver à un patrimoine d’une quinzaine de murs monumentaux : on pourra venir à Grenoble juste pour voir ça ! » D’où une deuxième édition rallongée (on passe de douze à dix-neuf jours) et qui sortira de l’hypercentre pour aller, par exemple, à la Villeneuve. « On veut faire une version 2 qui soit, par rapport à la version 1, de l’ordre de x5 ou x6. » 25 000 euros de la Ville Une ambition qui cadre parfaitement avec les attentes de la municipalité, qui ne se prive d’ail

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Les Chevaliers blancs

ECRANS | S’inspirant de l’affaire de l’Arche de Zoé, Joachim Lafosse confie à un Vincent Lindon vibrant un rôle d’humanitaire exalté prêt à tout pour exfiltrer des orphelins africains. L’année 2016 pourrait bien être aussi faste que la précédente pour le comédien récompensé à Cannes avec “La Loi du marché”.

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

Les Chevaliers blancs

Qu’il situe ses histoires dans le cadre intime d’une famille en train de se disloquer (Nue Propriété, À perdre la raison) ou, comme ici, au sein d’un groupe gagné par le doute et miné par les tensions, Joachim Lafosse suit film après film des schémas psychologiques comparables : il décrit des relations excessives, où un dominateur abusif exerce une subjugation dévastatrice sur son entourage. Cette figure charismatique n’est pas toujours animée dès le début d’intentions malveillantes : ainsi, le personnage que joue Lindon dans Les Chevaliers blancs est mû par une mission humanitaire qu’il considère comme supérieure à toute autre considération, toute contingence, y compris la sécurité des membres de son équipe. La poursuite orgueilleuse de son idéal va le faire glisser dans une spirale perverse. Hors de tout manichéisme, Lafosse ne réduit pas ce mentor déviant aux seuls effets de sa malignité : sans chercher à

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Les Belles journées de Bourgoin-Jallieu, « l'événement phare du Nord-Isère »

ACTUS | Mais pourquoi la Ville de Bourgoin-Jallieu a-t-elle lancé, avec Les Belles journées, un nouveau festival ? Réponses.

Aurélien Martinez | Mardi 8 septembre 2015

Les Belles journées de Bourgoin-Jallieu, « l'événement phare du Nord-Isère »

Les temps actuels sont plutôt à la suppression de certains crédits initialement dédiés à la culture qu’à la création de nouveaux temps forts – et donc de nouvelles lignes budgétaires. L’arrivée des Belles journées à Bourgoin-Jallieu avec, dès sa première édition, une programmation étincelante (mais pas forcément très grand public), questionne. Surtout que ce festival était une promesse de campagne du nouveau maire de droite de cette ville du Nord-Isère : à n’y rien comprendre. Pour en savoir plus, on a donc passé un coup de fil à Marie-Laure Desforges, adjointe à la culture auprès de Vincent Chriqui, qui est d’accord avec notre adjectif : c’est « audacieux » de lancer un énième événement aujourd’hui. Elle explique qu’il s’agit d’un rendez-vous pour les Berjalliens qui arrive en fin de saison des festivals (sans forcément vouloir rivaliser avec les mastodontes voisins) ; mais on comprend rapidement que les visées sont plus larges, notamment lorsque l’on lit l’édito du maire dans le dossier

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Un Grenoble Street Art Festival loin de la rue

ARTS | Depuis mercredi 10 juin, le Grenoble Street Art Festival a envahi la ville entre fresques murales, expositions et animations diverses. Une manifestation qui se veut avant tout « pédagogique », avec une portée artistique dont la réussite se trouve surtout dans les murs de Spacejunk. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Vendredi 12 juin 2015

Un Grenoble Street Art Festival loin de la rue

Avant même de débuter, la première édition du Grenoble Street Art Festival, organisée par le centre d'art Spacejunk, faisait polémique. Diverses considérations politiques, notamment concernant l'annulation de plusieurs festivals et l’accord d’une subvention à celui-ci par la Ville de Grenoble, étaient au cœur du débat. De notre côté, on attendait surtout de découvrir l'aspect artistique de la manifestation. On a d’abord assisté à l'envahissement progressif (et toujours en cours) de l’espace urbain, notamment du quartier Championnet et du Chorus, espace éphémère le temps du festival, par des fresques murales, dévoilant aux yeux de tous la complexité de cet art et l'impressionnante technique dont font preuve les artistes. Puis il y eut les vernissages des trois expositions phares de l'événement : celle de l'Ancien musée de peinture, celle de la Nunc ! Gallery et celle du centre d’art Spacejunk. Un rendu fidèle à la

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Un street art festival « à vocation pédagogique »

ARTS | Première édition pour le Grenoble street art festival, piloté par Jérôme Catz, boss du centre d’art Spacejunk. On l’a rencontré pour en savoir plus, avant d’aller voir sur place ce que ça donne. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 9 juin 2015

Un street art festival « à vocation pédagogique »

Pourquoi un tel festival ? Jérôme Catz : Parce que c’est important et que ça répond à l’air du temps. Aujourd’hui, on voit du street art de partout, on est bombardés par ça… À Grenoble par exemple, il n’y a pas un rideau de fer qui n’ait pas été tagué. On veut donc essayer de mettre des mots là-dessus, de proposer des temps où les gens vont pouvoir comprendre ce qu’est le street art en matière de mouvement artistique et d’histoire. La vocation du festival est vraiment pédagogique. Avec l’idée de mettre en avant une forme d’art pas encore légitimée comme elle le devrait ? Bien sûr. C’est ce que je défends depuis douze ans avec Spacejunk. Le street art, quand il est né, ne s’appelait pas street art ; il n’y avait pas de nom pour définir ce truc-là. Mais quand Ernest Pignon-Ernest faisait ses premières œuvres en 1966, il faisait déjà du street art ; quand les premiers graffeurs ont retourné la ville de New York, ils en faisaient aussi ! C’est un mouvement qui a donc 50 ans d’histoire et qui s’enrichit toujours, exactement comme l’art contemporain. Il a plein de sous-rubriques, là aussi comme dans l’art

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Séparation ou rencontre ?

ARTS | Il y a des termes qui, au fil des siècles, deviennent de plus en plus flous. La notion de frontière est sans nul doute l'un de ces termes, dont les (...)

Charline Corubolo | Mardi 17 mars 2015

Séparation ou rencontre ?

Il y a des termes qui, au fil des siècles, deviennent de plus en plus flous. La notion de frontière est sans nul doute l'un de ces termes, dont les nouvelles données humaines (géographiques, sociales, virtuelles...) brouillent les pistes. Un nœud sémantique et conceptuel que tente de démêler l'exposition Géopol'Art actuellement visible à la Maison de l'international. Suite à la septième édition du festival de Géopolitique, qui s'est tenu à Grenoble École de Management la semaine dernière, et pour la deuxième année consécutive, le centre d'art Spacejunk s'est associé à la manifestation pour apporter un regard artistique sur les questions soulevées. Les œuvres d'artistes confirmés côtoient celles d'étudiants de l'école supérieure d'art graphique SupCréa, pour un ensemble percutant qui prend souvent le parti d'une frontière séparatiste ou au contraire d'un point d'échange. Goin présente une peinture intitulée Money crosses, people don't qui épingle un système frontalier régi par l'argent quand Manon Coninx et Elise Mail dévoilent une photographie qui révèle les frontières, souvent aberrantes, entre deux lieux sociaux. Les toiles Abstraitota

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Goin, message paradoxal

ARTS | Amener le street art en galerie est par essence compliqué, cette forme d'expression appartenant à la rue. Il est cependant normal que ces artistes (...)

Charline Corubolo | Mardi 9 décembre 2014

Goin, message paradoxal

Amener le street art en galerie est par essence compliqué, cette forme d'expression appartenant à la rue. Il est cependant normal que ces artistes cherchent une légitimité artistique et souhaitent vivre de leur production. Certaines propositions en galerie sont d'ailleurs intelligentes et cohérentes, dans l'esprit de ce passage entre la rue et le lieu culturel. Nous attendions donc beaucoup de la présentation des œuvres de Goin, dont une des œuvres ornait la couverture de notre Panoram'art en octobre dernier. Le graffeur français commence ainsi à être (re)connu grâce à ses pièces porteuses d'un message fort et d'une qualité plastique percutante. Entre pochoirs, sculptures et installations, il revendique une position tranchée sur notre société contemporaine guidée par un consumérisme outrageux. Une parole louable qui ne colle pourtant pas avec l'exposition présentée à Spacejunk. Dès l'entrée, les murs sont saturés de toiles dénonçant ce système de marques. Cette abondance tombe dans le cercle de cette consommation sociétale dénoncée, rendant le message de l'artiste paradoxal. Certes, une bonne partie des œuvres dévoilent une réelle portée c

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Bombes dénonciatrices

ARTS | Dans le cercle restreint des "street artists" connus et reconnus internationalement pour leur production de qualité, il y a Goin, graffeur français aux (...)

Charline Corubolo | Mardi 30 septembre 2014

Bombes dénonciatrices

Dans le cercle restreint des "street artists" connus et reconnus internationalement pour leur production de qualité, il y a Goin, graffeur français aux messages acerbes. Faisant du pochoir sa technique fétiche, Goin décime aux quatre coins du monde ses bombes engagées politiquement et socialement, cherchant à provoquer un électrochoc, à éveiller l'esprit critique du public. Marquées en continu par l'actualité, ses productions tendent à opérer un renversement des schémas préconçus non pour aboutir à une rébellion mais pour établir un monde plus juste. Après avoir fait des murs de la ville de Grenoble sa galerie à ciel ouvert, Goin revient donc à Spacejunk avec une exposition intitulée Bring me the street. Il y aura des pochoirs, et l'on espère certaines des sculptures de l'artiste, dont la portée critique se révèle encore plus forte. Bring me the street, du vendredi 28 novembre au samedi 24 janvier, à Spacejunk

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Louise l’insoumise

ECRANS | Ancienne des beaux-arts, ex-Miss météo du Grand Journal sur Canal + récupérée par le cinéma industriel français, Louise Bourgoin s’affirme enfin comme une comédienne libre et accomplie avec "Un beau dimanche" de Nicole Garcia. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 4 février 2014

Louise l’insoumise

L’histoire est connue mais mérite d’être rappelée : alors qu’elle étudie les beaux-arts à Rennes, celle qui ne s’appelle pas encore Louise Bourgoin se retrouve à jouer les mannequins pour des photos de mode. Ce drôle de mélange entre profondeur et superficialité, approche conceptuelle et glamour sur papier glacé, déterminera la suite de son parcours : animatrice télé sur le câble, puis Miss Météo dans Le Grand Journal de Canal +, où ses prestations marqueront durablement l’exercice au point de devenir l’étalon de toutes celles qui s’y essaieront ensuite. Dans ce cadre a priori rigide, elle utilise ses atours sexy et son naturel éclatant pour en faire des armes de distraction massive, donnant à ses interventions des airs de performances subversives. Sur le plateau, elle n’a peur de rien, ni de la nudité, ni du ridicule, ni des invités en tournée promo (version people) ou en tournée de propagande ( version politique)… «Sur les rotules» C’est justement pour la promo du dernier film de Nicole Garcia, Un beau dimanche, qu’on la rencontre, dans un chalet-restaurant cerné par d’abondantes chut

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Un beau dimanche

ECRANS | De Nicole Garcia (Fr, 1h35) avec Pierre Rochefort, Louise Bourgoin, Déborah François…

Christophe Chabert | Mardi 4 février 2014

Un beau dimanche

On connaît désormais si bien le cinéma de Nicole Garcia, et on l’apprécie si peu, que chaque film vient consolider une œuvre dont la cohérence est aussi indéniable que l’absence d’intérêt. Sans surprise, Un beau dimanche regorge de plans où les personnages se figent, le regard pénétré, absorbés par leur tourment, et de dialogues signifiants et sentencieux, psychologisme souligné au feutre noir. Le film repose en partie sur les épaules de Pierre Rochefort, qui doit composer un personnage corseté par cette introversion forcée et une forme de passivité face au monde guère pratique pour discerner ses qualités de comédien. Dans un paradoxe qui rendrait presque l’ensemble mystérieux, on nous raconte comment un homme décide de refuser l’héritage familial, alors que Garcia cherche à offrir son premier grand rôle à l’écran à son propre fils… Cette curiosité ne tient pas longtemps, emportée par un dernier acte où la lutte des classes se résume à un empilement de clichés gênants – la haute bourgeoisie réduite à de grandes demeures, des parties de tennis et des pulls noués autour des épaules. Au milieu de ce film congelé, Louise Bourgoin apporte une rafraîchissante

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Un anniversaire en dents de scie

ACTUS | En octobre 2003 ouvrait à Grenoble Spacejunk, centre d’expression pour « les plasticiens des cultures émergentes (lowbrow, board culture, pop surréalisme, street art...) ». Dix ans plus tard, le fondateur Jérôme Catz l’assure : l’avenir du lieu est menacé. On fait le point avec lui. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 30 septembre 2013

Un anniversaire en dents de scie

Des espaces d’exposition, il y en a de nombreux à Grenoble. Mais celui du 15 rue Génissieu est atypique, puisque centré sur une frange des arts plastiques souvent peu prise en considération. Ce qu’explique cash Jérôme Catz, le directeur des lieux, après dix minutes d’interview : « Aujourd’hui, dans le milieu des arts plastiques, si tu ne dis pas que tu fais de l’art contemporain, personne ne va te regarder. La culture en France est faite par des gens qui ont 60 balais et plus, et à qui on a vendu art contemporain depuis 35 ans. » Le ton est calme, les mots sont choisis (Jérôme Catz a relu et validé ses propos), la réflexion menée de longue date. Flash-back : c’était en 2003, et l'ancien snowboarder ouvrait alors à Grenoble Spacejunk, un centre d’art dédié notamment à la board culture et au street art. « Vu la cible à laquelle je m’adressais – les 15-25 ans –, avec le campus, le vivier grenoblois était génial. J’avais l’impression d’enfoncer une porte ouverte : je savais très bien que le public et les artistes étaient là ! » Le succès fut rapidement au rendez-vous, dépassant largement le cadre des 15-25 ans, et permettant au taulier d’ouvrir progressivem

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Tirez la langue, mademoiselle

ECRANS | D’Axelle Ropert (Fr, 1h42) avec Louise Bourgoin, Laurent Stocker, Cédric Kahn…

Christophe Chabert | Mardi 27 août 2013

Tirez la langue, mademoiselle

Critique de cinéma et scénariste des films de Serge Bozon (dont l’exécrable Tip Top, en salles dans deux semaines), Axelle Ropert signe ici son deuxième long après La Famille Wolberg et confirme son projet de cinéaste : refaire les films qu’elle aime en leur enlevant tout ce qui pourrait faire spectacle, comme si les originaux avaient ingurgité un tube de lexomil. Après La Famille Tenenbaum, c’est Faux semblants de Cronenberg qui est ici lointainement remaké, puisqu’on y retrouve deux frères médecins dont la relation à la fois fusionnelle et complémentaire va être fragilisée lorsqu’ils tombent amoureux de la même femme. Plutôt que de jouer la carte de la tragédie, Ropert s’en tient donc à un recto tono émotionnel, sans cris, larmes, rires ou effusions d’aucune sorte. Le film semble avancer sur une ligne droite d’où il ne doit absolument jamais dévier, entraînant tout (dialogues, séquences, jeu des acteurs) vers une platitude absolue. Ce qui, pour la réalisatrice, est sans doute une preuve de radicalité, apparaît en fin de compte, à l’inverse, comme le plus ordinaire du cinéma téléfilmé français ! Christophe Chabert

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La Religieuse

ECRANS | De Guillaume Nicloux (Fr, 1h54) avec Pauline Étienne, Louise Bourgoin, Isabelle Huppert…

Christophe Chabert | Mercredi 13 mars 2013

La Religieuse

Pour avoir beaucoup défendu Guillaume Nicloux dans ces colonnes, on sait aussi à quel point les échecs répétés (et souvent injustes) de ses films dans les salles l’ont rendu amer et méfiant. Cette nouvelle adaptation de La Religieuse montre en effet un cinéaste qui, sans mauvais jeu de mots, ne sait plus à quel saint se vouer pour séduire le public, et lorgne ouvertement vers le triomphe de Des hommes et des dieux. Comment expliquer autrement sa quasi-démission dans la mise en scène, qui confond austérité et académisme, à la lisière du téléfilm, embourbée dans l’uniforme grisaille des murs et des habits sacerdotaux, les chuchotements du cloître et le recto tono de la voix off ? Le problème, c’est que si Beauvois affichait une empathie (contestable) pour ses moines, Nicloux doit faire avec l’anticléricalisme du roman de Diderot, qu’il tente de désamorcer jusqu’au contresens. Il faut attendre l’arrivée d’Isabelle Huppert, d’une surprenante drôlerie, pour qu’un peu de folie entre dans le film. Trop tard, car l’encéphalogram

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Art carcéral

ARTS | Commissaire de l’exposition Quedarse Ciego actuellement présentée à Going Blind, et co-auteur du livre Paños récemment paru aux éditions Le Dernier Cri, Reno Leplat-Torti nous en dit plus sur l’art méconnu des paños, né au sein des prisons américaines. Propos recueillis par Damien Grimbert

François Cau | Lundi 16 janvier 2012

Art carcéral

Que sont exactement les paños ?Les paños sont des mouchoirs dessinés par des prisonniers américains - en général d’origine chicano, même si ce n’est plus forcément systématique. C’est une manière pour les détenus, qui ne savent pas toujours écrire, de communiquer avec l’extérieur, que ce soit leur famille, leurs associés, les membres de leur gang...  Ils utilisent des mouchoirs comme support parce que c’est ce qu’ils trouvent dans le « package » qu’on leur remet en prison. Et avec le temps, c’est devenu une sorte de tradition. Depuis quand cette tradition existe-t-elle ?Il y a plusieurs hypothèses. La plus probable la ferait remonter au début du siècle dans les prisons mexicaines, après la guerre franco-mexicaine. Elle se serait ensuite diffusée dans les Etats du sud-ouest des Etats-Unis, de la Californie au Texas, puis dans le reste du pays. Avec quoi les détenus dessinent-ils ?C’est variable, mais la plupart du temps, c’est avec un stylo parce que c’est ce qu’il y a de plus simple à se procurer dans l’univers carcéral. Après, on en a vu faits avec du café, de la cire de bougie, tout ce qui per

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L’Amour dure trois ans

ECRANS | De Frédéric Beigbeder (Fr, 1h38) avec Gaspard Proust, Louise Bourgoin, JoeyStarr…

François Cau | Vendredi 13 janvier 2012

L’Amour dure trois ans

Écrivain, Frédéric Beigbeder aimait les formules-choc, probablement héritées de son passé de publicitaire. Devenu cinéaste (mais on devrait plutôt dire qu’il s’improvise dans cette fonction), le voici qui tente pathétiquement d’en trouver un équivalent filmique. Solution 1 : faire reprendre par son personnage-alter ego (un médiocre Gaspard Proust dont le jeu bien pauvre consiste à dire son texte en bougeant les bras) les aphorismes lourdingues du roman, dans des intérieurs chics qui doivent valoir l’équivalent d’une vie entière d’un Smicard. Solution 2 : pomper sans vergogne le style Fight club en lui ôtant toute substance (car ce que raconte le film sur l’amour, le couple, les hommes, les femmes et la vie, est au bas mot sans intérêt), comme un défilé fatigant de formats courts télé (Bref n’est pas très loin…) où l’on injecte guests (certaines sont très bien, Lemercier en particulier) et clins d’œil, jusqu’à ce climax cauchemardesque où Louise Bourgoin regarde sur son écran plat Le Grand journal de Canal +. Dur de faire plus bêtement corporate que cette mise en abyme éloquente, où l’on contemple son nombril télévisuel avec satisfaction. L’Amour dure trois ans est, à tous les se

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OVNIs rap

MUSIQUES | C’est un peu la bonne nouvelle de ce début d’année pour les amateurs de rap « différent ». Figures de proue d’un nouvelle scène hip-hop new-yorkaise en pleine (...)

François Cau | Vendredi 6 janvier 2012

OVNIs rap

C’est un peu la bonne nouvelle de ce début d’année pour les amateurs de rap « différent ». Figures de proue d’un nouvelle scène hip-hop new-yorkaise en pleine effervescence, les trois olibrius de Das Racist viendront nous gratifier de leurs rimes loufoques et de leur attitude déconneuse aux Abattoirs de Bourgoin-Jallieu. Un temps pris pour un simple phénomène viral en raison du succès remporté par leur improbable Combination Pizza Hut and Taco Bell, Himanshu Suri, Ashok Kondabolu et Victor Vazquez ont depuis prouvé, en l’espace de deux mixtapes et d’innombrables prestations live, qu’il y avait du talent, de l’invention, et une bonne dose de dérision acide derrière leur absurdité de façade. Produit par une dream team prestigieuse (El-P, Diplo, Chairlift, Yeasayer… ) et rempli de refrains énigmatiques au possible (« Michael Jackson, un million de dollars, tu vois ce que je veux dire ? »), Relax, leur premier album sorti à l’automne, a d’ailleurs confirmé tout le bien qu’on pensait des lascars. Ne reste plus qu’à les découvrir sur scène !

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Fantasmagories

ARTS | Art contemporain / Une explosion de couleurs vives voire flashy qui évoquent immédiatement l’univers du tag, voilà ce qui frappe d’abord quand on pénètre dans (...)

François Cau | Lundi 19 décembre 2011

Fantasmagories

Art contemporain / Une explosion de couleurs vives voire flashy qui évoquent immédiatement l’univers du tag, voilà ce qui frappe d’abord quand on pénètre dans le centre d’art Spacejunk où les dernières toiles de Will Barras sont exposées. En les regardant de plus près, on découvre un monde fantasmatique à la fois mélancolique, inquiétant et parfois violent, comme cette scène où un singe combat un lézard volant sur une table gigantesque. Rêve ou cauchemar ? Dans ces paysages oniriques, les animaux côtoient les humains, s’habillent comme eux. On ne sait trop s’ils veillent sur eux ou s’ils viennent les hanter. Entre ciel et mer, les villes prennent de la hauteur, écrasantes, surdimensionnées, et les rues sinueuses sont des labyrinthes sans fin. L’élément aquatique aussi est très présent. Sous les eaux profondes, on distingue souvent de pauvres silhouettes humaines, diluées, qui se débattent ou se laissent engloutir. Chaque paysage est un monde inventé, chaque scène un embryon d’histoire et chaque toile témoigne d’une imagination débordante. Si les tons un peu criards peuvent repousser, en revanche, le caractère mystérieux des tableaux de Will Barras met notre curiosité en éveil. L

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California soul

ARTS | Exposition / Jeune geek passionnée de sciences, grandie dans l’anonymat d’une paisible banlieue résidentielle à proximité de San Francisco, Caia Koopman à (...)

François Cau | Vendredi 28 octobre 2011

California soul

Exposition / Jeune geek passionnée de sciences, grandie dans l’anonymat d’une paisible banlieue résidentielle à proximité de San Francisco, Caia Koopman à découvert à son adolescence, dans les années 80, les joies conjointes de la rébellion, du skate et du mouvement punk rock. Après des études de Beaux-Arts à l’Université de Santa Cruz, et plusieurs années à illustrer des planches et des tee-shirts pour différentes marques de skate et de snowboard, elle s’est progressivement orientée vers une carrière artistique pour mieux laisser libre cours à ses aspirations. SI la forte récurrence entre ses différentes oeuvres et son approche outrageusement « girly » (naïades graciles aux grands yeux, fleurs et petits animaux mignons tout plein…) pourront dérouter les plus critiques, les toiles de Caia Koopman ne sont pour autant pas dénuées d’intérêt. Au-delà de leur exécution technique assez virtuose, qui les rapproche des œuvres des pionniers du mouvement pop surréaliste comme Mark Ryden ou Joe Sorren, elles offrent en effet un recyclage assez intéressant de différentes esthétiques de la culture underground californienne, de la custom culture du début des années 60 à l’iconographie du

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Un heureux événement

ECRANS | De Rémy Bezançon (Fr, 1h50) avec Louise Bourgoin, Pio Marmaï…

François Cau | Jeudi 22 septembre 2011

Un heureux événement

Le Premier jour du reste de ta vie sera-t-il comme un heureux accident dans la carrière de Rémy Bezançon ? Car cet Heureux événement retombe dans les scories de son premier film, Ma vie en l’air, ce mélange d’air du temps branchouille, d’observation sociétale façon magazine féminin et de cynisme médiocre qui glorifie la nullité ordinaire, laissant l’héroïsme et l’altérité dans un hors-champ phobique. Cette chronique d’une maternité comico-dramatique est non seulement très mal écrite (au bout d’une heure, on a déjà le sentiment d’attendre la dernière scène), mais se gargarise d’un déterminisme social qu’on croirait inspiré d’une mauvaise enquête d’opinion. Du coup, Bezançon fait du Bénabar cinématographique : de la vie de couple, il ne retient que les moments merdiques (les engueulades, les lâchetés, les gaps lacaniens en version hi-tech, lui devant ses films et sa Playstation, elle avec ses bouquins et ses cupines) ; de l’enfantement, il souligne les détails bien crados (l’utérus déchiré, puis recousu) ou franchement insupportables (les grands-mères intrusives) ; quant à l’amitié, il la transforme en complicité beauf, y compris au féminin. Dans un monde bien fait, où les

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Skate et mets tes baskets

ARTS | « Le skateboard dissocie les formes urbaines de leurs fonctions, posant ainsi les bases d’un naturalisme des rues, terrains vagues et trottoirs. » Un (...)

François Cau | Lundi 19 septembre 2011

Skate et mets tes baskets

« Le skateboard dissocie les formes urbaines de leurs fonctions, posant ainsi les bases d’un naturalisme des rues, terrains vagues et trottoirs. » Un long texte accueille le visiteur dans la nouvelle exposition collective de Spacejunk. Intelligent et simple, il introduit bien à l’univers présenté : celui du skate. Sur les deux étages sont proposées des planches (de skate) allègrement décorées de manière plus ou moins heureuse – mais c’est là une affaire de goût sur laquelle il est légitime de suspendre son jugement – avec force couleurs, pics en acier, poitrines opulentes… Chaque artiste exprimant sa sensibilité sur sa planche plutôt que sur une simple toile. Installé discrètement derrière un poteau, on trouve un triptyque de planches du fameux Damien Hirst (artiste anglais dont la cote des œuvres s’estime en millions de n’importe quelle monnaie) : explosion de couleurs vives rappelant les toiles abstraites d’un Gerhard Richter, elles-mêmes parentes de l’expressionnisme abstrait d’un Jackson Pollock. Ce détour par une boucle de références se glisse là pour prouver une chose : la culture skate se réclame à raison d’une légitimité au sein d’un système plus vaste qu’un simple mouvemen

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Exposition & animation

ECRANS | Skateboarding is not a crime

François Cau | Lundi 5 septembre 2011

Exposition & animation

On ne présente plus Spacejunk. Mais on peut quand-même un peu : galerie tentaculaire installée dans quatre villes (Grenoble, Lyon, Bourg-Saint-Maurice et Bayonne), elle s’attache à promouvoir le street art, le légitimer comme art à part entière. Logiquement, la prochaine expo présentée à Grenoble s’interrogera sur la place de la culture skate dans l’art contemporain, affirmant crânement et un brin naïvement que « Skateboarding is not a crime » (vernissage ce jeudi 8 septembre dès 18h30). A cette occasion est organisée une journée spéciale skate au skatepark de la Bifurk ce samedi 10 septembre : avec représentations de pros, atelier, performance, et même un pot de l’amitié alors… Les détails pratiques se trouvent bien rangés dans l’agenda ci-dessus.

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Electrochoc

MUSIQUES | La sixième édition du festival se déroule toujours bien à Bourgoin-Jallieu, et ouvre toujours la voie aux découvertes numériques et électroniques. On en parle (...)

François Cau | Lundi 11 avril 2011

Electrochoc

La sixième édition du festival se déroule toujours bien à Bourgoin-Jallieu, et ouvre toujours la voie aux découvertes numériques et électroniques. On en parle tardivement (les manifestations se déroulant du 31 mars au 16 avril), mais il faut dire que la soirée la plus envoûtante montre le bout de son nez cette semaine. Le vendredi 15 avril se fait ainsi jour de chance pour les amoureux de l’électro planante et mystérieuse, pour les âmes vendues aux sorciers de la platine flirtant avec d’exotiques mondes méconnus, doux aux oreilles comme ils sont évocateurs pour l’imagination. Oui, on estime que le live de Bonobo est prometteur, d’autant qu’il sera le voisin de Hidden orchestra, également recommandable et recommandé. Les jeudi et samedi n’ont pas à rougir de leur programmation, avec entre autres Undergang et The Young gods. Pour la programmation complète et tous les détails pratiques, référez-vous au site www.electrochoc-festival.com.

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Humour anglais

ECRANS | Avec ce début d’année 2007 commence au Centre Culturel Cinématographique un nouveau cycle de projection à l’intitulé explicite : So British : l’humour (...)

| Mercredi 17 janvier 2007

Humour anglais

Avec ce début d’année 2007 commence au Centre Culturel Cinématographique un nouveau cycle de projection à l’intitulé explicite : So British : l’humour britannique dans toute sa férocité. Au programme, un démarrage en grande pompe ce mercredi avec le classique nonsensique des Monty Python Sacré Graal (1974), suivi les semaines suivantes de deux de ses glorieux ancêtres, Noblesse oblige, de Robert Hamer (1949), et Whisky à gogo, d’Alexander MacKendrick (1948). Soit l’occasion rêvée de faire le point sur le fossé qui sépare l’humour anglais (drôle) de la comédie à la française (pas drôle)…

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Morceaux choisis

MUSIQUES | Zoom / Éclectique, foisonnante, et souvent passionnante, la programmation de cette 2e édition du festival ElectroChoc ne manque pas de chien. 9 soirées en (...)

| Mercredi 4 avril 2007

Morceaux choisis

Zoom / Éclectique, foisonnante, et souvent passionnante, la programmation de cette 2e édition du festival ElectroChoc ne manque pas de chien. 9 soirées en 15 jours, près d’une trentaine d’artistes invités, 11 pays différents représentés… Et au-delà des chiffres, un véritable parti-pris, celui de mettre en avant la frange la plus “scénique” des musiques électroniques, ouverte à toutes les fusions. Entre jungle, dub et jazz pour les fédérateurs combos Sayag Jazz Machine et Cosmik Connection, électro et musiques du monde pour Kamilya Jubran et le projet Electro Bamako de Marc Minelli, rock, techno, et musique industrielle pour la soirée réunissant le grand Alec Empire, Sound Of ZZZ, et El Bäron Brissetti… Mais cessons là l’énumération, pour mettre en avant nos coups de cœur. À commencer par Dr Das, anglo-pakistanais qui a eu la bonne idée de lâcher sa formation initiale en pleine débâcle artistique, Asian Dub Foundation, pour se concentrer sur un projet instrumental autrement prometteur. Ou encore Fedayi Pacha, et son dub électronique ouvertement orientalisant, loin des clichés en cours. On citera encore l’excellente découverte “hip-hop-folk-électro” The John Venture, qui réunit des m

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Sans réserve

ARTS | Exposition / Dernière exposition en date présentée à Spacejunk, Convince me réunit pas moins de 4 artistes différents sur un support commun. Entretien avec deux (...)

| Mercredi 11 avril 2007

Sans réserve

Exposition / Dernière exposition en date présentée à Spacejunk, Convince me réunit pas moins de 4 artistes différents sur un support commun. Entretien avec deux d’entre eux, les photographes Stéphanie Solinas et Bertrand Trichet. En quoi consiste Convince me ? Bertrand Trichet : C’est le rassemblement de trois types de travaux différents : une photo, un poème, et la sérigraphie pour lier tout ça. Les photos, c’est Stéphanie et moi-même, les poèmes, c’est Scott Bourne, un skateboarder professionnel américain qui en écrit régulièrement, et la sérigraphie, c’est Jérémy Cortial, de El Shopo. Comment est née l’idée de ce projet commun ? Stéphanie Solinas : En fait, on a fait un portfolio dans un magazine, avec ces images de paysages en polaroid, qu’on a associé aux poèmes de Scott. C’était la première idée. On le connaît depuis longtemps, et on trouvait que ses poèmes correspondaient vraiment à ce qu’on disait dans nos photos, ça nous a donc semblé assez évident de les associer matériellement, et de faire un travail graphique unique. L’idée, c’était d’arriver chacun avec ses trucs et de faire un travail commun : ce n’est pas une expo collective, c’est une expo de travaux collectifs,

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