Pluralité du paysage avec le Mois de la photo de Grenoble

ARTS | Porté par la Maison de l’Image, le Mois de la photo amène le paysage entre les murs de l’Ancien musée de peinture et de la Plateforme. Une proposition éclectique qui s’intéresse aux grands espaces comme aux paysages intérieurs grâce à l'Italien Gabriele Basilico et à onze autres photographes, pour une quatrième édition placée sous le signe d’un dépaysement sublimé.

Charline Corubolo | Mardi 27 septembre 2016

Photo : Alexis Bérar


Fort d'une proposition dense et variée, l'événement annuel de la Maison de l'image se pare d'un nouveau manteau sémantique en cette rentrée 2016. C'est ainsi que se tient jusqu'au 2 octobre le Mois de la photo, avec pour haut lieu la place de Verdun. Investissant l'Ancien musée de peinture et la Plateforme, la manifestation se révèle intelligente et séduisante notamment grâce à la présentation du travail de Gabriele Basicilo (1944-2013). Prenant pour thème le paysage, en résonance avec la 1ère saison de Paysage > Paysages, l'exposition dévoile une quarantaine de clichés de l'Italien pris entre les années 1980 et 1990. Sur petit ou grand format, en noir et blanc, s'exprime alors tout le génie d'un regard qui aimait prendre son temps afin de capter l'essence de la vue, qu'elle soit urbaine ou sauvage.

Avec cet éloge à la lenteur du regard, le photographe s'appliquait à mettre une distance avec sa prise de vue, comme pour s'imprégner du paysage et saisir une vision documentaire. Un sens de la mesure qui ne se privait pas cependant d'une esthétique singulière, entre composition graphique ou approche picturale flamande, pour interroger la notion de territoire à travers un style photographique contemplatif.

Intériorité du dehors

Face à l'immensité du regard de Gabriele Basilico, sept autres photographes livrent leur vision du paysage entre intérieur et extérieur, documentaire et imaginaire, pour un ensemble où l'exploration photographique tend à construire de nouveaux univers. À l'instar de Xavier Blondeau qui, avec la série Présence obscure, esquisse une ambiance entre Edward Hopper et David Lynch grâce à des clichés nocturnes en milieu urbain, pour une poésie de la solitude.

Une essence de la quiétude que l'on retrouve chez Erminio Annunzi, un des deux photographes italiens invités par l'association Surexpose, avec ses portraits d'arbres où l'instant semble suspendu. Quant à l'Italien Stefano Ciol, il propose une altération de la réalité avec des paysages esthétisants par un noir et blanc accentué.

La nature apparaît plus réelle chez Simon Vansteenwinckel avec la série Nostros, explorant le Chili et l'Argentine, où le grain de l'image octroie une authenticité particulière. Une profondeur de l'environnement qui devient intime avec Emma Grosbois. Photographiant des intérieurs de Milanais, l'artiste donne à voir une iconographie personnelle et pourtant collective interrogeant des histoires universelles pour une cartographie mentale.

À l'image du travail de Stéphanie Nelson qui, en saisissant Le camp de Joffre, dit camp de Rivesaltes, capte un double paysage entre persistance et effacement des lieux.

Pour Olivier Cretin, l'aller-retour entre le dedans et le dehors lui permet de capter des Vues perdues où l'atmosphère se charge d'étrangeté mais où l'exploration demeure le leitmotiv.

Topographie urbaine

Une exploration du territoire qui devient quasiment scientifique à la Plateforme avec l'exposition Mix City présentant les clichés de Giovanni Hänninen. Sillonnant Milan, Copenhague et Hambourg, le photographe témoigne par l'image des transformations urbaines en Europe.

Quant à l'exposition Des Circonférences sensibles, montée dans le cadre des Rencontres franco-italiennes par Surexpose, elle offre un échange de vision entre Grenoble et Milan. Sont ainsi présentés deux Italiens, Claudio Argentiero et Davide Niglia, officiant en noir et blanc pour une étude presque nostalgique de l'architecture.

Mais le rendu le plus pertinent est celui du Grenoblois Alexis Bérar (photo en tête d'article) qui, selon un procédé rigoureux, dresse une typographie spécifique de la ville, tout en soulevant la question de l'habité et de l'appropriation des espaces de passage, pour un mois photographique de découverte qui se prolonge jusqu'à fin octobre en off dans des galeries du centre ville.

Le Mois de la photo
À l'Ancien Musée de peinture jusqu'au dimanche 2 octobre

Mix City + Des circonférences sensibles
À la Plateforme jusqu'au samedi 8 octobre


Paesaggio, la construction d'un regard

Photographies de Gabriele Basilico, dans le cadre du festival Paysage > Paysages
Ancien Musée de Peinture Place de Verdun Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Mix City

Photographies de Giovanni Hänninen
La Plateforme Place de Verdun Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Estelle Charlier : "C'est dans les défauts que la marionnette prend vie"

ECRANS | Parmi la foule des collaborateurs de Leos Carax pour inventer "Annette", on peut notamment compter une compagnie de théâtre iséroise : La Pendue. Avec la complicité de son ami Romuald Collinet, Estelle Charlier est celle qui a donné un corps et un visage à la supposée petite fille prodige d'Ann (Marion Cotillard) et Henry (Adam Driver). Une marionnette qui n'est encore visible qu'au cinéma, mais qu'on peut aussi apprendre à connaître par les mots, grâce à sa créatrice...

Martin de Kerimel | Mercredi 21 juillet 2021

Estelle Charlier :

Comment avez-vous rencontré Leos Carax pour la première fois ? Estelle Charlier : Lui travaillait depuis un moment sur l'idée du personnage. Annette ne pouvait pas être une vraie petite fille et il ne souhaitait pas utiliser une image de synthèse ou un robot. Il tenait à utiliser un objet que les acteurs pourraient toucher et prendre dans leurs bras. Il s'est donc décidé pour une marionnette. En novembre 2016, j'ai été contactée : il cherchait plutôt des manipulateurs que des constructeurs, à cette époque, mais sans avoir encore choisi ce que serait le visage d’Annette. Il avait simplement les photos d’une enfant, qui m’ont beaucoup touchée. Je lui ai donc proposé de faire un essai de sculpture. C’est ainsi que nous avons commencé à travailler ensemble. Et ç’a été un travail au long cours… Un projet énorme : il y a plusieurs expressions du visage, plusieurs marionnettes, plusieurs âges et plusieurs types de manipulation. Mon complice, Romuald Collinet, a intégré l’équipe en janvier 2017. Le film aurait dû être tourné cette année-là, mais on a été interrompu après quatre mois. Finalement, le projet a

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"Kaamelott – Premier Volet" de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

ECRANS | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

Vincent Raymond | Mercredi 21 juillet 2021

Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusi

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Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

ATTENTION SPOILERS ! | Attention spoilers ! Alors que sort le mercredi 21 juillet le film plus attendu de l’année, Alexandre Astier revient sur la genèse et le tournage de Kaamelott - Premier Volet. Écriture, personnages, musique, image, distribution… L’auteur-réalisateur-compositeur-interprète aborde tous les postes et ouvre des perspectives. Quitte à se répéter : attention, spoilers ! Vous ne viendrez pas nous dire qu’on ne vous aura pas prévenus !

Vincent Raymond | Mercredi 21 juillet 2021

Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

Dix ans se sont écoulés entre la fin du Livre VI de la série télévisée et Kaamelott - Premier Volet. La même durée dans la fiction pour les personnages (donc l’équipe) que pour le public… Néanmoins, vous avez vécu à la fois avec et sans Arthur durant tout ce temps puisqu’il a été celui de la préparation du film… Alexandre Astier : Il y a déjà un avantage à cet arrêt : la série se termine sur un mec lui-même à l’arrêt, plus du tout concerné par ce qui se passe dans une Bretagne sur laquelle il n’a plus aucun impact, et qui erre à Rome comme un clochard. Le royaume de Logres, aux prises avec ses anciens camarades, est devenu un état dictatorial mené par un taré, dans un bain de collaboration et de résistance. Du point de vue d’Arthur, comme ça ne le concerne plus, ça aurait pu durer vingt ou trente ans. Dire « Je pars ; non, je déconne, en fait, je reviens », ça ne peut pas marcher ! Il faut justement que celui qui ne voudrait pas revenir soit obligé de revenir sur une seule patte. L’autre avantage concerne l’écriture. À

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Alennott, retour en couleurs

Peinture | Rare, son nom pourrait pourtant vous être familier : Alennott est né en Inde, y a encore des amis et de la famille, mais vit et travaille à Grenoble, où il revient exposer à la Maison de l’international. Rencontre avec un homme heureux d’échanger sur ses inspirations.

Martin de Kerimel | Mercredi 7 juillet 2021

Alennott, retour en couleurs

Il est des artistes qui n’aiment pas parler de leur travail, jugeant qu’il suffit d’ouvrir les yeux pour l’apprécier et, plus encore, le comprendre. C’est la pudeur qui, parfois, explique que d’autres rechignent à apporter un éclairage – ou même un simple commentaire – sur ce qu’ils ont créé. Désolé pour celles et ceux qui aiment ranger les autres dans une petite case : Alennott, lui, ne peut être classé dans aucune de ces deux catégories. Bien au contraire, lorsqu’il sort de son atelier, l’artiste indien prend un plaisir manifeste à parler de ce qu’il fait et, dès que c’est possible, à accueillir les ressentis des autres. Il assure que ces échanges lui apportent beaucoup. « Compléter un cercle » Nous avons eu la chance de passer du temps avec lui avant le vernissage de Leela, sa nouvelle exposition à la Maison de l’international. Un lieu où il avait déjà eu l’opportunité de présenter son travail, en 2012. « Revenir ici, c’est comme compléter un cercle », nous a-t-il dit. L’homme attache visiblement une importance certaine aux symboles. Il est heur

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La Bobine sort les platines

MUSIQUES | C’est un joli programme qu’a concocté la Bobine pour le retour de ses apéro-mixes estivaux en terrasse. Aux côtés d’un certain nombre de valeurs sûres et (...)

Damien Grimbert | Lundi 5 juillet 2021

La Bobine sort les platines

C’est un joli programme qu’a concocté la Bobine pour le retour de ses apéro-mixes estivaux en terrasse. Aux côtés d’un certain nombre de valeurs sûres et d’habitués des lieux, on pourra ainsi découvrir le 6 juillet Erevan DJ, fondateur de l’excellent label lyonnais orienté « sophrologie auditive, réminiscences 90’s, atmosphères psychédéliques et breaks exotiques » Bamboo Shows, accompagné de Jean-Mi, fer de lance du label Comic Sans Records. Le 20 juillet, place au Grenoblois Vague Imaginaires, créateur d’ambiances équatoriales oniriques quelque part entre ambient, downtempo, tribal, new age et field recording organique. Le 10 août, on entendra cette fois Danse Musique Rhône-Alpes (en photo), « hommage nostalgique à la dance commerciale des années 90 mais également aux formes les plus brutes et radicales de la musique électronique » et Bravo Tounky, venu défendre sa k7 audio Flash Détente fraichement sortie sur AB Records. Le 31 août enfin, ce sont les éclectiques résidentes du projet Sister Act Ciao Cesco, Taka, Cass, Yagi Ud, et Gioza qui se relaieront aux platines. On a déjà hâte d’y être ! Apéro-mixes. À la Bobine to

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1, 2, 3, nous irons au bois

ESCAPADES | Si l’Isère organise une année sur le thème de la forêt, c’est qu’elle occupe un rôle et une place essentiels dans le département, le recouvrant du tiers de sa surface. Partez à la découverte de quelques-unes d’entre elles et profitez de leurs bienfaits reconnus.

Jérémy Tronc | Mardi 29 juin 2021

1, 2, 3, nous irons au bois

Vallin, forêt mystique Magique, mystique, magnétique, miraculeuse, sacrée… Les mots caractérisant la forêt de Vallin (Nord-Isère) sur Internet ou dans les magazines l’entourent d’une aura qui attire inévitablement des promeneurs tendance New Age en quête de spiritualité sylvicole. Là-bas, à 60 km au nord-ouest de Grenoble, sous les frondaisons, on fait des gros câlins aux arbres (sylvothérapie) et on vient profiter des énergies telluriques censées affoler les boussoles. La légende raconte que la forêt abritait jadis un ancien site druidique. On susurre aussi qu’elle fut parcourue par des Templiers, des croix aux abords du site venant étayer cette idée. Pour toutes ces raisons, le bois est devenu un vrai lieu de pèlerinage. Les randonneurs et les pèlerins y côtoient fréquemment les magnétiseurs, guérisseurs et radiesthésistes. D'un point de vue plus cartésien, la forêt de Vallin vaut le détour pour sa faune sauvage et ses milieux naturels très diversifiés : mares, zones humides, prairies et deux ruisseaux, eux aussi nourris d’histoires de guérisons en raison de leur particularité. L’un est chargé d’argile verte, l’autre est formé d’un lit d’oxyde de fer. E

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Notes estivales

MUSIQUES | L'équipe du Petit Bulletin a repéré pour vous des événements musicaux qui valent le coup d'être entendus. Comme autant d'idées de sorties pour les jours à venir...

La rédaction | Vendredi 2 juillet 2021

Notes estivales

Musiques actuelles Notes dans le Vercors Configuration à la fois assise et debout cette année : du côté d’Autrans, du 2 au 4 juillet, on attend du beau monde pour la septième édition du Vercors Music Festival ! Des artistes en pleine progression comme Suzane, par exemple, ou des groupes expérimentés dont la musique nous ravit, à l’image de La Rue Kétanou (photo). Pour faire une fête dantesque, on compte aussi sur le côté pin-up assumé des Swingirls ou le look des musiciens de Tigadrine, dont le blues du désert ne cesse d’envoûter les festivals isérois. Vercors Music Festival. À Autrans du 2 au 4 juillet. www.vercorsmusicfestival.com Insolite Et au milieu coule une rivière Des musiques enchanteresses dans un cadre enchanteur (des grottes en pleine forêt, bordées par un torrent et soumises à un microclimat rafraichissant), des frites, des bières « et du thé froid citron gingembre » ? C’est peu o

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Un été en famille

Théma | Bénéfice collatéral de sept mois de disette : il n’y aura pas de pénurie estivale dans les salles. Tout particulièrement pour les films parlant des familles ou à leur destination, et du désir de se libérer de son emprise sur un mode tragique, comique… voire les deux.

Vincent Raymond | Mardi 6 juillet 2021

Un été en famille

Variation multiple et ludique de Freaky Friday, Le Sens de la famille de Jean-Patrick Benes (30 juin) crée ainsi un chamboule-tout géant, où les esprits des parents, grands-parents et enfants naviguent dans les corps des uns et des autres sans fin pour une raison inconnue. S’ensuivent d’inévitables quiproquos glissant doucement vers un registre trash, changeant agréablement de l’injonction à faire de la comédie aseptisée. La fin qui ne résout rien permet (presque) de supporter le jeu de Dubosc — le seul à en faire des tonnes. Plus archaïque est la famille des Croods, une nouvelle ère, second opus signé Joel Crawford (7 juillet), revisitant dans une pseudo-préhistoire d’heroic fantasy aux couleurs criardes la querelle entre anciens et modernes, mâtinée d’un remix du Père de la Mariée et de Mon beau-père et moi. Là encore, le final délirant offre un relief inattendu à ce qui semblait s’engager sur les rails d’une animation ordinaire. Animat

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Des courts ailleurs

ECRANS | Après l’édition virtuelle de 2020, la Cinémathèque de Grenoble renoue avec une forme plus classique de son Festival du film court. Tout en changeant de décor.

Martin de Kerimel | Mardi 29 juin 2021

Des courts ailleurs

Cette fois, il n’a pas été possible d’occuper la place Saint-André : le Festival du film court en plein air sera lancé cette année sur l’Anneau de vitesse du parc Paul-Mistral, mercredi 30 juin, à partir de 21h. Ensuite, et jusqu’au 4 juillet, les projections de la compétition officielle auront lieu sur ce même site à 21h ou 21h30, précédées d’autres au cinéma Juliet-Berto, dès 19h. Une Nuit blanche est également prévue à Juliet-Berto le 2 juillet, qui commencera à minuit. Ce même jour et jusqu’au 5, des séances de rattrapage seront possibles au cinéma Le Club. La Cinémathèque de Grenoble, organisatrice de l’événement, ne revient pas sur ses fondamentaux : il s’agit toujours d’attirer le public le plus large possible, adultes et enfants, connaisseurs et simples curieux, tout en mettant en valeur ce qui peut faire la richesse de la création contemporaine. Une réelle vitalité ! Tout part d’un choix draconien : preuve que la crise sanitaire n’a pas tari l’envie des artistes, la Cinémathèque a reçu 2234 propositions de courts, issus de 91 pays, et en a retenu une soixantaine. Plusieurs prix sont en jeu, susceptibles de doper la carrière des grands petits films

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Raoul de marbre

MUSIQUES | Dire d'un album de Raoul Vignal qu'il est enlevé relève un peu de la vue de l'esprit s'agissant d'un musicien pour lesquels les termes éthéré, évanescent, (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 5 juillet 2021

Raoul de marbre

Dire d'un album de Raoul Vignal qu'il est enlevé relève un peu de la vue de l'esprit s'agissant d'un musicien pour lesquels les termes éthéré, évanescent, clair-obscur et alangui semblent avoir été inventés. Pourtant, c'est bien après un autre tempo et d'autres arrangements que le Lyonnais est parti en quête pour ce Years in Marble. Quelque chose, nous a-t-il confié, qui se rapproche davantage de son premier album, The Silver Veil, enregistré sous le ciel brumeux de Berlin et le patronage de Nick Drake. Une ombre tutélaire, celle de Drake, dont Vignal aimerait enfin se détacher et qui explique une approche plus pop des morceaux, ces tempi parfois accélérés et une autre manière de placer sa voix. « Je n'ai jamais autant travaillé à la réécriture des textes », ajoute celui qui semble bel et bien, s'il était besoin, en quête de sens. Et d'une (r)évolution permanente, pas violente mais palpable, lorsqu'il avoue voir son travail depuis les premiers EP (qu'il n'aime plus guère), comme un work-in-progress. Passionnant à suivre par ailleurs. Une nouvelle approche ou une approche continue qui voudrait sans doute graver quelque chose d'un style unique dans le m

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"Présidents" : vieilles choses publiques

ECRANS | Enchaînant films et sujets opposés, Anne Fontaine s’attaque après Police à l’étage supérieur : le pouvoir suprême et ceux qui l’ont exercé… lorsqu’ils en sont dépossédés. Entre fable et farce, une relecture des institutions et de l’actualité politique bien plus intéressant que ce que les teasers-sketches laissaient supposer…

Vincent Raymond | Mardi 29 juin 2021

Reconverti en homme d’intérieur dépressif, l’ex-président Nicolas S. prend pour prétexte la popularité grandissante de la candidate d’extrême-droite pour partir en Corrèze afin de convaincre son ancien adversaire et successeur François H. de monter un nouveau parti avec lui. La cohabitation sera d’autant plus rude qu’ils sont opposés en tout, et que leurs compagnes s’invitent dans la campagne… Une évidence en préambule : sur les arcanes de la Ve République (et ses bruits de cabinet, diront les mauvaises langues), il sera difficile de parvenir un jour à se montrer plus complet que le magistral L’Exercice de l’État de Pierre Schoeller. Rien n’empêche toutefois d’attaquer le sujet par la bande, en se focalisant sur des espèces s’ébattant dans cet écosystème. Tels les présidents du film homonyme d’Anne Fontaine construit comme une fable dont les protagonistes ne seraient pas de grands fauves, mais deux ex éconduits par leur bien-aimée, trompant ensemble leur déni dans l’illusoire espoir d’une reconquête. Sauf que la belle, de plus en plus versatile et capricieuse, ne veut plus d’eux.

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Un Grand Rassemblement grandeur nature avec le CCN2

SCENES | Le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) piloté par Yoann Bourgeois propose, samedi 3 et dimanche 4 juillet, un nouveau Grand Rassemblement, cette fois en Chartreuse. Au vu des précédents, ce sera sûrement un grand et original moment artistique entre spectacles, performances & co.

Aurélien Martinez | Vendredi 2 juillet 2021

Un Grand Rassemblement grandeur nature avec le CCN2

Après avoir investi, depuis 2016, la MC2, le centre d'art le Magasin ou encore le centre-ville de Grenoble, l'équipe du CCN2 organisera cette fois un événement exceptionnel en pleine nature, « au cœur du massif de la Chartreuse, de ses montagnes, de ses pâturages ». Et le cadre ne sera pas qu'une coquetterie, mais influera vraiment sur ce que nous verrons, comme ce fut le cas lors de chaque précédente édition. On se souviendra ainsi longtemps du funambule Nathan Paulin traversant la place Saint-André sous une pluie battante. Tout comme de la circassienne Chloé Moglia qui avait installé son immense structure-sculpture sur le parvis de la Bifurk, avec les montagnes en fond. Les Grands Rassemblements générateurs d'images splendides ? Oui, mais pas que ! « Splendeur des lieux » « Avec la complicité des artistes, de la nature et des habitants chartroussins, nous avons imaginé des parcours artistiques qui invitent à une marche contemplative et tranquille pour regarder la splendeur des li

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Marchand d’âme

Concept store | En portugais ou en espagnol, Alma signifie âme. C’est le nom qu’ont retenu Estelle Glénat et Estelle de Carvalho pour leur boutique fraîchement ouverte rue (...)

Jérémy Tronc | Mardi 6 juillet 2021

Marchand d’âme

En portugais ou en espagnol, Alma signifie âme. C’est le nom qu’ont retenu Estelle Glénat et Estelle de Carvalho pour leur boutique fraîchement ouverte rue Abbé de la Salle, à 10 mètres… de la rue de l’Alma. « C’est un hasard si Alma slow concept est si proche de cette rue. Le nom du magasin fait bien référence à notre âme et aux valeurs que nous défendons. Le client qui entre chez nous sait qu’il achètera éthique et éco-responsable », assure Estelle Glénat. La boutique est divisée en trois espaces correspondant chacun à une activité. Dans une pièce à gauche de l’entrée se situe le coin friperie, avec des vêtements chinés pièce par pièce par les deux Estelle, et des vêtements ou accessoires de mode surcyclés, c’est-à-dire récupérés et retravaillés par des créateurs. Le plus grand espace est réservé à la vente de produits artisanaux et éco-responsables pour lesquelles les deux filles se sont assurées des bonnes conditions de production : poteries, bijoux, objets de décoration, savons, bougies, cosmétiques, etc. Enfin, une pièce est dédiée aux ateliers programmés en partenariat avec des artisans locaux : fabrication de savon, couture pour enfants, linogravure, c

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« Déconstruire l’imaginaire colonial »

CONNAITRE | Organisé à l’initiative de quatre structures de profil divers (Contre-Courant, Mix’arts, PEPS et Survie), le Mois Décolonial proposera, du 10 au 30 juin, un vaste ensemble de tables rondes, projections, formations, spectacles et concerts autour de la question décoloniale. Explications.

Damien Grimbert | Mercredi 9 juin 2021

« Déconstruire l’imaginaire colonial »

« Pourquoi l’héritage du passé constitue-t-il le socle de discriminations, de violences et d’un racisme encore trop prégnants dans notre société et dans nos pratiques ? » C’est dans l’objectif d’amorcer des ébauches de réponses à cette question complexe que s’est créé le Mois Décolonial, événement transversal et pluridisciplinaire « à la croisée des sphères universitaires, culturelles et militantes », comme l’explique Fabien Givernaud, l’un des organisateurs de l’événement. « L’idée, c’est de proposer des outils, un socle de réflexion, pour aider à comprendre, théoriser et déconstruire nos schémas de pensées mais aussi nos pratiques qui relèvent, consciemment ou inconsciemment, d’un héritage colonial. On ne remet pas en cause des individus : on n’est pas là pour se flageller, mais plutôt pour chercher à comprendre les mécanismes qui perpétuent le racisme et les discriminations, comment mieux respecter les identités individuelles et collectives des gens, leur culture… » Conçu pour s’adresser au plus grand nombre, quel que soit leur degré de connaissance préalable du sujet, le programme, extrêmement dense (plus de 26 évènements à prix libre en l’espace

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Surtout, ne perdez pas le nord !

ESCAPADES | Du 22 au 27 juin, Autrans-Méaudre accueille la 40e édition du festival O’bivwak, qui décline plusieurs animations autour de la course d’orientation. Pas (...)

Jérémy Tronc | Lundi 21 juin 2021

Surtout, ne perdez pas le nord !

Du 22 au 27 juin, Autrans-Méaudre accueille la 40e édition du festival O’bivwak, qui décline plusieurs animations autour de la course d’orientation. Pas pour vous ? Détrompez-vous. L’événement se veut grand public et accessible à tous selon Laure Carra, chargée de développement pour la ligue Auvergne-Rhône-Alpes de course d’orientation : « Bien entendu, les courses nécessitent d’être familiarisé avec les cartes spécifiques à la discipline. Mais si vous êtes débutant et que vous avez envie de découvrir la course d’orientation sans la pression du chrono, nous proposons deux demi-journées d’initiation gratuites avec des bénévoles, qui encadreront les groupes et fourniront les explications nécessaires ». Ces sessions de découverte sont ouvertes à tous, adultes et enfants, sans limite d’âge. Si vous tenez vraiment à vous inscrire à une des courses chronométrées (6 propositions, de 25 à 50 km) ou même au raid sur deux jours alors que vous êtes une quiche en orientation, vous pouvez vous former par deux biais. Le premier, sur le site de la manifestation qui, dans son onglet Infos, vous explique tout sur la course d’orientation, notamment les spécificités de ses cart

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Cafés, thés et bouquins

Commerce | Ils ont fait ensemble des études de philo jusqu’à la licence. Pas vraiment motivés à l’idée de poursuivre dans cette direction, Samuel et Alex, 21 et 23 ans, (...)

Martin de Kerimel | Mercredi 9 juin 2021

Cafés, thés et bouquins

Ils ont fait ensemble des études de philo jusqu’à la licence. Pas vraiment motivés à l’idée de poursuivre dans cette direction, Samuel et Alex, 21 et 23 ans, ont suivi les conseils d’une amie et sont tombés d’accord pour ouvrir Caf’Ka, un café-librairie, rue Vauban, à Grenoble. Leur local était auparavant celui d’un marchand de cheminées : les deux potes avaient installé une mini-terrasse à la mi-mai et menaient encore quelques travaux intérieurs quand nous les avons rencontrés. Leur vraie fête inaugurale est prévue le 9 juin. L’offre à ce jour ? Quatre cafés, cinq thés, une tisane, quelques soft drinks et, pour grignoter, une gamme de plaisirs sucrés. Leur idée est de proposer du salé également, sans pour autant que Caf’Ka se transforme en snack. Côté bouquins, les garçons récupèrent et vendent des livres d’occasion, comptant aussi permettre à leurs clients de les lire sur place ou de les emprunter. Ils ne prétendent pas connaître parfaitement chacun des ouvrages disponibles. Ils en ont toutefois placé certains de côté pour mettre en avant leurs coups de cœur. Avec l’enthousiasme des entrepreneurs débutants (décidés à proposer plusieurs autres activités culturelles) e

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Théma : Entendons-nous bien…

ECRANS | À force de louer les qualités visuelles du cinéma, on en oublierait presque qu’il marche sur une autre jambe : son oreille, si l’on ose dire. Et que son, musique ou écoute sont décisifs…

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Théma : Entendons-nous bien…

Sans un bruit 2 devait sortir en mars dernier. Et puis, crac ! Pandémie, confinement, fermeture des salles, silence radio… Un écho assez troublant pour cette suite au thriller survivaliste de (et avec) John Krasinsky, dont le succès (légitime) et surtout l’hallucinante rentabilité (20 fois la mise) avaient sans peine convaincu les producteurs de prolonger l’aventure. Seize mois après la date initiale et après notre douloureuse promesse de maintenir le silence sur l’intrigue sort donc le 16 juin cette séquelle parée d’un prologue décrivant l’invasion par le ciel de créatures chassant tout ce qui bouge à l’oreille ; des prédateurs monstrueux dont les fréquences des appareils auditifs de la fille de l’héroïne sont, avec l’eau, les seuls talons d’Achille connus. Dans cet opus, où Evelyn et sa famille partent à la recherche d’autres survivants, les rues désertes, la paranoïa galopante ou les zones censément à l’abri (des huis clos le point de devenir de nouveaux clusters) prennent dans le contexte du Covid un relief d’un réalisme insoupçonné. Le silence obligé des protagonistes contamine la salle et le suspense demeure térébrant :

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Avant-premières Festival Télérama

ECRANS | En manque de nouveautés, malgré les tombereaux de films dans les salles ? Envie d’en voir d’autres avant tout le monde ? Le Méliès et Le Club, main dans la (...)

Vincent Raymond | Jeudi 10 juin 2021

Avant-premières
Festival Télérama

En manque de nouveautés, malgré les tombereaux de films dans les salles ? Envie d’en voir d’autres avant tout le monde ? Le Méliès et Le Club, main dans la main, ont entendu votre supplique et programment le traditionnel Festival Télérama, décalé cette année du 9 au 15 juin et transformé en festival d’avant-premières. Bonne nouvelle supplémentaire : les grilles horaires sont ainsi composées qu’il est possible de découvrir l’intégralité de la programmation, soit 10 films (dont beaucoup de “labellisés Cannes 2020“) qu’il faut se dépêcher de promouvoir avant que le nouveau millésime ne les chasse inexorablement de l’écran. Dans l’ordre chronologique (M= Le Méliès, C= Le Club), le très noir Médecin de nuit (mercredi 9 juin, 20h45, M, photo) ; La Terre des hommes (jeudi 10, 20h, C avec retransmission d’un débat avec le réalisateur) ; Teddy (vendredi 11, 20h45, M) ; Un triomphe (samedi 12, 16h, M) ; Milla (samedi 12, 20h30, C) ; 143 rue du désert (dimanche 13, 13h30, C), le Kelly Reichardt

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Les arts et le mur

ARTS | Pour les Grenoblois, l’arrivée des beaux jours s’accompagne du traditionnel Street Art Fest Grenoble-Alpes dont l’équipe organisatrice semble avoir préféré (...)

Benjamin Bardinet | Vendredi 11 juin 2021

Les arts et le mur

Pour les Grenoblois, l’arrivée des beaux jours s’accompagne du traditionnel Street Art Fest Grenoble-Alpes dont l’équipe organisatrice semble avoir préféré l’acronyme plus digeste de SAFGA. Comme chaque année donc, de nouvelles fresques sont réalisées (35 sont prévues pour 2021), ce qui, selon les organisateurs, pourrait amener à près de 400 le nombre d’interventions sur les murs de la métropole à l’horizon 2027. Mis à part les fresques réalisées par des nouvelles venues (Lula Goce, Boye) ou des habitués du festival (Juin ou Augustine Kofie), on vous invite à être attentif au volet moins institutionnel de la programmation qui, on l’espère, renouera avec la spontanéité et la dimension "poil à gratter" du street art. Du côté des expositions, on sera curieux d’aller découvrir à la Maison des associations du Pont de Claix un accrochage dévoilant les travaux préalables, ébauches et esquisses nécessaires à l’élaboration des fresques, ou encore à Sassenage, la collection constituée par BernArt qui, dans la tradition de l’art postal, a demandé à différents artistes de street art d’investir le support désormais désuet d’une enveloppe postale. Enfin, à Fontaine, au Vog, Seth exp

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Archives départementales : le passé recomposé

Histoire | Flambant neuf, le nouveau bâtiment des Archives départementales a été inauguré le 27 mai. On a hâte de le voir ouvrir au public – début juillet – pour voir comment les Iséroises et Isérois se l’approprient !

Martin de Kerimel | Vendredi 28 mai 2021

Archives départementales : le passé recomposé

Pousser les murs ? On peut toujours essayer. Trouver de la place ailleurs quand on est dans un espace saturé ? C’est un peu plus simple, a priori. L’équipe des Archives départementales de l’Isère, elle, était venue à manquer de place pour accueillir de nouveaux documents dans ses locaux grenoblois, rue Auguste Prudhomme, occupés depuis 1958. Autre souci pour sa mission : l’absence du moindre lieu dédié à la logistique et au traitement des documents (tri, classement et restauration). Deux raisons pour lesquelles fut décidé un déménagement dans un tout nouveau bâtiment, spécialement construit à Saint-Martin-d’Hères, au 12, rue Georges-Pérec, et que d’aucuns présentent comme un trait d’union entre la ville et le domaine universitaire. Les 39 km d’archives du fonds actuel y trouveront leur place. 31 km supplémentaires seront également disponibles pour héberger les futurs versements : bien assez pour voir venir ! Après l’inauguration officielle du 27 mai, l’édifice devrait ouvrir vers le 5 juillet. Date approximative, encore à confirmer… Un droit… révolutionnaire ! Seuls 30% du nouveau bâti sera en fait accessible au public, les réserves restant réserv

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Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

ACTUS | Après plus de six mois de fermeture, les salles de spectacle et les théâtres peuvent rouvrir leurs portes depuis le mercredi 19 mai. Mais si la reprise est largement saluée par les acteurs culturels, elle occasionne également de nouvelles problématiques pour les salles.

Sandy Plas | Lundi 17 mai 2021

Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

Elle était attendue depuis plusieurs mois. Espérée début janvier, puis mi-avril, c’est finalement le 19 mai que les salles de spectacle pourront rouvrir leurs portes au public et proposer à nouveau concerts, pièces de théâtre, danse et rendez-vous de toutes sortes, mis à l’arrêt depuis la fermeture des lieux culturels le 30 octobre dernier. Annoncé fin avril, le calendrier progressif du déconfinement prévoit la réouverture des salles en trois temps, avec une première phase, du 19 mai au 9 juin, permettant l’accueil de 800 spectateurs maximum et une jauge à 35% de la capacité de la salle, une seconde phase, du 9 juin au 1er juillet, avec une jauge à 65%, et une levée des restrictions d’accueil à partir du 1er juillet. Mais si le déconfinement des lieux de spectacle est forcément une bonne nouvelle pour les spectateurs, les artistes et les acteurs culturels laissés sur le carreau pendant plus de six mois, la réouverture dans un contexte de fin de saison pose un certain nombre de questions. Au Théâtre municipal de Grenoble (TMG), qui regroupe le Grand théâtre, le Théâtre 145 et le Théâtre de poche, l’annonce de la reprise a été re

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Kids return

Théma | Faites le calcul : six mois sans cinéma pour un enfant de 7 ans équivaut pour un adulte de 35 ans à deux ans et demi de privation de salles obscures ! (...)

Vincent Raymond | Jeudi 20 mai 2021

Kids return

Faites le calcul : six mois sans cinéma pour un enfant de 7 ans équivaut pour un adulte de 35 ans à deux ans et demi de privation de salles obscures ! Autant dire qu’il y a des raisons légitimes d’y emmener vos chérubins à la première heure. Certains films profitant de l’occasion pour continuer leur existence raccourcie, il n’est pas défendu de leur rendre un hommage (Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary du toujours impressionnant Rémi Chayé pour les 8 ans et plus, les programmes Les Mal-aimés de Hélène Ducrocq et La Baleine et l'Escargote de Max Lang et Daniel Snaddon pour les 3-6 ans). Toutefois, quelques nouveautés alternatives – c’est-à-dire hors du périmètre tonitruant des blockbusters – méritent d’être signalées. À commencer par l’improbable (sur le papier) StarDog et TurboCat (photo) de Ben Smith, dans lequel Buddy, un chien expédié dans l’espace en 1969, atterrit de nos jours dans une ville où les animaux domestiques sont traqués. Mais avec l’aide de Félix, un chat hâbleur équipé comme Batman, il rétablira l’harmonie entre humains et bestioles. Plutôt

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Quart d’heure de gloire

Post-punk | À Grenoble, David Litavicki et Pierre Gheno sont amis depuis très longtemps. Ils s’aiment comme des fous, se comprennent jusqu’à la moelle, se (...)

Hugo Verit | Jeudi 20 mai 2021

Quart d’heure de gloire

À Grenoble, David Litavicki et Pierre Gheno sont amis depuis très longtemps. Ils s’aiment comme des fous, se comprennent jusqu’à la moelle, se complètent dans les plus infimes détails. Et quand ils s’adonnent ensemble à leur passion la plus essentielle (la musique), en communion parfaite, ça s’appelle Churros Bâtiment et c’est fatalement sensationnel. Leur dernier EP Sale quart d’heure, sorti le 7 mai sur le label New Sinister, est une nouvelle goutte d’eau dans leur vase débordant d’amour et de fougue créatrice. Toujours minimaliste et tranchant, leur post-punk glacial se teinte cette fois de sonorités électroniques acides, de basses en mitrailles (Wesh et Cannibale) et de batteries techno (Raclette au). Si bien que cet EP pourrait tout à fait passer en club, ce qui serait d’ailleurs la moindre des choses dans un monde normal. Bien sûr, les textes sont à la hauteur de leur réputation de "Marquis du sad" : roulage de clopes sous la pluie, envie de meurtre, raclette sanglante et anthropophagie… À ce

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Les Fringant.e.s, un nouveau bistro en mode coopératif

GUIDE URBAIN | C’est dans la tranquille rue Hébert, en face du Musée de la Résistance et à la place du restaurant Le Moderne, que Mallory Tetu et son équipe ont ouvert (...)

Hugo Verit | Mercredi 19 mai 2021

Les Fringant.e.s, un nouveau bistro en mode coopératif

C’est dans la tranquille rue Hébert, en face du Musée de la Résistance et à la place du restaurant Le Moderne, que Mallory Tetu et son équipe ont ouvert mercredi 19 mai Les Fringant.e.s, bar-restaurant doté d'une terrasse qui a l’originalité d’être organisé en société coopérative d’intérêt collectif. « J’avais envie d’ouvrir un restaurant mais pas selon les formats classiques de l’entreprise, raconte Mallory, le directeur. Le modèle coopératif est plus démocratique, tous les salariés réfléchissent ensemble aux produits que l’on vend. Les investisseurs et certains clients membres de la coopérative participent également aux décisions. » Les produits, les menus, les boissons, tout est pensé collectivement par les 50 coopérateurs qui, sans surprise, privilégient les offres bio, locales ou équitables. Le bistro propose uniquement des vins de la région et a la chance de servir une bière blanche jusqu’alors inédite à Grenoble : celle de la brasserie La Machine à Saint-Laurent-en-Royans. La cuisine, elle, se distingue par une certaine modernité. « C’est ce que l’on appelle la cuisine nouvelle qui mélange des produits d’or

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Pour leur déconfinement, les cinéastes réclament vengeance !

ECRANS | À l’occasion du retour de la revanche des salles obscures, la vengeance est servie comme plat de résistance au menu de bien des séances. Vous en reprendrez bien un peu en quatre films à voir ces prochaines semaines ?

Vincent Raymond | Jeudi 20 mai 2021

Pour leur déconfinement, les cinéastes réclament vengeance !

Savoureux plat pour qui la cuisine, amer pour qui la déguste froide, la vengeance est en général plaisante à observer à l’écran. Si l’on a pu se délecter durant le confinement de l’excellent (et dépaysant) The Nightingale de Jennifer Kent, la réouverture nous offre une sélection éclectique à dévorer ces trois semaines. En tête de gondole, une étrange fausse comédie noire (mais au vrai sous-texte féministe) signée de la Britannique Emerald Fennell : Promising Young Woman (26 mai, photo). Carey Mulligan y campe, sous différents avatars, une jeune femme feignant d’être ivre dans des bars ou des boîtes afin de piéger les hommes tentant d’abuser de son apparent état de faiblesse, histoire de les vacciner à tout jamais contre leurs comportements de sanglier. Consécutive à un traumatisme d’adolescence, sa croisade connaîtra une spectaculaire fin. Construit comme une rom-com alternative, où Cendrillon serait vêtue de conscience sociale et perdrait la vie au l

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"The Father" : ça tourne pas daron

ECRANS | L'écrivain français Florian Zeller adapte l’adaptation britannique de sa pièce à succès en embarquant une distribution et une équipe technique expérimentées. Le résultat s’avère conforme aux craintes : un aimant à Oscar lisse et propret ayant plus à voir avec le théâtre que le cinéma.

Vincent Raymond | Jeudi 20 mai 2021

Octogénaire vivant dans un vaste appartement londonien, Anthony (Anthony Hopkins) sombre dans la démence. Pour lui, le temps se diffracte : il confond présent et passé, sa fille Anne (Olivia Colman) avec l’assistante de vie, oublie jusqu’à la mort de sa cadette… Sa perception relative de cette altération affecte son humeur, le rendant agressif et paranoïaque. D’ultimes protections avant le lâcher-prise final… Tant de dithyrambes ont déjà été dites et écrites sur Le Père (pièce et film) que porter un avis contraire semble tenir d’une posture stérilement provocatrice façon Serge Kaganski époque Amélie Poulain ; tentons toutefois d’avancer quelques arguments… S’il n’est pas rare qu’un triomphe de la scène trouve une prolongation "naturelle" sur les écrans, métamorphoser un matériau théâtral en projet cinématographique n’en demeure pas une affaire aisée. S’affranchir de la contrainte du huis clos que la scène impose généralement constitue la principale préoccupation des réalisateurs : certains s’en accommodent en créant d’artificielles "aérations" visuelles, d’autres laissent le flux et la tension verbale sculpter les séq

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"Slalom" : sortie de piste

Drame | ★★★☆☆ Un film de Charlène Favier (Fr-Bel, 1h30) avec Noée Abita, Jérémie Renier, Marie Denarnaud… Sortie le 19 mai

Vincent Raymond | Jeudi 13 mai 2021

Lyz, 15 ans, intègre une classe de ski-études. Délaissée par ses parents, l’adolescente douée va rapidement passer sous la coupe d’un entraîneur abusif… À l’instar de la pratique du ski, le traitement de certains sujets sensibles réclame du tact et de l’équilibre ; le moindre faux-pas entraînant une chute fatale. Celui dont la réalisatrice Charlène Favier s’empare à beau croiser une double actualité (la mise au jour de scandales dans l’univers des sports de glace en particulier et l’avénement du mouvement #MeToo en général), il n’était pas exempt d’un risque de manichéisme, en (sur)chargeant facilement le coupable, ou en édulcorant ce qu’elle représente. Au contraire a-t-elle choisi de montrer la construction d’une mécanique d’emprise dans son détail, dans la complexité de son irrésistible déploiement, ne cachant pas l’existence d’une responsabilité collective – un "terreau favorable" pour un prédateur. En découle l’apparente acceptation de la victime, son mutisme malgré les appels à l’aide. Admirablement servi par Noée Abita et Jérémie Renier, duo qui ne s’épargne rien dans l’épreuve, ce film va au-delà du "

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"Falling" : le vieil homme et l'amer

Drame | ★★★★☆ Un film de et avec Viggo Mortensen (É-U, 1h52) avec également Lance Henriksen, Terry Chen… Sortie le 19 mai

Vincent Raymond | Jeudi 13 mai 2021

Octogénaire, Willis évolue dans un temps embrumé : les souvenirs de sa jeunesse se mêlent au présent. Quand son fils John lui suggère de venir auprès de lui en Californie, le vieil homme aussi rude que réactionnaire l’envoie paître sans égards, la démence aggravant sa désinhibition… Pourquoi n’est-on pas étonné de voir avec Falling, premier film signé Viggo Mortensen, un récit intime entièrement tourné vers les autres ? Là où beaucoup fichent caméra ou stylo dans leur nombril pour "devenir auteur", le comédien raconte à travers ses protagonistes la souffrance indicible de la perte de repères, du deuil, de l’homophobie, de la xénophobie, de la solitude, de la peur de mourir, de la "non conformité au modèle social"… Ça hurle, ça pleure, ça cause mal ; les personnages sont parfois incorrects, pas forcément aimables, mais au moins, ça vit et ça vibre dans les incertitudes du crépuscule, très loin des lumières isotropes des studios. Permise par l’investissement d’un Lance Henriksen hypnotique, cette plongée dans une mémoire défaillante se double d’une écriture visuelle impressionniste ciselée par le mont

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Esthétiques transalpines

ARTS | Avec Italia Moderna, le musée de Grenoble propose, en écho à l'oeuvre de Morandi, une exposition qui dresse un bel aperçu d’un siècle de création transalpine à travers la sélection d’une soixantaine de pièces issues de ses collections.

Benjamin Bardinet | Jeudi 20 mai 2021

Esthétiques transalpines

Pensé de façon chronologique, le parcours de l'exposition Italia Moderna permet de réaliser à quel point, tout au long du XXe siècle, les artistes italiens ont marqué l’histoire de l’art occidental grâce à des formes artistiques singulières, propres à ce territoire et à son histoire. Cet accrochage est en effet l'occasion de contempler plusieurs chefs d’œuvre de la modernité italienne : un magnifique portrait de Modigliani, les inquiétants Époux de Chirico mais également quelques œuvres futuristes dont les représentants vouaient une fascination pour les aspects les plus radicaux de la modernité industrielle – comme une manière de s’émanciper une bonne fois pour toutes de l’héritage étouffant de la Renaissance. Daté de 1930, Le Scaphandrier des nuages de Prampolini témoigne du goût particulier des futuristes pour l’aéronautique et préfigure la conquête de l’espace à venir. Dans les années 1950, c’est à une autre forme de conquête de l’espace que nous invite Fontana dont le geste iconoclaste et minimal qui consiste à percer la surface de la toile annonce le désir des artistes de s’exprimer en dehors de celle-ci. Puis, les a

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Grenoble : la Ville se positionne

Été culturel | On savait déjà que, pour son édition 2021, le Festival Magic Bus allait quitter l’Esplanade et rejoindre l’Anneau de Vitesse. La Ville de Grenoble a confirmé, vendredi 30 avril en fin de matinée, qu’elle prévoit d’autres événements culturels sur le site. Premiers détails.

Martin de Kerimel | Vendredi 30 avril 2021

Grenoble : la Ville se positionne

Bis… ou ter repetita : l’été dernier, après plusieurs mois de confinement, la Ville de Grenoble témoignait d’une intention d’accompagner le rebond de la culture, en programmant une "saison" d’événements en plein air, déclinée en quatre programmations de quinze jours et 188 propositions différentes (pour 214 levers de rideau). Plus tard, au début de cette année, elle a récidivé avec les Éclats de culture, une mini-série d’événements extérieurs organisée le 14 janvier, dans chacun des secteurs de la ville. Et voilà que l’on nous annonce pour le début de l'été « une programmation culturelle et festive », adaptée aussi aux normes sanitaires. Avec plusieurs partenaires locaux du monde culturel, la Ville travaille à la mise en place d’une scène à l’Anneau de Vitesse du parc Paul Mistral. Jusqu’à 1000 personnes devraient pouvoir trouver place autour de cette structure éphémère. « Y seront accueillis, du 17 juin au 9 juillet : le Festival Magic Bus, une programmation de la Bobine, une soirée exceptionnelle proposée par la MC2 et le Festival du Film Court en Plein Air, indique un communiqué. Cette scène sera aussi le théâtre de l’édition exception

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« Le punk, c'est un terrain de jeu »

Livre | Auteurs de l’ouvrage "Grenoble Calling, Une histoire orale du punk dans une ville de province", chroniqué dans ces pages la semaine dernière, Nicolas Bonanni et Margaux Capelier ont accepté de répondre, par e-mail, à nos questions.

Damien Grimbert | Jeudi 29 avril 2021

« Le punk, c'est un terrain de jeu »

Quand et comment est né le projet de ce livre ? Clairement, on s'est lancé-e-s dans ce projet parce qu'on participe à cette scène. On n'a pas du tout une posture de journalistes ou de sociologues, et, il faut le dire, on n'a aucune méthode scientifique. Nicolas vit depuis une vingtaine d'années à Grenoble, Margaux y a passé cinq ans. On a des regards et des parcours différents mais c'est un univers qui nous tient à cœur depuis longtemps. C'est bien en tant que participant-e-s qu'on s'est embarqué-e-s dans ce projet. On était intrigué-e-s par ce qui s'était passé dans cette ville "avant". Des lieux, des collectifs dont on avait seulement entendu parler... Le squat des Hell's Angels derrière la gare, par exemple, qu'est-ce que c'est que ça ? Donc oui, clairement il y a tout un pan de ce qui est raconté dans le bouquin qu'on ignorait complètement avant de s'y plonger. On en a profité pour tâcher de reconstituer le chemin qui avait amené à aujourd'hui, et essayer de rendre hommage à des personnes et des collectifs qui ont beaucoup œuvré et qui ne sont plus là. Grenoble Calling fonctionne sur le principe de "l’histoi

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Jazz à Vienne : les derniers noms

Festival | Jazz à Vienne complète sa programmation avec quatre nouvelles soirées de choix. Revue de détail.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Jazz à Vienne : les derniers noms

Bien décidé à se tenir à peu près normalement, à partir de fin juin, Jazz à Vienne avait annoncé la majeure partie de sa programmation début avril. La voici désormais complète avec l'ajout de quelques noms et non des moindres, qui avancent le début des festivités au 23 juin. Le festival allobroge vient en effet d'annoncer la tenue de quatre nouvelles soirées au théâtre antique. Le 24 juin d'abord, une soirée New Generation en compagnie du Portico Quartet et du Tigran Hamasyan trio (auxquels s'ajouteront les talents Adami Jazz Gauthier Toux et Nils Petter Molvaer). Le 26 juin ensuite pour une soirée Brésil avec deux amis de longue date, Seu Jorge & Rogê, enfin sur scène ensemble, et une carte blanche à Lucas Santana. Le samedi 3

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"Godzilla vs Kong" : monstres et compagnie

ECRANS | Malgré ses allures de nom de code pour le second tour de la prochaine présidentielle, Godzilla vs Kong est du genre de Fast and Furious : tout entier contenu dans son titre programmatique. Et monstrueusement convenu. En VOD avant (peut-être) une sortie sur grand écran à la réouverture des salles…

Vincent Raymond | Jeudi 29 avril 2021

En génétique, lorsque l’on croise des individus (animaux, végétaux…) porteurs de caractéristiques différentes et que leurs descendants bénéficient d’une recombinaison favorable les rendant plus performants que leurs parents, on parle de vigueur hybride. En cinéma, lorsqu’on a essoré une série et son protagoniste, y compris avec des reboots, on crée un cross over avec une autre série tout aussi usée dans le but de relancer doublement la machine en s’adressant potentiellement à deux audiences. Sur le papier et d’un point de vue strictement commercial, l’idée n’a rien de stupide et fonctionne depuis des décennies, des Universal Monsters à Alien vs Predator… jusqu’aux chapitres non encore publiés du MCU contemporain. Pour Godzilla vs Kong, lui-même aboutissement d’un double reboot, ce sont en sus des titans issus de deux traditions parallèles qui se rencontrent : la créature maison de la Warner (Kong) et l’emblématique kaijū nippon de la Toho (Godzilla). Une sorte de conférence internationale

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10 km : c'est court mais c'est bon

ESCAPADES | Contraints dans nos sorties par ce rayon de 10 km, il nous faut faire preuve d'imagination pour varier les plaisirs de balade. Explorations urbaines à vélo, randonnées pédestres originales, balades à VTT, flânerie artistique dans les parcs... Avec un peu de créativité, il y a finalement du potentiel pour y trouver son compte sans se lasser.

Jérémy Tronc | Vendredi 30 avril 2021

10 km : c'est court mais c'est bon

La cascade de Saint-Martin-d’Hères Cette chute d’eau belle et spectaculaire s’écoule à quelques pas de Saint-Martin-d’Hères village. Le chemin qui la longe est une voie d’accès originale vers la colline du Murier, qui permet de se passer de voiture. Rejoignez la place de la Liberté à Saint-Martin, en bus (ligne 12 ou C7) ou à vélo. Des arceaux proches de l’église permettent d’accrocher son biclou de manière sécurisée. De la place, traversez la rue en direction de la colline et pénétrez dans la rue en légère montée. Dans le premier virage à droite, le chemin démarre au lieu-dit Chaberte (indiqué sur un poteau en bois) à gauche d’un haut mur en pierre. La cascade est vite visible. Franchissez le pont et continuez de grimper jusqu’à la route goudronnée que vous suivez jusqu’aux Collodes. De là, les options sont nombreuses : poursuivre sur la route jusqu’au Murier et son parc ouvert au public le week-end (table de pique-nique, jeux pour enfants), ou bifurquer vers le sud à la première intersection, direction Le Bigot puis Romage, ou Poisat pour une balade plus courte. Infos pratiques : 6, 3 km / D+ 300 m

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Grenoble est exotique

ESCAPADES | Marmottes, chamois, tétras lyres, canards colverts… Voir toujours les mêmes bestioles dans le coin peut être assez lassant. Heureusement, Grenoble innove aussi avec la nature et l’arrivée de nouvelles plantes et espèces exotiques, changement climatique oblige. Et pour compléter tout ça, direction la fontaine ardente du Gua. C’est le deuxième volet de nos bizarreries grenobloises, côté nature (qu’on aime beaucoup !)

Jérémy Tronc | Vendredi 23 avril 2021

Grenoble est exotique

Le gecko migre à Grenoble Plutôt familière des pays du pourtour méditerranéen et généralement près des côtes, la tarente de Maurétanie a été signalée à Grenoble pour la première fois en 2018. Cette espèce de gecko est arrivée dans la capitale des Alpes sous l’effet du changement climatique. Très bien adaptée à l'homme, on peut fréquemment la voir sur les murs, en particulier près des éclairages où se trouvent les insectes la nuit. Les tarentes affectionnent les zones pierreuses et les broussailles clairsemées. L’animal semble ainsi particulièrement se plaire dans les secteurs de la Porte de France et de l’Esplanade. L’association Nemeton (un biolab grenoblois) y organise des promenades d’observation lorsque des chaleurs plus importantes sont durablement installées. On appréciera alors les prouesses de la tarente : ce petit gecko nocturne est en effet un animal vif, capable de courir sur toutes les surfaces, même dénuées de la moindre prise, et de sauter très rapidement, par exemple du sol à une branche. Infos pratiques D'autres renseignements sont à découvrir sur le site Internet de Nemeton (

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“The Nightingale“ : il était une fois… en Tasmanie

ECRANS | Sur fond de rape and revenge, Jennifer Kent signe la fresque épique et historique qui manquait encore sur la “conquête“ des territoires australiens. Souvent insoutenable, ce southstern fidèle à l’esprit de son époque résonne formidablement avec les questions contemporaines.

Vincent Raymond | Jeudi 22 avril 2021

“The Nightingale“ : il était une fois… en Tasmanie

Vous souvenez-vous de films tels que Roma, Les Frères Sisters, La Favorite ou encore First Man ? Outre le fait qu’ils semblent appartenir à un autre temps – celui où l’on pouvait aller les découvrir dans les salles de cinéma, avant leur fermeture voilà presque… 6 mois –, ils ont en commun d’avoir concouru pour le Lion d’Or lors de la Mostra 2018. Trois ans, et presque une éternité pour des films vus, revus parfois, récompensés souvent. Trois ans durant lesquels certaines œuvres saluées lors de cette compétition sont, hélas, restées inédites. Telle The Nightingale. Faute de perspective claire, son distributeur français

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Grenoble Calling, odyssée punk

CONNAITRE | Retracer 40 ans d’histoire du punk à Grenoble, des années 80 à nos jours, c’est l’audacieux défi dans lequel se sont lancés Nicolas Bonanni et Margaux Capelier, dont l’ouvrage "Grenoble Calling" vient de paraître aux éditions Le Monde à l’envers.

Damien Grimbert | Mercredi 21 avril 2021

Grenoble Calling, odyssée punk

C’est une histoire souterraine, dont beaucoup ignorent jusqu’à l'existence : depuis maintenant plusieurs dizaines d’années, le punk dispose à Grenoble d’une base extrêmement active et inventive, d’une effervescence impressionnante – concerts, festivals, fanzines, disquaires, distributeurs, squats et autres lieux éphémères… Farouchement underground, privilégiant l’autogestion, le "Do It Yourself" et la culture des réseaux et du bouche-à-oreille, rétif à toute forme d’institutionnalisation, de marchandisation et de médiatisation, à Grenoble comme ailleurs, le mouvement punk se vit bien plus qu’il ne se donne à voir. Une sorte d’univers parallèle mu par ses propres codes et convictions, inclusif dans sa démarche mais par nature invisible aux yeux du plus grand nombre. Autant dire qu’en retracer l’histoire sur près de quarante années constituait une gageure qui, aussi passionnante soit-elle, semblait de prime abord quasi impossible à relever. C’est pourtant ce qu’ont réussi à faire les auteurs de Grenoble Calling en s’appuyant sur une méthode éprouvée : après s’

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Le temps de l’essentiel, en numérique !

Événement | Grenoble présente, du 1er au 4 avril, la troisième édition de la Biennale des villes en transition. Le programme riche de 135 événements est construit selon quatre axes : les transitions démocratiques, sociales, économiques et environnementales. Une édition maintenue, malgré les incertitudes et les difficultés liées à la Covid, mais fortement "numérisée".

Jérémy Tronc | Jeudi 1 avril 2021

Le temps de l’essentiel, en numérique !

Avec cette troisième édition de la biennale des villes en transition, Grenoble veut se focaliser sur "l’essentiel", le fil rouge de la programmation. « Parce qu’on vit dans une période pleine d’incertitudes, que le chemin que l’on va parcourir n’est pas encore identifié, on s’est demandé ce que nous aimerions mettre d’essentiel dans un sac à dos pour partir sur ce chemin et construire la société de demain. Cela implique de se questionner sur ce que l’on peut laisser de côté, sur ce que l’on peut transformer et si l’on va dans la bonne direction », explique Maud Wadelec, conseillère municipale de Grenoble et déléguée aux réseaux des villes en transition. Ces quatre jours de rencontres, d’ateliers, de tables-rondes, de conférences et d’expositions mobilisent de nombreux partenaires et intervenants, issus en partie de la société civile. « C’est dans notre logique politique et nos convictions de se dire que chaque habitant est capable d’initier des transitions, d'être moteur et d'apporter sa pierre à l’édifice selon son expertise et ses centres d’intérêt. » Pour cette édition 2021, l’événement sollicite des personnalités reconnues et des parrains prestigi

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À la rencontre de l’autre

Danse | Danseuses et chorégraphes, Myriam Lefkowitz et Catalina Insignares viennent de passer trois semaines en résidence à Grenoble à l’invitation du Pacifique, centre de développement chorégraphique national. Elles ont travaillé avec des migrants autour de la Facultad, un ensemble de propositions artistiques qu’elles ont élaboré. Leur démarche : placer l’attention à l’autre au cœur de la création.

Martin de Kerimel | Lundi 29 mars 2021

À la rencontre de l’autre

Pour elles, la danse ne se limite pas à une pratique artistique sur scène. Myriam Lefkowitz s’interroge sur les questions d’attention et de perception et travaille notamment sur des dispositifs immersifs, pour favoriser la relation directe entre les spectateurs et les interprètes. Catalina Insignares, elle aussi, aime questionner la relation des artistes à la société. La permanence qu’elles viennent d’organiser dans un appartement du quartier de l’Abbaye, à Grenoble, les a placées en contact direct avec plusieurs dizaines de personnes exilées, ainsi qu’avec d’autres, issues du monde associatif, qui les accompagnent, les écoutent et les soutiennent. L’idée : expérimenter des pratiques qui, par nature, nécessitent la mise en place d’une relation à l’autre. Marches urbaines les yeux fermés, danse de mains, dialogues basés sur l’imaginaire et les ressentis… un ensemble de démarches mis au service de la rencontre, sans intention d’en tirer un spectacle. « Déségrégation » Cette résidence à Grenoble était également, pour les deux jeunes femmes, une expérience personnelle.

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Festival du film italien de Voiron : Comencini, pour commencer

ECRANS | Temporairement privé de salle, le Festival du film italien de Voiron se réinvente en ligne en consacrant une mini-rétrospective à un grand maître transalpin, Luigi Comencini.

Vincent Raymond | Vendredi 19 mars 2021

Festival du film italien de Voiron : Comencini, pour commencer

Comme nous vous l’annoncions le mois dernier, l’association Amitié Voiron Bassano planchait une parade numérique pour permettre à ses fidèles de célébrer, fût-ce à distance, un printemps italien cinéphile. Les conditions n’étant pas réunies pour que le traditionnel festival se déroule sur les écrans du cinéma PASSr’L, c’est donc de chez soi que chacune et chacun visionneront la programmation de ce rendez-vous concocté en partenariat avec le réseau des bibliothèques du Pays Voironnais : six films ont en effet été sélectionnés pour être consultables en ligne jusqu’au 15 avril — en attendant (espérant) une édition plus “normale“ et partagée en septembre. Six œuvres prélevés dans l’abondante filmographie du prolifique Luigi Comencini (1916-2007), et qui forment donc ici une manière d’hommage. Six fois Luigi Annonçons-le d’emblée : il ne s’agit pas d’u

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Les fantômes du Congo

Photo | De 2014 à 2019, le photographe William Dupuy a arpenté les confins de la République démocratique du Congo à la rencontre des enfants soldats. Une plongée dans l’enfer des conflits inter-ethniques dont le regard hagard des protagonistes témoigne de la détresse, souvent inconsciente, qui les hante. Une exposition à découvrir au Studio Spiral.

Benjamin Bardinet | Vendredi 19 mars 2021

Les fantômes du Congo

Sous un ciel encombré de nuages teintés d’un gris électrique, une luxuriante végétation vert sombre recouvre le doux relief de collines dont les lignes sinueuses se perdent dans le lointain. L’ambiance singulière qui se dégage du paysage que dévoile le cliché introductif de l’exposition de William Dupuy a autant pour but de témoigner des caractéristiques géographiques du Nord Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo, que de nous plonger dans l’étrange atmosphère de cette contrée en proie à de multiples conflits. Une dimension fantasmatique que William Dupuy amplifie en re-baptisant ce territoire Neverland en référence à Peter Pan, car, tout comme la fameuse île issue de l’imaginaire de J.M. Barrie, cette région abrite un grand nombre "d’enfants perdus". En effet, embrigadés dès leur plus jeune âge, les enfants-soldats du Nord Kivu s’engagent dans de multiples micro-conflits qui les dépassent et dont ils ne savent généralement pas grand-chose, si ce n’est que s’ils ne tuent pas l’ennemi qui leur est désigné, c’est eux qui seront tués. Totalement désœuvrés et déscolarisés (les rares instituteur.trices encore en place expliquent généralement

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Festivals estivaux : des incertitudes demeurent

MUSIQUES | Roselyne Bachelot a tranché : pour la ministre de la Culture, les festivals estivaux ne pourront accueillir que 5 000 personnes assises et distanciées, dans le respect des gestes barrières. Les organisateurs sauront-ils s’adapter ? Certains d’entre eux ont déjà renoncé. D'autres nous ont répondu et fait part de leurs difficultés.

La rédaction | Mercredi 3 mars 2021

Festivals estivaux : des incertitudes demeurent

Magic Bus en format réduit En novembre dernier, l’association Retour de Scène se voulait optimiste (on ne sait plus trop, mais il y avait peut-être de quoi, à l’époque !) et annonçait des dates pour son prochain festival Magic Bus. La 20ème édition devait se tenir du 6 au 8 mai, avec une programmation presque bouclée. Aujourd’hui, l’équipe du festival est largement revenue sur ces projets initiaux, mais elle ne s’en démène pas moins pour maintenir un événement adapté aux contraintes sanitaires annoncées. Damien Arnaud, coordinateur de l’association grenobloise, nous explique tout : « On est en cours de réflexion pour proposer un format assis en jauge réduite (pas plus de 500 personnes) courant juin. Ce ne sera pas à l’Esplanade, mais on cherche tout de même un lieu en plein air. La programmation sera axée sur la découverte de la scène locale avec, tout de même, un ou deux artistes d’envergure nationale en tête d’affiche. Certaines esthétiques, comme l’électro, ne seront malheureusement pas représentées. Ce sera une autre approche, plus tranquille. Ce que je peux d’ores et déjà annoncer, c’est que le Student Groove Orchestra, en partenariat avec le Crous

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Morandi en (future) prolongation

Exposition | Le Musée de Grenoble l’a confirmé : sa grande exposition consacrée au peintre italien, qui devait ouvrir en décembre dernier et reste actuellement portes closes, verra sa date de clôture reportée.

Martin de Kerimel | Mardi 2 mars 2021

Morandi en (future) prolongation

Cela fera bientôt trois mois que le Petit Bulletin a, comme d’autres médias, eu la chance de découvrir le nouvel accrochage du Musée de Grenoble. Cette mise à l’honneur de Giorgio Morandi, maître italien méconnu et spécialiste des natures mortes, nous avait emballés. On imagine volontiers le désarroi de l’équipe du Musée face à l’impossibilité de la présenter au grand public, crise sanitaire oblige, et alors même que l’ouverture officielle de l’événement était prévue le 12 décembre dernier. On est donc ravi d’apprendre que la date de clôture a pu être reportée : alors que tout devait s’achever le 14 mars, c’est finalement jusqu’au 4 juillet que le Musée pourra jouer les prolongations. Un rappel : c’est à travers le regard de l’un de ses collectionneurs que l’exposition entend proposer une introduction intimiste à l’univers de l’artiste bolonais. Aux cinquante pièces prêtées par la Fondation italienne Magnani-Rocca s’en ajoutent d’autres conservées en France. Reste en suspens la question du premier jour d’ouverture. C’est aussi parce que l’événement est double – et propose une section Italia Moderna, autour de la présentation d’une soixantaine d’œuvres de la co

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Boire et déboires des micro-brasseurs grenoblois

GUIDE URBAIN | Le marché des bières artisanales n’est plus ce qu’il fut depuis que le coronavirus dicte ses périodes d’ouverture aux bars et aux restaurants. Les micro-brasseurs locaux, touchés mais pas coulés, préfèrent voir le verre à moitié plein et fondent leurs espoirs sur une évolution positive de la situation sanitaire et le beau temps qui annonce de nouvelles soirées mousse. En attendant, la vente à emporter les aide à passer cette période compliquée. Après notre épisode 1 au Ptit Labo, on vous donne d’autres bons tuyaux.

Jérémy Tronc | Jeudi 25 février 2021

Boire et déboires des micro-brasseurs grenoblois

Chez Docteur D : le malade boosté par Vitamine C À la fois brasseur et bar, comme le Ptit Labo, Docteur D écoulait l’intégralité de sa production dans la vente de bière à la pression. La fermeture de son établissement l’a obligé à trouver un système D pour liquider ses brassins et faire face aux charges de son commerce. Damien Veau, le gérant, a investi dans une unité d’encanettage afin de pouvoir proposer de la vente à emporter. « Les canettes conservent mieux les propriétés organoleptiques de la bière et le bilan écologique est meilleur que le verre, même recyclé », assure Damien, qui s’est associé au studio graphique grenoblois Vitamine C pour créer les étiquettes correspondant aux différentes recettes. La vente à emporter lui permet de maintenir une toute petite partie de son activité. « J’ai brassé seulement deux fois depuis le deuxième confinement. Cela correspond à une chute de 90% de ma production habituelle ». Heureusement, les habitués du bar sont restés fidèles à l’enseigne. « Certains clients viennent clairement pour me soutenir. C’est un achat solidaire mais ils sont aussi contents de pouvoir faire déguster mes bières à des non-habi

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Trente sur trente

ARTS | À l’occasion de ses trente ans d’existence, l’équipe de l’espace Vallès, à Saint-Martin-d’Hères, nous invite à découvrir une exposition qui réunit trente artistes accueillis depuis la création de l'établissement, en 1990. Un accrochage rétrospective qui trouve le juste équilibre entre diversité et cohérence.

Benjamin Bardinet | Lundi 1 mars 2021

Trente sur trente

2020 était l’année des 30 ans de l’espace Vallès. Évidemment, tout ne s’est pas tout à fait passé comme prévu ! Du coup, en ce début 2021, l’espace inaugure l’exposition qui devait clôturer son programme anniversaire – à savoir un accrochage qui réunit trente artistes qui ont déjà été présentés au centre. Bien qu’essentiellement murales, les œuvres exposées témoignent de la grande variété des approches plastiques défendues par le centre pendant toutes ces années. Afin de compenser l’écueil qu’aurait pu constituer cette diversité, l’équipe a pris le parti de présenter des œuvres toutes de format carré (50 x 50 cm) et de procéder à un accrochage thématico-stylistique relativement ouvert, parfois assez instinctif, qui permet de donner à l’ensemble du parcours d’exposition une cohérence dans laquelle il est tout à fait plaisant de déambuler… Ensembles et séries On découvre ainsi dès l’entrée plusieurs séries d’œuvres qui tendent vers une forme d’abstraction minimale, voire radicale, d’où surgissent parfois des empreintes d’élément typographiques fantomatiques ; un ensemble qui témoigne d’une saisissante sensibilité pour les matériaux et les textures. À l’étage,

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Émergences "recrute" encore

SCENES | La Ville de Grenoble en appelle à la jeunesse : jusqu’au 26 février, les jeunes de l’agglo, âgés de 15 à 25 ans, peuvent s’inscrire pour participer à la septième édition d’Émergences, qui doit les conduire sur la scène de la MC2. Explications.

Martin de Kerimel | Mardi 23 février 2021

Émergences

Et de sept ! Après deux éditions 2020, la première 100% confinée en mai, la seconde achevée en octobre au Théâtre Prémol, Émergences fait son retour dans le calendrier événementiel grenoblois. Non sans un certain lyrisme, un communiqué de la Ville évoque « le début d’une aventure pour tout jeune qui souhaite prendre la parole sur les thématiques des villes en transition et le contexte sanitaire actuel. Émergences les invite à s’exprimer, à oser, à se révéler et à user de la liberté de parole. » Comment cela fonctionne-t-il ? D’abord en s’inscrivant en ligne, sur la page dédiée. Ensuite, en mars, des master class leur seront proposées en visioconférence, à raison d’environ deux heures par semaine. Ils pourront ainsi s’initier à différentes techniques d’expression orale et d’éloquence (discours, plaidoirie, débat, chant, slam, rap et poésie). Une fois cette étape numérique franchie, plusieurs autres rendez-vous sont prévus, avec notamment une première restitution des mas

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Des étudiants à l’écoute

Solidarité | Ils n’ont pas voulu rester les bras croisés face au mal-être de certains de leurs camarades : des étudiants de l’Université Grenoble-Alpes ont lancé Alpaline, une ligne téléphonique d’écoute. Avec l’ambition qu’elle demeure active au-delà même du terme de la crise sanitaire. Explications.

Martin de Kerimel | Vendredi 19 février 2021

Des étudiants à l’écoute

Flashback : à la fin du mois d’octobre dernier, plusieurs associations présentes sur le campus grenoblois se réunissent et discutent du mal-être étudiant. Leur constat : les conséquences de la pandémie de coronavirus viennent accroître ce phénomène, déjà vivace du fait de la précarité sociale, de l’isolement physique, de la situation familiale ou de la rupture numérique subie par certains de leurs camarades. « Après avoir réfléchi à divers supports possibles, nous avons l’idée d’une ligne d’écoute », indique Alexis Fayolle, président d’Interasso Grenoble Alpes et trésorier d’Alpaline, l’association qui gère ce nouvel outil d’entraide. Comment fonctionne-t-il ? Très simplement : les vendredis, samedis, dimanches et lundis, de 20h à 23h, tout étudiant(e) peut appeler le 04 65 84 44 24 pour être accueilli par un(e) autre, avec bienveillance : « Nous ne souhaitons stigmatiser, ni juger personne. Notre but est que celui ou celle qui appelle puisse parler sans tabou, avec quelqu’un qui peut comprendre ses galères et répondre à ses questions. Cet accompagnement est gratuit. Il

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ÃLUCIa : l’art de la lumière

GUIDE URBAIN | Plusieurs fois intrigué par ce qui se passait à l’intérieur, on a fini par pousser la porte de ce petit atelier du quartier Saint-Bruno, à Grenoble. Et on a alors fait la connaissance d'une amoureuse des vieux objets, qui fabrique des lampes pas comme les autres. On vous raconte.

Martin de Kerimel | Mardi 16 février 2021

ÃLUCIa : l’art de la lumière

Malgré sa vitrine, l’endroit est si petit que l’on pourrait passer devant plusieurs fois… sans le remarquer. Ce serait vraiment dommage : au 44 de la rue d’Alembert, l’atelier d’Alexia Guiserix propose bon nombre de petites merveilles et, à tout le moins, incite volontiers à la contemplation. Dans ces quelques mètres carrés bien équipés, la propriétaire des lieux passe beaucoup de son temps et fabrique des lampes originales, à partir de vieux objets et de luminaires anciens. « J’ai commencé chez moi il y a trois ans et, progressivement, cela a pris de plus en plus de place dans mon appartement et ma vie, raconte Alexia. J’ai eu jusqu’à 25 lampes chez moi : ce n’était plus vivable ! Encouragée par des amis prêts à m’en acheter, j’ai fini par me dire : pourquoi pas ? » Des créations souvent uniques Sans quitter son autre travail à côté, c’est donc à Saint-Bruno qu’Alexia a trouvé un local où s’installer pour donner libre cours à sa passion. Certains objets faciles à dénicher lui permettent parfois de créer de toutes petites séries, mais ses lampes sont le plus souvent uniques. La jeune femme accepte également de réparer celles qui ne fonctio

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Cinémas et festivals : en attendant la reprise (et le printemps)

ECRANS | D’habitude, lorsque débutent les vacances d’hiver, l’année cinéma est déjà bien entamée : les premiers festivals ont eu lieu et les suivants annoncent la couleur (ou du moins leur programmation). La fermeture des salles change la donne, mais ne signifie pas l’effacement de la saison : durant cette période d’hibernation forcée, le printemps des écrans se prépare. Panorama*…

Vincent Raymond | Lundi 8 février 2021

Cinémas et festivals : en attendant la reprise (et le printemps)

Jamais, en 125 ans d’histoire cinématographique, les salles n’auront été aussi longtemps fermées. Dimanche 7 février, cela a fait exactement 100 jours depuis le 30 octobre que les cinémas ont été contraints de baisser les rideaux, soit un jour de plus que lors du premier confinement, entre les 14 mars et 22 juin 2020. Si l’on mesure notre rage de spectateur, on imagine la souffrance des exploitants, programmateurs et organisateurs de festivals incapables de se projeter — sans mauvais jeu de mots — dans l’immédiat et forcés de composer au jour le jour. Pour certains, l’attente aura été fatale : le Festival de l’Alpe d’Huez a ainsi jeté l’éponge. Devant initialement se dérouler fin janvier, sa 24e édition avait un temps envisagé se décaler du 23 au 28 mars avant de renoncer, en accordant toutefois un "label" aux films qu’elle avait sélectionnés, comme Cannes l’an passé. Pas de quoi rire pour les rois de la comédie en altitude. En salle ou en ligne ? Suivant dans le calendrier, Voir Ensemble, le rendez-vous à destination du jeune public

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Annulation de la saison du Déclic à Claix : « On permet au public et aux artistes de se projeter dans le temps »

Crise du coronavirus | Fin janvier, l’équipe aux commandes de la salle de spectacle Le Déclic à Claix a officialisé la décision d’annuler sa fin de saison 2020/2021, « avec regrets » comme elle l’a écrit dans un communiqué envoyé au public. Pour en savoir plus, on a passé un coup de fil à Magali Paret-Solet, directrice des affaires culturelles de la Ville de Claix, en charge notamment de la programmation du Déclic.

Aurélien Martinez | Mardi 2 février 2021

Annulation de la saison du Déclic à Claix : « On permet au public et aux artistes de se projeter dans le temps »

Pourquoi avoir pris la décision d’annuler tous les spectacles programmés au Déclic jusqu’en juin ? Magali Paret-Solet : C’est une proposition que l’on a soumise à l’équipe municipale [le Déclic est piloté par des agents municipaux – NDLR] à la suite des annonces gouvernementales de début janvier qui confirmaient la fermeture des salles de spectacle sans calendrier de réouverture. Dans le même temps, la métropole grenobloise demandait expressément aux collectivités de rester sur un seuil d’alerte important. En croisant tous ces paramètres, on s’est dit que l’annulation de la saison était la meilleure solution. Pourquoi la meilleure ? Parce qu’on permet au public de se projeter dans le temps. D’ailleurs, les retours des spectateurs sont très positifs. Ils nous disent : « Enfin, quelqu’un qui prend une décision ! » Et on permet également aux artistes de voir sur le plus long terme. Précédemment, nous étions sur une position attentiste insoutenable pour eux comme pour nous, notamment au niveau budgétaire. Et puis, surtout, quand on va d’annulation en annulation sur des délais très cou

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