Les huit expositions à voir ou à revoir pendant les fêtes

Sélection | Si la vie culturelle de l’agglo est loin d’être intense pendant les vacances de Noël, pas mal de lieux d’exposition, eux, restent ouverts pour assurer au public un service d’intérêt général. Nous vous avons du coup sélectionné les huit propositions immanquables du moment, à parcourir en famille ou entre adultes consentants. Bonne(s) visite(s).

La rédaction | Mardi 20 décembre 2016

Kandinsky au Musée de Grenoble

C'est la grosse expo du moment, comme seul (ou presque) le Musée de Grenoble sait le faire. Se concentrant sur la période parisienne de l'artiste (de 1933 à 1944), le musée dévoile les dernières années de création de Vassily Kandinsky avec une scénographie sobre et chronologique. Les toiles du père de l'abstraction jouent avec les formes et les couleurs, ouvrant ainsi un nouveau monde sensible. La sélection présentée dévoile alors une nouvelle grammaire plastique marquée par le biomorphisme et une palette chromatique plus douce, pour une exposition céleste.

  • Tlj sauf mar de 10h à 18h30 (17h30 sam 24 et 31 décembre). Fermé les dim 25 déc et 1er janv

  • 8€ (5€ en tarif réduit, et entrée libre pour certains publics – demandeurs d'emploi ou moins de 26 ans notamment)

  • Ateliers et visites guidées complets pendant les vacances

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Pic & Bulle au Musée de l'Ancien Évêché

Buller au sommet avec Bécassine, partir à la conquête du Tibet avec Tintin, rendre justice sur des skis avec Lucky Luke : au-delà des différentes représentations esthétiques et symboliques de la montagne dans la BD, cette exposition propose une plongée délicieuse dans l'art du dessin, entre ascension et contemplation. Un parcours pour petits et grands, amateurs et passionnés, qui peut se poursuivre au Musée de la Résistance tout proche, avec l'expo bien nommée La BD prend le maquis.

  • Lun, mar, jeu, ven de 9h à 18h, mer de 13h à 18h, sam et dim de 11h à 18h. Fermé les dim 25 déc et 1er janv.

  • Entrée libre

  • Visites guidées mar 27 et ven 30 décembre à 14h30, 3.80 € (gratuit pour les - de 12 ans). Rens au 04 76 03 15 25

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Cinq expositions au Musée dauphinois

Là-haut, dans ce splendide lieu qu'est le Musée dauphinois, cinq expositions sont visibles, dont trois se terminent tout début janvier : Nunavik – en terre inuit, parcours riche et fourni en plein Grand Nord ; Tsiganes, la vie de bohème ?, sur les Tsiganes en Isère et Portrait large, paysages sensibles du Pays voironnais, sorte d'inventaire patrimonial de la région par le photographe Thierry Bazin. Quant à celle du Mois du Graphisme d'Échirolles, consacrée au Japon, elle dure jusqu'à fin janvier. Enfin, la toute nouvelle expo (elle a été lancée mi-décembre) du lieu, baptisée Si on chantait ! La La La La, s'intéresse à notre rapport culturel et historique à la chanson populaire. De quoi passer une riche journée à flanc de Bastille.

  • Tlj sauf mar de 10h à 18h. Fermé les dim 25 déc et 1er janv.

  • Entrée libre.

  • Contes tsiganes par l'association Paroles en Dauphiné mer 28 déc à 15h

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Monstru'eux à la Casemate et au Muséum

Des premiers monstres, imaginaires, à ceux du XXIe siècle créés par l'homme, la double exposition Monstru'eux vous trouvez ça normal ? propose un parcours interactif ponctué de spécimens étranges. Et tente de sonder la normalité sous différents aspects. Attention, ce sont les derniers jours pour en profiter (et s'effrayer à peu de frais), comme tout se termine le 8 janvier.

  • Muséum : du mar au ven de 9h15 à 12h et de 13h30 à 18h. Week-ends de 14h à 18h. Fermé les dim 25 déc et 1er janv.

  • La Casemate : du mar au ven de 9h à 12h et 13h30 à 17h30. Fermée sam 24, dim 25, sam 31 déc et dim 1er janv.

  • 7€ (5€ en tarif réduit, et entrée libre pour certains publics – demandeurs d'emploi ou moins de 26 ans notamment). Billet valable pour les deux lieux

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Mémoires éphémères au Musée archéologique de Grenoble

C'est dans l'écrin du splendide Musée archéologique de Grenoble que les œuvres de Valentina Rols se dévoilent depuis plusieurs mois. Travaillant sur la mémoire, individuelle et collective, l'artiste native de Russie déploie entre les pierres de la crypte des portraits sur tissu faisant écho au lieu (comme avec Les gens de Saint-Laurent) ou des figures en anamorphoses de célébrités qui ont marqué ses souvenirs. De crayonnés en projections lumineuses, le travail de Valentina Rols habille avec finesse les vieux murs silencieux de Saint-Laurent, faits de Mémoires éphémères.

  • Tlj sauf mar de 10h à 18h. Fermé les dim 25 déc et 1er janv

  • Entrée libre

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Faire des tas au Centre d'art Bastille

Là, on est clairement sur de l'art contemporain, quand c'est dans le geste que réside le sens de l'œuvre. En faisant des tas, Fabrice Croux propose ainsi un parcours narratif fait de montagnes et d'images où la question du processus créatif se dévoile par paillettes et lumière numérique. À ses côtés, David Lefebvre présente ses premières peintures au couteau, tandis que Florent Dubois nous plonge dans des vestiges sous-marins. Trois expositions en une et de multiples gestes qui se cristallisent.

  • Jusqu'au sam 31 déc, tlj sauf lun de 11h à 18h. Fermé dim 25 déc.

  • 1€ (entrée libre pour les moins de 18 ans)

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Incroyable presse à la Bibliothèque d'étude et du patrimoine de Grenoble

Une exposition didactique et très accessible sur la presse au sens large, de la naissance du concept au XVIIe siècle à son évolution au fil des ans, avec pas mal de documents plus ou moins historiques – dont la une du numéro 1000 du Petit Bulletin, c'est dire ! Mais on vous en parlera plus dans un prochain numéro…

  • Du mar au sam de 13h à 18h.

  • Entrée libre

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Chorégraphies nocturnes à la Maison Bergès – Musée de la Houille blanche

Issu du street art, Jadikan aime à danser dans la pénombre pour créer des sculptures lumineuses éphémères, dont seule la photographie conservera les traits. Figure de proue du "light painting", littéralement peindre avec la lumière, le jeune artiste originaire de l'Isère utilise les friches désaffectées et les usines abandonnées comme décor, presque théâtral, dans lesquelles il réalise ses photographies de nuit.

  • Du mer au ven de 13h30 à 17h30, week-ends de 10h à 17h30. Fermé les dim 25 déc et 1er janv

  • Entrée gratuite

  • Atelier Origami mathématique de Noël (à partir de 7 ans) mer 21 déc à 16h30, 3.80€. Inscription : 04 38 92 12 60

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Écritures lumineuses par Cédric Poulain et Jadikan

Expositions | Plusieurs expositions en cours ce mois de juin ont pour point commun de prendre au mot l'étymologie du terme photographie : « écriture de (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 26 juin 2018

Écritures lumineuses par Cédric Poulain et Jadikan

Plusieurs expositions en cours ce mois de juin ont pour point commun de prendre au mot l'étymologie du terme photographie : « écriture de lumière » : celle de Cédric Poulain à l'Atelier des arts jusqu'au 5 juillet et celles de Jadikan simultanément à la galerie Alter Art et à Unpass jusqu'au 30 juin. Deux photographes qui utilisent un même procédé technique (le light painting) consistant à intervenir avec des éléments lumineux mobiles au moment de la prise de vue. Le premier, malvoyant, travaille au toucher ses sujets en studio et vient les éclairer avec une lampe créant ainsi des compositions troubles, à l'image de sa vision. Intitulées "noctographies", ses images (photo), parfois étrangement cubistes, sont le résultat de multiples passages lumineux sur le sujet et portent en elles les traces du temps nécessaire à leur réalisation. Quant à Jadikan, il intervient souvent dans des sites industriels à l'abandon où il fait surgir, grâce à d'ingénieux dispositifs, des formes lumineuses qui apparaissent comme autant de spectres resurgis du passé. Souvent présentées grâce à des dispositifs aussi technologiques que ludiques, ses ima

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Un été au musée, isn't it ?

Sélection | Pour cet été qui s’annonce caniculaire, nous avons décidé d’adopter le flegme anglais afin de garder la classe en toute circonstance. Une subite envie de tweed peut-être déclenchée par l’exposition "Berlioz à Londres" présentée à La Côte-Saint-André. Mais que les réfractaires au lyrisme britannique se rassurent, notre sélection d'expositions à (re)voir dans les musées patrimoniaux réserve également de la musique populaire, de la BD résistante et de la peinture lumineuse. De quoi s’émerveiller, s’instruire et profiter du frais en toute gratuité.

Charline Corubolo | Lundi 17 juillet 2017

Un été au musée, isn't it ?

Quand la musique est bonne… À la lecture de ce titre surgissent instantanément les premières notes de la chanson de phare des années 1980 signée Jean-Jacques Goldman, parangon de chanson populaire. Et ce genre de titres français emblématiques, de l’hymne au chant révolutionnaire, de la comptine à la berceuse, résonnent en ce moment joyeusement dans l’enceinte du Musée dauphinois. Si on chantait ! La la la la… c’est à vous de voir ; en tout cas il y a de quoi écouter dès le début de l’exposition avec un mur de sons qui compose un portrait de la chanson populaire. Fait de bric et de notes, le parcours dévoile 78 titres agrémentés d’archives, de disques et de partitions. Grace à une scénographie ludique et interactive, la proposition met en chant la façon dont la musique infiltre notre quotidien, jusque sous la douche, à travers les âges et les genres. Et au détour d’un refrain, mais surtout d’une autre exposition, n’hésitez pas à emprunter les sentiers montagneux d’Éric Bourret et Emmanuel Breteau, qui déploient au creux de l’exposition

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Gilles Bastin : « Le journalisme comme contre-pouvoir peut disparaître »

Interview de Gilles Bastin | Alors qu’aura lieu cette semaine, dans le cadre de l’exposition "Incroyable presse !" de la Bibliothèque d'étude et du patrimoine, une conférence-débat avec plusieurs grands noms du journalisme, nous avons rencontré Gilles Bastin, codirecteur de l’École de journalisme de Grenoble qui a participé à l’élaboration deux des événements. Avec lui, nous avons parlé liberté d’expression, contre-pouvoir ou encore éducation aux médias.

Aurélien Martinez | Mardi 24 janvier 2017

Gilles Bastin : « Le journalisme comme contre-pouvoir peut disparaître »

Quel est le but de l’exposition Incroyable presse ? Redorer le blason d’un secteur de plus en plus contesté par le grand public ? Gilles Bastin : L’origine de l’expo, c’est évidement Charlie Hebdo, avec cette idée que la presse d’opinion a violemment été attaquée. Ce traumatisme a convaincu le service municipal des bibliothèques de Grenoble qu’il fallait absolument retisser du lien entre la société et ses médias. Au-delà de l'attentat, il y a en effet un contexte de défiance qui dure depuis des années. L’exposition, qui prend pour référence une période historique large (du XVIIe siècle à nos jours), apparaît comme un plaidoyer pour la liberté d’expression face aux différentes formes de censure… Oui, et plus encore, il s’agit de montrer le rôle que joue la presse dans une démocratie. À savoir pas simplement garantir la liberté d’expression mais aussi avoir un rôle d’enquête, de contre-pouvoir… On ne voulait pas faire juste une exposition qui soit pleine de bons sentiments sur le f

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Kandinsky au Musée de Grenoble

ARTS | Un reportage sur l'exposition "Kandinsky - Les années parisiennes (1933-1944)" proposée jusqu'au dimanche 29 janvier au Musée de Grenoble

La rédaction | Mercredi 7 décembre 2016

Kandinsky au Musée de Grenoble

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Fabrice Croux : la primauté du geste

ARTS | Accumulant les gestes, Fabrice Croux fait naître des œuvres dans lesquelles le processus créatif prime sur le sujet. De montagnes scintillantes en gifs bariolés, il esquisse au Centre d'art Bastille un monde baroque narratif.

Charline Corubolo | Mardi 15 novembre 2016

Fabrice Croux : la primauté du geste

Si Fabrice Croux ambitionne de Faire des tas, du nom de l'actuelle exposition présentée au Centre d’art Bastille, c’est que son œuvre prend sens dans le geste, élémentaire mais porté par des effets clinquants qui déroutent la nature même du sujet. Alors que se dresse devant nous une montagne dont le creux est habillé de paillettes, l’artiste déploie, tel un inventaire, des figurines comme sorties de la préhistoire en opposition avec les gifs animés de notre ère numérique. Les sujets sont multiples, autant que les références de la pièce Le Pays de Cocagnes ou que celle baptisée Sylvain, homme sauvage de la mythologie. Le dessein n’est donc pas une finalité en soi, c’est la réalisation qui conditionne les œuvres de Fabrice Croux. Dans l’acte rudimentaire, presque quotidien, émergent alors les univers décoratifs de cet artisan de la matière. Au-delà des images Une exposition qui s'ouvre aussi à d'autres univers. Invité par Fabrice Croux, David Lefebvre dévoile ses premières peintures au couteau. Ponctuant le parcours de Faire des tas, les toiles représentent des montagnes dans lesquelles une poche

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Musée de Grenoble : Kandinsky ou l’abstraction affranchie

ARTS | Pionnier de l’abstraction, animé par une « nécessité intérieure », Vassily Kandinsky (1866-1944) a fait œuvre de spiritualité dans sa peinture. Une peinture qui versa dans le biomorphisme durant ses dernières années à Paris, centre de la nouvelle exposition du Musée de Grenoble. Une présentation qui dévoile les tenants, plastiques et symboliques, de cette période pour une exposition céleste.

Charline Corubolo | Lundi 31 octobre 2016

Musée de Grenoble : Kandinsky ou l’abstraction affranchie

Des lignes anguleuses découpant la couleur aux cellules constellant la toile, l’œuvre de Vassily Kandinsky est animée par le même dessein, ponctué d’évolutions plastiques qui creusent, au début du XXe siècle, le sillon de l’abstraction. Né à Moscou en 1866, l’artiste russe connaîtra plusieurs exils qui marqueront son art. C’est dans ce contexte que le Musée de Grenoble dévoile l’exposition Kandinsky, les années parisiennes [1933-1944] et cherche ainsi à parcourir l’œuvre d'un des pères de l’abstraction à travers le prisme de son histoire personnelle, marquée par diverses ruptures qui influencent alors sa touche. Au début de sa carrière, Kandinsky déploie une abstraction profondément mentale d’abord à Munich, en théorisant notamment l’abondant de la figuration au profit d’une « nécessité intérieure » dans Du spirituel dans l’art en 1911, puis au Bauhaus de Weimar, école allemande dans laquelle il enseigne jusqu’à sa fermeture par les nazis. L’artiste explore une abstraction picturale plus douce et imagée lors de

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Expo : les cinq temps forts de la saison à Grenoble et dans l'agglo

Saison 2016 / 2017 | Cette année, direction le Musée de Grenoble, la galerie Spacejunk, le Musée dauphinois, le Musée de l'Ancien Évêché ou encore la Ville d'Échirolles.

Charline Corubolo | Mardi 27 septembre 2016

Expo : les cinq temps forts de la saison à Grenoble et dans l'agglo

Le bleu de Paris Les femmes (Georgia O'Keeffe et Cristina Iglesias) vont laisser place aux artistes disparus au Musée de Grenoble. Et si en mars prochain l'institution se consacrera à la touche d'Henri Fantin-Latour, sa saison s'ouvrira avec les années parisiennes de Vassily Kandinsky (1866-1944). Père de l'art abstrait dont l'œuvre est principalement connue pour sa construction géométrique, le peintre russe a laissé son style flirter avec le biomorphisme durant ses dernières années à Paris (1933-1944), lorsqu'il fuyait le nazisme. Les angles deviennent courbes, manifestation de sa passion pour les sciences, comme autant d'organismes cellulaires perdus dans le Bleu du ciel, pour une abstraction au plus près de la nature sous forme de synthèse d'œuvre. L’exposition de cette rentrée 2016. Kandinsky, les années parisiennes (1933-1944)

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Kandinsky au Musée de Grenoble fin octobre

ARTS | Considéré comme l'un des pionniers de l'art abstrait, Vassily Kandinsky (1866 - 1944) fera l'objet d'une exposition au Musée de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 27 juillet 2016

Kandinsky au Musée de Grenoble fin octobre

Considéré comme l'un des pionniers de l'art abstrait, Vassily Kandinsky (1866 - 1944) fera l'objet d'une exposition au Musée de Grenoble (du 29 octobre 2016 au 29 janvier 2017) centrée sur ses années dites "parisiennes", de 1933 à 1944. Des années marquées par son intérêt accru pour les sciences et la spiritualité, et, plastiquement, par une synthèse entre son vocabulaire géométrique et des tracés plus aléatoires et ondulants. Pour en savoir plus sur cette exposition, et plus largement sur toutes celles prévues cette saison à Grenoble et dans l'agglo, rendez-vous le mercredi 28 septembre, date de sortie de notre numéro Panoram’Art.

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Les 10 expos à voir ou revoir cet été

ARTS | On en a parlé lors de leur vernissage ; on en remet une couche cet été comme elles sont toujours à l'affiche. Suivez-nous !

Charline Corubolo | Mardi 5 juillet 2016

Les 10 expos à voir ou revoir cet été

Obey Propaganda – A vision for our planet Jusqu’au 23 juillet Obey, pour certains, c’est une marque, pour d’autres c’est du vandalisme, pour les derniers carrément le néant de référence. Obey, c’est en fait le visage d’André The Giant, catcheur français, et la démarche artistique de Shepard Fairey, street artist américain. Exposé à Spacejunk dans le cadre du Street Art Fest, il dévoile des œuvres engagées envers l’environnement, pour une plongée colorée dans l’art sérigraphique. La critique complète L'Art du Canard Jusqu’au 30 juillet Le groupe d’artistes allemands Interduck investit le couvent Saint-Céci

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Face à l'oubli, la photo de Mathieu Pernot

ARTS | Si l'exposition sur les Tsiganes au Musée dauphinois a des accents de fête et de bohème malgré le contexte, celle actuellement présentée au Musée de la Résistance et (...)

Charline Corubolo | Mardi 15 décembre 2015

Face à l'oubli, la photo de Mathieu Pernot

Si l'exposition sur les Tsiganes au Musée dauphinois a des accents de fête et de bohème malgré le contexte, celle actuellement présentée au Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère en complémentarité jette un voile plus sombre sur l’histoire. Un camp pour les Tsiganes raconte les conditions de vie de ces familles déportées sous le régime de Vichy et durant l'occupation nazie, et s'intéresse plus particulièrement au camp d'internement de Saliers en Camargue à travers le travail photographique de Mathieu Pernot. Construit en mars 1942, ce village vitrine servait de promotion à la politique de l'époque afin de justifier l'enfermement de ces populations. Il ne reste aujourd'hui aucune trace de ce lieu, malgré son utilisation pour le décor du film Le Salaire de la peur (il a été rasé à la fin du tournage). Le photographe, qui présente son œuvre comme un travail d'historien, est parti à la recherche des survivants de ce camp entre 1998 et 2000. C'est ainsi qu'aux côtés des carnets anthropom

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Comme un manouche en Isère au Musée dauphinois

ARTS | Depuis 1982, le Musée dauphinois entreprend un cycle sur les origines des populations en Isère. Après les Italiens, les Grecs, les Arméniens et autres peuples qui ont enrichi le pays de la noix, ce sont les Tsiganes qui s'invitent en haut de la montée Chalemont. Qu'en est-il de cette vie de bohème ? La réponse en exposition.

Charline Corubolo | Lundi 26 octobre 2015

Comme un manouche en Isère au Musée dauphinois

Samedi 24 octobre, l'exposition Tsiganes, la vie de bohème ? ouvrait ses portes au Musée dauphinois. Et dès le départ, un problème se posait : celui de la dénomination. Suivant les époques, les pays, les communautés, les notions linguistiques ne sont pas les mêmes. Les Tsiganes, au sens universitaire du terme, ce sont les Gitans (souvenir « ému » d'un Brad Pitt sensationnel en Mickey dans Snatch), les Manouches, les Yéniches, les Sintis ou encore les Roms, dont chacun possède sa particularité identitaire. Une petite précision établie à l'entrée du parcours afin d'y voir plus clair dans l'histoire de cette migration, actée à 1419 en Isère. La première partie de l'exposition s'attache ainsi à faire de la sémantique, de l'histoire, à interroger les préjugés, dévoiler des peintures représentant des Tsiganes entre fantasme romantique et réalité de la vie. Une approche dont l'aspect scientifique (que de textes à lire !) est contrebalancé par une scénographie encore une fois ludique. Vidéos, roulottes illuminées, quiz muraux et autres installations qui insufflent un rythme à l'ensemble de la présentation. La bohème, en famille

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À trois près

ARTS | La Ville, nouvelle proposition à l'Ancien Musée de peinture, met en avant seize artistes, mais nous en avons retenu que trois. Ce sont les aléas des (...)

Charline Corubolo | Mardi 3 mars 2015

À trois près

La Ville, nouvelle proposition à l'Ancien Musée de peinture, met en avant seize artistes, mais nous en avons retenu que trois. Ce sont les aléas des expositions collectives : on y découvre toujours une ou deux pépites, et bien souvent on laisse le reste dans le coin de notre vision périphérique. Une entrée en matière qui semble annoncer une visite peu intéressante, mais ce n'est pas le cas car le top trois est fameux. Mais avant de le dévoiler, voici le principe de l'exposition : seize artistes, donc, ont été invités à composer autour du thème de la ville sur trois formats identiques avec comme contrainte l'utilisation du rouge et du noir. Le résultat est présenté dans la salle du fond tandis que la pièce principale est occupée par les autres travaux personnels. C'est avec engouement que nous avons retrouvé les fables animalières et les objets hybrides personnifiés de Dominique Lucci. Pour La Ville, l'artiste offre des vues épurées au trait, réalisées par brûlures, rendant les constructions vacillantes. Quant à Valentina Rols, si ses portraits ne sont pas très intrigants, ses vues intérieures le sont beaucoup plus. Par un jeu de construction, l'archit

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La nuit je flâne

ARTS | C’est le marronnier du printemps : la traditionnelle Nuit des musées, couplée depuis huit ans à la manifestation iséroise Musées en fête (pour les musées départementaux). L’occasion pour nous de mettre en avant les expositions à voir ou revoir ce week-end, et les animations organisées spécialement pour l’occasion. Suivez le guide. Laetitia Giry et Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 3 mai 2013

La nuit je flâne

La Cage de Giacometti Expo / Énième événement au Musée de Grenoble, l’exposition consacrée au sculpteur Alberto Giacometti bat son plein depuis le début du mois de mars. Déjà plus de 50 000 visiteurs se sont bousculés dans les salles blanches présentant les œuvres du maître italien, et son travail autour de l’une de ses pièces maîtresses : La Cage. En marge de l’exposition, les ateliers pour les enfants sont toujours plus que complets, contribuant à une notoriété intergénérationnelle méritée. On ne saurait trop vous recommander d’aller jeter un œil à tout cela avant la retraite des œuvres dans les réserves de la Fondation Giacometti… Événement / Pour la Nuit des musées, le musée voit les choses en multiple : concert à l’auditorium, visite insolite des collections et diffusion de

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Que la lumière soit !

ARTS | Après deux expositions collectives, la jeune galerie grenobloise Nunc ! consacre sa première exposition personnelle au light painter Jadikan. Un jeune artiste dont le travail photographique, d'une beauté saisissante, détonne radicalement dans le paysage artistique contemporain. Christine Sanchez

Christine Sanchez | Vendredi 19 avril 2013

Que la lumière soit !

La nuit, tous les chats sont gris, sauf Jadikan qui profite de l'obscurité pour dessiner dans l'air des volutes de lumière. « J'ai fait une formation d'économiste. Puis j'ai travaillé deux ans en Malaisie et deux ans à La Défense, avant de quitter la cravate pour me consacrer pleinement à ma carrière artistique. » Un parcours atypique pour cet artiste hors du commun de trente-deux ans qui a finalement choisi de creuser le sillon d'un univers « street-artistique » un peu à part, celui du light painting. Habilement, un peu à la manière d'un explorateur, il dit aimer jouer avec les techniques photographiques et les nouvelles technologies en matière d'éclairage. « Le light painting n'est possible que la nuit avec un temps d'exposition très long. Car il faut qu'il y ait très peu de lumière. Fixé sur un trépied, l'appareil ne bouge pas et c'est moi qui introduit les mouvements lumineux dans l'image, en leur donnant forme, pendant toute la durée de l'exposition. J'essaie d'écrire avec la lumière de la façon la plus précise. » C'est ainsi que Jadikan prend le temp

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Les enclavés

CONNAITRE | Projeté la veille du colloque Roms, Tsiganes, Voyageurs, peuples de l’Europe, réalités locales, le documentaire La Cité des Roms de Frédéric Castaignède viendra mettre quelques pendules à l’heure pour mieux orienter les débats sur cette communauté. FC

François Cau | Lundi 29 novembre 2010

Les enclavés

Dans l’agglomération grenobloise, les initiatives se multiplient en réaction à la politique nationale menée contre les roms. Des projections de films de Tony Gatlif sur le sujet (parfois organisées dans l’urgence, nos excuses aux organisateurs pour n’avoir pas toujours pu annoncer faute de temps), un ciné-débat la semaine dernière à la Bifurk, une fête à la toute neuve salle commune au Rondeau le 14 novembre dernier… Le sujet ne s’est pas limité en local à la journée de mobilisation du 4 septembre, mais poursuit son travail de sensibilisation et surtout de réponse à la désinformation sur cette question, qui sera explorée lors de la journée / colloque du 4 décembre sous trois axes cruciaux, développés sous forme de tables rondes : la législation (française et européenne), la scolarisation et l’insertion. Trois enjeux traités de façon frontale dans l’édifiant documentaire de Frédéric Castaignède, La Cité des Roms, à voir obligatoirement par quiconque entend apporter son grain de sel, quel qu’il soit, au débat. Le film nous fait entrer dans le ghetto rom de la ville bulgare de Sliven, où 20 000 personnes tentent de survivre dans des conditions lamentables. La Cité des Roms suit deux é

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