Les quatre expositions à découvrir début 2017 à Grenoble

Panorama rentrée 2017 | On vous propose d'aller au Musée de Grenoble, au Musée dauphinois, à Spacejunk ou encore à la Halle de Pont-en-Royans.

Charline Corubolo | Mardi 3 janvier 2017

Photo : Œuvres de Veks van Hillik


Fantin-Latour

Né en 1836 à Grenoble, admirateur des grands maîtres et peintre incontesté des fleurs au XIXe siècle, Henri Fantin-Latour s'est aussi illustré avec des portraits et des tableaux de groupe. C'est en suivant ces trois axes que le Musée de Grenoble invitera le public à (re)découvrir cet artiste isérois à travers une vaste rétrospective. Associé aux impressionnistes dont il rejette cependant la parenté, Fantin-Latour a laissé derrière lui une touche unique où le romantisme flirte avec le symbolisme.

Au Musée de Grenoble
Du 18/03 au 18/06

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Éric Bourret & Emmanuel Breteau

Mettre en valeur le patrimoine de la région, tout en apportant un regard contemporain sur la création d'aujourd'hui, le Musée dauphinois s'y emploie depuis de nombreuses années. C'est ainsi que seront réunis en mars prochain, autour de l'exposition Alpes là, les photographes Éric Bourret et Emmanuel Breteau. Photographe marcheur, le premier expérimente la montagne à travers le mouvement offrant une vision poétique et floue des Écrins, du Dévoluy, de la Chartreuse et du Vercors ; tandis que le second arpente le Trièves à la rencontre des gens qui y vivent. En résulte un témoignage visuel entre l'expérimentation et le documentaire.

Au Musée dauphinois
À partir du 24/03 (date à confirmer)

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Thibault Brunet

Jouant sur les codes de la photographie et explorant l'ère numérique dans laquelle nous vivons, Thibault Brunet établit une œuvre visuelle qui remet en cause la notion même d'image, d'espace et d'œuvre d'art. Ses clichés, issus de jeux vidéo ou du logiciel Google Earth, lui permettent de créer un nouveau monde à la frontière entre le réel et le virtuel. Il brouille ainsi notre réalité et interroge les traces que nous laissons sur le web. Un troublant passage du vrai à l'avatar...

À la Halle (Pont-en-Royans)
Du 04/04 au 03/06 (dates à confirmer)

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Veks van Hillik

Puisant son inspiration dans la nature, influencé par les peintres d'hier tels que Ingres ou Le Caravage et marqué par la pop culture, Veks van Hillik esquisse de dessin en toile un univers onirique habité d'animaux hybrides. Après son intervention lors de la dernière édition du Street Art Fest Grenoble, où il a réalisé un immense renard sur la face de la Bibliothèque d'étude et du patrimoine, et un passage à Spacejunk, l'artiste revient au centre d'art pour présenter Drawins Theory. Une brèche ouverte sur l'imaginaire où il est bon de pénétrer, aux côtés des créatures surréalistes naissant sous son trait talentueux.

À Spacejunk
Du 07/04 au 27/05


Fantin-Latour, à fleur de peau

Peintures, corpus photographique
Musée de Grenoble Place Lavalette Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Alpes là !

Photographies d'Eric Bourret et Emmanuel Breteau
Musée dauphinois 30 rue Maurice Gignoux Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Soleil noir

Photographies de Thibault Brunet
La Halle Place de la Halle Pont-en-Royans
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Darwin Theorem

Œuvres de Veks van Hillik
Spacejunk 19 rue Génissieu Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Zoom sur quinze fresques street art emblématiques de Grenoble et de son agglo

ESCAPADES | « Au bout de chaque rue, une fresque » aurait pu écrire Stendhal s'il arpentait aujourd'hui l’agglomération grenobloise. La preuve avec cet article illustré.

Alice Colmart | Jeudi 5 juillet 2018

Zoom sur quinze fresques street art emblématiques de Grenoble et de son agglo

Grâce au Grenoble Street Art Fest dont la quatrième édition vient de se terminer (elle a eu lieu tout le mois de juin), quelque 130 fresques habillent les murs de Grenoble, Fontaine, Pont-de-Claix et Saint-Martin-d’Hères, faisant ainsi la réputation du territoire en matière d’art urbain – la presse nationale s’en donne d’ailleurs à cœur joie chaque année. Difficile donc pour Jérome Catz, directeur de l’événement et du centre d’art Spacejunk, de choisir les plus emblématiques. « Sans émettre de classification », il a fini par sélectionner avec nous quinze œuvres. On a alors suivi un parcours nous menant sur les pas de l’incontournable street artist grenoblois Snek, du Toulousain Veks Van Hillik qui puise son inspiration dans la nature ou encore de références internationales comme l’Américain Augustine Kofie, père fondateur du graffuturisme, et le Londonien Anthony Lister, connu pour ses œuvres faussement négligées.

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Veks Van Hillik : « Ma peinture est pleine d’espoir »

Interview | Derrière l’image du renard apposée sur la façade arrière de la Bibliothèque d’étude et du patrimoine, à Chavant, se cache Veks Van Hillik : un jeune artiste français qui puise son inspiration dans la nature tout en empruntant les codes stylistiques des grands maîtres de la peinture. En découle un fascinant univers chimérique à découvrir actuellement à Spacejunk.

Charline Corubolo | Mardi 25 avril 2017

Veks Van Hillik : « Ma peinture est pleine d’espoir »

Votre exposition s’intitule Darwin Theorem et dévoile en peinture des animaux hybrides. Entre la théorie de l’évolution de Darwin et vos personnages, n’y aurait-il pas un axe militant ? Veks van Hillik : En effet. Pour cette exposition, j’ai voulu explorer le rapport entre les théories de l’évolution et les théories créationnistes religieuses par un rapprochement esthétique. À l’heure d’Internet, les théories les plus folles refont surface, une vraie forme de néo-obscurantisme se développe, ça me fascine. Je trouve ça un peu surprenant qu’on remette en question des faits scientifiques, qu’on sait vrais et vérifiés, tout ça parce que l’on croit en une entité supérieure. Mais mon angle n’est pas inquisiteur, il n’y a pas de jugement de ma part, juste de la curiosité. Vous partez donc de la théorie de Darwin, pourtant le titre de l’exposition fait référence au théorème… Si j’ai mis « theorem » et pas « théorie », c’est en

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"Darwin Theorem" : les planches fantasmagoriques de Veks Van Hillik

Exposition | Zoom (enthousiaste) sur le travail que le jeune peintre français présente à Spacejunk jusqu'au samedi 27 mai.

Charline Corubolo | Mardi 25 avril 2017

Du noir profond de la toile émerge une vierge à écailles lumineuse. Cette dualité esthétique et sémantique rythme, à l’instar de l’anthropomorphise, l’œuvre du Français Veks van Hillik : le beau s’oppose au moche, le lisse se heurte au rugueux, l’eau infiltre les airs. De ce jeu d’opposition, l’artiste nourrit inlassablement son univers et sa technique. Sa fresque chimérique, actuellement présentée à Spacejunk, s’engage ainsi sur les sentiers de l’évolution. À travers le corpus Darwin Theorem, le peintre interroge le développement du vivant en se fondant sur les théories de Charles Darwin tout en les appliquant à un plus large spectre : aux mœurs culturelles, à la religion ou encore au savoir scientifique, aujourd’hui remis en cause par une montée (notamment numérique) du néo-obscurantisme. Un magma réflexif contemporain sondé par le prisme des codes de la peinture classique. Empruntant à l’esth

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"Alpes là !" : Éric Bourret et Emmanuel Breteau aux sommets

Musée | Toujours guidé par l'envie de renouveler notre regard sur la montagne, le Musée dauphinois dévoile, avec "Alpes là !", deux visions différentes du monde alpin. Une exposition qui esquisse ainsi une continuité entre la photographie picturale d’Éric Bourret et celle humaniste d’Emmanuel Breteau.

Charline Corubolo | Jeudi 30 mars 2017

Quand le premier s’aventure sur les sommets montagneux, le second part à la rencontre des habitants du Trièves. Une façon d’appréhender le médium photographique qui diffère pour une plasticité offrant deux visions sensibles des Alpes. Avec Éric Bourret, la photographie se trouve ainsi chargée d’une dimension picturale. À la demande du Musée dauphinois, l’artiste-marcheur a arpenté, deux hivers de suite, la chaîne de Belledonne, le Dévoluy, l’Oisans et le Vercors. Il en a ramené un Carnet de marche pour une expérience du paysage qui passe par le mouvement. De prises de vues multipliées sur le même négatif offrant des "all-over" du temps sur le temps en clichés où s’inscrit avec précision la minéralité de la nature, Éric Bourret crée son œuvre en rencontrant le territoire. En résulte un dessein de l’expérience qui épouse les accidents du relief tel un tableau impressionniste. Le photographe capte ainsi les fluctuations du paysage qui se meut parallèleme

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Fantin-Latour, le classique inclassable "à fleur de peau"

Musée de Grenoble | Presque deux siècles après sa naissance en terre iséroise, Henri Fantin-Latour se dévoile (à nouveau) au public avec une rétrospective "À fleur de peau". Connu pour ses natures mortes florales et ses portraits, le peintre a surtout construit une œuvre picturale hors de l’histoire de l’art tout en l'ancrant dans son temps. Un parcours riche mis en lumière avec sensibilité par le Musée de Grenoble.

Charline Corubolo | Mardi 21 mars 2017

Fantin-Latour, le classique inclassable

Classique sans être académique, Henri Fantin-Latour (1836 – 1904) a composé tout au long de sa vie une œuvre picturale singulière, détachée des codes artistiques d’alors pour privilégier une approche intime et vivante. Né à Grenoble, le jeune artiste apprend le dessin sous la tutelle de son père avant de voguer vers la capitale française en 1850 afin d’intégrer l’atelier Horace Lecoq. Intéressé par ses contemporains comme Delacroix mais aussi marqué par les maîtres du XVIIIe siècle qu’il passe son temps à copier au Louvre, il développe une touche particulière qui ne répond à aucun code. Amoureux de la nature, il réalise ses premières natures mortes dans les années 1850 et s’adonne en parallèle à l’exercice du portrait avec satisfaction. Également mélomane invétéré de mélopées allemandes et admirateur du corps féminin, ce sont toutes ses inclinaisons qui influencent sa peinture, offrant une forme classique emprunte de modernité. Le Musée de Grenoble propose ainsi une déambulation sensible avec Fantin-Latour, à fleur de peau, rétrospective chronologique qui met en lumière l’esthétique vibrante de l’artiste au gré de 150 œuvres dont un

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Expo : les cinq temps forts de la saison à Grenoble et dans l'agglo

Saison 2016 / 2017 | Cette année, direction le Musée de Grenoble, la galerie Spacejunk, le Musée dauphinois, le Musée de l'Ancien Évêché ou encore la Ville d'Échirolles.

Charline Corubolo | Mardi 27 septembre 2016

Expo : les cinq temps forts de la saison à Grenoble et dans l'agglo

Le bleu de Paris Les femmes (Georgia O'Keeffe et Cristina Iglesias) vont laisser place aux artistes disparus au Musée de Grenoble. Et si en mars prochain l'institution se consacrera à la touche d'Henri Fantin-Latour, sa saison s'ouvrira avec les années parisiennes de Vassily Kandinsky (1866-1944). Père de l'art abstrait dont l'œuvre est principalement connue pour sa construction géométrique, le peintre russe a laissé son style flirter avec le biomorphisme durant ses dernières années à Paris (1933-1944), lorsqu'il fuyait le nazisme. Les angles deviennent courbes, manifestation de sa passion pour les sciences, comme autant d'organismes cellulaires perdus dans le Bleu du ciel, pour une abstraction au plus près de la nature sous forme de synthèse d'œuvre. L’exposition de cette rentrée 2016. Kandinsky, les années parisiennes (1933-1944)

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Blanc sur blanc

ARTS | À la faveur d’une sélection d’œuvres variées, l’exposition collective "White" du Musée Géo-Charles donne une résonance nouvelle au blanc dans l’art. Plus encore, le parcours redéfinit la notion d’espace et de temps au gré de toiles abstraites, dont l’accessibilité est de mise, pour une mise au point avec ces mouvances contemporaines. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Vendredi 24 janvier 2014

Blanc sur blanc

Derrière la notion (floue) d’abstraction se cache un fondement tangible, aux applications plastiques diverses, que la nouvelle exposition du Musée Géo-Charles cherche à mettre en confrontation par le prisme d’une palette principalement composée de blanc. Un mouvement et un coloris qui, de prime abord, pourraient décourager même les plus aventureux dans ce parcours White, mais c’est sans compter sur une scénographie qui fait sens et des œuvres qui ouvrent les champs de l’analyse et/ou du sensible avec simplicité. Bien que la teinte soit la thématique de l’évènement, l’origine découle en réalité de deux séries du photographe coréen Bohnchang Koo : White (photo) et Vessel. Malgré des sujets très différents – la première dévoile des traces de lianes séchées sur des murs, la seconde des objets relatifs à la culture de l’artiste –, l’objectif demeure le même : interroger le rapport au temps par le biais de la trace, humaine ou végétale, dans une blancheur lissée. Ce postulat de départ a abouti à un rassemblement de pièces, où la figuration est furtive et l’abstraction patente, mais toujours baignées dans une lueur immaculée. L’invisible dévo

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Nature morte dite « de fiançailles » – Henri Fantin-Latour

À la découverte des collections du Musée de Grenoble | [1/ 16] Nos coups de cœur issus des collections permanentes du Musée de Grenoble

Laetitia Giry | Mercredi 17 juillet 2013

Nature morte dite « de fiançailles » – Henri Fantin-Latour

Nom de l’artiste : Henri Fantin-Latour (1836-1904) Titre de l’œuvre : Nature morte dite « de fiançailles » Date de création : 1869 Médium : peinture, huile sur toile Mouvement auquel l’intégrer : Réalisme classique Analyse : On retrouve ce tableau fréquemment au verso des billets délivrés à l’entrée du musée… Mais c’est évidemment en vrai, dans les salles consacrées au XIXe siècle, qu’il faut aller le découvrir pour en apprécier les subtilités. Une nature morte qui s’affiche comme une démonstration de différents talents : la fidélité gourmande à la réalité avec la coupe de fraises, la délicatesse du vase orné, l’aspect plus libre, plus émotif du bouquet de fleurs et le savoir-faire discret miroité dans le verre de vin. Autant d’ingrédients réunis sur un fond neutre propice à révéler l’accord harmonieux des notes colorées. Au centre rayonne le jaune des jonquilles, encerclé d’un camaïeu rougeoyant – fraises, cerises, vin et giroflées se disputent la passion du contraste avec le blanc irradiant de la faïence, et celui, pl

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Chasse spleen

ARTS | Une fois de plus, le musée Géo-Charles présente une exposition collective et le fait bien. Quatorze photographes, quatorze identités dialoguant autour du geste photographique, de l’excitation du clic à l’émerveillement de l’image ; sa mélancolie et sa joie. Laetitia Giry

Laetitia Giry | Lundi 25 février 2013

Chasse spleen

Et si ce n’était pas la mélancolie : le titre de l’exposition ressemble à une question mais ne présente pas le point d’interrogation qui le confirmerait. Il nous indique la voie suivie dans le choix et la disposition des œuvres présentées ici, celle d’une contestation de la mélancolie admise comme inhérente à la prise d’une photographie. Enregistrer une image à un instant T revient pourtant bien à capturer un morceau de temps, à figer et glacer quelque chose qui est, tout en ne cessant jamais de passer. « De toute évidence, vivre c’est s’effondrer progressivement. » F. Scott Fitzgerald le sait bien : vivre c’est éprouver le temps, et l’arrêter en un point, c’est avoir l’illusion de le retenir. Pas étonnant alors que les Arts – tous ! – entretiennent depuis toujours une relation si particulière à la mélancolie. De La Mélancolie de Dürer au spleen baudelairien, du moine esseulé de Friedrich au Melancholia de Lars von Trier, peinture, littérature, cinéma : aucun médium n’y échappe… Pourtant, force est de reconnaître que la photographie, plus que tous les autres, s’apparente à un manifeste de fugacité et en cela porte préci

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Éric Bourret : « Je me considère comme un piéton d’altitude »

ARTS | Parmi les photographes participant à l’exposition "Et si ce n’était pas la mélancolie", on trouve (et on aime particulièrement) Éric Bourret. Ses deux œuvres montrées ici, captivantes et mystérieuses, méritaient bien une petite discussion.

Laetitia Giry | Vendredi 22 février 2013

Éric Bourret : « Je me considère comme un piéton d’altitude »

Vos photographies sont le fruit d’une sorte de performance… Éric Bourret : Je suis un photographe marcheur, je fais œuvre sur le paysage à l’issue de mes traversées des Alpes du sud, des zones de littoral, ou d’une partie de la chaîne himalayenne (comme pour les deux photos exposées). Plusieurs mois par an, j’arpente ces terres sur une durée qui varie entre une journée et deux mois. Des images émergent grâce ou à cause de la relation que j’entretiens pendant une longue période avec le paysage. Sans compétition ni surenchère sportive, je me considère simplement comme un piéton d’altitude. Je fais ce que font énormément de gens, je marche, car j'en ai besoin pour que mon travail puisse se mettre en place. Ainsi, vous capturez en photo un temps que vous éprouvez dans la réalité, dans l’action de la marche ? Ce qui me fascine, c’est la capacité que peut avoir l’image photographique d’enregistrer du temps. Sur certaines séries (notamment Timescape), j’essaie de multiplier le temps plutôt que de l’arrêter une fois. Pour cela, j’ai mis en place un protocole, celui de réaliser un certain

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Une pêche est presque une pêche

ARTS | Peintures / Le couvent Sainte-Cécile, siège des éditions Glénat, accueille un joli panel d’œuvres du peintre du XIXe siècle Henri Fantin-Latour. Des portraits, (...)

Laetitia Giry | Vendredi 14 septembre 2012

Une pêche est presque une pêche

Peintures / Le couvent Sainte-Cécile, siège des éditions Glénat, accueille un joli panel d’œuvres du peintre du XIXe siècle Henri Fantin-Latour. Des portraits, allégories, natures mortes et bouquets dont la grandeur calme saute aux yeux, avec une évidence  – étymologiquement : ce qui se voit – qui elle-même révèle celle de la beauté des choses. Fantin-Latour semble en effet n’avoir d’autre prétention que celle de dévoiler au regard le beau résidant dans ce qu’il peint. À l’époque des révolutions esthétiques comme l’impressionnisme, il persévère dans une forme de sagesse confiante, fidèle à un classicisme pourtant loin de tout académisme. Son réalisme teinté d’une volonté esthétisante sonne comme une déclaration : le sujet peint vaut en soi d’être représenté. Les couleurs sont réparties sobrement mais avec éclat, les roses généreuses, élégantes, glissées là sur un fond noir et solennel, ici sur un fond beige évoquant le nu avec pudeur. La pêche est veloutée, la pomme plus vraie que nature : le sujet sur la toile dépasse son souvenir matériel, comme si justement il y était plus vrai, que sa représentation était plus réelle que le réel.  Laetitia Gi

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