Les dix expositions à ne pas manquer cette saison à Grenoble et aux alentours

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Une sélection à base de légendes de l'art (Delacroix, Gauguin, et même les Beatles – pourquoi pas !) mais aussi de jeunes artistes ou encore d'expositions plus patrimoniales – il paraît que l'on va bientôt célébrer l'anniversaire des Jeux olympiques grenoblois.

La rédaction | Mardi 26 septembre 2017

Matt Coco

En résonance avec la Biennale d'art contemporain de Lyon, qui imagine des Mondes flottants, l'artiste installé à Lyon Matt Coco investira la Halle de Pont-en-Royans début octobre pour une déambulation à la lisière du brouillard. Intitulée In caso di nebbia (traduire : en cas de brouillard), la proposition entend créer un imaginaire flirtant avec l'onirique où le naturel se mêle à l'industriel. Un paysage de volumes aboutis induisant une transformation par l'activation du spectateur, par la danse, le regard, la parole… L'artiste déploiera ainsi une déambulation immersive, en devenir.

À la Halle (Pont-en-Royans) du 10 octobre au 30 décembre


Alice Assouline

En février dernier, Alice Assouline dévoilait sa nature habitée au sein de l'Espace Vallès. Mi-octobre, ce sont les murs de la galerie Marielle Bouchard qu'elle habillera de ces mythes picturaux faits siens. S'imprégnant des endroits qu'elle arpente, l'artiste retranscrit le récit qui leur est lié dans une peinture contée où la nature devient mystérieuse, peuplée de fantasmes vaporeux. Irréelles et absurdes, les narrations esquissent des paysages imaginaires teintés de l'aura de ceux qui y sont passés, ou y demeurent toujours.

À la galerie Marielle Bouchard du 12 octobre au 4 novembre


Daniel Dezeuze

Figure phare du mouvement Support/Surface, artiste protéiforme au dessein plastique voué à explorer et à comprendre la peinture, Daniel Dezeuze s'illustre sur la scène artistique contemporaine depuis les années 1960. Fin octobre, le Musée de Grenoble, en étroite collaboration avec l'artiste, offrira une plongée dans l'œuvre de ce dernier, de ses premiers travaux à ses sculptures les plus récentes. Une exposition en forme de manifeste historique afin de comprendre un morceau de l'histoire de l'art et mettre en lumière cet artiste majeur qui a fait, et fait, l'art contemporain en France et ailleurs.

Au Musée de Grenoble du 28 octobre au 28 janvier


Le Mois de la photo

À partir du 1er novembre, le Mois de la photo, organisé par la Maison de l'Image, s'immergera dans les Quartiers du Monde avec notamment la série Copacabana Palace (photo) de l'artiste allemand Peter Bauza, invité d'honneur de cette 5e édition. À ses côtés, les lauréats de l'appel à photo annuel dévoileront leur vision de la thématique pour un tour du monde imagé entre la Chine de Yann Bigant, la jungle de Manille de Jean-Félix Fayolle ou encore le Printemps Inuit d'Andrea Fortunato. Un rendez-vous cliché à ne pas manquer.

À l'Ancien Musée de Peinture du 1er au 26 novembre


Mengpei Liu et Yuanchi Jiang

Des paysages "shanshui" (littéralement : montagne-eau) de sa Chine natale aux montagnes du Vercors, Mengpei Lui a créé un liant pictural saisissant de vigueur, dont la douceur se loge dans le détail d'une nuance fondue à même la matière de l'environnement. Abstraction et fantasme s'entremêlent de toile en toile, dévoilant une nature sublimée. Un panorama à découvrir à la galerie Marielle Bouchard, avec à ses côtés Yuanchi Jiang. Étudiant à École supérieure d'art et design Grenoble-Valence, il dépeint des paysages extérieurs et intérieurs par l'expérimentation du médium, alternant acrylique et huile.

À la galerie Marielle Bouchard du 16 novembre au 9 décembre


Pop music 1967 - 2017, le graphisme et la musique

1967, les Beatles sortent Sgt. Pepper, l'histoire du rock bascule. Année charnière dans l'histoire de la musique, le Centre du graphisme mettra à l'honneur cette période musicale, jusqu'à nos jour, à travers une sélection de plus de 600 groupes, près de 1300 pochettes, des portraits d'artistes et le génie graphique des studios qui ont créé leur image. Une exposition qui s'annonce rock pour mettre en note les liens entre les arts visuels et la musique, qui sera complétée par une autre au Musée dauphinois intitulée Pop en France, 1967-2017.

Au Centre du graphisme d'Échirolles du 24 novembre au 30 mars


Odö

Avec Odö, il n'y a pas que l'esprit qui est troublé. Artiste minutieux issu de la "board culture", Odö joue avec les lignes tortueuses dans ses œuvres, jongle avec les références pop culture et délaie un trait marqué par l'univers du tattoo. La vision en est troublée, les personnages esquissés en deviennent tourmentés, offrant ainsi une galerie fantasmée de portraits délicieusement macabres pour un Troubled Mind prêt à repeindre les murs de Spacejunk.

À Spacejunk du 24 novembre au 20 janvier


Mathias Poisson

Pour le grand retour de la manifestation iséroise Paysage > Paysages, centrée cette année sur l'hiver, c'est le plasticien et performeur Mathias Poisson qui est invité à déambuler au sein du Vog à partir de décembre. Artiste élaborant sa pratique autour des promenades urbaines, il en extrait des expériences sensorielles et esquissera dans le centre d'art des univers délicats pour une cartographie sensible où le spectateur se trouve au cœur de la (dé)marche.

Au Vog (Fontaine) du 7 décembre au 9 mars


Grenoble 1968, les jeux olympiques qui ont changé l'Isère

2018 marquera les 50 ans de l'organisation des Jeux olympiques d'hiver à Grenoble – oui les non matheux, c'était en 1968 (en février même). « Tout en revenant sur la dimension sportive, l'exposition analysera les conséquences multiples de cet événement pour la région grenobloise. » Au vu du patrimoine laissé par ces jeux, il y aura de quoi dire.

Au Musée dauphinois du 6 février au 7 janvier


De Delacroix à Gauguin

Paul Gauguin, Eugène Delacroix, Gustave Doré... : la seconde exposition de la saison du Musée de Grenoble s'annonce remplie de chefs-d'œuvre crayonnés des plus grands artistes du XIXe siècle. Explorant l'ensemble du fonds de dessins anciens du musée, le dernier volet de cette recherche amorcée en 2006 proposera une sélection de 120 feuilles, extrait d'un ensemble de 2000 numéros. Un panorama De Delacroix à Gauguin qui se dessine, d'ores et déjà, de manière remarquable.

Au Musée de Grenoble du 17 mars au 17 juin

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Bertrand Tavernier est mort

Disparition | On vient d’apprendre la disparition à 79 ans du cinéaste, scénariste et producteur Bertrand Tavernier, par ailleurs président de l’Institut Lumière, à Lyon, depuis sa création en 1982. Une perte immense.

Vincent Raymond | Jeudi 25 mars 2021

Bertrand Tavernier est mort

Né à Lyon en 1941, celui qui fut attaché de presse et critique avant de s'emparer de la caméra en 1964 pour son premier court-métrage, puis en 1973 pour son premier long L'Horloger de Saint-Paul, aura signé une des œuvres les plus prolifiques et éclectiques du cinéma français contemporain. Sans pour autant renier ses précurseurs à la différence de la génération précédente – Bertrand Tavernier n'hésitera pas à travailler avec les scénaristes Aurenche et Bost conspués par la Nouvelle Vague. Touchant à tous les styles, du polar à l'anticipation en passant par le documentaire ; manifestant en homme engagé son amour pour le rétablissement de la justice sociale (L. 627, Histoires de vies brisées…), le jazz (Autour de minuit), le cinéma (l'extraordinaire Laissez-Passer, Voyage à travers le cinéma Français), sa filmographie est émaillée de nombreux prix : il fut le premier récipiendaire du César du réalisateur en 1976 pour Que la fête commence et le remportera à nouveau en 1997 pour

Continuer à lire

"Never Rarely Sometimes Always" : sois femme et tais-toi

ECRANS | De Eliza Hittman (É.-U.-G.-B., 1h42) avec Sidney Flanigan, Talia Ryder, Théodore Pellerin…

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Autumn, 17 ans, se découvre enceinte. Comme il lui semble difficile d’interrompre sa grossesse dans son patelin de Pennsylvanie, elle part pour New York accompagnée par sa cousine Skylar. Là-bas, d’autres galères l’attendent. Être femme est encore, souvent, toujours, difficile… Chronique d’une adolescence féminine dans un pays où les droits des femmes sont insidieusement entravés. Tout l’arsenal légal et médical existe de la contraception à l’interruption volontaire de grossesse ; hélas, et Autumn en fait la triste expérience, il est sciemment saboté, avec une rare perversité, par le contexte social, familial et/ou moral. Ainsi découvre-t-on qu’une mineure forcée d’avoir des relations sexuelles non consenties et se retrouvant enceinte essuie les quolibets publics du violeur, l’ignorance de sa famille, les mensonges d’une employée du planning familial outrageusement pro-life ; qu’elle doit voler son employeur pour se rendre dans un autre État afin de se faire avorter et quasiment se prostituer afin de payer l’intervention (car, évidemment, il n’y a pas de couverture sociale pour l

Continuer à lire

Jodorowsky’s Dune

Reprise | Réputé inadaptable au cinéma, "Dune", le grand roman de science-fiction, l'a pourtant été par David Lynch. Mais, avec lui, c'est le Chilien Alejandro Jodorowski qui s'y était essayé. La preuve vendredi 13 décembre au CAP (Voreppe).

Vincent Raymond | Mardi 10 décembre 2019

Jodorowsky’s Dune

Tous les arts comptent leur lot d’œuvres maudites bénéficiant, avec le temps et indépendamment de leurs qualités intrinsèques, d’un prestige supplémentaire du fait de leurs conditions de fabrication ou de réception. Au cinéma, les exemples sont hélas légion. Qu’il s’agisse des films mal reçus en leur temps pour avoir coulé producteur ou studio (La Porte du Paradis), de ceux ayant la réputation d’avoir "tué" leur vedettes (The Misfits, ayant eu raison en quelques mois de Gable et Monroe) ou pire encore, de ceux jamais tournés malgré leur attirante affiche. Ces promesses de films sont autant de frustrations pour le spectateur que de possibilités pour lui de fantasmer l'œuvre parfaite. Au reste, il vaut mieux parfois que le film demeure dans les limbes de la création, à l’instar du malheureux The Man Who Killed Don Quixote de Terry Gilliam, dont la poisseuse genèse aura au moins donné naissance à Lost in La Mancha. Le cas du Dune de Jodorowsky est différent : s'il n’a jamais vu le jour "directement", il a in

Continuer à lire

"La Source" : planche de salut

ECRANS | de Rodolphe Lauga (Fr, 1h45) avec Sneazzy, Thomas Goldberg, Christophe Lambert…

Vincent Raymond | Lundi 22 juillet 2019

Désœuvré, vivant comme une malédiction la nécessité de reprendre l’entreprise de plomberie familiale de son père défunt, Samir s’imagine un autre avenir loin de la cité, en devenant surfeur pro. Même s’il n’a jamais mis les pieds sur une planche de sa vie. Et qu’il ne sait pas nager… Du parcours "éclaboussant" de Karim Braire, le réalisateur (et surfeur) Rodolphe Lauga a ôté toute l’écume sulfureuse et le ressac saumâtre : Samir en constitue une version à la fois épurée et fictionnalisée dans le bon sens du terme, puisque seul compte le récit initiatique d’un ado refusant le déterminisme socio-familial pour s’accomplir dans une inexplicable passion, en suivant son instinct. On objectera que le schéma est classique, mais le film l’est moins, qui déroge à tous les clichés du cinéma de banlieue ou du cinéma de glisse : l’une et l’autre sont en effet considérées ici comme des éléments contextuels, non comme des prétextes à images chocs ou spectaculaires. Par ailleurs scénariste (notamment des deux derniers Canet), Lauga

Continuer à lire

"Douleur et gloire" : autoportrait de Pedro Almodóvar en vieil artiste

ECRANS | Un cinéaste d’âge mûr revisite son passé pour mieux se réconcilier avec les fantômes de sa mémoire et retrouver l’inspiration. Avec son nouveau film en compétition au Festival de Cannes, Pedro Almodóvar compose une élégie en forme de bilan personnel non définitif illustrant l’inéluctable dynamique du processus créatif.

Vincent Raymond | Mardi 14 mai 2019

Le temps des hommages est venu pour Salvador Mallo, cinéaste vieillissant que son corps fait souffrir. Son âme ne l’épargnant pas non plus, il renoue avec son passé, se rabiboche avec d’anciens partenaires de scène ou de lit, explore sa mémoire à la racine de ses inspirations… Identifiable à son auteur dès la première image, reconnaissable à la vivacité de ses tons chromatiques, mélodiques ou narratifs, le cinéma de Pedro Almodóvar semble consubstantiel de sa personne : une extension bariolée de lui-même projetée sur écran, nourrie de ses doubles, parasitant sa cité madrilène autant que ses souvenirs intimes sans pour autant revendiquer l’autobiographie pure. Pourtant, à la différence de Woody Allen (avec lequel il partage l’ancrage urbain et le goût de l’auto-réflexivité), le démiurge hispanique est physiquement absent de ses propres films depuis plus de trente ans. Il parvient cependant à les "habiter" au-delà de la pellicule, grignotant l’espace épi-filmique en imposant son visage-marque sur la majorité de l’environnement iconographique – il figure ainsi sur nombre de photos de tournages, rivalisant en notoriété avec les vedettes qu’il dirige. Pour

Continuer à lire

Benoît Poelvoorde : « Sempé observe le détail et le rend énorme »

ECRANS | En incarnant Raoul Taburin, le personnage dessiné par son idole Sempé, Benoît Poelvoorde se laisse aller à son penchant pour la tendresse. Et force sa nature en effectuant une performance physique : du sport…

Vincent Raymond | Mercredi 17 avril 2019

Benoît Poelvoorde : « Sempé observe le détail et le rend énorme »

Pensez-vous que Raoul Taburin soit un conte philosophique ? Benoît Poelvoorde : En tout cas, c’est une histoire très humaniste. Il faudrait poser la question à Sempé – moi-même j’avais envie – mais il ne répondra jamais. Pour moi, faire du vélo, c’est l’image de l’apprentissage ; faire du vélo en retirant les petites roulettes, c’est entrer dans la vie. Une fois que tu commences à pédaler, c’est exponentiel, tu vas bouger et te dire : comment ai-je pu avoir si peur ? D’ailleurs, on pourrait réfléchir : est-ce que mettre les roulettes n’encombre pas ? À force d’être tombé trois ou quatre fois, on se dit qu’on va faire du vélo uniquement pour le plaisir de ne plus tomber. Et une fois qu’on commence à pédaler, on se dit : c’était aussi con que ça ? C’est un peu comme rentrer dans l’eau froide. Alors, est-ce qu’on a fait un film philosophique ? Sempé en tout cas a fait un ouvrage philosophique. On peut le prendre comme toutes les choses très simples et universelles, de manière philosoph

Continuer à lire

"Raoul Taburin" : le supplice du deux-roues

ECRANS | De Pierre Godot (Fr, 1h30) avec Benoît Poelvoorde, Édouard Baer, Suzanne Clément…

Vincent Raymond | Mercredi 17 avril 2019

En dépit de ses efforts, et depuis son enfance, Raoul Taburin (Benoît Poelvoorde) n’est jamais parvenu à se tenir sur un vélo. L’ironie du sort fait que tous le prennent pour un crack de la bicyclette et qu’il est devenu le champion des réparateurs. L’arrivée d’un photographe dans son village va changer son destin… Cette libre adaptation de l’album illustré de Sempé ressemble à une rencontre entre L’Homme qui tua Liberty Valance (1962) (pour sa fameuse morale "Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende" condamnant certains imposteurs malgré eux à supporter leur gloire indue) avec le réalisme magique, rendant anodin le surgissement d’éléments surnaturels. Ici, la bicyclette verte de Raoul paraît douée d’une vie propre, et le feu du ciel frapper ceux à qui il s’ouvre de ses secrets. Cela pourrait aussi bien être des hallucinations ou des coïncidences ; à chacun de déterminer son seuil tolérance à la poésie. Mettre en mouvement un conte narrant l’impossibilité pour un personnage de défier la gravité sur son vélo tient de la gageure, mais Pierre Godeau relève le gant en respectant la tonalité dél

Continuer à lire

Rodolphe Burger : very "Good"

Concert | Le génial compositeur, guitariste et chanteur français sera à la MC2 mardi 11 décembre pour un concert qui promet. Et la veille au cinéma le Méliès pour présenter un documentaire le concernant.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 décembre 2018

Rodolphe Burger : very

Une approche velvetienne du blues, une certaine langueur électronique et un amour immodéré de la poésie : voilà probablement les trois piliers tenant l'œuvre du Français Rodolphe Burger depuis les premiers temps de son groupe Kat Onoma jusqu'à ses dernières productions. Et c'est ce que l'on retrouvait comme en hyper-concentration sur l'album Good, sorti début 2017, qui se présentait comme une énième manifestation de xénoglossie où la langue des poètes (celle des compères de toujours Olivier Cadiot et Pierre Alféri mais aussi de Goethe, T.S. Eliot, Deguy, Büchner et Beckett) venait une fois de plus envahir le flow chamanique de l'ermite de Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin). Un an après une précédente présentation live (à la Source), celui-ci revient dans l'agglo (cette fois à la MC2) servir un double événement autour de cet inépuisable et insondable projet. D'abord sous la forme d'une expé

Continuer à lire

"Ága" : l’arène des neiges

ECRANS | de Milko Lazarov (Bul-All-Fr, 1h37) avec Mikhail Aprosimov, Feodosia Ivanova, Galina Tikhonova…

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

Dans le Grand Nord, un couple iakoute gagné par l’âge subsiste contre vents et gelées dans la solitude de sa yourte. La chasse s’avère difficile, et la maladie ronge la femme. Entre deux discussions laconiques, il y a l’évocation nostalgique de leur fille, Ága, partie à la ville… Ága rappelle à bien des égards le cinéma intimiste français en vigueur dans les années 1980-1990, ce courant minimaliste "2 pièces-cuisine" travaillant à l’os le drame ordinaire dans la foulée du nouveau roman – l’influence camionneuse de Duras n’est pas à exclure. Il s’en détache évidemment par son déplacement en un territoire "exotique" et, surtout, par l’intégration d’éléments magiques et symboliques renvoyant cette histoire davantage au conte moderne qu’au récit réaliste. Oscillant entre blizzard et bizarre, cette quête surprend par l’intensité des émotions qu’elle dégage en peu de mots et d’images. Un dégel du cœur.

Continuer à lire

Les sept expositions qui vont rythmer la saison grenobloise

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec de la photographie, du graphisme, de l'art contemporain, de l'égyptologie ou encore des sciences de l'univers.

La rédaction | Mardi 25 septembre 2018

Les sept expositions qui vont rythmer la saison grenobloise

Les Mondes inconnus Intrigante sur le papier cette exposition baptisée Les Mondes inconnus que l'on pourra découvrir à la Casemate (le Centre de culture scientifique, technique et industrielle de Grenoble), au Muséum et à l’Observatoire des sciences de l’univers de Grenoble (sur le campus). Une triple proposition qui a pour but de faire découvrir au public (et notamment aux plus jeunes) les mystères des sciences de l'univers via, à ce qu'on nous en a dit, une scénographie ludique et interactive – comme, par exemple, un voyage dans une fusée ! Plus d'infos mi-octobre, dès que nous aurons visité tout ça. À la Casemate, au Muséum et à l'Osug du samedi 13 octobre au dimanche 28 juillet Allons voir la mer avec Doisneau De Robert Doisneau (1912 – 1994), figure majeure de la photographie humaniste,

Continuer à lire

"Mutafukaz" : ados dans le viseur

ECRANS | Retour gagnant sur grand écran pour Guillaume Renard, alias Run, qui offre de l’espace et du temps aux héros de l’univers pop-pulp-futuriste de "Mutafukaz", la série qu’il avait développée en BD. Une synthèse street-punk bariolée, avec des cafards, des mutants et de la "lucha libre".

Vincent Raymond | Mardi 22 mai 2018

Dark Meat City. Livreur de pizzas parfumé à la lose, Angelino voit sa vie changer le jour où, après avoir un peu trop maté une belle donzelle, il percute un camion. Une armée de tueurs détruit son taudis, le forçant à partir en cavale avec son coloc’. Au passage, il se découvre des pouvoirs… Apparue avec le millénaire et son cortège de néo-usages techno-ludiques, la maison Ankama héberge une flopée de séries transmédia qui, fort logiquement, trouvent au cinéma un terrain de jeu supplémentaire. Après le réussi Dofus, livre 1 : Julith (hélas passé un peu inaperçu lors de sa sortie en 2016), voici donc un nouvel objet pop-fusion post-moderne tiré de cette galaxie aux inspirations multiples et débridées : entre l’anticipation et la dystopie, la jungle urbaine peuplée d’aliens "undercover" visant à prendre le contrôle de la planète en asservissant les humains rappelle le John Carpenter de Invasion Los Angeles. Hybrides débridés Mais auss

Continuer à lire

Isaac Delusion, Moodoïd et MNNQNS vont payer leur Ricard (ou presque)

Concert | Fêtant ses 30 ans, la tournée Ricard SA Live Music repasse par Grenoble avec, selon la formule consacrée, deux valeurs sûres du rock indé français (Isaac Delusion et Moodoïd) et sa révélation de l'année 2018 (MNNQNS). Rendez-vous mercredi 25 avril à la Belle électrique, en mode gratuit.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 avril 2018

Isaac Delusion, Moodoïd et MNNQNS vont payer leur Ricard (ou presque)

Si la Société Ricard Live Music fête ses 30 ans, la formule de la tournée proposée aujourd'hui ne date, elle, que de 2010. Peu importe, on ne refuse jamais un anniversaire. Cette formule, les amateurs d'indie-music (et d'événements sponsorisés) la connaissent aussi bien que celle du restaurant où l'on mange chaque midi. C'est même inscrit sur la carte : « le meilleur de la scène indépendante française ». C'est pour cela qu'on vient et, dans certains cas, c'est pour cela qu'on reste et même qu'on revient : dix concerts gratuits ouverts par le lauréat du grand casting annuel et national. Le tout porté par la célèbre marque d'anisette. Cette année, c'est le groupe MNNQNS (photo), à ranger dans la catégorie des formations traumatisées par le "consonne-voyelle" de l'émission Des chiffres et des lettres (avec BRNS, MGMT, SBTRKT, MSTRKRFT, STRFKR et bien d'autres). Un quatuor rouennais mais un projet né au Pays de Galles à l'initiative de son chanteur autour de l'idée d'un revival new-yorkais qui n'en serait pas un (il faut suivre) mais qui irait de l'âge d'or du CBGB (un club de Manhattan) à Interpol en passant par les Strokes, forcément.

Continuer à lire

Quand le cinéma brûle d’amour grâce à Almodóvar

Soirée cinéma | Rendez-vous mercredi 14 février (oui, jour de la Saint-Valentin) à l'Espace Victor-Schoelcher de Seyssins pour le constater.

Aurélien Martinez | Mardi 6 février 2018

Quand le cinéma brûle d’amour grâce à Almodóvar

Il y a plusieurs façons de passer une bonne Saint-Valentin. Celles et ceux qui ont concocté la saison culturelle commune des villes de Seyssinet-Pariset et Seyssins ont visiblement pensé qu’un 14 février parfait se déroulerait devant un écran de cinéma, et avec deux grands films du tout aussi grand réalisateur espagnol Pedro Almodóvar. À savoir Volver, succès critique et public à sa sortie en 2006 avec une Penélope Cruz royale, et le plus vieux (1989) mais plus culte Femmes au bord de la crise de nerfs. Plus culte puisqu’il correspond à la période moins institutionnelle et plus débridée (voire vaudevillesque) de l’Espagnol, fer de lance de la fameuse Movida des années 1980, lorsque le corset dans lequel le feu dictateur Franco tentait de maintenir l’Espagne a craqué de tous les côtés dans une impressionnante et foutraque vague créatrice. Avec, au centre de ce récit à plusieurs entrées, la grandiose Carmen Maura (photo), égérie almodovarienne par excellence que l’on retrouve d’ailleurs dans Volver, film avec lequel elle signa son grand retour dans la galaxie du cinéaste après plus de 15 ans d’

Continuer à lire

"Graphies du déplacement" : paysages de traverse par Mathias Poisson

Exposition | C’est parti pour la saison 2 de la manifestation iséroise Paysage > Paysages, consacrée cette année à l’hiver. Avec des rencontres, des conférences, des balades, des spectacles ou encore des expositions, comme celle de Mathias Poisson en ce moment au Vog. L’artiste investit ainsi le centre d’art de Fontaine trois mois durant (le temps d’une saison) avec des "Graphies du déplacement" offrant une promenade aux multiples sentiers et, surtout, un autre regard sur le paysage.

Charline Corubolo | Mardi 9 janvier 2018

À travers la marche, l’artiste Mathias Poisson éprouve le territoire pour une expérience artistique polymorphe dans laquelle la représentation a posteriori de la promenade est intrinsèquement liée à la mémoire sensitive du corps dans l’espace parcouru. Une démarche du ressenti où se mêlent crayonnés, photographies et performances retraçant la déambulation réalisée par l’artiste, seul ou en groupe. Le plasticien, performeur et dessinateur élabore ainsi des cartographies urbaines faites de rencontres, d’objets glanés et d’impressions corporelles retranscrits dans des cartes subjectives se dévoilant actuellement dans l’architecture déambulatoire du centre d’art le Vog. Des Graphies du déplacement présentées en deux temps afin d’offrir une réalité in situ de l’environnement : actuellement et jusqu’au 2 mars, l’exposition propose une sélection d’œuvres antérieures parcourant diverses villes du globe pour une mise en marche au cœur de la cartographie subjective de l’artiste. Le reste du mois de mars s’intéressera ensuite aux terres environnantes avec des

Continuer à lire

Les 5 expositions qui vont marquer le début d'année 2018

Panorama de rentrée culturelle | Avec des chefs-d’œuvre dessinés au Musée de Grenoble, des archives olympiques au Musée dauphinois ou encore de drôles de sculptures à SpaceJunk.

Charline Corubolo | Mardi 9 janvier 2018

Les 5 expositions qui vont marquer le début d'année 2018

Graphies du déplacement À travers la marche, l’artiste Mathias Poisson éprouve le territoire pour une expérience artistique polymorphe dans laquelle la représentation a posteriori de la promenade est intrinsèquement liée à la mémoire sensitive du corps dans l’espace parcouru. Une démarche du ressenti où se mêlent crayonnés, photographies et performances retraçant la déambulation réalisée par l’artiste, seul ou en groupe. Plus d'informations sur ces Graphies du déplacement en deux temps dans cet article. Au Vog Fontaine jusqu’au samedi 31 mars Group Show En guise de bonnes résolutions artistiques, la

Continuer à lire

PB d'or 2017 : expo

C'était 2017... | Avec une artiste dont on va entendre de plus en plus parler et une nouvelle galerie qui a vite su s'imposer.

Charline Corubolo | Mardi 19 décembre 2017

PB d'or 2017 : expo

Le PB d’or de l’artiste-sorcière : Alice Assouline C’est lors d’une partie de Chasse picturale en début d’année à l’Espace Vallès que nous avons découvert le travail d’Alice Assouline. À la surface de ses grandes toiles se confrontaient cauchemar et féerie à coups de pinceaux mystiques. Des narrations figuratives irréelles illustrant les contes populaires glanés par l’artiste au gré de ses déambulations. Diplômée de l’école des Beaux-Arts de Grenoble, faisant ses premières armes artistiques dans la performance, elle a continué son chemin et fait évoluer sa pratique cette même année au sein de la galerie Marielle Bouchard. Avec son exposition Gravité en octobre dernier, les détails contés de ses peintures se sont extraits du cadre pour envahir l’environnement. Entre sculptures et installations, le folklore se mue en un véritable décorum imaginaire o

Continuer à lire

Les 8 expositions à (re)voir pendant les vacances de Noël

ARTS | Comme il ne se passe pas grand-chose de culturel à Grenoble et dans l’agglo pendant les fêtes, voici une sélection d’expositions phares des derniers mois encore à l’affiche pendant ces vacances. Suivez-nous, et surtout prenez le temps de flâner.

Charline Corubolo | Mardi 19 décembre 2017

Les 8 expositions à (re)voir pendant les vacances de Noël

Daniel Dezeuze, une rétrospective Au Musée de Grenoble L’art de la rétrospective est délicat, mais lorsque Daniel Dezeuze et le Musée de Grenoble s’en emparent, il est magnifié. Dévoilant 50 ans de création, des premières sculptures aux œuvres les plus récentes avec le mystère des Tableaux-Valises, le parcours met en exergue la poésie dans l’œuvre de l’artiste français. Cherchant à saisir l’insaisissable, Daniel Dezeuze offre une visite sur le fil de la légèreté, de ses expérimentations au sein du mouvement Supports/Surfaces à la finesse graphique de la Vie amoureuse des plantes. Un ensemble éclectique et pourtant cohérent, permettant à la chronologie de se réinventer à chaque fois, entre figuration et abstraction. Une exposition de premier plan pour un artiste qui a fait (et fait toujours) la scène artistique contemporaine. Tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h30 Fermeture les 25 décembre et 1er janvier

Continuer à lire

"Good" : un bon (Rodolphe) Burger

MUSIQUES | Voix de stentor, tempo au bord de l'arrêt cardiaque : le guitariste et chanteur français continue, avec son énième album en date, à distiller son blues velvetien. Ou devrait-on dire burgerien, comme on s'en rendra compte jeudi 16 novembre sur la scène de la Source.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 novembre 2017

Exégète inépuisable du Velvet, collaborateur frénétique, maniaque de la reprise (y compris de ses propres titres ou de ceux du groupe qui l'a fait connaître, feu Kat Onoma) féru de création live sous toutes sortes de formes : le guitariste et chanteur alsacien Rodolphe Burger est à ce point barré en permanence sur plusieurs fronts qu'on en oublierait presque qu'il mène aussi une carrière discographique solo faites d'albums originaux. Si l'on s'en tient à ce seul critère, cela fait neuf ans que Burger, loin pourtant d'avoir chômé, n'avait pas livré ce genre d'albums, depuis No Sport, en 2008. Jusqu'à ce Good donc. Sauf que, même en solo, Burger n'est jamais tout seul, convoquant toujours ses poètes préférés. Samuel Beckett, pour le morceau-titre, côtoie ainsi Pierre Alféri et Olivier Cadiot (deux complices de longue date de Burger) ou T.S. Eliot et son poème The Waste Land. De fait, la formule de l'alchimiste alsacien, si connu pour transformer le rythme de la poésie en boucles musicales hypnotiques, ne change guère : sa guitare blues et velvetienne, sa voix profonde de crooner fantomatique caressent les mots

Continuer à lire

Peter Bauza : « Représenter la part obscure du Brésil »

Exposition | À travers un portrait sensible des habitants des ruines d’un projet immobilier en périphérie de Rio de Janeiro, où se mêlent les couleurs de l’espoir et la frontalité abrupte de l’abandon, le photojournaliste allemand Peter Bauza révèle un récit contemporain à la narration complexe. Invité d’honneur de la cinquième édition du Mois de la photo portée par la Maison de l’Image, il nous explique sa vision du métier et dévoile les dessous de sa série "Copacabana Palace".

Charline Corubolo | Mardi 7 novembre 2017

Peter Bauza : « Représenter la part obscure du Brésil »

Vous étiez à vos débuts photographe, puis vous êtes devenu photojournaliste. Qu’est-ce qui a enclenché ce changement ? Peter Bauza : Le monde de la photographie a changé. Beaucoup d’entre nous ont commencé comme photographe : on recevait des commandes, on faisait cette photo, puis celle-ci. Aujourd’hui, quand on fait un travail sur des sujets importants, ce n’est pas suffisant de faire seulement des photos. Il faut comprendre le contexte, l’histoire, choisir ce que l'on veut montrer dans le monde et écrire sur ce que l’on voit. Je suis devenu photojournaliste avec le temps parce que c’est une pratique beaucoup plus riche qui permet d’écrire des histoires sur des personnes, sur des moments… On donne la voix par la photo et le texte. Chaque image a une histoire à raconter. Dans l’Ancien musée de peinture de Grenoble, vous présentez une série intitulée Copacabana Palace. Comment est né ce projet ? J’étais en train de chercher un projet au Brésil qui montre la transformation du pays avant les Jeux olympiques de 2016. En arriv

Continuer à lire

Daniel Dezeuze : « Il faut garder du mystère dans toute œuvre »

Exposition | La nouvelle exposition du Musée de Grenoble, qui ouvre ses portes samedi 28 octobre, met à l’honneur le Français Daniel Dezeuze en balayant 50 ans de création, de ses premières œuvres aux plus récentes en passant par les explorations au sein du groupe Supports/Surfaces et son abondante production graphique. Artiste majeur de la scène contemporaine, il nous donne rendez-vous au cœur d’une poétique insaisissable où l’art est synonyme de légèreté. Rencontre avec un peintre de l’espace et visite guidée en amont de cette rétrospective.

Charline Corubolo | Mardi 24 octobre 2017

Daniel Dezeuze : « Il faut garder du mystère dans toute œuvre »

La rétrospective que vous consacre le Musée de Grenoble couvre 50 ans d’une création polymorphe. Comment avez-vous travaillé pour rendre compte, avec cohérence, de la pluralité de votre dessein artistique ? Daniel Dezeuze : On suit un mouvement chronologique à partir de 1967 jusqu’à 2017. 50 ans de travail, c’est une trajectoire d’endurance, surtout quand on n’est pas enfermé dans un seul style, dans la répétition, comme le sont souvent les peintres de ma génération. Ça suppose qu’on passe par des moments qui sont d’une autre essence. Cependant, il y a des constantes comme "l’ajoure", ce qui donne de la cohérence. Il y en a beaucoup dans les surfaces traitées, ce qui suppose un jeu vertical avec le mur. L’accrochage doit donc se faire sur des murs blancs pour que "l’ajoure" puisse prendre toute sa force. Le parcours s’ouvre avec des œuvres qui s’appliquent à déconstruire les éléments constitutifs d’un tableau : le châssis, la toile, la couleur

Continuer à lire

La poésie bricolée de Daniel Dezeuze s'affiche au Musée de Grenoble

Exposition | On a visité l'exposition avant son vernissage le vendredi 27 octobre au soir.

Charline Corubolo | Mardi 24 octobre 2017

La poésie bricolée de Daniel Dezeuze s'affiche au Musée de Grenoble

Souffler des émotions, des impressions et invoquer un imaginaire sur le fil de la sensibilité est un caractère propre à la poésie. Cette inspiration créative innerve la démarche artistique de Daniel Dezeuze, de ses premières œuvres Châssis en 1967 qui proclamaient la fin de la peinture classique aux dessins de La vie amoureuse des plantes dans les années 1990 où la liberté et la spontanéité du geste primaient, pour un ensemble qui efface les images au profit d’une mise à nu évanescente. Tantôt lyrique, tantôt théorique, cette poésie s’applique à épurer le réel dans la pratique de l’artiste, offrant de multiples portes d’entrée. De fait, le parcours chronologique de l’exposition du Musée de Grenoble ne souffre d’aucun didactisme répétitif, Daniel Dezeuze fonctionnant par cycle de recherches pour une œuvre mouvante qui opère de manière intrinsèque des correspondances entre les différentes pièces. Ainsi les châssis et les treillis des débuts, qui font disparaître la peinture, r

Continuer à lire

"Gravité" : les tentacules légendaires d'Alice Assouline

Exposition | Telle une pieuvre mystique nourrie aux contes populaires, l’œuvre d’Alice Assouline déploie ses différentes narrations dans l’espace comme autant de tentacules fictionnelles faites de peintures et de sculptures. Après sa "Chasse" à l’Espace Vallès en février dernier, l’artiste investit actuellement, avec "Gravité", la galerie Marielle Bouchard.

Charline Corubolo | Mardi 17 octobre 2017

Évoluant à ses débuts dans la performance où se mélangeaient sonorités ambiantes et décorum aux allures de messes mystiques, Alice Assouline est revenue au fil de ses résidences à ses premières inclinaisons plastiques : la peinture. Une pluralité artistique qui trouve aujourd’hui une pleine cohérence dans son œuvre où l’acte performé s’est récemment mué en sculpture, objets extraits de l’espace peint par l’artiste. Des toiles elles-mêmes nourries par des paroles glanées, suc de sombres contes populaires, au gré de ses déplacements. Un dessein créatif où le réel se frotte avec inquiétude au fantastique, déployant des univers graves aujourd’hui présentés à la galerie Marielle Bouchard sous le titre de Gravité. Mais cette gravité tient surtout d’une irrémédiable attraction mystérieuse qui nous fait pénétrer, glisser, dans les environnements surréalistes esquissés par Alice Assouline, panorama de paysages flirtant avec des fantasmes cauchemardesques. Récolte picturale Ca

Continuer à lire

Festival Les Belles Journées : oh les beaux jours berjalliens

Musique | Zoom enthousiaste sur la nouvelle édition du festival de Bourgoin-Jallieu organisée vendredi 8 et samedi 9 septembre. Un événement qui « souhaite défendre la fine fleur du rock indépendant français et de la chanson, dans une ambiance conviviale et festive ».

Stéphane Duchêne | Mardi 5 septembre 2017

Festival Les Belles Journées : oh les beaux jours berjalliens

C'est un peu comme une pré-rentrée. En attendant que les Abattoirs de Bourgoin-Jallieu ne rouvrent leurs portes pour une saison qui promet quelques beaux moments, le festival de rock français Les Belles Journées, sis lui aussi à Bourgoin, s'occupe des derniers beaux jours (même s'il est devenu plus qu'évident qu'il y a de moins en moins de saison) en marquant la reprise. Et de quelle manière ! Car les deux soirs du "petit" festival du Parc des Lilattes s'annoncent appétissants. Le premier aura une forte odeur de blues avec Butch McKoy, blues (donc) sépulcral à cheval sur la dépouille de Johnny Cash et les esprits de Nick Cave et de David Eugene Edwards (16 Horsepower, Wovenhand), et les Mountain Men de Mathieu Guillou. Quant aux caméléons de Nouvelle Vague (on rappelle le principe : des reprises bossa nova de tubes new wave mais aussi, depuis peu, quelques compositions), ils ne devraient toutefois pas avoir de mal à se faire une tête de tête d'affiche. Le lendemain, le prodige folk lyonnais Raoul Vignal et le bluesman velveto-alsacien Rodolphe Burger feraient

Continuer à lire

La prochaine exposition du Musée de Grenoble sera consacrée à Daniel Dezeuze

Annonce | De châssis dénudés en crayonnages poétiques, le Français Daniel Dezeuze, né en 1942, a esquissé une œuvre à la cohérence plastique prégnante où se loge au creux des (...)

Charline Corubolo | Vendredi 21 juillet 2017

La prochaine exposition du Musée de Grenoble sera consacrée à Daniel Dezeuze

De châssis dénudés en crayonnages poétiques, le Français Daniel Dezeuze, né en 1942, a esquissé une œuvre à la cohérence plastique prégnante où se loge au creux des interstices abstraits une réflexion sur la peinture, entre évidence et complexité du médium. Une question poussée à son paroxysme au sein du groupe Supports/Surfaces en 1970, dont il fût l’un des membres fondateurs. Questionnant le devenir de cette matérialité et sa place dans l’art, l’artiste met à nu ses tableaux, fait rentrer des objets dans l’œuvre et explore la toile à travers le dessin. C’est cet ensemble riche et déterminant pour l’art français que le Musée de Grenoble entend mettre en lumière avec une rétrospective dévoilant les premiers travaux de l'artiste datant du milieu des années 1960 jusqu’aux pièces les plus récentes pour un panorama d’une cinquante d’années de création. Une rentrée artistique qui s’annonce plus des séduisantes, et indispensable. Daniel Dezeuze, une rétrospective Au Musée de Grenoble du 28 octobre 2017 au 28 janvier 2018

Continuer à lire

The Monsters : monstres academy

Rock | Mercredi 26 avril, la Belle électrique accueille The Monsters, groupe culte de rock'n'roll garage. Pourquoi c'est culte ? Bah lisez cet article pour le savoir !

Stéphane Duchêne | Mardi 18 avril 2017

The Monsters : monstres academy

« Des disques pour foutre en l'air toutes vos fêtes. » « Nous transformons n'importe qui en junkie. » « Si c'est trop fort c'est que t'es trop vieux. » Joyeux trentenaire, le label helvète Voodoo rhythms s'est souvent fendu de punchlines destinées à faire fuir le badaud qui aurait poussé par hasard la porte de cette petite boutique des horreurs. Des avertissements qui, pour l'effrayant Reverend Beat-man (de son vrai nom Beat Zeller), à la tête de cette diabolique maison, ont aussi valeur de psaumes comme on en trouve à l'entrée de certains temples, susceptibles d'attirer religieusement les adeptes qui n'auraient que faire de la préservation de leur âme. Et même d'en abriter certains puisque sa chapelle toujours ardente a révélé et accueilli des groupes de premiers plans (dont nos chouchous de Mama Rosin). Mais la vitrine de Voodoo reste ces bien nommés The Monsters, la trentaine eux aussi et créature du Révérend lui-même, q

Continuer à lire

"Déambulation" : la note d’intention de la galerie Marielle Bouchard

Galerie | Début mars, l’art contemporain s’est infiltré rue Pierre Termier (Grenoble) avec l’ouverture de la galerie Marielle Bouchard. Pour cette inauguration, l’exposition "Déambulation" présente les 12 artistes que le lieu défendra dans les mois à venir. Une première proposition pensée comme une invitation dans l’univers de ce nouvel espace dédié à l’art.

Charline Corubolo | Mardi 21 mars 2017

Plus qu’une inauguration, l’exposition Déambulation s’affiche tel un manifeste, une note d’intention des ambitions portées par la galerie Marielle Bouchard. Ouvert le 9 mars dernier, le lieu entend défendre un art contemporain émergeant avec une volonté d’éclectisme. À cet effet, la première exposition dévoile les 12 artistes que la galerie souhaite soutenir en ses murs. Véritable invitation à l’évasion plastique, la visite offre un regard foisonnant sur la création d’aujourd’hui avec une multitude de médiums représentés : la photographie picturale de Hesse & Romier, la sérigraphie nostalgique de Wandrille Duruflé, les dessins muraux de Géraldine Pastor Lloret, la peinture sous plexiglas de Muriel Rodolosse, l’autofiction photographique de

Continuer à lire

"Les Figures de l'ombre" : et encore un biopic gros sabots

ECRANS | de Theodore Melfi (É-U., 2h06) avec Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe, Kevin Costner…

Vincent Raymond | Mardi 7 mars 2017

Les Figures de l’ombre, c'est la trajectoire de Katherine Johnson, Dorothy Vaughan et Mary Jackson, brillantes mathématiciennes à la NASA durant les années 1960, dont les contributions permirent à l’aérospatiale d’effectuer des avancées décisives. Tout en combattant la ségrégation au quotidien, car elles étaient noires… Alors que la société étasunienne semble n’avoir jamais été autant proche de succomber à ses pulsions rétrogrades, Hollywood continue de produire des biopics édifiants et formatés, idéalisant (héroïsant parfois) des personnalités issues de la société civile. Quand Jeff Nichols ose le drame réaliste et pudique avec Loving, Theodore Melfi chausse les gros sabots d’une hagiographie convenue, farcie de répliques sur-écrites pour donner une apparence de comédie, de retournements moralisateurs ainsi que de personnages secondaires tellement archétypiques et manichéens qu’on n’imagine même plus les trouver dans des scripts d’apprentis scénaristes.

Continuer à lire

Alice Assouline et Line Orcière, prêtresses de mythes

Exposition | Comme dans une traque picturale aux confins des mythes collectifs, Alice Assouline et Line Orcière explorent les légendes peintes sur nos inconscients. De lieux supposés hantés en chasses sauvages, les deux artistes mènent une quête fantasmagorique par la peinture. Une "Chasse" commune au cœur d’un quotidien légendaire à découvrir à l’Espace Vallès.

Charline Corubolo | Jeudi 16 février 2017

Alice Assouline et Line Orcière, prêtresses de mythes

Elles ont fait leurs armes aux Beaux Arts de Grenoble, ont le même âge et, d’une certaine manière, déploient un dessein commun dans leur investissement pictural. Alice Assouline et Line Orcière se différencient cependant dans la façon d’éprouver la matière et dans l’exploration des mythes et légendes, bien qu’elles fassent appel toutes deux à une sorte d’inconscient collectif du conte. Quand Alice Assouline n’investit pas le champ de la performance par des nappes musicales teintées d’ambient, elle s’immerge dans l’environnement lors de ses résidences pour en extraire la quintessence imaginaire des lieux. Line Orcière, quant à elle, use de la peinture pour, à travers le monde animal, révéler l’ambigüité d’une civilisation à la lisière du sauvage. À l'Espace Vallès qu'elles occupent en ce moment, la première dévoile ainsi des toiles à la peinture à l’huile, tandis que la seconde déroule une pratique plus diverse entre peintures in situ, taxidermie et toiles au stylo Bic. Les deux artistes sillonnent toutefois une thématique commune, partant en quête de mirages à l’essence quasi réelle, qui donne toute la cohérence à cette expo

Continuer à lire

Oh, les amoureux !

ECRANS | Que faire lorsqu'on est en couple et cinéphile — mais aussi quand on est cinéphile et en quête de l’âme sœur ? Se rendre dans une salle obscure, pardi ! (...)

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

Oh, les amoureux !

Que faire lorsqu'on est en couple et cinéphile — mais aussi quand on est cinéphile et en quête de l’âme sœur ? Se rendre dans une salle obscure, pardi ! Chacun(e) vous le dira : c’est le meilleur endroit pour vivre une histoire passionnée ou, à défaut, passionnante. Alors, si vous promenez vos guêtres du côté de Seyssins, le 14 février prochain, jour de la Saint-Valentin, plongez dans un grand bain d’affection et de tendresse, seul(e) ou accompagné(e), grâce au double programme consacré à Wes Anderson : vous en sortirez réconcilié avec la vie et scotché à votre galant(e). Avec À bord du Darjeeling limited (2008), vous suivrez une fratrie en train de se rabibocher à l’occasion d’un voyage de deuil dépaysant ; et dans le somptueux La Vie aquatique (2005) — vrai faux biopic de Cousteau plus crédible et poétique que L’Odyssée (2016) — vous partagerez le quotidien d’un impavide explorateur des hauts fonds, Steve Zissou, incarné par le non moins impassible Bill Murray, su

Continuer à lire

La montagne de bulle en bulle au Musée de l'Ancien Évêché

ARTS | C’est au cœur des montagnes que le 9e art a fait ses premières bulles. Presque deux siècles plus tard, c’est aux pieds de ces dernières que cet art, la bande dessinée, s’expose de planches colorées en crayonnés noirs pour mettre en vignette les rapports entre l’homme et les cimes. Une ascension délicieuse, à réaliser au Musée de l’Ancien Évêché.

Charline Corubolo | Lundi 12 décembre 2016

La montagne de bulle en bulle au Musée de l'Ancien Évêché

Remplir les bulles de sommets, cela fait longtemps que les dessinateurs et scénaristes s’y appliquent. Le premier en date est le Suisse Rodolphe Töpffer qui, en 1827 dans les Alpes, s’adonne à un nouvel exercice, celui d’une narration par planches dessinées. Avec ses Amours de monsieur Vieux Bois, la bande dessinée voit s'esquisser ses premières vignettes en même temps que l’homme arpente les montagnes, l’exploration des massifs traduisant les changements sociétaux d’une modernité en marche. Un bouleversement dont s’emparent les auteurs, comme Aristide Perré avec Poucette Trottin ou encore Émile-Joseph-Porphyre Pinchon avec sa fameuse Bécassine. Une recherche des différentes représentations de cette nature toujours d’actualité, qu’elle soit lieu de conquête ou élément personnifié, que le Musée de l’Ancien Évêché déploie entre ses murs grâce à une scénographie subtile le long de l’exposition Pic & bulle, la montagne dans la BD. Avec pas moins de 90 auteurs, 200 planches originales, 15 albums historiques et 62 rep

Continuer à lire

Théâtre : les temps forts de la saison grenobloise

Panorama 2016/2016 | Pour cette saison 2016/2017, on vous a concocté un programme varié entre spectacles coups de poing, aventures atypiques et classiques rassurants. Suivez-nous, que ce soit à la MC2, à l'Hexagone, au Théâtre de Grenoble, à la Rampe, à la Faïencerie, au Théâtre en rond...

Aurélien Martinez | Jeudi 13 octobre 2016

Théâtre : les temps forts de la saison grenobloise

LA 432 « Un spectacle intelligent pour ceux qui ne veulent pas réfléchir » : voilà comment les légendaires Chiche Capon présentent leur LA 432, que l’on a classé en théâtre parce qu’il faut bien le mettre quelque part. Sauf que c’est beaucoup plus que ça : un déferlement burlesque et musical (leur ritournelle Planète Aluminium reste très longtemps en tête) porté par des comédiens clownesques survoltés qui n’hésitent pas à secouer le public (ou à lui taper dessus). Joyeusement régressif ! Au Théâtre municipal de Grenoble mardi 22 novembre ________ Fables Un spectacle où certaines fables de Jean de La Fontaine (1621 – 1695) sont mises en scène par deux joyeux comédiens qui s’amusent véritablement à camper les différents animaux

Continuer à lire

Le Mois de la photo, « une recherche d’accessibilité »

ARTS | L’année dernière, le Mois de la photo avait séduit notre regard avec, notamment, les clichés de Vivian Maier. Il revient le 14 septembre à l'Ancien musée de peinture en mettant à l’honneur l'Italien Gabriele Basilico et entend donner encore plus de place aux photographes. Rencontre avec Marianna Martino de la Maison de l’Image, structure porteuse de l'événement.

Charline Corubolo | Vendredi 9 septembre 2016

Le Mois de la photo, « une recherche d’accessibilité »

« On pense qu’il y a une nécessité à donner un peu plus d’espace à de grands photographes mais également à des talents émergeants à Grenoble » nous explique Marianna Martino, chargée de coordination des expositions et de la communication à la Maison de l’image. Tel est donc le leitmotiv de cette quatrième édition du Mois de la photo, avec un photographe à l'honneur et la présentation de jeunes artistes. Après Vivian Maier, c’est l’Italien Gabriele Basilico (1944 – 2013) et son exploration de l’environnement urbain qui sont mis en avant. Inaugurée vendredi 16 septembre à l’Ancien musée de peinture, l’exposition présente également sept autres photographes, dont deux Italiens. « On a décidé de travailler sur la thématique du paysage car on a participé à l’événement Paysage-Paysages [proposition artistique développée sur le département de l’Isère – NDLR]. Par ailleurs, on est en lien avec l’association

Continuer à lire

"Julieta" : Almodóvar se met à nu

ECRANS | de Pedro Almodóvar (Esp., 1h36) avec Emma Suárez, Adriana Ugarte, Daniel Grao…

Vincent Raymond | Mercredi 18 mai 2016

Accrochant un nouveau portrait de femme abattue aux cimaises de sa galerie personnelle, le cinéaste madrilène semble avoir concentré sur cette malheureuse Julieta toute la misère du monde. Avec son absence de demi-mesure coutumière, Almodóvar l’a en effet voulue veuve, abandonnée par sa fille unique, dépressive, en délicatesse avec son père et rongée par la culpabilité. Un tableau engageant – qui omet de mentionner son amie atteinte de sclérose en plaques… Construit comme une lettre à l’absente, Julieta emprunte la veine élégiaque de l’auteur de La Fleur de mon secret. On est très loin des outrances, des excentricités et des transgressions des Amants passagers (2013), son précédent opus façon purge s’apparentant à un exercice limite de dépassement de soi – et qui s’était soldé par un colossal décrochage. Revenu les pieds sur terre, Almodóvar se met ici au diapason de sa bande originale jazzy : en sourdine. Au milieu de ce calme relatif, seules les couleurs persistent à crier – les personnages et le montage faisan

Continuer à lire

Jodorowsky's Dune

ECRANS | de Frank Pavich (É.-U., 1h30) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Jodorowsky's Dune

Faut-il remercier Pavich, ou bien le maudire d’avoir permis à Jodorowsky de dévoiler les coulisses de son film maudit Dune ? Restée à l’état de projet très avancé, cette adaptation du roman de Frank Herbert avait tout pour devenir l’œuvre prophétique qu’il ambitionnait : un credo artistique, des moyens considérables alloués par un producteur esthète, un contexte mystique favorable (nous somme en 1975) et une distribution réunissant The Pink Floyd, Dalí, Welles ou Mick Jaeger… À ce stade, on est déjà à l’agonie ; “Jodo” nous achève en expliquant la genèse de son armée de “guerriers” (Mœbius, Dan O’Banon, Giger…). Si son Dune n’a pas vu le jour, ce qui faisait son ferment (à défaut d’épice…) a ensemencé toute la SF des années suivantes, de Alien à Matrix. En cela, le projet initial de révolutionner l’histoire du cinéma a bien été accompli… sans que “Jodo” n’ait eu besoin de recourir lui-même à la pellicule, comme un contributeur de l’ombre. Ce documentaire lui renvoie l’ascenseur et la lumière : à l’instar de Lost in la Mancha consacré au désastre du Don Quichotte de Terry Gilliam, Jodorowsky’s Dun

Continuer à lire

Désir de cinéma d'ailleurs au festival Ojoloco

ECRANS | Zoom sur la programmation de la quatrième édition du festival du cinéma ibérique et latino-américain. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Désir de cinéma d'ailleurs au festival Ojoloco

Les États-Unis ayant rétabli les relations diplomatiques avec Cuba, l’ostracisme politique à géométrie variable comme le blocus hypocrite dont souffrent l’île ne devraient plus en avoir pour très longtemps – guère davantage que le régime castriste, en somme… Parmi les (nombreuses) heureuses conséquences, la diffusion des œuvres cinématographiques cubaines en sera mécaniquement facilitée. Déjà peu nombreuses, elles sont compliquées à obtenir ; c’est pourquoi la programmation du très rare film d’animation Vampires à la Havane (1985) de Juan Padrón, et la carte blanche accordée à ses courts-métrages (en sa présence !), font déjà de cette édition d’Ojoloco un must. On complètera la vision fantaisiste de Padrón par celle, plus contemporaine et documentaire, de Léa Rinaldi dans Esto es lo que hay, montrant qu’il est difficile de contester par la musique au pays de Raúl et Fidel. Mais Ojoloco ne se

Continuer à lire

Bolle-Reddat magnifie le Godot de Fréchuret

SCENES | Cinq mois après la version magistrale de "Godot" par Jean-Pierre Vincent (à la MC2), le Grand angle de Voiron reçoit celle du Stéphanois Laurent Fréchuret : si le casting est plus inégal, la vivacité et la férocité de l’époustouflant texte de Beckett sont bien là. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 2 février 2016

Bolle-Reddat magnifie le Godot de Fréchuret

En attendant Godot est un grand Beckett. Plus puissant que Fin de partie ou Premier amour qui tournent partout, c’est un véritable chef-d’œuvre, parfaite alchimie entre une désespérance profonde et un espoir ultime, celui d’être ensemble, toujours, même – et surtout – face à l’inéluctable. Laurent Fréchuret n’a pas souhaité faire le malin face à ce texte-monstre, bien lui en a pris : il suit les très précises indications que Beckett a livrées en didascalies. C’est dans ces contraintes qu’il trouve la liberté de rire. Pour cela, le Stéphanois a convoqué un acteur immense, Jean-Claude Bolle-Reddat. Parfait Estragon qui, entre mille autres choses, a été membre de la troupe du Théâtre National de Strasbourg époque Martinelli et a joué au cinéma sous l’œil de François Ozon (Une nouvelle amie). En une fraction de seconde, Bolle-Reddat est juste : il tiendra cette tension deux heures durant, comme tombé de la lune et bien arrimé à cette terre d’où plus rien ne vient, surtout pas Godot. Face à lui, David Houri (Vladimir) joue moins

Continuer à lire

Un grand Godot est arrivé grâce à Jean-Pierre Vincent

SCENES | Parfois, une très grande mise en scène fait entendre un classique comme pour la première fois. C’est le cas de cette version d’"En attendant Godot" par Jean-Pierre Vincent. Un travail humble et de haute précision au service d’une œuvre-monstre. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 6 octobre 2015

Un grand Godot est arrivé grâce à Jean-Pierre Vincent

Ils attendent Godot qui ne viendra pas. Fermer le ban ? Non, évidemment pas ! Jean-Pierre Vincent, du haut de sa longue carrière de metteur en scène et de directeur du must de la scène française (TNS, Comédie-Française, Amandiers-Nanterre), possède la sagesse d’écouter Beckett nous parler. L’auteur irlandais, qui écrivait là sa première pièce en langue française, est réputé pour avoir tant semé de didascalies que la marge de l’homme de plateau est réduite à sa portion congrue. Plutôt que d’y voir une obligation castratrice, Vincent a trouvé dans ce respect qui ne vire jamais à la déférence sa plus grande liberté. Et rend à Beckett sa part de drôlerie souvent absente dans les autres adaptations. Oui, on rit avec Vladimir et Estragon. Égarés dans la « tourbière », ils n’ont plus la notion du temps. « Tu dis que nous sommes venus hier soir – Je peux me tromper. » Sans jamais dater ou situer son action, Beckett, qui publie ce texte en 1948, dit en creux à quel point la Seconde Guerre mondiale et Hiroshima ont anéanti la sensation même d’être au monde. Alors tous se raccrochent aux sensations physiques. Estragon a mal aux

Continuer à lire

Théâtre : les dix pièces à voir cette saison

SCENES | Du théâtre contemporain, du classique ; des metteurs en scène stars, des plus confidentiels ; des pièces avec plein de comédiens, d'autres avec beaucoup moins de monde... Voici les coups de cœur et les attentes du "PB" pour cette saison 2015/2016.

Aurélien Martinez | Vendredi 18 septembre 2015

Théâtre : les dix pièces à voir cette saison

L’Avare Dans le très vaste répertoire théâtral français, Molière est l’un des auteurs qui a écrit les plus efficaces machines à jouer. D’où le fait que ses pièces soient si souvent montées. Le metteur en scène Ludovic Lagarde, directeur de la comédie de Reims, a décidé de se confronter à l’efficace Avare, où il est question d’un vieux père qui n’a pas que des qualités – il est on ne peut plus proche de ses sous ! Un rôle monstre que Lagarde a décidé de confier à son comédien fétiche : le fascinant et explosif Laurent Poitrenaux, qui marque de sa présence chaque mise en scène, au risque qu’on ne voie que lui. Ça tombe bien, c’est ce que le rôle veut – au cinéma, Louis de Funès l’avait aussi très bien compris. On espère donc passer un bon moment devant cet Avare rajeuni (Poitrenaux n’a même pas 50 ans) que nous n’avons pas pu découvrir avant sa venue à Grenoble, mais dont on a eu plein de bons échos. AM Du mardi 17 au samedi 21 novembre à la MC2 La Liste de mes envies

Continuer à lire

Aferim !

ECRANS | De Radu Jude (Roumanie, 1h48) avec Teodor Corban, Toma Cuzin…

Christophe Chabert | Mardi 21 juillet 2015

Aferim !

Alors que le cinéma roumain semble s’épuiser dans sa veine réaliste, Radu Jude réussit, avec ce formidable Aferim !, à lui ouvrir un territoire inédit : celui du film historique traité à la manière d’un western. Deux cavaliers, un policier nommé Costandin et son fils, partent à la recherche d’un gitan en fuite accusé d’avoir couché avec la femme du Seigneur local. Dans une Roumanie encore féodale et divisée en régions rivales, cette épopée prend des atours picaresques liés au caractère de Costandin (Teodor Corban, bien meilleur ici que dans le futur et décevant L’Étage du dessous) : raciste, misogyne, vulgaire et méprisant, il passe son temps à insulter tous ceux qu’il rencontre, moitié pour asseoir son pouvoir, moitié pour transmettre ses « valeurs » à son rejeton. Même si l’action se déroule en 1871, Aferim ! montre que la Roumanie s’est construite sur une solide base de rejet de ses minorités, tout ce qui n’est pas chrétien et orthodoxe (tziganes, juifs, catholiques, noirs…) étant voué aux gémonies. La verve du dialogue va de pair avec la beauté de la mise en scène ; beauté plastique d’abord, l’utilisation du scope et du noir et blanc don

Continuer à lire

Rêves d’or

ECRANS | Le titre français est trompeur : les « rêves d’or » remplacent une « cage dorée » originale qui donnait la véritable couleur de ce premier film : un mélange de (...)

Christophe Chabert | Vendredi 29 novembre 2013

Rêves d’or

Le titre français est trompeur : les « rêves d’or » remplacent une « cage dorée » originale qui donnait la véritable couleur de ce premier film : un mélange de ténèbres et de lumière, d’espoir et de lucidité. L’espoir, c’est celui de trois adolescents, deux garçons et une fille voulant faire oublier qu’elle en est une, qui quittent le Guatemala direction Los Angeles. Ils sont vite rejoints par un quatrième gamin d’origine Indienne, qui ne parle pas leur langue et qui suscite des réactions diverses chez ses nouveaux compagnons. La lucidité, c’est celui d’un récit dont la progression est surtout affaire de soustraction, puisque chaque épreuve traversée aura raison des rêves des protagonistes, sinon des protagonistes eux-mêmes. Diego Quemada-Díez réussit lui aussi à entremêler des sentiments contradictoires : Juan, le leader du groupe, paraît intrépide, mais n’arrive pas à prendre le premier train en marche. Sara, elle, paraît attirée par le jeune Indien, mais c’est finalement avec Juan qu’elle passera une nuit. C’est la part d’enfance du film, son côté solaire, celle où le quotidien, la camaraderie et le désir prennent le pas sur le danger qui guète. Ce g

Continuer à lire

Un peintre à côté de chez vous

ARTS | Rue Diodore Rahoult (centre-ville), on y boit un verre, on rend visite à un ami, mais sait-on seulement qui se cache derrière ce patronyme ? Connu de son vivant, le peintre dauphinois est vite tombé dans l’oubli et c’est à travers un double parcours que l’exposition "Paroles de palette propose" de combler cette lacune. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Lundi 18 novembre 2013

Un peintre à côté de chez vous

Peintre reconnu du XIXe siècle, Diodore Rahoult fait aujourd’hui parti du décor grenoblois, notamment avec ses allégories picturales qui ornent le Musée-Bibliothèque (place Verdun). Et pourtant, il est méconnu dans le paysage artistique de la région. Avec une rétrospective découpée en deux lieux d’exposition, dont la visite débute à la Bibliothèque d’étude et d’information puis se termine au Musée de l’Ancien Êvêché, Grenoble retrouve sa splendeur d’antant sous les traits d’un homme doué d’observation. Le premier espace offre une visite chronologie de la vie de l’artiste à travers nombres d’esquisses, d’illustrations imprimées et de correspondances, tandis que le deuxième dévoile la touche léchée du peintre au gré de scènes quotidiennes entre Dauphiné et Rome, entre fables et allégories. Plus de deux-cents œuvres sont exposées, marquant la diversité technique et thématique de l’œuvre du dauphinois. « Croqueur » d’hier Diodore Rahoult a beau être vieux de presque deux siècles, son dessin en demeure pas moins contemporain. Les esquisses prés

Continuer à lire

Salade composée

ARTS | Il est bon de le rappeler de temps en temps : le département de l’Isère est riche en lieux d’exposition, notamment grâce à un impressionnant réseau de musées (...)

Aurélien Martinez | Lundi 30 septembre 2013

Salade composée

Il est bon de le rappeler de temps en temps : le département de l’Isère est riche en lieux d’exposition, notamment grâce à un impressionnant réseau de musées départementaux gratuits et consacrés à des sujets très divers – la Révolution française à Vizille, l’archéologie dans le quartier grenoblois de Saint-Laurent, l’art sacré à Saint-Hugues-de-Chartreuse... Des musées qui ne se contentent pas de se reposer sur l’histoire et leurs collections permanentes (au demeurant impressionnantes dans certains cas), puisqu’ils proposent aussi des expositions temporaires d’une grande richesse. Si certaines encore en cours méritent toujours le coup d’œil (Les Dessous de l’Isère au Musée Dauphinois, Louis Pons au Musée Hébert...), celles prévues pour la saison à venir intriguent. Caractères d’altitude d’abord, à partir du 18 octobre au Musée dauphinois : un portrait sonore et photographique du parc national des Écrins. Paroles de palette, Diodore Rahoult (1819-1874) ensuite, à partir du 15 novembre au Musée de l’ancien évêché : un focus sur un peintre dauphinois à l’univers original. Mais ceci n’est qu’une sélection : on vous tiendra bien sûr informé de l’ensemble des événements au fil

Continuer à lire

Cabaret frappé – jour 3 : branchées les guitares

MUSIQUES | Un duo déconcertant, un trio séduisant, un juste retour au blues originel américain et un Burger fidèle à lui-même : on a eu droit à quatre groupes survoltés en ce troisième jour de Cabaret frappé. Le tout avec des guitares savamment exploitées. Eloi Weiss

Aurélien Martinez | Jeudi 25 juillet 2013

Cabaret frappé – jour 3 : branchées les guitares

« Secouer la lune » : c'est ainsi que se fait nommer le duo Heymoonshaker programmé ce mercredi 24 juillet, en plein milieu de la troisième soirée du Cabaret frappé. Deux mauvais garçons –  Andrew Balcon, guitariste et chanteur, et Dave Crowe, beatboxer surprenant – qui ont habité la scène avec une constance impressionnante. Bières en main, cigarettes au bec, le pantalon à peine remonté : leur entrée fut singulière. Provocants, mais plein d'enthousiasme donc, les deux Anglais au style blues décharné et rock électrique étaient deux et bien plus à la fois. En guise d’instruments : une seule guitare, tenue par un Andrew Balcon à la voix rauque très poussée. Et c’est tout. Enfin, presque... Car il y a Dave Crowe : le beatboxer hors pair, seulement armé d’un micro, se transforme à chaque concert en une incroyable batterie humaine. Il incarne les lignes de basse, son corps traçant dans l'air un semblant de partition. Il est un groupe de musiciens à lui tout seul, comme le sont les meilleurs beatboxers. Sur scène, Heymoo

Continuer à lire

Au Cabaret !

MUSIQUES | Tout se passe à Grenoble entre la poire et le fromage et entre kiosque (pour les concerts gratuits programmés à 19 h ou à minuit) et chapiteau. Avec néanmoins (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 juillet 2013

Au Cabaret !

Tout se passe à Grenoble entre la poire et le fromage et entre kiosque (pour les concerts gratuits programmés à 19 h ou à minuit) et chapiteau. Avec néanmoins une exception le 28 juillet avec un concert final de Dark Dark Dark qui méritera bien de monter jusqu'au Ciel pour l'occasion. Et puisqu'on parle d'occasion, Le Cabaret frappé est toujours l'occasion de (re)découvrir dès le premier soir de bien étranges créatures comme le Big Ukulele Syndicate qui reproduit l'esprit de l'Ukulele Orchestra of Great Britain, fameuse formation de reprise tous horizons au Ukulele donc (d'où le nom). Le même soir, le métissage musical se poursuivra avec le folk hybride de la canadienne d'origine haïtienne Melissa Laveaux et le soul man casqué Cody Chesnutt.   Le mardi, on se refait un coup de 14 juillet avec neuf jours de retard. Au programme : l'électro-rock de Pan en gu

Continuer à lire

Accros au vinyl

MUSIQUES | Autant crever l’abcès tout de suite : en dépit de leur conséquent succès public, on n’a jamais été vraiment emballé par l’abstract hip-hop un peu neuneu de Wax (...)

Damien Grimbert | Vendredi 24 mai 2013

Accros au vinyl

Autant crever l’abcès tout de suite : en dépit de leur conséquent succès public, on n’a jamais été vraiment emballé par l’abstract hip-hop un peu neuneu de Wax Tailor et autres Doctor Flake, sorte de déclinaison paresseuse de ce que sortaient les labels Ninja Tune et Mo’Wax… dans les années 90. S’il fallait trouver une filiation au turntablism érudit et high-level du duo Mister Modo & Ugly Mac Beer, on les placerait plutôt, toutes proportions gardées, dans la lignée des légendes californiennes du genre, comme Cut Chemist, DJ Shadow ou le boss de Stones Throw Records Peanut Butter Wolf. De véritables fanatiques du « crate-digging », capables de passer des après-midi entiers à chiner dans les bacs poussiéreux d’obscurs magasins de disques à la recherche de la perle ultime. Des passionnés de hip-hop, de soul et de funk, tout aussi incollables en free-jazz japonais 70’s qu’en BO de films italiens 80’s, en passant par les grandes heures du rock psychédélique US, les premiers tropicalistes brésiliens, ou la scène garage cambodgienne des années 60. On extrapole un peu, mais vous l’aurez compris : ces deux compères à

Continuer à lire

Au-delà du réel

MUSIQUES | Oscillant entre black métal, rock, expérimental, psychédélisme et électronique, Aluk Todolo, Blacklodge, Lussuria, Satan et St Barthelemy's Temple partagent une même volonté de sortir des clichés du genre. Ils sont en concert à l'Ampérage. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Jeudi 16 mai 2013

Au-delà du réel

Contrairement à d’autres styles un temps marginaux (rap, musiques électroniques…), la scène métal extrême n’a que faiblement gagné en reconnaissance avec les années. Ouvertement hostile à ses débuts, l’attitude du grand public a évolué, via l’acceptation médiatique de festivals comme le Hellfest, en une bienveillance légèrement condescendante. Autrefois méprisante, l’intelligentsia rock a désormais consenti du bout des lèvres à reconnaître l’intérêt musical d’une poignée de groupes triés sur le volet. Les hipsters, enfin, trouvent désormais très hype les logos occultes de la scène black métal. Pour autant, le sentiment prévalent reste que le genre semble enfermé dans une sphère à la fois immuable et hermétique. Et c’est tout l’intérêt d’un concert comme celui proposé par les assos Ordo Ab Chao et Witch Bukkake que de mettre à mal ces préjugés, en rassemblant sur un même plateau des groupes évoluant dans des styles très différents, mais réunis par une même envie frondeuse de repousser des normes et des frontières musicales devenues trop étroites, pour partir à la découverte de territoires à la fois obscurs, méconnu

Continuer à lire

Élitisme pour tous

MUSIQUES | Pour la troisième édition du festival, l’équipe des Détours de Babel a choisi de se pencher sur la question de la religion et de son traitement par les différentes musiques d’ici et d’ailleurs. Un axe passionnant tant l’histoire musicale est intimement liée à l’histoire religieuse, comme on en aura la preuve pendant ces trois semaines. Aurélien Martinez, Laetitia Giry et Christine Sanchez

Aurélien Martinez | Mardi 2 avril 2013

Élitisme pour tous

Cela fait trois ans que Les Détours de Babel, festival né de la rencontre entre les anciens 38e Rugissants et Grenoble Jazz Festival, investit chaque début de printemps l’agglomération dans son ensemble – aussi bien les salles classiques que l’espace urbain. Et trois ans qu’il se traîne la même image de manifestation élitiste réservée à quelques extatiques amateurs de branlette intellectuelle. Alors que, n’en déplaisent aux médisants, c’est un peu plus compliqué que ça – voire carrément plus ! Les Détours de Babel, ce sont trois volets artistiques : les musiques contemporaines, le jazz, et les musiques traditionnelles (ou dites du monde). Une trinité ambitieuse au sein de laquelle on retrouve des propositions exigeantes, l’équipe organisatrice prenant soin de programmer des artistes qui ne se contentent pas de faire de la musique, mais qui la vivent, la réfléchissent, la réinventent... Alors, certes, il y aura peu de noms connus du grand public pendant ces dix-huit jours de festival, et une poignée d’événements semblent véritablement hermétiques sur le papier... Mais si l’on pr

Continuer à lire

"Les Amants passagers" : Pedro Almodóvar en mode low cost

ECRANS | De Pedro Almodóvar (Esp, 1h31) avec Javier Camara, Carlos Areces…

Christophe Chabert | Jeudi 21 mars 2013

Après un incident technique, un avion est en perdition au-dessus de Tolède, attendant une solution pour un atterrissage forcé. Le personnel de bord, stewards plus ou moins ouvertement pédés, drogue les passagers de la classe éco et tente de régler la situation avec les "privilégiés" (un tueur, un banquier corrompu, une mère maquerelle, un couple en voyage de noces, un homme volage). On voit bien la métaphore filée par Pedro Almodóvar derrière ce récit de pure fantaisie : alors que les mœurs évoluent en Espagne (un des stewards a même un mari !), l’économie régresse vers un archaïsme de classe dirigé par des puissants en pleine déréliction. Point de vue intéressant, mais qui se heurte très vite au désir du cinéaste de retrouver l’esprit movida de ses premiers films. Ce maître du scénario invente ainsi un récit complètement décousu, qui n’avance pas vraiment et se contente d’empiler les saynètes inégales. Les Amants passagers ne trouve jamais sa vitesse de croisière, même si l’ensemble n’est jamais déplaisant à suivre. Alors que

Continuer à lire

Une compétition qui sort ses tripes

ECRANS | C’est la grande nouveauté du festival : une compétition officielle dans les règles de l’art, avec jury et grand prix, où l’on devra départager cinq films venus de tous horizons, entre inédits, avant-premières et nécessaire redécouverte. Passage en revue. CC

Christophe Chabert | Lundi 21 janvier 2013

Une compétition qui sort ses tripes

Malcolm d’Ashley Cahill Le film qu’on n’a pas vu de la compétition. Il a été présenté ce mardi, mais il sort aujourd’hui sur les écrans. On dit plus loin que c’est un C’est arrivé près de chez vous new-yorkais. On ne se hasardera pas à en dire plus. Antiviral de Brandon Cronenberg À Cannes, pendant que papa David recevait les honneurs de la compétition avec son Cosmopolis, son fiston Brandon se retrouvait dès sa première œuvre dans la cour des petits (la sélection Un certain regard) avec Antiviral. D’un côté, on n’a pas envie de faire une comparaison cruelle et écrasante pour junior ; de l’autre, il la cherche en allant décalquer sans scrupule un scénario du padre (Videodrome) qu’il bascule dans un imaginaire (et un charabia) geek assez désolant, pour un très long essai qui ressemble à un film de fin d’études ou à la synthèse de longues nuits passées à bouffer de la théorie du complot sur internet. Alyce de Jay Lee La potacherie n’est parfois qu’une manière de se faire un bon coup de pub. Ainsi de Jay Lee, qui s’était amusé à tricoter une série Z autoproclamée culte,

Continuer à lire

Tours et détours

MUSIQUES | Les Détours de Babel est un festival qui porte plutôt bien son nom : les partisans de l'étiquetage musical y perdent, comme au pied de la biblique tour, leur (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 11 janvier 2013

Tours et détours

Les Détours de Babel est un festival qui porte plutôt bien son nom : les partisans de l'étiquetage musical y perdent, comme au pied de la biblique tour, leur latin. Car il faut entendre « musiques du monde » non pas au sens de « musiques du tiers-monde » comme on a trop souvent tendance à le faire, mais bien au sens de « musiques de notre monde », ou « musiques nomades », comme on dit ici. Bref, de musique, quoi. L'on peut donc aller à la fois applaudir Pierre Henry (photo), électroacousticien octogénaire ascendant éternel, et ses « Fragments rituels », une « rêverie musicale » autour de sa fameuse Messe pour le Temps Présent ; le Cantique des cantiques, poème d'amour biblique traduit par Olivier Cadiot et immortalisé en musique par Rodolphe Burger ; ou encore le Kronos Quartet, célèbre quatuor à cordes aux 600 créations, capable de se fondre dans tous les genres connus (rock, jazz, classique, musique minimaliste, folklore de tous pays, tango, musiques de film, post-rock, punk) et inconnus. De Wagner à Steve Reich, en passant par Laurie Anderson, le Kronos sera une fois encore fidèle à sa plasticité esthétique, et constituera l'étendard rêvé et

Continuer à lire