Les 8 expositions à (re)voir pendant les vacances de Noël

ARTS | Comme il ne se passe pas grand-chose de culturel à Grenoble et dans l’agglo pendant les fêtes, voici une sélection d’expositions phares des derniers mois encore à l’affiche pendant ces vacances. Suivez-nous, et surtout prenez le temps de flâner.

Charline Corubolo | Mardi 19 décembre 2017

Photo : Aurélien Martinez


Daniel Dezeuze, une rétrospective

Au Musée de Grenoble

L'art de la rétrospective est délicat, mais lorsque Daniel Dezeuze et le Musée de Grenoble s'en emparent, il est magnifié. Dévoilant 50 ans de création, des premières sculptures aux œuvres les plus récentes avec le mystère des Tableaux-Valises, le parcours met en exergue la poésie dans l'œuvre de l'artiste français.

Cherchant à saisir l'insaisissable, Daniel Dezeuze offre une visite sur le fil de la légèreté, de ses expérimentations au sein du mouvement Supports/Surfaces à la finesse graphique de la Vie amoureuse des plantes. Un ensemble éclectique et pourtant cohérent, permettant à la chronologie de se réinventer à chaque fois, entre figuration et abstraction. Une exposition de premier plan pour un artiste qui a fait (et fait toujours) la scène artistique contemporaine.

Tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h30
Fermeture les 25 décembre et 1er janvier


Rembrandt

Au Couvent Sainte-Cécile

Chantre de l'autoportrait au XVIIe siècle, ambassadeur incontesté de la peinture néerlandaise à l'époque (et aujourd'hui encore), Rembrandt van Rijn n'était pas seulement un homme de pinceau comme le démontre avec finesse l'actuelle exposition du Couvent Sainte-Cécile. Suite à une récente acquisition, le Fonds Glénat (qui possède le couvent) dévoile 68 œuvres sur papier du poète visuel hollandais.

Le long d'un trait délicat entre portraits, autoportraits, scènes de genre et bibliques, sans oublier les nus, la présentation met en lumière le génie gravé de l'artiste. Des gravures somptueuses à observer à la loupe tant le détail se fait miniature et précision. Prolongée jusqu'au samedi 6 janvier, l'exposition invite le visiteur à plonger dans le travail éthéré du burin et de la pointe sèche.

Jusqu'au 6 janvier du lundi au samedi de 11h à 12h30 et de 13h30 à 19h
Fermeture du 24 décembre au 1er janvier inclus


Pop music 1967-2017, graphisme et musique

Au Centre du graphisme d'Échirolles

Sujet historique, mais également graphique et sociologique, la musique définit une culture. Et c'est à travers le rock et la pop que le Centre du graphisme d'Échirolles propose aux aficionados comme aux néophytes de parcourir 50 ans d'histoire sonore et visuelle pour en extraire l'importance ethnographique – rien que ça, oui.

En présentant 1300 pochettes d'albums des 50 dernières années, l'exposition dresse une « impossible encyclopédie » découpée en trois périodes fondatrices : le règne du vinyle de 1967 à 1982, l'avènement du CD entre 1983 et 1999 et la dématérialisation de la musique à partir des années 2000. Un voyage dans le temps entre les États-Unis, le Royaume-Uni mais aussi la France aux côtés de Patti Smith, des Sex Pistols ou encore d'Étienne Daho, et en compagnie de graphistes de renom comme, par exemple, Jean-Paul Goude et Matthew Cooper.

Du lundi au vendredi de 14h à 18h
Fermeture du 23 décembre au 2 janvier inclus


Stories from nowhere

Au Centre d'art Bastille

Sculptures, installations, peintures ou œuvres interactives : les représentations plastiques du paysage ont muté vers de nouvelles formes. Car au fil des siècles, les projections mentales de notre environnement commun et intime se sont transférées dans une réalité altérée, voire alternative.

C'est ainsi que six artistes proposent des visions fictionnelles, fantasmées ou abstraites de leur propre expérience du paysage. Des narrations aux genèses multiples, qui se terminent avec les Tentatives de fuite de Clara Blein-Renaudot en "project room", au dernier niveau de l'exposition. De nouvelles perceptions, matérielles et immatérielles, de l'horizon dont les récits sont à découvrir là-haut sur la Bastille.

Jusqu'au 7 janvier du mardi au dimanche de 11h à 18h


Graphies du déplacement

Au Vog

S'inscrivant dans le cadre de la seconde saison de Paysage > Paysages initiée par le département de l'Isère, l'exposition Graphies du déplacement esquisse au cœur du Vog une déambulation sensible. À travers le corps en mouvement dans des paysages urbains, Mathias Poisson expérimente et interroge l'environnement.

Des balades faites de rencontres et de confrontations dont il extrait des sensations couchées sur papier entre dessins et notes, affichées sur les murs avec des objets glanés, envahissant l'espace d'exposition pour une nouvelle marche. L'artiste compose ainsi des « cartes subjectives » à découvrir en deux temps : jusqu'au 2 mars dans sa forme actuelle, puis du 7 au 31 mars pour le dévoilement de cartes récentes réalisées en Isère. Rendez-vous dans le numéro de rentrée du Petit Bulletin pour en savoir plus.

Du mercredi au samedi de 14h à 19h
Fermeture du 1er au 6 janvier


Les Alpes de Jean de Beins

Au Musée de l'Ancien Évêché

Marquée du sceau Lesdiguières, l'année 2017 a vu fleurir plusieurs expositions consacrées au duc dans les musées de la région. À celui de l'Ancien Évêché, Jean de Beins a été préféré à François de Bonne de Lesdiguières, mais non sans lien. Alors sous l'autorité du duc, Jean de Beins (1577-1651) s'est appliqué à cartographier le Dauphiné avec une exactitude et une modernité saisissantes pour l'époque.

Considérés comme la première représentation fidèle de la région, les travaux du cartographe esquissent un panorama isérois où se mêlent le passé et le présent le long d'une soixantaine de cartes réalisées entre 1604 et 1634. Une exploration du territoire à prolonger grâce à des tables interactives, pour plonger dans le Grenoble d'antan.

Lundi, mardi, jeudi, vendredi de 9h à 18h ; mercredi de 13h à 18h ; samedi et dimanche de 11h à 18h
Fermeture les 25 décembre et 1er janvier


Lesdiguières, le prince oublié

Au Musée dauphinois

Alors que c'est toute la famille Lesdiguières qui s'expose au Musée de la Révolution française de Vizille et Jean de Beins qui s'affiche au Musée de l'Ancien Évêché, l'exposition du Musée dauphinois est entièrement consacrée au duc de Lesdiguières. De son nom François de Bonne de Lesdiguières (1543-1626), cette illustre figure dauphinoise fût chef de guerre, politicien proche d'Henri IV, bâtisseur important (notamment à Grenoble) et dernier connétable de France.

Un duc pour le moins actif dont la vie est révélée à travers un parcours guidé par un personnage costumé et projeté en vidéo. Aux explications du comédien grimé se mêlent peintures, outils militaires, objets religieux et ouvrages pour une (re)découverte ludique de l'histoire du duc de Lesdiguières.

Tous les jours sauf le mardi de de 10h à 18h
Fermeture les 25 décembre et 1er janvier


Zigzag musical, de New Orleans à Chicago

À la Bibliothèque du centre ville

Il y a des visites qui se font en musique, et incontestablement celle-ci en fait partie. Mais point de chant de Noël ici, car c'est le long du Mississippi que nous embarquent Éléonore Havas et Baptiste Michel. Du Sud au Nord, le duo a capturé l'essence du jazz et du blues en dessins, photographies, sons et images animées.

Le Zigzag musical proposé par le tandem offre un parcours artistique et historique prenant toute sa force évocatrice à travers une installation interactive. Aux paroles des musiciens et des habitants se mêlent aplats colorés et notes jazzy, pour une découverte ludique et politique d'une musique ancrée dans un contexte socioculturel particulier. Un voyage rythmé de la Nouvelle Orléans jusqu'à Chicago, à faire jusqu'au samedi 6 janvier.

Jusqu'au samedi 6 janvier du mardi au samedi de 13h à 18h

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Dix expos à (re)voir pour un été au frais

ARTS | Un été en ville peut se vivre à l’air libre, comme on vous le conseille dans les premières pages de ce numéro. Mais il peut aussi se vivre dans un musée, en parfaite connexion avec des œuvres d’art. Alors zoom sur dix expositions que nous avons déjà chroniquées avec enthousiasme et qui sont toujours à l’affiche pendant ces vacances.

La rédaction | Mardi 2 juillet 2019

Dix expos à (re)voir pour un été au frais

La plus événementielle Immense figure du street art, l’États-unien Shepard Fairey présente à l’Ancien Musée de peinture plus de 600 œuvres qui reviennent sur trente ans de carrière militante. Un gros morceau qui en met plein la vue ! Et un art syncrétique nourri de nombreuses influences allant du constructivisme russe au pop art, saupoudré d’un goût prononcé pour les formes autoritaires de propagande – car pour faire passer certains messages politiques, Shepard Fairey n’hésite pas à faire dans l’efficacité simpliste. Malheureusement, ceux qui sont à l’aise avec les valeurs qu’il brocarde (consumérisme, nationalisme, militarisme) sont bien meilleurs en la matière – en atteste les élections récentes de Trump et Bolsonaro. Obey : 30 years of resistance À l’Ancien Musée de peinture jusqu’au dimanche 27 octobre La plus barrée

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Cabinet Rembrandt : un petit cabinet pour un grand maître

Exposition | Le Couvent Sainte-Cécile se transforme en musée pour accueillir de manière permanente les splendides gravures du Hollandais Rembrandt qu'il a acquises.

Benjamin Bardinet | Mardi 23 avril 2019

Cabinet Rembrandt : un petit cabinet pour un grand maître

Il y a un an et demi, le couvent Sainte-Cécile exposait temporairement 72 gravures du Hollandais Rembrandt (XVIIe siècle) dont le Fonds Glénat pour le patrimoine venait de faire l’acquisition. Étant donné la qualité des œuvres en question, l’institution ne souhaitait pas en rester là et vient d’inaugurer une sorte de petit musée permanent consacré à cet achat remarquable. Baptisé Cabinet Rembrandt, cet espace d’exposition est conçu comme un écrin chaleureux dans lequel sont présentées les gravures rassemblées par thématiques – scènes religieuses, autoportraits et portraits de famille, scènes de genre… Pour des raisons de conservation, les 72 pièces seront montrées en alternance, enrichies à l’occasion de prêts ou d’éventuelles nouvelles acquisitions. C’est une évidence, certes, mais l’œuvre gravée de Rembrandt mérite largement le détour : pour la finesse et l’expressivité du trait (des loupes sont à disposition), pour la parfaite maîtrise des jeux de lumière (des noirs intenses à d’éblouissantes zones non-gravées), pour cette étonnante capacité à suggérer beaucoup avec très peu… Pour celles et ceux qui n’ont pas vu l’exposition initial

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"Graphies du déplacement" : paysages de traverse par Mathias Poisson

Exposition | C’est parti pour la saison 2 de la manifestation iséroise Paysage > Paysages, consacrée cette année à l’hiver. Avec des rencontres, des conférences, des balades, des spectacles ou encore des expositions, comme celle de Mathias Poisson en ce moment au Vog. L’artiste investit ainsi le centre d’art de Fontaine trois mois durant (le temps d’une saison) avec des "Graphies du déplacement" offrant une promenade aux multiples sentiers et, surtout, un autre regard sur le paysage.

Charline Corubolo | Mardi 9 janvier 2018

À travers la marche, l’artiste Mathias Poisson éprouve le territoire pour une expérience artistique polymorphe dans laquelle la représentation a posteriori de la promenade est intrinsèquement liée à la mémoire sensitive du corps dans l’espace parcouru. Une démarche du ressenti où se mêlent crayonnés, photographies et performances retraçant la déambulation réalisée par l’artiste, seul ou en groupe. Le plasticien, performeur et dessinateur élabore ainsi des cartographies urbaines faites de rencontres, d’objets glanés et d’impressions corporelles retranscrits dans des cartes subjectives se dévoilant actuellement dans l’architecture déambulatoire du centre d’art le Vog. Des Graphies du déplacement présentées en deux temps afin d’offrir une réalité in situ de l’environnement : actuellement et jusqu’au 2 mars, l’exposition propose une sélection d’œuvres antérieures parcourant diverses villes du globe pour une mise en marche au cœur de la cartographie subjective de l’artiste. Le reste du mois de mars s’intéressera ensuite aux terres environnantes avec des

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Les 5 expositions qui vont marquer le début d'année 2018

Panorama de rentrée culturelle | Avec des chefs-d’œuvre dessinés au Musée de Grenoble, des archives olympiques au Musée dauphinois ou encore de drôles de sculptures à SpaceJunk.

Charline Corubolo | Mardi 9 janvier 2018

Les 5 expositions qui vont marquer le début d'année 2018

Graphies du déplacement À travers la marche, l’artiste Mathias Poisson éprouve le territoire pour une expérience artistique polymorphe dans laquelle la représentation a posteriori de la promenade est intrinsèquement liée à la mémoire sensitive du corps dans l’espace parcouru. Une démarche du ressenti où se mêlent crayonnés, photographies et performances retraçant la déambulation réalisée par l’artiste, seul ou en groupe. Plus d'informations sur ces Graphies du déplacement en deux temps dans cet article. Au Vog Fontaine jusqu’au samedi 31 mars Group Show En guise de bonnes résolutions artistiques, la

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"Zigzag musical, de New Orleans à Chicago" : les carnets de musique d’Éléonore Havas et Baptiste Michel

Exposition | C’est le long du Mississippi, en partant du sud vers le nord, qu’Éléonore Havas et Baptiste Michel ont récolté les traces d’une musique afro-américaine dont la richesse créative va du jazz au blues en passant par le gospel. Illustrations, photographies et bandes sonores font de ce "Zigzag musical" un voyage séduisant, et profondément humain.

Charline Corubolo | Mardi 5 décembre 2017

Des modestes envies émergent souvent les propositions les plus intéressantes. Zigzag musical, de New Orleans à Chicago s’arpente ainsi tel un carnet de voyage sur des notes de jazz et de blues. Agrémentée de sons et d’illustrations réalisés par Éléonore Havas et Baptiste Michel lors d’un voyage d’étude en 2015, l’exposition retrace le chemin des deux compères le long du Mississippi, « au risque de s’y perdre, car ces régions ont vu éclore autant de blues et de raps que de fleurs de coton », les sonorités afro-américaines étant intrinsèquement liées à l’histoire de son peuple. Ainsi, en découvrant les portraits crayonnés, les photographies en noir et blanc et les animations sonores, on plonge en pleine naissance d’une musique aux genres variés mais aussi dans un contexte socio-historique particulier. Sur les notes de "bounce music" et de gospel se diffusent en filigrane des messages politiques. Des morceaux de vie glanés du sud au nord se dévoilent dans une installation interactive, pour une réflexion sur la musique et la culture de ce monde où la communion et le mélange priment sur toute autre chose. Un zigzag sensoriel qui révèle la beauté et la créa

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"Les Alpes de Jean de Beins" : « Un travail qui va au-delà de la cartographie »

Exposition | Dans le cadre de la manifestation "2017, année Lesdiguières", le Musée de l’Ancien Évêché met à l’honneur un cartographe important mais méconnu du grand public : Jean de Beins (1577-1651). Après avoir visité l'exposition, nous avons rencontré Isabelle Lazier, conservatrice du musée, pour en savoir un peu plus.

Charline Corubolo | Mardi 5 décembre 2017

L’exposition Les Alpes de Jean de Beins s’inscrit dans le cycle "2017, année Lesdiguières". Quels sont les liens entre ces deux personnages ? Isabelle Lazier : Le contexte de l’époque est important : au début du XVIIe siècle, une paix fragile est rétablie dans le royaume de France. Les guerres civiles sont terminées, ainsi que celles avec le duché de Savoie et l’Espagne. Le roi de France Henri IV souhaite donc développer le royaume après ces périodes de grand trouble. Mais le plus important pour lui, c’est surtout de disposer d’une connaissance parfaite des différentes provinces afin de pouvoir intervenir rapidement en cas de guerre ou de conflit soudain. Pour cela, il faut connaître le chemin le plus court, et donc établir une cartographie. Pour la province du Dauphiné, c’est le lieutenant général Lesdiguières qui soutient l’opération et qui permet au jeune géographe Jean de Beins d’être en charge du projet. Le parcours de l’exposition dévoile une soixantaine de cartes du Dauphiné et d’ailleurs. Que découvre-t-on avec ce riche panorama ? C’est la première

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"Pop music 1967-2017 : graphisme et musique" : pochettes-surprises

Exposition | On a visité la nouvelle exposition du Centre du graphisme d'Échirolles, et c'est passionnant !

Aurélien Martinez | Mardi 21 novembre 2017

Quand on rentre dans la première des trois salles de l’exposition Pop music 1967-2017 : graphisme et musique, on est surpris par le nombre incroyable de pochettes de vinyle et d’album affichées aux murs. Et, surtout, ravis de retrouver aussi bien des visages familiers comme Patti Smith, Debbie Harry de Blondie, les Doors ou encore les Beach Boys nourrissant des chèvres (pourquoi pas) que des totems graphiques de la pop culture – la langue des Stones, la banane du Velvet Underground, le prisme dispersif des Pink Floyd… Voilà donc bien une exposition populaire ! Une exposition, riche de près de 1300 pochettes venues de la médiathèque de Paris ou achetées, qui propose « une impossible encyclopédie » via un parcours chronologique (de 1967 à 1980, de 1980 à 1999 et de 2000 à 2017) démontrant les liens évidents entre graphisme et musique pop mondiale – même si certains pays, du fait de leur importance historique, sont bien évidemment surreprésentés. Côté français, au vu de ce que l’on a pu constater (l’exposition était en cours de montage lorsque nous l’avons visitée), on trouvera des reliques de Noir Désir, Camille, Air, Tahiti 80, Jacno…

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Michel Bouvet : « 1967 est en matière de musique ce que 1968 est à la politique »

Exposition | En se proposant d'étudier les rapports entre graphisme et musique, la foisonnante exposition "Pop music 1967-2017 : graphisme et musique" du Centre du graphisme d’Échirolles interroge à travers les décennies les évolutions des supports discographiques et de nos pratiques musicales depuis le boom pop de la fin des années 1960, comme nous l’explique le co-commissaire d’exposition Michel Bouvet.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 novembre 2017

Michel Bouvet : « 1967 est en matière de musique ce que 1968 est à la politique »

Si Michel Bouvet, graphiste et commissaire (avec Blanche Alméras) de l'exposition Pop music 1967-2017 : graphisme et musique a choisi 1967 comme point de départ, c'est d'abord, dit-il, parce que partant à rebours de 2017, « on se demande ce qu'il se passe cinquante ans avant ». Sauf que hasard ou coïncidence, 1967 correspond sans doute au climax de la culture pop et du rock. « 1967 est en matière de musique ce que 1968 est à la politique. 1967, c'est le summer of love de San Francisco, l'apogée du mouvement hippie et de sa concrétisation musicale, la première apparition publique de Jimi Hendrix, et la sortie de ce qui reste sans doute comme le meilleur album de tous les temps : Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles. Au Royaume-Uni et aux États-Unis, la galaxie pop est en fusion. » 1967, c'est aussi l'année de la sortie du premier album du Velvet Underground dont la pochette, ornée d'une banane devenue mondialement célèbre, est signée Andy Warhol. Pochette qui marque sans doute, avec Sgt. Pepper, la première coucherie avérée entre graphisme et musique. Ce que nuance toutefois Mich

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"Lesdiguières, le prince oublié" : le grand dauphinois s'expose

Exposition | Au jeu des devinettes sur les illustres personnages oubliés du coin, le duc de Lesdiguières (1543-1626) est prince. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir, à Grenoble, une rue, un lycée et un stade à son nom. Pour percer ce mystère citadin, et dans le cadre de l’événement "2017, année Lesdiguières", le Musée dauphinois nous fournit quelques éléments de réponse.

Charline Corubolo | Mardi 14 novembre 2017

Si Lesdiguières était un personnage du jeu "Qui est-ce ?", il y a fort à parier qu’il gagnerait souvent. Afin de réhabiliter cet acteur majeur de l’histoire du Dauphiné et de France, le département de l’Isère a proclamé 2017 "année Lesdiguières", pour marquer le 400e anniversaire du mariage du duc avec sa seconde épouse Marie Vignon. Une union importante puisque cette dernière a converti son mari au catholicisme, faisant de lui le dernier connétable de France (le plus haut grade au sein de l’armée française). Inauguré en mars avec l’exposition La splendeur des Lesdiguières, le domaine de Vizille au XVIIe au Musée de la Révolution française de Vizille (exposition visible jusqu’au 12 mars 2018), ce cycle se poursuit au Musée dauphinois pour une découverte ludique et magistrale intitulée Lesdiguières, le prince oublié. Tout d’un prince Ce prince oublié est François de Bonne de Lesdiguières. Né en 1543

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Daniel Dezeuze : « Il faut garder du mystère dans toute œuvre »

Exposition | La nouvelle exposition du Musée de Grenoble, qui ouvre ses portes samedi 28 octobre, met à l’honneur le Français Daniel Dezeuze en balayant 50 ans de création, de ses premières œuvres aux plus récentes en passant par les explorations au sein du groupe Supports/Surfaces et son abondante production graphique. Artiste majeur de la scène contemporaine, il nous donne rendez-vous au cœur d’une poétique insaisissable où l’art est synonyme de légèreté. Rencontre avec un peintre de l’espace et visite guidée en amont de cette rétrospective.

Charline Corubolo | Mardi 24 octobre 2017

Daniel Dezeuze : « Il faut garder du mystère dans toute œuvre »

La rétrospective que vous consacre le Musée de Grenoble couvre 50 ans d’une création polymorphe. Comment avez-vous travaillé pour rendre compte, avec cohérence, de la pluralité de votre dessein artistique ? Daniel Dezeuze : On suit un mouvement chronologique à partir de 1967 jusqu’à 2017. 50 ans de travail, c’est une trajectoire d’endurance, surtout quand on n’est pas enfermé dans un seul style, dans la répétition, comme le sont souvent les peintres de ma génération. Ça suppose qu’on passe par des moments qui sont d’une autre essence. Cependant, il y a des constantes comme "l’ajoure", ce qui donne de la cohérence. Il y en a beaucoup dans les surfaces traitées, ce qui suppose un jeu vertical avec le mur. L’accrochage doit donc se faire sur des murs blancs pour que "l’ajoure" puisse prendre toute sa force. Le parcours s’ouvre avec des œuvres qui s’appliquent à déconstruire les éléments constitutifs d’un tableau : le châssis, la toile, la couleur

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"Stories from nowhere" : un paysage transmuté s'expose au Centre d'art Bastille

ARTS | Après des siècles de civilisation, le paysage a été modifié, voire altéré par le flux des nouvelles technologies. Des évolutions qui engendrent de nouvelles perceptions de l’horizon qu’il soit physique ou dématérialisé. Le Centre d’art Bastille explore ces différents récits à travers le regard de six artistes pour des "Stories from nowhere".

Charline Corubolo | Mardi 24 octobre 2017

D’une Terre naturelle, l’humanité est passée à des territoires construits par l’homme, des panoramas pixellisés et des environnements (ir)réels. Un changement de paradigme qui modifie notre perception de la nature ainsi que les diverses interactions qui régissent ce système, mais également la représentation même de cette nature dans laquelle nous évoluons. La photographie et la peinture n’ont alors plus la contrainte d’obéir à une figuration du réel, laissant la place à de nouvelles techniques, tandis que les signifiés du paysage offrent de nouvelles projections : qu’il soit ancré dans la réalité ou fantasmé, ce paysage peut être frontière, géopolitique, Eden ou encore sensoriel. Autant de variantes venues de nulle part et de partout qui infiltrent en ce moment le Centre d'art Bastille avec l'exposition Stories from nowhere pour une sphère altérée. Nouvelles réalités paysagères De cette altération, Alain Bublex propose une confrontation entre l’apparent naturel et l’urbanisation à travers des images picturales flirtant avec le souvenir. Un souvenir fantasmé avec les fragiles paysages de

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La poésie bricolée de Daniel Dezeuze s'affiche au Musée de Grenoble

Exposition | On a visité l'exposition avant son vernissage le vendredi 27 octobre au soir.

Charline Corubolo | Mardi 24 octobre 2017

La poésie bricolée de Daniel Dezeuze s'affiche au Musée de Grenoble

Souffler des émotions, des impressions et invoquer un imaginaire sur le fil de la sensibilité est un caractère propre à la poésie. Cette inspiration créative innerve la démarche artistique de Daniel Dezeuze, de ses premières œuvres Châssis en 1967 qui proclamaient la fin de la peinture classique aux dessins de La vie amoureuse des plantes dans les années 1990 où la liberté et la spontanéité du geste primaient, pour un ensemble qui efface les images au profit d’une mise à nu évanescente. Tantôt lyrique, tantôt théorique, cette poésie s’applique à épurer le réel dans la pratique de l’artiste, offrant de multiples portes d’entrée. De fait, le parcours chronologique de l’exposition du Musée de Grenoble ne souffre d’aucun didactisme répétitif, Daniel Dezeuze fonctionnant par cycle de recherches pour une œuvre mouvante qui opère de manière intrinsèque des correspondances entre les différentes pièces. Ainsi les châssis et les treillis des débuts, qui font disparaître la peinture, r

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Le génie gravé de Rembrandt s'expose au Couvent Sainte-Cécile de Grenoble

Exposition | Célèbre pour ses (auto)portraits peints, le Hollandais Rembrandt n’a eu de cesse de saisir l’expressivité des émotions humaines. Mais c’est à travers la gravure, grâce au Fonds Glénat fort de 68 œuvres sur papier, que le Couvent Sainte-Cécile propose de découvrir toute la virtuosité de l’artiste du XVIIe siècle. Une occasion unique de contempler cet ensemble montré au complet exclusivement jusqu’en décembre.

Charline Corubolo | Mardi 24 octobre 2017

Le génie gravé de Rembrandt s'expose au Couvent Sainte-Cécile de Grenoble

Connu comme l’un des artistes ayant réalisé le plus d’autoportraits, le Hollandais Rembrandt (1606-1669) s’est adonné à cet exercice non pas par souci d’égo mais par quête d’expressivité émotionnelle. Un travail de (auto)portait incessant qui révèle le génie sensitif de ce dernier en peinture... mais aussi en gravure. Un pan moins connu de son œuvre que le Fonds Glénat dévoile actuellement au Couvent Sainte-Cécile suite à l’acquisition par Jacques Glénat au printemps 2017 de 57 gravures auprès du collectionneur britannique Neil Kaplan, fonds enrichi de 11 nouvelles pièces au début de l’été. Une opportunité unique de voir l’ensemble au complet est donc aujourd'hui offerte à l’occasion de l’exposition temporaire Rembrandt – car la collection sera par la suite montrée de manière permanente mais par fragment, pour des questions de conservation, dans un cabinet au nom de l’artiste installé dans les murs du couvent. Gravures de modernité Invoquant une « filiation directe avec la bande dessinée », la maison d’édition de BD Glénat a ainsi réuni de nombreux petits formats présentés dans le cloître du couvent. Découpée en

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Les dix expositions à ne pas manquer cette saison à Grenoble et aux alentours

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Une sélection à base de légendes de l'art (Delacroix, Gauguin, et même les Beatles – pourquoi pas !) mais aussi de jeunes artistes ou encore d'expositions plus patrimoniales – il paraît que l'on va bientôt célébrer l'anniversaire des Jeux olympiques grenoblois.

La rédaction | Mardi 26 septembre 2017

Les dix expositions à ne pas manquer cette saison à Grenoble et aux alentours

Matt Coco En résonance avec la Biennale d'art contemporain de Lyon, qui imagine des Mondes flottants, l'artiste installé à Lyon Matt Coco investira la Halle de Pont-en-Royans début octobre pour une déambulation à la lisière du brouillard. Intitulée In caso di nebbia (traduire : en cas de brouillard), la proposition entend créer un imaginaire flirtant avec l’onirique où le naturel se mêle à l’industriel. Un paysage de volumes aboutis induisant une transformation par l’activation du spectateur, par la danse, le regard, la parole… L’artiste déploiera ainsi une déambulation immersive, en devenir. À la Halle (Pont-en-Royans) du 10 octobre au 30 décembre Alice Assouline

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La prochaine exposition du Musée de Grenoble sera consacrée à Daniel Dezeuze

Annonce | De châssis dénudés en crayonnages poétiques, le Français Daniel Dezeuze, né en 1942, a esquissé une œuvre à la cohérence plastique prégnante où se loge au creux des (...)

Charline Corubolo | Vendredi 21 juillet 2017

La prochaine exposition du Musée de Grenoble sera consacrée à Daniel Dezeuze

De châssis dénudés en crayonnages poétiques, le Français Daniel Dezeuze, né en 1942, a esquissé une œuvre à la cohérence plastique prégnante où se loge au creux des interstices abstraits une réflexion sur la peinture, entre évidence et complexité du médium. Une question poussée à son paroxysme au sein du groupe Supports/Surfaces en 1970, dont il fût l’un des membres fondateurs. Questionnant le devenir de cette matérialité et sa place dans l’art, l’artiste met à nu ses tableaux, fait rentrer des objets dans l’œuvre et explore la toile à travers le dessin. C’est cet ensemble riche et déterminant pour l’art français que le Musée de Grenoble entend mettre en lumière avec une rétrospective dévoilant les premiers travaux de l'artiste datant du milieu des années 1960 jusqu’aux pièces les plus récentes pour un panorama d’une cinquante d’années de création. Une rentrée artistique qui s’annonce plus des séduisantes, et indispensable. Daniel Dezeuze, une rétrospective Au Musée de Grenoble du 28 octobre 2017 au 28 janvier 2018

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Année Lesdiguières : au fait, qui était Lesdiguières ?

ESCAPADES | L’inauguration de l’exposition "La splendeur des Lesdiguières" au château de Vizille marque le début de l’année Lesdiguières. Conformément à la volonté du département, concerts, pièces de théâtre, expositions et animations seront organisés dans toute l’Isère, en l’honneur du dernier connétable de France. Un personnage historique du Dauphiné, pourtant peu connu du grand public. On fait donc les présentations.

Nicolas Joly | Mardi 4 juillet 2017

Année Lesdiguières : au fait, qui était Lesdiguières ?

Impossible de traverser Grenoble sans rencontrer au moins une fois le nom de Lesdiguières. Pourtant, rares sont ceux qui savent réellement qui était ce personnage au parcours pour le moins hors du commun. Né en 1543 à Saint-Bonnet-en-Champsaur (département des Hautes-Alpes), François de Bonne, qui ne porte pas encore le nom de Lesdiguières, connut une ascension sociale fulgurante grâce à ses compétences de stratège militaire. Il se distingua notamment en reprenant Grenoble puis une partie du Dauphiné au duc de Savoie, lors des guerres de religion de la fin du XVIe siècle. Ambitieux mais fidèle au roi Henri IV, il accumula sous son règne une quantité impressionnante de titres de noblesse. Il fut successivement nommé gouverneur de Grenoble, conseiller d’État, commandant en Provence, lieutenant général en Dauphiné, puis maréchal de France, avant qu’Henri IV ne soit assassiné le 14 mai 1610. C’est la veuve de ce dernier, Marie de Médicis, qui l’autorisa à fonder son propre duché en 1611, dont il porta le titre à partir de 1620. Il devint alors officiellement le premier duc de Lesdiguières, après avoir été nommé duc du Champsaur et gouverne

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