"Group Show" : l'art du collectif selon la galerie Marielle Bouchard

Exposition | La nouvelle exposition de la galerie grenobloise présente six artistes : deux invités, trois déjà exposés entre ses murs et un nouveau talent. Un "Group Show" plein de promesses, qui annonce une année plastiquement riche rue Pierre Termier.

Charline Corubolo | Mardi 30 janvier 2018

Photo : Charline Corubolo


Depuis son ouverture en mars dernier, la Galerie Marielle Bouchard n'a de cesse de nous surprendre avec une ligne artistique qualitative (que l'on avait d'ailleurs saluée en décembre par un PB d'or), mettant en avant de (jeunes) talents aux univers et aux moyens d'expression variés. Une pertinence plastique qui se confirme en ce début d'année avec l'exposition collective Group Show, sorte de "rétrospective" pleine de promesses pour 2018.

Une proposition dévoilant six artistes qui fouillent des esthétiques plurielles, refusant ici toute théorisation thématique au profit du pur plaisir visuel, mais non sans sagacité. Car il y a dans cette présentation une véritable intelligence du regard mariant avec finesse les différentes œuvres entre figuration et abstraction, peinture et photographie. On y (re)découvre ainsi des noms connus (et souvent défendus dans ces pages) comme Johann Rivat et Gilles Balmet. Mais aussi des artistes déjà montrés lors de l'ouverture de la galerie, en espérant les retrouver prochainement avec une exposition personnelle, comme Folly Afahounko et Enrico PambianchiMuriel Rodolosse, elle, a déjà eu droit à son exposition personnelle.

Enfin, avec la série Les Divergents, Raphaël Bouyer dévoile pour la première fois sa peinture humaniste : une découverte que la galerie prolongera avec son prochain rendez-vous consacré à ce jeune peintre prometteur.

Group Show
À la galerie Marielle Bouchard jusqu'au samedi 17 février


Group show

Avec Muriel Rodolosse, Enrico Pambianchi, Folly Afahounko, Raphaël Bouyer, Gilles Balmet, Johann Rivat...
Galerie Marielle Bouchard 7 rue Pierre Termier Grenoble
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Réincarner les mythes

Exposition | Dix ans après sa première exposition au Vog, le peintre grenoblois Johann Rivat y revient pour nous dévoiler ses dernières réalisations. Une plongée dans un univers pictural singulier où les figures mythologiques côtoient les totems modernes que sont les panneaux publicitaires.

Benjamin Bardinet | Vendredi 5 mars 2021

Réincarner les mythes

« Ce qui me préoccupe, c’est l’attention portée aux choses. Pour la plupart de mes peintures, je réalise le châssis, tend et prépare la toile moi-même. Et naturellement, je n’expose pas mes toiles avant de les avoir parfaitement vernies ! » Il y a chez Johann Rivat un attachement aux savoir-faire et une indéniable attention portée à l’objet pictural. Si les figures centrales de ses grands formats sont souvent dessinées avec précision et font immédiatement image, le paysage dans lequel elles se situent se révèle une surface vibrante où le travail de la matière s’épanouit pleinement : jeux chromatiques, coulures, réserves, glacis… de savoureux effets picturaux qui invitent à une observation attentive et surtout qu’aucune reproduction, aussi technologique soit-elle, ne pourra jamais restituer. Pas de distanciel possible ici donc. Points incandescents Intitulée Prométhée aux Enfers, l’exposition de Johann Rivat au Vog se déroule selon un parcours tendu entre deux points incandescents. En introduction, c’est une flamme dérobée aux dieux de l’Olympe qu’un Prométhée moderne (et féminisé) tient dans sa main ; en fin de parcours, c’est le rouge fla

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Acquisitions en cours d’exposition grâce à l'Artothèque municipale de Grenoble

Exposition | L'Artothèque de Grenoble investit la Bibliothèque centre-ville jusqu’au samedi 9 mars pour une savoureuse exposition de ses nouvelles acquisitions.

Benjamin Bardinet | Mardi 26 février 2019

Acquisitions en cours d’exposition grâce à l'Artothèque municipale de Grenoble

La traditionnelle exposition annuelle consacrée aux récentes acquisitions de l’Artothèque de Grenoble (située, on le rappelle, à Chavant, dans la Bibliothèque d'étude et du patrimoine) est l’occasion amusante d’évaluer votre assiduité aux expositions grenobloises (et à nos chroniques) puisqu’une bonne partie des pièces acquises sont celles d’artistes ayant récemment exposés à Grenoble. Précisément, l’accrochage à la Bibliothèque centre-ville ouvre avec les photographies de Stéphanie Nelson et Alexis Bérar dont le travail est encore visible à la Bibliothèque d’étude et du patrimoine dans l’exposition Nos mémoires vivent. On retrouve chez la première le goût de l’histoire intime et familiale et chez le second un intérêt pour les accidents photographiques et l’artificiel. S’ensuit deux amusants « Rétr

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Gilles Balmet : ceci est bien un peintre

Portrait | Grosse actu en ce mois de septembre pour l’artiste plasticien grenoblois Gilles Balmet qui inaugure trois expositions personnelles – à la galerie Marielle Bouchard et au Musée dauphinois à Grenoble, ainsi qu’au Belvédère de Saint-Martin-d’Uriage. Entre deux séjours parisiens (il est installé à Paris depuis 2004), nous avons rencontré dans son fascinant atelier grenoblois du cours Berriat celui dont les peintures entre abstraction et figuration interrogent la notion de hasard comme celle de paysage.

Aurélien Martinez | Mardi 4 septembre 2018

Gilles Balmet : ceci est bien un peintre

« J’évolue dans le champ de la peinture. Je me sens donc peintre, mais également dessinateur comme les supports changent selon les œuvres et les techniques se rapprochent parfois de celles du dessin. On peut dire, en fait, que je fais le pont entre les deux, et apporte ainsi de nouveaux langages plastiques. » Voilà les mots qu’utilise « l’artiste » (il tient à ce terme) Gilles Balmet quand on lui demande de présenter l'univers qu’il développe depuis sa sortie des Beaux-Arts de Grenoble en 2003. Un travail facilement identifiable qui, pourtant, ne choisit pas simplement entre le figuratif et l’abstraction, à l’image de sa série phare que sont les Silver Mountains. « Je viens plutôt du champ de l’abstraction. L’idée est de jongler entre les deux et de permettre au regardeur de faire ses propres projections. Dans la série Silver Mountains, il y a des gens qui voient des montagnes de façon presque évidente, et je joue avec ça – mes titres sont des petites indications qu’il ne faut pas prendre trop autoritairement ! Pourtant, certains pensent parfois, en les voyant de loin, que ce sont des photographies ou des négatif

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"Japanese Pulp" : du rififi chez les Nippons avec Enrico Pambianchi

Exposition | Dans cette série d’œuvres actuellement présentée à la galerie Marielle Bouchard, l'artiste italien s'amuse avec les représentations traditionnelles des figures mythiques de la culture nippone. Savoureux.

Benjamin Bardinet | Mardi 29 mai 2018

Sumos, geishas, samouraïs et autres joueuses de shamisen : avec une malice clairement affichée, Enrico Pambianchi détourne joyeusement les figures du folklore japonais par le biais de tout un cocktail de techniques (impressions, contrecollages, décollages...) qui accentuent l'aspect vieillot du rendu. Il contrecarre ensuite cette apparence désuète en dynamitant l'exotique sérénité qui s'en dégage à grands coups d'interventions manuelles jouissives à l'ère d'une iconographie aseptisée par la retouche numérique. Collages intempestifs, annotations manuscrites nerveuses et retouches picturales parasitent alors une image donnant l'impression d'avoir été énergiquement malmenée par des collégiens prépubères. Chez Pambianchi, des revolvers surgissent, les protagonistes se font flinguer, l'hémoglobine jaillit, des sumos pètent dans l'effort et des zeppelins en feu menacent d'exploser. Amateur de Quentin Tarantino, l'artiste italien produit des images-frankenstein hétérogènes formant néanmoins un ensemble cohérent. Irrévérencieux et potache, amateur de culture populaire (le « pulp » du titre renvoie aux publications illustrées très populaires aux États-Unis dans la première moit

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Raphaël Bouyer : « J’aime l’idée de percuter directement le spectateur »

Exposition | Jusqu’au 21 avril, la galerie Marielle Bouchard présente en deux temps les peintures de Raphaël Bouyer. Nous avons rencontré celui qui, du haut de ses 26 ans, nous envoie un signal d’alarme percutant à travers des mises en scène post-apocalyptiques.

Alice Colmart | Mardi 13 mars 2018

Raphaël Bouyer : « J’aime l’idée de percuter directement le spectateur »

Nous avions découvert une de vos toiles lors de la dernière exposition collective de la galerie Marielle Bouchard. Voici maintenant votre exposition personnelle : mais qui êtes-vous Raphaël Bouyer ? Raphaël Bouyer : Je suis né à Montauban en 1991. Je dessine depuis l’enfance mais c’est à l’âge de 16 ans que j’ai réalisé mes premières peintures. J’ai ensuite obtenu mon bac option arts plastiques, puis entrepris des études en histoire de l’art à l’université de Toulouse. J'ai arrêté trois ans après, ne trouvant pas mon compte dans le milieu enseignant, et depuis 5 ans, j’ai décidé d’être artiste peintre à mon compte. J’expose essentiellement à Paris, même si en 2015, j’ai été sélectionné par le jury d’une galerie parisienne pour l'exposition France/Chine à Chengdu. Comment définiriez-vous votre style ? Il était tout d’abord très académique, je réalisais par exemple des natures m

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Les 5 expositions qui vont marquer le début d'année 2018

Panorama de rentrée culturelle | Avec des chefs-d’œuvre dessinés au Musée de Grenoble, des archives olympiques au Musée dauphinois ou encore de drôles de sculptures à SpaceJunk.

Charline Corubolo | Mardi 9 janvier 2018

Les 5 expositions qui vont marquer le début d'année 2018

Graphies du déplacement À travers la marche, l’artiste Mathias Poisson éprouve le territoire pour une expérience artistique polymorphe dans laquelle la représentation a posteriori de la promenade est intrinsèquement liée à la mémoire sensitive du corps dans l’espace parcouru. Une démarche du ressenti où se mêlent crayonnés, photographies et performances retraçant la déambulation réalisée par l’artiste, seul ou en groupe. Plus d'informations sur ces Graphies du déplacement en deux temps dans cet article. Au Vog Fontaine jusqu’au samedi 31 mars Group Show En guise de bonnes résolutions artistiques, la

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"Déambulation" : la note d’intention de la galerie Marielle Bouchard

Galerie | Début mars, l’art contemporain s’est infiltré rue Pierre Termier (Grenoble) avec l’ouverture de la galerie Marielle Bouchard. Pour cette inauguration, l’exposition "Déambulation" présente les 12 artistes que le lieu défendra dans les mois à venir. Une première proposition pensée comme une invitation dans l’univers de ce nouvel espace dédié à l’art.

Charline Corubolo | Mardi 21 mars 2017

Plus qu’une inauguration, l’exposition Déambulation s’affiche tel un manifeste, une note d’intention des ambitions portées par la galerie Marielle Bouchard. Ouvert le 9 mars dernier, le lieu entend défendre un art contemporain émergeant avec une volonté d’éclectisme. À cet effet, la première exposition dévoile les 12 artistes que la galerie souhaite soutenir en ses murs. Véritable invitation à l’évasion plastique, la visite offre un regard foisonnant sur la création d’aujourd’hui avec une multitude de médiums représentés : la photographie picturale de Hesse & Romier, la sérigraphie nostalgique de Wandrille Duruflé, les dessins muraux de Géraldine Pastor Lloret, la peinture sous plexiglas de Muriel Rodolosse, l’autofiction photographique de

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Musée Géo-Charles : artistes, vos papiers !

ARTS | Exposition au titre ambivalent, « Cent papiers » dévoile cent œuvres sur papier donc et trouve véritablement sa force dans le choix des artistes présentés plus que dans la diversité de la feuille, qui s'affiche principalement en 2D. Petite sélection de pièces à découvrir sur place. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 9 février 2016

Musée Géo-Charles : artistes, vos papiers !

L'histoire, de l'humanité comme de l'art, est jalonnée de révolutions. De papyrus en courrier électronique, le papier a longtemps été souverain mais apparaît aujourd'hui comme un support fragile voué à disparaître. Né en Chine durant l'Antiquité, ce médium résiste pourtant et demeure une source inépuisable de création. Plus qu'un réceptacle de la forme, il peut être malmené de déchirures en perforations, de pliures en dévalements, offrant des possibilités infinies. L'un des premiers artistes ayant ainsi expérimenté cette matière pour ses caractéristiques intrinsèques est Pablo Picasso qui, en 1912, réalise ses premiers papiers collés, dont un est exposé au Musée de Grenoble. Une brèche ouverte qui traverse le siècle jusqu'aux papiers réactifs de Sigmar Polke. Et aujourd'hui encore, la feuille s'avère être un outil de recherche plastique. Tel est le leitmotiv de l'exposition Cent papiers curatée par Élisabeth Chambon dont la thématique et le titre ont conditionné certaines contraintes : des œuvres de petits formats et l'impératif d'avoir cent œuvres (pour 87 artistes au total). Mais plus qu'une démonstration de la diversité productive de ce support (p

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PB d'or 2015 : expo

ARTS | En 2015, on est tombés amoureux d'un musée et d'un artiste.

Charline Corubolo | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : expo

Le PB d'or de l'artiste grenoblois qui dominera bientôt la peinture contemporaine : Johann Rivat La première incursion de Johann Rivat dans nos colonnes remonte à novembre 2011. Depuis, le peintre grenoblois ne cesse d'envahir les murs de la région avec ses toiles de révoltes urbaines aux couleurs hallucinantes : la galerie Showcase en mai 2014, l'exposition Confidences d'outre-tombe pour le versant contemporain avec son crâne « d'anniversaire » (qui a fait la une du PB), une participation à l'exposition collective Who's afraid of picture(s) en mars 2015 à l’École supérieure d'art et design Grenoble, une autre

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Exposition collective des 10 ans du Vog : notre sélection

ARTS | En 10 ans, 50 artistes sont passés par le centre d'art contemporain de la ville de Fontaine, dévoilant des œuvres figuratives ou abstraites traitant du présent ou faisant référence au passé. En en sélectionnant 17 pour l'exposition collective anniversaire des 10 ans, la directrice du Vog Marielle Bouchard cherche l’éclectisme artistique et donne la primauté au format 2D dans un souci de cohérence. De grandes lignes se dessinent au fil d'un parcours allant de l'histoire de l'art au paysage en passant par la peinture. Tour d'horizon avec une sélection de neuf artistes.

Charline Corubolo | Mardi 17 novembre 2015

Exposition collective des 10 ans du Vog : notre sélection

Coulures et transparences Bien connu dans le monde artistique, Marc Desgrandchamps éprouve la peinture par la coulure et la transparence ce qui lui permet de créer des scènes entre réel et imaginaire. C'est en prélevant des éléments d'une photographie prise sur le vif ou d'un film que l'artiste met en place cette atmosphère étrange dans laquelle on semble voir plusieurs mondes. Passé au Vog en 2012 (on lui avait accordé notre "une"), il dévoile aujourd'hui Sans titre (1999), pièce marquante de sa carrière. Dans ce grand format, on ne sait ce qui est personnage ou nature, l'ensemble baignant dans un air bleuté irréel. Révolte picturale Après un passage au Vog en 2011, puis un récemment à l'IAC de Villeurbanne dans le cadre des Re

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La peinture en guerre

ARTS | À l'ère du XXIe siècle, dans un monde régi par Internet, les images prolifèrent à une telle vitesse qu'elles semblent avoir des vies autonomes. "Who's afraid of picture(s)?", nouvelle exposition de l'École supérieure d'art et de design Grenoble, cherche ainsi à interroger le rapport entre l'image et l'art contemporain autant qu'à questionner la force de la peinture. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 10 mars 2015

La peinture en guerre

L'exposition Who's afraid of picture(s)?, installée depuis le 25 février à l'École supérieure d'art et de design Grenoble, trouve une résonance particulière dans une actualité bien morose. La genèse de ce projet remonte pourtant à six mois de cela, avec pour initiateur Frédéric Léglise, artiste, professeur à l'Ésad et surtout curateur de l'événement. Et si les éléments perturbateurs qui ont conduit à l'élaboration de cette présentation collective de peintres (une visite dans l'atelier de l'Islandais Errò ainsi qu'un programme de recherche en peinture) semblent anecdotiques, ils sont pour autant révélateurs de la force des représentations et de la persistance du médium pictural. Cherchant à répondre à l'épineuse question des images dans un siècle où les médias de masse saturent nos yeux (images d'ailleurs réexploitées par les peintres), Frédéric Léglise propose une remontée chronologique jusqu'à Jean-Jacques Lebel et Errò, deux artistes qui ont fait des visuels existants une nouvelle composante dans leur démarche artistique. Deux artistes qui ont vécu le boum du pop art, mis en parallèle avec de jeunes artistes qui, eux, ont vécu le boum Internet. Pi

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Au fil des crânes

ARTS | La mort, et plus particulièrement le crâne, ont toujours entretenu des rapports puissants avec l'art qu'il s'agisse des vanités du Moyen-Âge, des peintures (...)

Charline Corubolo | Mardi 13 janvier 2015

Au fil des crânes

La mort, et plus particulièrement le crâne, ont toujours entretenu des rapports puissants avec l'art qu'il s'agisse des vanités du Moyen-Âge, des peintures de Pablo Picasso ou plus récemment de l’œuvre en diamants de Damien Hirst (pour ne citer qu'elles). Une icône universelle qui permet aux artistes de traduire plastiquement toute l’ambiguïté de la vie qui ne semble se saisir que dans la mort. Une vision symbolique de notre existence expérimentée par desartistes contemporains actuellement exposés au Musée dauphinois dans le cadre de Confidences d'outre-tombe, squelettes en question. Une démarche atypique pour un musée patrimonial, pourtant déjà tentée auparavant dans ses murs, avec cette volonté de confronter l'art du XXIe siècle à l'histoire et au patrimoine. Un pari risqué qui prend tout son sens en fin de parcours, tel un prolongement sur le rôle des représentations squelettiques dans nos sociétés. Suite à la sélection réalisée par Fabrice Nesta, artiste et professeur à l’École supéri

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Coulures ascensionnelles

ARTS | À Grenoble, au passage de la place aux Herbes et de la place Claveyson, la gravité subit un drôle d’effet. Dans la vitrine de la galerie Showcase, les (...)

Charline Corubolo | Mardi 27 mai 2014

Coulures ascensionnelles

À Grenoble, au passage de la place aux Herbes et de la place Claveyson, la gravité subit un drôle d’effet. Dans la vitrine de la galerie Showcase, les coulures de peinture, qui rivalisent les unes avec les autres par l’éclat de leurs nuances, sont ascensionnelles. Si d’habitude Johann Rivat puise son inspiration dans le figuratif, l’artiste s’est adonné ici à la pulsion abstraite. Plus que de simples lignes, l’exposition Picturalisme donne à voir une saisissante valse de couleurs dans laquelle la matière se noie, puis émerge comme si le médium lui-même ne cessait de se réinventer. Appliquée directement sur la surface de la vitrine, l’œuvre qui nous est présentée est celle qui dévoile le processus à rebours de la création. Enfermée dans sa cage vitrée, la peinture finale fait face au mur tandis que l’envers du décor est livré au regard du passant. Inversion de la vision, si bien dans le sens de présentation que dans l’angle de monstration de l’œuvre, Picturalisme ouvre une réflexion sur le médium propre qu’est la peinture et offre une expérience nouvelle de la matière. D’où certainement le titre de l’exposition, possible condensé

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Gilles Balmet : « M’effacer un peu ! »

ARTS | Gilles Balmet est artiste, mais aussi collectionneur. Et c’est en revêtant ce deuxième statut qu’il revient à Grenoble pour une double exposition placée sous le signe de la transmission. Soit une sélection principalement faite d’œuvres papier réunissant 115 artistes et abordant des thèmes qui lui sont chers – le corps, le paysage et l’art japonais. Rencontre. Propos recueillis par Charline Corubolo

Charline Corubolo | Lundi 20 janvier 2014

Gilles Balmet : « M’effacer un peu ! »

Une œuvre d’art, qu’elle soit présentée par un artiste ou un collectionneur, raconte beaucoup de la personnalité de celui qui la montre. Étant les deux, dans quel rapport vous sentez-vous le plus dévoilé ? Gilles Balmet : Ce n’est pas du tout le même travail, mais montrer mes œuvres révèle beaucoup plus qui je suis. Toutefois, c’est un exercice complémentaire... C’est la première fois que je fais du commissariat d’exposition. Ce que je mets dans ma collection peut refléter en partie ce que je fais dans ma propre pratique, ou carrément être à l’opposé. Ça m’intéresse d’avoir une ouverture et un spectre assez large sur l’art contemporain, un désir que je peux assouvir en collectionnant. Le fait de collectionner nourrit-il votre art ? Oui, dans une certaine mesure, mais ce n’est pas pour ça que je le fais. Après, plus que de nourrir, collectionner me permet d’avoir une ouverture du regard, de m’intéresser à des voies différentes des miennes et que j’aurais pu suivre à un certain moment, mais dans lesquelles je ne suis pas allé. Par exemple, il y a des artistes qui ont une certaine proximité avec mon tr

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Vog-uons vers Vallès

ARTS | Alors que l’exposition Collection Gilles Balmet au Vog, qui débute ce jeudi 16 janvier, s’annonce sous de bons augures, celle de David Lefebvre en mai (...)

Charline Corubolo | Vendredi 10 janvier 2014

Vog-uons vers Vallès

Alors que l’exposition Collection Gilles Balmet au Vog, qui débute ce jeudi 16 janvier, s’annonce sous de bons augures, celle de David Lefebvre en mai laisse à penser également que la découverte sera de qualité. Artiste jouant de la couleur et du vide, de la coulure et de la géométrie, du précis et du déconstruit, le peintre use des images du quotidien glanées au hasard et cherche à préserver leur qualité moyenne afin de créer un encodage. Ombre noire ou « vitrail » coloré, Lefebvre donne à voir des images brouillées comme pour apercevoir ce qui se cache derrière. Changement de décor à l’espace Vallès avec l’exposition Robot mon amour qui présentera, à la fin du mois de janvier, le travail de France Cadet. Faisant fi des barrières entre le naturel et l’artificiel, l’artiste emploie les nouveaux médias et la robotique afin de faire basculer le scientifique dans l’art pour créer des relations parodiques entre l’humain, l’animal et l’androïde. Une exposition à la pointe de l’innovation, qui s’interroge sur les nouveaux rapports aux machines et qui déclenchera surement une « connexion ».

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Au-delà des montagnes argentées

ARTS | L’artiste d’origine grenobloise Gilles Balmet compte parmi les habitués de nos colonnes… Et pour cause : sa sensibilité comme sa technique nous séduisent d’œuvre en œuvre. Après une galerie et un musée, c’est dans une librairie que l’on peut découvrir ses dernières créations. Laetitia Giry

Laetitia Giry | Lundi 10 septembre 2012

Au-delà des montagnes argentées

La librairie est-elle un lieu adapté pour montrer le travail d’un artiste ? À cette question, pas de réponse péremptoire possible. D’un côté, l’œuvre n’est pas mise en valeur comme elle peut l’être sur le mur blanc immaculé d’un espace dédié comme le musée ; mais de l’autre, c’est là l’occasion d’attirer le regard d’un public différent. Et qui n’est pas friand de croiser une image inattendue, de vivre une déflagration par surprise ? C’est le parti pris de cette exposition présentant le fruit des dernières recherches de Gilles Balmet. Usant d’une technique ancienne consistant à faire se rencontrer les matières papier et peinture acrylique dans un bain d’eau, il aboutit à des formes aux allures de paysages ancestraux, des ondoiements de montagnes ou de cratères lunaires étincelants, de grottes mystérieuses ou de déserts post-apocalypse. En se fiant au hasard du bain d’eau, qu’il guide de ses mouvements avec persévérance et obstination, il donne la parole à des aléas souvent muets, laisse la peinture se déployer dans le mouvement singulier qu’est celui de la volonté de la matière. Ô mon paysage Ses photographies abstraites visibles dans le catalogue Somewhere

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Paysages silencieux

ARTS | Chez Johann Rivat, la toile est autant celle du cinéaste que du peintre. Le jeune artiste, diplômé depuis 2008 de l’École d’art de Grenoble, compose ainsi (...)

Aurélien Martinez | Lundi 7 novembre 2011

Paysages silencieux

Chez Johann Rivat, la toile est autant celle du cinéaste que du peintre. Le jeune artiste, diplômé depuis 2008 de l’École d’art de Grenoble, compose ainsi des tableaux grand format hypnotiques à la matérialité criante (notamment par le choix de peintures épaisses et de couleurs tranchées) à partir de paysages où, plus ou moins discrètement, un détail évoque une présence humaine. Dans Me And The Colonel, une pancarte KFC se trouve plantée au milieu d’un lac inquiétant. Dans Sky’s Drawing, le ciel d’un bleu resplendissant se voit déchiré par un avion et sa longue traînée blanche. Des œuvres emplies de références à la culture pop américaine, véhiculée dans les films donc (on pense à des décors), mais aussi la littérature (Rivat cite Jack London pour son rapport à l’espace) ou la musique. Avant de découvrir la dernière salle, qui propose la déclinaison en quatre formats d’une scène d’explosion, on passe par le tout petit couloir de la galerie, que l’artiste a souhaité utiliser comme un cabinet de dessins : il y expose en vrac et de manière resserrée différentes pièces, pas toutes dignes d’intérêt, mais qui permettent de comprendre comment s’est élaboré et

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Et si Superman était noir ?

ARTS | Une chemise blanche qui s’ouvre pour découvrir le costume de Superman (avec son fameux S rouge sur fond jaune et bleu) : rien que de plus normal, nous (...)

Aurélien Martinez | Lundi 31 janvier 2011

Et si Superman était noir ?

Une chemise blanche qui s’ouvre pour découvrir le costume de Superman (avec son fameux S rouge sur fond jaune et bleu) : rien que de plus normal, nous sommes là face à la représentation d’un super héros. Il y a pourtant quelque chose qui cloche, les mains rentrant dans le cadre sont noires et bousculent notre perception habituelle. Partant de ce constat, l’artiste d’origine togolaise Folly Afahounko se joue des attentes et des stéréotypes en incarnant toutes sortes de clichés dans des séries de photos simples, sobres et claires. Ici, les images de la publicité Banania – reste postcolonial maintes fois critiqué pour son ambiguïté raciste patente, aujourd’hui édulcoré mais dont le sens persiste. Là, son corps mimant le froid sous la neige, ou l’étonnement face à un steak tartare. La méconnaissance, la surprise et le cantonnement dans des cases trop étroites de la culture de l’Autre connaissent invariablement leur réciproque. Lui débarque en France en 2002 en pensant trouver un eldorado, les « blancs » à qui il demande de venir poser pour lui, recouverts de chocolat noir, se rendent quant à eux spontanément à la séance photo munis de paréos, boubous et autres ch

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Exposition : Folly Afahounko

ARTS | Une chemise blanche qui s’ouvre pour découvrir le costume de Superman (avec son fameux S rouge sur fond jaune et bleu) : rien que de plus normal, nous (...)

François Cau | Lundi 31 janvier 2011

Exposition : Folly Afahounko

Une chemise blanche qui s’ouvre pour découvrir le costume de Superman (avec son fameux S rouge sur fond jaune et bleu) : rien que de plus normal, nous sommes là face à la représentation d’un super héros. Il y a pourtant quelque chose qui cloche, les mains rentrant dans le cadre sont noires et bousculent notre perception habituelle. Partant de ce constat, l’artiste d’origine togolaise Folly Afahounko se joue des attentes et des stéréotypes en incarnant toutes sortes de clichés dans des séries de photos simples, sobres et claires. La forme va à l’essentiel, le message ne se pare pas de sous-textes encombrants. Car Folly Afahounko dénonce avec humour mais sans virulence, constatant la permanence persistante des idées reçues sans hurler à l’injustice, avec tout juste un sourire en coin. On lui en sait gré et l’on vous conseille de visiter son expo au Vog de Fontaine avant le 19 février.

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Le (Rorsch)Art de Balmet

ARTS | Le test de Rorschach (1921), du psychiatre et psychanalyste Hermann Rorschach, consiste en une série de tâches d’encre symétriques qui sont laissées à la libre (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 9 janvier 2009

Le (Rorsch)Art de Balmet

Le test de Rorschach (1921), du psychiatre et psychanalyste Hermann Rorschach, consiste en une série de tâches d’encre symétriques qui sont laissées à la libre interprétation du sujet qui les observe (les réponses permettant d’établir des aspects de sa personnalité). On pourrait dire que le travail de l’artiste d’origine grenobloise Gilles Balmet se rapproche fortement de cette idée de traduction libre. À grands coups de symétrie, de superpositions et de reproductions, il travaille le réel, le malaxe, et ouvre une fenêtre sur un univers aux sens divers et variés, tel un film dont l’absence de fin suggérerait une infinité de versions. Se basant sur des éléments visuels, des matières et des techniques qui paraissent familières, l’artiste crée des œuvres (vidéos, peintures, dessins, sculptures) dont le but est de questionner : l’installation Archives, une bibliothèque contenant des cases dans lesquelles sont exposées des sculptures (découpées dans des classeurs) aux formes très Rorschach-iennes interroge sur le classement des œuvres d’art, la série de peintures Untitled, pseudos papiers peints aux formes nombreuses et symétriques qui dérangent autant qu’elle atti

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