"Japanese Pulp" : du rififi chez les Nippons avec Enrico Pambianchi

Exposition | Dans cette série d’œuvres actuellement présentée à la galerie Marielle Bouchard, l'artiste italien s'amuse avec les représentations traditionnelles des figures mythiques de la culture nippone. Savoureux.

Benjamin Bardinet | Mardi 29 mai 2018

Sumos, geishas, samouraïs et autres joueuses de shamisen : avec une malice clairement affichée, Enrico Pambianchi détourne joyeusement les figures du folklore japonais par le biais de tout un cocktail de techniques (impressions, contrecollages, décollages...) qui accentuent l'aspect vieillot du rendu. Il contrecarre ensuite cette apparence désuète en dynamitant l'exotique sérénité qui s'en dégage à grands coups d'interventions manuelles jouissives à l'ère d'une iconographie aseptisée par la retouche numérique. Collages intempestifs, annotations manuscrites nerveuses et retouches picturales parasitent alors une image donnant l'impression d'avoir été énergiquement malmenée par des collégiens prépubères.

Chez Pambianchi, des revolvers surgissent, les protagonistes se font flinguer, l'hémoglobine jaillit, des sumos pètent dans l'effort et des zeppelins en feu menacent d'exploser. Amateur de Quentin Tarantino, l'artiste italien produit des images-frankenstein hétérogènes formant néanmoins un ensemble cohérent. Irrévérencieux et potache, amateur de culture populaire (le « pulp » du titre renvoie aux publications illustrées très populaires aux États-Unis dans la première moitié du XXe siècle), il s'inscrit ainsi dans la filiation iconoclaste du mouvement dada, dont les représentants, émancipés du carcan de l'art officiel, appréciaient d'en subvertir les icônes.

Enrico Pambianchi
À la galerie Marielle Bouchard jusqu'au samedi 30 juin


Enrico Pambianchi

Différentes techniques (craie, huile, charbon, résine, colle, pastel, incision ou encore collage)
Galerie Marielle Bouchard 7 rue Pierre Termier Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Exposition | La nouvelle exposition de la galerie grenobloise présente six artistes : deux invités, trois déjà exposés entre ses murs et un nouveau talent. Un "Group Show" plein de promesses, qui annonce une année plastiquement riche rue Pierre Termier.

Charline Corubolo | Mardi 30 janvier 2018

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